![]() | AFTER chapitre 1, Jenny Gage 2019, Josephine Langford, Hero Fiennes Tiffin, Samuel Larsen (societe film e)A 18 ans, Tessa est une jeune fille sage qui fait sa première rentrée à l'université. Elle fréquente un garçon charmant et son avenir semble tout tracé. Lors d'une soirée entre étudiants, elle participe à un jeu action-vérité. Elle doit embrasser le mystérieux Hardin. Le jeune homme est aux antipodes de son fiancé : il est grossier, provocateur, cruel. Et pourtant, entre le "bad boy" tatoué et la jeune fille commence une relation passionnée. Sentant le danger, la mère de Tessa lui conseille de mettre un terme à cette histoire... A 18 ans, Tessa est une jeune fille sage qui fait sa première rentrée à l'université. Elle fréquente un garçon charmant et son avenir semble tout tracé. Lors d'une soirée entre é ... |
![]() | BAC NORD, Audrey Diwan et Cédric Jimenez 2020, Francois Civil Gille Lellouche, Adele Exarchopoulos (thriller)@@2012. Les quartiers nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC nord, brigade de terrain, cherche sans cesse à améliorer ses résultats. Dans un secteur à haut risque, les policiers adaptent leurs méthodes, franchissant parfois la ligne jaune. Jusqu'au jour où le système judiciaire se retourne contre eux. TELERAMA Une fiction très documentée sur l’affaire de la BAC Nord, ces policiers marseillais accusés de trafic de drogue et de racket. Le film de Cédric Jimenez divise la rédaction. Pour : le grand spectacle furieux d’une société qui s’effondre « Une véritable gangrène » , tonnait en 2012 le procureur de la république de Marseille, en parlant des policiers de la BAC (Brigade anticriminalité) des quartiers nord de la ville, accusés d’avoir franchi la ligne rouge : racket, trafic de stupéfiants et autres malversations qui vont entraîner une cascade de sanctions, de la révocation à la mise en examen. Neuf ans plus tard, les aléas de la pandémie et le calendrier des tribunaux ont fait coïncider presque exactement la première conclusion judiciaire de cette affaire — en avril dernier — et la sortie en salles du polar incandescent de Cédric Jimenez, tourné au début de 2020, qui s’en inspire directement. Les deux semblent défendre la même thèse : celle d’une équipe sous pression maximum, incitée par sa hiérarchie à violer les règles pour obtenir des résultats, coûte que coûte. Les vrais policiers ont finalement écopé de peines légères avec sursis, ou ont été relaxés. « Le tribunal a pu constater de graves et importants dysfonctionnements dans ce service de police », a déclaré la présidente du tribunal de Marseille, et c’est ce que raconte le film, dans le sillage de trois têtes brûlées, à l’assaut des cités verrouillées, des murailles du trafic et de la criminalité. La frénésie réaliste d’un Eastwood BAC Nord n’est pas un film promotionnel à la gloire de la police, c’est un formidable western urbain, emmené par un trio de comédiens au meilleur de leur forme, qui électrisent leurs personnages imparfaits, irritants, attachants, voire un peu cinglés. Il y a Grégory (Gilles Lellouche), le chef, tout en charisme massif, Antoine, le chien fou de la bande (François Civil, dans une performance sidérante), et l’anxieux Yassine (Karim Leklou, toujours juste). Autour d’eux, Marseille est une zone de guerre écrasée de lumière, un piège de béton qui se referme peu à peu. Tout commence par une info, lâchée par l’indic d’Antoine. La promesse d’un coup de filet historique dans le marigot des dealers. Mais pour cela il faut se salir les mains, entrer dans le trafic. Aiguillonnés par une hiérarchie qui n’hésitera pas, plus tard, à les lâcher, les trois cow-boys prennent tous les risques… L’aventure a la puissance, la frénésie réaliste et l’amertume des grands polars américains d’autrefois, de Clint Eastwood à William Friedkin. Cédric Jimenez installe magistralement un quotidien sous tension, traversé de fulgurances, de grands moments de cinéma, d’un face-à-face explosif entre ces flics et ces truands, à l’entrée d’une cité, jusqu’au point culminant du film, un assaut d’une violence inouïe. Non, BAC Nord n’est pas un hommage aux pratiques douteuses d’une bande de pseudo-ripoux. C’est le grand spectacle furieux et désespéré d’une société qui s’effondre. — C.M. Contre : description manichéenne des fonctionnaires de l’IGPN Malgré l’efficacité de la mise en scène, malgré le talent des comédiens, c’est