![]() | 100000 DOLLARS AU SOLEIL, Henri Verneuil 1964, Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura, Bernard Blier (aventure)@@Aux portes du désert, Castigliano dirige une entreprise de transports routiers. Il recrute un jour Hans Steiner, à qui il confie la mission de conduire un chargement clandestin de cent mille dollars au coeur de l'Afrique. TELERAMA: Ce film d’action a toujours dégagé une impression de déjà-vu. L’exotisme du désert, le goût de l’aventure, la présence du danger, le thème de l’amitié virile trahie évoquent une tonne de films, militaires ou civils, à odeur de sable chaud et de paysages désolés, comme Un taxi pour Tobrouk. C’est un produit typique des années 1960. Tout y est calibré pour séduire : les comédiens, le dialogue sarcastique, la filouterie et un vague héroïsme tempéré de désillusion. Manque un lien solide entre tous ces éléments. | 100000 DOLLARS AU SOLEIL, Henri Verneuil 1964, Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura, Bernard Blier (aventure)@@ (E) Aux portes du désert, Castigliano dirige une entreprise de transports routiers. Il recrute un jour Hans Steiner, à qui il confie la mission de conduire un chargement clandestin de cent mille dollars au coeur de l'Afrique. ... |
![]() | 6 JOURS 7 NUITS, Ivan Reitman 1998, Harrisson Ford, Ana HecheÀ l'origine, cela devait être des vacances de rêve pour Robin Monroe, rédactrice-adjointe d'un grand magazine de mode new-yorkais et le richissime et romantique Frank Martin. Contrainte de rentrer immédiatement à New-York pour son travail, Robin est ramenée en avion par le pilote baroudeur et bougon Quinn Harris, mais leur avion s'écrase sur une île déserte. Elle découvre alors l'aventure de sa vie et au final, l'amour. TELERAMA: Harrison Ford s’amuse à jouer les Indiana Jones vieillissant, aussi misanthrope que misogyne. Face à lui, Anne Heche, blonde miniature qui rappelle Jean Arthur dans les comédies de Frank Capra : elle est irrésistible en enquiquineuse craquante. Chacun est bien ; ensemble, ils sont encore mieux. L’alchimie d’un duo d’acteurs, ça ne s’explique pas. Le plaisir naît aussi du ton : ni trop premier degré, ni trop clin d’œil. Pas trop réaliste, mais jamais complètement parodique. Ce film reprend une formule (aventures + romance) que le cinéma américain a déjà abondamment explorée. Si la balade a du charme, c’est aussi grâce à ce savoir-faire hollywoodien qui, parfois, a du bon… | 6 JOURS 7 NUITS, Ivan Reitman 1998, Harrisson Ford, Ana Heche (E) À l'origine, cela devait être des vacances de rêve pour Robin Monroe, rédactrice-adjointe d'un grand magazine de mode new-yorkais et le richissime et romantique Frank Martin. Contrainte de rentrer immédiatem ... |
![]() | A NIGHT IN HEAVEN, John G. Avildsen 1983, Christopher Atkins, Lesley Ann Warren (sentimental)@Rick Monroe, un garçon franc et sûr de lui, est un sportif populaire dans un collège communautaire de Titusville, en Floride . À la fin de son exposé final, il lance une blague à Faye Hanlon, sa professeure d'expression orale, une femme très stricte et réservée, qui ne l'apprécie guère. Après l'avoir réprimandé, elle décide de le recaler et de l'obliger à refaire le cours. Faye traverse une période difficile dans son mariage avec Whitney Hanlon, un ingénieur aérospatial qui vient d'être licencié de la NASA. De passage à Chicago , Patsy, la sœur de Faye, une femme libre et indépendante, l'emmène dans un club de strip-tease masculin pour lui remonter le moral. Le spectacle met en scène un artiste surnommé « Ricky la Fusée », qui n'est autre que Rick, un étudiant de Faye. C'est dans ce même club que Rick travaille à temps partiel comme strip-teaseur pour financer ses études. Lorsqu'il aperçoit Faye dans la foule, il lui offre une danse lascive très spéciale , l'embrassant au passage. Le lendemain, Faye et Rick se croisent par hasard lors d'une fête scolaire. Au départ, Rick cherche seulement à convaincre Faye de lui accorder une autre chance pour son examen final, mais elle refuse. Il comprend alors qu'elle est attirée par lui et commence à flirter. Faye donne rendez-vous à Patsy près de son hôtel, mais découvre qu'elle a été dupée et qu'elle assiste à un autre spectacle de « Ricky la Fusée ». Comme Patsy doit rentrer chez elle un jour plus tôt, elle cède sa chambre d'hôtel à Faye, qui appelle Whitney et prétend qu'elles logent ensemble dans l'hôtel de Patsy. Par coïncidence, la mère de Rick, Mme Johnson, travaille dans le même hôtel. Lors d'une visite chez elle, Rick recroise Faye ; ils retournent dans la chambre de Faye et font l'amour. Faye doit partir et, pendant son absence, Rick invite sa petite amie, Slick Ferguson, dans la chambre. Elle couche également avec lui. Faye les surprend sous la douche et, humiliée, s'enfuit ; elle comprend qu'elle a été trompée. De retour d'un entretien d'embauche infructueux , Whitney découvre que Patsy est rentrée. Il se rend à l'hôtel et surprend Rick à sa sortie. Sous la menace d'une arme, il le kidnappe , l'emmène dans une barque à quai et le force à se déshabiller. Impuissant, Rick regarde Whitney, qui s'emporte car ses ordres n'ont pas été exécutés à la lettre. Rick, en larmes, obéit. Whitney le menace à plusieurs reprises, mais finit par cribler la barque de balles, laissant Rick nu à bord tandis qu'elle coule au milieu du fleuve. Faye rentre chez elle et trouve Whitney qui l'attend ; elle s'excuse et il la pardonne. Finalement, le couple discute de ses problèmes et les résout. | A NIGHT IN HEAVEN, John G. Avildsen 1983, Christopher Atkins, Lesley Ann Warren (sentimental)@ (E) Rick Monroe, un garçon franc et sûr de lui, est un sportif populaire dans un collège communautaire de Titusville, en Floride . À la fin de son exposé final, il lance une blague à Faye Hanlon, sa prof ... |
![]() | A TALENT FOR LOVING, Richard Quine 1969, Richard Widmark, Cesar Romero, Caroline Munro (western)Le major Patten est un homme qui ne s'en laisse pas compter. Déjà propriétaire de terres, âprement gagnées autour d'une table de poker, il entend bien agrandir encore son domaine. C'est chose désormais possible. Patten projette, en effet, d'épouser Maria, la fille du très riche don Jose Vicuna. Ce qu'il ne sait pas, c'est que la famille de notables a été maudite par le peuple aztèque. Tous les descendants sont condamnés à devenir les esclaves de la passion la plus dévorante. Une condition, toutefois, rend la chose pernicieuse : ce n'est qu'après la première étreinte que le maléfice doit s'accomplir... | A TALENT FOR LOVING, Richard Quine 1969, Richard Widmark, Cesar Romero, Caroline Munro (western) (E) Le major Patten est un homme qui ne s'en laisse pas compter. Déjà propriétaire de terres, âprement gagnées autour d'une table de poker, il entend bien agrandir encore son domaine. C'est chose désorma ... |
![]() | SCORNED, Andrew Stevens 1993, Andrew Stevens, Shannon Tweed, Kim Morgan Greene, Daniel McVicar (film e)Dépouillée de tout apres le suicide de son epoux, Patricia veut se venger sur Alex Weston, responsable de la mort de son mari. Plus rien ne compte alors; elle va utiliser son corps, sa perversité pour le faire tomber lui, sa femme et son fils dans une folie sexuelle. | SCORNED, Andrew Stevens 1993, Andrew Stevens, Shannon Tweed, Kim Morgan Greene, Daniel McVicar (film e) (E) Dépouillée de tout apres le suicide de son epoux, Patricia veut se venger sur Alex Weston, responsable de la mort de son mari. Plus rien ne compte alors; elle va utiliser son corps, sa perversité pour le faire tomber lu ... |
![]() | ALAMO, John Wayne 1960, John, Wayne, Richard Widmark, Linda Cristal (western)@@En février 1836, le général Sam Houston, qui commande 182 hommes, la poignée de Texans révoltés contre la domination mexicaine, est poursuivi par les troupes du général Santa Anna, qui ne lui laissent guère de répit. Il décide d'installer les détachements des colonels William Travis et James Bowie à Fort Alamo. Pendant 13 jours, ces hommes luttent désespérément à l'intérieur du fort contre l'armée mexicaine. TELERAMA 1836, Texas. Les hommes de Fort Alamo sont chargés de freiner la progression des Mexicains… Le réalisateur a mis une dizaine d’années à faire ce film (sa première réalisation). Épatant. John Wayne a mis une dizaine d’années à faire ce film, qui lui tenait à cœur. Comment, pour sa première réalisation, a-t-il réussi un hymne aussi poignant aux combattants de la liberté ? Mystère du cinéma. Alamo est un miracle, par lequel une star de cinéma, confondue avec les héros qu’elle a l’habitude d’incarner, parvient à élever un récit au rang de mythe : les combattants de Fort Alamo, que le scénario identifie presque un à un pour mieux les réunir ensuite dans cette aventure collective, sont les acteurs d’une tragédie populaire. La musique de Dimitri Tiomkin tire les larmes, et les scènes d’action sont époustouflantes. John Ford signa quelques images du film : il était arrivé sans crier gare sur le plateau, et Wayne, encombré d’une présence si imposante, l’envoya tourner des scènes de seconde équipe. Qui ne furent pas toutes gardées… | ALAMO, John Wayne 1960, John, Wayne, Richard Widmark, Linda Cristal (western)@@ (E) En février 1836, le général Sam Houston, qui commande 182 hommes, la poignée de Texans révoltés contre la domination mexicaine, est poursuivi par les troupes du général Santa Anna, qui ... |
![]() | ALEXANDRE LE BIENHEUREUX, Yves Robert 1968, Philippe Noiret, Marlene Jobert (comique)@@@À la suite de la mort de sa femme, qui l'a toujours mené à la baguette, un fermier décide de profiter de la vie et de se la couler douce. TELERAMA Dans sa ferme de la Beauce, Alexandre travaille. Tout le temps. Car « la Grande », son épouse, veille à remplir ses journées de corvées. Soudainement veuf, il décide de ne plus rien faire et commence par se coucher deux mois… Ce délice de film est non seulement un éloge de la paresse, en accord avec Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, qui critiquait « cette folie [qu’]est l’amour du travail, la passion moribonde du travail », mais aussi le plus doux des manifestes libertaires. « Il faut prendre son temps. Prendre le temps de prendre son temps », dit Alexandre, comme s’il militait, aujourd’hui, pour l’école du loisir. Le temps de se couper une tranche de saucisson, de se rouler une sèche, de regarder une fleur de carotte, mais aussi de jouer au foot avec des gosses, si bien filmés par Yves Robert, cinq ans après La Guerre des boutons. Philippe Noiret, dans un premier grand rôle qui en fit une vedette, est épatant en écolo contemplatif, volontiers tonitruant quand on le dérange au plumard. Mais l’autre star du film est le chien, sans doute le mieux dressé et le plus expressif de l’histoire du cinéma… Ce film sorti quelques mois avant Mai 68 brille aussi par sa mise en scène graphique, pop et sautillante, à la limite du cartoon, avec Alexandre le grand rêveur au milieu d’un champ de potirons orange fluo, ou quittant tout, à la fin, sans aucune tache (c’est-à-dire aucune tâche) à l’horizon. | ALEXANDRE LE BIENHEUREUX, Yves Robert 1968, Philippe Noiret, Marlene Jobert (comique)@@@ (E) À la suite de la mort de sa femme, qui l'a toujours mené à la baguette, un fermier décide de profiter de la vie et de se la couler douce. TELERAMA Dans sa ferme de la Beauce, Alexandre travaille. Tou ... |
![]() | ALL THAT JAZZ, que le spectacle commence, Bob Fosse 1979, Keith Gordon, CCH Pounder (musical)@@Sur la scène d'un théâtre de Broadway, une troupe répète un ballet moderne. Les plus maladroits de la troupe sont éliminés par Joe Gideon, le chorégraphe, piètre mari d'une ex-danseuse, amant inconstant d'une autre et père distrait. À la fois exaspérant et séduisant, il fume comme un pompier, se bourre d'amphétamines, enchaîne la supervision des répétitions et celle du montage d'un film comique sur la mort. TELERAMA Chorégraphe brillant, Joe Gideon (Bob Fosse, donc) se meurt et revoit les choses de sa vie… Portrait clinquant et morbide d’un narcissique génial. Musical, oui, avec des numéros chorégraphiés et filmés par Bob Fosse. Comédie ? Pas vraiment, puisque Joe, un chorégraphe célèbre (Roy Scheider s’est fait la tête de Bob Fosse), est à l’hôpital en train de mourir. Une comédie (tragédie) musicale, donc, sur le thème de la mort ! Une première dans l’histoire du genre. Face à la mort, belle et accueillante (Jessica Lange), Joe fait le bilan de sa vie. Il a trompé les femmes, et lui-même… Il a couru jusqu’à l’épuisement, à la poursuite… Mais de quoi, au fait ? Et de qui ? Le film est le portrait fasciné et narcissique d’un inconscient qui croit pouvoir justifier au nom de son talent les désordres de sa vie. On pourra regretter deux ou trois longueurs, sur la fin. Le reste est une splendeur. À commencer par la scène, étincelante, où le héros, dans le coma, contemple son double en train de tourner des séquences oniriques avec les trois amours de sa vie : sa femme, sa maîtresse et sa fille. Sur une parodie de vieux standard, cette dernière adresse alors un message d’amour à son père… Comme son incarnation, Bob Fosse est mort en 1987, d’une crise cardiaque… Le film a remporté la Palme d’or à Cannes en 1980. | ALL THAT JAZZ, que le spectacle commence, Bob Fosse 1979, Keith Gordon, CCH Pounder (musical)@@ (E) Sur la scène d'un théâtre de Broadway, une troupe répète un ballet moderne. Les plus maladroits de la troupe sont éliminés par Joe Gideon, le chorégraphe, piètre mari d'une ex-da ... |
![]() | APOLLO 13, Ron Howard,1995, Tom Hanks, Bill PaxtonPour la Nation américaine, Apollo 13 était un vol spatial de routine jusqu'à ce que retentisse dans l'espace cet appel : Houston, nous avons un problème . À une distance de 205 000 miles de la terre, dans une navette spatiale gravement endommagée, les astronautes Jim Lovell, Fred Haise et Jack Swigert mènent une lutte désespérée pour survivre. Dans la salle de contrôle de la NASA, tout est tenté pour sauver ces hommes. TELERAMA: La mort rôde souvent dans cette aventure aux limites du néant. Tom Hanks joue plutôt la carte de la sobriété, et c'est tant mieux. Malgré certaines touches de sentimentalisme lacrymal (avec les familles restées sur Terre) et le bombardement risible de termes techniques incompréhensibles, ce spectacle en très haute altitude tient globalement en haleine. | APOLLO 13, Ron Howard,1995, Tom Hanks, Bill Paxton (E) Pour la Nation américaine, Apollo 13 était un vol spatial de routine jusqu'à ce que retentisse dans l'espace cet appel : Houston, nous avons un problème . À une distance de 205 000 miles de la terre, dans ... |
![]() | BATON ROUGE, Rafael Moleon 1988, Victoria Abril, Antonio BanderasAntonio adore son jeune frère muet. En symbole d'une vie meilleure, il lui offre un bâton rouge. Afin de subvenir à leurs besoins, Antonio se prostitue et emménage avec Isabelle, une femme riche récemment séparée de son mari. Alors que cette dernière fait chaque nuit des rêves de viol, Antonio l'encourage à consulter un psychiatre. C'est ainsi qu'ils font la connaissance de Ana, une jeune psychologue. | BATON ROUGE, Rafael Moleon 1988, Victoria Abril, Antonio Banderas (E) Antonio adore son jeune frère muet. En symbole d'une vie meilleure, il lui offre un bâton rouge. Afin de subvenir à leurs besoins, Antonio se prostitue et emménage avec Isabelle, une femme riche récemment s ... |
![]() | BIG, Penny Marshall 1988, Tom Hanks, Elizabeth Perkins (comique science fiction)Josh, 12 ans, a le béguin pour une « grande » de 15 ans, qui n'a d’yeux que pour des mâles d’au moins 16 ans. Dans une fête foraine, il tombe sur une drôle de machine à exaucer les voeux... Il lui confie le sien : grandir vite, vite, vite. Le lendemain, le gamin se réveille dans la carcasse d'un homme de 30 ans ! Penny Marshall et Tom Hanks se sont visiblement amusés à explorer les multiples bourdes, miracles et étincelles que peut engendrer l'âme turbulente d'un gamin coincée dans un corps d'adulte. Bâti sur ce postulat original et farfelu, Big parie malicieusement sur la prétendue pureté de l'enfance, sans noircir pour autant le monde des grands. Dadais innocent, Tom Hanks synthétise un fantasme très américain : une imagination et un esprit neufs, plus tous les avantages de la maturité. Il représente une sorte d'Homo hollywoodius idéal, capable de réussir en gardant toute sa candeur. | BIG, Penny Marshall 1988, Tom Hanks, Elizabeth Perkins (comique science fiction) (E) Josh, 12 ans, a le béguin pour une « grande » de 15 ans, qui n'a d’yeux que pour des mâles d’au moins 16 ans. Dans une fête foraine, il tombe sur une drôle de machine à exaucer les voe ... |
![]() | BRAVADOS, Henry King 1958, Gregory Peck, Joan Collins, Lee Van Cleef (western)@Jim Douglas, un cow-boy, traque les quatre hommes qu'il estime responsables du meurtre de sa femme, six mois plus tôt. Il les retrouve en prison mais les quatre bandits s'échappent grâce à un complice et prennent en otage Emma, la fille d'un homme d'affaires. Jim repart en chasse. Mais est-il vraiment sûr d'être sur la piste du bon gibier ? TELERAMA Western inhabituel, à la photographie flamboyante et à l’intrigue âpre et surprenante. Gregory Peck est un héros en proie au doute, sombre et inquiétant. Jim Douglas arrive à Rio Arriba pour assister à la pendaison de quatre truands qu’il soupçonne d’avoir violé et tué sa femme. Mais ceux-ci s’échappent en prenant en otage la fille d’un villageois, Emma. Jim part à leur poursuite, bien décidé à exécuter sa vengeance… Sur un canevas a priori assez simple, Henry King a réalisé un film austère, aux préoccupations morales inattendues, et traversé de motifs visuels récurrents (les églises, notamment). L’intrigue ménage une surprise majeure qui bouleverse le sens de la quête du héros et surprend dans un cinéma américain prompt à justifier la violence. C’est un véritable appel à la tolérance, qui semble bien venir de Henry King, l’un des grands humanistes de Hollywood. Le cinéaste, selon Gregory Peck, modifia le script de Philip Yordan, scénariste surestimé, connu pour s’être attribué quantité de scénarios qu’il n’avait pas écrits. The Bravados devint ainsi un film original et courageux. Gregory Peck, qui avait déjà été pour King le héros de La Cible humaine, y trouve l’un de ces personnages qu’il affectionne, en proie au doute, marqué par la vie. | BRAVADOS, Henry King 1958, Gregory Peck, Joan Collins, Lee Van Cleef (western)@ (E) Jim Douglas, un cow-boy, traque les quatre hommes qu'il estime responsables du meurtre de sa femme, six mois plus tôt. Il les retrouve en prison mais les quatre bandits s'échappent grâce à un complice et prennent e ... |
![]() | BRAVEHEART, Mel Gibson 1995, Mel Gibson, Sophie Marceau (histoire saga)@Au XIIIe siècle, le jeune William Wallace revient en Écosse après plusieurs années d'exil. Il épouse en secret sa bien-aimée Murron, pour éviter de se plier au droit de cuissage imposé par le roi d'Angleterre, Edward 1er. Leur ruse est cependant découverte et Murron est exécutée. TELERAMA L’indépendance écossaise s’est conquise dans le sang. C’est du moins la version de Mel Gibson, qui conte avec sa passion mégalo l’histoire du Robin des Bois grunge. On peut parfaitement voir Braveheart comme une version « grunge » de Robin des Bois. Balayées, les scènes convenues du film de cape et d’épée : ici, on s’étripe au corps à corps. Ça cogne, ça saigne, ça mutile, ça écartèle sans vergogne. Pour son deuxième film comme réalisateur, Mel Gibson a-t-il concocté un Mad Max médiéval ? Pas vraiment. Au-tour de l’histoire vraie de William Wallace, héros de l’indépendance écossaise au XIIIᵉ siècle, il a imaginé une sorte de fresque épique où le romantisme se cogne sans cesse à une réalité guerrière particulièrement cruelle. Mais qui n’est jamais jugée (quelle atroce barbarie !) ni sublimée (comme c’est exotique !). C’est cette approche franche qui constitue la principale originalité du film de Mel Gibson. Au départ, il n’a rien d’un va-t-en-guerre, ce William Wallace. Fils d’un modeste chevalier, il s’apprête à couler des jours heureux avec sa jeune femme, lorsque le destin frappe. Ou plutôt l’occupant anglais, qui tyrannise la population écossaise. L’épouse de Wallace est tuée de manière atroce. C’est le signal de la révolte. Soutenu par une bande de gueux, le preux William va commencer par des coups de main contre les soldats britanniques, puis constituer une véritable armée, avec laquelle, non content de repousser l’ennemi anglais hors d’Ecosse, il va ravager le nord de l’Angleterre, et menacer le trône du roi Edward 1ᵉʳ. Nonchalance Mel Gibson mise tout sur la dimension évidemment héroïque du personnage qu’il interprète. Et, dans le genre, il s’en sort plutôt bien : un héros comme ça, séduisant, intrépide et bon, on n’en fait plus... Bien entendu, la star Gibson est omniprésente, occupant seule l’écran un plan sur deux. Ce qui est légèrement excessif. Mais moins dérangeant, finalement, que l’espèce de nonchalance avec laquelle l’histoire est racontée. Autant les scènes de bataille sont tournées et montées avec une force et une virtuosité rares, autant l’action se traîne au fil de scènes inutilement explicatives et souvent redondantes. Sans parler des libertés que, selon certains historiens britanniques, Mel Gibson aurait prises avec la vérité historique... La passion et l’énergie que Mel Gibson réussit à faire passer ici et là sont indiscutables. Il n’empêche que, faute d’avoir su ou voulu tailler dans la biographie foisonnante de ce personnage hors norme, le film, qui met du temps à démarrer, traîne en route, et n’en finit plus de finir. | BRAVEHEART, Mel Gibson 1995, Mel Gibson, Sophie Marceau (histoire saga)@ (E) Au XIIIe siècle, le jeune William Wallace revient en Écosse après plusieurs années d'exil. Il épouse en secret sa bien-aimée Murron, pour éviter de se plier au droit de cuissage imposé ... |
![]() | BREAKING THE WAVES, Lars Von Trier 1996, Emily Watson, Stellen SkarsgardAu début des années 1970, une jeune fille naïve, Bess, qui vit dans une petite communauté sur la côte écossaise, tombe amoureuse de Jan, un homme mûr qui travaille sur une plate-forme pétrolière. Leur relation est passionnelle. Elle prie pour qu'il revienne, mais elle le retrouve paralysé après un accident de travail sur la plateforme, incapable de bouger et bien sûr d'avoir des relations sexuelles. Il ne veut pas qu'elle reste attachée à un homme paralysé, et souhaite qu'elle continue à vivre, à aimer, à être heureuse. Pour être sûr qu'elle puisse tomber amoureuse de quelqu'un d'autre, il lui demande de coucher avec d'autres hommes et de lui raconter les détails. Bess accepte et connaît des relations de plus en plus déviantes et dangereuses, constatant que la santé de Jan bénéficie de ses frasques et croyant agir selon la volonté de Dieu tout en se prostituant2. Malgré l'hostilité de sa famille et le poids de la religion rigoriste de son village, elle tente de continuer à faire vivre cet amour, par procuration, aux limites de la perversité, jusqu'à un sacrifice ultime. Le carcan religieux qui l'entoure est inapte à la comprendre et à l'aider, et ajoute à l'humiliation qu'elle s'inflige. Jusqu'à sa propre mère qui la renie et la chasse de chez elle. L'anathème qu'elle subit dépasse même sa mort : son enterrement officiel par les hommes de l'église est placé sous le signe de la damnation. Lors de son immersion officieuse en mer, depuis la plateforme pétrolière, son mari qui a retrouvé l'usage de ses jambes et ses collègues entendent des cloches dans le ciel et le spectateur les voit. Elles célèbrent la catharsis de la victime sacrificielle et symbolisent l'arrivée de Bess au royaume des cieux TELERAMA: Breaking the waves décrit l'éveil d'une femme que le puritanisme a littéralement dépecée. Bess vit à fleur de peau. Les gestes de tous les jours deviennent tous sensuels, irrémédiablement liés à sa passion pour Jan. Emily Watson est inoubliable, avec ses regards par en dessous et ses fous rires intérieurs. En mouvement permanent, elle a toujours l'air de ressentir les choses pour la première fois. Est-ce cette renaissance perpétuelle qui rend le film si poignant, si vivace ? | BREAKING THE WAVES, Lars Von Trier 1996, Emily Watson, Stellen Skarsgard (E) Au début des années 1970, une jeune fille naïve, Bess, qui vit dans une petite communauté sur la côte écossaise, tombe amoureuse de Jan, un homme mûr qui travaille sur une plate-forme pétr ... |
![]() | CABARET, Bob Fosse 1972, Liza Minelli, Michael York, Marisa Berenson, Joel Grey (musical histoire)@@Le Berlin des années 30, peu avant la montée du nazisme. La chanteuse Sally Bowles se produit au Kit Kat Club. Le couple qu'elle forme bientôt avec Brian, un jeune écrivain anglais, est peu à peu détruit par un aristocrate décadent et bisexuel qui les séduira tous les deux... TELERAMA Clifford Bradshaw, jeune écrivain anglais, débarque à Berlin pour vivre sa bisexualité et se toque de Sally Bowles, l’entraîneuse du Kit Kat. La patronne de leur hôtel miteux s’entiche aussi d’un marchand de fruits juif. Hélas, le national-socialisme met un terme à ces idylles. Sally refuse de fuir, préfère les abîmes du Kit Kat, où officie le très provocant et troublant Emcee (Sam Buttery). À la fin du spectacle défileront les visages des dictateurs à venir… Dommage que derrière le rythme canaille impulsé par Robert Carsen les interprètes restent sages. On se régale quand même de si insidieusement plonger au cœur de nos gouffres politiques et intimes | CABARET, Bob Fosse 1972, Liza Minelli, Michael York, Marisa Berenson, Joel Grey (musical histoire)@@ (E) Le Berlin des années 30, peu avant la montée du nazisme. La chanteuse Sally Bowles se produit au Kit Kat Club. Le couple qu'elle forme bientôt avec Brian, un jeune écrivain anglais, est peu à peu dét ... |
![]() | CAPRICORNE ONE, Peter Hyams 1977, Elliott Gould, James Brolin (thriller)@@La NASA organise le premier vol habité vers Mars. Quelques minutes avant le décollage, alors que toutes les caméras du monde entier sont tournées vers leur fusée, les trois astronautes sont emmenés en secret dans un studio de télévision. La mission, trop dangereuse et coûteuse, a été annulée pour être remplacée par une fausse exploration du sol martien, reconstitué dans le studio. TELERAMA Dire qu’à sa sortie le film fut jugé invraisemblable… Il est aujourd’hui d’une totale crédibilité sur la capacité avérée des grands de ce monde à duper l’opinion publique à l’échelle planétaire, pour raison d’État ou pour assurer leur réélection. Partant de cette riche idée de boniment géant, Peter Hyams — réalisateur habile dans la SF (Outland), le polar (Le Seul Témoin) et même l’horreur (Relic) — construit son film avec intelligence entre poursuites, rebondissements et dialogues moqueurs. Dans le rôle du journaliste têtu, seul contre tous, qui pressent le complot, Elliot Gould est savamment nonchalant. Il réussira à faire éclater la vérité. C’est justement là, peut-être, que réside aujourd’hui la seule invraisemblance du film… | CAPRICORNE ONE, Peter Hyams 1977, Elliott Gould, James Brolin (thriller)@@ (E) La NASA organise le premier vol habité vers Mars. Quelques minutes avant le décollage, alors que toutes les caméras du monde entier sont tournées vers leur fusée, les trois astronautes sont emmenés ... |
![]() | CHASSE CROISE, Warren Leight 1993, Michael Mantell, Matthew BroderickÀ New York, trois jeunes gens partagent le même logement de Greenwich Village. Brian McVeigh, le propriétaire, Sam, un aspirant chef cuisinier fraîchement célibataire et Ellen, coincée dans un mariage malheureux, vivent des aventures amoureuses. TELERAMA Brian, agent de change, est à la veille de se marier. Cette perspective l'effraie passablement. Aussi le prudent fiancé décide-t-il de conserver son appartement de Greenwich Village, transformé pour l'occasion en garçonnière, et d'y réunir deux soirs par semaine ses amis. Il charge sa secrétaire de lui trouver deux colocataires pour l'occuper pendant ses jours d'absence. C'est ainsi que se rencontrent Sam, crémier dans une épicerie de luxe, un garçon solitaire se remettant mal de sa rupture avec une insupportable comédienne, et Ellen, une assistante dentaire mal mariée, qui trouve quelque consolation dans la peinture. La cohabitation de ces deux personnages va réserver plus d'une surprise... | CHASSE CROISE, Warren Leight 1993, Michael Mantell, Matthew Broderick (E) À New York, trois jeunes gens partagent le même logement de Greenwich Village. Brian McVeigh, le propriétaire, Sam, un aspirant chef cuisinier fraîchement célibataire et Ellen, coincée dans un mariage ... |
![]() | CHAUSSURE A SON PIED, David Lean 1954, Charles Laughton, John Mills (comique)@@Dans l'Angleterre de la fin du XVIIIe siècle, Henry Hobson, père tyrannique de trois filles, tient une boutique de chaussures. Depuis le décès de sa femme, il passe le plus clair de son temps au pub, d'où il revient passablement éméché. TELERAMA David Lean signe une fable sur la volonté et la force des faibles. Charles Laughton y est ébouriffant. Malgré les nombreux extérieurs et le réalisme des décors, Lean ne parvient pas toujours à gommer les origines théâtrales du récit : les acteurs semblent parfois attendre les applaudissements du public après une réplique bien sentie. L’humour a aussi pris un coup de vieux — voir la nuit de noces, interminable, pendant laquelle l’époux timide rentre dans la chambre nuptiale au son d’une marche militaire… Mais le film comporte de grands moments de mise en scène : la séquence d’ouverture, virtuose et ironique, ou encore l’errance nocturne du bottier Hobson, qui, ivre mort, poursuit le reflet de la lune dans les flaques d’eau. Charles Laughton avait décidé d’incarner ce personnage odieux « les pieds sur terre et des bulles dans le crâne » (1) . Quel cabot magnifique ! Àla fin du XIXᵉ siècle, un bottier tyrannise ses trois filles. L’aînée se rebelle, séduit le meilleur ouvrier de son père et lance un magasin concurrent. Méconnue en France, cette comédie mineure de David Lean est très populaire au Royaume-Uni. Chaussure à son pied est un concentré d’humour british, vision à la fois caustique et chaleureuse du nord de l’Angleterre avec ses classes sociales étanches. | CHAUSSURE A SON PIED, David Lean 1954, Charles Laughton, John Mills (comique)@@ (E) Dans l'Angleterre de la fin du XVIIIe siècle, Henry Hobson, père tyrannique de trois filles, tient une boutique de chaussures. Depuis le décès de sa femme, il passe le plus clair de son temps au pub, d'où ... |
