![]() | 1941, Steven Spielberg 1976, Dan Aykroyd, Ned Beatty (comique aventure)@@En 1941, après l'attaque de Pearl Harbor, la peur s'installent chez les californiens. Terrifiés à l'idée d'une invasion japonaise, les habitants de Los Angeles vivent dans une psychose permanente et démesurée. Résidant sur une colline qui fait face à l'océan, Ward Douglas voit son jardin occupé par des militaires aux aguets. D'autres s'installent au sommet de la grande roue d'un parc d'attractions. Lorsque le périscope d'un sous-marin japonais fait surface au large, la panique redouble. TELERAMA Le sous-titre du film, «La folie gagne», donne une parfaite idée du climat de cette éblouissante comédie, qui renoue avec le genre burlesque, volontiers délaissé. Tout en accumulant de fabuleux effets spéciaux, le film a coûté plus de trente millions de dollars, le cinéaste se livre à une critique mordante d'une Amérique qui voit des envahisseurs partout, bouleversant les règles de la vraisemblance et parfois même du bon goût. Le cinéma hollywoodien des années 1970-80 n'a jamais été aussi loin dans la démesure et la loufoquerie. Un véritable régal ! En 1941, après l'attaque de Pearl Harbor, la peur s'installent chez les californiens. Terrifiés à l'idée d'une invasion japonaise, les habitants de Los Angeles vivent dans une psychose permanente et démesu ... |
![]() | A LA FOLIE, Andréa Bescond et Eric Métayer 2021, Marie Gillain, Ahmed Sylla (thriller)@Alors qu'elle se trouve avec des amis dans un jardin, Anna poignarde soudain Damien, son compagnon. Elle est mise en examen pour tentative de meurtre et n'explique pas son geste. Chargé de l'enquête, l'inspecteur Noé Labidi tente de comprendre ce qui a conduit cette femme sans histoire à ce geste fatidique. Il s'entretient pour cela avec ses proches. Dès le début de leur relation, Damien s'était montré tour à tour enjôleur, distant, excessif, cassant, laissant souvent sa compagne déstabilisée. Son entourage a rapidement noté un changement dans l'attitude d'Anna. TELERAMA l fallait « que ça s’arrête ». Seule explication donnée par Anna au geste fou commis, en un éclair, pendant un repas entre amis : à table, entre la poire et le fromage, elle a subitement poignardé son conjoint. Anna est elle devenue folle ? Pourquoi cet acte meurtrier, incompréhensible, de la part d’une femme réputée équilibrée et sans histoires ? Avec précision, Andrea Bescond et Éric Métayer détricotent, étape par étape les mécanismes psychologique d’une relation d’emprise destructrice : les débuts idylliques, follement romanesques, orchestrés par un homme fantasque et charmeur. Puis, peu à peu, insidieusement, le travail de sape, la menace, et les injonctions contradictoires qui démolissent, insécurisent la victime. À mesure que le fougueux Damien révèle le visage d’un véritable pervers narcissique, Anna s’enfonce dans la culpabilité, la dépression. Alourdi par des séquences trop didactiques, et l’utilisation récurrente d’une symbolique appuyée –l’amant représenté en torero dans une arène vide, la description de cette relation toxique se révèle néanmoins d’une grande justesse psychologique, et doit beaucoup à l’interprétation de Marie Gillain, solaire et fragile, et d’Alexis Michalik, parfait en beau salaud, parfaitement détestable. Alors qu'elle se trouve avec des amis dans un jardin, Anna poignarde soudain Damien, son compagnon. Elle est mise en examen pour tentative de meurtre et n'explique pas son geste. Chargé de l'enquête, l'inspecteur Noé Lab ... |
![]() | ROYAL AFFAIR, Nikolaj Arcel 2012, Mads Mikkelsen, Alicia Vikander (histoire)@@@Pourquoi madame Rose Evangelista a-t-elle prématurément quitté la maison de retraite où Bélisaire et Prudence Beresford sont venus voir leur tante Ada ? TELERAMA Prudence entame une enquête, au désespoir de son mari… Délicieuse adaptation d’Agatha Christie, où la comédie policière vire au conte fantastique et le couple Frot-Dussollier irradie. Dans une maison de retraite cossue et quiète, Prudence fait la connaissance d’une femme étrange et exaltée. Rose lui parle de morts suspectes, d’une maison biscornue, du cadavre d’une petite fille dans la cheminée. Quelque temps après, Rose disparaît et, au grand désespoir de son mari, Prudence se lance à sa recherche. Insensiblement, la comédie policière enjouée, tissée de répliques brillantes, filmée avec légèreté, vire au conte maléfique. Telle l’Alice de Lewis Carroll, Prudence découvre des lieux où le temps semble s’être arrêté. Et des silhouettes dont la folie douce pourrait facilement devenir furieuse… Pascal Thomas peine un peu avec l’écheveau de fausses pistes imaginées par Agatha Christie, mais s’en tire comme un prestidigitateur, utilisant ses meilleures armes – dialogues, seconds rôles, lumière… – pour créer la magie. Jusqu’au dénouement, tout en faux-semblants, cette enquête policière manie la dérision avec sérieux et joue sur le double sens du mot « charme ». Aux côtés de Geneviève Bujold, qu’on a plaisir à revoir, le couple Frot-Dussollier irradie de gaieté ludique. Pourquoi madame Rose Evangelista a-t-elle prématurément quitté la maison de retraite où Bélisaire et Prudence Beresford sont venus voir leur tante Ada ? TELERAMA Prudence entame une enquê ... |
