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Enregistrement #5270

id 5270
titre Le capitaine Alfred Dreyfus, déclaré coupable d'espionnage par un tribunal militaire, est envoyé au bagne de l'Île du Diable.
comment En septembre 1894, le service de contre-espionnage (le Bureau de statistique) dépendant du Ministère de la Guerre, découvre un bordereau contenant des informations sur des secrets militaires français. Celui-ci aurait été transmis à l'ambassade d'Allemagne. Alfred Dreyfus apparaît très rapidement comme le suspect idéal du fait de la similitude de son écriture avec celle du bordereau. En outre, il est passé par l’État-Major, il est artilleur, et a des origines alsaciennes et juives. Il est réputé antipathique et prétentieux.
Le procès de 1894[modifier]


Les deux cases occupées par Dreyfus à l'île du Diable
Le 15 octobre, il est arrêté et incarcéré à la prison du Cherche-Midi. Il passe en conseil de guerre à Paris le 19 décembre 1894. Il est défendu par un avocat pénaliste talentueux, Edgar Demange, de confession catholique et choisi par son frère Mathieu. Cet avocat tente de démontrer à la Cour l'insuffisance des charges pesant sur l'accusé puisque les différentes analyses graphologiques produites se contredisent ; l'une de celle-ci a été effectuée par Bertillon.
Mais, contre toute attente[réf. nécessaire], Dreyfus est condamné le 22 décembre à l'unanimité pour trahison « à la destitution de son grade, à la dégradation militaire, et à la déportation perpétuelle dans une enceinte fortifiée », c'est-à-dire au bagne en Guyane3. Il n'est pas condamné à mort, cette peine ayant été abolie pour les crimes politiques depuis 1848.
Pour les autorités, la presse et le public, les quelques doutes d'avant procès sont dissipés. Son cas est évoqué devant la Chambre des députés et il ne trouve alors aucun défenseur, ni même en la personne de Jean Jaurès qui le condamne à la tribune ou de Clemenceau, les deux soulignant que la peine de mort venait d'avoir été appliquée à un jeune soldat insolent en vertu du Code de justice militaire.
Alfred Dreyfus est dégradé le 5 janvier 1895 dans la cour d'honneur de l'École militaire de Paris devant une foule furieuse qui crie notamment « À bas le traître, à bas le juif ! ».
Le 22 février 1895 on embarque Alfred Dreyfus sur le Ville-de-Saint-Nazaire, qui accoste à l'île Royale le 12 mars. Gardé en secret total sur l'île Royale, il pose pied sur l'île du Diable cinq jours plus tard. Au début, il a une relative liberté de mouvement, quoique fortement suspecté de vouloir s'évader, mais en 1896 la rumeur d'une tentative de le faire évader se répand, et les autorités font construire une palissade autour de sa case. Il ne peut plus voir la mer ; il reste confiné à l'intérieur de l'enceinte entourant sa case.
Sa santé et son moral empirent drastiquement ; le bagnard Ullmo, qui occupera la case après Dreyfus, dira que celui-ci disait parler aux requins et que ceux-ci venaient à l'appel. Il dort avec l'aide de calmants prescrits par le médecin des îles, écrit à sa femme, à son frère, au président (toute sa correspondance est inspectée minutieusement), et essaie de jardiner un peu sous l'œil attentif des gardes, mais échoue. Il remplit ses cahiers du nom de sa femme, Lucie, et de figures géométriques. Tenu dans l'ignorance complète des avances sur son dossier, il n'essaiera toutefois jamais de s'évader ou de tenter une quelconque violence à l'encontre des autorités du bagne.
date 1894-12-22 18:12:07
url histoire/1894-12-22-dreyfus.jpg
mots europe-o
cat societe
pays france
portable
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