![]() | CHOUANS, Philippe de Broca 1988, Philippe Noiret, Lambert Wilson, Sophie Marceau (histoire cape et epee)@@Ce film relate l'histoire de la famille du comte de Savinien de Kerfadec lors des grandes révoltes chouannes dans les campagnes vendéenne et bretonne. Les trois enfants aux idéaux opposés vont s'entre-déchirer au cours de cette révolution mais aussi par amour pour la belle Céline... TELERAMA De Broca n’y va pas avec le dos de l’épée pour sa fresque révolutionnaire. Aussi lourd qu’un feuilleton d’été mais avec de vrais beaux moments de cinéma. En Bretagne, sous le règne de Louis XVI. Savinien de Kerfadec, comte épicurien et « éclairé », bricole de drôles de machines volantes et élève trois remuants lascars. Le temps passe : les bambins grandissent, et la France entre en Révolution… Philippe de Broca a vu grand : on trouve de tout dans sa longue fresque historico-armoricaine. Têtes d’affiche à gogo, aventures tumultueuses façon « cape et guillotine », drame et comédie, érotisme (très) soft, petits cours de rattrapage en vrac sur la Terreur, la chouannerie et la fabrication artisanale des ULM… Un spectacle fourre-tout, avec de vrais morceaux de bon film, d’énergiques comédiens mais aussi d’inénarrables longueurs, de lourds symboles et des personnages un peu nigauds. | CHOUANS, Philippe de Broca 1988, Philippe Noiret, Lambert Wilson, Sophie Marceau (histoire cape et epee)@@ (E) Ce film relate l'histoire de la famille du comte de Savinien de Kerfadec lors des grandes révoltes chouannes dans les campagnes vendéenne et bretonne. Les trois enfants aux idéaux opposés vont s'entre-déch ... |
![]() | COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL, Roger Michell 1999, Hugh Grant Julia RobertsWilliam Thacker est propriétaire d'une librairie indépendante dans le quartier de Notting Hill, à Londres. Il partage un appartement avec Spike, un Gallois excentrique, et a un petit groupe d'amis proches. Il rencontre un jour l'actrice renommée de Hollywood Anna Scott, quand elle entre dans sa librairie. TELERAMA: La force de cette séduisante comédie est de ne jamais chercher à justifier l'improbable romance, mais de lister toutes les bonnes raisons qui pourraient la contrarier... Les dialogues pétillants rendent ce conte de fées crédible. L'interprétation fait le reste : on ne dira jamais assez le talent et le charme de Hugh Grant. Julia Roberts n'est pas mal non plus. Entre eux se crée cette irrésistible alchimie des couples mythiques. | COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL, Roger Michell 1999, Hugh Grant Julia Roberts (E) William Thacker est propriétaire d'une librairie indépendante dans le quartier de Notting Hill, à Londres. Il partage un appartement avec Spike, un Gallois excentrique, et a un petit groupe d'amis proches. Il rencontre ... |
![]() | CROCODILE DUNDEE, Peter Faiman 1986, Paul Hogan, Linda Kozlowski, Serge Cockburn (aventure)@@@Crocodile Dundee alias Michael J. est un aventurier qui hante les vastes étendues du Bush australien : repas de lézards, larves et fourmis, rencontres inopinées avec des serpents et crocodiles... Elevé par une tribu d'aborigènes, il zone dans ces terrifiantes contrées comme un poisson dans l'eau. Sue Charlton, ambitieuse journaliste américaine, découvre l'homme sauvage et veut à tout prix faire un scoop. Elle finit par le rencontrer, l'emmène à New York et succombe à ses charmes. TELERAMA Une fille à papa new-yorkaise s’entiche d’un baroudeur australien. Choc de civilisations comique. Le film reprend l’argument bien connu du bon sauvage confronté au monde moderne et à une société dont il découvre soudain les conventions et la violence. Habitué au bush, aux kangourous et - parfois - aux crocodiles, Mick Dundee va aller de surprise en surprise. Paul Hogan, héros d’une célèbre émission humoristique de télévision, a trouvé un sujet de choix lui permettant de faire valoir les diverses facettes de son talent. La mise en scène se contente d’illustrer le propos du scénario, mais l’ensemble, sans prétention et souvent amusant, apporte une réelle bouffée d’air pur et de dépaysement. A l’opposé de tous les films policiers hyper-violents consacrés à la jungle des villes, « Crocodile Dundee » est une sympathique comédie de moeurs, dont le public a d’ailleurs plébiscité, à sa sortie, l’originalité. | CROCODILE DUNDEE, Peter Faiman 1986, Paul Hogan, Linda Kozlowski, Serge Cockburn (aventure)@@@ (E) Crocodile Dundee alias Michael J. est un aventurier qui hante les vastes étendues du Bush australien : repas de lézards, larves et fourmis, rencontres inopinées avec des serpents et crocodiles... Elevé par une tr ... |
![]() | CYRANO DE BERGERAC, jean Paul rappeneau 1990, Gerard Depardieu@@Cyrano de Bergerac est amoureux de sa cousine Roxane, mais celle-ci lui avoue qu'elle aime Christian de Neuvillette, un nouveau cadet qu'elle lui fait promettre de protéger. Conscient de son manque d'esprit, Christian obtient par ailleurs de Cyrano, qu'il écrive pour lui ses lettres d'amour à la belle Roxane. TELERAMA: C’était un énorme pari, ce fut une réussite tonique : Jean-Paul Rappeneau et Jean-Claude Carrière ont transformé le fameux drame héroïque aux vers flamboyants en un trépidant film de cape et d’épée. Le contexte politique revanchard qui, après la déculottée guerrière de 1870, avait fait applaudir la pièce comme une cocardière « fanfare de pantalons rouges » a disparu. Le sublime demeure : la superbe avec laquelle un romantique insolent, fou colossal à l’âme pure, amoureux courtois à face grotesque, cache son infinie douleur et sa poignante solitude. Rôle sommet pour Depardieu : brave, digne, grandiose et vulnérable, il n’hésite pas à en faire trop, mais sacrifie le pathétique à la pudeur. Les autres interprètes sont émouvants de fougue et de sensibilité. Anne Brochet (Roxane), en particulier, romantique exaltée plutôt qu’exquise pimbêche. Ce spectacle ample, enluminé par des décors qui rappellent les tableaux d’époque, ne trébuche sur aucune des grandes scènes attendues — la tirade du nez est un instant magique. Cyrano a la puissance rare et le panache des films beaux à pleurer. | CYRANO DE BERGERAC, jean Paul rappeneau 1990, Gerard Depardieu@@ (E) Cyrano de Bergerac est amoureux de sa cousine Roxane, mais celle-ci lui avoue qu'elle aime Christian de Neuvillette, un nouveau cadet qu'elle lui fait promettre de protéger. Conscient de son manque d'esprit, Christian obtient par ail ... |
![]() | DAMAGE (FATALE), Louis Malle 1992, Juliette Binoche, Jeremy IronsStephen Fleming, parlementaire conservateur récemment promu secrétaire d'État, est marié depuis 25 ans à Ingrid, avec laquelle il entretient une relation pleine d'affection. Ils ont 2 enfants : Martyn, brillant journaliste politique, et Sally, adolescente à l'esprit vif et curieux. Au cours d'une réception à l'ambassade de France, Stephen fait la connaissance d'Anna Barton, la nouvelle petite amie de son fils. TELERAMA “ Autopsie d'une relation impossible et néfaste cachée par de faux-semblants. Une famille se faisant tromper par une romance inavouable. ” | DAMAGE (FATALE), Louis Malle 1992, Juliette Binoche, Jeremy Irons (E) Stephen Fleming, parlementaire conservateur récemment promu secrétaire d'État, est marié depuis 25 ans à Ingrid, avec laquelle il entretient une relation pleine d'affection. Ils ont 2 enfants : Martyn, bri ... |
![]() | DANS LA MAISON, Francois Ozon, Fabrice Luchini, Kristin Scott-Tomas, Emmanuelle Seignier (societe moeurs)@@Germain, un professeur las d'enseigner le français à des élèves indifférents, est pourtant séduit par le récit de l'un d'entre eux, Claude, qui raconte comment il s'introduit dans la maison d'un camarade, attiré par le parfum de sa mère. Faisant fi de ses réserves, Germain l'encourage à poursuivre dans son entreprise et lui prodigue des conseils de rédaction. TELERAMA: C’est un film délectable. Si soyeux et si rythmé (Fabrice Luchini et Kristin Scott Thomas, étincelants, évoquent les duos des comédies hollywoodiennes de jadis) que la noirceur avance masquée. Dans la maison charme, étonne, excite. L’habileté de François Ozon est telle qu’on a l’impression d’inventer ce que l’on découvre sur l’écran : on tire les ficelles, on s’infiltre dans les méandres de l’intrigue, dans les pensées des personnages. On se sent coscénariste, co-metteur en scène… Pour le cinéaste, c’est un manifeste. Dans une époque où les auteurs collent à leur vie comme à leur nombril, il affirme l’importance de l’artifice. De l’imagination. La fiction, il n’y a que ça de vrai. Où l’on s’égare pour mieux, finalement, se trouver. | DANS LA MAISON, Francois Ozon, Fabrice Luchini, Kristin Scott-Tomas, Emmanuelle Seignier (societe moeurs)@@ (E) Germain, un professeur las d'enseigner le français à des élèves indifférents, est pourtant séduit par le récit de l'un d'entre eux, Claude, qui raconte comment il s'introduit dans la maison d ... |
![]() | DANSE AVEC LES LOUPS, Kevin Costner 1990, Kevin Costner, Mary McDonnell, Graham Greene (saga histoire)Danse avec les loups raconte l'histoire d'un officier nordiste décoré de la guerre de Sécession qui rejoint volontairement, lorsque les combats se terminent, un fort éloigné de toute civilisation. Le campement déserté sur place est isolé de tous. C'est avec les Sioux que l'officier sympathise et le rapprochement devient fraternel. Il est désormais surnommé « Danse avec les loups » et abandonne son poste pour vivre à leurs côtés. TELERAMA: Kevin Costner s’inscrivait dans la tradition américaine des acteurs passant avec succès derrière la caméra. Avec cette épopée marquée du double sceau de l’action et de la contemplation, il partait à la recherche des fondements de la nation américaine en rendant hommage au peuple sioux. Hommage moral aussi, car témoignant du génocide. La force du film tient à la vérité documentaire du regard posé sur les grands espaces, les animaux, les hommes, et au romantisme amer qui se dégage de l’itinéraire du héros lieutenant. Visage pâle animé par le désir d’être indien, traître aux yeux des Blancs, il s’ouvre au monde et réapprend à vivre. Bien que ponctué de morceaux de bravoure, le film frappe surtout par sa manière de prendre son temps. | DANSE AVEC LES LOUPS, Kevin Costner 1990, Kevin Costner, Mary McDonnell, Graham Greene (saga histoire) (E) Danse avec les loups raconte l'histoire d'un officier nordiste décoré de la guerre de Sécession qui rejoint volontairement, lorsque les combats se terminent, un fort éloigné de toute civilisation. Le campe ... |
![]() | DEMAIN NE MEURT JAMAIS, Roger Spottiswoode 1997, Pierce Brosnan, Judi Dench (James Bond)@@Tout a commencé par une simple mission de contre-espionnage pour James Bond, le flegmatique agent secret de sa Majesté : l'observation de trafiquants d'armes. De poursuites en bagarres, notre 007 se retrouve vite aux prises avec un mégalomane aux desseins bien peu avouables : Elliot Carver, patron d'un gigantesque empire médiatique. TELERAMA Les chaînes de télé d’Elliot Carver — un Ted Turner à la puissance 10 — diffusent des images dans le monde entier. Quant à son journal, Demain, il annonce avant les autres les conflits, les attentats et les morts par overdose des rock stars — forcément, puisque tout cela, c’est lui qui le provoque. Carver est une sorte de citizen Kane 1997. Son affrontement avec James Bond, alias Pierce Brosnan, ne peut qu’être spectaculaire. Roger Spottiswoode, capable du meilleur (Under Fire) comme du pire (Arrête, ou ma mère va tirer !), nous mène ça tambour battant. Ça explose dans tous les coins, au risque de rendre le spectateur aveugle et sourd. Mais Spottiswoode réussit deux séquences d’anthologie : une poursuite à bicyclette à la Tex Avery, où Pierce Brosnan et Michelle Yeoh sont liés par des menottes. Et la folle randonnée d’une BMW sans conducteur, manipulée par Bond comme une Game Boy et poursuivie par des Allemands furieux et führerophiles… Tout ça est sans surprise mais néanmoins inventif. Un peu risible mais rigolo. | DEMAIN NE MEURT JAMAIS, Roger Spottiswoode 1997, Pierce Brosnan, Judi Dench (James Bond)@@ (E) Tout a commencé par une simple mission de contre-espionnage pour James Bond, le flegmatique agent secret de sa Majesté : l'observation de trafiquants d'armes. De poursuites en bagarres, notre 007 se retrouve vite aux prises av ... |
![]() | DES GENS COMME LES AUTRES, Robert Redford 1981, Donald Sutherland, Timothy Hutton, Elisabeth Mac Govern (societe)@@Depuis la mort accidentelle de son frère aîné, à laquelle il a assisté impuissant, Conrad est tenaillé par un terrible sentiment de culpabilité, qui culmine dans des pulsions suicidaires. A son grand agacement, sa mère, Beth, a choisi de maintenir, envers et contre tout, la façade de bonheur que sa famille, riche et cultivée, veut toujours présenter à son entourage. Quant au père, Calvin, très pris par son travail de conseiller fiscal, il ne remarque rien, du moins en apparence. Lentement, inéluctablement, ce petit monde faussement uni se disloque. Conrad se décide à consulter un psychiatre, le docteur Berger. Peu à peu, il se libère... TELERAMA À la mort accidentelle du fils aîné, une famille se disloque, révélant une foule de non-dits et d’hypocrisies. Redford observe finement et discrètement les désordres d’une famille ordinaire. Une famille américaine de l'upper middle class se disloque insidieusement après la mort accidentelle du fils aîné, et la tentative de suicide du cadet. Pour sa première réalisation, Robert Redford s'était émancipé de son image de séducteur. Il n'apparaît pas à l'écran, à l'inverse du confrère Warren Beatty (toujours vedette de ses propres films), et s'attache à enregistrer patiemment les séquelles d'un drame « ordinaire », susceptible d'affecter n'importe quel foyer. Encore loin du lyrisme de ses films à venir, comme L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, le cinéaste débutant se montre très discret, d'abord soucieux de servir ses comédiens et de faire valoir un dialogue abondant, émaillé d'observations psychologiques. Le tableau qu'il donne de la famille moyenne paraît aujourd'hui vieillot. De Robert Altman à American Beauty, de Virgin Suicides aux Berkman se séparent, le cinéma américain n'a cessé, depuis, de fissurer le vernis de normalité de cette bourgeoisie banlieusarde. Mais l'épilogue, aussi audacieux qu'inattendu, rehausse après coup la portée de l'histoire. | DES GENS COMME LES AUTRES, Robert Redford 1981, Donald Sutherland, Timothy Hutton, Elisabeth Mac Govern (societe)@@ (E) Depuis la mort accidentelle de son frère aîné, à laquelle il a assisté impuissant, Conrad est tenaillé par un terrible sentiment de culpabilité, qui culmine dans des pulsions suicidaires. A so ... |
![]() | DEVINE QUI VIENT DINER, Stanley Kramer 1967, Spencer Tracy, Sydney Potier, Katarine Hepburn (comique sentimental)@@@Joey Drayton, fille d'un couple de bourgeois, décide de présenter son fiancé, un jeune médecin, à ses parents lors d'un dîner. Cependant, le fameux soir, quelle n'est pas leur surprise en constatant que le futur mari de Joey est noir. Ce que la jeune fille avait omis de leur signaler. TELERAMA Joey, une jeune fille blanche, s’éprend d’un médecin noir, John. Elle décide de l’épouser et le présente à ses parents. Bien que libéraux, ceux-ci sont stupéfaits. La mère de Joey accepte l’idée d’un tel mariage, mais son mari est plus que réservé. Chez John, les réactions des parents sont identiques. Stanley Kramer aime les grands sujets. Animé des meilleurs sentiments, il nous conte une histoire édifiante. L’amour entre un Noir et une Blanche, issus tous deux d’un milieu très bourgeois, triomphe du racisme instinctif des deux familles. Cette vision plutôt optimiste semble bien loin de la réalité sociale des Noirs américains se battant pour leurs droits civiques et dont le leader charismatique, Martin Luther King, était assassiné cette même année 1968. La réalisation théâtrale et d’interminables conversations affadissent un peu le propos louable de Kramer, dont on ne peut nier le réel courage : la projection du film dans le sud des Etats-Unis provoqua la colère des racistes et l’intervention du Ku Klux Klan ! Reste une famille d’acteurs prestigieux (Katherine Houghton est la nièce de Katharine Hepburn, compagne de Spencer Tracy) qui s’en donnent à cœur joie. | DEVINE QUI VIENT DINER, Stanley Kramer 1967, Spencer Tracy, Sydney Potier, Katarine Hepburn (comique sentimental)@@@ (E) Joey Drayton, fille d'un couple de bourgeois, décide de présenter son fiancé, un jeune médecin, à ses parents lors d'un dîner. Cependant, le fameux soir, quelle n'est pas leur surprise en constatant ... |
![]() | DIAMANTS SUR CANAPE, Blake Edwards 1961, Audrey Hepburn, George Peppard (thriller sentimental)@@@Une croqueuse de diamants cherche à épouser un milliardaire brésilien alors que son voisin écrivain, Paul Varjak, qui vient de rompre avec sa maîtresse, s'intéresse à elle. La jolie Holly fait également en toute innocence le messager pour un truand notoire. Lorsque la police l'interroge, elle n'a aucun mal à prouver son innocence mais son futur époux, riche planteur brésilien, s'éloigne par peur du scandale. L'écrivain va en profiter pour consoler la belle. TELERAMA Dès les premières minutes, c’est magique. À l’aube, sur une musique nostalgique de Henry Mancini, une femme émerge d’un taxi new-yorkais. Son fourreau noir, ses lunettes de soleil laissent deviner une fête de plus, une fête de trop. Holly contemple alors, quelques instants, la vitrine de la bijouterie Tiffany, sur la 5e Avenue. Le seul endroit qui, par l’ordre et la sécurité qu’il reflète, parvient à calmer le désarroi qui l’envahit parfois… Blake Edwards signe une comédie sophistiquée et cruelle, inspirée d’une nouvelle magnifique de Truman Capote (lequel a désavoué le film), sur des insatisfaits tendres et graves. Audrey Hepburn, bien sûr, qui semble glisser, de scène en scène, à la poursuite de la gloire et de l’amour qui se dérobent. Mais George Peppard, aussi, écrivain en panne, devenu gigolo à l’occasion, et régénéré par le sentiment. Comme pour atténuer l’intense mélancolie de ces personnages sans cesse en mouvement, qui ne font que fuir de peur d’être encore plus blessés, la mise en scène de Blake Edwards est constamment légère, brillante, enjouée… Et une party hallucinante laisse deviner son goût pour le burlesque, qui s’épanouira, deux ans plus tard, dans La Panthère rose. | DIAMANTS SUR CANAPE, Blake Edwards 1961, Audrey Hepburn, George Peppard (thriller sentimental)@@@ (E) Une croqueuse de diamants cherche à épouser un milliardaire brésilien alors que son voisin écrivain, Paul Varjak, qui vient de rompre avec sa maîtresse, s'intéresse à elle. La jolie Holly fait ... |
![]() | DIDIER, Alain Chabat 1997, Jean-Pierre Bacri, Alain Chabat (comique)@@Jean-Pierre, un manager d'équipe de foot, est doublement dans la mouise. Côté ballon, ça ne tourne pas rond, et côté salon, Didier, le labrador qu'on vient de lui confier s'est mystérieusement métamorphosé en homme... Du moins en apparence, car Didier n'a rien perdu de ses réflexes d'animal à quatre pattes. Or, un chien, tout le monde sait, ça rapporte la baballe. Un talent que Jean-Pierre pourrait bien mettre au profit. TELERAMA Cette drôle de comédie, dans laquelle un chien se transforme en homme, permet à l’ex-Nul et à Jean-Pierre Bacri de former un duo truculent, l’un, renfrogné mais bon cœur, l’autre, oreilles dressées et foufou. Pas de chance pour Jean-Pierre, entraîneur de footballeurs aux genoux fragiles : une amie lui a demandé de garder son labrador pendant son absence. Et, durant la nuit, le chien se transforme en un type tout nu… Généralement, il n’y a que les Américains pour exploiter une idée aussi farfelue. Mais Alain Chabat a le talent d’aller jusqu’au bout du concept – l’homme-chien court après la baballe – mais aussi d’éviter les chemins tout tracés. Ni morale gnangnan ni explication féerique bancale, l’acteur-réalisateur emmène son film là où ça lui chante : un dîner à deux loufoque, une irrésistible chorégraphie canine et, pour finir, un match de foot grandeur nature. Le duo qu’offrent Bacri, renfrogné mais au bon cœur, et Chabat, oreilles dressées et tout foufou, est un poème. | DIDIER, Alain Chabat 1997, Jean-Pierre Bacri, Alain Chabat (comique)@@ (E) Jean-Pierre, un manager d'équipe de foot, est doublement dans la mouise. Côté ballon, ça ne tourne pas rond, et côté salon, Didier, le labrador qu'on vient de lui confier s'est mystérieusement ... |
![]() | DOCTEUR THORNE (serie)Mary grandit sous la garde de son oncle, le docteur Thorne, et passe ses années à s'occuper de la famille Gresham. Malheureusement, leurs problèmes financiers et son passé commencent à perturber sa vie paisible. | DOCTEUR THORNE (serie) (E) Mary grandit sous la garde de son oncle, le docteur Thorne, et passe ses années à s'occuper de la famille Gresham. Malheureusement, leurs problèmes financiers et son passé commencent à perturber sa vie pai ... |
![]() | DONNIE BRASCO, Mike Newell 1997, Al Pacino, Johnny Depp thriller)@@Joe Pistone, agent du FBI, a hérité d'une mission délicate. Il est chargé d'infiltrer l'une des plus puissantes familles de la mafia sévissant dans la cité new-yorkaise. TELERAMA Un agent du FBI infiltre la mafia. Pacino est très à l’aise dans sa dégaine seventies et Depp, plutôt sobre. Mike Newell est attentif au détail, à l’humain. Lefty Ruggerio et Joe Pistone n’étaient pas faits pour se rencontrer ; ou pas comme ça, au comptoir d’un café de Brooklyn. Lefty est un mafieux plutôt miteux, le genre second couteau qui ne monte jamais en grade. Pistone, un jeune flic risque-tout qui se fait passer pour un apprenti mafieux rayon bijouterie, sous le nom de Donnie Brasco, afin d’infiltrer la bande. Or, Donnie et Lefty, ça colle tout de suite, le temps pour le flic de bluffer le truand en détectant le faux diam qu’on lui a refilé. C’est une histoire de couple impossible. On sait que leur amitié va finir, fatalement. Donnie le sait aussi, ce qui le rend à la fois cruel et très touchant, car il se prend d’une réelle sympathie pour le mafieux loser. Lefty ne le sait pas, ce qui le rend lui aussi très touchant, et de plus en plus pathétique, à mesure que son soi-disant protégé se pique au jeu, et se met dans la poche les gros bonnets bluffés par sa froide efficacité. Mais Lefty est encore plus jaloux quand Donnie disparaît pour retrouver (incognito) femme et enfant, dans une ambiance de moins en moins familiale. L’histoire est vraie. Pour la rendre crédible, l’Anglais Mike Newell (Quatre Mariages et un enterrement) a pu compter sur les talents conjugués d’Al Pacino, très à l’aise dans sa dégaine seventies, et de Johnny Depp, sobre et un peu plus expressif que d’habitude. On pouvait s’attendre à un numéro « choc des stars », dans un registre vieux truand-jeune flic assez proche de nos Gabin-Delon du dimanche soir, et on a tout le contraire : deux acteurs qui n’en rajoutent pas, sous la direction d’un réalisateur attentif au détail, à l’humain, au quotidien parfois dérisoire des petits gangsters new-yorkais. Certes, le rythme faiblit après une (longue) excursion des mafieux à Miami, Newell tombe une fois ou deux dans le piège du sous-Scorsese, et les retours de Johnny Depp au foyer l’inspirent peu. On retiendra pourtant la bonne facture d’un film qui, à défaut d’affirmer la personnalité d’un auteur, prend le temps d’imposer la force tranquille de son sujet. | DONNIE BRASCO, Mike Newell 1997, Al Pacino, Johnny Depp thriller)@@ (E) Joe Pistone, agent du FBI, a hérité d'une mission délicate. Il est chargé d'infiltrer l'une des plus puissantes familles de la mafia sévissant dans la cité new-yorkaise. TELERAMA Un age ... |
![]() | DROLE DE DRAME, Marcel Carne 1937, Louis Jouvet, Francois Rosay, Michel Simon, Jean-Louis Barrault (comique policier)@@@@A Londres, en 1900, Archibald Soper, rigide évêque de Bedford, tonne en chaire contre les romans policiers pernicieux de Félix Chapel, qu'il poursuit de sa vindicte sans savoir que sous ce pseudonyme se cache son cousin, Irwin Molyneux, un vieux botaniste maladif. L'avare évêque s'invite chez les Molyneux un soir que les domestiques viennent de rendre leur tablier. Pour éviter le déshonneur, Margaret Molyneux feint d'être en voyage et s'enferme dans la cuisine, s'affairant derrière les fourneaux. L'évêque interprète mal le malaise d'Irwin et l'absence de Margaret. Persuadé que son cousin a assassiné son épouse, il alerte Scotland Yard... TELERAMA On pourrait presque en faire un inventaire à la Prévert. Londres, 1900 : un amateur de mimosas qui écrit en secret des romans policiers ; un tueur qui aime les moutons et tue les bouchers ; un livreur de lait qui invente des histoires horribles qui servent, sans qu’il le sache, à l’amateur de mimosas pour ses écrits ; un évêque libidineux qui perd une photo érotique dédicacée à « bébé Bedford » ; une grande bourgeoise qui préférerait mourir plutôt que d’avouer le départ précipité de sa cuisinière… Échec à la sortie : de rage, les rares spectateurs cassent les fauteuils. Aujourd’hui, on ne cesse de rire à ce chef-d’œuvre. On ne cesse de répéter : « Je vous assure, cher cousin, que vous avez dit “bizarre, bizarre” — Moi, j’ai dit “bizarre” ? Comme c’est bizarre. » Duo brillant opposant Michel Simon à Louis Jouvet, qui, semble-t-il, ne s’entendirent guère. Nous, on jubile… | DROLE DE DRAME, Marcel Carne 1937, Louis Jouvet, Francois Rosay, Michel Simon, Jean-Louis Barrault (comique policier)@@@@ (E) A Londres, en 1900, Archibald Soper, rigide évêque de Bedford, tonne en chaire contre les romans policiers pernicieux de Félix Chapel, qu'il poursuit de sa vindicte sans savoir que sous ce pseudonyme se cache son cousin, ... |
![]() | DROLE DE FRIMOUSSE (funny face), Staley Donnen 1957, Audrey Hepburn, Fred Astaire (musicla)@@Maggie Prescott, rédactrice en chef d'un magazine de mode newyorkais, cherche un nouveau mannequin pour présenter, à Paris, le défilé d'un grand couturier. Dick Avery, photographe attitré de la revue, a déniché l'oiseau rare : Jo, une ingénue à la grâce singulière, employée dans une librairie. TELERAMA Attention, explosion de couleurs ! Avant tout, Drôle de frimousse est la rencontre, orchestrée par Stanley Donen, des teintes les plus pimpantes — le rose en majesté pop — et des noirs et bruns les plus profonds. C’est d’ailleurs dans la pénombre d’une librairie que Fred Astaire, photographe à la mode (inspiré de Richard Avedon) vient convaincre Audrey Hepburn, petit machin maigre et intello qui réinvente les canons de la beauté, de devenir modèle pour le magazine Quality (traduisez Vogue). S’ensuit un mariage parfait entre marivaudage et numéros chantés et dansés, et l’histoire d’une libraire mal fagotée, allergique au chic et au superflu, qui découvrira, grâce à un pygmalion de deux fois son âge, qu’une déesse de beauté sommeille en elle. Drôle de frimousse est aussi l’un des temps forts de l’histoire d’amour de Stanley Donen avec Paris : il en exalte la beauté de carte postale, y situe des promenades romantiques que lui seul et Vincente Minnelli peuvent sauver du gnangnan. Mais cette fois, il s’en moque, aussi : sa vision de l’existentialisme (qui fascine la jeune libraire intello) est aussi mordante que son regard sur le monde de la mode. Face à l’étoile Astaire, 58 ans mais toujours en apesanteur, Audrey Hepburn rayonne, en robe de bure marron ou en soie cyclamen, éternellement en vogue. | DROLE DE FRIMOUSSE (funny face), Staley Donnen 1957, Audrey Hepburn, Fred Astaire (musicla)@@ (E) Maggie Prescott, rédactrice en chef d'un magazine de mode newyorkais, cherche un nouveau mannequin pour présenter, à Paris, le défilé d'un grand couturier. Dick Avery, photographe attitré de la revu ... |
![]() | ELISABETH, Shekhar Kapur 1998, Kate Blanchett, Richard Attenborough, Fanny Ardant, Vincent Cassel, Éric Cantona, Daniel Craig@@En 1558, à la mort de Marie Tudor dont le règne fut marqué par la répression des protestants, Elisabeth, fille d'Henri VIII, devient reine d'Angleterre. La jeune souveraine est heureuse de voir revenir d'exil le compagnon de coeur de sa jeunesse, Robert Dudley. Pourtant, les problèmes que rencontre le royaume sont graves : la banqueroute menace et l'hostilité étrangère se fait chaque jour plus grande. TELERAMA: Soigneusement académique, envahi de choeurs en latin hors de propos, le film ressemble à un ennuyeux colloque international. Le metteur en scène (auteur de La Reine des bandits) est un Indien sagement probritannique, et l'actrice principale, une Australienne joliment shakespearienne, entourée de trois Français égarés, plus ou moins volontairement comiques. Fanny Ardant et Vincent Cassel en rajoutent un peu trop dans l'arrogance libertine typiquement de chez nous. Et si Eric Cantona a indéniablement perfectionné son anglais sur les pelouses de Manchester, il n'a pas trouvé le masseur adéquat pour soigner le torticolis que semblent lui causer ses costumes empesés. | ELISABETH, Shekhar Kapur 1998, Kate Blanchett, Richard Attenborough, Fanny Ardant, Vincent Cassel, Éric Cantona, Daniel Craig@@ (E) En 1558, à la mort de Marie Tudor dont le règne fut marqué par la répression des protestants, Elisabeth, fille d'Henri VIII, devient reine d'Angleterre. La jeune souveraine est heureuse de voir revenir d'exil le ... |
![]() | GOODBYE EMMANUELLE, François Leterrier 1977, Sylvia Kristel, Umberto Orsini (film e)@@Emmanuelle mène aux Seychelles une vie très gaie et libertine. Imperceptiblement, le ciel limpide de sa vie va se déchirer. Tout d'abord, elle est ébranlée en découvrant que son amie Clara, qui a l'air de vivre un amour partagé avec son mari, ne supporte pas cette vie et que, s'il n'y avait pas d'enfant, elle serait partie depuis longtemps. Jean, le mari d'Emmanuelle. TELERAMA Sylvia reste affriolante, l'image, la destination séduisantes. Mais la recette est devenue insipide. Demeure la musique signée SGainsbourg ! ” | GOODBYE EMMANUELLE, François Leterrier 1977, Sylvia Kristel, Umberto Orsini (film e)@@ (E) Emmanuelle mène aux Seychelles une vie très gaie et libertine. Imperceptiblement, le ciel limpide de sa vie va se déchirer. Tout d'abord, elle est ébranlée en découvrant que son amie Clara, qui a l' ... |
![]() | EVERY WHICH WAY BUT LOOSE (Doux, dur et dingue), James Fargo 1978, Clint Eastwood (comique)@Pour arrondir ses fins de mois, Philo Beddoe, un camionneur, participe à des combats de boxe à mains nues où il demeure invaincu. Un jour, il tombe amoureux d'une chanteuse, Lynn, mais la jeune femme disparaît le lendemain. Accompagné de son orang-outang, Clyde et de son ami Orville, Philo part à la recherche de cette dernière. Poursuivis par une bande de motards hargneux et des policiers, le chemin de ce drôle de trio sera semé d'embûches. TELERAMA Country music, baston et rednecks bien allumés...sans oublier un grand singe. Une parenthèse récréative dans la filmographie d'Eastwood | EVERY WHICH WAY BUT LOOSE (Doux, dur et dingue), James Fargo 1978, Clint Eastwood (comique)@ (E) Pour arrondir ses fins de mois, Philo Beddoe, un camionneur, participe à des combats de boxe à mains nues où il demeure invaincu. Un jour, il tombe amoureux d'une chanteuse, Lynn, mais la jeune femme disparaî ... |