![]() | ANASTASIA, Anatole Litvak 1956, Ingrid Bergman, Yul Brynner (histoire)@@Vérité ou imposture ? La jeune réfugiée découverte à Paris en 1928 serait-elle la véritable princesse Anastasia, la plus jeune des filles du Tsar Nicolas II de Russie, seule rescapée du massacre de sa famille par les Bolcheviks dix ans auparavant ? C'est ce que deux escrocs tentent de faire croire afin de toucher la fortune du Tsar. TELERAMA Anna Koreff, ravissante jeune femme amnésique, serait-elle en fait la grande-duchesse Anastasia, seule héritière des Romanov ? Amour, suspense (mou), mythomanie, escroquerie… Et à l’arrivée un film insipide malgré de somptueux interprètes. Paris, en 1926, un groupe d’exilés veut récupérer la fortune du tsar et recherche sa fille Anastasia, prétendument rescapée. À défaut, un sosie fera l’affaire. On trouve une jeune femme amnésique, dont on entreprend l’éducation, afin de persuader la tsarine qu’elle est sa petite-fille… Cette superproduction des années 50 est, bien entendu, plus proche de la réalité que le dessin animé de Don Bluth, plus « disneyien » que Disney. Elle signait le retour à Hollywood d’Ingrid Bergman. D’un point de vue historique, elle n’apporte rien de nouveau au mystère, préférant jouer la carte du romanesque. Le scénario entretient jusqu’au bout l’incertitude quant à la véritable identité de la jeune femme. Elle-même se cherche et se résout peu à peu à n’être qu’un rôle, celui d’Anastasia, avec le concours de son Pygmalion, qui paraît tour à tour perfide et humain. La lente construction de ce personnage régi par des codes d’apparat est assez captivante, car elle devient l’unique enjeu du film. Elle s’accompagne d’une transformation de l’actrice. Au début, hagarde, affolée, Ingrid Bergman s’assagit peu à peu et impose avec finesse sa magnifique présence. Que Yul Brynner, qui a comme toujours fière allure, tombe sous le charme de sa création, est somme toute parfaitement logique. Vérité ou imposture ? La jeune réfugiée découverte à Paris en 1928 serait-elle la véritable princesse Anastasia, la plus jeune des filles du Tsar Nicolas II de Russie, seule rescapée d ... |
![]() | BUTCH CASSIDY ET LE KID, George Roy Hill 1969, Paul Newman, Robert Rdford (western)@@Personne au monde n'est plus rapide que Butch Cassidy pour échafauder des plans qui lui feront gagner de nombreux dollars. Quant à son acolyte, Sundance Kid, c'est un tireur hors pair. TELERAMA Newman et Redford apportent leur joyeuse contribution aux mythes fondateurs américains, sans scrupules historiques. Butch Cassidy et Sundance Kid sont associés : braquages en tous genres. Pour le frisson autant que pour l’argent. Malfrats malicieux, ils sillonnent l’Amérique des années 1900 et multiplient les pieds de nez aux autorités, accompagnés par Etta, la belle amie du Kid. Dominée par le charme désinvolte du couple Newman-Redford, cette pétillante hagiographie ne s’embarrasse pas de scrupules historiques. Mais peu importe que le vrai Butch Cassidy et son acolyte aient été de douteux personnages. Le film apporte sa joyeuse contribution aux mythes fondateurs américains, y insuffle la légèreté de la comédie, le rythme trépidant des films d’action. Un romantisme solaire éclaire le récit, y compris à l’heure tragique de sa conclusion. Et puis la savoureuse autodérision de ce western tardif lui donne, en prime, un petit goût de spaghetti. Personne au monde n'est plus rapide que Butch Cassidy pour échafauder des plans qui lui feront gagner de nombreux dollars. Quant à son acolyte, Sundance Kid, c'est un tireur hors pair. TELERAMA Newman et Redford a ... |
![]() | C EST QUOI CE PAPY, Gabriel Julien-Laferrière 2021, Chantal Ladesou, Patrick Chesnais, Julie Gayet (comique)@Après une chute lors d'une danse endiablée, Aurore perd la mémoire et se retrouve dans une maison de retraite. Depuis l'accident, elle ne cesse de parler d'un mystérieux "Gégé", qui semble être son amour de jeunesse et qui pourrait lui faire retrouver la mémoire. Ses sept petits-enfants permettent à Aurore de s'échapper de la maison de retraite et de partir ensemble à la recherche de l'homme mystérieux que les petits-enfants prennent pour leur grand-père. TELERAMA “ Une suite décevante mais qui ne manque pas d'humour ” Aurore, une mamie exubérante, tombe d'une estrade lors d'une danse endiablée. Elle souffre d'amnésie partielle. Alors qu'elle ne reconnaît pas ses enfants, elle ne cesse de parler de Gérard dit Gégé. Ses sept petits-enfants décident de retrouver ce mystérieux amour de jeunesse. Ils embarquent leur grand-mère, direction la ferme de Gérard. Ils sont surpris de découvrir un homme bourru, qui n'aime pas les enfants. Les retrouvailles entre cet homme solitaire et asocial et l'exubérante Aurore se révèlent explosives. Les enfants vont tout tenter pour Gégé guérisse Aurore de ses pertes de mémoire... Après une chute lors d'une danse endiablée, Aurore perd la mémoire et se retrouve dans une maison de retraite. Depuis l'accident, elle ne cesse de parler d'un mystérieux "Gégé", qui semble ... |
![]() | CHAMBRE AVEC VUE, James Ivory 1986, Helena Bonham Carter, Maggie Smith (societe)@@Début du XXe siècle. Lucy Honeychurch, jeune Anglaise de bonne famille, séjourne à Florence. Comme l'imposent la morale et les préjugés de sa classe, elle est accompagnée par sa cousine, Charlotte Bartlett, une vieille fille aux principes rigides. Dans la pension où elles sont installées, Lucy rencontre George Emerson. Devant l'attirance de Lucy pour George, sa cousine la ramène en Angleterre, où la belle doit épouser Cecil Vyse, un être ennuyeux. TELERAMA Dans l’Angleterre victorienne, Lucy, oie blanche de la haute société, est promise au snob et pédant Cecil, mais aime sans (se) l’avouer George, jeune libre-penseur peu convenable… Parmi les nombreux films d’époque signés par James Ivory, seules ses rencontres avec Forster, l’écrivain anglais du début du XXe siècle, ont hissé le cinéaste plus haut que son goût du chromo. Trois films en sont issus : Retour à Howards End, Maurice, et Chambre avec vue. Le charme mi-florentin, mi-victorien de ce dernier ne s’est pas évaporé. Ivory cède parfois à un amusement facile devant les us et coutumes d’il y a cent ans. Mais le film est traversé par l’élan impérieux des premières fois, tendu vers l’un de ces « instants d’éternité » chers à Forster. Tout concourt, habilement, à différer la fusion amoureuse que le spectateur attend… À revoir aussi pour les débuts de Helena Bonham Carter, aux antipodes de la sauvagerie révélée chez elle par Tim Burton, et de Daniel Day-Lewis, déjà dans la composition perfectionniste. Début du XXe siècle. Lucy Honeychurch, jeune Anglaise de bonne famille, séjourne à Florence. Comme l'imposent la morale et les préjugés de sa classe, elle est accompagnée par sa cousine, Char ... |
