Fin du XVIIIe siècle, à Venise. Les pensionnaires de l'institut Sant'Ignazio, un orphelinat et conservatoire réservé aux jeunes filles, ne peuvent cacher leur joie et une certaine appréhension en raison de la visite imminente de Pie VII, le nouveau pape fraîchement intronisé. Pour l'occasion, un grand concert a été longuement préparé et sera donné en l'honneur de cet invité d'exception. Teresa, alias "la muette", une jeune domestique aussi silencieuse que solitaire, découvre un piano-forte dans le débarras de l'établissement. Elle ignore que sa surprenante trouvaille va révolutionner la vie de l'institution...
TELERAMA
Au XVIIIe siècle, dans un internat pour jeunes filles de la noblesse vénitienne, une servante dotée de l’oreille absolue se libère à travers la musique. Premier film galvanisant de Margherita Vicario.
Une énergie dansante traverse ce premier film d’une jeune Italienne qui signe aussi des œuvres musicales. Ses recherches l’ont amenée à s’intéresser aux orphelinats où, dans la Venise du XVIIIe siècle, des jeunes filles recevaient une éducation digne des meilleurs conservatoires. Avec beaucoup de spontanéité, Margherita Vicario reconstitue l’époque, utilisant simplement des bâtiments anciens et de jolis costumes. L’important sera d’avoir l’oreille ! Celle de la servante Teresa (formidable Galatéa Bellugi) est si fine qu’elle transforme en symphonie rythmique tous les bruits qui l’entourent. Le jour où elle découvre un pianoforte, instrument sacrilège caché dans ce lieu saint qu’est l’orphelinat, elle se met à inventer des musiques diaboliquement modernes. Et attire les jeunes pensionnaires de l’établissement, qui ont envie de chanter, de composer, plus classiquement mais aussi audacieusement.
Il s’agit de fêter la créativité musicale féminine et de la libérer, en ne reculant pas devant la fantaisie, du carcan d’un monde où la gloire n’appartient qu’aux hommes. En l’occurrence, un prêtre qui va être chargé d’écrire la plus belle des partitions pour la visite du pape Pie VII. Mais ce prêtre cache qu’il a perdu l’inspiration, comme il cache sa faiblesse ruineuse pour un chanteur gigolo qui lui dit « Tu es mon maestro ».
La comédie permet de régler son compte au patriarcat sans en faire un plat. C’est l’identification avec ses héroïnes qui guide la réalisatrice. Elle réussit ses plus belles scènes en mêlant la dynamique sonore et le tempo donné à l’image par un montage alerte. Le cinéma devient tremplin vers la sensation des voix, des instruments. Cette forme d’émulation fait de Gloria ! un film qui, en dépit de quelques faiblesses et approximations, séduit par sa volonté d’être utile et de galvaniser les jeunes musiciennes d’aujourd’hui, dans une joie communicative.
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