![]() | EXCALIBUR, John Boorman 1981, Nigel Terry, Helen Mirren (saga cape et epee)@@Uter Pendragon reçoit de Merlin l'Enchanteur l'épée mythique Excalibur. A la mort d'Uter, l'épée reste figée dans une stèle de granit. Seul le jeune Arthur, fils illégitime d'Uter parvient à brandir l'épée Excalibur et devient par ce geste le roi d'Angleterre. Quelques années plus tard, il épouse Guenièvre et réunit les Chevaliers de la Table Ronde. Mais sa demi-soeur, la méchante Morgane, parvient à avoir un fils d'Arthur qui va le pousser à sa perte. TELERAMA John Boorman rêva un temps d’adapter “Le Seigneur des anneaux”. À la place, il tourna cette légende du Graal censé réunifier le royaume d’Arthur. Une réussite d’une grande beauté visuelle, à la fois film d’épée et d’auteur. Le cycle arthurien condensé en deux heures vingt-cinq montre en main. C'est la confusion, ici, qui est à l'honneur. John Boorman a tiré de la légende du Graal un magnifique livre d'images où les épées d'argent s'entrechoquent dans la nuit ocre, où la lueur changeante des flambeaux donne aux armures de sombres reflets. Ce n'est plus un combat, c'est une mêlée, située, à proprement parler, dans la nuit des temps. La réussite plastique du film est indéniable : Boorman a inventé –en s'inspirant des illustrations XIXᵉ des romans de Walter Scott – un royaume antéhistorique, siège des passions archaïques. Thématiquement, c'est, hélas, un poil plus confus : en adaptant (et en trahissant parfois) les écrivains du cycle arthurien (Chrétien de Troyes, mais surtout Thomas Malory), le cinéaste a privilégié le politique plutôt que le sacré (la quête du Graal sert surtout à unifier le royaume d'Arthur). Excalibur reste néanmoins une réussite, étonnante transmutation d'un cinéma de genre par un authentique auteur. | EXCALIBUR, John Boorman 1981, Nigel Terry, Helen Mirren (saga cape et epee)@@ (E) Uter Pendragon reçoit de Merlin l'Enchanteur l'épée mythique Excalibur. A la mort d'Uter, l'épée reste figée dans une stèle de granit. Seul le jeune Arthur, fils illégitime d'Uter parv ... |
![]() | EYES WIDE SHUT, Stanley Kubrick 1999, Tom Cruise, Nicole KidmanUn jeune couple bourgeois vivant à New-York, Bill Harford, médecin, et sa femme, Alice, commissaire d'exposition, se rend à une réception mondaine pour la fête de Noël donnée par un riche patient de Bill. Bill y rencontre un vieil ami de fac, Nick Nightingale, devenu pianiste professionnel puis pendant qu'Alice se fait draguer par un Hongrois, Bill se voit proposer un plan à trois par deux mannequins pour aller jusqu'au bout de l'arc-en-ciel. TELERAMA L'été précédent, Alice a failli se laisser séduire par un bel inconnu. Cet aveu souriant foudroie Bill, son mari. Le règlement de comptes pointe. Grande scène où Kubrick se délecte à montrer comment chaque phrase défait le couple. C'est aussi le déclic : le temps d'une nuit, Bill a l'occasion d'assouvir ses fantasmes, mais va se confronter à ses peurs enfouies. Comme dans la scène d'orgie, point d'orgue de son errance, Bill n'agit pas, il subit, maladroit, comme dans un mauvais rêve. C'est ce qui a captivé Kubrick dans la nouvelle de Schnitzler (fidèlement adaptée) : la confusion mentale de cet homme aux certitudes si lisses, empêtré dans ses élans inachevés. Dans les décors plus vrais que vrais d'un New York de studio, le cinéaste invente un monde peuplé d'êtres grotesques ou insaisissables, et sa maîtrise formelle est décisive : c'est de la mise en scène, et d'elle seule, que naît l'impression de vertige. Sur le couple, son intimité, ses non-dits, Kubrick n'avait pas de vérités saisissantes à révéler. La morale de l'histoire, telle que Bill et Alice se la confectionnent, est très modeste. Et presque superflue au regard des abîmes que Bill a côtoyés, marionnette manipulée par Kubrick avec une précision diabolique. | EYES WIDE SHUT, Stanley Kubrick 1999, Tom Cruise, Nicole Kidman (E) Un jeune couple bourgeois vivant à New-York, Bill Harford, médecin, et sa femme, Alice, commissaire d'exposition, se rend à une réception mondaine pour la fête de Noël donnée par un riche patien ... |
![]() | FALLING IN LOVE, Ulu Grosbard 1984, Meryl Streep, Robert De Niro (sentimental)@@À la veille de Noël. Lorsqu'il sort de chez Rizzoli, où il vient d'acheter pour son épouse un ouvrage sur l'entretien des jardins, Frank Raftis a les bras encombrés de paquets. Molly Gilmore, un peu moins chargée, vient l'aider mais l'inévitable se produit : les cadeaux se retrouvent par terre. Chacun ramasse ses affaires et s'en va attraper un train de banlieue plus bondé que jamais. Le matin de Noël, ils s'aperçoivent de l'interversion de certains paquets. TELERAMA | FALLING IN LOVE, Ulu Grosbard 1984, Meryl Streep, Robert De Niro (sentimental)@@ (E) À la veille de Noël. Lorsqu'il sort de chez Rizzoli, où il vient d'acheter pour son épouse un ouvrage sur l'entretien des jardins, Frank Raftis a les bras encombrés de paquets. Molly Gilmore, un peu moins ch ... |
![]() | FATAL ATTRACTION, Adrian Lyne 1987, Glenn Glose Michael Douglas (vo)(thriller)@@Heureux en ménage, Dan Gallagher ne résiste pourtant pas au charme d'Alexandra Forrest, l'une de ses collaboratrices. Après un week-end en compagnie de la jeune femme, Dan réalise qu'il commet une erreur et met un terme à leur aventure passagère. Mais Alex ne l'entend pas de cette oreille. Folle de désir et de jalousie, elle se met à suivre Dan, à l'appeler à son domicile de jour comme de nuit. Son comportement devient de plus en plus intrusif et inquiétant. TELERAMA Dan traîne dans un cocktail avec sa femme Beth. Une femme le toise avec insistance et l’invite à prendre un verre. Sans plus, mais son sourire carnassier et ses yeux de braise ne trompent pas. Le week-end suivant, Dan laisse son épouse et sa petite fille partir seules en week-end : il doit participer à une réunion de travail. Et qui retrouve-t-il parmi les invités de ce séminaire ? L’inconnue du cocktail, dont le regard a la même fixité scrutatrice... Emballé, c’est pesé, Dan accepte de passer la nuit avec Alex. Une passade sans lendemain, pense-t-il. Erreur, répond-elle, tous crocs dehors. Alors que brontosaures et tricératops envahissaient récemment les couvertures des magazines, un autre monstre cinématographique faisait la une des journaux américains, il y a six ans : la femme vengeresse, briseuse de couple. Psychiatres et sociologues accumulaient les théories, tâchant d’expliquer l’engouement du public pour ce mélodrame sanguinolent. On remercia même Adrian Lyne, auteur de Flashdance et de Neuf Semaines et demie, d’avoir réalisé le premier film de l’ère du sida. Le compliment était un peu excessif et tiré par les cheveux : jamais il n’est question de la maladie, les risques que court Michael Douglas sont ici plus moraux et psychiques que médicaux. Le cinéaste s’est à l’évidence contenté de suivre le fil, très mince, d’une intrigue vaudevillesque qui tourne au vinaigre. Tour à tour bouleversant et grotesque, le film ne peut pas laisser indifférent. | FATAL ATTRACTION, Adrian Lyne 1987, Glenn Glose Michael Douglas (vo)(thriller)@@ (E) Heureux en ménage, Dan Gallagher ne résiste pourtant pas au charme d'Alexandra Forrest, l'une de ses collaboratrices. Après un week-end en compagnie de la jeune femme, Dan réalise qu'il commet une erreur et met u ... |
![]() | DAMAGE (FATALE), Louis Malle 1992, Juliette Binoche, Jeremy IronsStephen Fleming, parlementaire conservateur récemment promu secrétaire d'État, est marié depuis 25 ans à Ingrid, avec laquelle il entretient une relation pleine d'affection. Ils ont 2 enfants : Martyn, brillant journaliste politique, et Sally, adolescente à l'esprit vif et curieux. Au cours d'une réception à l'ambassade de France, Stephen fait la connaissance d'Anna Barton, la nouvelle petite amie de son fils. TELERAMA “ Autopsie d'une relation impossible et néfaste cachée par de faux-semblants. Une famille se faisant tromper par une romance inavouable. ” | DAMAGE (FATALE), Louis Malle 1992, Juliette Binoche, Jeremy Irons (E) Stephen Fleming, parlementaire conservateur récemment promu secrétaire d'État, est marié depuis 25 ans à Ingrid, avec laquelle il entretient une relation pleine d'affection. Ils ont 2 enfants : Martyn, bri ... |
![]() | GARCON, Claude Sautet 1983, Yves Montand, Jacques Villeret, Nicole Garcia (comique)@@Alex, la soixantaine, chef de rang dans une grande brasserie parisienne, partage son appartement avec son collègue Gilbert. Leur vie est un véritable ballet entre les cuisines - où règne le redoutable chef, Francis - et la salle, où le client est roi. Séparé de sa femme, Alex accumule les conquêtes sans jamais s'attacher. Mais un jour, il retrouve Claire, une femme qu'il a connue dix-sept ans auparavant. TELERAMA Yves Montand s’ébroue à l’aise dans ce rôle de chef de rang d’une grande brasserie parisienne. Le plus amer des célèbres portraits de groupe à la Sautet. Alex, chef de rang dans une brasserie parisienne, est un virtuose du plateau, un champion de la diplomatie entre salle et cuisines. Homme à femmes, ami fidèle, il cache ses fêlures de vieux garçon sexagénaire derrière une inaltérable bonne humeur… Voix ample, pirouettes chaleureuses et sobres éclats de détresse : Montand s’ébroue à l’aise dans un rôle cousu pour lui, frère vieillissant mais toujours vert de celui de César et Rosalie. Autour de ce soleil gravite une attachante nébuleuse de comédiens subtils, de personnages crédibles, vivants, sincères. Comme dans ses films précédents, Claude Sautet coupe une belle tranche de vie, scrute le quotidien avec tendresse et lucidité. Mais, cette fois, son travail de sociologue amical et exigeant se gorge d’amertume. On sent comme une lassitude chez le réalisateur. La vieillesse et la solitude rôdent autour de la silhouette grisonnante d’Alex. Le film s’étire d’anecdote en anecdote sans vraiment s’épanouir. Après l’échec commercial de Garçon !, Sautet n’a pas tourné pendant cinq ans. Un tournant dans son œuvre, qui annonce une période différente, plus douloureuse, de Quelques jours avec moi (1988) à Nelly et Monsieur Arnaud (1995). | GARCON, Claude Sautet 1983, Yves Montand, Jacques Villeret, Nicole Garcia (comique)@@ (E) Alex, la soixantaine, chef de rang dans une grande brasserie parisienne, partage son appartement avec son collègue Gilbert. Leur vie est un véritable ballet entre les cuisines - où règne le redoutable chef, Franc ... |
![]() | GARDE A VUE, Claude Miller 1981, Lino Ventura, Michel Serrault, Romy Schneider (policier)@@Le soir de la Saint-Sylvestre, maître Martinaud est convoqué au commissariat pour une affaire de viol et de meurtre de deux petites filles. D'abord considéré comme témoin, Martinaud devient très vite suspect aux yeux de l'inspecteur Gallien. En effet, il n'a aucun alibi pour ces deux crimes. De plus, Chantal, sa femme, ne l'ayant jamais aimé, décide de l'accabler un peu plus. | GARDE A VUE, Claude Miller 1981, Lino Ventura, Michel Serrault, Romy Schneider (policier)@@ (E) Le soir de la Saint-Sylvestre, maître Martinaud est convoqué au commissariat pour une affaire de viol et de meurtre de deux petites filles. D'abord considéré comme témoin, Martinaud devient très vite ... |
![]() | HAUT LES COEURS, Solveig Anspach 1998, Karin Viard, Laurent Lucas (sante cancer)@@Alors qu'elle attend un bébé, Emma apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Faisant fi de l'avis de son ami, Simon, et des avertissements du chirurgien, elle décide de garder l'enfant, coûte que coûte. Une cancérologue de Villejuif lui propose une solution conforme à son choix. Commencent alors les séances de chimiothérapie, la chute de cheveux et la fatigue. Emma se voit obligée de cesser ses activités. Son frère s'éloigne, effrayé par cette maladie. Simon continue à la soutenir, tant bien que mal. Emma se bat contre la mort, parvient au huitième mois de sa grossesse et accouche par césarienne d'une petite fille, Juliette... TELERAMA Alors qu’elle est enceinte, Emma apprend qu’elle a un cancer du sein. Elle décide de garder l’enfant tout en se soigant. Inspiré de sa propre histoire, un film sobre et fort de Sólveig Anspach. Emma attend un enfant. Elle le voulait. Son compagnon, Simon, pas vraiment. Ils s’engueulent. Peut-être même se quitteraient-ils si Emma, un jour, ne sentait une petite boule dans l’un de ses seins… Ce n’est pas un film qui rassure, non, mais qui assure que l’impossible doit être tenté. Toujours. À un futur papa qui, dans une salle d’attente, prône devant elle les charmes de l’accouchement naturel, Emma, excédée, lance cette formule qui, de toute évidence, se veut la morale du film : « Je remercie la science et j’emmerde la nature. » On retrouve cette ardeur dans la mise en scène. Venue du documentaire, Sólveig Anspach sait qu’un détail précis en dit plus qu’un long discours. Cette même ardeur, on la retrouve chez Emma, qu’interprète Karin Viard. Ce qu’elle réussit à exprimer, c’est la lente progression de son personnage vers la lumière. Emma la cherche. Et soudain, elle est là, qui l’envahit. Dans la chambre stérile où elle continue à se battre pour sa vie, dans une clarté qui évoque un reflet d’éternité. | HAUT LES COEURS, Solveig Anspach 1998, Karin Viard, Laurent Lucas (sante cancer)@@ (E) Alors qu'elle attend un bébé, Emma apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Faisant fi de l'avis de son ami, Simon, et des avertissements du chirurgien, elle décide de garder l'enfant, coûte que coû ... |
![]() | HAUTE VOLTIGE, Jon Amiel 1999, Sean Connery, Catherine Zetz-Jones@@L'employée d'une compagnie d'assurances se fait passer pour une voleuse afin de piéger un as du cambriolage. | HAUTE VOLTIGE, Jon Amiel 1999, Sean Connery, Catherine Zetz-Jones@@ (E) L'employée d'une compagnie d'assurances se fait passer pour une voleuse afin de piéger un as du cambriolage. ... |
![]() | HUSSY, Matthew Chapman 1980, Helen Mirren, John Shea and Paul Angelis (societe femmes film e)@Beaty, une prostituée, travaille dans un cabaret londonien. Elle y rencontre Emory, technicien, et finissent par tomber amoureux. Cependant, le métier de Beaty pèse sur Emory et chacun porte avec lui le poids d'un passé compliqué et douloureux, entre meurtre, mafia et ex-conjoint violent. Un club cabaret à Londres. Des messieurs boivent et fument en compagnie de jeunes hôtesses pendant que sur scène se succèdent des danseuses en petite tenue et des chanteurs. Emory (John Shea) s’occupe des éclairages. Dans un petit local, des hôtesses peinturlurées attendent qu’on les appelle. Quand soudain Beaty (Helen Mirren) arrive, s’assied sans rien dire et allume un cigarillo. Elle est de retour après avoir perdu un travail. Emory qui ne la connait pas, va lui parler. Evidemment, il n’est pas question qu’ils sortent ensemble. Mais un soir où il est libre, après avoir fait un petit boulot de chauffeur, il paie pour passer la soirée avec Beaty. Celle-ci est furieuse. Mais il la paie, la ramène chez lui et la laisse dormir seule dans la chambre d’ami. Beaty se laisse séduire, mais comment peut évoluer leur relation, entre un mec fauché et une prostituée de luxe ? Ont-ils vraiment un avenir ensemble ? Quand Emory rencontre Max (Murray Salem), un ami connu en Asie qui lui propose un gros coup pour se faire de l’argent, il hésite. D’autant qu’un ex de Beaty, Alex (Paul Angelis), un psychopathe, débarque et s’installe chez lui. « Hussy » est le deuxième film écrit et réalisé par l’anglais Matthew Chapman, après « Violent Summer » (1976), aujourd’hui perdu. Chapman s’inspire de son expérience personnelle pour écrire le scénario. Parmi les nombreux jobs qu’il a fait dans sa jeunesse, il a été chargé de l’éclairage dans un club londonien. C’est d’ailleurs dans ce club même qu’est tourné « Hussy ». La romance entre Emory et Beaty peut sembler improbable. Comment Beaty, une prostitué expérimentée avec un jeune enfant Billy (Daniel Chasin) peut tomber amoureux d’un jeune homme fauché, et croire que ça aboutira à quelque chose de sérieux. Mais il faut avouer qu’Emory, incarné par l’acteur américain John Shea, a une bonne tête ! La romance qui vire au drame et au film criminel marche plutôt bien, et le tout est filmé avec crédibilité et de bons acteurs par Chapman, inspiré par sa connaissance du sujet. Le film est évidemment porté par l’incroyable Helen Mirren, déjà alors bien connue pour ses performances sur scène et à l’écran (pour la télévision et le cinéma, notamment dans « Age of Consent » en 1969, « O Lucky Man » (1973) ou encore « Caligula » (1979). La même année que « Hussy », elle tourne dans le fabuleux « The Long Good Friday » et enchainera l’année suivante avec « Excalibur ». Beaty fait partie de ces portraits de prostituées fortes et indépendantes (avec des nuances) qu’on peut voir dans le cinéma britannique des années 80, dans « Prostitute » (1980), « Mona Lisa » (1986) et « Personal Services » (1987) par exemple. On peut même rapprocher le personnage de Beaty à celui de Victoria, maitresse du chef de la pègre incarné par Bob Hoskins dans « The Long Good Friday ». Comme le fait remarquer avec justesse Rebecca Nicole Williams dans le livret accompagnant le blu-ray dans la réédition de Powerhouse, Victoria pourrait être aussi bien le devenir de Beaty, que son passé. Le film est produit par Boyd’s Company, la compagnie de production créée par Don Boyd, le critique du London Evening Standard, et qui marquera la fin des années 70 et le début des années 80. A l’époque, le bouillonnant producteur produit aussi bien « The Tempest » pour Derek Jarman, « The Great Rock’n’Roll Swindle » pour Julien Temple ou encore « Scum » pour Alan Clarke. « Hussy » est l’un de ces films, rapidement classé en film d’exploitation à sa sortie par une critique un peu méprisante (alors que les scènes de sexe sont peu nombreuses et assez chastes), et qui mérite aujourd’hui d’être redécouvert sous un nouveau jour. | HUSSY, Matthew Chapman 1980, Helen Mirren, John Shea and Paul Angelis (societe femmes film e)@ (E) Beaty, une prostituée, travaille dans un cabaret londonien. Elle y rencontre Emory, technicien, et finissent par tomber amoureux. Cependant, le métier de Beaty pèse sur Emory et chacun porte avec lui le poids d'un pass& ... |
![]() | IPCRESS DANGER IMMEDIAT, Sidney J. Furie 1965, Michael Caine, Sue Lloyd (thriller)@@L'espion (Michael Caine) anglais Harry Palmer enquête sur l'enlèvement de plusieurs scientifiques, victimes de lavage de cerveau. TELERAMA Un agent vraiment très spécial, plutôt 000 que 007. Prises de vues délirantes et constante ironie. Grâce à ce film réjouissant, Michael Caine devint star. Agent britannique, Harry Palmer enquête sur l’enlèvement d’un savant, le professeur Radcliffe. On soupçonne, à juste titre, un truand d’origine albanaise. Quand celui-ci restitue le scientifique contre rançon, on s’aperçoit que Radcliffe a des trous de mémoire, comme s’il avait subi un lavage de cerveau. « Dans ce boulot, on fait autant d’écriture que de marche à pied », explique un espion à Palmer, obligé de remplir formulaire sur formulaire : c’est moins de l’espionnage que du travail de bureau ! Harry Palmer est bien l’anti-James Bond. Myope comme une taupe, d’une moralité douteuse, il ne fait craquer les femmes que par ses talents… culinaires ! On pense aux romans de John le Carré, tant le film s’acharne à gommer le spectaculaire. La mise en scène, très astucieuse, s’attache plus aux objets qu’aux personnages, laissant bagarres et poursuites hors champ. Il règne sur le film une ironie permanente, très britannique, tout à fait réjouissante. Il faut dire que Michael Caine s’en donne à cœur joie, offrant au personnage sa décontraction et son sens de la litote… Ceux qui préfèrent Kafka (qui fut, comme Palmer, un spécialiste de la bureaucratie) à Ian Fleming seront servis ! | IPCRESS DANGER IMMEDIAT, Sidney J. Furie 1965, Michael Caine, Sue Lloyd (thriller)@@ (E) L'espion (Michael Caine) anglais Harry Palmer enquête sur l'enlèvement de plusieurs scientifiques, victimes de lavage de cerveau. TELERAMA Un agent vraiment très spécial, plutôt 000 que 007. Pri ... |
![]() | JASON ET LES ARGONAUTES, Don Chaffey 1963, Todd Armstrong, Nancy Kovack (histoire)@@ (film complet)Pour retrouver son trône de Thessalie, Jason doit conquérir la Toison d'or. Il embarque à bord de l'Argo avec les Argonautes, hardis guerriers et marins, afin d'atteindre le royaume de Colchide. C'est dans ce royaume qu'il se trouve la dépouille du bélier magique. TELERAMA Formidable introduction à la mythologie grecque. Le clou du film, ce sont les effets spéciaux de Ray Harryhausen. Rien que du fait main, animé image par image : de vrais « trucages », comme on disait alors, et qui renvoient avec poésie au cinéma du premier âge (celui de Méliès, évidemment !). Découvrez ainsi Talos, le géant de bronze, les odieuses Harpies et puis, surtout, l’Hydre à sept têtes, dont les dents — c’est une séquence merveilleuse — se transforment en une armée de squelettes ! Mais, pour une fois, scénario et mise en scène sont à l’unisson de cette débauche d’imagination. Le même film, aujourd’hui, accumulerait les péripéties à 100 à l’heure. Don Chaffey, lui, donne le rythme idéal : on prend le temps de s’attacher aux Argonautes, avant d’aller de surprise en surprise au gré de leur voyage initiatique. Le script offre une formidable introduction à la mythologie grecque : il divise le monde en trois catégories, les mortels, les dieux et les créatures fantastiques, mais donne à chacune sa part d’humanité. Avec, en prime, un soupçon d’humour british tout à fait bienvenu ! Tout le monde manifeste ici une foi dans le cinéma, en sa capacité à faire vivre des histoires fantastiques, qui évoquerait volontiers la foi des Anciens pour les légendes de l’Olympe… Seul Jason a échappé au massacre de sa famille, orchestré par l'usurpateur Pélias. Devenu roi de Thessalie peu de temps après, Pélias apprend par un oracle que le rescapé va revenir pour lui succéder. Vingt ans plus tard, Jason arrive effectivement, décidé à revendiquer le trône. Sur les conseils des dieux et traîtreusement encouragé par Pélias, il décide de partir à la recherche de la Toison d'or, gage de prospérité. Il embarque à bord de l'Argo avec un équipage de guerriers thessaliens. Le fils de Pélias, Acaste, l'accompagne avec pour mission de le tuer après la découverte de la fameuse Toison... | JASON ET LES ARGONAUTES, Don Chaffey 1963, Todd Armstrong, Nancy Kovack (histoire)@@ (film complet) (E) Pour retrouver son trône de Thessalie, Jason doit conquérir la Toison d'or. Il embarque à bord de l'Argo avec les Argonautes, hardis guerriers et marins, afin d'atteindre le royaume de Colchide. C'est dans ce royaume qu' ... |
![]() | JEREMIAH JOHNSON, Sydney Pollack 1972, Robert Redford, Will Geer, Stefan Gierasch (western)@@Fuyant la civilisation, Jeremiah Johnson s'est réfugié dans les montagnes du Colorado. Entretenant de bonnes relations avec les Indiens, il adopte un enfant de pionniers massacrés, se lie avec un trappeur, Del Gue, et épouse Swan, la fille d'un chef indien. Installé dans une cabane d'hiver, il mène avec sa famille une vie sereine jusqu'au jour où il décide de conduire des cavaliers dans la vallée sacrée de la tribu des Crow. TELERAMA Jeremiah Johnson en a assez de la ville et de la civilisation. C’est pour cela qu’il est parti vivre en ermite dans les Rocheuses. Mais la vie y est rude et il est mal entraîné à ce changement. Le pionnier Robert Redford se révèle un héros très convaincant. Pêcher une truite à la main dans une rivière gelée, faire du feu avec deux silex, tuer un daim d’un coup de fusil, se faire un lit de braises pour dormir dans la neige, dépecer un grizzly ou poser un piège à castor : telle est la rude vie du trappeur. Jeremiah Johnson l’a pourtant choisie pour échapper au tumulte de la ville. Son fantasme à la Davy Crockett se heurte vite à la réalité de l’Ouest. Depuis belle lurette, la nature vierge n’existe plus. La frontière a été repoussée jusqu’au Pacifique et les pionniers n’ont toujours pas appris à cohabiter avec les Indiens. Cousin antisocial du Josey Wales de Clint Eastwood, Jeremiah Johnson n’a pas d’autre choix. Il devient de plus en plus sauvage. Il fuit, toujours plus loin dans les Rocheuses. Recouvert d’une peau d’ours, sous les neiges de l’Utah, Robert Redford est filmé à hauteur d’homme par son ami Sydney Pollack. Leur western initiatique consacre la beauté et la brutalité de l’Amérique en construction. Où l’homme doit apprivoiser la nature pour survivre. La leçon d’écologie politique est éternelle. | JEREMIAH JOHNSON, Sydney Pollack 1972, Robert Redford, Will Geer, Stefan Gierasch (western)@@ (E) Fuyant la civilisation, Jeremiah Johnson s'est réfugié dans les montagnes du Colorado. Entretenant de bonnes relations avec les Indiens, il adopte un enfant de pionniers massacrés, se lie avec un trappeur, Del Gue, et & ... |
![]() | JUGE ET HORS LA LOI, John Huston 1972, Paul Newman, John Huston, Ava Garner, Anthony Perkins, Victoria Principal, Jaqueline Bisset (western)@@Recherche pour vol, Roy Bean se refugie dans la petite ville de Vinegaroon ou il est battu et laisse pour mort. Secouru par une jeune Mexicaine, Maria Elena, il revient en ville, élimine ses agresseurs et se proclame juge, decide a faire regner la loi et l'ordre. TELERAMA Sur un scénario de John Milius, le faux magistrat est devenu un vrai héros hustonien : Roy Bean a une vision, celle d'un Ouest de légende qui n'obéirait qu'à sa loi. Il bâtit, quasiment de ses mains, la ville où tout portera son nom. Mais, comme dans tout bon film de John Huston, ce rêve ainsi que sa passion pour l'étoile qu'il n'a pourtant jamais approchée sont voués à l'échec. Paul Newman mène tambour battant ce western picaresque au ton singulier, typique de la façon dont Hollywood revisita le genre dans les années 1970. De costauds seconds rôles l'épaulent : Anthony Perkins, prêtre étrange devenu mentor malgré lui, John Huston en personne, irrésistible en homme-ours, Stacy Keach, qui fait une apparition tonitruante en hors-la-loi albinos. Mais, peu à peu, l'humour fait place à un ton élégiaque, souligné par la belle musique de Maurice Jarre. La dernière partie, tardive - on est en 1919 - sonne comme un requiem : le vieil Ouest n'est plus incarné que par quelques fantômes décrépits, qui se consumeront dans un dernier accès de révolte. | JUGE ET HORS LA LOI, John Huston 1972, Paul Newman, John Huston, Ava Garner, Anthony Perkins, Victoria Principal, Jaqueline Bisset (western)@@ (E) Recherche pour vol, Roy Bean se refugie dans la petite ville de Vinegaroon ou il est battu et laisse pour mort. Secouru par une jeune Mexicaine, Maria Elena, il revient en ville, élimine ses agresseurs et se proclame juge, decide a f ... |
![]() | JUMANJI, Joe Johnston 1995, Robin Williams, Bradley Pierce, Kirsten Dunst, Jonathan Hyde, Bonnie HuntLors d'une partie de Jumanji, un jeu très ancien, le jeune Alan est propulsé sous les yeux de son amie d'enfance, Sarah, dans un étrange pays. Il ne pourra s'en échapper que lorsqu'un autre joueur reprendra la partie et le libérera sur un coup de dés. Vingt-six ans plus tard, il retrouve le monde réel par le coup de dés de deux autres jeunes joueurs, Judy et Peter. TELERAMA Vous vous rappelez les règles ? Jumanji est un jeu de plateau qui aspire littéralement ses joueurs et leur fait vivre « pour de vrai » des aventures trépidantes avec une énigme à résoudre à chaque tour. Seule condition pour sortir du jeu : terminer la partie. Et gagner, évidemment ! Tout a commencé en 1995 quand le premier Jumanji, avec Robin Williams, avait confronté ses jeunes joueurs à des animaux sauvages surgis de nulle part. En 2017, le jeu se joue désormais sur console mais le principe de base est le même. Quatre collégiens collés commencent une partie. Chacun se choisit un avatar, et les voilà dans la jungle : le nerd introverti se retrouve en baroudeur surmusclé (Dwayne Johnson, très bon dans l’autodérision), le quarterback beau gosse en scientifique chétif, la coincée, en Lara Croft, et la belle écervelée se découvre dans la peau d’un gros cartographe quadra (Jack Black, très drôle). L’intrigue a peu d’importance : remettre une pierre précieuse au bon endroit et déjouer une bande de motards énervés. Le film ne tient que par les gags (plus ou moins faciles) provoqués par le décalage entre les personnages réels et leur nouveau corps. Quand, par exemple, la fille doit apprendre à faire pipi avec son corps d’homme… On aurait pu prendre d’autres exemples mais celui-là est particulièrement réjouissant. | JUMANJI, Joe Johnston 1995, Robin Williams, Bradley Pierce, Kirsten Dunst, Jonathan Hyde, Bonnie Hunt (E) Lors d'une partie de Jumanji, un jeu très ancien, le jeune Alan est propulsé sous les yeux de son amie d'enfance, Sarah, dans un étrange pays. Il ne pourra s'en échapper que lorsqu'un autre joueur reprendra la pa ... |
![]() | KES, Ken Loach 1969,David Bradley, Colin Welland societe)@@Billy Casper vit dans une petite ville minière du nord-est de l'Angleterre, à Barnsley, dans le Yorkshire. Il a une douzaine d'années et l'univers dans lequel il vit ne correspond pas à son attente. Sa mère ne s'occupe guère de lui son frère aîné Jude, le traite en souffre-douleur. Quelques petits travaux avant l'heure d'ouverture de l'école et de menus larcins lui procurent un peu d'argent de poche. A l'école, Billy est distrait indiscipliné, entouré de camarades et de professeurs plus hostiles qu'amicaux.. Un jour, Billy déniche un jeune rapace; il vole alors dans une librairie un traité de fauconnerie et entreprend de dresser l'oiseau. Il se donne tout entier à cette tâche et lorsqu'un professeur, attentif, lui demande d'exposer à la classe l'art de dresser un faucon, Billy réussit à intéresser tous ses camarades...Mais le gamin a détourné une petite somme d'argent que son frère lui avait confiée pour jouer aux courses : Jude se vengera en tuant l'oiseau, le seul ami de l'enfant. cinephile54 Instantanément, les paroles du "Petit Prince" me sont venues en tête...Très beau film, sur non seulement l'attachement d'un enfant pour un faucon, mais sur les brimades, les vexations, la maltraitance, à l'école, à la maison, entre enfants et de la part de certains enseignants...Une période scolaire pas si lointaine, en Angleterre, il y a 50 ans, semblable à celle, en France quelques 10/20 ans antérieurement. Les coups de règles sur les mains existaient chez nous (les brimades aussi, pour peur que l'on soit différent...). Cet enfant, rejeté d'un peu partout, non protégé par sa mère, subissant la violence de son frère et celle des autres élèves, isolé, sans ami(e)s, va créer un lien avec un faucon. Le faucon est le symbole, l'emblème solaire chez les Incas du Pérou, En Egypte, il était le prince des oiseaux, de par sa force et sa beauté, Il est symbole solaire de supériorité, d'ambition, d'esprit, de lumière et de liberté...Très beau film... | KES, Ken Loach 1969,David Bradley, Colin Welland societe)@@ (E) Billy Casper vit dans une petite ville minière du nord-est de l'Angleterre, à Barnsley, dans le Yorkshire. Il a une douzaine d'années et l'univers dans lequel il vit ne correspond pas à son attente. Sa mèr ... |
