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Enregistrement #722

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id 722
filename LE SANG A LA TETE, Gilles Grangier 1956, Jean Gabin (sentimental)@@.jpg
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titre LE SANG A LA TETE, Gilles Grangier 1956, Jean Gabin (sentimental)@@
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entete
texte François Cardinaud épouse son amie d'enfance, Marthe, qui est issue d'un milieu misérable. Or, cette dernière n'est pas acceptée par la bonne société rochelaise. Ennuyée, elle décide de s'enfuir avec Mimile, un mauvais garçon revenu d'Afrique. Cardinaud part alors à la recherche de sa femme. Il finit par la retrouver sur le bac de l'île de Ré. Il comprend qu'il a négligé sa femme et décide de lui pardonner dans l'espoir d'être à nouveau heureux ensemble.

TELERAMA
Une bonne étude des mœurs bourgeoises adaptée de Simenon et légèrement teintée à l’eau de Prévert, où les coups de sang de Gabin ne sauraient mentir.
Jusque sur le quai de la gare de La Rochelle, Monsieur Cardinaud est obligé de chercher Madame, qui n’est pas rentrée. Elle est partie avec Mimile, un bon à rien jamais sorti du caniveau, toute la ville le sait et s’en réjouit. Car Monsieur Cardinaud est un ancien débardeur, un homme du peuple qui s’appelait simplement François quand sa femme l’a connu et qui a trahi en devenant un riche armateur et mareyeur. Être cocu, voilà tout ce qu’il mérite.

L’enjeu de cette adaptation du Fils Cardinaud, de Simenon, c’est l’honneur d’un homme qui se croyait respecté et à qui chacun se croit maintenant autorisé à faire la leçon : « Moi, à la maison, je veux de l’exactitude ! » lui balance un bon père de famille au café. Sur des dialogues mordants de Michel Audiard, la guerre des classes est déclarée. C’est sur ce terrain des rancœurs sociales que le regard de Gilles Grangier fait merveille, précis dans sa description du décorum bourgeois comme dans celle du monde ouvrier.

Le réalisateur rate le portrait de l’infidèle Marthe (c’est sans doute pourquoi François Truffaut détesta le film à sa sortie), mais il saisit la vérité des hommes, la tension que chacun d’eux porte en lui (et il fut, à raison, admiré par Bertrand Tavernier). À travers l’éternellement grand Gabin, statue de commandeur vacillant sur son socle, toute une histoire de la société française se raconte ici.
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