En 1934, sur la côte Est des Etats-Unis. Dans une maison au bord de l'océan, Lillian Hellman écrit sa première pièce de théâtre, aidée par son ami, l'écrivain Dashiell Hammett. Elle se souvient de Julia, son amie d'enfance, partie pour Vienne afin de suivre les cours de Freud. Lillian se rend en Autriche pour la revoir. Elle apprend bientôt que Julia a été blessée dans une bagarre entre des étudiants et des fascistes et la retrouve à l'hôpital. Peu après, Julia disparaît mystérieusement. De retour aux Etats-Unis, Lillian remanie sa pièce. Celle-ci, à peine publiée, rencontre un très grand succès...
TELERAMA
Grande histoire d’amitié au féminin dans les années 1920 et 1930. Grâce à la force de son sujet et au talent des actrices, l’académisme de Fred Zinnemann se mue en classicisme poignant.
Une voix off, touchante : celle de Lillian Hellman, dramaturge et compagne de Dashiell Hammett, qui se souvient de son amie Julia, de leur indéfectible amitié. Pendant que Lilly, restée au États-Unis, passait jours et nuits dans une maison sur la plage à marteler sa machine à écrire sous le joug sans pitié de Hammett, Julia, elle, se battait sur un autre front, plus sombre qu’une feuille blanche. Nous étions dans les années 1930 et dix ans s’étaient écoulés depuis que les deux jeunes filles avaient rêvé d’idéal dans le château de Julia. La riche héritière aurait pu choisir de se laisser vivre. Elle était partie en Europe, engagée jusqu’à la mort contre le nazisme. Plus de nouvelles. Jusqu’au jour où Lillian, son talent reconnu, est appelée à l’aide par son amie. Pourrait-elle convoyer un paquet dans un train pour Berlin ?...
Zinnemann, le cinéaste d’origine autrichienne qui exerça son humanisme à Hollywood, eut toujours à cœur de célébrer le courage au masculin (Tant qu’il y aura des hommes, C’étaient des hommes). C’est l’engagement féminin qu’il loue ici avec élégance, à défaut de lyrisme. Gardien respectueux de cette amitié particulière exempte de toute ambiguïté, il met son académisme au service d’un noble propos : la complémentarité entre les héroïnes-nées et les héroïnes d’un jour. Entre celles, comme Julia, décidées à donner leur vie pour une idée et d’autres, comme Lillian, prêtes à se dépasser tant elles admirent les premières. Sa subtile et élégante direction d’actrices (voir la scène, retenue et poignante, des retrouvailles à Berlin...) fait le reste. Un beau film révérencieux.
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