![]() | L AFFAIRE THOMAS CROWN, Norman Jewison 1968, Steve Mc Queen, Faye DunawayLe millionnaire Thomas Crown concocte et exécute un plan brillant pour voler une banque sans avoir à faire le moindre travail lui-même. | L AFFAIRE THOMAS CROWN, Norman Jewison 1968, Steve Mc Queen, Faye Dunaway (E) Le millionnaire Thomas Crown concocte et exécute un plan brillant pour voler une banque sans avoir à faire le moindre travail lui-même. ... |
![]() | L AFRICAIN, Philippe de Broca 1983, Catherine Deneuve, Philippe Noiret (aventure)@@Victor, amoureux de la nature, a trouvé le repos dans une idyllique contrée de l'Afrique centrale. L'arrivée intempestive de son ex-femme menace son univers paradisiaque. Celle-ci, chargée de dénicher un paradis perdu, veut en effet implanter dans la région un village-vacances pour touristes fortunés. TELERAMA Victor, biologiste bourru, réfugié dans un des derniers sanctuaires sauvages de la planète, voit débarquer Charlotte, tornade blonde, cadre du Club Med, bien décidée à « faire aller de l'avant » ce petit coin de paradis des éléphants. La divine emmerdeuse n'est rien d'autre que l'épouse de Victor. Le combat peut commencer entre le pachyderme misanthrope et l'entreprenante gazelle, au milieu de la forêt vierge, de vilains trafiquants d'ivoire, et de Pygmées qui n'ont rien demandé à personne. Dans les années 1960, Philippe de Broca, grand orfèvre du cinéma rocambolesque de haute volée, faisait virevolter Jean-Pierre Cassel, puis Bébel, en Chine et à Rio. Vingt ans après, son héros prenait les traits débonnaires et épicuriens de Philippe Noiret, et le sens du rythme du réalisateur prenait aussi un peu d'embonpoint. Mais tout de même : un décor de rêve (le Kenya), un zeste de message écolo (Philippe de Broca était membre du Fonds mondial pour la nature), et l'éternel couple dont l'amour est proportionnel aux chamailleries. Et puis Deneuve est irrésistible quand elle est survoltée... — Guillemette Odicino | L AFRICAIN, Philippe de Broca 1983, Catherine Deneuve, Philippe Noiret (aventure)@@ (E) Victor, amoureux de la nature, a trouvé le repos dans une idyllique contrée de l'Afrique centrale. L'arrivée intempestive de son ex-femme menace son univers paradisiaque. Celle-ci, chargée de dénicher un p ... |
![]() | L AMANT, Jean-Jacques AnnaudL'Indochine, dans les années 1930. Une Française de 15 ans et demi vit avec sa mère, une institutrice besogneuse, et ses deux frères pour lesquels elle éprouve un étrange mélange de tendresse et de mépris. Sur le bac qui la conduit vers Saigon et son pensionnat, elle fait la connaissance d'un élégant Chinois au physique de jeune premier. L'homme a l'air sensible à son charme et le lui fait courtoisement savoir. Elle accepte de le revoir régulièrement. TELERAMA Il ne reste pas grand-chose de Duras dans cette adaptation. L’écrivain, se sentant dépossédée (moyennant finance) de son œuvre, écrivit L’Amant de la Chine du Nord, à la manière du film qu’elle aurait peut-être tiré de son récit primitif. Annaud a filmé une passion charnelle entre deux personnes étrangères à leurs propres milieux. C’est du cinéma illustratif, pollué par l’image publicitaire. L’obsession de la beauté plastique conduit à un film bizarrement sage et transparent. | L AMANT, Jean-Jacques Annaud (E) L'Indochine, dans les années 1930. Une Française de 15 ans et demi vit avec sa mère, une institutrice besogneuse, et ses deux frères pour lesquels elle éprouve un étrange mélange de tendresse ... |
![]() | L ESPION QUI M AIMAIT, Lewis Gilbert 1977, Roger MoorePour retrouver deux sous-marins nucléaires qui ont mystérieusement disparu, James Bond fait équipe avec l'agent soviétique Anya Amasova. Leur mission les conduit à affronter un ennemi redoutable, Requin, un géant de près de deux mètres vingt quasiment indestructible et armé d'une mâchoire en acier coupante telle un rasoir. 007 devra également affronter Karl Stromberg, l'employeur de Requin, qui désire se servir des sous-marins nucléaires volés pour détruire le monde. TELERAMA Dixième édition filmée des aventures du fringant « double zéro sept » inventées par Ian Fleming, L'Espion qui m'aimait ne déroge à aucune des règles qui ont garanti l'effarant succès de la série : gadgets à gogo, cascades spectaculaires et p'tites pépées. A priori, rien à signaler. Pourtant, Richard Kiel, l'abominable Jaws, géant increvable à la mâchoire d'acier qui reprit plus tard du service dans Moonraker, est une sorte de curiosité touristique. La belle Barbara Bach échappe au rôle de potiche généralement dévolu à toute James Bond girl, avec un personnage un peu plus étoffé, et, grande première, les deux blocs collaborent. Roger Moore, dandy raide et distant, n'a ni le mâle charisme ni l'humour de Sean Connery, son principal concurrent en « jamesbonderie », mais, aux limites de la BD et de l'autoparodie, le film reste distrayant. — Cécile Mury | L ESPION QUI M AIMAIT, Lewis Gilbert 1977, Roger Moore (E) Pour retrouver deux sous-marins nucléaires qui ont mystérieusement disparu, James Bond fait équipe avec l'agent soviétique Anya Amasova. Leur mission les conduit à affronter un ennemi redoutable, Requin, u ... |
![]() | L HEURE MAGIQUE, Robert Benton 1998, Paul Newman, Susan Sarandon, Gene Hackman (thriller)@@Harry Ross, ancien policier devenu un privé lucide et désenchanté puis homme à tout faire pour sa riche clientèle de Los Angeles, vit à l'automne de sa vie, chez un couple de vieux amis, Jack Ames et son epouse Catherine dont il est vaguement amoureux. Se sachant condamné, Jack demande à Harry de livrer discrètement à une certaine Gloria Lamar une enveloppe contenant une somme importante. TELERAMA En fait de « magie », on se référera au titre original, Twilight : c'est une lueur de crépuscule qui baigne les existences de Harry Ross (Paul Newman), flic devenu privé d'occasion, de Jack Ames (Gene Hackman) et de sa femme Catherine (Susan Sarandon), semi-retraités de Hollywood. Hébergé par ce couple qui végète dans le luxe au bord de sa piscine, Harry se voit confier des missions épisodiques et peu glorieuses : ramener à la maison leur fille fugueuse, par exemple. Un soir, en livrant une enveloppe, Harry met le doigt dans un engrenage qui va l'amener à découvrir un secret soigneusement gardé par ses « amis ». A l'inverse du glamour habituel aux descriptions du ciné-business, et de l'action trépidante du polar standard, l'univers que décrit ce film se révèle totalement désenchanté. On souffle, on soupire, on penche un front ridé sur une vie qui s'éteint à petit feu. On solde des comptes. Entre un Paul Newman sciemment alourdi et un Gene Hackman suavement crapuleux, Susan Sarandon compte les points avec une certaine élégance. On ne peut en dire autant de la mise en scène poussive de Robert Benton (déjà responsable d'Un homme presque parfait, avec le même Paul Newman). Un seul suspense en fait retient l'attention : l'ami Paulo, touché d'une balle en haut de la cuisse lors du prologue, a-t-il perdu sa virilité ? Or ce suspense est trop rapidement tué pour le spectateur, qui de toute façon avait du mal à y croire. Dans un commissariat, Harry Ross, un ancien policier devenu détective privé, est interrogé : il raconte les deux dernières années de sa vie. A l'époque, Harry avait ramené une fille fugueuse à ses parents et était devenu l'ami de ces derniers, Catherine et Jack Ames, deux comédiens célèbres. Jack, atteint d'un cancer en phase terminale, lui avait demandé de porter un paquet à une certaine Gloria Lamar. Une fois sur place, Harry avait été agressé par un homme blessé, détective lui aussi, qui devait mourir peu après. Finalement relâché, il s'était renseigné sur l'homme qui l'avait attaqué, un certain Lester Ivar, et avait découvert que celui-ci enquêtait sur le décès du premier mari de Catherine Ames... | L HEURE MAGIQUE, Robert Benton 1998, Paul Newman, Susan Sarandon, Gene Hackman (thriller)@@ (E) Harry Ross, ancien policier devenu un privé lucide et désenchanté puis homme à tout faire pour sa riche clientèle de Los Angeles, vit à l'automne de sa vie, chez un couple de vieux amis, Jack Ames e ... |
![]() | L OEUVRE DE DIEU LA PART DU DIABLE, Lasse Hallström 1999, Tobey Maguire, Charlize Theron (societe)@@À l'orphelinat de Saint-Cloud, dans le Maine, le docteur Wilbur Larch, un être plutôt excentrique et attachant, se charge de réaliser "l'œuvre de Dieu" en mettant au monde des enfants non désirés, mais ne néglige pas "la part du diable" puisqu'il lui arrive d'interrompre illégalement certaines grossesses. TELERAMA Ca commence en 1943, dans un orphelinat à la Dickens. Un médecin à la morale toute personnelle, qui oublie ses tourments en se droguant à l’éther, met au monde des enfants non désirés (son « œuvre de Dieu ») et pratique des avortements (sa « part du diable »). Il se choisit un disciple en la personne de Homer, un orphelin qu’au fil des années il initie à la médecine. Avec cette adaptation d’Irving, on est en pleine image d’Épinal, mais rudement efficace. Parce que Lasse Hallström, depuis Ma vie de chien, a toujours su filmer l’enfance en préservant sa fragilité et son mystère. Parce que Michael Caine est formidable, en seigneur généreux et dérisoire d’un château sombre et doux, cerné par la réalité, à savoir la douleur et le malheur. Et aussi parce que Homer est interprété par le jeune et déjà remarquable Tobey Maguire. Il se sort impeccablement de l’emploi casse-gueule du candide qui pose sur le monde un regard d’étranger. Dommage que le charme des trois premiers quarts d’heure s’évapore peu à peu et que la mise en scène devienne illustrative. | L OEUVRE DE DIEU LA PART DU DIABLE, Lasse Hallström 1999, Tobey Maguire, Charlize Theron (societe)@@ (E) À l'orphelinat de Saint-Cloud, dans le Maine, le docteur Wilbur Larch, un être plutôt excentrique et attachant, se charge de réaliser "l'œuvre de Dieu" en mettant au monde des enfants non dés ... |
![]() | LA BELLE ESPIONNE, Raoul Walsh 1953, Yvonne De Carlo, Rock Hudson (espionnage thriller)@@En 1804, l'État-major anglais dépêche en France, Drouette, une belle espionne chargée de découvrir les plans d'invasion de Napoléon. Les Anglais comptent mettre à profit la ressemblance de leur agent avec une comtesse française emprisonnée en Angleterre, afin d'obtenir des informations sur la marine française. TELERAMA Tourné juste après Barbe-Noire le pirate et gardant cette étrange construction circulaire qui pousse les héros à faire trois fois la même chose (ici la traversée de la Manche) pour des raisons opposées, La Belle Espionne est, de l’aveu même de son réalisateur, Raoul Walsh, une « improvisation sur le thème de la beauté » d’Yvonne De Carlo. Cette « belle espionne » séduit son monde, y compris un Rock Hudson bien fade, et ses plongeons sensuels (mais tout habillée) rappellent la nage d’Ava Gardner dans Pandora. Le film vaut aussi par un scénario abracadabrant qui emprunte à Victor Hugo (Les Travailleurs de la mer) et à Robert Louis Stevenson : tout le monde trompe tout le monde. La composition en Fouché du surréaliste Jacques Brunius, jadis membre du groupe Octobre et assistant de Buñuel, vaut le coup d’œil. | LA BELLE ESPIONNE, Raoul Walsh 1953, Yvonne De Carlo, Rock Hudson (espionnage thriller)@@ (E) En 1804, l'État-major anglais dépêche en France, Drouette, une belle espionne chargée de découvrir les plans d'invasion de Napoléon. Les Anglais comptent mettre à profit la ressemblance de leu ... |
![]() | LA BELLE NOISEUSE, Jacques Rivette 1991, Michel Piccoli, Emmanuelle Beart, Jane Birkin (societe)@@Ami du peintre Edouard Frenhofer, Balthazar Porbus, un marchand de tableaux, lui rend visite dans sa propriété du Midi de la France. Porbus est accompagné d'un jeune peintre, Nicolas, fervent admirateur de son aîné, et de la compagne de celui-ci, Marianne. La jeune femme accepte de poser pour Frenhofer... TELERAMA Il faut voir ce chef-d’œuvre sur les mystères de la création artistique, la lutte de l'esprit et de la matière, les affres d'un peintre, ses rapports avec son modèle. Avec Emmanuelle Béart, sublime modèle soumis au pinceau de Michel Piccoli. Ce fut, au Festival de Cannes 1991, un événement insolite à bien des égards. A 63 ans, Jacques Rivette, cinéaste-auteur exigeant, rigoureux, dont les films n'ont jamais vraiment atteint le grand public, se trouvait exposé aux feux de l'actualité internationale et recevait le grand prix de la compétition. Reconnaissance tardive sans doute, mais « La Belle Noiseuse » devint, du coup, le « chef-d'oeuvre connu » de Rivette, celui pour qui la création artistique (à travers le cinéma) a toujours été un mystère arraché au secret des âmes et à la vérité intérieure des êtres. Balzac avait déjà inspiré Rivette pour son Out one, noli me tangere, version moderne et très longue de L'Histoire des treize. Et, dans La Bande des quatre, comédie à suspense tournée en 1988, il était fait allusion à un tableau, La Belle Noiseuse (une noiseuse est une femme qui cherche des noises). Le film, présenté ce soir dans sa version longue de quatre heures (coupée par un entracte, lorsque Marianne, épuisée, s'endort pendant une séance de pose), est un extraordinaire jeu de fausses pistes pour un secret qui ne sera jamais vraiment dit. Un extraordinaire affrontement entre le peintre, que son ami, sorte de Méphisto, a poussé à l'acte jusqu'alors refusé, et le modèle entièrement nu, reprenant le rôle qui fut, autrefois, celui de l'épouse. Marianne est manipulée, humiliée, transformée en victime expiatoire, mais, en même temps, elle exerce un pouvoir quasi magique. Un rite de possession – qui finit par atteindre les autres protagonistes – permet à Frenhofer de traverser les apparences, tout au long d'un suspense haletant. Il n'y a, dans la mise en scène de Rivette, aucun artifice, aucun piège, aucun effet de manche. Mais, en temps réel, les mains du peintre Bernard Dufour prêtées au personnage de Piccoli, réalisent les esquisses et traquent la vérité du corps du modèle. Il y a quelque chose de sublime dans ce film et dans ses interprètes. | LA BELLE NOISEUSE, Jacques Rivette 1991, Michel Piccoli, Emmanuelle Beart, Jane Birkin (societe)@@ (E) Ami du peintre Edouard Frenhofer, Balthazar Porbus, un marchand de tableaux, lui rend visite dans sa propriété du Midi de la France. Porbus est accompagné d'un jeune peintre, Nicolas, fervent admirateur de son aîn ... |
![]() | LA GUERRE DES ROSES, Dany De Vito 1989, Kathleen Turner, Danny DeVito, Michael Douglas (sentimental)@@@Barbara et Oliver Rose forment un couple apparemment tout à fait heureux. Ils sont mariés depuis plusieurs années et ont deux enfants. Cependant, du jour au lendemain, ils vont se retourner l'un contre l'autre : ils décident de divorcer. Ils ne reculent devant aucune bassesse pour rabaisser l'autre, et tenter d'arriver à leur but ultime : avoir la conservation exclusive de leur vaste maison. TELERAMA Après des années de bonheur conjugal, les Rose ne se supportent plus. En 1990, Danny DeVito dynamitait la cellule familiale américaine avec un humour corrosif ! Les histoires d’amour finissent mal, en général… Et en particulier dans le cas d’Oliver et Barbara, alias Monsieur et Madame Rose, du coup de foudre juvénile à la haine absolue. Michael Douglas et Kathleen Turner offrent un grand numéro de duettistes, dans cette satire cruellement drôle réalisée par le comédien Danny DeVito. Un film à la fois impitoyable et réjouissant, qui mord là où ça fait mal, dans la zone charnue des illusions doucereuses. Si tout commence comme une comédie sentimentale — un peu trop de rose chez les Rose —, DeVito pose peu à peu ses pièges : bambins suralimentés, ennui conjugal, photo de famille bien encadrée, entre l’ego de Monsieur et les frustrations de Madame… Avec le divorce, l’image explose : La Guerre des Rose n’est pas un titre exagéré. La séparation du couple tourne à la pulvérisation nucléaire. La caméra filme en huis clos les ravages d’une catastrophe intime qui couvait depuis longtemps. Les valeurs familiales et patriarcales, le matérialisme de l’époque Reagan sont passés à la moulinette d’un humour noir et critique, qui a plutôt bien vieilli. | LA GUERRE DES ROSES, Dany De Vito 1989, Kathleen Turner, Danny DeVito, Michael Douglas (sentimental)@@@ (E) Barbara et Oliver Rose forment un couple apparemment tout à fait heureux. Ils sont mariés depuis plusieurs années et ont deux enfants. Cependant, du jour au lendemain, ils vont se retourner l'un contre l'autre : ils d&e ... |
![]() | LA LECON DE PIANO Jane Campion 1993, Holly Hunter, Harvey Keitel, Nicole Kidmann@@Nouvelle-Zélande, 1852 : la mutique Ada (Holly Hunter, inoubliable) accoste sur la plage avec sa fille de 9 ans, pour vivre avec son nouveau mari dans le bush. Cet homme inconnu pour elle refuse de faire transporter le bien le plus précieux d’Ada, son piano, qui est sauvé par Baines, un régisseur illettré très proche des Maoris (Harvey Keitel). Commence alors un troc fascinant entre Baines et Ada : elle récupérera le piano, touche par touche, en échange de visites de plus en plus érotiques… TELERAMA Un piano abandonné sur une plage des antipodes : une seule image suffit à évoquer le chef-d’œuvre de Jane Campion, première Palme d’or de l’histoire du Festival de Cannes donnée à une réalisatrice, en 1993, en attendant celle reçue vingt-huit ans plus tard par Julia Ducournau pour Titane, une autre histoire de métamorphose. Dans une nature primitive sublime, qui fait sans cesse écho à la fièvre ou la violence des protagonistes, Jane Campion filme une femme qui se réapproprie son désir et son corps comme un instrument de plaisir et de liberté. Jamais objet transitionnel n’avait été si puissant au cinéma pour représenter l’émancipation féminine et sexuelle d’une héroïne corsetée dans une société patriarcale et dominatrice. Romantique et allégorique, cette foisonnante Leçon de piano continue de troubler par sa sensualité – le dos nu d’Harvey Keitel, les épaules enfin libérées de Holly Hunter. Et sa leçon de vie reste vertigineuse. | LA LECON DE PIANO Jane Campion 1993, Holly Hunter, Harvey Keitel, Nicole Kidmann@@ (E) Nouvelle-Zélande, 1852 : la mutique Ada (Holly Hunter, inoubliable) accoste sur la plage avec sa fille de 9 ans, pour vivre avec son nouveau mari dans le bush. Cet homme inconnu pour elle refuse de faire transporter le bien le plus p ... |
![]() | LA MAIN AU COLLET, Alfred Hitchcock, Gary Grant, Grace Kelly (thriller sentimental)@@Ancien cambrioleur spécialisé dans les vols de bijoux, John Robie fut surnommé le Chat en raison de son extrême agilité. Ayant abandonné ses activités illégales depuis belle lurette, il profite pleinement de sa retraite ensoleillée sur la Côte d'Azur. Pourtant, il va se retrouver impliqué malgré lui dans une affaire de vols en série, le vilain farceur signant ses larcins de la même manière que le Chat. TELERAMA Piquante comédie policière sur la Riviera. Avec un couple torride de cambrioleurs – Grace Kelly, le feu sous la glace, et Cary Grant, un Arsène Lupin charismatique - qui jouent au chat et à la souris. Ancien voleur de bijoux émérite, John Robie goûte maintenant aux plaisirs d’une retraite dorée sur la Riviera. Mais une succession de vols qui portent sa griffe l’oblige à sortir de sa réserve. Il échappe à la police, qui le soupçonne, et se met lui-même à enquêter, décidé à confondre celui qui l’imite. Même mineur dans l’œuvre de Hitch, La Main au collet reste un grand film. Un divertissement azuréen d’une légèreté subtile, une variation miroitante sur le thème du vol, aux sens propre et figuré. Le scénario ne brille guère par son suspense, mais il est émaillé de détails cruels et délicieux, d’allusions érotiques. Le soleil de la Riviera, le bleu insolent du ciel et la splendeur des palaces sont une façade touristique idéale ; dessous se joue une partie de cache-cache jubilatoire où le plaisir pervers tient autant au fait de chercher que d’être recherché, de voler que d’être volé. Grace Kelly, radieuse femme du monde, illumine le film de bout en bout, tandis que Cary Grant, parfait en Arsène Lupin américain, marie divinement l’humour et la classe. Dernier détail, prophétique : la poursuite au bord de la corniche fait froid dans le dos si l’on songe à l’accident fatal de l’actrice sur cette même route… | LA MAIN AU COLLET, Alfred Hitchcock, Gary Grant, Grace Kelly (thriller sentimental)@@ (E) Ancien cambrioleur spécialisé dans les vols de bijoux, John Robie fut surnommé le Chat en raison de son extrême agilité. Ayant abandonné ses activités illégales depuis belle lurette, il ... |
![]() | A MORT AUX TROUSSES, Alfred Hitchcock 1959, Gary Grant, Eva Mary Saint (thriller)@@@Le publiciste Roger Tornhill se retrouve par erreur dans la peau d'un espion. Pris entre une mystérieuse organisation qui cherche à le supprimer et la police qui le poursuit, Tornhill est dans une situation bien inconfortable. Il fuit à travers les États-Unis et part à la recherche d'une vérité qui se révélera très surprenante. TELERAMA Charme, élégance, interprétation, suspense, scènes mythiques : autant de morceaux de bravoure qui font de la course folle de Cary Grant, traqué par de mystérieux espions, un monument du cinéma. Véritable encyclopédie du cinéma selon Hitchcock, La Mort aux trousses est un film dont la réussite donne le vertige. Elle est éclatante à tout point de vue : scénario, interprétation, décors et, évidemment, mise en scène. Tant de perfection pourrait peser, les chefs-d’œuvre sont souvent écrasants. Celui-ci est d’une superbe légèreté et a toutes les élégances. L’argument a la saveur d’un coup de dés. Le publicitaire Roger Thornhill est pris pour un certain George Kaplan, agent secret. Mais Kaplan n’existe pas, c’était un leurre pour tromper d’autres espions… Kidnapping, assassinats, La Mort aux trousses est une course folle. Il y a bien quelques microfilms dans cette histoire. Mais l’important est dans l’élan, la fuite en avant. Les scènes s’enchaînent, plus mémorables les unes que les autres : la vente aux enchères, la fuite sur le mont Rushmore. Et l’attaque de l’avion dans une immensité désertique où Thornhill ne peut se cacher, géniale leçon de cinéma. Mais Hitchcock sait aussi faire un morceau de bravoure d’un baiser entre Cary Grant et Eva Marie Saint, et raconter leur rééducation sentimentale avec esprit. Jusqu’au fameux dernier plan, le plaisir est complet. | A MORT AUX TROUSSES, Alfred Hitchcock 1959, Gary Grant, Eva Mary Saint (thriller)@@@ (E) Le publiciste Roger Tornhill se retrouve par erreur dans la peau d'un espion. Pris entre une mystérieuse organisation qui cherche à le supprimer et la police qui le poursuit, Tornhill est dans une situation bien inconfortable. ... |
![]() | LA POUDRE D ESCAMPETTE, Philippe de Broca 1971, Marlene Jobert, Michel Piccoli (comique)@@En 1942, en Afrique du Nord, une jeune femme (Marlène Jobert) aide un officier anglais (Michael York) à échapper aux Allemands, avec l'aide d'un escroc (Michel Piccoli) et d'un Tunisien (Amidou). Ils vivront mille aventures dans le désert. TELERAMA Savoureuse parodie d’“Un taxi pour Tobrouk” (1961). Dabadie et de Broca ont reconsidéré avec beaucoup d’humour les clichés de l’héroïsme. Interprétation au poil. En 1942, Valentin, un horticulteur qui a fui la France deux ans plus tôt, est devenu trafiquant au soleil de Tunis. La guerre, quelle guerre ? Obligé de sauver Basil, un jeune officier britannique canardé par l’ennemi, le Français se retrouve en pyjama dans les souks, cavalant avec son Anglais, les Allemands aux trousses. Pour avoir tenté de les aider, Lorène, l’épouse du consul suisse, est contrainte de fuir avec eux dans le désert… Escampette : ce mot d’un autre siècle, délicieusement primesautier, donne le ton de cette fantaisie de guerre où Philippe de Broca et son scénariste Jean-Loup Dabadie se moquent tendrement des clichés de l’héroïsme et des travers de chaque nationalité. Michel Piccoli, très à l’aise dans le registre de la comédie d’aventures, passe des charentaises au chapeau melon et du système D à la mitraillette lourde, sans cesser de râler. L’œil, tout de même, de plus en plus attendri sur ses deux compagnons de jeep : Michael York, flegmatique et fleur bleue, et Marlène Jobert, adorable renarde du désert. Entre Valentin, Lorène et Basil, c’est à l’amitié, à la mort… Un peu à l’amour, aussi, le temps de quelques jours, quelques dunes, d’une gauloise fumée à trois sous la mitraille. Oasis de complicité qui finit en réveillon de Noël improvisé dans un fort abandonné. Car même si les Anglais ne sont pas loin, même si les Allemands arrivent, même si on ne se reverra peut-être jamais, ce qui prime, pour de Broca, c’est la légèreté. Un divertissement pétaradant à la poudre de mélancolie. | LA POUDRE D ESCAMPETTE, Philippe de Broca 1971, Marlene Jobert, Michel Piccoli (comique)@@ (E) En 1942, en Afrique du Nord, une jeune femme (Marlène Jobert) aide un officier anglais (Michael York) à échapper aux Allemands, avec l'aide d'un escroc (Michel Piccoli) et d'un Tunisien (Amidou). Ils vivront mille avent ... |
![]() | LA REINE BLANCHE, Jean-Loup Hubert 1991, Catherine Deneuve, Jean Carmet, Melanie Laurent, Bernard Giraudeau, Richard Bohringer (thriller sentimental)@@@Deux copains d'enfance ont réalisé deux rêves qu'ils avaient en commun. Jean réalise le premier, celui de partir à la découverte du monde sur un bateau. Yvon réalise quant à lui le second, séduire la jolie Liliane. Dans un village près de Nantes, un couple fait face au retour d'un ami de jeunesse et rival du mari. Ancré dans une décennie 1960 naissante à la fois glorieuse et imprégnée de préjugés racistes, un triangle amoureux servi par Catherine Deneuve, Richard Bohringer et Bernard Giraudeau. | LA REINE BLANCHE, Jean-Loup Hubert 1991, Catherine Deneuve, Jean Carmet, Melanie Laurent, Bernard Giraudeau, Richard Bohringer (thriller sentimental)@@@ (E) Deux copains d'enfance ont réalisé deux rêves qu'ils avaient en commun. Jean réalise le premier, celui de partir à la découverte du monde sur un bateau. Yvon réalise quant à lui le seco ... |
![]() | LA RIVIERE SANS RETOUR, Otto Preminger, 1954, Marylin Monroe, Robert Mitchum (western)@@En 1875, Matt Calder, un ancien repris de justice veuf, vient chercher Mark, son fils âgé de neuf ans, dans un camp de chercheurs d'or. C'est Kay, une chanteuse de saloon, qui avait pris l'enfant sous son aile. | LA RIVIERE SANS RETOUR, Otto Preminger, 1954, Marylin Monroe, Robert Mitchum (western)@@ (E) En 1875, Matt Calder, un ancien repris de justice veuf, vient chercher Mark, son fils âgé de neuf ans, dans un camp de chercheurs d'or. C'est Kay, une chanteuse de saloon, qui avait pris l'enfant sous son aile. ... |
![]() | LA VIE EST BELLE, Roberto Benigni 1998, Roberto Benigni, Horst Buchholz (histoire drame)@@@En 1938, Guido, jeune homme plein de gaieté, rêve d'ouvrir une librairie malgré les tracasseries de l'administration fasciste. Il tombe amoureux de Dora, institutrice étouffée par le conformisme familial et l'enlève le jour de ses fiançailles. Quelques années plus tard, Guido et Dora ont un fils, Giosué, mais les lois raciales sont entrées en vigueur et Guido est juif. Il est déporté avec son fils. TELERAMA Guido est déporté en camp de concentration avec sa femme et son petit garçon. Il n’a qu’une idée : les aider à tenir et cacher la vérité à son fils, en opposant au cauchemar la force du rêve inlassablement réinventé. Alors il explique au petit que ce séjour est un jeu de survie, au terme duquel on peut gagner un char, un vrai ! Une émotion poignante sourd peu à peu de ce film souvent très drôle, constitué de courtes scènes où se condense tout le désespoir. Entre l’infilmable et le trop filmé, Benigni prend le seul parti possible : il s’éloigne de tout réalisme et stylise pour ne pas trahir. Ce choix, moral autant qu’esthétique, est décisif. Lorsqu’il n’y a plus de quoi rire et que le mal devient d’une évidence à pleurer, on mesure la réussite du cinéaste et son habileté à éviter les facilités d’une dramatisation à outrance et de la bonne conscience. La grande audace de Benigni aura été de faire parler aussi le cœur en des parages historiques où la réflexion est plus nécessaire que jamais. Inventer une histoire d’amour tragi-comique d’un père pour son fils avec la Shoah comme toile de fond, où cela pouvait-il mener ? À ceci : un clown a imaginé, le temps d’une fable, tenir en respect la barbarie. | LA VIE EST BELLE, Roberto Benigni 1998, Roberto Benigni, Horst Buchholz (histoire drame)@@@ (E) En 1938, Guido, jeune homme plein de gaieté, rêve d'ouvrir une librairie malgré les tracasseries de l'administration fasciste. Il tombe amoureux de Dora, institutrice étouffée par le conformisme familial et ... |
![]() | LA VIE PRIVEE DE SHERLOCK HOLMES, Billy Wilder 1970, Robert Stephens, Colin Blakely (thriller)@@@Sherlock Holmes, assisté de son fidèle Watson prend en charge l'affaire que vient lui soumettre Gabrielle Valadon après que l'on a tenté de mettre fin à ses jours : retrouver son mari disparu. L'enquête va emmener le couple de détectives jusqu'au bord du Loch Ness. TELERAMA Une rocambolesque enquête où se mêlent une veuve belge, des nains, des canaris, des moines trappistes, la reine Victoria, le monstre du loch Ness… Une version drôle et intelligente des aventures du célèbre détective. C‘était l’un des rêves de Billy Wilder : des aventures inédites pour l’un de ses héros favoris (un pur esprit logique…), Sherlock Holmes, souvent adapté mais peu gâté par le cinéma. L’intrigue, qu’il imagine avec I.A.L. Diamond, est riche, baroque, drôle, superbe d’intelligence. Les criminels n’étant plus ce qu’ils étaient, Holmes s’ennuie ! Au point de se livrer à son vice favori : cette fameuse « solution à 7 % » de cocaïne (titre initialement prévu…) que tente de lui dissimuler le fidèle docteur Watson. Holmes et Watson sont invités aux Ballets russes, où la première ballerine supplie le détective de lui faire un enfant, afin qu’il ait son intellect… Il s’en tire en suggérant qu’il vit parfaitement heureux avec son toubib… Par la suite, le « couple », cherchant à élucider la disparition du mari d’une jeune Belge (énigmatique Geneviève Page), se retrouve confronté à des cadavres de nains échappés d’un cirque, des canaris comme blanchis de terreur, des trappistes obéissant à un mot de passe mystérieux : « Jonas »… Une merveille ! Osmose parfaite entre film d’aventures et comédie burlesque, avec ce duo étrange que forment un Watson égrillard et un Sherlock apeuré par les femmes. Avec son humour inimitable, Wilder résout même le mystère du monstre du loch Ness. Et avec une tendresse inattendue, il nous offre cette admirable séquence où un simple « au revoir », envoyé en morse à l’aide d’une ombrelle, devient, sur la musique de Miklós Rózsa, la plus belle des déclarations d’amour. | LA VIE PRIVEE DE SHERLOCK HOLMES, Billy Wilder 1970, Robert Stephens, Colin Blakely (thriller)@@@ (E) Sherlock Holmes, assisté de son fidèle Watson prend en charge l'affaire que vient lui soumettre Gabrielle Valadon après que l'on a tenté de mettre fin à ses jours : retrouver son mari disparu. L'enquê ... |
