arpoma
mardi 27 janvier 2026 - 22h32
menu / rep

atlas / rech


repertoires:

(diapo) (rep-list) (grd ecran)
   .. / classer1
Nombre de fichiers dans le répertoire : 20
@

ALBERT NOBBS, Rodrigo García 2011, Glen Close (thriller)


Au XIXe siècle, dans une Irlande en proie à de graves difficultés économiques, Albert Nobbs travaille comme majordome dans un grand hôtel. Sa discrétion, sa parfaite compétence et sa distinction le font apprécier des clients comme des autres employés. Ce n'est que le soir, en retirant le corset qui dissimule ses formes, qu'Albert redevient la femme qu'il est réellement. En secret, Albert Nobbs nourrit un rêve, pour lequel il économise patiemment chaque sou qu'il gagne : ouvrir sa propre boutique, un magasin de tabac. Un jour, madame Baker, la propriétaire de l'hôtel, lui demande de partager sa chambre pour une nuit avec Hubert Page, un peintre...

TELERAMA
Le grand secret d’un petit majordome réservé, dans l’Irlande du XIXᵉ siècle… On reconnaît à peine Glenn Close : ce Nobbs est sa création, sa créature — ce que fut Tootsie pour Dustin Hoffman.

Une pension de famille, dans l’Irlande du XIXᵉ siècle. Albert Nobbs est un modèle de majordome. Mais qui est-il vraiment ?… Une femme. Passagère clandestine dans des vêtements, un métier, un monde d’hommes. Dans ce « rôle à performance », de ceux qui vous rapportent un oscar, on reconnaît à peine Glenn Close. Travestissement stupéfiant : cet Albert Nobbs est sa création, sa créature, l’équivalent de ce que fut Tootsie pour Dustin Hoffman.

Rien de trop dans son interprétation sèche et méticuleuse : jamais elle ne surjoue la virilité. Rien de faux dans ce masque impassible, ces yeux qui rêvent d’ailleurs, comme des prisonniers dans leur cellule. L’actrice n’est jamais plus émouvante que dans la minutieuse répétition du quotidien de son modeste personnage. Servir, desservir, se fondre dans le décor. À côté d’elle, tout paraît fade dans cette description ronronnante, académique, des misères et contraintes de l’ère victorienne. Et les autres protagonistes, même la seconde « travestie » du film, sont des figurants à côté de ce pantin bizarre et captivant, cet apatride de la sexualité, ni mâle ni femelle, taraudé par l’unique désir, éperdu, naïf et vague, de ne plus être seul. Plutôt qu’un film, c’est un vrai « one-man / woman-NOPSIS
ALBERT NOBBS, Rodrigo García 2011, Glen Close (thriller) (E)
Au XIXe siècle, dans une Irlande en proie à de graves difficultés économiques, Albert Nobbs travaille comme majordome dans un grand hôtel. Sa discrétion, sa parfaite compétence et sa distincti ...

@

CRAZY HEART, Scott Cooper 2009, Jeff Bridges, Maggie Gyllenhaal (musical sentimental)@@@


A 57 ans, Bad Blake, chanteur de country, vit toujours sur la route, jouant des vieux hits dans des bars de troisième zone et des salles de bowling. Ce qui lui reste de célébrité disparaît peu à peu. Le mieux qu'il puisse espérer aujourd'hui, c'est de faire la première partie de Tommy Sweet, qui fut son jeune protégé et à qui il a tout appris. De petit concert en petit concert, la route de Bad suit son cours, jusqu'au soir où il fait la rencontre de Jean, journaliste locale.

TELERAMA
Rédemption via l’amour d’un chanteur de country has been et alcoolo. Jeff Bridges, sur les traces du Eastwood de “Honkytonk Man”, se fond parfaitement dans son personnage. Un de ses plus grands rôles.

J'ai joué malade, ivre, divorcé et en cavale. De toute ma vie, je n'ai jamais loupé un concert. » Le coup du chanteur de country sur le retour, alcoolo et qui reprend goût à la vie en tombant amoureux d'une jeunesse, on nous l'a déjà fait. Les perdants magnifiques, les histoires de rédemption, Hollywood en raffole. Pourtant, dès qu'on fait la connaissance de Bad Blake (génial pseudo !), on oublie nos préventions. Le mérite en revient au formidable Jeff Bridges.

Qu'il biberonne sa bouteille de Mc Clure au saut du lit dans un motel miteux ou honore en titubant sa tournée des bars et bowlings du Deep South, Bridges apporte le vécu et l'ironie nécessaires. À l'instar d'Eastwood dans Honkytonk Man, il interprète lui-même les chansons écrites pour le film. Et avale les kilomètres d'autoroute au volant d'un corbillard « rouille métallisée ». Un majestueux plan large cadre la minuscule voiture de Blake, seule sur sa voie, croisant, sur la file opposée, l'immense cohorte des véhicules anonymes. Solitude du saltimbanque, éternellement à contre-courant.

La country n’a jusqu’à présent inspiré au cinéma que quelques rares réussites (Tender Mercies, avec Robert Duvall, et Honkytonk Man, de et avec Clint Eastwood). Crazy Heart s’inscrit dignement dans la même lignée et rappelle la place cruciale de cette musique – aussi importante que le jazz – dans le paysage culturel américain. Ce premier film d’un acteur passé à la réalisation est littéralement porté par ses deux interprètes principaux : Maggie Gyllenhaal, généreuse et brave en mère célibataire qui veut encore tenter sa chance avec un homme pourtant prénommé Bad, et Jeff Bridges, qui a l’air d’être né pour ce rôle conflictuel opposant le charme et la douceur à l’irresponsabilité et l’autodestruction.

CRAZY HEART, Scott Cooper 2009, Jeff Bridges, Maggie Gyllenhaal (musical sentimental)@@@ (E)
A 57 ans, Bad Blake, chanteur de country, vit toujours sur la route, jouant des vieux hits dans des bars de troisième zone et des salles de bowling. Ce qui lui reste de célébrité disparaît peu à peu. ...