![]() | CRIS ET CHUCHOTEMENTS, Ingmar Bergaman 1972, Ingrid Thulin, Liv Ullmann (societe sante)@@@Dans un château suédois, à la fin du siècle dernier, Agnès agonise, rongée par un cancer de l’utérus. Ses deux sœurs tentent de la soutenir, mais finissent par ne plus supporter cette déchéance. Seule la servante, Anna, trouve la force d’accompagner Agnès vers la mort. Mais toutes les quatre semblent faire le triste bilan de leur vie, réalisant qu’elles sont passées à côté du bonheur. TELERAMA Personne ne sort indemne de la vision de ce film, sans doute le plus violent des coups de poing métaphysiques qu’Ingmar Bergman ait jamais donnés. Trois sœurs, trois couleurs (rouge sang, blanc cadavérique, noir ténébreux), trois unités spatio-temporelles (hier idyllique, aujourd’hui asphyxiant, demain fuyant) : pour affronter la mort à visage découvert, le cinéaste décline ad nauseam cette sainte trinité qui régit son éducation rigide de fils de pasteur. Mais l’au-delà l’intéresse moins que l’ici-bas. Au cancer d’Agnès, qui la réduit à l’état d’animal rugissant, répond une autre forme de cancer, aussi spectaculaire et dévastateur : le puritanisme de sa sœur Karin, pour qui la moindre caresse est une torture. Seul un retour aux sources, simple et innocent, offre le salut aux humains perdus. Le giron maternel devient ainsi en pensée le plus confortable des cercueils. Le secret de la beauté suffocante de ce film vient peut-être de cette volonté de clore un cycle, de vie, et aussi de cinéma. L’actrice Harriet Andersson mettait ici un point final à vingt ans de travail avec Ingmar Bergman. Après ses débuts de prolétaire sulfureuse et vibrante dans Monika, la voilà qui finissait en dépouille cireuse, le regard traversé d’éclairs de lucidité terminale, consciente du chemin parcouru… Dans un château suédois, à la fin du siècle dernier, Agnès agonise, rongée par un cancer de l’utérus. Ses deux sœurs tentent de la soutenir, mais finissent par ne plus supporter ce ... |
![]() | ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS, Sergio Leone 1965, Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Gian Maria Volonte (western)@@@Chacun de son côté, le Manchot et le Colonel exercent la même profession : chasseur de primes. Le Manchot n'a guère que cette solution pour tirer profit de son extraordinaire adresse au tir et de son cynisme à toute épreuve, alors que le Colonel, authentique ancien officier supérieur, aime la chasse à l'homme pour le plaisir qu'elle lui procure. Fréquemment rivaux, les deux hommes sont confrontés à un problème plus complexe qu'à l'accoutumée. TELERAMA Second volet de la trilogie western de Leone, après “Pour une poignée de dollars” et avant “Le Bon, la Brute et le Truand”. Des pourris étincelants, une cruauté jubilatoire, un mortel ballet au rythme d’une musique lancinante. Chapeau bas. Le colonel Douglas Mortimer est chasseur de primes. L’étranger est chasseur de primes. Deux salauds cyniques qui s’associent le temps de récupérer Indio, un tueur fou échappé du pénitencier et encore plus salaud qu’eux. Traduction : Lee Van Cleef, avec ses yeux fendus comme des meurtrières, et Clint, regard marmoréen, poncho et cigarillos, sont aux basques poussiéreuses de Gian Maria Volontè, suant de perversité. « Ah, ils sont beaux, les héros de l’Ouest ! » dirent, le nez pincé, les gardiens du temple du western hollywoodien. Oui, justement, car chez Leone, plus c’est impitoyable, sec et décharné, meilleur c’est. L’action s’étire, l’harmonica n’en finit plus de gémir, la morale, de pourrir au soleil, les bons mots, de fleurir comme des cactus. Même à la dixième vision, ce deuxième spaghetti de la trilogie de L’Homme sans nom reste al dente. Chacun de son côté, le Manchot et le Colonel exercent la même profession : chasseur de primes. Le Manchot n'a guère que cette solution pour tirer profit de son extraordinaire adresse au tir et de son cynisme à toute épreuve, alors que le Colonel, authentique ancien officier supérieur, aime la chasse à l'homme pour le plaisir qu'elle lui procure. Fréquemment rivaux, les deux hommes sont confrontés à un problème plus complexe qu'à l'accoutumée. Un dangereux repris de justice, surnommé l'Indien, à la tête d'une bande redoutable, sème la terreur dans la région. Belle prime, songe le Manchot. Belle traque, pense le Colonel. Mais l'une et l'autre impliquent que les deux hommes s'allient... Chacun de son côté, le Manchot et le Colonel exercent la même profession : chasseur de primes. Le Manchot n'a guère que cette solution pour tirer profit de son extraordinaire adresse au tir et de son cynisme & ... |
![]() | GAZON MAUDIT, Josiane Balasko 1994, Victoria Abril, Alain Chabat (comique)@@Laurent, qui travaille dans une agence immobilière en Avignon, est attablé au café avec Véro, sa dernière conquête, lorsque son collègue et meilleur ami, Antoine, les rejoint. Le laissant alors en compagnie de la jeune femme, Laurent gagne le comptoir pour téléphoner discrètement à une autre de ses maîtresses, Ingrid, et lui fixer un rendez-vous dans la soirée. Pendant ce temps, sa charmante épouse, Loli, restée dans leur confortable pavillon, s'occupe du ménage et des deux enfants. TEMERAMA Personne ne pourrait y croire. Et pourtant, si : Loli, femme comblée, mère heureuse, tombe raide dingue de Marijo, une camionneuse, la caricature de la gouine. Mais tendre, aussi. A l'écoute. Belle, en définitive, sous ses dehors de faux mec. Ce qu'a voulu Josiane Balasko, c'est filmer l'inexplicable. L'incompréhensible. Une passion a priori absurde, dont tout le monde se moque, et qui, pour ces raisons, devient touchante et troublante. Elle l'a fait sous la forme d'une grosse farce. Avec, mine de rien, des scènes plus nostalgiques, avec les copines de Marijo, vieillissantes et forcément solitaires. L'épilogue (avec le beau Miguel Bosé) est ridicule, mais le film ne l'est pas : grave, entre deux rires. Laurent, qui travaille dans une agence immobilière en Avignon, est attablé au café avec Véro, sa dernière conquête, lorsque son collègue et meilleur ami, Antoine, les rejoint. Le laissant alor ... |