![]() | LAWRENCE D ARABIE, David Lean 1962, Peter O Toole, Omar Sharif, Alec Guiness, Antony Quin (saga)@@@En 1916, les Arabes se révoltent contre les Turcs, alliés des Allemands, à la plus grande satisfaction des services secrets britanniques. Dryden, membre du "Bureau arabe", charge le jeune lieutenant Thomas Edward Lawrence d'évaluer l'importance de la rébellion. Passionné par sa mission, Lawrence prend contact avec le prince Fayçal, l'un des chefs de la révolte. Ce dernier met une cinquantaine d'hommes à sa disposition pour l'accompagner dans sa périlleuse traversée du désert du Nefoud. Le jeune soldat s'éprend instantanément de la grandiose beauté de cette terre et de la noblesse des guerriers qui la peuplent. Il adopte alors leur tenue adaptée aux rigueurs du climat et milite pour leur indépendance... TELERAMA Le lieutenant Lawrence et ses rêves d’une nation arabe. Peter O’Toole et son regard turquoise souligné de khôl. Le silence et la guerre. épopée amère avec pour vedette, majestueux, hostile et fascinant, le désert. Sous les traits de Peter O’Toole, Lawrence d’Arabie est aussi mystérieux qu’une légende ancienne. Héros insolite, il incarne le rêve panarabe, toujours caressé, sans cesse compromis. Comment ce soldat anglais peu gradé a-t-il pu acquérir une telle légitimité, dans une société qui n’était pas la sienne ? Comment a-t-il pu mettre en échec la redoutable armée turque, à la tête d’une poignée de Bédouins ? David Lean ne répond pas à ces questions. Mais il procède à une soigneuse reconstitution historique, à laquelle il insuffle une dimension éperdument épique, incomparable. Le film est avant tout un univers. Celui du désert, immense, hostile. Et fascinant. | LAWRENCE D ARABIE, David Lean 1962, Peter O Toole, Omar Sharif, Alec Guiness, Antony Quin (saga)@@@ (E) En 1916, les Arabes se révoltent contre les Turcs, alliés des Allemands, à la plus grande satisfaction des services secrets britanniques. Dryden, membre du "Bureau arabe", charge le jeune lieutenant Thomas Edw ... |
![]() | LE DERNIER DES MOHICANS, Michael Mann 1992, Daniel Day-Lewis, Madeleine StoweEn 1757 dans l'Etat de New York, alors que la guerre fait rage entre Francais et Anglais pour l'appropriation des territoires indiens, un jeune officier anglais, Duncan Heyward, est chargé de conduire deux soeurs, Cora et Alice Munro jusqu'à leur père. Ils sont sauvés d'une embuscade par Hawkeye, un frontalier d'origine européenne, élevé par le Mohican Chingachgook et son fils Uncas. Les trois hommes acceptent d'escorter les deux jeunes filles jusqu'à leur destination. TRLERAMA: Des batailles, des soldats, des Indiens félons et d’autres héroïques. Et une histoire d’amour romanesque à souhait entre la troublante Madeleine Stowe et le charismatique et si mohican Daniel Day-Lewis. Ne boudez pas votre plaisir. Bondissant comme s'il était le gardien d'une forêt mythique, invulnérable, l'acteur anglais ne manque pas de charme. C'est d'abord grâce à lui que Le Dernier des Mohicans se laisse regarder. C'est aussi grâce à un récit sans temps mort : coupant à foison dans le roman de Fenimore Cooper, le film ne s'embarrasse ni de lente mise en place historique, ni de prêchi-prêcha moralisateur pro-Indiens (ils se défendent très bien tout seuls). Bénéficiant d'une magnifique photo de Dante Spinotti, Michael Mann tient son suspense et offre quelques belles scènes de combat. Contrat rempli : il signe ainsi un film d'action musclé, carré, dépaysant, auquel la fragile Madeleine Stowe prête par instants une grâce diaphane. | LE DERNIER DES MOHICANS, Michael Mann 1992, Daniel Day-Lewis, Madeleine Stowe (E) En 1757 dans l'Etat de New York, alors que la guerre fait rage entre Francais et Anglais pour l'appropriation des territoires indiens, un jeune officier anglais, Duncan Heyward, est chargé de conduire deux soeurs, Cora et Alice Munro ... |
![]() | LE DERNIER METRO, François Truffaut 1980, Catherine Deneuve, Gérard Depardieu (sentimental guerre shoah)@@@Lucas Steiner, juif allemand réfugié à Paris depuis l'avènement du nazisme, a dû quitter la France, laissant à sa femme Marion la direction du prestigieux Théâtre Montmartre. Marion s'efforce de maintenir le théâtre en état de marche, mais cela ne va pas sans difficulté. TELERAMA Dix césars pour Truffaut grâce aux amours, sous l’Occupation, de Marion, directrice de théâtre, et Bernard, acteur. Mécanique romanesque, seconds rôles, reconstitution, tout est parfait. En 1942, François Truffaut avait 10 ans. Le jour, il se réfugiait dans les cinémas, au point de connaître par cœur les dialogues du Corbeau, d'Henri-Georges Clouzot. La nuit, il dormait dans les stations de métro, où il échangeait des poignées de porte en cuivre contre du vin, qu'il revendait ensuite. Le Dernier Métro est une transposition labyrinthique de ses souvenirs de cette époque noire, le théâtre prenant la place du septième art, les personnages d'adultes doubles et intransigeants parlant pour l'enfant qu'il fut. Même à la fin de sa carrière, la dissimulation reste le thème favori du cinéaste, qui bâtit un scénario plein de portes secrètes : armée d'un faux certificat d'aryanisation, la comédienne Marion Steiner cache son mari, metteur en scène juif allemand, dans la cave de son théâtre, d'où il suit incognito les répétitions d'un spectacle. Dans les coulisses, Marion cède aux feux de la passion avec l'acteur principal, Bernard Granger... Cela donne l'occasion à Truffaut de remettre dans la bouche de Catherine Deneuve les répliques fétiches qu'elle prononçait, dix ans auparavant, dans La Sirène du Mississippi, et qui sonnent comme des paroles de retrouvailles intenses et complices. À l'image de ces innombrables poignées de main qui traversent le film, tour à tour fiévreuses, amicales, méfiantes ou charnelles. | LE DERNIER METRO, François Truffaut 1980, Catherine Deneuve, Gérard Depardieu (sentimental guerre shoah)@@@ (E) Lucas Steiner, juif allemand réfugié à Paris depuis l'avènement du nazisme, a dû quitter la France, laissant à sa femme Marion la direction du prestigieux Théâtre Montmartre. Marion s'ef ... |
![]() | LE DON DU ROI, Michael Hoffman 1995, Robert Downey Jr, Sam Neill (thriller sentimental)@@@Angleterre, 1660. Le jeune médecin Robert Merivel entre au service du roi Charles II d'Angleterre suite à un concours de circonstances. Il s'adapte à sa nouvelle vie jusqu'au jour où le roi lui demande d'épouser Celia, sa favorite, pour lever des soupçons. De plus, il lui impose une condition : ne pas tomber amoureux d'elle. En contrepartie, Robert reçoit une propriété dans laquelle il s'installe et où le roi pourra visiter Celia en secret. Hélas, Robert ne pourra retenir ses sentiments. TELERAMA Tourné par Hoffman avant le gentillet Un beau jour, ce film a obtenu l'Oscar des meilleurs costumes 96. Et s'il y avait un Oscar des meilleurs décors, il l'aurait sans doute reçu également. Car toute l'énergie de ce Restoration (le titre original) se perd en reconstitutions. A force de voir les costumes avant les personnages et les décors avant l'action, le spectateur ne prête plus à l'histoire qu'un intérêt lointain. Cette histoire pourrait être celle d'un toubib destroy qui débarque à Hollywood, se tape toutes les actrices, se fourre de la coke plein le nez, puis se repent chez les mormons, tombe amoureux d'une folle new age et se met à soigner des malades du sida. Mais on a dû penser que le message puritain passerait mieux dans l'Angleterre des années 1660, avec plein de beaux habits autour. (Cela dit, pour leurs fans respectifs, Hugh Grant est assez drôle dans un petit rôle pincé, et Meg Ryan devait sans doute viser, elle, l'Oscar des plus vils haillons.) Londres, en 1660. Cromwell est mort depuis deux ans et Charles II, rappelé de son exil, peut tranquillement s'installer sur le trône. Catholique, il restaure l'absolutisme et rétablit une vie culturelle et artistique dans l'Angleterre puritaine et étriquée. Une certaine dissolution des moeurs marque le début de son règne. Robert Merivel, un jeune médecin, guérit le chien du roi, ce qui lui attire sa faveur. Charles II l'anoblit, lui octroie une propriété et lui fait contracter un mariage avec sa propre maîtresse, Celia. Merivel et Celia s'installent dans un luxueux manoir, mais Robert commet l'erreur de tomber amoureux de sa toute fraîche épouse. Son amant attitré, courroucé, lui retire tous ses privilèges... | LE DON DU ROI, Michael Hoffman 1995, Robert Downey Jr, Sam Neill (thriller sentimental)@@@ (E) Angleterre, 1660. Le jeune médecin Robert Merivel entre au service du roi Charles II d'Angleterre suite à un concours de circonstances. Il s'adapte à sa nouvelle vie jusqu'au jour où le roi lui demande d'é ... |
![]() | LE HUITIEME JOUR Jacob Van Dormael 1996, Pascal Duquesne, Daniel AuteuilHarry est cadre supérieur. Il vit à un rythme accéléré et néglige sa vie personnelle. Séparé de son épouse, il lui arrive même d'oublier d'aller chercher ses filles à la gare. Une nuit, sur la route, il écrase le chien de Georges, un jeune trisomique fugueur. | LE HUITIEME JOUR Jacob Van Dormael 1996, Pascal Duquesne, Daniel Auteuil (E) Harry est cadre supérieur. Il vit à un rythme accéléré et néglige sa vie personnelle. Séparé de son épouse, il lui arrive même d'oublier d'aller chercher ses filles &agrav ... |
![]() | LE JAGUAR, Francis Veber 1996, Jean Reno, Patrick Bruel (aventure)@@François Perrin est un flambeur superficiel, séduisant, drôle, mais toujours au bord de l'escroquerie. Jean Campana est anthropologue, il accompagne Wanù, un Indien d'Amazonie, venu effectuer en Europe une tournée de sensibilisation au sort de sa forêt et de ses habitants. Tous les trois se retrouvent un soir dans l'ascenseur de l'Hôtel Crillon à Paris. C'est alors que la vie de Perrin bascule. TELERAMA Bruel et Reno remplacent Pierre Richard et Gérard Depardieu et campent un duo infernal. Sympathique. Coucou, les revoilà : Perrin et Campana, les frères ennemis de La Chèvre, forcés à cohabiter le temps d'un voyage exotique. Même canevas, mêmes noms, seuls les acteurs ont changé : Pierre Richard a cédé la place à Patrick Bruel (Perrin) et Jean Reno (Campana) remplace Gérard Depardieu. Depuis quinze ans, Francis Veber brode sur le même thème. Ceux qui lui reprochent d'exploiter un filon oublient que la confrontation de deux personnages antagonistes reste le meilleur ressort de la comédie. L'essentiel est que, de Chèvre en Compères, Veber sache varier les ingrédients. La nouveauté, ici, c'est le troisième comparse. Malin, Veber a senti le vent : l'Indien d'Amazonie est bien côté en bourse, surtout s'il se promène en pagne sur les Champs-Elysées. Voici donc Wanu, chaman respecté venu alerter l'opinion française de la destruction de la forêt tropicale. Dans l'ascenseur du Crillon, Wanu a le coup de foudre pour Perrin, petit don juan poursuivi par la mafia des jeux. Perrin accepte une providentielle mission et s'envole pour le Brésil, accompagné de devinez qui ? Campana, l'organisateur de la tournée de Wanu. Dès lors, tout roule : échanges aigres-doux, pugilats, marches forcées dans la jungle. Et même légère romance avec une superbe Indienne (forcément : l'actrice s'appelle Velasquez !). Dans ce troisième « after Chèvre », le duo Bruel-Reno est efficace. Le message écolo passe en douceur, sur fond de cartes postales luxuriantes. On peut sourire devant ces bons sauvages d'opérette, mais, en glissant dans son film quelques clins d'oeil à Tintin (Le Temple du soleil), Francis Veber donne le ton : Le Jaguar est une BD sympa, idéale pour les jeunes de 7 à, disons, 17 ans. SYNOPSIS Wanu, un Indien d'Amazonie, et son interprète, Campana, effectuent en France une campagne de sensibilisation sur la dégradation de la forêt amazonienne. Une panne subite d'ascenseur, à l'hôtel Crillon, met les deux hommes en présence d'un jeune flambeur, François Perrin. Wanu voit aussitôt en Perrin l'homme qu'il appelle "l'Elu", seul être au monde capable de le sauver d'une mort qu'il pense imminente. Perrin se moque éperdument de Wanu, jusqu'au moment où une bande de tueurs se mêle de la partie, lui réclamant de manière plus qu'insistante une somme exorbitante qu'il a perdue au jeu. Perrin accepte de suivre Campana en Amazonie, pensant échapper à ses poursuivants. Les relations entre les deux hommes sont tendues... | LE JAGUAR, Francis Veber 1996, Jean Reno, Patrick Bruel (aventure)@@ (E) François Perrin est un flambeur superficiel, séduisant, drôle, mais toujours au bord de l'escroquerie. Jean Campana est anthropologue, il accompagne Wanù, un Indien d'Amazonie, venu effectuer en Europe une tourn&e ... |
![]() | LE JOUR LE PLUS LONG, Darryl Zanuck 1962, John Wayne, Henri Fonda, Robert Mitchum (histoire guerre)@@@En 1944, les Alliés se préparent pour la grande offensive qu'ils ont prévue en Normandie et qui devrait définitivement débarrasser l'Europe du fléau nazi. Chaque état-major est en effervescence. Le général Eisenhower hésite quant à la date fixée, le 6 juin, en raison du mauvais temps. L'atterrissage des troupes aéroportées et le débarquement sur cinq plages en mer du Nord s'annoncent difficiles. TELERAMA En 1962 Le Jour le plus long marqua autant les esprits que le Soldat Ryan, de Steven Spielberg, sorti trente-six ans plus tard. Le projet, lancé par Darryl F. Zanuck, était faramineux : la production la plus chère, cinquante-sept stars internationales, six réalisateurs, Romain Gary au scénario, Maurice Jarre et Paul Anka à la musique, Bourvil et Mitchum au générique. Le succès fut phénoménal. Le débarquement (tourné en Corse !) et l’assaut de Sainte-Mère-Église, avec le parachutiste accroché au clocher, sont restés ancrés dans nos mémoires. Mais, en revoyant le film, on se laisse aussi prendre par le réalisme des scènes de caserne, par les moments intimistes (même si la partie française est la moins convaincante) et par le suspense de la tactique militaire. Aujourd’hui, Le Jour le plus long, avec ses nombreuses intrigues parallèles, serait décliné en série télé sur plusieurs saisons… | LE JOUR LE PLUS LONG, Darryl Zanuck 1962, John Wayne, Henri Fonda, Robert Mitchum (histoire guerre)@@@ (E) En 1944, les Alliés se préparent pour la grande offensive qu'ils ont prévue en Normandie et qui devrait définitivement débarrasser l'Europe du fléau nazi. Chaque état-major est en effervescen ... |
![]() | LE MEPRIS, Jean-Luc Godard 1963, Brigitte Bardot, Michel Piccoli (drame sentimental)@@@Camille aime son mari, Paul, écrivain qui vit à Rome. Jérémy Prokosch, producteur américain, demande à Paul de remanier le scénario d'un film que Fritz Lang tourne en Italie. Et, subitement, sans raisons flagrantes, mais qui peuvent se deviner, Camille s'aperçoit qu'elle n'aime plus son mari, plus exactement, qu'elle le méprise. TELERAMA Crise conjugale et mise en abyme au soleil de Capri. Inspirée par un roman d’Alberto Moravia, c’est la double histoire d’un film qui se fait et d’un couple qui se défait. Paul est marié à Camille. Subitement, Camille le méprise, sans donner d’explication. Pendant qu’un producteur exubérant, tournicote autour de sa femme, Paul se plonge dans le travail : le tournage d’une nouvelle version de L’Odyssée… Godard aurait pu baptiser son film La Nuit américaine, dix ans avant Truffaut. D’abord parce qu’il précède son confrère dans la dissection du cinéma, un monde parallèle tenté d’en envahir un autre, jaloux et jalousé : la vie. Et surtout parce qu’il affirme que le cœur des hommes peut s’assombrir en plein soleil, comme on peut filmer la nuit en plein jour. Godard contemple le déclin du cinéma et de l’amour, irrémédiablement liés. Une scène mêle à merveille ces chutes abyssales : Prokosch attire Camille vers une minuscule fenêtre, qui ouvre sur la mer, réduite à quelques centimètres carrés. Inconsciemment, le producteur balourd signe l’arrêt de mort du cinéma, remplacé par la télévision, et celui de l’amour de Camille pour son mari, remplacé par le fourvoiement infidèle. Pourtant, jamais ne pointe l’amertume. Godard est un désespéré optimiste. La magie de ses images, bercées par les plus beaux échos de violon que Delerue ait composés, prouve qu’il ne croit pas à la mort du septième art. Godard a beau cacher ironiquement le visage de B.B. derrière des branchages alors qu’elle lit un ouvrage d’art, son sens du cadrage atteste combien il sut saisir les vertus rayonnantes de l’actrice. Déesse vivante, filmée au côté de statues de l’Antiquité, elle offre son rôle le plus envoûtant, le plus énigmatique. | LE MEPRIS, Jean-Luc Godard 1963, Brigitte Bardot, Michel Piccoli (drame sentimental)@@@ (E) Camille aime son mari, Paul, écrivain qui vit à Rome. Jérémy Prokosch, producteur américain, demande à Paul de remanier le scénario d'un film que Fritz Lang tourne en Italie. Et, subitement, ... |
![]() | LE PACHA, Georges Lautner 1968, Jean Gabin, Dany Carrel, Serge Gainsbourg (thriller)@@Le commissaire Joss dit "Le Pacha" voit approcher le temps de la retraite. Mais il est douloureusement affecté par la mort de son collègue Gouvion, survenue au cours d'un vol à main armée. Gouvion n'était d'ailleurs pas un saint, mais Joss est décidé à finir sa carrière par un coup d'éclat contre les truands. TELERAMA “Le jour où on mettra les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner”. Un Lautner qui se réécoute bien (merci Michel Audiard), sans plus. On ne compte plus les rediffusions de ce polar médiocre, lié à la tradition de la série noire française, ce qui n’était pas la tasse de thé de Lautner. D’accord, il y a Jean Gabin en vedette, mais ce n’est pas son meilleur rôle, même avec les dialogues d’Audiard. A part cela, la façon dont est abordé le problème de l’insécurité date. Un fourgon transportant des diamants est intercepté par Quinquin. Celui-ci se débarrasse de ses complices, afin de ne pas partager le butin. La mort bizarre de l’inspecteur Gouvion incite le commissaire Joss à rechercher comment a été tué son collègue et ami. Par amour pour Nathalie, Gouvion avait eu des relations dans le milieu et s’était laissé corrompre. Joss décide de le venger... | LE PACHA, Georges Lautner 1968, Jean Gabin, Dany Carrel, Serge Gainsbourg (thriller)@@ (E) Le commissaire Joss dit "Le Pacha" voit approcher le temps de la retraite. Mais il est douloureusement affecté par la mort de son collègue Gouvion, survenue au cours d'un vol à main armée. Gouvion n'&ea ... |
![]() | LE PETIT MONDE DE DON CAMILLO, Julien Duvivier 1952, Fernandel, Gino Servi (comique)@@@À Brescello, petite ville italienne du territoire de la Bassa padana, dans la plaine du Pô, la rivalité est permanente entre Peppone, le maire communiste qui vient de triompher aux élections, et don Camillo, le curé de choc qui parle quotidiennement au Christ du maître-autel de son église. Dirigeant deux clans de choc, les deux hommes, bien que rivaux, restent malgré tout amis depuis la guerre. C'est d'ailleurs souvent qu'ils unissent leurs efforts pour le bien de la commune, ne serait-ce que pour fiancer les Roméo et Juliette locaux, dont les deux familles, l'une de pauvres paysans communistes et l'autre de riches propriétaires cléricaux, se détestent. Lorsque le départ du turbulent curé est annoncé, envoyé dans une cure de montagne en punition de sa violence, les « rouges » viennent le saluer et Peppone ne lui cache pas qu'ils espèrent son prochain retour. | LE PETIT MONDE DE DON CAMILLO, Julien Duvivier 1952, Fernandel, Gino Servi (comique)@@@ (E) À Brescello, petite ville italienne du territoire de la Bassa padana, dans la plaine du Pô, la rivalité est permanente entre Peppone, le maire communiste qui vient de triompher aux élections, et don Camillo, le cu ... |
![]() | LE PIGEON, Mario Monicelli 1958, Vittorio Gassman, Marcello Mastroiani, Renato Salvatori, Claudia Cardinale (societe)@@@A cause d'un vol de voiture minable, Cosimo doit à nouveau passer par la case prison. Histoire de se tirer de ce mauvais pas, le truand est prêt à payer un pigeon, qui s'accusera à sa place. Les copains de Cosimo cherchent et trouvent Peppe. Blanchi par la police qui ne croit pas à sa culpabilité, Peppe va reprendre à son compte un gros coup que préparait Cosimo : cambrioler le Mont-de-Piété. TELERAMA Peppe, ancien boxeur, organise le casse d’un mont-de-piété avec Tiberio, photographe au chômage, Mario, petit receleur, Michele le Sicilien et Capannelle, ancien jockey. Dante, cambrioleur à la retraite, leur sert de conseiller technique… Clowns magnifiques et piteux, ces personnages se débattent frénétiquement dans la misère d’une Italie en ruine. Ils organisent un échec flamboyant, comme on se crée des lettres de noblesse. Leur maladresse touche au grandiose. Le réalisateur évoque tout un petit peuple démuni et bourdonnant. Moins cruelle qu’Il bidone ou I vitelloni, satires réalisées par Federico Fellini quelques années auparavant, la farce dénonce avec un humour tendre et corrosif la marginalité qu’entraîne le chômage. Lorsque Peppe tente de se faire embaucher sur un chantier, un de ses compères le menace : « Ils te feront travailler, tu sais… » Génie de la dérision, Mario Monicelli revisite les grands thèmes néoréalistes sur le ton d’une extraordinaire comédie, servie par des comédiens exceptionnels. Cosimo, un petit caïd de banlieue, est en prison pour un minable vol de voiture. Il obtient de Peppe, un boxeur raté, qu'il s'accuse à sa place, moyennant une juste rétribution. La police ne croit pas à la culpabilité de Peppe et le relâche bientôt. Cosimo, toutefois, a le temps de lui confier son projet : rien moins que le cambriolage d'un mont-de-piété. Peppe décide de reprendre l'opération à son compte et s'entoure d'une bande d'épaves désenchantées, dont Mario, un petit receleur, Tiberio, un photographe au chômage, et Michel, un ombrageux Sicilien... Avec sa bande de pieds nickelés engagés dans un casse improbable, Monicelli signe en 1958 “un film fondamental dans une époque charnière”, selon l’historien spécialiste du cinéma Jean A. Gili. Une œuvre entre farce et tragédie, A-t-on raison de faire du Pigeon le film matriciel de la comédie à l’italienne ? D’ailleurs, doit-on dire comédie italienne ou comédie à l’italienne ? Ce dernier point se discute. Si l’on enlève le caractère vaguement péjoratif que l’on accole à « comédie à l’italienne », cette dénomination est juste. Il y a une spécificité de la comédie à l’italienne. Et il y a une origine : 1945, la fin de la guerre et du fascisme, le retour à plus de liberté pour les cinéastes, malgré une censure encore forte, et l’apparition du mouvement néoréaliste avec des films comme Rome, ville ouverte, Le Voleur de bicyclette, La Terre tremble et Riz amer. Dans ce sillage existent déjà des comédies graves dont Vivre en paix et L’Honorable Angelina, de Luigi Zampa, tous deux réalisés en 1947. Assez vite, les drames purs s’épuisant, les comédies vont récupérer l’héritage du néoréalisme, avec sa précision topographique et sociale. Le Pigeon, réalisé en 1958, s’inscrit dans cette continuité mais il fixe les choses de manière plus claire. Mario Monicelli disait qu’il mélangeait la farce et la tragédie. Les personnages du Pigeon sont de pauvres diables qui se lancent dans une entreprise outrepassant leurs capacités et qui va mal tourner. Tout l’art des auteurs, et non des moindres puisqu’il s’agit d’Age et Scarpelli et de Suso Cecchi D’Amico, scénariste de Luchino Visconti, est de faire de cette histoire dramatique une comédie. L’originalité est d’avoir mêlé l’emblème de la comédie italienne, Totò, aux acteurs de la nouvelle génération : Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Renato Salvatori, Claudia Cardinale. Monicelli ne s’interdit rien : il plonge ses personnages naturellement drôles dans des scènes tragiques, comme lorsque l’un des protagonistes meurt, écrasé par un tramway. Le choix des décors naturels est aussi significatif. Le chef opérateur Gianni Di Venanzo filme, dans un superbe noir et blanc, une Rome pauvre, périphérique, avec des chantiers de construction, qui témoignent du boom immobilier. Mais l’humour est présent jusqu’à la fin, avec l’erreur de percement d’une cuisine et non d’un coffre-fort qui aboutit à la dégustation de nouilles aux pois chiches. Le Pigeon est un film fondamental dans une époque charnière. Peu après, Monicelli réalisera deux œuvres encore plus radicales par leur mélange des genres : La Grande Guerre (1959) et Les Camarades (1963). Ce que l’on ressent, à travers l’exigence de Monicelli, c’est l’absence de mépris envers la comédie en tant que telle… Oui ! L’équipe technique du Pigeon en témoigne : le chef décorateur a travaillé pour Fellini, le compositeur fait une remarquable partition imprégnée de jazz. Il y a, au fond, une grande porosité dans le cinéma italien de l’époque. Pour ces artistes, il n’y a pas de série A ou de série B qui vaille… Acteurs emblématiques de la comédie à l’italienne, Alberto Sordi, Vittorio Gassman, Nino Manfredi, Ugo Tognazzi et Marcello Mastroianni étaient-ils interchangeables ou se voyaient-ils attribuer des rôles spécifiques ? A priori, ils étaient des caméléons qui pouvaient tenir tous les rôles. Cela dit, ils avaient des spécificités. La plus évidente les ramenait à leurs origines géographiques et dialectales. Manfredi et Mastroianni étaient des méridionaux ; Tognazzi, un homme du nord de l’Italie ; Gassman, un Génois devenu romain mais interprétant, parfois, un Italien du Nord. Le plus facile à définir, c’était Sordi, incarnation du Romain arriviste et débrouillard. Gassman occupait davantage le registre du hâbleur, matamore. Mastroianni débordait du cadre. Son personnage élégant, opaque, pouvait l’entraîner loin de la comédie. Très peu d’actrices ont illustré le genre. Pourquoi ? Les auteurs eux-mêmes l’on dit : c’était un genre d’hommes, avec des situations écrites pour des hommes. Les scénaristes ne se posaient pas, alors, la question de la parité. Dino Risi, dans sa série des Pauvres mais beaux (1956), a peut-être accordé un peu plus de place aux femmes. Mais la seule à s’être imposée dans ce registre, c’est Monica Vitti, après sa période Antonioni. Drame de la jalousie, d’Ettore Scola (1970), a marqué pour elle un tournant décisif. Les Nouveaux Monstres, en 1977, est-il, comme on l’a écrit, le bouquet final de la comédie à l’italienne ? Là encore il s’agit d’une borne pratique, parce que ce film réunit Sordi, Gassman, Tognazzi, qu’il est réalisé par Monicelli, Risi, Scola, et que le dernier sketch raconte l’enterrement d’un comédien. En même temps, il correspond à la fin d’une époque et d’une conjonction extraordinaire de talents. C’est ce qui a fait la force des comédies italiennes : la réunion miraculeuse de bons cinéastes, scénaristes et acteurs. De ce point de vue, Les Nouveaux Monstres est bien un chant du cygne… | LE PIGEON, Mario Monicelli 1958, Vittorio Gassman, Marcello Mastroiani, Renato Salvatori, Claudia Cardinale (societe)@@@ (E) A cause d'un vol de voiture minable, Cosimo doit à nouveau passer par la case prison. Histoire de se tirer de ce mauvais pas, le truand est prêt à payer un pigeon, qui s'accusera à sa place. Les copains de Cosimo ... |
![]() | LE PLAISIR, Max Ophuls 1952, Jean Gabin, Pierre Brasseur, Madeleine Renaud, Daniele Darrieux (sentimental)@@.Le Masque : La soirée étant bien entamée, la fête au Palais de la danse bat son plein. Un homme portant un masque fait irruption parmi les danseurs. Moins agile, moins vif que les autres danseurs, il s'écroule. Un médecin vient à son chevet, le ramène chez lui, où sa femme l'attend, et lui ôte son masque ... La Maison Tellier : Dans le salon Jupiter de la « maison » la plus courue de la ville, Julia Tellier règne parmi ses gracieuses pensionnaires : Mme Rosa, Mme Flora dite « Balançoire », Mme Raphaële, Mme Fernande, Mme Louise dite « Cocote ». Mais un soir les habitués, dépités, trouvent porte close. C'est que Madame et ses pensionnaires sont parties pour un village voisin de Normandie assister à la première communion de Constance, la fille de Joseph Rivet, le frère de Madame. Ces dames font sensation au village où tout le monde ignore la profession de Julia ... Le Modèle : Un jeune peintre séduit une jeune fille et la prend comme modèle. Ils emménagent d'abord heureux d'être ensemble puis le couple commence à se disputer. Lassé, il ignore ses menaces de désespérée. Elle se défenestre. On les voit à la fin, lui poussant son fauteuil roulant sur une plage. Le malheur les a soudés à jamais. Le film se termine avec l'énigmatique réplique « le bonheur n'est pas gai ». | LE PLAISIR, Max Ophuls 1952, Jean Gabin, Pierre Brasseur, Madeleine Renaud, Daniele Darrieux (sentimental)@@. (E) Le Masque : La soirée étant bien entamée, la fête au Palais de la danse bat son plein. Un homme portant un masque fait irruption parmi les danseurs. Moins agile, moins vif que les autres danseurs, il s'écro ... |
![]() | LE PRESIDENT, Henri Verneuil 1960, Jean Gabin, Bernard Blier (thriller histoire)@@Émile Beaufort est un président du Conseil à la retraite, qui vit désormais loin de la vie politique française, dans sa grande propriété à la campagne. À l'occasion d'une importante crise ministérielle, Beaufort entend à la radio que son ancien directeur de cabinet, est pressenti pour prendre la tête du gouvernement. Perturbé par cette annonce, il se remémore alors sa collaboration avec ce politicien lié aux puissances d'argent qui finira par le trahir. TELERAMA Un ancien président du Conseil donne des leçons d’honneur national à des politiciens arrivistes. Le sacre de Gabin dans un film ronflant mais sympathique. Les années 1960 n’étaient pas encore yéyé quand Henri Verneuil a tourné cette adaptation d’un Simenon qui évoquait les mœurs parlementaires de la IIIᵉ République. Les dialogues sont signés par Michel Audiard, mais les traits d’humour sont comptés dans ce portrait d’un ancien président du Conseil, Émile Beaufort (Jean Gabin), devenu le seul rempart à l’arrivisme de son ancien directeur de cabinet (Bernard Blier) et du monde de la finance dont il est la marionnette. Beaufort, lui, se définit comme « un mélange d’anarchiste et de conservateur, dans des proportions qui restent à déterminer ». Il est l’indépendance, la morale, la justice, la force, l’Européen éclairé. Verneuil a taillé dans le marbre ce personnage fait pour donner à Gabin une stature de monument national. Régnant en véritable empereur sur une Assemblée où fourmillent les petits calculateurs, il marche ici dans les pas de Clemenceau et entre dans l’Histoire. Un sacre un peu ronflant mais bien mérité et évidemment sympathique. Même si sa suprématie apparaît aussi comme celle des hommes dans une France où les femmes sont des potiches. Et qui sent aujourd’hui le renfermé. | LE PRESIDENT, Henri Verneuil 1960, Jean Gabin, Bernard Blier (thriller histoire)@@ (E) Émile Beaufort est un président du Conseil à la retraite, qui vit désormais loin de la vie politique française, dans sa grande propriété à la campagne. À l'occasion d'une import ... |