le malaise qui domine devant BAC Nord. Pour trois raisons. La première tient à la représentation déshumanisante des trafiquants de drogue dans la séquence de l’assaut de la cité par les policiers : on a l’impression de voir les zombies d’un jeu vidéo, interchangeables et semblant se renouveler à l’infini. La deuxième est liée à la description manichéenne des fonctionnaires de l’IGPN, la « police des polices », assimilés ici à des gratte-papier cyniques, manipulateurs et inutiles, qui empêcheraient leurs collègues prenant tous les risques sur le terrain de lutter contre les délinquants. Une vision pour le moins malheureuse, alors que, avec la multiplication des polémiques concernant les violences des forces de l’ordre, un organisme de contrôle des policiers est plus que jamais nécessaire. La troisième, enfin, renvoie à la prise de position tranchée de Cédric Jimenez sur une instruction judiciaire toujours en cours au moment du tournage. Et le fait que le jugement du tribunal de Marseille, en avril dernier, ait validé largement les thèses du réalisateur ne change rien au problème : l’affaire n’est toujours pas close, le parquet ayant fait appel de la relaxe de plusieurs des policiers mis en cause. — S.D. 2012. Les quartiers nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC nord, brigade de terrain, cherche sans c ... |
![]() | CLOCLO, Florent-Emilio Siri 2012, Jérémie Renier, Benoît Magimel (musical bio Claude Francois)@@Cloclo, c'est le destin tragique d'une icône de la chanson française décédée à l'âge de 39 ans, qui plus de trente ans après sa disparition continue de fasciner. TELERAMA Claude François devient un patron tyrannique. Toute la première, en revanche, est académique à souhait. Au bout d’une heure et quart (à la moitié, donc), un deuxième film commence. Jérémie Renier, jusque-là clone parfait de Claude François, se défait soudain. Comme s’il revêtait un masque, avec des yeux qui brillent un peu trop, un sourire qui se fait rictus... Le réalisateur profite de ce « Cloclo 2 » pour oser des plans-séquences formidables : celui où l’idole, au volant de sa voiture, croise, par groupes, des minettes énamourées qui cherchent à le toucher. Encore plus beau : celui qui serpente entre les convives du célèbre « moulin », propriété de la star, pour découvrir l’enfant caché qui observe la fête de loin, mal dissimulé derrière une fenêtre. Mais avant, on doit subir une première partie insignifiante : l’enfance du petit Claude en Egypte, ses échecs répétés en crooner à l’américaine, sa passion pour France Gall... Dialogues de sitcom, musique additionnelle pleurarde et inénarrable séquence où l’on voit Cloclo trouver les paroles de son tube, Comme d’habitude, en regardant passer les nuages dans le ciel... Cloclo, c'est le destin tragique d'une icône de la chanson française décédée à l'âge de 39 ans, qui plus de trente ans après sa disparition continue de fasciner. TELERAMA Cl ... |
![]() | JOKER, Todd Phillips 2019, Joaquin Phoenix, Robert De Niro (drame social)@@Arthur Fleck vit seul avec sa mère malade dans une cité sordide de Gotham City. Atteint d'une maladie neurologique qui provoque des crises de rire, il peine à distinguer la réalité de ses fantasmes. Il rêve de devenir humoriste et de triompher à la télévision dans le show d'un présentateur populaire, le grand Murray Franklin, qu'il regarde tous les soirs. En attendant, il fait le clown dans des hospices pour enfants ou dans la rue, en homme-sandwich assez remuant. Après s'être fait tabasser dans une ruelle par une bande de voyous qui lui avaient arraché son panneau publicitaire, un de ses collègues clown lui offre un revolver... Arthur Fleck, comédien raté, rencontre des voyous violents en errant dans les rues de Gotham City déguisé en clown. Méprisé par la société, Fleck s'enfonce peu à peu dans la démence et devient le génie criminel connu sous le nom de Joker, un dangereux tueur psychotique. TELERAMA Cette biographie au réalisme brutal de Joker est une satire grinçante du “trumpisme”, avec Joaquin Phoenix en super vilain psychotique. Lion d’or du meilleur film en 2019 à Venise, il divise nos critiques. POUR : La satire rageuse d’un monde malade Collé à l’asphalte, Joker plonge le spectateur dans un Gotham City qui ressemble comme deux gouttes d’eau au New York de la fin des années 1970. Arthur y vit avec sa mère souffreteuse. Lui-même est frappé d’un