COURTEAU (Jean-Louis), ruelle sous la pluie - BARBARA, il pleut sur Nantes.jpg
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Entete : Il pleut sur Nantes Et je me souviens Le ciel de Nantes Rend mon cœur chagrin BARBARA - Nantes
Texte (description) : Jean-Louis COURTEAU - ruelle sous la pluie l’œuvre de Courteau, c’est des sentiers à peine balisés des sous-bois ; c’est dormir à la belle étoile ou ériger en luxe utile une tente. Courteau fait vibrer son art parfois en enlaçant les couleurs, parfois en les projetant à vif pour qu’elles éclatent et bousculent adroitement les conventions établies. Il n’a de cesse d’admirer les Monet, Van Gogh et Sorolla et son art s’en veut inspiré. il veut que l’on palpe les brumes avec des yeux neufs, que l’on dérive sous la charge émotive du temps qui passe. Illustration musicale: BARBARA - Nantes Le 21 décembre 1959, Barbara apprend que son père Jacques Serf qui avait quitté Paris une décennie auparavant pour Nantes sans laisser de nouvelles est mort à l'hôpital Saint-Jacques au sud de la ville où il était hospitalisé pour soigner une tumeur cérébro-spinale. Rongé par la honte pour la relation incestueuse qu'il a fait subir à sa fille alors qu'elle a dix ans et demi, Jacques Serf avait sombré dans la dépression et l'alcool. Il pleut sur Nantes Donne moi la main Le ciel de Nantes Rend mon cœur chagrin Un matin comme celui-là Il y a juste un an déjà La ville avait ce teint blafard Lorsque je sortis de la gare Nantes m’était alors inconnue Je n’y étais jamais venue Il avait fallu ce message Pour que je fasse le voyage Madame soyez au rendez-vous Vingt cinq rue de la Grange aux Loups Faites vite, il y a peu d’espoir Il a demandé à vous voir À l’heure de sa dernière heure Après bien des années d’errance Il me revenait en plein cœur Son cri déchirait le silence Depuis qu’il s’en était allé Longtemps je l’avais espéré Ce vagabond, ce disparu, Voilà qu’il m’était revenu Vingt cinq rue de la Grange aux Loups Je m’en souviens du rendez-vous Mais j’ai gravé dans ma mémoire Cette chambre au fond d’un couloir Assis près d’une cheminée J’ai vu quatre hommes se lever La lumière était froide et blanche Ils portaient l’habit du dimanche Je n’ai pas posé de questions À ces étranges compagnons J’ai rien dit, mais à leur regard J’ai compris qu’il était trop tard Pourtant j’étais au rendez-vous Vingt cinq rue de la Grange aux Loups Mais il ne m’a jamais revue Il avait déjà disparu Voilà tu la connais l’histoire Il était revenu un soir Et ce fut son dernier voyage Et ce fut son dernier rivage Il voulait avant de mourir Se réchauffer à mon sourire Mais il mourut à la nuit même Sans un adieu, sans un je t’aime, Au chemin qui longe la mer Couché dans le jardin de pierres Je veux que tranquille il repose Je l’ai couché dessous les roses Mon père, mon père Il pleut sur Nantes Et je me souviens Le ciel de Nantes Rend mon cœur chagrin
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