@

GLORIA, Margherita Vicario 2024, Galatéa Bellugi, Carlotta Gamba (musical bio Vivaldi)@@@


Fin du XVIIIe siècle, à Venise. Les pensionnaires de l'institut Sant'Ignazio, un orphelinat et conservatoire réservé aux jeunes filles, ne peuvent cacher leur joie et une certaine appréhension en raison de la visite imminente de Pie VII, le nouveau pape fraîchement intronisé. Pour l'occasion, un grand concert a été longuement préparé et sera donné en l'honneur de cet invité d'exception. Teresa, alias "la muette", une jeune domestique aussi silencieuse que solitaire, découvre un piano-forte dans le débarras de l'établissement. Elle ignore que sa surprenante trouvaille va révolutionner la vie de l'institution...

TELERAMA
Au XVIIIe siècle, dans un internat pour jeunes filles de la noblesse vénitienne, une servante dotée de l’oreille absolue se libère à travers la musique. Premier film galvanisant de Margherita Vicario.

Une énergie dansante traverse ce premier film d’une jeune Italienne qui signe aussi des œuvres musicales. Ses recherches l’ont amenée à s’intéresser aux orphelinats où, dans la Venise du XVIIIe siècle, des jeunes filles recevaient une éducation digne des meilleurs conservatoires. Avec beaucoup de spontanéité, Margherita Vicario reconstitue l’époque, utilisant simplement des bâtiments anciens et de jolis costumes. L’important sera d’avoir l’oreille ! Celle de la servante Teresa (formidable Galatéa Bellugi) est si fine qu’elle transforme en symphonie rythmique tous les bruits qui l’entourent. Le jour où elle découvre un pianoforte, instrument sacrilège caché dans ce lieu saint qu’est l’orphelinat, elle se met à inventer des musiques diaboliquement modernes. Et attire les jeunes pensionnaires de l’établissement, qui ont envie de chanter, de composer, plus classiquement mais aussi audacieusement.

Il s’agit de fêter la créativité musicale féminine et de la libérer, en ne reculant pas devant la fantaisie, du carcan d’un monde où la gloire n’appartient qu’aux hommes. En l’occurrence, un prêtre qui va être chargé d’écrire la plus belle des partitions pour la visite du pape Pie VII. Mais ce prêtre cache qu’il a perdu l’inspiration, comme il cache sa faiblesse ruineuse pour un chanteur gigolo qui lui dit « Tu es mon maestro ».

La comédie permet de régler son compte au patriarcat sans en faire un plat. C’est l’identification avec ses héroïnes qui guide la réalisatrice. Elle réussit ses plus belles scènes en mêlant la dynamique sonore et le tempo donné à l’image par un montage alerte. Le cinéma devient tremplin vers la sensation des voix, des instruments. Cette forme d’émulation fait de Gloria ! un film qui, en dépit de quelques faiblesses et approximations, séduit par sa volonté d’être utile et de galvaniser les jeunes musiciennes d’aujourd’hui, dans une joie communicative.
GLORIA, Margherita Vicario 2024, Galatéa Bellugi, Carlotta Gamba (musical bio Vivaldi)@@@ (E)
Fin du XVIIIe siècle, à Venise. Les pensionnaires de l'institut Sant'Ignazio, un orphelinat et conservatoire réservé aux jeunes filles, ne peuvent cacher leur joie et une certaine appréhension en raison de ...

@

HONKYTONK MAN, Clint Eastwood 1982, Clint Eastwood, Verna Bloom (sentimental country)@@


Red Stovall revient chez lui le jour où une tornade s'abat sur la ferme de sa famille, dans l'Oklahoma, détruisant la récolte de coton.

TELERAMA
La filiation de Clint Eastwood avec John Ford, évidente dans ses westerns, se retrouve dans ce tableau plein de charme. Bien avant Sur la route de Madison, Eastwood s’y révèle un peintre sensible des paysages, de ce sol nourricier qui donna justement son nom à la country music, née dans le vieux Sud, du côté de Nashville. L’air, la poussière, la terre (bravo au chef opérateur Bruce Surtees), mais aussi les gueules et les accents rocailleux des paysans, tout cela imprègne l’image. De bastringues en incidents de parcours, l’aventure picaresque dégage un parfum léger de liberté, malgré la maladie qui gagne du terrain et ronge sourdement le corps de Red.

Histoire de don et de transmission d’autant plus touchante qu’elle met face à face le cinéaste avec son propre fils, Honkytonk Man salue, avec une simplicité souveraine, l’élégance secrète de ceux qui préféreront toujours s’enivrer de rêves mortels que calculer leur vie. Éternel marginal, y compris dans sa seule patrie, la musique, Red Stovall n’est pas un héros. Mais sa lutte finale a quelque chose d’héroïque. Et que ce soit Eastwood en personne qui chante, avec classe et sobriété à la fois, faisant résonner son timbre poitrinaire si particulier, ajoute bien sûr de la valeur au tableau.
HONKYTONK MAN, Clint Eastwood 1982, Clint Eastwood, Verna Bloom (sentimental country)@@ (E)
Red Stovall revient chez lui le jour où une tornade s'abat sur la ferme de sa famille, dans l'Oklahoma, détruisant la récolte de coton.

TELERAMA
La filiation de Clint Eastwood avec John Ford, évident ...

@

JUPITER le destin de l univers, Lana Wachowski, Lilly Wachowski 2015, Mila Kunis, Channing Tatum (science fiction)


Jupiter Jones est promise à un destin hors du commun. Devenue adulte, elle a la tête dans les étoiles, mais enchaîne les coups durs et n'a d'autre perspective que de gagner sa vie en nettoyant des toilettes.

TELERAMA
Une histoire de Cendrillon de l’espace mettant en scène une reine intergalactique qui s’ignore, pourchassée par des extraterrestres tueurs et sauvée par un homme-loup albinos.

