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le meilleur du cinema

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Bande annonce
En 1947, Madeleine est serveuse dans un hôtel-restaurant et mère d'un petit garçon. Sur une plage, elle fait la connaissance de François, un jeune étudiant riche et cultivé. Entre eux, c'est comme une évidence, voire la providence. Ils vont être attirés l'un vers l'autre, alors que chacun renferme un secret. De son côté, François tente de fuir en mêlant le destin de Madeleine au sien.

TELERAMA
En 1947, une serveuse, mère célibataire, épouse le fils lettré d’un industriel. Leur union, à mi-chemin entre le malentendu et le miracle, cache plus d’un secret.

Les images authentiques qui ouvrent le film, celles de femmes françaises tondues, déshabillées, molestées en public et recouvertes de croix gammées à la Libération sont bouleversantes, tant elles interrogent la possibilité d’une vie après un tel traitement. Dans l’onde de cette émotion inaugurale, une fiction naît, inspirée, entre autres, par la vie de la grand-mère de la cinéaste. En 1947, Madeleine (Anaïs Demoustier) fait partie de ces femmes qui furent dénoncées après une liaison avec un militaire allemand. Sur une plage bretonne, cette mère célibataire d’un petit garçon, devenue serveuse dans un hôtel-restaurant, fait la connaissance de François (Vincent Lacoste), fils d’un riche industriel et étudiant insaisissable, qu’une légère séquelle de la polio singularise encore. Tous deux ont envie d’oubli et de renouveau et chacun(e) croit les trouver en l’autre, même si des secrets menacent leur affinité instantanée.

Katell Quillévéré a le goût du feuilleton et des jeux subtils avec la narration. Dans l’intense mélodrame Suzanne (en 2013, avec Sara Forestier et Adèle Haenel), elle remplaçait par des ellipses les temps forts de l’action, dont on découvrait peu à peu les conséquences dans la vie des personnages. Ici, elle crée une arythmie palpitante, s’attarde voluptueusement sur certains moments, puis escamote des saisons et des années, voire des décennies.

Une scène érotique imprévisible
Écrit avec Gilles Taurand (ancien collaborateur, notamment, d’André Téchiné), voilà un film original et séduisant, qui échappe aux filiations trop repérables. Comme si le cinéma classique, en l’occurrence historique et romanesque, était soudain débarrassé des tabous d’antan. La place de la sexualité, vécue ou non, est abordée frontalement, au même titre que les autres dimensions de l’existence.

Devenus gérants d’un dancing près d’une base militaire américaine, Madeleine et François se retrouvent ainsi, au terme d’une soirée d’ivresse, avec un G.I. dans leur lit. Un homme noir sculptural et affectueux, qu’ils désirent tous les deux. Cette scène érotique et imprévisible condense le récit et préfigure des épisodes tardifs montrant François en amant tourmenté et clandestin, dans le Paris des années 1970, où l’homosexualité est encore un délit. Et Madeleine frustrée, mais invaincue à sa manière.

Au-delà de leurs particularités, les deux époux du Temps d’aimer invitent à une réflexion sur le couple, dépeint comme une entité à mi-chemin entre le malentendu et le miracle, et dont le film ne cesse d’agrandir la définition et l’horizon. L’aventure au long cours de Madeleine et François, leur traversée à deux des époques et des âges reposent sur des déceptions et des trahisons, qui, une fois surmontées, renforcent encore leurs liens, construisent une solidarité puissante, indéfectible. Leur alliance ne cesse de se recomposer, quand bien même leurs désirs divergent.

Anaïs Demoustier et Vincent Lacoste incarnent ces complexités avec panache. Lui dévoile plus que jamais une fragilité lunaire et émouvante. Elle, jusqu’à une poignante scène au miroir, comme en écho à sa première apparition, ose s’avancer sans le soutien de sa fantaisie naturelle, pour atteindre la transfiguration.   Ed - Php-Sql2
Bande annonce

   Ed