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samedi 28 février 2026 - 16h10rech / rep
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DANS LA TETE DES SS, Serge de Sampigny 2018 (documentaire histoire shoah)@
(taille reelle) (grd ecran)

Créés en 1925 pour assurer la protection du Führer, auquel ils avaient juré fidélité jusqu'à la mort, les SS ont décimé le peuple juif, ensanglanté l'Europe et massacré leurs ennemis. Plus de 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, des dizaines d'anciens SS, nés dans les années 20, sont encore en vie. Tous n'ont pas participé au génocide, mais beaucoup restent antisémites et convaincus des bienfaits du national-socialisme. Agés de plus de 90 ans, obstinés et nostalgiques, ils vivent en Allemagne, en Autriche, en France, en Belgique ou en Grande-Bretagne. Certains tentent toujours d'échapper à la justice, notamment ceux qui étaient membres du personnel des camps de concentration nazis. Serge de Sampigny a interviewé une vingtaine d'entre eux.

TELERAMA
Quel regard portent sur le passé les derniers complices de la machine de mort nazie ? Les SS étaient-ils « des fous, des criminels, ou des hommes ordinaires » ? Avec ce documentaire fleuve, Serge de Sampigny ambitionnait de « comprendre l’incompréhensible ». Pendant deux ans, assisté d’une équipe d’enquêteurs, il a sillonné l’Europe pour retrouver une vingtaine de vétérans des escadrons de protection (Schutzstaffel), vivant dans différents pays.

Nourri d’archives rares (dont des vidéos amateurs tournées parfois par les nazis eux-mêmes), son film retrace l’histoire de l’organisation, conçue en 1925, au départ pour assurer la protection de Hitler, tout en donnant la parole à ces hommes — et à une femme, ancienne gardienne de camp de concentration — qui, pour beaucoup, ne renient rien. On peut difficilement suspecter la sincérité de la démar­che du réalisateur ; malheureusement, le résultat se révèle contre-productif. Très hachés, découpés en séquences trop fragmentées pour qu’une pensée construite puisse s’épanouir, les témoignages sont, pour la plupart, d’une vacuité totale. Jamais on n’entre dans la tête de ces SS, qui se contentent d’évoquer leur participation au régime comme une formidable aventure et restent, de bout en bout, triviaux et pragmatiques.

Dans ces conditions, entendre ces vieillards raconter leur nostalgie du Reich, subir leurs propos révisionnistes, n’apporte rien d’autre qu’un sentiment de malaise. Obligé de compenser par un commentaire appuyé l’absence d’interaction réelle avec les protagonistes, Serge de Sampigny échoue à nous faire comprendre les ressorts de l’extrémisme.