![]() | LE PROCES, Orson Welles 1962, Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider (histoire)@@@Joseph K. est un petit fonctionnaire anodin. Vaniteux et sûr de son bon droit, il poursuit une existence toute tracée dans un service où il a de bons espoirs de promotion. Un matin, cette tranquillité vire au cauchemar : des individus pénètrent dans sa chambre, lui posent des questions, le harcèlent. TELERAMA Pas sûr que Kafka aurait aimé. Orson Welles devait le savoir et s’en fichait, malgré sa sincère admiration pour l’auteur tchèque. Mis à part le début, assez conforme à l’absurde kafkaïen angoissant, où Joseph K. est tiré de son lit par deux individus sardoniques qui l’interrogent, le film s’éloigne du livre par sa démesure baroque. Welles en fait surtout une fantasmagorie où il peut déployer son catalogue de morceaux de bravoure. Grâce à un producteur français qui l’a extirpé de son pétrin (départ forcé de Hollywood, films amputés…) et au décor de la gare d’Orsay (alors désaffectée, avant qu’elle ne devienne musée), l’ogre maudit exploite à merveille poutrelles, escaliers, halls, verrière, pour en faire le théâtre labyrinthique, mental et physique, d’une persécution hétérogène. Où Joseph K. n’est pas l’unique victime du pouvoir tentaculaire — il croise une foule hagarde de déportés et d’autres accusés qui rappellent les bêtes noires du maccarthysme. Mais il semble le seul qui essaie de comprendre, en étant lui-même poursuivi par un sentiment de culpabilité. Parmi les séquences marquantes : les montagnes de dossiers et de paperasse qui envahissent les galeries, l’armée de sténodactylos tapant sur leurs claviers dans un espace digne d’une cathédrale, la horde de gamins en furie qui talonnent Joseph K. On est à la limite d’un certain pompiérisme, parfois. Difficile néanmoins de ne pas être ébloui par les effets visuels, les jeux d’ombre et de lumière, l’orchestration démente des déplacements. À noter, la présence frénétique de Romy Schneider, formidable en jeune femme tentatrice. Quant à Anthony Perkins, à peine sorti de Psychose, il donne à l’affolement de multiples facettes. | LE PROCES, Orson Welles 1962, Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider (histoire)@@@ (E) Joseph K. est un petit fonctionnaire anodin. Vaniteux et sûr de son bon droit, il poursuit une existence toute tracée dans un service où il a de bons espoirs de promotion. Un matin, cette tranquillité vire au cauc ... |
![]() | LE RIDEAU DECHIRE, Alfred Hitchcock 1966, Paul Newman, Julie Andrew (thriller)@@À l'occasion d'un congrès à Copenhague, Michael Armstrong, un savant atomiste américain, annonce brusquement son intention de se rendre à Stockholm. TELERAMA Un savant américain (Paul Newman) se rend à Berlin et passe à l’Est ; il mène en fait double jeu… Un Hitchcock très méprisé à sa sortie, à tort, car on y trouve des moments superbes. Le film fut très méprisé (à tort) à sa sortie, sans doute parce que Julie Andrews et Paul Newman forment un couple très « frigide ». Au début, c’est logique. Mais il devrait s’embraser, ce couple, au fur et à mesure des épreuves qu’il traverse, comme ceux des Trente-Neuf Marches ou des Enchaînés. Or non : aucune complicité ne semble lier les héros. Restent des moments superbes. À commencer par le meurtre du méchant (coups de pelle et tête dans un four à gaz), où Hitchcock montre qu’il n’est pas toujours facile de tuer un homme. Il y a aussi la fuite des héros dans un faux autobus, lentement rattrapé par le vrai. La scène de la poste avec Lila Kedrova, inquiétante et blessée. Sans oublier — magistrale leçon de suspense — le long moment où un savant qui ressemble à Tryphon Tournesol révèle, sans le vouloir, à Paul Newman, la formule secrète qu’il était venu chercher à Berlin-Est. C’est sans nul doute le dernier grand film de Hitchcock. | LE RIDEAU DECHIRE, Alfred Hitchcock 1966, Paul Newman, Julie Andrew (thriller)@@ (E) À l'occasion d'un congrès à Copenhague, Michael Armstrong, un savant atomiste américain, annonce brusquement son intention de se rendre à Stockholm. TELERAMA Un savant américain (Paul N ... |
![]() | LE TAMBOUR, Volker Schlöndorff 1979, David Bennent, Angela Winkler, Mario Adorf (guerre)@@@En 1899, dans un champ de pommes de terre près de Dantzig (Gdansk), un fuyard se cache sous les jupes d'une paysanne kachoube. C'est ainsi qu'Anna Bronski conçoit sa fille Agnès, qui, à son tour, le 12 septembre 1924, met au monde le petit Oscar. TELERAMA Dantzig, 1924. Seule la promesse de recevoir un tambour le jour de son troisième anniversaire convainc le nouveau-né Oskar de ne pas retourner dans le ventre de sa mère ! Trois ans plus tard, l’enfant décide de ne plus grandir. Pendant ce temps, l’Histoire poursuit sa triste sarabande et le parti nazi menace… Avec son petit tambour dont il ne se sépare jamais, Oskar sème partout la zizanie. Et grâce à sa voix stridente, il brise tout ce qui l’ennuie : paire de lunettes de son institutrice, pendule du salon familial, vitres du quartier. Avec cette adaptation du roman de Günter Grass, Volker Schlöndorff ne se contente pas de multiplier les dérivations fantaisistes, il bâtit une fable métaphorique qui radiographie trente années de l’histoire allemande. Le film convainc quand il s’intéresse exclusivement à Oskar et à sa perception du monde. Mais il se révèle lourdement démonstratif dans la peinture allégorique des événements politiques. La mise en scène peine à relever les délirantes promesses du scénario. Le Tambour avait tout pour être un chef-d’œuvre, il se révèle seulement passionnant par intermittence. | LE TAMBOUR, Volker Schlöndorff 1979, David Bennent, Angela Winkler, Mario Adorf (guerre)@@@ (E) En 1899, dans un champ de pommes de terre près de Dantzig (Gdansk), un fuyard se cache sous les jupes d'une paysanne kachoube. C'est ainsi qu'Anna Bronski conçoit sa fille Agnès, qui, à son tour, le 12 septe ... |
![]() | LES AFFRANCHIS, Martin Scorsese 1990, Ray Liotta, Robert de Niro, Joe Pesci (thriller)@@Dans les années 1950, à Brooklyn, le jeune Henry Hill a l'occasion de réaliser son rêve : devenir gangster lorsqu'un caïd local l'intègre à son équipe. C'est alors qu'il rencontre James et Tommy, 2 truands d'une rare brutalité. Impressionné, Henry s'associe avec eux pour débuter un trafic très lucratif. Lorsqu'il séduit la ravissante Karen, le jeune mafieux s'imagine que plus rien ni personne ne pourra jamais lui résister. TELERAMA Brooklyn, dans les années 50. Depuis l'enfance, le jeune Henry Hill rêve de devenir gangster. A 16 ans, il se met en selle auprès de Paul Cicero, un caïd local, et commet ses premiers délits. Arrêté et interrogé, il refuse de parler et gagne ainsi le respect du milieu. A sa sortie de prison, il fait la connaissance de James Conway et de Tommy DeVito, deux truands d'une extrême violence, et se lance avec eux dans des trafics de grande envergure. Karen, une jeune bourgeoise qu'il courtise et finit par épouser, ne devine sa profession qu'après être passée devant l'officier d'état-civil. Grisé par le succès, Henry multiplie les coups les plus audacieux... | LES AFFRANCHIS, Martin Scorsese 1990, Ray Liotta, Robert de Niro, Joe Pesci (thriller)@@ (E) Dans les années 1950, à Brooklyn, le jeune Henry Hill a l'occasion de réaliser son rêve : devenir gangster lorsqu'un caïd local l'intègre à son équipe. C'est alors qu'il rencontre James e ... |
![]() | LES BICHES, Claude Chabrol 1968, Jean-Louis Trintignant, Stéphane Audran (drame sentimental)@@Paris. Une jeune fille, plaisante à regarder, dessine sur le sol des biches. Une femme belle et altière la remarque. S'approche d'elle, lie conversation, la questionne. La jeune fille s'appelle Why, son interlocutrice Frédérique. TELERAMA Une bourgeoise entraîne une jeune femme démunie dans sa villa de Saint-Tropez. Chabrol cisèle une vision noire, féroce, mais aussi absurde de la nature humaine. Frédérique, bourgeoise oisive, « achète » sur le pont des Arts, à Paris, une jeune bohème sans le sou. Peu après, elle l’entraîne dans sa grande villa de Saint-Trop’ squattée par deux zigotos snobinards. Les deux femmes passent un temps à s’aimer. L’arrivée de Paul, un architecte, rompt l’harmonie. Cette histoire bizarre louvoie entre satire, conte cruel et drame. On est séduit par son rythme lascif et sa tension souterraine, sans jamais savoir avec certitude ce que cache ce marivaudage feutré. Critique acerbe des rapports de classes ? Relecture ironique de Vertigo, de Hitchcock ? Radiographie d’un dérèglement mental ? Mystère. C’est une vision noire, féroce mais aussi absurde de la nature humaine que Chabrol cisèle, en orfèvre amoureux de Fritz Lang. Épure et peinture impavide, le film montre une lutte sans merci entre des êtres égoïstes, uniquement animés par le désir de dominer, de jouir, d’acheter. Un ballet sadique et voyeuriste qui n’épargne personne, pas même le spectateur, confronté à ses propres pulsions et frustrations. Actrice fétiche du cinéaste, Stéphane Audran y est resplendissante de langueur enjôleuse à côté de Trintignant, étrange hommeobjet. Un film de Chabrol à redécouvrir. | LES BICHES, Claude Chabrol 1968, Jean-Louis Trintignant, Stéphane Audran (drame sentimental)@@ (E) Paris. Une jeune fille, plaisante à regarder, dessine sur le sol des biches. Une femme belle et altière la remarque. S'approche d'elle, lie conversation, la questionne. La jeune fille s'appelle Why, son interlocutrice Fr&eacut ... |
![]() | LES COPAINS D ABORD (The big Chill), Lawrence Kasdan 1983, Tom Berenger, Glenn Close (societe)@Un groupe d'amis qui a vécu la contestation étudiante de la fin des années 60 se retrouve après une quinzaine d'années pour l'enterrement de l'un des leurs qui s'est suicidé. Ils décident de rester ensemble une fin de semaine, profitant de TELERAMA D'abord, oublier le titre français, qui n'a rien à voir avec l'ambiance du film. The Big Chill (« le grand frisson ») est, certes, un film de groupe, mais tendrement pessimiste : une satire mélancolique sur l'érosion des idéaux d'une génération. Dans les années 60, ils étaient huit copains d'université. Ils avaient les mêmes révoltes, les mêmes espoirs. Aujourd'hui, Alex, l'un d'entre eux, vient de se suicider. Ils se retrouvent tous à son enterrement, après des années de séparation. Le temps d'un week-end passé auprès de la compagne d'Alex, en se blottissant dans la chaleur du souvenir, leur amitié va renaître... Aux abords de la quarantaine, tous les personnages se sont assagis et vont, pendant quelques jours, se dépouiller de leur masque social. Lawrence Kasdan évite intelligemment le procédé du retour en arrière : sa mise en scène est d'une fluidité parfaite, et l'on sent entre les comédiens (un vrai palmarès) une chaleureuse connivence. Un portrait de groupe particulièrement juste, nostalgique et attachant. | LES COPAINS D ABORD (The big Chill), Lawrence Kasdan 1983, Tom Berenger, Glenn Close (societe)@ (E) Un groupe d'amis qui a vécu la contestation étudiante de la fin des années 60 se retrouve après une quinzaine d'années pour l'enterrement de l'un des leurs qui s'est suicidé. Ils décident de ... |
![]() | LES DIAMANTS SONT ETERNELS, Guy Hamilton 1971, Sean Connery (James Bond)(aventure)@TELERAMA Ce n'est pas le meilleur opus de la série culte, mais il est tout de même recommandable. On y retrouve Sean Connery (qui a pris un peu d'embonpoint depuis On ne vit que deux fois), la meilleure incarnation de James Bond. Dans cette septième aventure, qui nous conduit notamment à Amsterdam et à Las Vegas, l'agent flegmatique et séducteur 007 imite Spider-Man en haut d'un building, survit au four crématoire, file en bolide rouge aussi bien qu'en tracteur lunaire, s'échappe d'un pipeline enseveli en plein désert... La « sainte trinité » - action, sexe et luxe de haute technologie - est globalement respectée, même si la quantité de gadgets et de pin-up langoureuses paraît moindre qu'ailleurs. On savoure le couple patibulaire de tueurs curieusement attifés, le décor délirant des baraques. Quant à James Bond, son style, par excellence moderne, ne souffre d'aucun signe de vieillissement... | LES DIAMANTS SONT ETERNELS, Guy Hamilton 1971, Sean Connery (James Bond)(aventure)@ (E) TELERAMA Ce n'est pas le meilleur opus de la série culte, mais il est tout de même recommandable. On y retrouve Sean Connery (qui a pris un peu d'embonpoint depuis On ne vit que deux fois), la meilleure incarnation de James ... |
![]() | LES FILLES DU DOCTEUR MARCH, Greta Gerwig 1995, Thimothee Chalamet Meryl Streep, Emma Watson, Louis Garrel (saga)@@Massachusetts, pendant la Guerre de Sécession. Filles du docteur March, parti au front, Jo, Meg, Amy et Beth tentent de trouver leur place. Jo aspire à devenir écrivain, au grand désespoir de sa très riche tante qui voudrait la voir mariée. Amy, de son côté, ambitionne d'être une peintre reconnue. Meg, qui se verrait bien actrice, se conforme davantage à ce qu'on attend d'elle et est sur le point de convoler. Beth, la cadette, a une santé fragile. Très proche d'elle, Jo l'est également de Laurie, un voisin qui finit par lui demander de l'épouser. Elle refuse d'épouser le jeune homme, qui n'est qu'un ami, et compte bien réaliser ses rêves... TELERAMA La réalisatrice signe une adaptation sage, qui vaut surtout par le brio des acteurs, Saoirse Ronan et Timothée Chalamet en tête. Qu’une major du cinéma américain produise aujourd’hui ce remake des Quatre Filles du docteur March (déjà adapté trois fois) suggère une féminisation possible de Hollywood : non seulement il s’agit d’héroïnes, mais la réalisation revient, cette fois, à une femme. D’un autre côté, difficile de prêter à cette histoire (publiée à partir de 1868 par Louisa May Alcott) une grande modernité. Les filles y restent dans l’attente plus ou moins avouée du prince charmant (pour trois sœurs sur quatre), et la mère, dans l’attente du père, parti au loin, là où le devoir l’appelle… Bien avant de devenir la puissante réalisatrice de Barbie, Greta Gerwig fut l’égérie gracieuse et gauche d’un renouveau du cinéma indépendant new-yorkais. Elle a ensuite réussi, en passant derrière la caméra, le portrait sensible d’une ado en révolte — Lady Bird (2017). Ici, avec ce récit suranné, elle en reste à un sage classicisme dans sa mise en scène. Son apport, son dépoussiérage tiennent tout entiers à sa direction d’acteurs. Meryl Streep joue de bon cœur la vieille tante féroce. Laura Dern (la mère) semble s’étonner de savoir si bien incarner la bonté inconditionnelle. Une génération en dessous, Emma Watson (Meg) et Florence Pugh (Amy) excellent. Mais rien n’égale les prestations habitées de Timothée Chalamet (le prince charmant) et de Saoirse Ronan (Jo, la fille écrivaine). Lui demeure à la hauteur romantique de ses grands rôles dans Call Me by Your Name et Un jour de pluie à New York. Elle, intense, parvient à troubler la joliesse ambiante, comme si son personnage, le plus émancipé de la famille, lui conférait une responsabilité supérieure. PSIS | LES FILLES DU DOCTEUR MARCH, Greta Gerwig 1995, Thimothee Chalamet Meryl Streep, Emma Watson, Louis Garrel (saga)@@ (E) Massachusetts, pendant la Guerre de Sécession. Filles du docteur March, parti au front, Jo, Meg, Amy et Beth tentent de trouver leur place. Jo aspire à devenir écrivain, au grand désespoir de sa très riche ... |
![]() | LES FUGITIFS, Francis Veber 1986, Gerard Depardieu, Pierre Richard (comique)@@François Pignon, un chômeur déprimé, tente de braquer une banque. Dans son affolement, il prend en otage Jean Lucas, un ancien repris de justice sortant tout juste de prison avec la ferme volonté de rester honnête. Ils sont obligés de partir ensemble en cavale. Cependant, leur fuite est gênée par la présence de Jeanne, la fille de Pignon, muette depuis la mort de sa mère. Peu à peu, celle-ci se prend d'affection pour Lucas et se remet à parler. TELERAMA Prenez un baroudeur baraqué, bourru, voire irascible. Ajoutez un hurluberlu gaffeur, sentimental et fragile. Répandez généreusement poudre hilarante, gags et catastrophes en tout genre. Laissez le tout mariner une heure et demie, et dégustez. Francis Veber applique toujours la même savoureuse recette comique. Mais il mélange ici Pierre Richard et Gérard Depardieu, ses ingrédients favoris, avec une maestria spéciale. Un comique visuel plus épicé que dans Les Compères (goûtez particulièrement la scène du braquage et celle de la rencontre avec Jean Carmet, vétérinaire à la vue basse), un parfum plus tendre et plus subtil : Pierre Richard, avec son personnage dérisoire échappé d’une chanson réaliste, a rarement été aussi attendrissant. | LES FUGITIFS, Francis Veber 1986, Gerard Depardieu, Pierre Richard (comique)@@ (E) François Pignon, un chômeur déprimé, tente de braquer une banque. Dans son affolement, il prend en otage Jean Lucas, un ancien repris de justice sortant tout juste de prison avec la ferme volonté de rester ... |
![]() | LES GOONIES, Richard Donner 1985, Sean Astin, Josh BrolinAlors que leurs maisons du quartier des Goon Docks vont être prochainement saisies et qu'ils passent leurs derniers jours ensemble, quatre adolescents, Mickey, Brand, Mouth et Data, découvrent dans un grenier une carte dessinée par le célèbre pirate Willy-le-Borgne. TELERAMA La plus eighties des chasses au trésor ! Le film s’essouffle de temps en temps, mais de bonnes idées scotcheront encore les enfants devant leur écran. Il y avait une vie pour le cinéma d'aventures avant la 3D et les images de synthèse ! La preuve avec ce petit film très connoté années 1980 par la coupe de cheveux de ses interprètes et leur veste à épaulettes. Les Goonies occupe une bonne place dans le genre « film de copains », entre Stand by me et le plus récent Super 8. Il faut dire qu'il a été bricolé par des vieux briscards du cinéma familial : Richard Donner (Superman), Chris Columbus (Harry Potter) et Steven Spielberg. Dans une petite ville paisible de l'Ouest, comme les aime tant le réalisateur d'E.T., des ados casse-cou partent à la recherche d'un trésor. Même si le film s'essouffle de temps en temps, quelques bonnes idées (le « monstre » sympathique, le bateau pirate échoué dans une grotte...) scotcheront encore les enfants d'aujourd'hui devant leur écran, le seau de pop-corn XXL sur les genoux. | LES GOONIES, Richard Donner 1985, Sean Astin, Josh Brolin (E) Alors que leurs maisons du quartier des Goon Docks vont être prochainement saisies et qu'ils passent leurs derniers jours ensemble, quatre adolescents, Mickey, Brand, Mouth et Data, découvrent dans un grenier une carte dessin&e ... |
![]() | LES GRANDS ESPACES, William Wyler 1958, Gregory Peck, James McKay, Jean Simmons (western)@@James McKay, ancien marin, vient de quitter Baltimore pour se rendre dans un village des prairies du Middle West. Là, il doit épouser Patricia, la fille du major Terrill, l'arrogant propriétaire d'un vaste ranch. À son arrivée dans le bourg, McKay est maltraité par Buck Hannassey et ses frères. Alerté, le major organise une expédition punitive contre les Hannassey. Plongé malgré lui au coeur de cette querelle, James tente d'en comprendre les raisons. TELERAMA McKay débarque dans les prairies du Middle West avec sa fiancée, au cœur d’une lutte entre deux clans, rivaux ancestraux. Bons acteurs dont le talent n’est pas du tout exploité. En revanche, les décors naturels sont superbes. Une belle carte postale. La mise en scène soignée, le scénario savamment travaillé et les situations méticuleusement alignées attestent les efforts de William Wyler pour faire de ce western un archétype du genre. Pourtant, cette histoire de marin qui débarque dans les plaines du Middle West et se trouve mêlé à la lutte que mène sa future belle-famille contre des voisins belliqueux n’emporte pas complètement l’adhésion. Paradoxalement, Les Grands Espaces manque d’envergure, de relief et de rythme, malgré quelques belles scènes d’action. L’humour distribué avec parcimonie, la grande et impressionnante plaine érigée en personnage et les acteurs excellents ne parviennent pas à empêcher l’ennui d’occuper sensiblement... l’espace. | LES GRANDS ESPACES, William Wyler 1958, Gregory Peck, James McKay, Jean Simmons (western)@@ (E) James McKay, ancien marin, vient de quitter Baltimore pour se rendre dans un village des prairies du Middle West. Là, il doit épouser Patricia, la fille du major Terrill, l'arrogant propriétaire d'un vaste ranch. &Agrav ... |
![]() | ES NOCES ROUGES, Claude Chabrol 1973, Michel Piccoli, Stephane Audran, Claude Pieplu (thriller)@@Paul est un notable qui investit beaucoup de son temps dans les relations publiques. Sa femme, Lucienne, a un amant, Pierre. Paul est au courant de cette relation extraconjugale. Pierre est marié à Clotilde, gravement malade. Il empoisonnera sa femme. Paul révèle un jour à Pierre et à Lucienne qu'il sait tout de leur relation amoureuse. L'amant et la femme infidèle assassinent donc Paul. Mais sa fille dénoncera les coupables à la police. TELERAMA Chabrol nous dit, avec des coquetteries de pamphlétaire hilare, que la vie est affreuse. Pour le prouver, il choisit un trio de médiocres pathétiques : le député-maire, sa femme, insatiable, et l’amant. Tous assassins potentiels… Le député-maire d’une belle bourgade provinciale (Claude Piéplu) est corrompu, gaulliste et cocu. Trois défauts évidemment sans corrélation. Son épouse, une Emma Bovary plus physique que romantique (Stéphane Audran), satisfait ses désirs — ses besoins ? — avec un beau mâle (Michel Piccoli). C’est risqué et peu confortable. Solution : éliminer le mari ? Reste la culpabilité et le secret, ce qui est pire. Les Noces rouges est moins un pamphlet contre les « affaires » de la Vᵉ République que la description de la stupidité d’amants maudits confrontés à une situation qui les dépasse. On rit. On frémit. Les assassins sont rarement des génies, suggère Chabrol d’un œil amusé. Heureusement. | ES NOCES ROUGES, Claude Chabrol 1973, Michel Piccoli, Stephane Audran, Claude Pieplu (thriller)@@ (E) Paul est un notable qui investit beaucoup de son temps dans les relations publiques. Sa femme, Lucienne, a un amant, Pierre. Paul est au courant de cette relation extraconjugale. Pierre est marié à Clotilde, gravement malade. ... |
![]() | LES PLEINS POUVOIRS, Clint Eastwood 1997, Clint Eastwood, Scott GlennLuther Whitney est un Arsène Lupin moderne, un voleur élégant qui s'en est toujours pris aux riches. Arrivé au terme de sa longue carrière, il entreprend de dévaliser la résidence de Sullivan, un des hommes les plus riches de Washington, parti en voyage d'affaires avec sa jeune épouse, Christy. Tout se passe pour le mieux. Il s'apprête à repartir lorsqu'il découvre que la cloison de la chambre forte est un miroir sans tain qui donne sur la chambre à coucher. De l'autre côté de ce miroir, Luther assiste à un meurtre impliquant Christy et Richmond, le Président des Etats-Unis. TELERAMA A travers un miroir sans tain, Luther Whitney, alors qu'il cambriole le coffre à bijoux d'une somptueuse demeure, assiste à un jeu érotique alcoolisé et violent entre un homme et une femme. Des gardes du corps font irruption et abattent la femme. L'homme en question n'est autre que le président des Etats-Unis... La séquence initiale est une leçon de mise en scène. Dans le regard du voyeur malgré lui, Eastwood reflète nos propres ambiguïtés de spectateur devant la violence. Auparavant, en quelques plans sobres, il a tracé un (auto-)portrait sympathique du monte-en-l'air au prénom de pasteur : voleur mais artiste. Et père couvant sa fille. Un héros vieillissant, mais qui s'amuse comme un gamin et laisse à d'autres le soin de mener l'enquête. Un homme toujours « impitoyable » (comme dans la scène limite où Luther braque une seringue sur le cou d'un homme de main). Nul n'est sans tache, et on ne se refait jamais tout à fait, semble glisser Eastwood entre deux clins d'oeil à son mythe de dur à cuire. Ni vrai thriller politique ni exercice hitchcockien, Les Pleins Pouvoirs culmine lors de scènes comme celle où Luther vampe le flic chargé de le coincer. L'acteur Clint, impassible et pourtant expressif, y prend un plaisir contagieux. | LES PLEINS POUVOIRS, Clint Eastwood 1997, Clint Eastwood, Scott Glenn (E) Luther Whitney est un Arsène Lupin moderne, un voleur élégant qui s'en est toujours pris aux riches. Arrivé au terme de sa longue carrière, il entreprend de dévaliser la résidence de Sullivan ... |
![]() | LES TRIBULATIONS D UN CHINOIS EN CHINE, Philippe de Broca 1965, Jean-Paul Belmondo, Jean Rochefort (comique aventure)@@Arthur Lempereur est un jeune milliardaire désenchanté et suicidaire. Toutes ses tentatives pour mettre fin à ses jours échouent et son entourage lui conseille une croisière en Orient. Arrivé à Hong Kong, Arthur apprend qu'il est ruiné et s'enlise dans la déprime. Son précepteur l'engage à souscrire une assurance-vie au profit d'Alice, sa fiancée, et de lui-même. TELERAMA Milliardaire mélancolique, Arthur Lempereur aimerait en finir avec la vie. Mais ses tentatives de suicide échouent. A Hong- kong, un vieil ami, M. Goh, lui propose un marché : il souscrit une assurance-vie, et monsieur Goh lance des tueurs à sa poursuite. A peine traqué, Arthur rencontre Alexandrine et comprend qu'il tient à la vie. Voilà le « petit frère » de L'Homme de Rio (tourné deux ans plus tôt). Ce diptyque d'aventures reste unique dans le cinéma français : un savant cocktail d'exotisme, d'humour, de romantisme et d'action qui, à chaque vision, procure le même plaisir. Bien sûr, ces Tribulations (qui ne doivent plus grand-chose à Jules Verne) sont un peu moins magiques. En tentant de retrouver la recette du succès précédent, les auteurs (moins Jean-Paul Rappeneau, ceci expliquant peut-être cela) ont artificiellement exagéré la fantaisie du ton, multiplié des péripéties. L'hommage à Tintin est désormais appuyé : Léon, c'est Nestor, tandis que Cornac et Roquentin ont des airs de Dupond-Dupont. Mais le dépaysement est garanti, les acteurs — Bébel et Rochefort en tête — sont formidables, et les situations, savoureuses. — Aurélien Ferenczi | LES TRIBULATIONS D UN CHINOIS EN CHINE, Philippe de Broca 1965, Jean-Paul Belmondo, Jean Rochefort (comique aventure)@@ (E) Arthur Lempereur est un jeune milliardaire désenchanté et suicidaire. Toutes ses tentatives pour mettre fin à ses jours échouent et son entourage lui conseille une croisière en Orient. Arrivé &agrav ... |
![]() | LOS ANGELES 2013, John Carpenter 1996, Kurt Russell, Peter Fonda, Cliff Robertson (fantastique) @@En l'an 2000, un tremblement de terre d'une violence inouïe détruit et sépare la ville de Los Angeles du continent. Le nouveau président des États-Unis décide de déporter sur cette île exclusivement des citoyens immoraux de son pays. TELERAMA Quinze ans après, John Carpenter nous refait le coup de 'New York 1997'. Sans prétention, mais avec humour et efficacité Los Angeles, en 2013, n'est plus qu'une gigantesque prison où la société américaine, rongée par un puritanisme galopant, incarcère ses déviants. La fille du Président à vie, éperdument amoureuse d'un détenu, se fait enfermer dans ce vaste pénitencier à ciel ouvert. Elle emmène avec elle une arme d'un type nouveau - une télécommande capable de désactiver, via un réseau de satellites, tous les circuits électriques d'une région -, et l'offre à l'homme de sa vie, Cuervo Jones. Un vétéran des combats impossibles, Snake Plissken, est chargé par le Président de retrouver l'arme et la fille, d'autant plus rapidement qu'une coalition de pays du tiers-monde s'apprête à envahir les Etats-Unis... | LOS ANGELES 2013, John Carpenter 1996, Kurt Russell, Peter Fonda, Cliff Robertson (fantastique) @@ (E) En l'an 2000, un tremblement de terre d'une violence inouïe détruit et sépare la ville de Los Angeles du continent. Le nouveau président des États-Unis décide de déporter sur cette île ex ... |
![]() | MADAME SOURDIS, Caroline Huppert 1979, Pierre Clémenti, Nathalie Baye (societe)@Adèle vit dans l'ombre de son mari, Ferdinand, artiste-peintre. Après le décès du père, ils quittent la province pour Paris. Elle peaufine ses toiles et le console. Grâce à son coup de pinceau, Ferdinand découvre la gloire et le succès. Et l'amour dans tout ça ? Sacrifié sur l'autel de la création... on peut comprendre qu’il soit trop académique, appliqué et ainsi manque un peu de vie. Par contre on retrouve bien les atmosphères et leitmotivs de Zola et l’histoire est intéressante. Le naturalisme de l’auteur est très respecté. Pour la petite anecdote, Zola a attendu, par respect pour lui, la mort de Daudet son ami, soit environ 20 ans pour publier cette nouvelle. Les frères Goncourt, pas forcément des adeptes d’une honnêteté absolue, détestaient Daudet (qui avait sa part d’ombre) et avaient fait courir la rumeur à propos d’un rôle de sa femme dans son œuvre. Le sujet divise peut-être encore quelques «experts» mais à priori le mystère reste entier… | MADAME SOURDIS, Caroline Huppert 1979, Pierre Clémenti, Nathalie Baye (societe)@ (E) Adèle vit dans l'ombre de son mari, Ferdinand, artiste-peintre. Après le décès du père, ils quittent la province pour Paris. Elle peaufine ses toiles et le console. Grâce à son coup de pinceau ... |
![]() | MAIS OU EST DONC PASSEE LA 7E COMPAGNIE, Robert Lamoureux 1973, Jean Lefebvre, Pierre Mondy, Aldo Maccione (comique)@@Pendant la débâcle française de 1940, la 7ème compagnie se réfugie dans les bois. Cependant, elle est prise en embuscade par l'armée allemande. Seuls 3 hommes partis en éclaireur en réchappent. Ils se retrouvent livrés à eux-mêmes dans une France occupée. TELERAMA Cinéma de papa version comédie « trouffionne ». L’histoire censément drôle de trois déserteurs pendant la débâcle de 1940. Lamoureux, qu’on a connu plus fin, est un mauvais réalisateur et les acteurs gigotent beaucoup pour faire rire. Fin mai 1940, la 7e compagnie d’un régiment de transmissions bat en retraite face à l’offensive allemande. Trois soldats isolés assistent, impuissants, à la capture de leur compagnie. Reprenant les recettes éculées du vaudeville militaire franchouillard, Robert Lamoureux flatte la débrouillardise de Français moyens aptes à « en faire voir aux Boches ». Et hésite entre antimilitarisme primaire et attirance non dissimulée pour le lancer de grenades. Ce type d’ambiguïté nourrit un populisme de bien mauvais aloi. Reste l’interprétation assez réjouissante des trois compères, Jean Lefebvre en tête. | MAIS OU EST DONC PASSEE LA 7E COMPAGNIE, Robert Lamoureux 1973, Jean Lefebvre, Pierre Mondy, Aldo Maccione (comique)@@ (E) Pendant la débâcle française de 1940, la 7ème compagnie se réfugie dans les bois. Cependant, elle est prise en embuscade par l'armée allemande. Seuls 3 hommes partis en éclaireur en réc ... |
