MANESSE (codex), Konrad Von Altstetten et sa bien aimee - CAVALLI (Francesco), l amore innamorato restino imbalsamate.jpg
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Entete : L’amour, c’est l’amour sans chaînes Toni BENTLEY - Ma reddition
Texte (description) : Rudiger MANESSE - Konrad Von Altstetten avec sa bien-aimée (Codex 1300) Le codex Manesse est un manuscrit de poésie lyrique enluminé ayant la forme d'un codex. Il est le plus grand et somptueux des recueils du Minnesang allemand. Il contient, sur plus de 700 pages les textes de chansons d'amour courtois composées en allemand médiéval par près de 140 Minnesänger (troubadours et trouvères). Le codex a été compilé à la demande de la famille Manesse, patriciens de Zurich. Le manuscrit fait maintenant partie des collections de la bibliothèque de l'université de Heidelberg. Illustration musicale: Franceso CAVALLI - l amore innamorato restino imbalsamate L'articulation sensuelle et voluptueuse, le verbe incarné, la parure instrumentale généreuse servent ici le compositeur le plus inventif de son temps à Venise et en Europe, après l’essor de Monteverdi (son maître dans la lagune). L’Arpeggiata est un ensemble d’instruments anciens fondé en 2000 par la théorbiste Christina Pluhar. L'oeuvre affirme une cohérence de son, une plénitude interprétative qui fait particulier sens à l’endroit de Cavalli, roi de l’opéra vénitien au XVIIè. Ce sont mille et une nuances émotionnelles entre abandon, langueur, extase et dolorisme voluptueux, qui s’accomplissent ici, en une surabondance de rythmes, portés, pour chaque séquence, par un instrumentarium des plus raffinés, des mieux caractérisés, entre sensualité et subtilité (la parure instrumentale imaginée par L’Arpeggiata, d’un érotisme agissant à fleur de peau reste sa marque la plus forte).
Texte2 (préface) : Qui vit d’illusions meurt de désillusion Proverbe d’Amérique latine Illustration musicale; Jean-Jacques GOLDMANN - tournent les violons une certaine Manon, une servante dans un grand château de nobles. Lors d'une soirée festive, elle croise le regard d'un lieutenant beau et grand. Ce dernier lui fait des compliments, mais l'ignore tout au long du reste de la soirée. Il s'agit d'une véritable blessure pour la servante. Les mots soufflés par le grand homme ont fait naître en elle des rêves, des aspirations, et la projection d'une vie meilleure. Néanmoins, pour le lieutenant, il s'agit d'une phrase parmi tant d'autres, qu'il énonce à plusieurs femmes sans trop réfléchir aux conséquences. Grande fête au château il y a bien longtemps Les belles et les beaux, nobliaux, noble sang De tout le royaume on est venu dansant Tournent les vies, oh tournent les vies, oh tournent et s'en vont Tournent les vies, oh, tournent les violons Grande fête aux rameaux et Manon a seize ans Servante en ce château comme sa mère avant Elle porte les plateaux lourds à ses mains d'enfant Tournent les vies, oh tournent les vies, oh tournent et s'en vont Tournent les vies, oh, tournent les violons Le bel uniforme, oh le beau lieutenant Différent des hommes d'ici, blond et grand Le sourire éclatant d'un prince charmant Tournent les vies, oh tournent les vies, oh tournent et s'en vont Tournent les vies, oh, tournent les violons Redoublent la fête et les rires et les danses Manon s'émerveille en remplissant les panses Le bruit, les lumières, c'est lui qui s'avance Tournent les vies, oh tournent les vies, oh tournent et s'en vont Tournent les vies, oh, tournent les violons En prenant son verre auprès d'elle il se penche Lui glisse à l'oreille en lui frôlant la hanche "Tu es bien jolie" dans un divin sourire Tournent les vies, oh tournent les vies, oh tournent et s'en vont Tournent les vies, oh, tournent les violons Passent les années dures et grises à servir Une vie de peine et si peu de plaisir Mais ce trouble-là brûle en ses souvenirs Tournent les vies, oh tournent les vies, oh tournent et s'en vont Tournent les vies, oh, tournent les violons Elle y pense encore et encore et toujours Les violons, le décor, et ses mots de velours Son parfum, ses dents blanches, les moindres détails Tournent les vies, oh tournent les vies, oh tournent et s'en vont Tournent les vies, oh, tournent les violons En prenant son verre auprès d'elle il se penche Lui glisse à l'oreille en lui frôlant la hanche Juste quatre mots, le trouble d'une vie Juste quatre mots qu'aussitôt il oublie Tournent les vies, oh tournent les vies, oh tournent et s'en vont Tournent les vies, oh, tournent les violons Elle y pense encore et encore et toujours Elle y pense encore et encore Tournent les vies, oh tournent les vies, oh, les violons Tournent les vies, oh tournent les vies, oh, les violons Illustration musicale: Claudio MONTEVERDI - l'Incoronazione di Poppea - pur ti miro « Pur ti miro » (Enfin je peux t'admirer !). Le rideau retombe sur ce chant de triomphe débordant d’exaltation et de sensualité. Ce duo du Couronnement de Poppée de Monteverdi est certainement l'une des plus belles arias jamais écrites à l'opéra. Les deux voix de soprano et d'alto s'accompagnent et se croisent avec sensualité, se confondant parfois, dialoguant aussi comme si l'une était l'écho de l'autre. Monteverdi initie ce procédé, tiré du madrigal, et qui sera maintes fois utilisé par les compositeurs de l'art lyrique pendant plus de deux cent ans après Monteverdi. Pur ti miro, pur ti stringo, pur ti godo, pur t’annodo più non peno, più non moro, o mia vita, o mio tesoro. Io son tua, tuo son io. Speme mia, dillo dí, l’idol mio, tu sei pur. Si mio ben, si mio cor, mia vita, si. tant je te regarde, tant je te tiens, tant je t'apprécie, même si je t'ennuie tant je ne souffre pas, tant je ne meurs pas, o ma vie, o ma chérie. Je suis à toi, tu es à moi. Mon espoir, je le dis, mon idole, toi si pure. Oui mon bien, oui mon cœur, ma vie, oui.
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