Les Wachowski sont impayables. Après les échecs commerciaux des extravagants Speed Racer (2008) et Cloud Atlas (2012), les auteurs de Matrix (1999) promettaient de revenir sagement à la science-fiction, le genre qui a fait leur réputation, et ils sortent de leur chapeau Jupiter : le destin de l'univers, un énorme délire sur lequel plane sans cesse la menace du ridicule qui tue...

Leur héroïne est une cendrillon américaine (Mila Kunis), baptisée Jupiter mais condamnée à faire la boniche. Soudain prise pour cible par des extraterrestres tueurs, elle est sauvée par un charmant guerrier albinos (Channing Tatum) qui peut voler et l'appelle Majesté ! Dans le cosmos, elle découvre son royaume : la Terre et toutes les planètes lui appartiennent. Jupiter est reine mais il va falloir qu'elle défende son titre !

Un tel acharnement dans la fantaisie radicale donnerait presque envie d'applaudir. Et il y a parfois de quoi. Par exemple, quand le guerrier albinos s'empoigne avec un autre costaud, ce combat de brutes est filmé au milieu des petites fleurs... Mais l'art des mélanges des Wachowski prend plus souvent la forme d'une accumulation anarchique. Le conte de fées fonce droit dans la BD, croise des influences mangas, bascule dans le film de super-héros, vire au feuilleton à la Game of Thrones, s'élève vers le romantisme kitsch, percute des ambiances d'opéra... Avec beaucoup de générosité mais aussi des baisses de tension, ce grand show finit, assez logiquement, par nous perdre en route.
JUPITER le destin de l univers, Lana Wachowski, Lilly Wachowski 2015, Mila Kunis, Channing Tatum (science fiction) (E)
Jupiter Jones est promise à un destin hors du commun. Devenue adulte, elle a la tête dans les étoiles, mais enchaîne les coups durs et n'a d'autre perspective que de gagner sa vie en nettoyant des toilettes.
< ...

@

L EXPERT, Luis Llosa 1994, Sharon Stone, Sylvester Stallone (thriller)@


May Munro n'a qu'une idée en tête depuis des années : venger la mort de ses parents, assassinés sous ses yeux alors qu'elle était enfant. Elle demande à Ray Quick, ancien membre des services spéciaux américains, de l'aider..

TELERAMA
Sharon Stone, bombe sexuelle, engage Sylvester Stallone, expert en explosifs, pour venger la mort de ses parents. L’intrigue importe peu. On attend tous LA scène hot (sous la douche). Déception.

L'Expert tient plus du marketing que du cinéma. Réalisé avec la maîtrise que donne, parfois, le fric, il est émaillé d’explosions en tous genres : Sylvester Stallone est un expert en explosif et Sharon Stone, une bombe sexuelle ! Le scénario se contente donc d’exploiter ces deux atouts, sachant que la seconde loue les services du premier pour assouvir sa vengeance : réduire en miettes les trois méchants qui ont tué ses parents quand elle était petite.

Nos deux héros ne se rencontrent que dans la deuxième moitié du film. Jusque-là, ils dialoguent par téléphone et, trouvaille des trouvailles, Sylvester suit la belle Sharon en écoutant au walkman les enregistrements de leurs conversations. Des morceaux d’anthologie : « J’aime votre voix. Moi aussi, j’aime votre voix. » Histoire de nous faire patienter jusqu’à la scène d’amour (très hot, sous la douche, dans une salle de bains en marbre rouge), un montage parallèle nous montre Stallone faisant ses exercices de musculation et Stone se déshabillant voluptueusement. Bref, tout cela est d’une bêtise atomique. Seuls, Rod Steiger, méconnaissable en patriarche de la mafia, et James Woods, hystérique en méchant digne d’un cartoon, arrivent, de temps à autre, à susciter notre intérêt.
L EXPERT, Luis Llosa 1994, Sharon Stone, Sylvester Stallone (thriller)@ (E)
May Munro n'a qu'une idée en tête depuis des années : venger la mort de ses parents, assassinés sous ses yeux alors qu'elle était enfant. Elle demande à Ray Quick, ancien membre des services sp&eacut ...

@

LA SYNDICALISTE, Jean-Paul Salomé 2022, Isabelle Huppert, Yvon Attal (thriller social)@@@


En 2012, Maureen Kearney, déléguée CFDT chez Areva, est devenue lanceuse d'alerte pour dénoncer un secret d'État qui a secoué l'industrie du nucléaire en France. Seule contre tous, elle s'est battue bec et ongles contre les ministres et les industriels pour faire éclater ce scandale et défendre plus de 50 000 emplois jusqu'au jour où elle s'est fait violemment agresser et a vu sa vie basculer.

TELERAMA
C’est l’histoire, sidérante, de Maureen Kearney, syndicaliste chez Areva, violemment agressée en 2012. Un livre, et surtout un film, diffusé dimanche 25 janvier sur France 2, ont permis de mettre en lumière son calvaire.

C'est l’histoire d’une femme, Maureen Kearney, responsable syndicaliste CFDT et lançeuse d’alerte chez Areva, retrouvée chez elle par sa femme de ménage, six heures après une agression subie le 17 décembre 2012, ligotée à une chaise, la lettre A gravée sur le ventre, le manche d’un couteau enfoncé dans le vagin. Et que l’on accusera d’avoir mis elle-même en scène ces actes de barbarie.

C’est l’histoire d’une journaliste, Caroline Michel-Aguirre, alors grande reporter au service éco à L’Obs, qui enquête et entend parler de contrats secrets passés entre Areva et la Chine. « Dans ce cadre, je rencontrais beaucoup de monde et je connaissais tout le milieu de l’énergie, dont Maureen Kearney, une source parmi tant d’autres », précise-t-elle. Son livre, La Syndicaliste (éd. Stock), publié en août 2019, est le fruit de plusieurs années d’enquête sur cette affaire, celui du combat d’une femme contre sa direction pour mettre en lumière d’opaques transferts de technologie nucléaire entre la Chine et la France, par l’entremise d’EDF. Six mois après, Caroline Michel-Aguirre et Maureen Kearney sont invitées dans l’émission Affaires sensibles sur France Inter quand France Culture consacre deux épisodes des Pieds sur terre à ce scandale en octobre 2021.