![]() | GONE BABY GONE, Ben Affleck 2007 (thriller)@@Dans une banlieue ouvrière de Boston, la petite Amanda a disparu. Après l'échec des recherches menées par la police, la tante et l'oncle de l'enfant décident de faire appel à des détectives privés du coin, Patrick Kenzie et Angie Gennaro. Patrick et Angie connaissent bien le quartier, au point de savoir que Hélène, la mère d'Amanda, est une droguée. TELERAMA Une plongée dans le monde interlope de la ville de naissance du réalisateur où l’on suit un détective privé aussi bizarre qu’attachant. Du détective imaginé par Dennis Lehane, Casey Affleck fait une silhouette improbable. Et d’autant plus séduisante : voix un peu trop aiguë, parole souvent hésitante, et quelque chose de légèrement épouvanté dans le regard. Une sorte d’inaptitude au Mal, peut-être... Avec sa compagne, Patrick Kenzie, privé à l’honnêteté proverbiale, est engagé pour retrouver une gamine disparue, dont la mère est droguée. Ce qui l’amène à plonger dans le monde interlope de Boston... C’est ce que Ben Affleck, pour son premier film derrière la caméra, réussit le mieux : s’il patine dans les scènes d’action, il parvient à rendre sourdement inquiétante cette ville où il est né. Affleck filme des trognes qu'il contemple, fasciné. Un univers de bouffis et d'abrutis divers qu'il parvient presque à rendre attachants. Il fait la part belle aux seconds rôles : cette drôle de mère à la cervelle en pois chiche, par exemple, qu'interprète Amy Ryan avec une maîtrise toute théâtrale. Ou ce flic qu'incarne Ed Harris, une fois de plus génial. On pourra trouver un rien trop appuyé - plus que dans le livre, en tout cas - ce classique affrontement du Bien et du Mal, avec épilogue démonstratif. D'autant que c'est lorsqu'il peint, au contraire, le flou des actes et des sentiments que Ben Affleck convainc le plus. Grâce, surtout, à ce curieux privé candide et flottant, que son propre frère rend bizarrement attachant et difficilement oubliable. Dans une banlieue ouvrière de Boston, la petite Amanda a disparu. Après l'échec des recherches menées par la police, la tante et l'oncle de l'enfant décident de faire appel à des détectives p ... |
![]() | HOLLYWOO, Frederic Berthe 2011, Florence Foresti, Jamel Debouze (comique)@@Jeanne est la doublure française d'une actrice américaine qui joue dans une série télé à succès. Cependant, le jour où l'actrice américaine pète les plombs et annonce la fin de sa carrière, la vie de Jeanne bascule à son tour. Plus de travail, plus de revenu, plus rien. A moins qu'elle ne prenne son destin en mains et ne tente a priori l'impossible : partir à Los Angeles, rencontrer la star américaine et la convaincre de reprendre la direction des plateaux de tournage. TELERAMA L'histoire et les dialogues, centrés sur Florence Foresti, font presque de Jamel Debbouze son faire-valoir. Foresti joue Jeanne Rinaldi, une comédienne péteuse quoique loseuse, doubleuse française d’une vedette de série américaine, laquelle annonce qu’elle quitte la série. La Française moyenne part à Hollywood pour convaincre la people de revenir sur sa décision… L’humour repose pour beaucoup sur le choc culturel. D’un côté, Malibu, les bimbos siliconées, les palmiers, le luxe clinquant ; de l’autre, la fille qui fait un tabac involontaire avec ses chaussures de chez André, qui se rassure comme elle peut avec sa Matmut et qui baragouine un anglais incompréhensible de manière totalement décomplexée. En roue libre, très bien dans la situation de la fille à l’air dégagé qui se prend un soufflet, Florence Foresti bouge, grimace (avec un zeste de Louis de Funès), chante… bref, déploie une palette plutôt variée, expressive surtout, de son humour. Mention spéciale à la séquence du « d » final de Hollywood qui tombe de la fameuse colline. Jeanne est la doublure française d'une actrice américaine qui joue dans une série télé à succès. Cependant, le jour où l'actrice américaine pète les plombs et annonce la ... |
![]() | HORS D ATTEINTE, Steven Soderbergh 1998, George Clooney, Jennifer Lopez (thriller comique)@@Gentleman cambrioleur, Jack Foley moisit derrière les barreaux du pénitencier d'Etat de Glades en Louisiane. Cet homme qui a plus de cent casses sans armes à son actif ne rêve que de liberté et réussit à se faire la belle. Son copain Byddy Bragg l'attend de l'autre côté. Il y a également une visiteuse inattendue, le marshal Karen Sisco, une fort jolie femme venue délivrer une assignation. Elle tente de s'interposer et se retrouve prise en otage. TELERAMA Soderbergh filme somptueusement Clooney en gentleman cambrioleur en cavale, et Jennifer Lopez, flic à tomber par terre lancée à ses trousses. Voir sur Canal+ Depuis sa Palme d’or pour Sexe, mensonges et vidéo (1989), Steven Soderbergh n’a cessé d’aborder les genres les plus divers. On est ici dans le registre de la comédie policière, comme dans Ocean’s Eleven, Twelve et Thirteen. Le danger existe, certes. Mais l’élégance moqueuse de la mise en scène laisse deviner, à chaque instant, que le jeu va l’emporter sur le sérieux. Fidèle à l’univers du romancier Elmore Leonard, Steven Soderbergh s’est visiblement amusé à soigner (et parfois à inventer) des seconds rôles excentriques et excentrés : Glenn, le traîne-savates à l’accent traînant ; ou Buddy, le copain fidèle qui téléphone à sa sœur pour lui confesser les mauvais coups qu’il s’apprête à commettre… Au tout début, on voit George Clooney arracher rageusement sa cravate avant de se ruer dans une banque pour y perpétrer, avec un sang-froid digne d’Arsène Lupin, un hold-up qui, pourtant, finira mal. Mais pourquoi diable a-t-il ainsi arraché sa cravate, se demande-t-on ? On ne le saura qu’une heure et demie plus tard, lorsque se seront assemblés tous les morceaux du puzzle, tous les indices que Soderbergh a semés avec une intelligence joueuse. Gentleman cambrioleur, Jack Foley moisit derrière les barreaux du pénitencier d'Etat de Glades en Louisiane. Cet homme qui a plus de cent casses sans armes à son actif ne rêve que de liberté et réuss ... |
