arpoma
mercredi 28 janvier 2026 - 01h59
menu / rep

atlas / rech

(1 sur 18)   (liste)
◀◀         (1 sur 18)         ►►


























CRAZY HEART, Scott Cooper 2009, Jeff Bridges, Maggie Gyllenhaal (musical country sentimental)@@@
voir sur GOOGLE MAP
A 57 ans, Bad Blake, chanteur de country, vit toujours sur la route, jouant des vieux hits dans des bars de troisième zone et des salles de bowling. Ce qui lui reste de célébrité disparaît peu à peu. Le mieux qu'il puisse espérer aujourd'hui, c'est de faire la première partie de Tommy Sweet, qui fut son jeune protégé et à qui il a tout appris. De petit concert en petit concert, la route de Bad suit son cours, jusqu'au soir où il fait la rencontre de Jean, journaliste locale.

TELERAMA
Rédemption via l’amour d’un chanteur de country has been et alcoolo. Jeff Bridges, sur les traces du Eastwood de “Honkytonk Man”, se fond parfaitement dans son personnage. Un de ses plus grands rôles.

J'ai joué malade, ivre, divorcé et en cavale. De toute ma vie, je n'ai jamais loupé un concert. » Le coup du chanteur de country sur le retour, alcoolo et qui reprend goût à la vie en tombant amoureux d'une jeunesse, on nous l'a déjà fait. Les perdants magnifiques, les histoires de rédemption, Hollywood en raffole. Pourtant, dès qu'on fait la connaissance de Bad Blake (génial pseudo !), on oublie nos préventions. Le mérite en revient au formidable Jeff Bridges.

Qu'il biberonne sa bouteille de Mc Clure au saut du lit dans un motel miteux ou honore en titubant sa tournée des bars et bowlings du Deep South, Bridges apporte le vécu et l'ironie nécessaires. À l'instar d'Eastwood dans Honkytonk Man, il interprète lui-même les chansons écrites pour le film. Et avale les kilomètres d'autoroute au volant d'un corbillard « rouille métallisée ». Un majestueux plan large cadre la minuscule voiture de Blake, seule sur sa voie, croisant, sur la file opposée, l'immense cohorte des véhicules anonymes. Solitude du saltimbanque, éternellement à contre-courant.

La country n’a jusqu’à présent inspiré au cinéma que quelques rares réussites (Tender Mercies, avec Robert Duvall, et Honkytonk Man, de et avec Clint Eastwood). Crazy Heart s’inscrit dignement dans la même lignée et rappelle la place cruciale de cette musique – aussi importante que le jazz – dans le paysage culturel américain. Ce premier film d’un acteur passé à la réalisation est littéralement porté par ses deux interprètes principaux : Maggie Gyllenhaal, généreuse et brave en mère célibataire qui veut encore tenter sa chance avec un homme pourtant prénommé Bad, et Jeff Bridges, qui a l’air d’être né pour ce rôle conflictuel opposant le charme et la douceur à l’irresponsabilité et l’autodestruction.


voir sur GOOGLE MAP