L’histoire d’une femme violée qu’on ne croit pas
Mais il faudra attendre le film de Jean-Paul Salomé, sorti en mars 2023, pour faire connaître au grand public cette incroyable histoire. « Quand on a fait les avant-premières du film, dans vingt-cinq villes de province, seules trois ou quatre personnes levaient la main quand on leur demandait si elles connaissaient l’affaire. Désormais, au moins cinq cent mille personnes en France identifient Maureen, et sûrement plus, grâce au bouche-à-oreille », raconte aujourd’hui le réalisateur stupéfait, qui avait immédiatemment contacté Caroline Michel-Aguirre après avoir lu les bonnes feuilles de son ouvrage dans L’Obs. Le film a aussi rencontré le succès à l’étranger, vendu à une quarantaine de pays après sa projection à la Mostra de Venise l’année dernière. Et vient de sortir en Hongrie, et doit très prochainement arriver dans les salles italiennes, japonaises et américaines.

« Le film raconte à la fois l’histoire d’une syndicaliste et celle d’une femme violée, qu’on ne croit pas. Cette remise en cause de la parole d’une victime est hélas universelle, elle se comprend et se partage. La charge émotionnelle a été énorme, partout où on allait », se remémore Jean-Paul Salomé. Maureen Kearney le confirme : « La bienveillance dans tous les débats après les projections m’a énormément touchée. Pouvoir partager ce que j’ai vécu a permis à d’autres femmes de parler également, de réaliser qu’elles ne sont pas seules. Beaucoup de victimes de violences ont témoigné au cours de ces débats. J’ai vraiment ressenti la puissance du cinéma, avec cette chance immense d’être incarnée par Isabelle Huppert », qui, pour le rôle, chausse les mêmes lunettes rectangulaires et porte la même frange blonde. Ressemblance frappante.

L’autrice de l’enquête, Caroline Michel-Aguirre, fait aussi ce constat. Il y a eu un véritable effet du film sur la vie du livre, dont elle avait vendu moins de quatre mille exemplaires à sa parution. Après la sortie du long métrage, le format poche s’est écoulé à près de neuf mille exemplaires… « Maintenant, les gens du petit milieu médiatico-politique viennent me voir en me félicitant pour mon travail. Ce qui est troublant pour un journaliste d’enquête, c’est qu’il a fallu passer par la fiction et la personnalité d’une actrice pour que, finalement, l’histoire s’impose. Et je trouve que ça dit beaucoup de notre époque… C’est comme si mon livre avait été validé a posteriori. À sa parution, dans les sphères de pouvoir, personne ne m’a contactée ni demandé de droit de réponse. Pas un homme politique, personne… »
LA SYNDICALISTE, Jean-Paul Salomé 2022, Isabelle Huppert, Yvon Attal (thriller social)@@@ (E)
En 2012, Maureen Kearney, déléguée CFDT chez Areva, est devenue lanceuse d'alerte pour dénoncer un secret d'État qui a secoué l'industrie du nucléaire en France. Seule contre tous, elle s'est ...

@

LA VRAIE FAMILLE, Fabien Gorgeart 2020, Mélanie Thierry, Lyes Salem (societe)@@


Anna, 34 ans, vit avec son mari, ses deux petits garçons et Simon, un enfant placé chez eux par l'Assistance sociale depuis l'âge de 18 mois, qui a désormais 6 ans. Un jour, le père biologique de Simon exprime le désir de récupérer la garde de son fils.

TELERAMA
Mère d’accueil, Anna doit rendre l’enfant qu’elle élève à sa “vraie ” famille… Un mélo sensible, inspiré de la propre mère du réalisateur Fabien Gorgeart et intensément interprété par Mélanie Thierry.

Veut-il faire le tour de la question ? Après Diane a les épaules, le réalisateur Fabien Gorgeart s’intéresse de nouveau à la maternité. En 2017, sa brune héroïne de comédie, interprétée par l’épatante Clotilde Hesme, acceptait de porter un enfant pour un couple d’amis gay, sans contrepartie ni (trop) d’états d’âme. Cette fois, son Anna est blonde et vit un drame, un mélo même, qui vaut à Mélanie Thierry de pleurer des rivières.

Au début, pourtant, cette jeune femme solaire nage dans le bonheur avec ses trois garçons. On découvre la famille en vacances, entre piscine, ping-pong et soirée disco, sans se douter que, parmi les marmots épanouis et remuants, se cache un moineau de passage : Simon, 6 ans, placé chez Anna et Driss (Lyes Salem) par l’aide sociale à l’enfance depuis ses 18 mois. La rentrée tombe comme un couperet, puisque le papa du chouchou, remis d’une longue dépression, veut récupérer la garde de son fiston.

Fabien Gorgeart n’en fait pas mystère, il s’inspire de l’histoire de sa propre mère, à qui un enfant aimé mais pas né de ses entrailles fut arraché un jour pour être rendu à sa « vraie famille ». Laissant délibérément le père biologique à la marge, comme une menace, ce film sensible se resserre sur le point de vue de la maman d’accueil, jusqu’à l’adopter complètement. Face au petit Gabriel Pavie, qui arracherait des larmes à un caillou, Mélanie Thierry déploie une intensité et, surtout, une part d’ombre donnant à ressentir à la fois la beauté et la dureté d’un métier pas comme les autres.
LA VRAIE FAMILLE, Fabien Gorgeart 2020, Mélanie Thierry, Lyes Salem (societe)@@ (E)
Anna, 34 ans, vit avec son mari, ses deux petits garçons et Simon, un enfant placé chez eux par l'Assistance sociale depuis l'âge de 18 mois, qui a désormais 6 ans. Un jour, le père biologique de Simon expr ...