dérèglement psychique, qui provoque chez lui des rires incontrôlables. Il rêve d’être une star du stand-up, mais fait l’homme-sandwich dans la rue entre des numéros pour les enfants à l’hôpital. Todd Phillips (Very Bad Trip) réussit à déplacer son sens de la bouffonnerie vers une œuvre noire, dont le nihilisme résonne avec bien des contestations rageuses émaillant l’actualité. La violence et les humiliations subies par l’humoriste raté se retournent en parade criminelle, festive, baroque, où Arthur devient l’emblème involontaire d’un embrasement général. Et cette noirceur n’est pas vertueuse : elle reste jusqu’au bout liée à l’outrance, au ricanement, à la caricature — le film lui-même s’assume souvent comme un pastiche de La Valse des pantins, de Martin Scorsese (1983)… Le rire de Joaquin Phoenix (oscarisé pour ce rôle) évoque le mal psychosomatique d’une société folle, où l’oppression par les nantis et la farce médiatique ne font plus qu’un. — Jacques Morice CONTRE : Psychanalyse de comptoir pour pseudo film d’auteur Avec une incontestable science du marketing, les studios Warner et DC Comics ont concocté un nouveau type de produit dérivé pour la marque Batman, qui fêtait ses 80 ans, en 2019 : le néo-film d’auteur, destiné aux plus adultes des fans du superhéros. D’où le vernis chic des nombreux emprunts à Scorsese et la prétention à l’étude de cas psychiatrique. L’emballage auteuriste a fait illusion au-delà des espérances hollywoodiennes, avec le gain du Lion d’or à Venise, et il y a de quoi s’en étonner : le film empile très lourdement les gages de gravité, société malade, monde sans pitié, douleur colossale. Tantôt aphasique, tantôt éloquent, selon les besoins des scénaristes, le méchant réactualisé sonne faux. Et s’il est fou à lier, c’est bien sûr la faute de sa mère. Les femmes portent toujours le chapeau dans ces univers de vieux petits garçons. — Louis Guichard Arthur Fleck vit seul avec sa mère malade dans une cité sordide de Gotham City. Atteint d'une maladie neurologique qui provoque des crises de rire, il peine à distinguer la réalité de ses fantasmes. Il r&e ... |
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![]() | LE DERNIER DES MOHICANS, Michael Mann 1992, Daniel Day-Lewis, Madeleine, (western)@@En 1757 dans l'Etat de New York, alors que la guerre fait rage entre Francais et Anglais pour l'appropriation des territoires indiens, un jeune officier anglais, Duncan Heyward, est chargé de conduire deux soeurs, Cora et Alice Munro jusqu'à leur père. TELERAMA Des batailles, des soldats, des Indiens félons et d’autres héroïques. Et une histoire d’amour romanesque à souhait entre la troublante Madeleine Stowe et le charismatique et si mohican Daniel Day-Lewis. Ne boudez pas votre plaisir. 1757, Anglais et Français se battent pour la possession des terres indiennes dans l’État de New York. Le colonel Montcalm assiège les troupes anglaises du fort William Henry, commandées par le colonel Munro. Un jeune officier anglais, Heyward, est chargé d’escorter les filles de Munro jusqu’au fort ; la troupe tombe dans une embuscade indienne et les jeunes femmes sont sauvées par l’intervention de Hawkeye, un Blanc élevé par les Mohicans. Surprise, voici Daniel Day-Lewis transformé en superhéros de la nation indienne ! Ses prouesses tiennent du pentathlon : course à pied, tir à l’arc, lancer de tomahawk, traversée de rapides en pirogue, lutte à mains nues. Bondissant comme s’il était le gardien d’une forêt mythique, invulnérable, l’acteur ne manque pas de charme. C’est d’abord grâce à lui que le film se laisse agréablement regarder. C’est aussi grâce à un récit sans temps morts : coupant à foison dans le roman de Fenimore Cooper, le film ne s’embarrasse ni de lente mise en place historique ni de prêchi-prêcha moralisateur pro-indien. Grâce à une magnifique photo de Dante Spinotti, Mann tient son suspense et offre quelques belles scènes de combat. Il signe un film d’action musclé, carré, dépaysant, auquel la fragile Madeleine Stowe prête, par instants, une grâce diaphane. En 1757 dans l'Etat de New York, alors que la guerre fait rage entre Francais et Anglais pour l'appropriation des territoires indiens, un jeune officier anglais, Duncan Heyward, est chargé de conduire deux soeurs, Cora et Alice Munro ... |
