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Enregistrement #5237

id 5237
titre l'ETA, organisation armée basque indépendantiste, annonce officiellement qu'elle renonçe à la lutte armée.
comment En Espagne, l'ETA dépose les armes après 43 ans de terrorisme
Minée par la répression policière et l'isolement politique, l'organisation séparatiste basque a annoncé " l'arrêt définitif de son activité armée "

Le Pays basque et la démocratie espagnols ne vivront plus sous la menace du terrorisme. L'organisation séparatiste basque armée ETA a annoncé, jeudi 20 octobre, qu'elle renonçait définitivement à l'usage de la violence. Un communiqué bref et sans équivoque a clos, cinquante-deux ans après sa naissance, quarante-trois ans après son premier assassinat, deux ans après son dernier attentat mortel, une trajectoire sanglante commencée sous la dictature de Francisco Franco et poursuivie pendant trente-cinq ans de démocratie. Elle a laissé dans son sillage quelque 829 personnes tuées par balles ou par bombes.
" L'ETA a décidé l'arrêt définitif de son activité armée ", affirme le communiqué, qui met un terme aux activités du dernier groupe politique armé de l'Union européenne (UE). Cette annonce historique était attendue depuis la conférence organisée lundi à Saint-Sébastien. Préparée depuis un an et demi par des négociateurs autour de l'avocat sud-africain Brian Currin, elle a mis en scène un appel au dépôt des armes lancé à l'ETA par un groupe de personnalités internationales. La réunion de Saint-Sébastien a permis à l'ETA d'habiller une capitulation à laquelle l'ont contrainte, par la voie du droit et de la répression policière, les partis politiques et l'appareil judiciaire espagnols.
Depuis près de vingt ans, avec la collaboration active de la France, les gouvernements espagnols ont maintenu une pression policière constante et de plus en plus efficace contre l'organisation. La surveillance, l'exploitation minutieuse des documents saisis dans les caches, l'infiltration toujours plus rentable de ses rangs (ces dernières années, estiment les spécialistes, la sécurité interne et la traque aux mouchards occupaient l'essentiel de l'énergie de l'organisation), ont permis à la police et à la Garde civile espagnoles de démanteler à un rythme toujours plus rapide les directions de l'ETA. De 2000 à 2010, douze chefs successifs de l'appareil militaire ont été arrêtés, ainsi que six chefs de l'appareil logistique et cinq responsables de l'appareil politique, selon les comptes du quotidien El Pais.
A cet étranglement opérationnel s'est ajoutée une pression judiciaire qui a démembré la nébuleuse entourant l'organisation, tout ce réseau d'associations et de relais sociaux qui lui permettaient d'entretenir un inépuisable vivier pour son recrutement et de tenir parfaitement assujettis ses relais politiques. Le juge Baltazar Gazon est à l'origine de cet étau. Chargé d'instruire des dossiers sur des organisations de la mouvance indépendantiste radicale, le magistrat de l'Audience nationale a élaboré, à partir de 1998, une construction juridique selon laquelle ces structures, qui ont servi de relais à l'ETA, doivent être considérées comme parties intégrantes du groupe terroriste, qui en assure, dans la pratique, l'entière direction. Par conséquent, leurs membres peuvent être poursuivis et condamnés pour terrorisme.
Au début de la décennie 2000, les dirigeants politiques ont imaginé le troisième élément du piège qui allait se refermer sur l'ETA. Le groupe terroriste avait alors décidé de tuer prioritairement des élus et militants des partis non nationalistes, à savoir le Parti populaire (conservateur) et le Parti socialiste (PSOE). Avec la vie d'une partie des candidats explicitement menacée, la compétition électorale devenait singulièrement biaisée.
José Maria Aznar, alors chef du gouvernement, et José Luis Rodriguez Zapatero, à la tête du PSOE, se sont mis d'accord pour voter une loi permettant à la justice d'interdire les partis qui refusaient de condamner le terrorisme, et donc d'interdire aux candidats de Batasuna (la vitrine politique de l'ETA) et de ses avatars de se présenter aux élections. Les deux grands partis s'engageaient aussi, que l'un ou l'autre soit au pouvoir, à n'engager aucune négociation politique sans abandon du terrorisme. On était loin de la " guerre sale ", dans les années 1980, lorsque les sinistres Groupes antiterroristes de libération (GAL), parapoliciers, pourchassaient et tuaient des membres d'ETA (27 au total) sur le sol français.
Cette triple pression a fini par fonctionner : privé d'élections, harcelé par la justice, décimé par la police, la plupart de ses dirigeants emprisonnés, l'entourage politique de l'ETA a fini par s'émanciper des " militaires " et par leur demander de déposer les armes, seule façon, pour eux, d'exister politiquement à nouveau. La figure de proue de l'ex-Batasuna, Arnaldo Otegi, a reconnu en juillet, que le tournant, pour lui et ses amis, a eu lieu lorsque, le 30 décembre 2006, l'ETA a rompu la trêve qui accompagnait des négociations secrètes avec le gouvernement de M. Zapatero en tuant deux personnes à l'aéroport de Madrid.
" Notre démocratie sera sans terrorisme, mais pas sans mémoire ", a promis jeudi le président socialiste du gouvernement en souvenir des victimes.
Cécile Chambraud
Une longue négociation avant une éventuelle dissolution
L'ETA a annoncé " l'arrêt définitif de son activité armée " mais pas sa dissolution. Avant d'y arriver, un long processus attend encore probablement l'organisation et le gouvernement espagnol. Il consistera à négocier la restitution de l'arsenal dont dispose l'ETA et le sort des quelque 700 de ses militants qui sont aujourd'hui éparpillés dans les prisons espagnoles et françaises. L'ETA espère obtenir pour eux des libérations accélérées. Les familles des victimes de l'ETA devraient s'y opposer.

ETA abandonne les armes, pas la politique
Euskadi Ta Askatasuna ("Patrie basque et liberté"), l'organisation armée basque indépendantiste, a déclaré officiellement qu'elle renonçait à la lutte armée. Une annonce diversement saluée en Espagne.
«L'ETA a décidé l'arrêt définitif de son activité armée», proclame le communiqué, traduit en espagnol, français et anglais. «L'ETA lance un appel aux gouvernements d'Espagne et de France pour ouvrir un processus de dialogue direct qui aura comme objectif la résolution des conséquences du conflit et, en conséquence, le dépassement de la confrontation armée», ajoute le texte.

Pour les proches de victimes de l'ETA, qui espéraient une dissolution définitive, la déception était de mise après l'annonce de la nouvelle. «Aujourd'hui nous sommes déçus car il reste à en finir totalement» avec l'ETA, a déclaré Maria del Mar Blanco, soeur de l'élu conservateur Miguel Angel Blanco, assassiné en 1997.
date 2011-10-21 22:10:45
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mots ETA
cat politique
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