![]() | INNOCENCE, Lucile Hadzihalilovic 2013, Sophie Curtis, Kelly Reilly (fantastique)@Un nouvel élève d'une école préparatoire exclusive est sous le choc lorsqu'il apprend que ses séduisantes enseignantes conservent leur apparence en buvant le sang des jeunes filles vierges. TELERAMA Que cache cet internat presque sans adultes, où les fillettes semblent livrées à elles-mêmes hors des cours de danse et de sciences naturelles ? Une organisation démoniaque ou une utopie d'éducation ? La réalisatrice préfère entretenir le trouble, au risque d'un certain systématisme. A semer des symboles et des présages un peu partout, Innocence fait parfois du surplace. Mais, en matière d'apprentissage poétique, il surpasse Les Choristes. C'est l'adaptation d'une nouvelle de Frank Wedekind, dramaturge de la fin du XIXe : un univers en soi, doux et inquiétant à la fois, avec ses rituels et ses règles. Le style original de Lucile Hadzihalilovic (remarquée avec La Bouche de Jean-Pierre) s'impose à travers sa mise en scène du silence, ses touches de couleur, le rôle dynamique accordé au décor. Un nouvel élève d'une école préparatoire exclusive est sous le choc lorsqu'il apprend que ses séduisantes enseignantes conservent leur apparence en buvant le sang des jeunes filles vierges. TELERA ... |
![]() | L AMANT DOUBLE, Francois Ozon 2017, Marine Vacth, Jeremie Renier, Jaqueline Bisset (societe)@@Chloé, une jeune femme fragile, en proie à la dépression, suit une psychothérapie auprès de Paul, dont elle ne tarde pas à tomber amoureuse. Les mois passent et les jeunes gens s'installent ensemble. Chloé découvre cependant que son compagnon a totalement occulté une partie de son existence. TELERAMA François Ozon est l’un des rares cinéastes actuels à distiller, de film en film, l’idée déconcertante que ses images mentent. Qu’elles peuvent tromper. Avec lui, on a toujours deux films pour le prix d’un : celui qu’il exhibe, avec des tours de passe-passe visibles, tel un styliste surdoué. Et celui qu’il dissimule et réserve aux plus exigeants… Côté spectacle, François Ozon multiplie les références (Brian De Palma, Alfred Hitchcock), qu’il assume et magnifie grâce à une mise en scène qui ne cesse d’insuffler une douce et suffocante sensation de malaise. Ce formalisme n’est qu’un trompe-l’œil : il lui permet de s’infiltrer, comme un voleur, dans l’inconscient de personnages imprévisibles et ambigus — on songe au moment, presque drôle, où Chloé s’aperçoit que les deux frères psy se désirent bien plus qu’ils ne la désirent, elle… Dans ce périple cru, cruel, brutal, le cinéaste cerne ses héros avec une précision de clinicien. Conforme, sans doute, à l’idée qu’il se fait de l’humanité : un monde de névrosés, cabossés et fragiles, séduisants et séducteurs, à jamais inguérissables. Chloé, une jeune femme fragile, en proie à la dépression, suit une psychothérapie auprès de Paul, dont elle ne tarde pas à tomber amoureuse. Les mois passent et les jeunes gens s'installent ensemble ... |
![]() | L EVEIL, Penny Marshall 1990, Robert De Niro, Robin Williams (sante drame)@@@New York, 1969. Comptant parmi les derniers rescapés d'une épidémie d'encéphalite qui a frappé les États-Unis quelques décennies plus tôt, Leonard Lowe végète, avec d'autres victimes, dans un hôpital psychiatrique du Bronx. Le docteur Malcolm Sayer, jeune chercheur en neurologie maladivement timide, ambitionne de guérir ces malades prétendument incurables et réussit à réveiller un patient plongé dans un état catatonique depuis 30 ans. TELERAMA Dans les années 20, une épidémie d'encéphalite léthargique frappe les Etats-Unis. Quarante ans plus tard, le timide docteur Malcolm Sayer se retrouve dans un hôpital du Bronx, où végètent quelques rescapés du terrible fléau. A défaut de pouvoir travailler dans sa spécialité, la neurologie, Malcolm accepte de soigner ces malheureux. Sa difficulté à s'exprimer devient un atout avec des patients qui, bien qu'atteints de troubles psychiques profonds, ont gardé leur intelligence intacte. Malcolm comprend rapidement que la réputation d'incurabilité qui s'attache à ces malades et qui a entravé toute tentative de traitement est infondée. Il se prend de sympathie pour l'un de ses patients, Leonard Lowe... New York, 1969. Comptant parmi les derniers rescapés d'une épidémie d'encéphalite qui a frappé les États-Unis quelques décennies plus tôt, Leonard Lowe végète, avec d'autr ... |
