Michel, le jeune fils de l'écrivain Charles Thénier, est renversé sur la place d'un village breton par un automobiliste qui prend la fuite. Le garçon meurt des suites de ses blessures. Charles, qui a aussi perdu sa femme, entre en clinique pour dépression nerveuse. Plus que jamais, il est décidé à retrouver l'homme qui a tué son fils. A sa sortie d'hôpital, il mène son enquête et ne tarde pas à identifier l'inconnu : Paul Decourt, garagiste à Quimper. Pour mieux l'approcher et assouvir sa vengeance, Charles devient l'amant d'Hélène Lanson, la belle-soeur de Paul. Lors d'un séjour de vacances à La Rochelle, Charles découvre que le chauffard est un tyran domestique détesté par son propre fils, Philippe...
TELERAMA
Chabrol signe un film de réflexion morale plus qu’une satire sociale, confrontant deux comédiens magnifiques : Michel Duchaussoy et Jean Yanne.
L'écrivain Charles Thénier veut venger la mort de son fils, tué par un chauffard qui a pris la fuite. Il découvre que le meurtrier est un garagiste sanguin et vulgaire, qui terrorise sa famille. Il s’introduit auprès de lui, dans l’intention de le tuer. Ce faux polar est l’un des plus grands films de Claude Chabrol, grâce à un scénario diabolique. À travers les personnages qu’interprètent Michel Duchaussoy (excellent) et Jean Yanne (époustouflant) s’opposent deux conceptions de la vie et, plus largement, le vieux couple culture-nature. Il y a, d’un côté, un écrivain tout en retenue, investi d’une mission vengeresse juste (quoique…), et, de l’autre, un être qui n’est qu’appétit — une bête, en somme. Chabrol prend du plaisir à brouiller le jeu, et bien malin qui dira, in fine, quel est le personnage positif de l’aventure. À la mécanique glacée — digne des maîtres Lang ou Hitchcock – s’ajoute une étonnante dimension satirique. Il y a dans l’interprétation de Yanne comme une synthèse d’une France poujadiste, petite-bourgeoise, celle de la bouffe et de la bagnole…
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