LES FILS DE L HOMME, Alfonso Cuarón 2006 (science fiction horreur)@@ () voir sur GOOGLE MAP
Dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, l'annonce de la mort de la plus jeune personne, âgée de 18 ans, met la population en émoi. Au même moment, une femme tombe enceinte - un fait qui ne s'est pas produit depuis une vingtaine d'années - et devient par la même occasion la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Un homme est chargé de sa protection.
TELERAMA
2027. Le monde est devenu stérile : plus aucune naissance. La dictature et le chaos règnent partout. Un film qui dénonce l’égoïsme suicidaire de nos sociétés.
Avant Gravity, Alfonso Cuarón filmait Londres en… 2027. Le cinéaste donne d’emblée le ton de son récit d’anticipation. Ici, pas de voitures volantes ni de buildings démesurés. Le frissonnant futur qu’il imagine ne fait que maquiller notre présent, en plus désespérant. L’Angleterre est devenue une dictature policière. Ailleurs, c’est le chaos. Theo (Clive Owen) a renoncé à ses convictions humanistes et vivote au jour le jour comme bureaucrate. Jusqu’au jour où son ancienne amante (Julianne Moore), chef d’une organisation clandestine, lui demande d’escorter une jeune fille, Kee, à travers le pays…
Si la trame est classique, le propos l’est moins : dans cet univers, il n’y a plus aucun enfant. L’humanité est devenue stérile. Dans ce contexte dépressif, Kee représente le seul espoir. Et il ne s’agit pas de n’importe quelle femme : Kee est une réfugiée, donc une moins-que-rien, dans ce pays qui harcèle et rejette les étrangers de manière abjecte. Tourné avec une brutalité quasi documentaire, le film est un miroir à peine déformant de l’Occident. Cuarón développe un discours saisissant contre les politiques actuelles de lutte contre l’immigration. C’est pourtant, nous dit-il, parmi ces hommes et ces femmes niés et pourchassés que se trouve le ferment de l’avenir. Les Fils de l’homme, ou le film d’anticipation que notre présent mérite.