![]() | LE PRINCE ET LE PAUVRE, Richard Fleischer 1977, Oliver Reed, Raquel Welch, Charlton Heston (cape et epee)@@Londres, sous le règne des Tudors, au XVIe siècle. Le jeune prince Edouard VI échange, par jeu, ses vêtements avec un garçon pauvre qui lui ressemble comme une goutte d'eau. La plaisanterie tourne au drame lorsque le véritable sosie de l'héritier de la Couronne est enlevé. TELERAMA Ce film inspiré d’un roman d’aventures historique de Mark Twain sur la cour des Tudor, est plombé par son anachronisme et son médiocre acteur principal — dans un double rôle — malgré quelques scènes enlevées. En 1973, le succès des Trois Mousquetaires de Richard Lester, vision quelque peu iconoclaste du best-seller d’Alexandre Dumas, pousse les producteurs Alexandre Salkind et Pierre Spengler à relancer l’adaptation d’un autre classique du roman d’aventures historique : Le Prince et le Pauvre, de l’Américain Mark Twain, situé à l’époque des Tudor, et dans lequel le jeune héritier de la couronne britannique échange temporairement sa place avec un sosie voleur à la cour des Miracles. Après le forfait de George Cukor, c’est le « pompier en chef » Richard Fleischer, très apprécié à Hollywood pour sa capacité à sauver des films mal embarqués, qui est chargé de mener à bon port cette coûteuse production en costumes tournée entre Londres et Budapest. Le réalisateur des Vikings fait preuve de son habileté technique dans les scènes de foule et de bagarre, plutôt plaisantes. Mais malgré tout son savoir-faire, il ne parvient pas à transcender l’anachronisme du projet (on a souvent l’impression de regarder un film de studio des années 1950), ni la médiocrité de son acteur principal : Mark Lester (aucun lien de parenté avec Richard), a un jeu trop limité pour exprimer le potentiel à la fois comique et tragique de son double rôle. Surtout face à des monstres sacrés de la carrure de Charlton Heston (méconnaissable en Henry VIII) ou Rex Harrison (délicieusement matois en duc de Norfolk) — Oliver Reed, lui, semble souvent ne pas avoir dessoûlé de la veille… Londres, sous le règne des Tudors, au XVIe siècle. Le jeune prince Edouard VI échange, par jeu, ses vêtements avec un garçon pauvre qui lui ressemble comme une goutte d'eau. La plaisanterie tourne au drame ... |
![]() | LE PROCHAIN VOYAGE, Thierry Binisti 2023, Line Renaud (societe euthanasie)@Jacqueline et Richard, un couple d'octogénaires, se rendent à l'hôtel où ils ont passé, il y a maintenant soixante-cinq ans, leur première nuit d'amour. Ils retrouvent, dans cette même chambre, les souvenirs du passé en parcourant la vie riche d'événements qu'ils ont partagée. TELERAMA À quelques rares reprises, ce téléfilm prend de la hauteur, lorsque les deux octogénaires protagonistes tentent d’expliquer leur choix à leurs enfants. Mais le pathos se substitue malheureusement à la question de fond : le droit à mourir dans la dignité. En novembre 2013, un couple d’octogénaires se donnait la mort dans une chambre d’hôtel parisienne. Dans deux lettres adressées à leur famille et au procureur de la République, ils expliquaient leur geste : vouloir partir ensemble, sereinement et dans un moment choisi. Dix ans plus tard, alors qu’un projet de loi sur la fin de vie se prépare, cet événement refait surface. Au cœur du roman d’Émilie Frèche, Les Amants du Lutetia 1, en lice pour le prix Goncourt, il est adapté ici dans un téléfilm par Laurent Baffie et Thierry Binisti. Ces derniers imaginent les dernières heures de Jacqueline et Richard, qui, depuis la chambre 18 du Lutetia, où ils ont passé leur première nuit ensemble, se remémorent soixante-trois années partagées, avant un grand départ planifié. Malgré toute la tendresse qu’inspirent l’espiègle Line Renaud (engagée en faveur du droit à mourir dans la dignité) et le charmeur Jean Sorel, l’ennui guette. En faute, des dialogues redondants et une réalisation surannée, dans le décor d’un Paris de carte postale vieillot. À quelques rares reprises, Le Prochain Voyage prend de la hauteur, lorsqu’à l’occasion de retours en arrière l’on aperçoit Jacqueline et Richard qui tentent d’expliquer leur décision à leurs enfants. Mais le pathos se substitue malheureusement à cette question de fond. Jacqueline et Richard, un couple d'octogénaires, se rendent à l'hôtel où ils ont passé, il y a maintenant soixante-cinq ans, leur première nuit d'amour. Ils retrouvent, dans cette même chambre, ... |
