Fred Ballinger et Mick Boyle, tous deux presque octogénaires, sont amis depuis très longtemps. Les deux hommes ont un autre point commun : ils font partie des prestigieux pensionnaires d'un hôtel de luxe situé au pied des Alpes. Fred, compositeur et chef d'orchestre, est bien décidé à ne plus travailler, malgré de sérieuses sollicitations. Mick, cinéaste, est, lui, bien résolu à poursuivre sa carrière et travaille au scénario de son prochain film. Les deux hommes sont par ailleurs confrontés aux problèmes de leurs enfants, dont les vies sentimentales sont compliquées...
TELERAMA
Parmi les résidents d’un luxueux hôtel suisse, un chef d’orchestre retraité et un cinéaste qui prépare son film testament… Comme à son habitude, le réalisateur passe d’un personnage, d’une saynète à l’autre. Avec un casting quatre étoiles.
Deux octogénaires. L’un, Fred, le chef d’orchestre, est à la retraite. L’autre, Mick, le cinéaste, pas. Il prépare, avec des scénaristes dévoués mais en panne, son film testament. Tous deux se retrouvent souvent dans un hôtel de luxe au pied des Alpes suisses, dont Paolo Sorrentino fait, à la manière de Fellini, son maître, le symbole d’une société finissante, à la Satyricon. Il va d’un personnage à l’autre, imaginant, autour de chacun, des saynètes qui révèlent, en un éclair, la stupidité de l’un, la générosité de l’autre. Il observe ses héros avec la délectation d’un manipulateur. Il y a de la hauteur dans sa démarche, et c’est précisément cette arrogance qui le rend détestable aux yeux de ceux qui n’aiment les cinéastes démiurges que lorsqu’ils sont morts (Welles, Kubrick, Hitchcock…).
Par instants, lorsque la petitesse domine, lorsque la vulgarité l’emporte, Sorrentino éructe. Dans une scène tonitruante, qu’il filme avec une réjouissante brutalité, débarque une Jane Fonda grandiose, maquillée comme la Baby Jane de Robert Aldrich, venue expliquer au cinéaste à qui elle doit tout qu’il n’est plus rien… Avec elle, durant quelques secondes, la laideur triomphe, alors que toute l’œuvre de Sorrentino tente de prôner et de prouver la survie de la beauté. Qu’elle soit tapie au cœur des villes (Rome dans La grande bellezza). Ou dans ces silhouettes faussement dérisoires que le cinéaste aligne de film en film.