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Enregistrement #3181

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id 3181
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titre VOYAGE AU POLE SUD, Luc Jacquet 2023, Luc Jacquet (documentaire)@
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texte En 1991, Luc Jacquet partait pour sa première mission en Antarctique. Trente ans plus tard, le réalisateur de "La Marche de l'empereur", Oscar du meilleur film documentaire en 2006, revient là où tout a commencé pour lui.

TELERAMA
Le réalisateur de “La Marche de l’empereur” questionne sa fascination pour le paradis blanc. Mais son ambition contemplative souffre d’effets parasites.

Trente ans après ses premiers pas en Antarctique, Luc Jacquet, le réalisateur oscarisé de La Marche de l’empereur, met à nouveau le cap vers ce pôle Sud qui le magnétise. Un désert blanc où il a passé, dit-il, l’équivalent de « quatre années de vie ». Et qui lui a inspiré plusieurs documentaires – dont La Glace et le Ciel, en 2015, et L’Empereur, en 2017.

Cette fois, l’ex-chercheur en écologie animale a choisi de s’affranchir de tout récit naturaliste. Et de questionner, sur un mode contemplatif et introspectif, sa fascination pour le grand blanc, et son « addiction » pour ce territoire peu hospitalier. De la traversée des immensités désolées de la Patagonie en voiture à la navigation en brise-glaces jusqu’au continent immaculé, le film étire ses paysages à la photogénie accrocheuse, magnifiés par le choix d’un noir et blanc contrasté. Des tableaux presque abstraits, où se dessinent les craquelures de l’eau congelée, la géométrie froide de la banquise, les cristaux scintillants.

Une bande-son envahissante
À ces carrés blancs sur fond blanc où le regard se perd, au choc esthétique de la nature brute et des plans à la beauté bien cadrée, vient s’ajouter le poids des mots, moins aériens, eux, que les flocons. Voix chuchotante et phrasé sentencieux, le réalisateur délivre dans un souffle son « récit intérieur », méditation où s’enchaînent considérations métaphysiques, envolées lyriques, réflexions sur la beauté pure de la nature et la dévastatrice main de l’homme, surlignées par une bande-son envahissante. De quoi briser la glace, mais surtout le charme, de ce bout du monde fascinant.
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