![]() | LE SERGENT NOIR, John Ford 1960, Jeffrey Hunter,Constance Towers, Billy Burke (western)@@En 1881, en Arizona. Braxton Rutledge, le sergent-chef d'une compagnie composée exclusivement de soldats noirs, doit passer en cour martiale pour le viol et le meurtre de la fille du major. C'est le lieutenant Cantrell, officier blanc de la compagnie, qui va assurer sa défense lors du procès. TELERAMA Le sergent en question, noir, est accusé du viol et du meurtre d’une jeune fille blanche. Préjugés, problèmes d’intégration… Le cinéaste, réputé réac, fait du bon boulot en épinglant la pseudo-race dominante. Réactionnaire, John Ford ? C’est en partie pour donner tort à ses détracteurs (et s’accorder au contexte de l’époque ?) que le cinéaste accepte, en pleine bataille pour les droits civiques des Afro-Américains, de s’emparer de ce scénario : l’histoire du sergent Rutledge, valeureux soldat noir de la cavalerie américaine accusé à tort du viol et du meurtre d’une jeune femme blanche. En bon humaniste, Ford ne fait pas les choses à moitié. Théâtral, expressionniste, il exalte la dignité et la droiture morale de Rutledge, ce « John Wayne noir », selon les mots de son interprète (Woody Strode), dézinguant au passage, et souvent avec humour, l’hypocrisie et les préjugés raciaux de la société. Alternant habilement le huis clos du procès et les flash-back sur les faits, ce western de prétoire livre quelques morceaux de bravoure, telles la fameuse contre-plongée sur l’accusé, jusque-là marmoréen, criant soudain sa terreur de retourner à son ancienne condition de « nègre », ou les images époustouflantes des paysages de l’Arizona. Le sculptural Woody Strode, compagnon de route de John Ford, incarne magnifiquement cet homme brisé par l’esclavage à qui l’armée a offert une voie vers l’émancipation et l’estime de soi, fût-ce au détriment d’une autre minorité ethnique : les Indiens. En 1881, en Arizona. Braxton Rutledge, le sergent-chef d'une compagnie composée exclusivement de soldats noirs, doit passer en cour martiale pour le viol et le meurtre de la fille du major. C'est le lieutenant Cantrell, officier blan ... |
![]() | LES TETES DE L EMPLOI, Alexandre Charlot et Franck Magnier 2016, Franck Dubosc, Elsa ZylbersteinStéphane, Cathy et Thierry sont les meilleurs employés de l'Agence pour l'Emploi de leur ville, mais leurs résultats sont tellement bons que l'agence va devoir fermer faute de chômeurs ! Les trois collègues ont alors la folle idée de créer du chômage pour sauver leur poste. TELERAMA Des salariés de Pôle emploi se retrouvent au chômage. À moins que... Avec Franck Dubosc, Elsa Zylberstein, François-Xavier Demaison. Stéphane, Cathy et Thierry sont salariés d’une agence pour l’emploi. Ils obtiennent de si bons résultats que leur structure risque de fermer, faute de chômeurs. Pour garder leur boulot, ils décident donc de recréer du chômage… Cette comédie sociale passe en revue tous les maux liés au chômage avec un humour grinçant (à l’anglaise, mais aussi à l’italienne), en contournant habilement les pièges populistes. Le pic du film est, d’ailleurs, nettement plus rose que noir : un beau pied de nez (chantant !) aux méthodes de recrutement en entreprise. Face à Demaison, impeccable boy-scout de l’embauche, et Dubosc, parfait en Alberto Sordi français avec moustache et sous-pull beige, Elsa Zylberstein se révèle hilarante en pépette hystérique et tendre. Stéphane, Cathy et Thierry sont les meilleurs employés de l'Agence pour l'Emploi de leur ville, mais leurs résultats sont tellement bons que l'agence va devoir fermer faute de chômeurs ! Les trois collègues ... |
![]() | MAIN DANS LA MAIN, Valérie Donzelli 2011, Valérie Lemercier, Jérémie Elkaïm (comique burlesque)@@Employé d'un miroitier en province, Joachim Fox monte à Paris pour un travail chez Hélène Marchal, directrice de l'école de danse de l'Opéra. Alors que tous deux ont des vies bien différentes, comme victimes d'un sortilège, ils deviennent inséparables. S'ils se risquent au moindre pas de côté, une force surnaturelle les ramène l'un à l'autre. Leurs gestes se répondent comme dans un miroir et seul le sommeil leur apporte une certaine indépendance. TELERAMA L’étrange rencontre d’une professeure de danse et d’un miroitier, devenus littéralement inséparables. Pour son troisième long, la réalisatrice signe un film d’amour burlesque. Le tube d’Elli et Jacno auquel renvoie le titre peut faire office de test. Si on aime cette chanson, sa sentimentalité