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Enregistrement #890

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id 890
filename BELLE DE JOUR, Luis Buñuel 1967, Catherine Deneuve, Michel Piccoli, Pierre Clementi (femmes metoo film e)@@.jpg
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titre BELLE DE JOUR, Luis Buñuel 1967, Catherine Deneuve, Michel Piccoli, Pierre Clementi (societe film e)@@
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entete
texte Epouse d'un jeune interne des hopitaux, Pierre, Severine n'a jamais trouvé un véritable plaisir auprès de lui. Un des amis du ménage, play-boy amateur de call-girls, lui glisse un jour l'adresse d'une maison clandestine. Troublée, Severine ne résiste pas à l'envie de s'y rendre et ne tarde pas à devenir la troisieme pensionnaire de Mme Anais. Elle y est appelée Belle de jour car ses visites surviennent chaque après-midi de deux à cinq heures.

TELERAMA
Les après-midi au bordel d’une jeune bourgeoise mariée. Des trésors de cinéma trouble, au pouvoir d’évocation intact.

Au fond, Séverine est comme tout le monde : elle aspire à ce qu’elle n’a pas. Parce que son jeune, beau et fortuné chirurgien de mari n’est que douceur et prévenance, elle rêve d’humiliation, de fange sur son visage diaphane. Plus tard, quand ce mari idéal sera hors service, elle rêvera de tendresse conjugale. Entre-temps, il y a la révélation, dans la « maison » de Mme Anaïs. Les passes de l’après-midi avec ces messieurs pris, eux, dans le train-train de leurs petites fantaisies sexuelles, et rêvant, qui sait, de grands sentiments… On a rarement tout à la fois, Séverine en fera la cruelle expérience.

C’est donc tragique, Belle de jour. Mais aussi hilarant. Traversé par des courants contraires : la morale d’un roman de 1928 (signé Kessel) et le Paris à la page des années 1960, très Vadim ; un bordel digne de l’avant-guerre et les robes Saint Laurent de l’héroïne ; le surréalisme de Buñuel et le prosaïsme des débuts de la libération sexuelle ; les fantasmes et la réalité. Inaltérable en vertu de ce merveilleux syncrétisme, le film cumule des trésors de cinéma trouble, au pouvoir d’évocation intact. Comme la chaussette trouée de Pierre Clémenti contre la cheville virginale de Deneuve, ou encore cette réponse lapidaire de Séverine à la femme de ménage compatissante, spéculant sur la dureté du métier de prostituée : « Qu’est-ce que tu en sais ? »
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