@

LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE, Yves Rober 1972, Pierre Richard, Jean Rochefort, Bernard Blier (comique)@@@


Il y a du grabuge dans les services secrets français. Le n°2 conspire contre le n°1 qui s'attend à recevoir des coups. Le grand chef décide alors de piéger son adjoint en inventant de toute pièce un super espion supposé venir faire le ménage dans la grande maison. Il décide de choisir un homme au hasard, parfaitement normal et de s'en servir comme appât. Il s'agit de François Perrin un violoniste excentrique qui débarque à Orly avec une chaussure jaune et l'autre noire.

TELERAMA
On ne se lasse pas de cette histoire de musicien lunaire traqué par des barbouzes minables.
Du rififi chez les taupes : Louis Toulouse, chef d’un service secret, lutte contre l’ambition dévorante de son adjoint, Bernard Milan. Pour se débarrasser de cet « Iznogoud », il le lance sur une fausse piste, aux trousses d’un quidam choisi au hasard. Les gaffes de l’homme-hameçon, un certain François Perrin, violoniste distrait, vont susciter moult quiproquos.

« Pourquoi, pourquoi il ne va pas chez le dentiste ? », « Il tire la chasse d’eau, mais pourquoi, pourquoi ? »… Truffé de micros, mitraillé par des paparazzis un peu spéciaux, même le quotidien le plus banal est louche. À partir de cette ingénieuse idée, Veber et Robert composent une comédie amusante, rejeton hybride des Barbouzes et du Distrait. Pierre Richard se glisse avec aisance dans son personnage lunaire favori, face à un Bernard Blier plus retors que jamais. Entre vaudeville malicieux et parodie d’espionnage, ce Grand Blond… n’a pas pris un cheveu blanc.
LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE, Yves Rober 1972, Pierre Richard, Jean Rochefort, Bernard Blier (comique)@@@ (E)
Il y a du grabuge dans les services secrets français. Le n°2 conspire contre le n°1 qui s'attend à recevoir des coups. Le grand chef décide alors de piéger son adjoint en inventant de toute pièce u ...

@

LES FILS DE L HOMME, Alfonso Cuarón 2006 (science fiction horreur)@@


Dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, l'annonce de la mort de la plus jeune personne, âgée de 18 ans, met la population en émoi. Au même moment, une femme tombe enceinte - un fait qui ne s'est pas produit depuis une vingtaine d'années - et devient par la même occasion la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Un homme est chargé de sa protection.

TELERAMA
2027. Le monde est devenu stérile : plus aucune naissance. La dictature et le chaos règnent partout. Un film qui dénonce l’égoïsme suicidaire de nos sociétés.

Avant Gravity, Alfonso Cuarón filmait Londres en… 2027. Le cinéaste donne d’emblée le ton de son récit d’anticipation. Ici, pas de voitures volantes ni de buildings démesurés. Le frissonnant futur qu’il imagine ne fait que maquiller notre présent, en plus désespérant. L’Angleterre est devenue une dictature policière. Ailleurs, c’est le chaos. Theo (Clive Owen) a renoncé à ses convictions humanistes et vivote au jour le jour comme bureaucrate. Jusqu’au jour où son ancienne amante (Julianne Moore), chef d’une organisation clandestine, lui demande d’escorter une jeune fille, Kee, à travers le pays…

Si la trame est classique, le propos l’est moins : dans cet univers, il n’y a plus aucun enfant. L’humanité est devenue stérile. Dans ce contexte dépressif, Kee représente le seul espoir. Et il ne s’agit pas de n’importe quelle femme : Kee est une réfugiée, donc une moins-que-rien, dans ce pays qui harcèle et rejette les étrangers de manière abjecte. Tourné avec une brutalité quasi documentaire, le film est un miroir à peine déformant de l’Occident. Cuarón développe un discours saisissant contre les politiques actuelles de lutte contre l’immigration. C’est pourtant, nous dit-il, parmi ces hommes et ces femmes niés et pourchassés que se trouve le ferment de l’avenir. Les Fils de l’homme, ou le film d’anticipation que notre présent mérite.
LES FILS DE L HOMME, Alfonso Cuarón 2006 (science fiction horreur)@@ (E)
Dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, l'annonce de la mort de la plus jeune personne, âgée de 18 ans, met la population en émoi. Au mê ...

@

MA FEMME EST UNE SORCIERE, Rene Clair 1944, Frederic March, Veronika Lake (comique fantastique)@@@


Au XVIIe siècle, avant d'être brûlés vifs, un sorcier et sa fille, la belle Jennifer, prononcent une malédiction à l'encontre de la famille du juge Wooley, condamnée à voir ses membres masculins ne faire que des mariages malheureux. Les siècles ont passé, le sorcier et sa fille reviennent pour empêcher le mariage de Wallace Wooley, un politicien, membre de la famille maudite.

TELERAMA
ce film débute sous un chêne. C’est là que sont enterrées depuis des siècles les cendres d’un sorcier et de sa fille Jennifer, condamnés au bûcher par les bien-pensants, et surtout par un certain Nathaniel Wooley. Un chêne d’où la jeune sorcière ricane encore de la malédiction qu’elle lança à tous les Wooley à venir : leurs mariages seront des naufrages… Jusqu’à cette nuit où un vrai coup de foudre, météorologique, libère Jennifer. Ravie d’exercer enfin sa vengeance, elle s’incarne en blonde incendiaire (Veronica Lake, piquante !) pour embraser le cœur de Wallace Wooley, descendant actuel de la maudite lignée. Mais l’amour est un drôle d’engin, moins obéissant qu’un balai…

René Clair, son élégance poétique et son goût pour la satire sociale s’installèrent à Hollywood dans les années 1940 et y firent des merveilles, comme cette comédie fantastique raffinée qui brocarde l’institution du mariage quand il est de raison. Quel rythme (la scène où Fredric March est sans cesse empêché d’atteindre l’autel), quelle légèreté dans ces amours surnaturelles entre un politicien guindé, sur le point de se marier, et une beauté maligne et futée, experte en courants d’air ! René Clair émaille leurs échanges de trouvailles magiques, qui valent bien tous les effets spéciaux d’aujourd’hui. Et il finit, rieur, sur une ode à la conjugalité, à condition qu’elle engendre des petites sorcières bien-aimées...
MA FEMME EST UNE SORCIERE, Rene Clair 1944, Frederic March, Veronika Lake (comique fantastique)@@@ (E)
Au XVIIe siècle, avant d'être brûlés vifs, un sorcier et sa fille, la belle Jennifer, prononcent une malédiction à l'encontre de la famille du juge Wooley, condamnée à voir ses membres m ...