en banderole et son grain de provoc acidulée, on peut voir le troisième long métrage de Valérie Donzelli (après La Reine des pommes et La guerre est déclarée). Une femme rencontre un homme. Elle dirige l’école de danse de l’Opéra Garnier. Il est miroitier en province. Leur croisement accidentel déclenche un étrange phénomène : soudain, ils sont liés par un sort qui les force à rester côte à côte, à faire les mêmes gestes au même moment. Ce jumelage est le challenge visuel et burlesque du film, son petit cachet hollywoodien, la source de son peps poétique. Et, ça crève les yeux, une métaphore de la passion — étymologiquement : ce que l’on subit. Il est assez drôle, en effet, de montrer le coup de foudre comme une avalanche de contraintes, sans rien de sentimental a priori. Au-delà de la fantaisie (qui a ses loupés), ce que Valérie Donzelli réussit le mieux, c’est l’étude des différentes façons d’être « avec quelqu’un ». Avant de se retrouver changés en siamois, Valérie Lemercier et Jérémie Elkaïm forment chacun un couple, au sens large. Elle avec une amie, mystérieuse et fragile. Lui avec sa sœur, qui l’enrôle dans des concours de danse pour mieux le garder. Même le « trouple », le couple à trois (des voisins), passera au banc d’essai — et sera retoqué. Main dans la main reste un film de grande amoureuse, qui ne partage pas. Mais qui a la lucidité d’interroger son idéal, d’en envisager l’envers : le discret nuage de cendres qui entoure un amour fusionnel scellé une fois pour toutes. Employé d'un miroitier en province, Joachim Fox monte à Paris pour un travail chez Hélène Marchal, directrice de l'école de danse de l'Opéra. Alors que tous deux ont des vies bien différentes ... |
![]() | MAIS QUI A TUE PAMELA ROSE, MAIS QUI A TUE PAMELA ROSE, Eric Lartigau 2003, Olivier Baroux, Kad Merad, Jean-Paul Rouve, Gerard Darmon, Alain Chabat, Francois CluzetBullit et Ripper travaillent au FBI et ensemble, ils doivent élucider une sombre affaire : Pamela Rose, effeuilleuse, a été retrouvée assassinée dans une chambre de motel, à Bornsville. TELERAMA Quand il reçoit un appel du shérif de Bornsville lui annonçant que le cercueil de Pamela Rose a été volé, l’agent Douglas Riper voit là une occasion de renouer les liens avec son ancien coéquipier. Mais pourquoi ressusciter l'esprit parodique de Mais qui a tué Pamela Rose ? (2003) ? Pour s'amuser, semblent nous dire, avec une ambition mesurée, Kad Merad et Olivier Baroux, comédiens et aussi, cette fois, réalisateurs. Ils s'amusent donc, beaucoup apparemment, dans les rôles de Bullit et Ripper, flics du FBI, et revisitent en héros catastrophiques toutes les situations typiques du cinoche américain. Depuis le premier Pamela movie, le pastiche a trouvé son maître, Michel Hazanavicius, qui a placé la barre assez haut avec ses deux OSS 117, interprétés par Jean Dujardin. Kad et Olivier n'en ont que faire : leur truc, c'est d'être les cancres de la classe. Grossir le trait, caricaturer la caricature, mettre les pieds dans le plat de citations. Un art de la charge qu'ils maîtrisent joyeusement : si le gag pèse une tonne et tombe à plat, si la mise en scène souligne la mauvaise qualité de l'imitation, c'est encore de l'humour. L'efficacité comique est dans l'inefficacité. Un goût du ratage que le public n'a pas vraiment goûté dans les salles et qui devrait mieux passer à la télévision, royaume de la parodie. L'occasion de voir que, dans l'art d'être poussif, ce polar au troisième degré sait, très discrètement, être inventif. Bullit et Ripper travaillent au FBI et ensemble, ils doivent élucider une sombre affaire : Pamela Rose, effeuilleuse, a été retrouvée assassinée dans une chambre de motel, à Bornsville. TEL ... |
![]() | PIRE SOIREE, Lucia Aniello 2017 (comique)Cinq amies qui se sont connues à l'université se retrouvent dix ans après pour un week-end entre célibataires à Miami. Une seule règle : tout est permis, mais avec ce qui arrive à un strip-teaser à cause d'elles, la petite fête va partir en vrille. Que faire face à la gravité de la situation ? Comment s'en sortir ? D'idées stupides en solutions loufoques, c'est l'escalade dans le délire. Au final, si elles s'en sortent, les cinq filles seront plus proches que jamais. Jess, Pippa, Alice, Blair et Frankie, cinq amies qui se sont connues sur les bancs de l'université, célèbrent leurs retrouvailles, dix ans après. Mais la fête