En lisant Hegel, Mallarmé a découvert que si « le Ciel est mort », le néant est un point de départ qui conduit au Beau et à l\'Idéal. À cette philosophie devait correspondre une poétique nouvelle qui dise le pouvoir sacré du Verbe. Par le rythme, la syntaxe et le vocabulaire rare, Mallarmé crée une langue qui ressuscite « l\'absente de tous bouquets3 ». Le poème devient un monde refermé sur lui-même dont le sens naît de la résonance. Le vers se fait couleur, musique, richesse de la sensation, « concours de tous les arts suscitant le miracle ». C\'est avec Mallarmé que la « suggestion » devient le fondement de la poétique antiréaliste et fait du symbolisme un impressionnisme littéraire. Son œuvre est alors celle de l\'absence de signification qui « signifie davantage » et le poète cherche à atteindre les « splendeurs situées derrière le tombeau ».
« La Poésie est l\'expression, par le langage humain ramené à son rythme essentiel, du sens mystérieux des aspects de l\'existence : elle doue ainsi d\'authenticité notre séjour et constitue la seule tâche spirituelle. »
« (...) Qui parle autrement que tout le monde risque de ne pas plaire à tous ; mieux, de passer pour obscur aux yeux de beaucoup. (...) L\'attrait de cette poésie tient à ce qu\'elle est vécue comme un privilège spirituel : elle semble élever au plus haut degré de qualité, moyennant l\'exclusion de la foule profane, cette pure joie de l\'esprit que toute poésie promet4. »
Ed -
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