![]() | MARIAGE A L ITALIENNE, Vittorio de Sica, Sophia Loren, Marcello MastroianLa superbe Filumena n'arrive plus à marcher. Elle vient d'avoir un malaise. On l'entoure et on la porte, comme une reine, jusqu'à son lit. L'heure est grave... Pendant ce temps, Domenico s'active pour les préparatifs de son mariage: dans deux jours, il épouse la jeune caissière de son restaurant, qui a trente ans de moins que lui. Pour lui, l'heure est à la fête. Mais il doit se rendre en urgence au chevet de Filumena qui se meurt. TELERAMA Mastroianni est savoureux en veule fils de famille. Sophia Loren, éblouissante en putain au cœur noble. Comédie charmante qui pèche par son humour grivois. Héritier d'une importante pâtisserie, Domenico fréquente une maison close. Il y remarque Filumena, à peine sortie d'une adolescence difficile dans les bas quartiers de Naples. Il l'installe dans un appartement, puis chez lui. Elle devient la gouvernante de sa mère tout en restant sa maîtresse. Mais lorsque Domenico décide d'épouser une jeune caissière, Filumena, amoureuse et soumise depuis trop longtemps, réagit. Après quelques films en demi-teinte, Vittorio De Sica réalisa coup sur coup deux comédies avec le couple explosif Sophia Loren-Marcello Mastroianni. Si la première, Hier, aujourd'hui, demain, s'enlise souvent dans la trivialité et le mauvais goût, la seconde, Mariage à l'italienne, nominée à l'oscar du meilleur film étranger, se révèle savoureuse, et retrouve une partie de la vivacité et de la verve de L'Or de Naples, réalisé dix ans auparavant. Le cinéaste pratique souvent l'humour grivois et frôle la vulgarité. Son scénario, mélodramatique, se fait parfois complaisant, mais le pittoresque des situations et surtout la grande aisance des deux monstres sacrés d'alors en font un spectacle plaisant et chaleureux. Mastroianni, fine moustache et costume trois-pièces, est un délicieux fils de famille veule, paresseux et égocentrique. Quant à Sophia Loren, prostituée repentante et maternelle, fille du peuple aux mœurs libres mais au cœur de grande dame, elle est éblouissante. | MARIAGE A L ITALIENNE, Vittorio de Sica, Sophia Loren, Marcello Mastroian (E) La superbe Filumena n'arrive plus à marcher. Elle vient d'avoir un malaise. On l'entoure et on la porte, comme une reine, jusqu'à son lit. L'heure est grave... Pendant ce temps, Domenico s'active pour les préparatifs de ... |
![]() | MARQUISE, Véra Belmont, 1997, Sophie Marceau, Bernard @@Giraudeau, Patrick Timsit (cape et epee)Pour échapper à une vie de misère, Marquise accepte d'épouser René du Parc, dit aussi Gros-René, comédien et auteur comique dans la troupe de Molière. D'abord employée pour ses talents de danseuse, Marquise s'initie au métier de comédienne et devient la maîtresse de Molière. Quand la petite troupe se produit à Versailles, Marquise, par sa beauté, fait sensation auprès de Louis XIV. TELERAMA “ Marceau est sans doute une casse couilles mais sa beauté fait perdre la tête au soleil. Dommage que l'ensemble reste d'un niveau médiocre. ” Sophie Marceau : Marquise Lambert Wilson : Racine Bernard Giraudeau : Molière Patrick Timsit : Du Parc Thierry Lhermitte : Louis XIV Anémone : La Voisin Remo Girone (en) : Jean-Baptiste Lully Georges Wilson : Floridor Franck de Lapersonne : Philippe d'Orléans « Monsieur » Marianne Basler : Henriette d'Angleterre Estelle Skornik : Marie Victoria Peña : Marie-Thérèse d'Autriche Christine Joly : Madeleine Anne-Marie Philipe : Catherine de Brie Romina Mondello : Armande Béjart Stéphane Boucher : Louis Béjart Olivier Achard : Monsieur de Saint-Loup Patrice Melennec : Giacomo de Gorla, père de Marquise Beatrice Palme : Geneviève Francisco Casares : Gorgibus Guillermo Antón : Charles Éric Boucher : Brécourt Jacques Pater : Massimo Pittarello : Simón Andreu : L'Abbé de Cosnac Carlotta Jazzetti : La fillette Milaura Allegrini : Eve Bitoun : Antonio Cantafora : Ginevra Colonna : Alexia Murray : Francesca DeRose : Flaminia Fegarotti : Daniele Ferretti : Paolo Fosso : Sara Franchetti : La mère de Marquise Emanuela Garuccio : Micaela Giustiniani : Luciano Luminelli : Luggi Marturano : Emanuela Murari : Mademoiselle (non créditée) Sonia Aquino : Louis Per Bruno : Marquis Leroy (aka Pierre Arkansas) Gérard Moulévrier : | MARQUISE, Véra Belmont, 1997, Sophie Marceau, Bernard @@Giraudeau, Patrick Timsit (cape et epee) (E) Pour échapper à une vie de misère, Marquise accepte d'épouser René du Parc, dit aussi Gros-René, comédien et auteur comique dans la troupe de Molière. D'abord employée pour ses ... |
![]() | MAYERLING, Terence Young 1968, Omar Sharif, Catherine Deneuve, Andrea Parisy (saga histoire)@@En 1889 dans l'empire austro-hongrois, l'archiduc Rodolphe d'Autriche aime d'un amour sans espoir la jeune Marie Vetsera. Ne pouvant divorcer et l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, son père, menaçant de les séparer en condamnant Marie au couvent, Rodolphe décide de mettre fin à ses jours en compagnie de sa maîtresse, à Mayerling. TELERAMA Fils de l'empereur François-Joseph et d'Elisabeth, dite « Sissi », l'archiduc Rodolphe se sent mal dans son costume de prince héritier. Idéaliste et libéral, il manifeste avec les étudiants et sympathise avec les Hongrois ; bref, tout pour embêter papa. Il s'éprend même de Marie Vetsera, demoiselle de moindre lignée, alors qu'il est déjà marié... Le suicide, au château de Mayerling, en 1889, de Rodolphe et de sa belle, tient autant du mythe sentimentalo-princier que de l'événement historique. De même, le film hésite, esquisse le portrait d'un original rebelle et attachant. Mais chaque tentative d'analyse historique se perd dans les dorures. Omar Sharif forme avec Catherine Deneuve un couple raide et mièvre : deux figurines de bois dans une version désuète, neigeuse et galonnée de Roméo et Juliette. | MAYERLING, Terence Young 1968, Omar Sharif, Catherine Deneuve, Andrea Parisy (saga histoire)@@ (E) En 1889 dans l'empire austro-hongrois, l'archiduc Rodolphe d'Autriche aime d'un amour sans espoir la jeune Marie Vetsera. Ne pouvant divorcer et l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, son père, menaçant de les s&eac ... |
![]() | MISSION, Roland Joffe 1986, Robert De Niro, Jeremy Irons, Liam Neeson (saga)@@1750. L'Espagne et le Portugal se disputent les colonies d'Amérique du Sud, mais soutiennent tous deux la christianisation des Indiens, dirigée par le cardinal Altamirano. TELERAMA « C'est, dira Roland Joffé, un film sur la grandeur du sacrifice. » Le cinéaste de La Déchirure aime les périodes historiques où s'opposent idéalistes et politiques, aventuriers et philosophes. Le scénario s'inspire d'un récit authentique. Il n'a pourtant que partiellement tenu son pari, le film se réduisant à l'affrontement psychologique des deux personnages (Robert De Niro et Jeremy Irons, remarquables). La Palme d'or qu'il reçut en 1986 récompensait une oeuvre à la fois commerciale et ambitieuse, qui pose le problème de la colonisation et de l'évangélisation. | MISSION, Roland Joffe 1986, Robert De Niro, Jeremy Irons, Liam Neeson (saga)@@ (E) 1750. L'Espagne et le Portugal se disputent les colonies d'Amérique du Sud, mais soutiennent tous deux la christianisation des Indiens, dirigée par le cardinal Altamirano. TELERAMA « C'est, dira Roland Joff& ... |
![]() | MOONRAKER, Lewis Gilbert, 1979, Roger Moore, Richard Kiel, Michel Lonsdale (James Bond)@@L'agent secret britannique James Bond enquête sur la disparition d'une navette spatiale americaine, Moonraker, confiee au gouvernement britannique. 007 se rend aux Etats-Unis pour interroger le responsable de la construction de la navette, Sir Hugo Drax. Il y fait la rencontre de la charmante Holly Goodhead et decouvre que Drax est en fait le responsable de la disparition de la navette. TELERAMA Qu’est devenue la navette spatiale Moonraker, que les Américains livraient à leurs alliés britanniques ? Qui s’en est emparé ? Pourquoi ? Chargé de l’enquête par « M », chef des services secrets anglais, James Bond soupçonne vite le puissant Hugo Drax. Roger Moore fait son numéro habituel de justicier charmeur, sans jamais retrouver le style félin de Sean Connery. Les paysages sont superbes, « Jaws » revient avec sa mâchoire en acier, et Lonsdale est despotique à souhait. Mais tout cela ne parvient pas à compenser d’inutiles longueurs et un recours à l’humour plus insistant que d’habitude mais peu convaincant. | MOONRAKER, Lewis Gilbert, 1979, Roger Moore, Richard Kiel, Michel Lonsdale (James Bond)@@ (E) L'agent secret britannique James Bond enquête sur la disparition d'une navette spatiale americaine, Moonraker, confiee au gouvernement britannique. 007 se rend aux Etats-Unis pour interroger le responsable de la construction de la nav ... |
![]() | MORT OU VIF, Sam Raimi 1995, Sharon Stone, Leonardo DiCaprio (western)@@ (film complet)@@Une jeune femme (Sharon Stone) au passé mystérieux s'inscrit à un tournoi de duels au pistolet organisé par le maire corrompu d'une petite ville de l'Ouest TELERAMA Hommage (en théorie) au western-spaghetti, ce long métrage se résume à un duel au pistolet. Ne tournons pas autour du pot : le seul argument de ce néowestern, c'est Sharon Stone. Enfin une « vraie » femme de l'Ouest, se réjouit le fan-club. Certes, on avait déjà vu d'énergiques tenancières de saloon (Joan Crawford dans Johnny Guitar). Mais des justicières en pantalon de cuir, point. Bigoudis et falbalas restaient la norme. Avec Sharon, changement de style : il a fallu aller chez un costumier romain pour lui dénicher son slicker, un de ces longs manteaux de toile popularisés par Sergio Leone. Ce n’est pas qu'affaire vestimentaire. « Nous nous réclamons davantage de Sergio Leone que de John Ford », déclare Sam Raimi. Malheureusement, Mort ou vif réduit le western-spaghetti à sa plus simple expression : le duel au pistolet. Dans la petite ville de Redemption, Herod, un affreux (Gene Hackman, évidemment), rançonne la population. Pour se maintenir au pouvoir, il organise, chaque année, un tournoi de duels au pistolet. Pour la première fois, une femme, au passé obscur, s'y est inscrite... C'est, répétons-le, la première et la dernière idée du film. Pour le reste, Sam Raimi exploite les archétypes du Far West, avec ses personnages imposés (le vieux médecin, les putes, le joueur de poker...). Pas la moindre idée dramatique, ni la moindre audace visuelle à l'horizon. Ou plutôt, si, une seule, à l'humour douteux : un gunfighter, entrevu à travers le trou que laisse sa balle dans la tête de son adversaire. Bref, cette fois, le western est plus mort que vif. | MORT OU VIF, Sam Raimi 1995, Sharon Stone, Leonardo DiCaprio (western)@@ (film complet)@@ (E) Une jeune femme (Sharon Stone) au passé mystérieux s'inscrit à un tournoi de duels au pistolet organisé par le maire corrompu d'une petite ville de l'Ouest TELERAMA Hommage (en théorie) au wes ... |
![]() | NE UN 4 JUILLET, Oliver Stone 1989, Tom Cruise, Oliver Stone (guerre)@@@L'adolescent de la banlieue new-yorkaise Ron Kovic s'enrôle dans les Marines. Au cours de sa deuxième tournée au Vietnam, il tue accidentellement un camarade et devient plus tard paralysé au combat. TELERAMA Un brave patriote part faire la guerre au Vietnam. Il en revient brisé, écœuré et handicapé… Saisissante déconstruction du rêve américain, tirée d’une autobiographie et portée par l’étonnante composition de Tom Cruise. Ron Kovic est vraiment né un 4 juillet (en 1946), le jour de la fête nationale aux États-Unis. Jeune homme athlétique, il veut passionnément défendre son pays contre la menace communiste et il est persuadé que la virilité, c’est la force physique, la violence, la victoire, et l’admiration des femmes. La guerre est donc un accomplissement mais au Vietnam, tout est réduit en miettes : son système de valeurs, confronté à une réalité moins héroïque, son propre corps, mutilé, et le regard de son pays, indifférent au sort des combattants. Ce n’est pas fini. Le jeune prince chutera encore, avant de mener un autre combat. Ce sont des rites de passage que filme Oliver Stone, lui aussi vétéran du Vietnam, et auparavant patriote viriliste. Le cinéaste passe d’une imagerie à la Norman Rockwell aux sept cercles de l’enfer, dont le traitement sordide des blessés dans les hôpitaux militaires. Tout en n’ayant jamais paru aussi sensible, il orchestre cette déconstruction du rêve américain de façon parfois un peu bancale. Cependant, il a trouvé en Tom Cruise un frère de Ron Kovic. Comme lui, le jeune Cruise a ce côté boy-scout, sa détermination à réussir est effrayante et son agitation, perpétuelle. Ce rôle lui demande aussi une vulnérabilité, qu’on ne reverra pas de sitôt dans sa filmographie. Il est ce héros qui, en apprenant à perdre, gagne en humanité, et en protestant finalement contre la guerre, retrouve un sens à sa vie. SYNOPSIS Né le 4 juillet 1946, jour de la fête nationale aux Etats-Unis, Ron Kovic drape volontiers ses rêves de jeune homme idéaliste dans les plis du drapeau étoilé. Enthousiaste, il s'engage dans les Marines et part servir son pays et la cause de la liberté au Viêtnam. Il ne tarde pas à découvrir que la réalité ne s'habille pas du même drapeau que ses rêves naïfs : la guerre est atroce, la cause injuste et l'ennemi invisible. Grièvement blessé à la colonne vertébrale, devenu hémiplégique, il est soigné dans un hôpital sordide du Bronx. Autour de lui, d'autres soldats de son âge, infirmes, que l'opinion américaine considère non comme des héros, mais comme de véritables parias, tortionnaires et assassins de femmes et d'enfants... | NE UN 4 JUILLET, Oliver Stone 1989, Tom Cruise, Oliver Stone (guerre)@@@ (E) L'adolescent de la banlieue new-yorkaise Ron Kovic s'enrôle dans les Marines. Au cours de sa deuxième tournée au Vietnam, il tue accidentellement un camarade et devient plus tard paralysé au combat. TELER ... |
![]() | NOS PLUS BELLES ANNEES, Sydney Pollack 1973, Barbra Streisand, Robert Redford (sentimental)@@Deux jeunes Américains se rencontrent sur les bancs de l'université en 1937. La jeune femme est militante communiste alors que lui est un tombeur sans conscience politique. TELERAMA Sydney Pollack déguise sa leçon d'Histoire en romance nostalgique. Aux démonstrations coups de poing il préfère le tête-à-tête amoureux sur une plage hivernale, et dissimule le pamphlet politique au creux d'une ou deux disputes enflammées. Mine de rien, dix années décisives se dévoilent ainsi, d'une anecdote à l'autre. Après l'Amérique victorieuse d'après guerre, sûre de sa supériorité morale, surgit le maccarthysme, vague de paranoïa anticommuniste, intrusion totalitaire en pays démocratique avec son cortège de délations, de lâchetés. A travers ses déchirures, le couple laisse apparaître le malaise d'une époque, la fin des illusions, du confort intellectuel de l'american way of life. Lui, Hubbell, scénariste à Hollywood, capitule, collabore à la chasse aux sorcières. Elle, Katie, la militante, tient tête. Interprétés avec chaleur, les tourtereaux de Nos plus belles années ne sont pas que des personnages-prétextes. Ils sont attachants, explosifs, bien vivants, et dessinent une belle tranche de vie, tendre et amère. | NOS PLUS BELLES ANNEES, Sydney Pollack 1973, Barbra Streisand, Robert Redford (sentimental)@@ (E) Deux jeunes Américains se rencontrent sur les bancs de l'université en 1937. La jeune femme est militante communiste alors que lui est un tombeur sans conscience politique. TELERAMA Sydney Pollack déguise s ... |
![]() | ORANGE MECANIQUE, Stanley Kubrick 1971, Malcolm McDowell, Adrienne Corri, Patrick Magee (societe drame)@@Alex et sa bande de délinquants (les Droogs), habit blanc et melon noir, sèment la terreur pour le plaisir dans une Angleterre futuriste. Un soir, ils font irruption chez un écrivain, qu’ils tabassent et dont ils violent et tuent la femme. Lors d’une autre agression, Alex est arrêté. En prison, on le choisit comme cobaye d’une expérience de réhabilitation. TELERAMA La force du film choc de Kubrick vient de sa capacité à placer le spectateur devant ses pulsions taboues, à considérer le cerveau comme un antre de la folie. Orange mécanique se divise en trois parties. La première narre les sinistres exploits des Droogs sur fond de Beethoven passé à la moulinette synthétique de Walter Carlos. C’est la plus datée et la plus riche en tics à recycler, ce dont ne se sont pas privés les groupes de rock anglais. C’est un genre de comédie musicale, où des clowns punk en tenue d’escrime et slip kangourou par-dessus dansent un ballet sadique, entre Beckett et Starmania. La deuxième partie, plus austère, décrit l’échec de toute morale appliquée au cas d’Alex. Impossible à mater selon la « méthode » Ancien Testament, l’ignoble individu se voit proposer un nouveau traitement… Enfin, la troisième partie nous fait entrer de plain-pied dans la folie, cette folie qui berce ou fait exploser les films de Stanley Kubrick. Un engrenage de délires paranoïaques auquel seule peut répondre une autre folie : celle du cinéaste. Et comme Kubrick est maître en la matière, c’est l’intensité de son dernier volet qui fait tenir à ce film baroque le choc du temps qui passe. | ORANGE MECANIQUE, Stanley Kubrick 1971, Malcolm McDowell, Adrienne Corri, Patrick Magee (societe drame)@@
(E) Alex et sa bande de délinquants (les Droogs), habit blanc et melon noir, sèment la terreur pour le plaisir dans une Angleterre futuriste. Un soir, ils font irruption chez un écrivain, qu’ils tabassent et dont ils ... |
![]() | PERMIS DE TUER, John Glen 1989, Timothy Dalton, Carey Lowell (James Bond)(aventure)@@Alors qu'il s'apprête à assister au mariage de son ami Félix Leiter avec Della Churchill, James Bond est averti de la présence en Floride du trafiquant de drogue Franz Sanchez. La cérémonie est retardée, le temps pour Bond d'arrêter le malfaiteur. TELERAMA Bond, épisode 16. Ça commence très fort, puisque 007 ose boxer son supérieur hiérarchique dans la villa de Hemingway, à Key West, en lui disant « c’est l’adieu aux armes » ! Mais, pour venger son ami Felix Leiter, de la CIA (bouffé par des requins avec sa jeune épouse), il lutte contre un trafiquant de drogue (Robert Davi, succulent méchant). Peu de gadgets, un scénario mieux construit que d’habitude. Et une James Bond girl, Carey Lowell, pas dinde du tout. Intelligente, au contraire, efficace et douée. Timothy Dalton en est tellement étonné qu’il abandonnera le rôle juste après. | PERMIS DE TUER, John Glen 1989, Timothy Dalton, Carey Lowell (James Bond)(aventure)@@ (E) Alors qu'il s'apprête à assister au mariage de son ami Félix Leiter avec Della Churchill, James Bond est averti de la présence en Floride du trafiquant de drogue Franz Sanchez. La cérémonie est retar ... |
![]() | PREMIERES VACANCES, Patrick Cassir 2018, Camille Chamoux, Jonathan Cohen, Camille Cottin (sentimental)@Marion et Ben, trentenaires, font connaissance sur Tinder. C'est à peu près tout ce qu'ils ont en commun. Cependant, ils décident tout de même, au petit matin de leur rencontre, de partir ensemble en vacances, malgré l'avis de leur entourage. Direction la Bulgarie, à mi-chemin de leurs destinations de rêve, Beyrouth pour Marion, Biarritz pour Ben, où ils vont vite s'apercevoir qu'ils ont des conceptions très différentes de ce que doivent être des vacances. TELERAMA À la classique attraction des contraires s’ajoute un piment supplémentaire : l’histoire d’amour commence là où aucune ne survivrait, entre un Airbnb minable et la découverte des manies tue-l’amour de chacun, digestion comprise. Premières Vacances ne révolutionne pas l’anti-comédie romantique, mais l’abattage de Camille Chamoux et de Jonathan Cohen fait des étincelles, du moins dans la première partie du film. Quand le couple échoue finalement dans un hôtel de luxe, l’humour s’enlise dans les conventions : comme à Marion, les galères bulgares nous manquent… | PREMIERES VACANCES, Patrick Cassir 2018, Camille Chamoux, Jonathan Cohen, Camille Cottin (sentimental)@ (E) Marion et Ben, trentenaires, font connaissance sur Tinder. C'est à peu près tout ce qu'ils ont en commun. Cependant, ils décident tout de même, au petit matin de leur rencontre, de partir ensemble en vacances, mal ... |
![]() | PSYCHOSE, Alfred Hitchcock 1960, Anthony Perkins, Janet Leigh (drame thriller)@@@@Phoenix, Arizona. Marion Crane et Sam Loomis sont amants mais le manque d'argent compromet leur mariage. Sam doit verser une pension alimentaire à son ex-femme et éponger les dettes de son père. Marion supporte de plus en plus mal cet amour se limitant à des rencontres furtives. De retour au bureau, elle assiste à une transaction immobilière entre un riche client et son patron, qui la charge de déposer à la banque 40.000 dollars. TELERAMA Marion Crane doit déposer 400 000 dollars à la banque pour le compte de son patron. Sur un coup de tête, elle dérobe l’argent, pour pouvoir vivre enfin avec Sam, son amant, et s’enfuit en voiture. La pluie et le crépuscule l’obligent à faire halte dans un motel isolé. Norman Bates, le jeune gérant, l’accueille aima-blement... Raconter le début constitue déjà un crime de lèse-Hitchcock. A la sortie du film, en 1960, le maître avait exigé que les portes des salles soient fermées aux retardataires. Dans le hall des cinémas, un message adjurait les spectateurs de ne rien révéler à leurs amis. Depuis, le succès a quelque peu éventé le mystère. Pourtant, dans sa construction, Psychose reste un guet-apens effroyable et génial. D’abord, le récit coule comme un thriller banal. Des amants, un vol, une fugue. Et puis, cette première intrigue s’interrompt brusquement à l’arrivée au motel. Même après cent rediffusions, les coups de couteau dans le rideau de douche, dramatique rupture de ton, surprennent toujours. D’un délit mineur au meurtre, et à la folie, le réel devient perméable au monstrueux. Hitchcock invente le personnage de Marion Crane pour nous mener, confiants, à Norman Bates, à l’horreur. Le cinéaste expliquait à François Truffaut : « Je dirigeais le public, je jouais avec lui comme avec un orgue. » Sous ses doigts, l’angoisse du spectateur devient, crescendo, l’unique partition du film. Elément central de cette danse macabre, celui-ci se trouve condamné à jouer le double jeu du témoin, à la fois complice et victime. Le secret caché dans la cave de la célèbre maison de Norman Bates est redoutable parce qu’il nous appartient, c’est la matière de nos cauchemars. Le génie de Hitchcock est d’avoir fait de Psychose le chef-d’oeuvre de ses spectateurs. | PSYCHOSE, Alfred Hitchcock 1960, Anthony Perkins, Janet Leigh (drame thriller)@@@@ (E) Phoenix, Arizona. Marion Crane et Sam Loomis sont amants mais le manque d'argent compromet leur mariage. Sam doit verser une pension alimentaire à son ex-femme et éponger les dettes de son père. Marion supporte de plus ... |
![]() | QUE LA FETE COMMENCE Bertrand Tavernier 1975, Philippe Noiret, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle@À la mort de Louis XIV, le neveu de ce dernier, le duc Philippe d'Orléans, assure la régence jusqu'à la majorité de Louis XV. Toutefois, le duc est un homme des plus débauchés qui se laisse influencer par les mauvais conseils. En Bretagne, le marquis de Pontcallec élabore un complot destiné à renverser le duc. L'abbé Dubois se charge alors de mettre fin à la conspiration tout en utilisant le duc à des fins personnelles. TELERAMA C’est dans la veine d’un Alexandre Dumas saisi par la fièvre picaresque, d’un Saint-Simon à l’œil fureteur que Bertrand Tavernier brosse cet allègre tableau des frasques intimes de Philippe d’Orléans, monarque qui passait l’essentiel de son temps à lutiner les duchesses et les filles vénales, lors de « petits soupers » aux allures de bacchanales. Sa fresque est cocasse, pleine de verve, d’humour et de mots irrespectueux, dont la vérité historique est attestée par les études de Michelet ou de Philippe Erlanger. Il s’applique ainsi à casser le vernis de l’Histoire officielle, et ses personnages ont une profondeur d’âme qui les rend émouvants et humains. Les notables hauts en couleur sont incarnés par de prodigieux comédiens dont Tavernier a encouragé la démence jubilatoire. Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle n’ont peut-être jamais été aussi grands. Le film prend en outre une couleur pathétique grâce au personnage d’Emilie, la jeune prostituée pleine de tendresse et de douceur meurtrie. C’est elle qui personnifie le regard moral d’un Bertrand Tavernier par ailleurs passionné par la peinture des périodes de transition. La scène finale annonce les brasiers de 1789. | QUE LA FETE COMMENCE Bertrand Tavernier 1975, Philippe Noiret, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle@ (E) À la mort de Louis XIV, le neveu de ce dernier, le duc Philippe d'Orléans, assure la régence jusqu'à la majorité de Louis XV. Toutefois, le duc est un homme des plus débauchés qui se laisse i ... |
![]() | RETOUR VERS LE FUTUR, Robert Zemeckis 1985, Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Crispin Glover, Lea Thompson (science fiction)@@Le jeune Marty McFly mène une existence anonyme, auprès de sa petite amie Jennifer, seulement troublée par sa famille en crise et un proviseur qui serait ravi de l'expulser du lycée. Ami de l'excentrique professeur Emmett Brown, il l'accompagne tester sa nouvelle expérience : le voyage dans le temps via une DeLorean modifiée. La démonstration tourne mal : des trafiquants d'armes débarquent et assassinent le scientifique. TELERAMA Lancé trente ans en arrière, Marty doit aider ses futurs parents à se rencontrer. Entre paradoxe spatio-temporel et méli-mélo œdipien, Zemeckis s’amuse. Nous aussi. 1985. Entre un père veule et une mère alcoolo, Marty, jeune débrouillard et vrai pro du skateboard, fait figure de rescapé de la génétique. Comme père, il préférerait avoir son vieil ami, savant fou qui expérimente une machine à remonter le temps. 1955. Marty, projeté dans le passé, a les atouts en mains pour changer son avenir. Dans l'immédiat, il doit faire en sorte que la rencontre historique entre ses parents se fasse comme si de rien n'était. Car s'il échoue, il ne naîtra pas... Mieux qu'un divertissement de science-fiction, le scénario se double d'un imbroglio oedipien. Dès son arrivée, en 1955, Marty a, par accident, pris la place de son père au moment même où celui-ci devait rencontrer sa future mère. Colossal, le détail. Maman va donc tomber amoureuse de son fils, qui devient le nouveau rival de papa. Aïe ! Et Freud dans tout ça ? Robert Zemeckis et Michael J. Fox (dont le personnage éprouve un plaisir coupable à draguer sa mère) s'amusent alors copieusement avec ces paradoxes spatio-temporels et psychanalytiques. Au fil des rediffusions, les années 1980 s'éloignent de plus en plus de nous et, c'est sûr, les épaulettes et les couleurs fluo ont pris un sacré coup de vieux. On revient de loin ! | RETOUR VERS LE FUTUR, Robert Zemeckis 1985, Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Crispin Glover, Lea Thompson (science fiction)@@ (E) Le jeune Marty McFly mène une existence anonyme, auprès de sa petite amie Jennifer, seulement troublée par sa famille en crise et un proviseur qui serait ravi de l'expulser du lycée. Ami de l'excentrique professe ... |
![]() | RIO BRAVO, Howard Hawks 1959, John Wayne, Dean Martin, Ricky Nelson (western)@@@Wheeler, l'ami du shérif John Chance, est assassiné par le frère du puissant Nathan. Chance arrête le meurtrier et l'enferme en prison. Il ne peut compter que sur le soutien de Dude, son adjoint devenu alcoolique à la suite d'un chagrin d'amour, de Colorado, un jeune tireur d'élite, et de Stumpy, un vieillard infirme. Bientôt, les quatre hommes se retrouvent encerclés par une armée de tueurs. TELERAMA John Wayne et Dean Martin dans un chef d’œuvre du cinéma américain de la fin des années 1950. Il faut revoir ce western de légende et faire comme si de rien n’était, comme si le mot « chef-d’œuvre » n’avait jamais été prononcé. La scène d’ouverture, d’abord : mutique, tendue, mais avec des gestes presque lents, où tout est dit de la violence de l’Ouest, de l’alcoolisme de Dean Martin, l’adjoint de John Wayne, le shérif qui veut croire au courage des hommes, sans soupçonner encore celui d’une femme amoureuse. Aidée par « un ivrogne et un infirme », mais aussi par un jeune homme moins individualiste que prévu, et veillée par une joueuse de cartes, cette carcasse étoilée qui ne veut surtout pas qu’on l’aide gardera un assassin en prison, envers et contre toutes les attaques et les pièges. Pourquoi ? Pour la morale et l’amitié, valeurs sans lesquelles le monde s’écroulerait. Dans ce western, personne ne cavale. Tout le monde marche au rythme pataud du grand John : cela donne le temps de parler (et même de chanter) entre hommes, de rendre sa fierté à Dean Martin, d’écouter les rouspétances de Walter Brennan (le bougon le plus drôle de l’histoire du western) et de regarder Angie Dickinson. Dans son chemisier jaune, bavarde et bravache, elle dompte John Wayne. Le film se termine par un collant noir jeté par la fenêtre et un vieux cow-boy qui s’en fait une écharpe. Toute l’humanité (et la féminité) du monde est à Rio Bravo. | RIO BRAVO, Howard Hawks 1959, John Wayne, Dean Martin, Ricky Nelson (western)@@@ (E) Wheeler, l'ami du shérif John Chance, est assassiné par le frère du puissant Nathan. Chance arrête le meurtrier et l'enferme en prison. Il ne peut compter que sur le soutien de Dude, son adjoint devenu alcoolique ... |
![]() | ROSEMAR S BABY, Roman Polanski 1968, Mia Farrow, John Cassavetes (drame horreur)@@@Malgré les conseils de leur vieil ami Hutch, Guy Woodhouse et sa jeune femme, enceinte, s'installent dans un immeuble new-yorkais vétuste, considéré par leur ami comme une demeure maléfique. Aussitôt, leurs voisins, Minnie et Roman Castevet, vieux couple d'Europe centrale, imposent leur amitié et leurs services. Si Guy accepte facilement ce voisinage, Rosemary s'en inquiète... TELERAMA Le ventre de Mia Farrow comme métaphore de l’Amérique post-LSD, dont les pires ennemis sont désormais les Américains eux-mêmes. Âmes sensibles et femmes enceintes s’abstenir. Rosemary et Guy emménagent dans un appartement. Leurs voisins retraités, Minnie et Roman, sont très prévenants. Lorsque Minnie apprend que Rosemary est enceinte, sa sollicitude n’a plus de limite. Elle conseille à la future maman un excellent gynécologue, le docteur Sapirstein, qui lui offre un pendentif nauséabond, censé lui porter bonheur. Rosemary ne se méfie pas… Roman Polanski prend le soin d’installer son film dans un contexte très réel, s’attardant sur le prix d’un fauteuil dernier cri, un reportage télévisé sur le pape, ou la couverture du Time (« Dieu est-il mort ? »). Puis, lentement, il plonge le nez dans un monde en putréfaction, où les anciens font payer leurs échecs aux plus jeunes. Du bijou incrusté de racines malfaisantes au fond de teint crémeux de Minnie, en passant par une répugnante mousse au chocolat gris et d’atroces breuvages laiteux, rarement un film aura été aussi gustatif. Faute de pouvoir faire sentir cette grossesse mouvementée de l’intérieur, Polanski donne à goûter tout ce qui envahit le corps de Rosemary. Mia Farrow sortait, à l’époque, du feuilleton Peyton Place. Sa composition de victime cadavérique justifie le succès du film : jamais le spectateur ne sait si la malédiction dont elle est victime est réelle ou imaginaire. Âmes sensibles et femmes enceintes s’abstenir. | ROSEMAR S BABY, Roman Polanski 1968, Mia Farrow, John Cassavetes (drame horreur)@@@ (E) Malgré les conseils de leur vieil ami Hutch, Guy Woodhouse et sa jeune femme, enceinte, s'installent dans un immeuble new-yorkais vétuste, considéré par leur ami comme une demeure maléfique. Aussitôt ... |