![]() | L HEURE MAGIQUE, Robert Benton 1998, Paul Newman, Susan Sarandon, Gene Hackman (thriller)@@Harry Ross, ancien policier devenu un privé lucide et désenchanté puis homme à tout faire pour sa riche clientèle de Los Angeles, vit à l'automne de sa vie, chez un couple de vieux amis, Jack Ames et son epouse Catherine dont il est vaguement amoureux. Se sachant condamné, Jack demande à Harry de livrer discrètement à une certaine Gloria Lamar une enveloppe contenant une somme importante. TELERAMA En fait de « magie », on se référera au titre original, Twilight : c'est une lueur de crépuscule qui baigne les existences de Harry Ross (Paul Newman), flic devenu privé d'occasion, de Jack Ames (Gene Hackman) et de sa femme Catherine (Susan Sarandon), semi-retraités de Hollywood. Hébergé par ce couple qui végète dans le luxe au bord de sa piscine, Harry se voit confier des missions épisodiques et peu glorieuses : ramener à la maison leur fille fugueuse, par exemple. Un soir, en livrant une enveloppe, Harry met le doigt dans un engrenage qui va l'amener à découvrir un secret soigneusement gardé par ses « amis ». A l'inverse du glamour habituel aux descriptions du ciné-business, et de l'action trépidante du polar standard, l'univers que décrit ce film se révèle totalement désenchanté. On souffle, on soupire, on penche un front ridé sur une vie qui s'éteint à petit feu. On solde des comptes. Entre un Paul Newman sciemment alourdi et un Gene Hackman suavement crapuleux, Susan Sarandon compte les points avec une certaine élégance. On ne peut en dire autant de la mise en scène poussive de Robert Benton (déjà responsable d'Un homme presque parfait, avec le même Paul Newman). Un seul suspense en fait retient l'attention : l'ami Paulo, touché d'une balle en haut de la cuisse lors du prologue, a-t-il perdu sa virilité ? Or ce suspense est trop rapidement tué pour le spectateur, qui de toute façon avait du mal à y croire. Dans un commissariat, Harry Ross, un ancien policier devenu détective privé, est interrogé : il raconte les deux dernières années de sa vie. A l'époque, Harry avait ramené une fille fugueuse à ses parents et était devenu l'ami de ces derniers, Catherine et Jack Ames, deux comédiens célèbres. Jack, atteint d'un cancer en phase terminale, lui avait demandé de porter un paquet à une certaine Gloria Lamar. Une fois sur place, Harry avait été agressé par un homme blessé, détective lui aussi, qui devait mourir peu après. Finalement relâché, il s'était renseigné sur l'homme qui l'avait attaqué, un certain Lester Ivar, et avait découvert que celui-ci enquêtait sur le décès du premier mari de Catherine Ames... Harry Ross, ancien policier devenu un privé lucide et désenchanté puis homme à tout faire pour sa riche clientèle de Los Angeles, vit à l'automne de sa vie, chez un couple de vieux amis, Jack Ames e ... |
![]() | L HUMOUR A MORT, Emmanuel Leconte, Daniel Leconte 2015, Cabu, Charb, Wolinski (documentaire)@@Le 7 janvier 2015, l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo est victime d'une attaque terroriste qui coûte la vie à douze personnes dont les plus grands dessinateurs de presse français, Cabu, Wolinski, Charb, Tignous et Honoré. Le lendemain, une policière est tuée dans la rue. Le 9 janvier, une nouvelle attaque vise des Juifs de France. Quatre otages sont assassinés. Ce film est un hommage à toutes ces victimes. TELERAMA Après avoir filmé l'équipe du journal satirique en 2008, Daniel et Emmanuel Leconte Ce jour-là, elle a quitté la rédaction de Charlie Hebdo un peu plus tôt que d'habitude pour retrouver sa fille à l'école. Dès sa sortie de l'immeuble, des hommes la reconnaissent, l'apostrophent, l'agressent, l'entraînent, kalachnikovs dans le dos, pour taper le code qui leur donnera accès aux étages. Devant la caméra de Daniel et Emmanuel Leconte, celle qui signe ses dessins « Coco » pleure sans même s'en rendre compte : les larmes coulent comme les mots s'échappent de ses lèvres, malgré elle. Elle évoque le bruit sec des balles, sa certitude de la mort, toute proche, et sa fille qui ne la reverra plus... Elle est, devant nous, misérable et magnifique. Une héroïne de tragédie, un instrument innocent dont le destin bascule à jamais. Sur Charlie et ses démêlés avec la justice, Daniel Leconte avait tiré, en 2008, un doc vibrant et drôle, C'est dur d'être aimé par des cons, dont on revoit des extraits : Tignous, Cabu et Charb revivent, souriants, presque gênés d'être ceux par qui le scandale arrive. Cette fois, c'est dans l'écoute des survivants que Daniel Leconte excelle : Coco, mais aussi Riss, le directeur de la rédaction, ou Eric Portheault, le cogérant. On se passerait bien, certes, de quelques témoignages au lyrisme plus ronflant (Philippe Val). Mais on apprécie la fièvre avec laquelle les réalisateurs mettent en cause certains organes de presse frileux, lors de l'affaire des caricatures de Mahomet. Et leur volonté de faire intervenir à toute force — même si un peu hors de propos — le philosophe et professeur Soufiane Zitouni, mal vu de ses supérieurs pour avoir déclaré, il y a peu, « n'avoir pas besoin de musulmans modérés mais courageux ». Comme pour conjurer l'horreur, c'est en chansons que se clôt le film : une fête de potes au cours de laquelle Cabu entonne Fleur bleue et La Tarentelle de Caruso, de Charles Trenet. Hélas, avec le 13 novembre, c'est l'horreur qui l'a emporté. Le 7 janvier 2015, l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo est victime d'une attaque terroriste qui coûte la vie à douze personnes dont les plus grands dessinateurs de presse français, Cabu, Wolinski, Charb, Tignous et Ho ... |
![]() | LA CRISE, Coline Serreau 1992, Vincent Lindon, Patrick Timsit (societe comique)@@@Brillant avocat parisien, Victor se réveille un jour pour apprendre successivement deux mauvaises nouvelles: sa femme le quitte et son patron le licencie. Totalement bouleversé, il cherche du réconfort auprès de ses amis et de sa famille. TELERAMA Toujours soucieuse de capter l'air de son temps, Coline Serreau saisit le thème de la crise économique et morale pour en faire une comédie satirique. Devant Vincent Lindon défilent toutes sortes de spécimens sociologiques : famille hystérique en partance pour le ski, toubib homéopathe, député socialiste... Les portraits sont bien ciselés, les mots fusent et certains sketchs sont irrésistibles (mention spéciale à Maria Pacôme). Tout le monde en prend pour son grade, et Serreau parvient bien à pointer les égoïsmes et les snobismes tapis en chacun de nous. Dans la seconde moitié, le film perd un peu de son tonus. Plus gênant : sous le couvert d'une fustigation de la gauche caviar et de l'individualisme frileux, Coline Serreau flirte parfois avec un populisme douteux. L'emploi du personnage de raciste gentil (Patrick Timsit, agaçant), censé remettre les idées en place, gâche un peu la pétulance acide de cette comédie par ailleurs divertissante. — Jacques Morice Brillant avocat parisien, Victor se réveille un jour pour apprendre successivement deux mauvaises nouvelles: sa femme le quitte et son patron le licencie. Totalement bouleversé, il cherche du réconfort auprès de ... |