qu'elles organisent tourne à la catastrophe. Après une sortie en boîte, elles rentrent chez l'une d'elles, où un stripteaseur les attend. Alice l'aborde sans ménagement, ce qui vaut au jeune homme de succomber des suites de cet assaut. Paniquées, les jeunes femmes contactent un oncle avocat, qui leur ordonne de suivre précisément ses instructions, notamment de ne surtout pas déplacer le corps du défunt. Or, elles l'ont déjà bougé. La tension monte, et les cinq amies doivent trouver rapidement une solution pour rétablir la situation... Cinq amies qui se sont connues à l'université se retrouvent dix ans après pour un week-end entre célibataires à Miami. Une seule règle : tout est permis, mais avec ce qui arrive à un strip-te ... |
![]() | SAGE HOMME, Jennifer Devoldere 2023, Karin Viard, Melvin Boomer (sante)@@@Après avoir raté le concours d'entrée en médecine, Léopold intègre par défaut l'école des sage-femmes en cachant la vérité à son entourage. Alors qu'il s'engage sans conviction dans ce milieu majoritairement féminin, sa rencontre avec Nathalie, sage-femme d'expérience au caractère passionné, va changer son regard sur cet univers fascinant et bouleverser ses certitudes. TELERAMA Léopold intègre, en cachette de son entourage, une école de sages-femmes. Si les enjeux intimes des personnages sont assez convenus, le scénario a le mérite de mettre en lumière une profession peu représentée au cinéma. Léopold (Melvin Boomer, révélation de la série Le Monde de demain) rate le concours d’entrée en médecine et intègre, en cachette de son entourage, l’école de sages-femmes. D’abord réfractaire à cet univers en blouse rose obligatoire, il va peu à peu faire évoluer son regard, pris sous l’aile de Nathalie (Karin Viard, look de cagole et caractère forcément bien trempé). Si les enjeux intimes des personnages sont assez convenus, le scénario a le mérite de mettre en lumière une profession peu représentée, les difficultés rencontrées par ces soignantes et ce jeune homme, donc : hôpital sous tension, hiérarchie déconnectée du terrain, manque de personnel et surmédicalisation sont ainsi mis sur la table (d’opération). Sans oublier les conséquences de ces dysfonctionnements sur les parturientes, et la mort qui rôde aussi, parfois, dans ces lieux où jaillit habituellement la vie. Après avoir raté le concours d'entrée en médecine, Léopold intègre par défaut l'école des sage-femmes en cachant la vérité à son entourage. Alors qu'il s'engage sa ... |
![]() | TETE DE TURC, Pascal Elbé 2010, Roschdy Zem, Pascal Elbé (thriller)@@Un geste, et tout bascule. Un adolescent de 14 ans, un médecin urgentiste, un flic en quête de vengeance, une mère qui se bat pour les siens, un homme anéanti par la mort de sa femme voient leurs destins désormais liés. Alors que le médecin passe plusieurs jours entre la vie et la mort, les événements s'enchaînent et tous seront entraînés par l'onde de choc. TELERAMA Le premier film du comédien Pascal Elbé en tant que réalisateur, avec des acteurs savoureux, dont deux actrices lumineuses, Florence Thomassin et Ronit Elkabetz. Un gyrophare sur le toit d’une voiture, et on le prend pour un flic. Simon, médecin urgentiste, manque de brûler vif dans une cité HLM. Il est sauvé in extremis par celui-là même qui venait de lui lancer un cocktail Molotov, sous l’influence de sa « bande ». Un môme tourmenté (Samir Makhlouf), un flic (Roschdy Zem) prêt à tout pour venger son toubib de frère, deux mères blessées (Florence Thomassin et Ronit Elkabetz) : autant de pièces d’un puzzle noir, d’un thriller social sur la banlieue. Pour sa première réalisation, le comédien Pascal Elbé s’est choisi un casting d’amis. Si l’histoire du veuf (Simon Abkarian), un homme rendu fou par la mort de sa femme, semble curieusement plaquée, le film pose un regard attentif sur un monde sans repères, où la fraternité semble la seule réponse à la misère et à la violence. Un geste, et tout bascule. Un adolescent de 14 ans, un médecin urgentiste, un flic en quête de vengeance, une mère qui se bat pour les siens, un homme anéanti par la mort de sa femme voient leurs destins dé ... |