@

MISTER NOBODY CONTRE POUTINE, Pavel Talankin 2026 (documentaire)@@


Alors que la Russie lance son invasion à grande échelle de l'Ukraine, les écoles primaires de tout le pays sont transformées en centres de recrutement pour la guerre. Confronté au dilemme éthique de travailler dans un système défini par la propagande et la violence, un enseignant courageux filme ce qui se passe réellement dans sa propre école.

TELERAMA
Dans l’Oural, Pacha Talankin documente l’embrigadement des élèves de l’école où il travaille. Un film puissant qui révèle une Russie en plein cauchemar totalitaire, entre colère, ironie et résistance silencieuse.

Aux lendemains de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, une déferlante de propagande s’abat sur l’école de Karabach, petite cité industrielle de l’Oural connue pour son taux de pollution record. Du jardin d’enfants au lycée, un millier d’élèves se plient au nouveau programme d’« éducation patriotique » : discours martiaux débités par les enseignants, défilés militaires, interventions du groupe Wagner… Celui qui filme n’est pas un rebelle dans l’âme. Vidéaste officiel de l’école, coordinateur des animations, Pavel (dit Pacha) Talankin est chargé d’envoyer au ministère de l’Éducation les preuves que le gavage idéologique est scrupuleusement exécuté. En secret, il archive tout. Parce que la colère le ronge. Parce qu’il voit s’enterrer la liberté, et son pays sombrer. Talankin, trentenaire à l’allure adolescente, est le « grand frère » de gamins qu’il a vus grandir et dont certains seront bientôt envoyés au front.

Russie verrouillée
Sous la forme d’un journal de bord, le film raconte aussi sa propre fabrication : la rencontre à distance, via une messagerie cryptée, avec David Borenstein, réalisateur américain installé au Danemark. Une collaboration qui permet à cette chronique douloureuse de franchir les frontières et d’ouvrir une fenêtre sur une Russie verrouillée, où personne n’ose plus dire ce qu’il pense, à l’exception du professeur d’histoire zélé rabâchant que l’ennemi est l’Occident.

Dans ce cauchemar totalitaire affleure une ironie salutaire. Talankin, sorte de Michael Moore sous couverture, en plus sensible, ose un temps la provocation : faire résonner l’hymne américain chanté par Lady Gaga dans l’école ou effacer les « Z » plaqués sur les fenêtres. Le film insiste un peu trop sur la figure héroïque de l’homme seul face à un système qui le dépasse sans que cela altère la force de l’engagement ni du sacrifice annoncé. L’exil est inéluctable. En vidant son bureau, Pacha laisse derrière lui ce qui ressemblait à un fragile bastion de démocratie.
MISTER NOBODY CONTRE POUTINE, Pavel Talankin 2026 (documentaire)@@ (E)
Alors que la Russie lance son invasion à grande échelle de l'Ukraine, les écoles primaires de tout le pays sont transformées en centres de recrutement pour la guerre. Confronté au dilemme éthique de ...

@

NORMANDIE NUE, Philippe Le Gay, Francois Cluzet, Francois-Xavier Demaison (rural)@@


Au Mêle-sur-Sarthe, petit village normand, les éleveurs sont touchés par la crise. Georges Balbuzard, le maire de la ville, n'est pas du genre à se laisser abattre et décide de tout tenter pour sauver son village. Lorsque Blake Newman, grand photographe conceptuel qui déshabille les foules, débarque dans la région, Balbuzard y voit l'occasion de sauver la commune. Seul souci : aucun habitant n'est d'accord pour se mettre à nu.

TELERAMA
Un photographe américain demande à des paysans normands de poser nus… Si le début du film fait un peu peur, l’émotion finit par s’imposer tant le réalisateur assume à la fois le comique et le pathétique de la situation.

De passage dans la Sarthe, un photographe américain, dont la démarche conceptuelle consiste à déshabiller des foules entières, tombe amoureux… d’un champ. Il veut y réaliser sa prochaine œuvre avec les habitants du coin. Le maire (François Cluzet) y voit l’occasion d’attirer l’attention sur ses administrés — pour la plupart des éleveurs pris à la gorge, dont les revendications n’intéressent plus les médias. Mais il va falloir convaincre ces paysans récalcitrants.

Que ce soit dans Le Coût de la vie, Les Femmes du 6e étage ou Alceste à bicyclette, Philippe Le Guay n’a cessé d’interroger, avec un humour doux-amer, les liens insolites qui peuvent naître entre individus issus de milieux sociaux différents. Cette fois, il confronte le snobisme citadin et la tragédie paysanne. Et il assume à la fois le comique et le pathétique de la situation. Aidé, il est vrai, par une troupe d’acteurs qui ne craignent pas de surjouer à la manière des monstres sacrés d’antan : Philippe Rebbot, éleveur rageusement déprimé, Grégory Gadebois, boucher jaloux, et François-Xavier Demaison, Parisien qui dit adorer la nature et refuse d’avouer qu’il lui est, en fait, totalement allergique…
NORMANDIE NUE, Philippe Le Gay, Francois Cluzet, Francois-Xavier Demaison (rural)@@ (E)
Au Mêle-sur-Sarthe, petit village normand, les éleveurs sont touchés par la crise. Georges Balbuzard, le maire de la ville, n'est pas du genre à se laisser abattre et décide de tout tenter pour sauver son v ...

@

PARKER, Taylor Hackford 2013, Jason Statham, Jennifer Lopez (thriller)@@


Parker est un braqueur professionnel ayant un code de conduite : ne jamais voler une personne dans le besoin, ne jamais blesser un innocent. Lors d'un hold-up, il se fait doubler par ses associés qui lui dérobent sa part de butin et le laissent pour mort. Déterminé à récupérer son dû, Parker retrouve leur trace à Palm Springs alors qu'ils préparent un braquage particulièrement audacieux.