![]() | LA GRANDE LESSIVE, Jean-Pierre Mocky 1968, Bourvil, Francis Blanche (comique)@@Professeur de lettres dans un lycée, Armand Saint-Just est consterné par les effets de la télévision sur ses élèves. Les cours ont lieu devant des classes assoupies. Les professeurs s'adressent aux parents pour leur recommander d'éloigner leurs enfants des postes de télévision, mais cela reste sans aucun effet. Saint-Just se décide à agir. TELERAMA Un bon Mocky de série : mal fichu mais bien joué, utopique mais joyeusement anar, réglant son compte à la télévision, déjà bien envahissante. On sourit en grinçant des dents. Au moment du grand émoi soixante-huitard, la colère de Mocky contre la monolithique ORTF pouvait paraître décalée ; mais ce qui s’est passé depuis la justifie amplement. Professeur de lettres dans un lycée, Armand Saint-Just est consterné par les effets de la télévision sur ses élèves. Les cours ont lieu devant des classes assoupies. Les professeurs s'adressent aux ... |
![]() | LA PIANISTE, Michael Haneke 2001, Isabelle Huppert, Annie Girardot, Benoit Magimel (societe musical)@@Une professeure de piano d'âge moyen dans un conservatoire de Vienne possède le talent, la discipline et la dureté nécessaires pour masquer son appétit sexuel pour le voyeurisme, les films pornographiques et la masturbation violente. Erika Kohut, professeur de piano au conservatoire de Vienne, entend dresser les élèves comme elle fut dressée elle-même. Mais dressée à quoi ? A 40 ans passés, elle habite toujours seule avec sa mère, qui la cogne comme une petite fille dévoyée... TELERAMA Conçue pour impressionner, cette adaptation du roman d'Elfriede Jelinek par Michael Haneke y parvient parfaitement. Il suffit de voir Erika, petite dame aux allures de bas-bleu, s'enivrer d'un vieux Kleenex imbibé de sperme dans une cabine de sex-shop ou se taillader le sexe avec une lame de rasoir... Mais le sordide grand-guignol exsude peu à peu une terrible vérité. Sur les ravages entre mère (bravo Girardot) et fille, comme sur l'enfermement dans une perversion sexuelle. Par son casting français, le film échappe à une interprétation strictement autrichienne - dénonciation de la haute culture viennoise par l'étalage des frustrations et des douleurs qu'elle sécrète. Et l'on a rarement vu Huppert (exceptionnelle) laisser filtrer une souffrance aussi abyssale. Une professeure de piano d'âge moyen dans un conservatoire de Vienne possède le talent, la discipline et la dureté nécessaires pour masquer son appétit sexuel pour le voyeurisme, les films pornographiques e ... |
![]() | LA SAISON DES FEMMES, Leena Yadav 2016, Tannishtha Chatterjee, Radhika Apte (societe inde)@@Rani, veuve, vit seule et dans la pauvreté en compagnie de sa belle-mère, dans un village reculé de l'état du Gujarat. Respectueuse des traditions, elle marie son fils Gulab, un jeune homme immature, avec Janali, une jeune fille timide du village voisin. Leur union s'avère un désastre car Gulab est, à l'instar des hommes du village, rustre, violent et alcoolique. TELERAMA Transperçant l’obscurité dans un drôle de véhicule aux néons fluo, des filles rient aux éclats, cheveux au vent. Nous sommes en Inde, dans un coin reculé de l’État du Gujarat. À bord, il y a Bijli, danseuse-prostituée à l’excentricité fellinienne. Rani, en lutte contre des traditions familiales aliénantes qui se transmettent de mère en fille. Lajjo, méprisée et battue par un époux alcoolique qui l’accuse d’être stérile. Dans cette production dénonçant une société archaïque, chaque héroïne incarne le féminisme. Après deux longs métrages réalisés à Bollywood, Leena Yadav bifurque vers le film indépendant. Non sans risque. Car, pour briser des tabous, elle montre ce que le cinéma indien, même alternatif, ne montre (presque) jamais : une violence conjugale, insoutenable. Ou des corps dénudés, potentiellement choquants dans un pays qui refuse la sexualité à l’écran. Si le film fascine, c’est par ses fulgurances (magnifiques scènes de fête foraine) et ses ruptures de ton, qui font passer, en un instant, de l’effroi au rire. Les discussions, savoureuses et roboratives, entre copines se serrant les coudes font penser aux héroïnes volubiles de Quentin Tarantino dans son Boulevard de la mort (2007). Et l’on est bouleversé par le moment, d’une intense sensualité, où l’une soigne le corps tuméfié de son amie, frappée par son ivrogne de mari. Une amitié intense qui glisserait presque vers l’amour. Rani, veuve, vit seule et dans la pauvreté en compagnie de sa belle-mère, dans un village reculé de l'état du Gujarat. Respectueuse des traditions, elle marie son fils Gulab, un jeune homme immature, avec Janali, ... |