![]() | ROSETTA, Jean-Pierre et Luc Dardenne 1999, Emilie Dequenne (societe)@@@Rosetta vit dans une caravane avec sa mère alcoolique. Elle est déterminée à s'en sortir dignement, seule et sans accepter la charité. La jeune femme n'a qu'une idée en tête : trouver un travail pour pouvoir mener une vie normale. La récession économique ne lui facilite pas la tâche. Chaque jour, le seul plaisir qu'elle s'octroie est la dégustation d'une gaufre au sucre, dans une camionnette-buvette. TELERAMA Le film des frères Dardenne bousculait le Festival de Cannes en 1999 en suivant, caméra à l’épaule, cette jeune exclue (formidable Emilie Dequenne) prête à tout pour trouver un travail. Coup d’éclat du Festival de Cannes en 1999, Rosetta y remporta la Palme d’or et un prix d’interprétation pour Émilie Dequenne, qui débutait dans le rôle-titre. Ce « petit film belge » prit alors une dimension imposante, ce qui rendait justice à l’ambition de ses deux réalisateurs. Jean-Pierre Dardenne et Luc ont en effet voulu donner à Rosetta la force d’un coup de poing. Leur film a l’énergie de son héroïne, une jeune fille qui s’acharne à trouver une place dans une société où elle fait partie des exclus. Licenciée, renvoyée à la misère de sa vie dans une caravane, elle revient à l’attaque : obtenir un travail, c’est sa guerre. Aucune épreuve ne parvient à la décourager. La caméra calque son mouvement sur sa course permanente. Cette mise en scène s’inscrit dans la logique du documentaire ou du cinéma-vérité, tout en exprimant une sorte de communion spirituelle, un désir de partage. Mais le propos des frères Dardenne garde un impact brutal et déstabilisant : Rosetta n’est pas qu’une victime sociale, elle n’inspire pas forcément la sympathie. Prête à tout pour décrocher un emploi, elle trahit la seule personne qui ait de l’affection pour elle. C’est là que la force du film se révèle : cette dureté du monde du travail et des rapports humains qu’elle engendre n’a fait que devenir plus vraie. Au point que les Dardenne y sont revenus dans un autre film, Deux Jours, une nuit (2014). | ROSETTA, Jean-Pierre et Luc Dardenne 1999, Emilie Dequenne (societe)@@@ (E) Rosetta vit dans une caravane avec sa mère alcoolique. Elle est déterminée à s'en sortir dignement, seule et sans accepter la charité. La jeune femme n'a qu'une idée en tête : trouver un trava ... |
![]() | SANS MOBILE APPARENT, Philippe Labro 1971, Jean-Louis Trintignant, Dominique Sanda, Laura Antonelli, Jean-Pierre Marielle (thriller)@@Tony Forest, promoteur immobilier, est abattu dans les jardins d’une luxueuse résidence niçoise. L’inspecteur Carella est chargé de l’enquête. Un dessinateur en architecture est tué juste après, de la même façon. Le lendemain, c’est au tour de l’astrologue Kleinberg… TELERAMA Un tueur au fusil à lunette dégomme un, puis deux, puis trois, puis quatre personnes qui n’ont aucun lien apparent. L’inspecteur Carella enquête... Une série noire d’Ed McBain bien transposée à Nice par Labro, l’éternel étudiant américain. Mise en scène solide, acteurs dans le ton : du polar comme il faut. Cette transposition française d’un roman d’Ed McBain a toujours déconcerté les fans du romancier américain, d’autant que son célèbre inspecteur Carella n’a absolument rien de commun avec Jean-Louis Trintignant. Philippe Labro, féru de cinéma américain, a voulu transposer un univers de thriller noir sur la Côte d’Azur, tout en se référant à une réalité contemporaine (le monde des affaires, la jeunesse maoïste) et à un certain réalisme psychologique (les personnages sont ambigus, et Trintignant exprime fort bien la solitude et l’amertume d’un policier confronté à un milieu pourri). À voir pour le brio de sa réalisation, l’efficacité de son interprétation et un Jean-Pierre Marielle inhabituel. | SANS MOBILE APPARENT, Philippe Labro 1971, Jean-Louis Trintignant, Dominique Sanda, Laura Antonelli, Jean-Pierre Marielle (thriller)@@ (E) Tony Forest, promoteur immobilier, est abattu dans les jardins d’une luxueuse résidence niçoise. L’inspecteur Carella est chargé de l’enquête. Un dessinateur en architecture est tué juste ... |
![]() | SEXE MENSONGES ET VIDEO, Steven Soderbergh 1989, James Spader, Andie MacDowell, Laura San Giacomo (societe)@@Ann et John sont jeunes, riches, beaux et mariés. Mais Ann, à l'inverse de son mari, n'est pas très portée sur les choses du sexe. Pour John, ce n'est pas vraiment un problème: il s'envoie en l'air avec Cynthia, la soeur de son épouse. TELERAMA Premier film, sélection au Festival de Cannes et Palme d’or à 26 ans : avec un scénario écrit en huit jours, l’inconnu Steven Soderbergh réalise un coup de maître et atteint la reconnaissance mondiale en 1989. Graham (James Spader, bouleversant), impuissant, prend du plaisir en réalisant des interviews filmées au Caméscope de femmes lui faisant des confidences sexuelles très intimes. Un jour, il débarque à Baton Rouge, en Louisiane — ville où Soderbergh a grandi —, dans la coquette maison d’un vieil ami, John (Peter Gallagher), puissant et arrogant avocat d’affaires, figure du golden boy très prisée par le cinéma des années 1980. Il est marié à Ann (Andie MacDowell, irrésistible), femme au foyer en thérapie, pour qui le sexe est une chose « surcotée », un fardeau. En parallèle, John entretient en cachette une liaison avec l’exubérante Cynthia, la propre sœur d’Ann… Où se place la vérité ? Les confessions peuvent-elles être considérées comme des trahisons ? Grâce à une écriture au cordeau, Steven Soderbergh confronte chacun des personnages de ce quatuor à ses propres certitudes et contradictions, en pulvérisant les apparences et les faux-semblants. Un miroir tendu éprouvant à regarder. Mais brillant. | SEXE MENSONGES ET VIDEO, Steven Soderbergh 1989, James Spader, Andie MacDowell, Laura San Giacomo (societe)@@ (E) Ann et John sont jeunes, riches, beaux et mariés. Mais Ann, à l'inverse de son mari, n'est pas très portée sur les choses du sexe. Pour John, ce n'est pas vraiment un problème: il s'envoie en l'air avec Cy ... |
![]() | STAND BY ME, Rob Reiner 1986, Wil Wheaton, River Phoenix, Corey Feldman (societe)@@Un événement peu ordinaire va marquer la vie du jeune Gordie Lachance. Au cours de l'été 1959, un adolescent a disparu mystérieusement dans l'Oregon. Gordie et ses inséparables copains, Chris, Teddy, et Vern savent qu'il est mort pour avoir approché de trop près la voie ferrée -- un train l'a heurté. TELERAMA Dans les années 1950, le temps d’un week-end, quatre jeunes garçons s’enfoncent dans la forêt à la recherche d’un macchabée. Ce que les mômes découvrent, c’est l’angoisse et la mort, le courage de les surmonter aussi, la solidarité et la loyauté. Tout cela appartient au passé, mais un passé qui affleure de nouveau, dans un halo de mélancolie. Gordie est devenu romancier depuis cette escapade marquante et initiatique, qui a soudé le quatuor à tout jamais. La fièvre de partir, la ligne de chemin de fer en guise de boussole et de promesse, la peur des coyotes, les nuits à la belle étoile… On dirait du John Ford mâtiné de Charles Perrault. Stand by Me, d’après Stephen King, c’est un peu La Nuit du chasseur version soul et R’n’B (la BO regorge de standards, dont celui des Temptations). Barjot binoclard, obèse soumis, intello secret, mignon énergique, chacun a son tempérament, chacun doit le dompter ou le dépasser. Entre mésaventures dues aux sangsues, friction avec les voyous du coin et découverte macabre, l’aventure humaine amène la bande à réagir en adulte, donc à vivre la fiction la plus forte qui soit. D’où l’héroïsme, les joies et les tourments de ce petit chef-d’œuvre, modeste épopée en miniature servie par quatre jeunes acteurs touchants et craquants, dont feu River Phoenix, alors plus que prometteur. Gordie Lachance se souvient. En ce lointain été 1959, en Oregon, il a 12 ans et, avec ses trois inséparables copains, Chris, Teddy et Vern, il se lance dans une expédition peu banale : retrouver le corps de Ray Brower, un adolescent porté disparu. Les quatre apprentis détectives espèrent ainsi faire la une des journaux. Grâce à Vern, ils ont un indice. En effet, surprenant une conversation entre son frère aîné et un de ses amis, Vern a compris que le corps du jeune homme, mortellement heurté par un train, se trouve dans la forêt. Mais, sur les lieux du drame, les adolescents sont rejoints par des voyous, parmi lesquels le frère de Vern... | STAND BY ME, Rob Reiner 1986, Wil Wheaton, River Phoenix, Corey Feldman (societe)@@ (E) Un événement peu ordinaire va marquer la vie du jeune Gordie Lachance. Au cours de l'été 1959, un adolescent a disparu mystérieusement dans l'Oregon. Gordie et ses inséparables copains, Chris, Teddy ... |
![]() | STARGATE, Roland Emmerich 1994, Kurt Russell, James Spader (science fiction)@@Le docteur Daniel Jackson est rejeté par la communauté des égyptologues en raison de ses théories controversées sur la fonction des pyramides d'Égypte qui seraient des lieux d'atterrissage de vaisseaux spatiaux. Cependant, à la sortie d'une conférence, il est recruté par Catherine Langford pour travailler sur un projet secret de l'armée américaine. Arrivé dans la base de Creek Mountain, il découvre une dalle mise au jour en 1928 à Gizeh (Égypte) puis en traduit les écritures du cercle intérieur. | STARGATE, Roland Emmerich 1994, Kurt Russell, James Spader (science fiction)@@ (E) Le docteur Daniel Jackson est rejeté par la communauté des égyptologues en raison de ses théories controversées sur la fonction des pyramides d'Égypte qui seraient des lieux d'atterrissage de vaisse ... |
![]() | TAXI DRIVER, Martin Scorsese 1976, Robert De Niro, Jodi Foster (societe road movie) @@@Depuis son retour du Vietnam, Travis Bickle est contraint de prendre quantité de tranquillisants pour dormir. Il devient taxi de nuit, évoluant dans un New York où se mêlent délinquants, drogués et prostitués. Dans la journée, il écrit son journal dans lequel il se dit laid et incompris. TELERAMA Dès les premières secondes, la musique de Bernard Herrmann (sa dernière) évoque l’enfer, tandis que, tout engluée de fumées, émerge New York. Une ville que le héros (Robert De Niro), un ancien du Vietnam, contemple avec dégoût : trop de drogués, de pervers, d’hystériques… On n’est pas très loin de Mean Streets, et le regard du jeune Martin Scorsese n’est pas dénué d’un certain moralisme : il y a toujours, chez ce cinéaste, même dans ses films les plus récents, le sens de la faute, l’obsession du péché. L’ambiguïté, c’est que Travis le taxi, qui note ses pensées purificatrices dans son journal intime et travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre, est aussi fêlé que ceux qu’il observe. Un être fruste, inculte, qui ne quitte son travail que pour aller jouer les voyeurs dans des cinémas pornos. Repoussé par une fille de la haute, blonde et sage, il devient une bombe à retardement, prêt à la fois à assassiner un candidat à la présidence et à sauver une préadolescente de la prostitution. Une sorte de saint pervers, comme le héros de Flannery O’Connor adapté par John Huston dans Le Malin… Dans un pays cinglé, la folie d’un tel type ne peut qu’être célébrée. D’où le dénouement ironique de ce film hyperviolent et brillantissime, Palme d’or à Cannes. | TAXI DRIVER, Martin Scorsese 1976, Robert De Niro, Jodi Foster (societe road movie) @@@ (E) Depuis son retour du Vietnam, Travis Bickle est contraint de prendre quantité de tranquillisants pour dormir. Il devient taxi de nuit, évoluant dans un New York où se mêlent délinquants, drogués et p ... |
![]() | TEMOIN A CHARGE, Billy Wilder, Tyrone Power, Marlene Dietrich, Charles Laughton (thriller)@@Leonard Vole est accusé du meurtre de la vieille et riche madame French, qui avait fait de lui son héritier et son amant. L'inculpé confie sa défense au prestigieux avocat londonien sir Wilfrid Robarts, qui a été contacté par un confrère de ses amis. Bien qu'il se remette à peine d'une attaque cardiaque, Roberts accepte de prendre l'affaire en main. Une infirmière le suit et veille sur sa santé. Le procès se présente mal. Leonard Vole n'a qu'un témoin. Il ne peut compter que sur son épouse, Christine, seule capable de l'innocenter en disant qu'il était avec elle au moment du crime. Mais Christine finit par témoigner en sa défaveur, ce qui lui promet une condamnation logique... TELERAMA De Tyrone Power, séduisant à mourir, ou Marlene Dietrich, épouse soumise, qui est coupable ? Entre deux cigares, Charles Laughton mène (à peine) l’enquête. Le rebondissement final est extra. Une merveille ! L'histoire aurait pu donner lieu à un simple film de prétoire, malgré son long prélude chez l'avocat. Mme Christie l'avait déjà dotée d'un double rebond final, qu'un avertissement des producteurs conjure le spectateur de ne pas dévoiler à son prochain. Wilder y met aussi sa patte. La première moitié est tricotée une maille à l'endroit, une maille à l'envers. Un, brosser le portrait du vétéran du barreau qui se saisit de l'affaire : gros numéro de Charles Laughton, qui joue au chat et à la souris avec la rustique infirmière chargée de surveiller sa santé vacillante. Deux, recomposer l'intrigue en flash-back : une riche veuve a été assassinée ; on soupçonne le fringant jeune homme qu'elle avait pris sous sa protection, lui-même marié à une mystérieuse Allemande. Au tribunal, on guette le choc des deux monstres. Il viendra. Marlene Dietrich est d'abord montrée comme si elle était dans un autre film. C'est pour mieux faire exploser à la fin les conventions du genre. Quelques grammes de colossale finesse, un soupçon d'hystérie dans les tasses de thé et un drôle de pétard sous les perruques blanches. | TEMOIN A CHARGE, Billy Wilder, Tyrone Power, Marlene Dietrich, Charles Laughton (thriller)@@ (E) Leonard Vole est accusé du meurtre de la vieille et riche madame French, qui avait fait de lui son héritier et son amant. L'inculpé confie sa défense au prestigieux avocat londonien sir Wilfrid Robarts, qui a &ea ... |
![]() | THE MISSOURI BREAKS, Arthur Penn 1967, Jack Nicholson, Randy Quaid, Kathleen Lloyd (western)Montana, 1880. Afin de lutter contre un gang de voleurs de chevaux dirigé par Jack Nicholson, un propriétaire terrien engage un tueur à gages, un régulateur excentrique et ultra-violent. Un festival de déguisements pour Marlon Brando, dandy efféminé, mis en scène par le réalisateur du Gaucher et de Bonnie & Clyde. TELERAMA Si vous aimez le western classique, passez votre chemin. Celui-ci sabote le genre, au-delà même de ce que souhaitait sans doute Arthur Penn, qui réalisait là, au moment où son pays était plongé dans le bourbier vietnamien, une sorte d’antiwestern, insolent, baroque, libertaire. Sur le versant politique, le cinéaste décrivait le capitalisme sauvage des grands propriétaires terriens, qui recrutaient des mercenaires pour faire la police. Le film raconte l’affrontement entre deux hommes, un tueur à gages aussi impitoyable qu’original (Marlon Brando) et un voleur de bétail (Jack Nicholson). Autant dire un face-à-face entre deux monstres sacrés, alors au sommet, dont l’un échappa totalement au contrôle du cinéaste. Brando imposa toutes sortes de tocades, changeant à chaque séquence d’accents et de chapeaux, improvisant des poèmes d’amour en croquant une carotte avec son cheval ou surgissant travesti en grand-mère fantasque, avec robe, tablier et capote à rubans. Une performance déroutante, ayant le mérite de souligner l’ambiguïté perverse du psychopathe en armes, et l’occasion pour Brando de marquer les esprits, voire de voler la vedette à Nicholson, plus longtemps au premier plan. Entre la farce et la violence imprévisible, le nanar et le manifeste (anarchiste mais aussi féministe), les fusillades et la vadrouille au ralenti, le film est bancal mais se regarde comme une vraie curiosité. Valant son pesant de poudre et de parfum capiteux au lilas. | THE MISSOURI BREAKS, Arthur Penn 1967, Jack Nicholson, Randy Quaid, Kathleen Lloyd (western) (E) Montana, 1880. Afin de lutter contre un gang de voleurs de chevaux dirigé par Jack Nicholson, un propriétaire terrien engage un tueur à gages, un régulateur excentrique et ultra-violent. Un festival de dég ... |
![]() | THE SPECIALIST, Luis Llosa 1994, Sylvester Stallone, Sharon Stone (thriller)@Le capitaine Ray Quick, expert en explosifs, a quitté la CIA après une opération ratée menée par son ancien supérieur et qui a coûté la vie à une enfant innocente. Travaillant désormais en indépendant, il est contacté par une mystérieuse May Munroe qui lui demande de tuer les hommes qui ont assassiné ses parents dans son enfance. | THE SPECIALIST, Luis Llosa 1994, Sylvester Stallone, Sharon Stone (thriller)@ (E) Le capitaine Ray Quick, expert en explosifs, a quitté la CIA après une opération ratée menée par son ancien supérieur et qui a coûté la vie à une enfant innocente. Travaillant d& ... |
![]() | TOP SECRET, Blake Edwards 1974, Omar Sharif, Julie Andrews (espionnage)@@Secrétaire du ministre de l'Intérieur britannique, Judith Farrow fait la connaissance de Féodor, séduisant agent secret soviétique en poste à l'ambassade d'URSS à Londres. Ils tombent amoureux l'un de l'autre, ce qui, en plein climat de guerre froide, provoque des remous à Londres et à Moscou. TELERAMA Dans l'Allemagne divisée de l'après-guerre, le général Streck rêve de réunifier le pays sous son autorité. Pour atteindre son but, il fait emprisonner le professeur Flammond, inventeur d'une arme redoutable, la mine Polaris, afin de le maintenir sous son joug. Pour améliorer son image de marque, ternie par son admiration pour Hitler, Streck décide d'organiser un festival de musique à Berlin Est. Il invite une star internationale du rock, Nick Rivers, et projette de retransmettre le concert dans le monde entier. A son arrivée, la star rencontre Hillary Flammond, la fille du professeur. Celle-ci l'entraîne dans ses aventures. Nick, littéralement sous son charme, n'hésite pas une seconde à aider Hillary à délivrer son père, qui se trouve être également le chef de la résistance... | TOP SECRET, Blake Edwards 1974, Omar Sharif, Julie Andrews (espionnage)@@ (E) Secrétaire du ministre de l'Intérieur britannique, Judith Farrow fait la connaissance de Féodor, séduisant agent secret soviétique en poste à l'ambassade d'URSS à Londres. Ils tombent amoureu ... |
![]() | George Seaton 1962, William Holden, Lilli Palmer (guerre)@Stockholm, 1942. Eric Erickson, un homme d'affaires new-yorkais naturalisé suédois, continue à vendre du pétrole aux Allemands. Aux yeux de son entourage, il est évidemment soupçonné de collaborer avec l'ennemi. Bientôt, tous l'abandonnent, l'accusant de trahison. Erickson, qui se refuse à prendre parti dans le conflit, aimerait beaucoup restaurer sa réputation, mais comment ? C'est un agent secret britannique, Collins, qui lui fournit la réponse. TELERAMA Les dictionnaires du cinéma ne sont pas tendres avec George Seaton, qui s'est souvent fourvoyé dans de grosses productions. Pourtant, ce petit film d'espionnage - inspiré d'une histoire vraie - reste une de ses oeuvres les plus intéressantes. On plonge, derrière le héros, en plein dans la gueule du loup, dans un monde terrifiant où même les enfants, fanatisés, sont des délateurs en puissance. Aux côtés de William Holden, remarquable, Lilli Palmer apporte une vraie touche d'émotion, et on note l'apparition de Klaus Kinski, déjà halluciné, dans le rôle d'un réfugié juif. Un film rarement diffusé qui mérite le détour. | George Seaton 1962, William Holden, Lilli Palmer (guerre)@ (E) Stockholm, 1942. Eric Erickson, un homme d'affaires new-yorkais naturalisé suédois, continue à vendre du pétrole aux Allemands. Aux yeux de son entourage, il est évidemment soupçonné de colla ... |
![]() | TROIS COULEURS- ROUGE, Kieslowski (Krzysztof), Irene Jacob, Jean-Louis TrintignantLa mannequin genevoise Valentine frappe un chien en conduisant sa voiture. Elle s'arrête pour contacter le propriétaire de l'animal et rencontre un juge à la retraite qui s'amuse à écouter les appels téléphoniques de ses voisins. Deux inconnus, le vétéran cynique et le mannequin triste forment une amitié improbable. | TROIS COULEURS- ROUGE, Kieslowski (Krzysztof), Irene Jacob, Jean-Louis Trintignant (E) La mannequin genevoise Valentine frappe un chien en conduisant sa voiture. Elle s'arrête pour contacter le propriétaire de l'animal et rencontre un juge à la retraite qui s'amuse à écouter les appels t&eacu ... |
![]() | UN FLIC, Jean-Pierre Melville 1972, Alain Delon, Catherine Deneuve, Richard Crenna (policier)@@Un hold-up a lieu dans une banque. L'un des gangsters est blessé. L'argent est enterré dans un champ, le blessé amené dans une clinique. De son côté, Edouard Coleman, jeune commissaire, enquête dans le milieu. Il y retrouve son ami Simon, propriétaire d'une boîte de nuit, et sa compagne Cathy. TELERAMA La quintessence du style de Melville : le flic improbable jazzy, l’amitié trahie, le sort dérisoire de l’être humain. Son film le plus épuré… Un bord de mer fouetté par la pluie. Une ville fantôme. Et des gangsters sanctifiés. L’ouverture du dernier film de Melville est un modèle d’intensité plastique et d’incongruité. Dans ce désert urbain, on s’attend à tout sauf à voir une banque ouverte qui attend sagement d’être dévalisée. La vraisemblance, Melville le maniériste s’en moque. Même chose pour l’intrigue, minimale. Ce qui est affiné et exacerbé, ce sont les codes du polar… On est hypnotisé par le déroulement minutieux du casse dans le train. On glisse dans un monde désaffecté, peu loquace mais très sonore. Tout se passe comme si Delon, Deneuve et les autres, statufiés dans leur mutisme, adressaient au spectateur les derniers signes d’une vie possible à l’écran. | UN FLIC, Jean-Pierre Melville 1972, Alain Delon, Catherine Deneuve, Richard Crenna (policier)@@ (E) Un hold-up a lieu dans une banque. L'un des gangsters est blessé. L'argent est enterré dans un champ, le blessé amené dans une clinique. De son côté, Edouard Coleman, jeune commissaire, enquête ... |
![]() | UN THE AU SAHARA, Bernardo Bertolucci 1990, John Malkovich, Debra Winger (sentimental)@@En 1947, un jeune couple d'Americains, Port Moresby et Kit, partent pour l'Afrique à la recherche de leur amour que la civilisation d'après-guerre perturbe. Une belle histoire d'amour entre deux personnes très compliquées qui s'adorent mais ne peuvent pas trouver le bonheur ensemble. TELERAMA Un couple d’Américains au bord du divorce trimbale son désespoir dans un Maroc très (trop ?) photogénique. Ils s’enfoncent dans le désert, englués dans leur solitude. Le roman de Paul Bowles, adapté par Bernardo Bertolucci. Curieux trio qui débarque dans le Tanger de la fin des années 40, avec des malles aussi grosses que leurs désillusions. Port est un compositeur qui ne compose plus. Kit, sa femme, est une dramaturge qui n'a presque rien écrit. Comme pour éviter de se retrouver face à face, ils traînent dans leurs bagages Turner, un ami, tel un bel objet futile et vain. Ce sont des dandys que peint Bertolucci dans cette adaptation du célèbre roman de Paul Bowles. Sa caméra, aérienne, semble les dominer légèrement. D'amples et superbes mouvements tournants les enferment dans des cercles invisibles à mesure qu'ils s'enfoncent dans le désert, à la recherche d'une vérité qui se dérobe. En contrepoint de leur quête sévit un couple grotesque, Mme Lyle et son fils, droit sortis de l'univers grinçant de John Huston. Qu'importe donc l'exotisme d'un Maroc très hollywoodien : dans des sites grandioses, Port et Kit dissertent sur leur mal de vivre, et Bertolucci joue avec brio une partie de cache-cache entre l'art et l'artifice. Si l'on croit moins aux séquences finales, où Port tombe soudain malade, il est difficile de ne pas reconnaître que Debra Winger est éblouissante. | UN THE AU SAHARA, Bernardo Bertolucci 1990, John Malkovich, Debra Winger (sentimental)@@
(E) En 1947, un jeune couple d'Americains, Port Moresby et Kit, partent pour l'Afrique à la recherche de leur amour que la civilisation d'après-guerre perturbe. Une belle histoire d'amour entre deux personnes très compliqu& ... |
![]() | UNE HISTOIRE SIMPLE, Claude Sautet 1978, Romy Schneider, Claude Brasseur (societe)@@Marie, 39 ans, s'est décidée pour une vie de femme indépendante. Elle partage son amitié avec Gabrielle, Francine, Anna et Esther, quatre amies qu'elle retrouve le week-end dans la maison de campagne de Gabrielle. Elle se rapproche pourtant de son ex-mari, Georges, qui vient travailler dans la maison où elle est dessinatrice de mode. Elle a besoin de lui pour sauver Jérôme, le mari de Gabrielle. TELERAMA Marie, 40 ans, vit seule avec son fils depuis son pénible divorce. Quand elle apprend qu’elle est enceinte de son amant, elle décide d’avorter. Un superbe personnage, écrit pour Romy Schneider, qui illumine ce drame sentimal signé Claude Sautet. Contrairement à ce qu'indique le titre, l'histoire de Marie n'est pas simple. En témoigne la lettre de rupture qu'elle envoie à son amant, Serge : « Depuis longtemps, c'est quand nous sommes ensemble que tu me manques le plus. » Pour oublier cet homme qui parle fort et trop creux, Marie part en vacances chez des amis, à la campagne. Ambiance pouët-pouët tralala, grandes tablées Ricoré et baignades-pelotages... A la revoyure, la déconvenue est surtout sonore. Claude Sautet et Jean-Loup Dabadie n'ont pas osé claquemurer leur héroïne dans le silence recueilli qu'elle méritait. Ils ont ouvert le kit du remplissage vocal, polluant le film d'une multitude de répliques sans intérêt, lâchées avec un entrain démodé. Si l'on accepte de chercher ce que cache cet agaçant brassage d'air, à savoir l'effondrement intérieur d'une génération terrifiée par la liberté enfin gagnée, Une histoire simple a valeur de document historique. Claude Sautet a l'art d'aplatir le quotidien, pour exacerber ce qu'il a d'insupportable : du simple fracas des verres qui s'entrechoquent sur le zinc jusqu'aux griffures intimes que provoquent les petites phrases amères décochées en fin de parcours amoureux. | UNE HISTOIRE SIMPLE, Claude Sautet 1978, Romy Schneider, Claude Brasseur (societe)@@ (E) Marie, 39 ans, s'est décidée pour une vie de femme indépendante. Elle partage son amitié avec Gabrielle, Francine, Anna et Esther, quatre amies qu'elle retrouve le week-end dans la maison de campagne de Gabrielle ... |
![]() | VERA CRUZ, Robert Aldrich 1954, Gary Cooper, Burt Lancaster (western)@@En 1866, pendant la révolution mexicaine, Benjamin Trane, un ancien officier de l'armée sudiste à la recherche d'argent, décide de s'allier avec un chef de bande. Le marquis de Labordère leur propose une mission : escorter la comtesse Marie Duvare, dont le carrosse contient de l'or. TELERAMA Mexique, 1866. Un ancien officier de l’armée sudiste s’associe à un brigand professionnel. Lancaster et Cooper au meilleur de leur forme. Dialogues en décalage, seconds rôles originaux, ironie : les westerns-spaghettis y puiseront leur inspiration. En un an, Robert Aldrich signe Bronco Apache, Vera Cruz, En quatrième vitesse... Un tir groupé ! Jalon novateur dans l’histoire du western, Vera Cruz annonce les duels au soleil de Sergio Leone, avec ses desperados crados, ses révolutionnaires en sombrero et ses sarcasmes en rafale. En 1866, au Mexique, les insurgés juaristes tentent de chasser l’empereur Maximilien d’Autriche pour prendre le pouvoir. Comme le pays est une pétaudière, il attire toutes sortes d’aventuriers et de canailles cupides. Dont Joe Erin (Burt Lancaster) et Ben Trane (Gary Cooper), qui n’ont rien en commun à part de viser toujours juste. Ils vont s’associer par appât du gain. Le premier est une crapule au sourire d’ivoire éclatant sur un visage très souillé, à la tête d’une bande de mercenaires sans foi ni loi. Le second, à l’allure de gentleman, est un ancien colonel sudiste, propriétaire de plantation ruiné par la guerre de Sécession. Ces complices contre nature sont chargés d’escorter avec un détachement militaire une comtesse française (Denise Darcel, ex-showgirl parisienne) jusqu’au port de Vera Cruz. L’intrigue est une suite de coups tordus et de renversement d’alliances, où tout le monde cherche à tromper tout le monde et où le moindre compliment cache une trahison à venir. Le scénario, pour le moins rocambolesque quoique totalement improvisé sur le tournage (d’après Robert Aldrich), contient plus d’une réplique saillante. Exemple : « Un type qui aime les gens, on peut pas compter dessus. » Entre visite touristique bien réelle à l’intérieur du pays (le château de Chapultepec, la pyramide du Soleil), bons seconds rôles de méchants (Ernest Borgnine, Charles Bronson, Jack Elam...) et sympathie in extremis pour la cause du peuple mexicain, ce film, qui connut un énorme succès en France à sa sortie, est resté un western incontournable. | VERA CRUZ, Robert Aldrich 1954, Gary Cooper, Burt Lancaster (western)@@ (E) En 1866, pendant la révolution mexicaine, Benjamin Trane, un ancien officier de l'armée sudiste à la recherche d'argent, décide de s'allier avec un chef de bande. Le marquis de Labordère leur propose une m ... |
![]() | WILLOW, Ron Howard1988, Val Kilmer, Warwick Davis (fantastique)@@La cruelle reine Bavmorda règne sur le peuple des Daïkinis. Lorsqu'une prédiction annonce la naissance imminente d'une princesse qui la détrônera, Bavmorda donne l'ordre de tuer tous les nouveau-nés du royaume. Elora, le bébé de la prophétie, échappe au massacre. Elle est recueillie par Willow, un homme de petite taille qui fait partie de la race des Nelwyns. Ce dernier est chargé de ramener l'enfant au pays des Daïkinis. TELERAMA Ron Howard joue les apprentis sorciers. Son grimoire de référence s’appelle Le Seigneur des anneaux, de Tolkien, épopée foisonnante peuplée d’aimables Hobbits aux prises avec un terrifiant seigneur… Pour éviter la copie conforme, le cinéaste ajoute dans son chaudron une louchée biblique (le massacre des Innocents), un fragment de Table ronde 100 % celte, quelques hydres mythologiques et un croustillant clin d’œil à Blanche-Neige. Trempé dans cette mixture, le conte ressemble à un habit d’Arlequin, scintillant d’effets spéciaux. Et, contre toute attente, on se laisse charmer par cet hybride hollywoodien, qui trouve malicieusement, avec son spectateur, un terrain d’enfance. | WILLOW, Ron Howard1988, Val Kilmer, Warwick Davis (fantastique)@@
(E) La cruelle reine Bavmorda règne sur le peuple des Daïkinis. Lorsqu'une prédiction annonce la naissance imminente d'une princesse qui la détrônera, Bavmorda donne l'ordre de tuer tous les nouveau-nés du ... |