TELERAMA
Taylor Hackford offre à Jason Statham un film d’action à l’ancienne. Pas vraiment bluffant, mais le rétro a du charme.
Sous le soleil de Palm Springs, un dur à cuire mal liquidé par ses ex-associés revient pour se venger et détourner le casse du siècle, aidé d’une séduisante aventurière…

Taylor Hackford, octogénaire américain qui mène depuis longtemps une carrière tranquille (Les Princes de la ville, son meilleur film, c’était en 1993), a croisé sur sa route le plus nerveux des acteurs de films d’action, Jason Statham. Résultat de cette alliance étonnante : ce drôle de film un peu noir, où les démonstrations de force se fondent dans un cinéma plus charmeur, avec Jennifer Lopez en sympathique pin-up faire-valoir. Comme Palm Springs, le film a un charme rétro. Un thriller en vacances, presque à la retraite.
PARKER, Taylor Hackford 2013, Jason Statham, Jennifer Lopez (thriller)@@ (E)
Parker est un braqueur professionnel ayant un code de conduite : ne jamais voler une personne dans le besoin, ne jamais blesser un innocent. Lors d'un hold-up, il se fait doubler par ses associés qui lui dérobent sa part de bu ...

@

SAHARA, Breck Eisner 2005, Matthew McConaughey, Steve Zahn (aventure thriller)@@


Dirk Pitt, scientifique et aventurier, ainsi que son partenaire et ami, Al Giordino, se lancent dans une chasse au trésor légendaire qui va les conduire sur les traces d'un navire disparu avec sa cargaison secrète. Ils vont rencontrer le Dr. Eva Rojas, médecin persuadée que ce trésor a un lien avec une menace redoutable pour le monde. Face aux obstacles, aux mystères et aux pièges, Dirk, Al et Eva ne pourront compter que sur eux-mêmes.

TELERAMA
Un explorateur et son meilleur ami partent en Afrique sur les traces d’un navire disparu. Ils rencontrent une femme médecin persuadée que le trésor a un lien avec une menace redoutable pour le monde.

Hyper souriant, hyper bronzé, hyper bien fait, Matthew McConaughey passe son temps à éviter les périls de Penélope Cruz. Lui recherche dans les sables du Mali un cargo datant de la guerre de Sécession ! Elle traque les signes d’une épidémie qui menace le monde.

Autour d’eux, les silhouettes types des films d’aventures à l’ancienne : le copain marrant du héros, le tyranneau local. Et le traître — un Français, bien sûr, interprété par un Lambert Wilson perplexe. Les péripéties de ce sous-Indiana Jones sont invraisemblables, enfantines et joyeuses. On les suit avec plaisir.

SAHARA, Breck Eisner 2005, Matthew McConaughey, Steve Zahn (aventure thriller)@@ (E)
Dirk Pitt, scientifique et aventurier, ainsi que son partenaire et ami, Al Giordino, se lancent dans une chasse au trésor légendaire qui va les conduire sur les traces d'un navire disparu avec sa cargaison secrète. Ils ...

@

SPY, Paul Feig 2015, Melissa McCarthy, Jason Statham (thriller comique)@@


Susan Cooper est une modeste analyste de la CIA et le héros le plus méconnu derrière la plupart des missions les plus dangereuses de l'agence.

TELERAMA
Cette parodie des films de James Bond ne recherche pas la complication : c’est simplement un festival Melissa McCarthy. La comique américaine défend ici avec talent son titre de championne du rire.

En retrouvant celui qui la dirigea dans Mes meilleures amies (2011) et Les Flingueuses (2013), Melissa McCarthy s’offre cette fois une comédie sur laquelle elle règne en vraie diva du rire. Dans cette énième parodie de l’univers de James Bond, où elle campe une informaticienne de la CIA débarquant sur le terrain, tout semble d’abord trop facile. Mais, au jeu (très enfantin) avec les clichés, le tempérament de la comédienne fait merveille. Pour trouver sa place dans l’univers masculin de l’espionnage musclé, son personnage passe en force, ose tout, se déguise, se lance dans des cascades humiliantes… Melissa McCarthy s’amuse ainsi de son poids, se ridiculise, mais elle taille aussi un costard aux mâles frimeurs. Son abattage frénétique déploie avec talent un sens de l’humour increvable.
SPY, Paul Feig 2015, Melissa McCarthy, Jason Statham (thriller comique)@@ (E)
Susan Cooper est une modeste analyste de la CIA et le héros le plus méconnu derrière la plupart des missions les plus dangereuses de l'agence.

TELERAMA
Cette parodie des films de James Bond ne recherche pas ...

@

TENDER MERCIES (Tendre bonheur), Bruce Beresford 1983, Robert Duvall, Tess Harper (sentimental country)@@


Mac, un ancien chanteur de country qui a plongé dans l'alcool, est abandonné de tous. Il se réveille un jour dans un motel, sans un sou pour payer ses nuits. Il se voit offrir un emploi par la patronne de l'établissement, Rosa. Mac tombe rapidement amoureux de cette veuve qui l'aide à affronter son problème avec la bouteille. Il va aussi tisser des liens forts avec son jeune fils.
TENDER MERCIES (Tendre bonheur), Bruce Beresford 1983, Robert Duvall, Tess Harper (sentimental country)@@ (E)
Mac, un ancien chanteur de country qui a plongé dans l'alcool, est abandonné de tous. Il se réveille un jour dans un motel, sans un sou pour payer ses nuits. Il se voit offrir un emploi par la patronne de l'établ ...

@

UNE FEMME FANTASTIQUE, Sebastián Lelio 2017, Daniela Vega, Aline Küppenheim (societe moeurs)@@@


Orlando partage sa vie avec Marina, sa compagne transgenre, chanteuse dans un cabaret. Pour son anniversaire, il l'invite aux chutes Iguaçu, l'une des sept merveilles naturelles du monde, situées au nord de l'Argentine. Cependant, le soir même, Orlando fait un malaise qui lui est fatal. La famille du défunt, mais aussi la police, s'en prennent à Marina.

