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mardi 27 janvier 2026 - 22h30
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ARSENIC ET VIEILLES DENTELLES, Franck Capra 1944, Cary Grant (comique)@@



ARSENIC ET VIEILLES DENTELLES, Franck Capra 1944, Cary Grant (comique)@@
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ARSENIC ET VIEILLES DENTELLES, Franck Capra 1944, Cary Grant (comique)@@ ()
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Mortimer Brewster vient annoncer à ses tantes, Dorothy et Martha, deux charmantes vieilles filles qui l'ont élevé, son prochain mariage avec la fille du révérend Harper. Cependant, il découvre, caché dans un coffre sous la fenêtre, le cadavre d'un vieil homme. Ses tantes lui avouent alors qu'elles se sont fait une spécialité de supprimer les vieux messieurs seuls au monde en vue de leur rendre service.

TELERAMA
Mortimer (Cary Grant) rend visite à ses tantes de Brooklyn et découvre que leur bicoque est truffée de macchabées. Sarabande endiablée, dialogues satiriques, contrastes désopilants. Capra contourne la façade pimpante de l’Amérique pour mieux déterrer ses cadavres.

Mortimer Brewster, célèbre critique de théâtre sur le point de se marier, découvre l’inimaginable : dans leur bonbonnière de Brooklyn, ses deux vieilles tantines compatissantes abrègent les souffrances supposées des hommes esseulés qui échouent dans leur chambre à louer. Une fois perprétés leurs homicides charitables, les empoisonneuses font disparaître les corps avec la complicité involontaire du frère de Mortimer qui, persuadé d’être le président Roosevelt, a entrepris de creuser le canal de Panama (et les tombes des victimes) au sous-sol.


Comment la célèbre et déjà octogénaire comédie macabre de Capra vieillit-elle ? À la revoyure, soyons honnêtes, la théâtralité de ce huis clos, qui fut d’abord une pièce, peut rebuter. De même que le parti pris expressionniste du jeu de Cary Grant, qui fait dans l’artillerie lourde plus que dans la dentelle. Cela ne pèse pourtant pas bien lourd face à la saveur ironique des dialogues et à l’habileté du cinéaste à jouer des contrastes jusqu’au malaise – les futurs époux se tournant autour dans un cimetière, les tantes énumérant leurs meurtres avec la décontraction guillerette d’adorables mamies gâteaux. Et quelle cadence ! La maison des horreurs fonce au rythme d’un train fou, et l’on jubile.

Avec ces tueuses en jupons et leur fâcheuse tendance à confondre leur morale et la loi, Capra le dit en riant mais le dit tout de même : quand l’Amérique joue les chevaliers blancs, elle continue d’empiler les cadavres à la cave.