![]() | TOUS LES MATINS DU MONDE, Alain Corneau 1991, Gerard Depardieu, Jean-Pierre Marielle, Anne Brochet (bio musical)@@@Au XVIIe siècle, dans le royaume de France. Depuis la mort de sa femme, monsieur de Sainte-Colombe, homme austère et passionné, grand maître de la viole de gambe, vit retiré dans sa propriété, avec ses deux filles, Madeleine et Toinette. Il dédaigne les séductions de la cour du roi Louis XIV et passe le plus clair de son temps à composer dans un cabanon isolé. Lorsque Marin Marais, un jeune homme ambitieux et doué, lui demande avec insistance de le prendre pour élève, Sainte-Colombe accepte. TELERAMA Au XVIIe siècle, reclus dans son manoir, M. de Sainte-Colombe compose de la musique baroque et joue comme personne de la viole de gambe. Taciturne, triste, sauvage, il ne se console pas de la mort de sa femme. Il élève ses deux filles dans la doctrine janséniste et le goût de la musique pure. Un jeune admirateur force sa retraite. C'est Marin Marais. Deux conceptions de la musique s'affrontent, deux styles de vie. La musique, ici, est une fin et un moyen, une façon d'exprimer l'ineffable. Si certains grands artistes ne dédaignent pas de participer aux vanités du siècle, ils sont quand même des artistes. C'est le cas de Marin Marais, qu'interprètent Guillaume puis Gérard Depardieu. Alain Corneau et le romancier Pascal Quignard lui opposent l'attitude hiératique de l'intraitable Sainte-Colombe, qui refuse les simagrées, cherche la solitude et éprouve la souffrance de la création. Dans ce rôle ingrat, Jean-Pierre Marielle s'évadait enfin - et d'éblouissante manière - des personnages extravertis, hâbleurs et avantageux dans lesquels on l'a confiné. Comme l'acteur, tout est retenu dans ce film austère : les sentiments, les mouvements, les élans. D'un abord difficile, il demande à être sans cesse revu (et réécouté). Au XVIIe siècle, dans le royaume de France. Depuis la mort de sa femme, monsieur de Sainte-Colombe, homme austère et passionné, grand maître de la viole de gambe, vit retiré dans sa propriété, ... |
![]() | TROPIQUE DE LA VIOLENCE, Manuel Schapira 2020, Gilles-Alane Hippocrate, Céline Sallette (societe)@Mayotte, territoire oublié de la République. À la mort de sa mère, le jeune Moïse rejoint un bidonville peuplé de mineurs entièrement livrés à eux-mêmes. Il y fait la rencontre de Bruce, chef de clan tyrannique et imprévisible. TELERAMA Tourné sur l’archipel de l’océan Indien – une gageure –, le film a le mérite d’attirer l’attention sur la misère et la violence que subissent les enfants des rues. En adaptant le roman de Nathacha Appanah, sélectionné pour le Goncourt 2016, Manuel Schapira n’a pas choisi la facilité. Tourné à Mayotte, où se déroule le récit, dans des conditions précaires et avec nombre de jeunes acteurs non professionnels issus des bidonvilles, son premier long métrage a tout d’une impressionnante aventure. L’histoire du petit Moïse (Gilles-Alane Ngalamou Hippocrate), que la mort brutale de sa mère adoptive (Céline Sallette) livre à la rue et à la violence des gangs, a par ailleurs le mérite d’attirer l’attention sur un département français miséreux et oublié — à l’heure du débat présidentiel, ce n’est pas rien. Voilà pour le propos. Reste la forme, hélas démonstrative et maladroite, d’où émergent malgré tout un personnage, Bruce, et son interprète, Fazal Bacar-Moilim, terrifiant et pathétique en ado criminel. Mayotte, territoire oublié de la République. À la mort de sa mère, le jeune Moïse rejoint un bidonville peuplé de mineurs entièrement livrés à eux-mêmes. Il y fait la rencon ... |
![]() | UNE BOUTEILLE A LA MER, Luis Mandoki 1999, Kevin Costner, Robin Wright, Paul Newman (maritime drame sentimental)@@Theresa est une jeune mère divorcée, rédactrice au Chicago Tribune. Décidée à prendre du recul, elle se retire quelques jours au bord de la mer. Au cours d'une promenade sur la plage, elle trouve une bouteille échouée contenant une lettre d'amour qui la bouleverse. Elle se met en tête d'en retrouver l'auteur. De cheminements en déductions, elle fait la connaissance de Garret, constructeur de bateaux désespérément obsédé par la disparition en mer de sa femme. ALLOCINE L'histoire d'un amour mort et d'un coeur qui cicatrise doucement pour un jour avoir de nouveau l'envie de battre et d'aimer à nouveau de façon passionné mais qui malheureusement va se heurter aux destin et qui ne réussira pas a vivre éternellement... Une histoire triste et tragique ! Theresa est une jeune mère divorcée, rédactrice au Chicago Tribune. Décidée à prendre du recul, elle se retire quelques jours au bord de la mer. Au cours d'une promenade sur la plage, elle trouve un ... |