TELERAMA
L’histoire de Marina, transgenre, qui vient de perdre l’homme qu’elle aime, mais tente d’aller de l’avant. Lyrisme et audace font de ce film très libre une réussite, portée par une actrice incroyable, Daniela Vega.

Esprit d’Almodóvar, es-tu là ? L’univers du cinéaste espagnol semble sans cesse cité dans ce film tourné à Santiago du Chili, portrait d’une femme flamboyante. Marina, qui a encore la carte d’identité de l’homme qu’elle était, porte fièrement des robes moulantes. Mais avec ce personnage et son étonnante interprète, Daniela Vega, Sebastián Lelio nous entraîne dans un monde singulier, affranchi de références. Un curieux vide en est le centre : le quinquagénaire Orlando meurt et, dès lors, tout tourne autour de lui. Il laisse Marina, la femme qui l’aimait. Mais c’est sa première épouse qui prend les commandes des funérailles pour laver l’honneur de la famille, souillé par cette « transgenre ».

Le réalisateur fait corps avec cette femme fantastique, comme déjà avec l’héroïne de Gloria (2013), et cette union sacrée rend tout possible. Dans une boîte de nuit, un moment de solitude mélancolique débouche soudain sur une chorégraphie disco, joyeuse comme une renaissance. La dureté d’un cauchemar éveillé et la fantaisie se mêlent. Marina incarne formidablement cet entre-deux. Entre la mort et le retour à la vie, entre deux sexes et deux identités, elle va de l’avant. Tout en portant le deuil de son histoire d’amour, elle continue à suivre sa trajectoire audacieuse, émouvante.
UNE FEMME FANTASTIQUE, Sebastián Lelio 2017, Daniela Vega, Aline Küppenheim (societe moeurs)@@@ (E)
Orlando partage sa vie avec Marina, sa compagne transgenre, chanteuse dans un cabaret. Pour son anniversaire, il l'invite aux chutes Iguaçu, l'une des sept merveilles naturelles du monde, situées au nord de l'Argentine. Cepend ...

@

UNE NUIT, Alex Lutz 2023, Alex Lutz, Karin Viard (sentimental)@@


Un soir, pour ne pas rater son métro, Nathalie entre dans une rame bondée en bousculant Aymeric, coincé entre plusieurs passagers. Il l'invective, elle ne se laisse pas faire. Leur dispute provoque le sourire des autres voyageurs. Cette tension se transforme rapidement en désir, les amenant quelques minutes plus tard dans un photomaton où ils font l'amour. C'est le début d'une longue nuit où Nathalie et Aymeric vont ouvrir une parenthèse dans leur vie, tous deux ayant une famille. A l'image de deux adolescents, ils échangent, font connaissance et n'ont pas envie de mettre un terme à ce moment hors du temps...

TELERAMA
Une fois leur désir vite consommé, deux inconnus déambulent le temps d’une nuit dans Paris. Un film romantique à tiroirs, illuminé par Karin Viard.
Une rame de métro bondée. Une femme s’y engouffre, bousculant un homme. Entre eux, éclate une dispute, mais leurs regards, déjà, trahissent un désir. Plan suivant : ils font l’amour, pantalons sur les chevilles, dans un Photomaton, et leurs soupirs sont couverts, avec humour, par la voix automatique de la cabine qui demande si « tout s’est bien passé »… Débarrassée d’emblée, grâce à ces deux séquences d’ouverture, de l’agressivité et du sexe, une nuit s’offre à ces deux-là, pour dériver, discuter sans fin, dans un Paris très réel, mais au flou artistique.

Alex Lutz — aidé au scénario par sa partenaire Karin Viard — propose un surprenant et séduisant objet de cinéma romantique, à la fois intemporel et gracieusement contemporain. Il ne se passe pas grand-chose, mais beaucoup de moments d’émotion surviennent, comme volés : on jette son téléphone portable à la Seine qui rutile dans l’obscurité, histoire de se sentir vraiment libre, on échange avec gourmandise sur la notion d’attirance et la supposée alchimie entre deux êtres, avant de remonter par des escaliers où la femme — « Je m’appelle Nathalie » — semble plus essoufflée que l’homme — « Moi, c’est Aymeric. » Mais se prénomment-ils vraiment ainsi ? Et d’où vient leur complicité qui paraît si immédiate ?

De lieu en lieu, leur accord se fait parfait, et leurs confidences de plus en plus aiguës : Nathalie est décomplexée, douée pour s’incruster dans une fête de « jeunes » ; Aymeric, lui, connaît un endroit (un vieux magasin de meubles) où le temps peut se suspendre mieux qu’ailleurs, et où l’on peut marivauder. Et parce que Nathalie, dont le corps est régulièrement pris de fatigue ou de vertige, a envie de voir de la chair, ils se retrouvent, même, dans un club échangiste, où des confidences échangées avec un autre couple finissent par nouer la gorge.

Une nuit recèle un secret. Qui donne envie, immédiatement, de revoir le film, à la manière d’un Usual Suspects conjugal. Une révélation qui finira par éclore sur un pont, au petit matin, entre ce qui se passe là et maintenant, et un drame qui devra advenir. Fluide, bavard et sensuel, le résulat s’impose comme un bouleversant thriller des sentiments. Surtout, il réinvente une grande interprète : Karin Viard, d’une liberté absolue sous le regard complice d’Alex Lutz. Forte et frêle, elle rayonne. Grâce à elle, ce film au titre antonionien pourrait aussi bien s’intituler Identification d’un femme. Ou d’une actrice.
UNE NUIT, Alex Lutz 2023, Alex Lutz, Karin Viard (sentimental)@@ (E)
Un soir, pour ne pas rater son métro, Nathalie entre dans une rame bondée en bousculant Aymeric, coincé entre plusieurs passagers. Il l'invective, elle ne se laisse pas faire. Leur dispute provoque le sourire des autres ...