![]() | LE CIEL LES OISEAUX ET TA MERE, Djamel Bensalah, Jamel Debouze, Laurent Deutsch, Julien Courbey (comique)@@Vainqueurs d'un concours vidéo, Youssef, Stéphane, Christophe et Mike, quatre copains qui ont grandi ensemble dans une banlieue de la région parisienne, partent en voyage pour un mois dans le sud-ouest de la France. C'est la première fois qu'ils sortent de leur cité pour se retrouver à Biarritz. Cependant, les délires et la drague dont ils avaient rêvé semblent finalement inaccessibles et le changement de milieu social n'est pas sans poser de problèmes. TELERAMA Youssef, Stéphane, Mike et Christophe ont grandi ensemble dans une de ces banlieues parisiennes où la vie n'est guère rose. Unis comme les doigts de la main, ils ont fait les 400 coups ensemble, partagé les mêmes joies et les mêmes peines, vécu leur enfance et traversé leur adolescence ensemble. Ils ont aujourd'hui entre 18 et 20 ans et ils viennent de gagner un mois de vacances dans le Sud-Ouest de la France. Une aubaine pour ces quatre compères, qui n'ont jamais connu le bonheur du farniente estival au bord de l'eau. Ils rêvent déjà de filles faciles et de rigolades interminables. Mais ce qui les attend est bien loin de ce qu'ils pensaient trouver... Vainqueurs d'un concours vidéo, Youssef, Stéphane, Christophe et Mike, quatre copains qui ont grandi ensemble dans une banlieue de la région parisienne, partent en voyage pour un mois dans le sud-ouest de la France. C'e ... |
![]() | LES BARBOUZES, Georges Lautner, Bernard Blier, Francis Blanche, Mireille Darc (comique thriller)@@À la mort d'un célèbre trafiquant d'armes, sa veuve est assaillie par divers personnages qui veulent s'emparer de ses brevets de fabrication d'armes absolues. TELERAMA En mourant, Constantin Benarshah, un riche marchand de canons, a laissé en déshérence tous les brevets d'armes, atomiques, bactériologiques et autres, dont il faisait, de son vivant, ses choux gras. Francis Lagneau, le meilleur agent des services secrets français, est dépêché au château du défunt, avec pour mission de faire main basse sur ces précieux documents. Il y rencontre Amaranthe, la jeune veuve, point trop affectée par la mort de son mari, et toute une collection d'espions internationaux, ses vieux adversaires, sous divers travestissements. Tous n'ont qu'une idée en tête : récupérer pour le compte de leur gouvernement les fameux brevets.. À la mort d'un célèbre trafiquant d'armes, sa veuve est assaillie par divers personnages qui veulent s'emparer de ses brevets de fabrication d'armes absolues. TELERAMA En mourant, Constantin Benarshah, un r ... |
![]() | LES COWBOYS, Thmas Bidegrain 2015, Francois Damiens, Finnegan Oldfield (societe)@@@Alain est l'un des piliers d'une communauté "western" dans l'est de la France. Il danse avec Kelly, sa fille de 16 ans, sous l'oeil attendri de sa femme et de leur jeune fils Kid. Or, ce jour-là, Kelly disparaît. TELERAMA Pour son premier film, le scénariste de Jacques Audiard signe une libre adaptation de “La Prisonnière du désert”, de John Ford. Un western entre la France et le Moyen-Orient, où les Arabes sont les Indiens d’aujourd’hui. Angoissant et émouvant. Transposer La Prisonnière du désert, classique du western, dans un contexte français et contemporain : pour sa première réalisation, le scénariste Thomas Bidegain (Un prophète, d’Audiard) a mis la barre très haut. En 1994, dans l’Ain, des fans de musique country se rassemblent pour une fête. Mais la petite communauté est aussitôt frappée par la tragédie : Kelly, 16 ans, s’enfuit avec un islamiste radical qui rêve de djihad. Son père, Alain, part à sa recherche avec son jeune fils, Kid. Entre la Belgique et le Moyen-Orient, leur quête durera plus de quinze ans… Stetson vissé sur le crâne, Alain considère les musulmans comme le personnage de John Wayne voyait les Comanches, jadis : avec mépris, puis haine. C’est l’idée forte du film : les Arabes sont les Indiens d’aujourd’hui, injustement stigmatisés en bloc pour les atrocités commises par une minorité d’entre eux. Les clins d’oeil au western sont, parfois, potaches (le joint comme version postmoderne du calumet de la paix !), parfois puissants : quand les deux « cow-boys » pénètrent dans une cité de banlieue sous le regard méfiant de « barbus » qui les suivent sur les toits, on se croirait en plein Far West. Écrit avec une utilisation audacieuse des ellipses, Les Cowboys n’est pas seulement un « film de scénariste » : l’angoisse et l’émotion naissent, aussi, de la mise en scène et de la direction d’acteurs. François Damiens est un impressionnant bloc de douleur. Et Finnegan Oldfield crève l’écran en fils aimant qui sacrifie sa jeunesse avant de devenir le trait d’union entre deux cultures… Alain est l'un des piliers d'une communauté "western" dans l'est de la France. Il danse avec Kelly, sa fille de 16 ans, sous l'oeil attendri de sa femme et de leur jeune fils Kid. Or, ce jour-là, Kelly disparaî ... |
![]() | LES DESASTREUSES AVENTURE DES ORPHELINS BAUDELAIRE, Brad Silberling 2004, Jim Carrey, Meryl Streep (fantastique)@@Après que les trois jeunes frères et sœurs Baudelaire sont devenus orphelins à la suite de l'incendie de leur manoir, ils sont emmenés chez leur parent éloigné, le comte Olaf. Malheureusement, Olaf est un homme cruel et intrigant qui ne s'intéresse qu'à l'héritage que l'aînée des Baudelaire, Violette, doit recevoir. TELERAMA Quand elle se noue les cheveux, Violette, 14 ans, invente des gadgets incroyables. Klaus, 12 ans, a retenu par cœur tous les livres de la bibliothèque. Prunille, elle, n’est encore qu’un bébé, mais ses dents acérées coupent tout ce qui dépasse. Devenus orphelins de manière pas si accidentelle que ça, les trois jeunes Baudelaire échouent chez des parents lointains… L’auteur des livres rivaux, en succès, de Harry Potter avait bien précisé que tous ses romans commenceraient mal, finiraient mal et que « tout y irait mal d’un bout à l’autre, ou peu s’en faut ». Ceux qui ont vu les films de Tim Burton apprécieront. Car c’est son habituel décorateur, Rick Heinrichs, qui a créé cet univers gothique et lunaire afin de refléter l’émerveillement et la sourde angoisse de l’enfance. Et Jim Carrey cabotine avec délices dans le rôle du comte Olaf, proche parent des orphelins, qu’il tente obstinément d’occire pour s’approprier leur fortune. C’est l’héritier en métamorphoses d’Alec Guinness et de Peter Sellers. Il est dément. Après que les trois jeunes frères et sœurs Baudelaire sont devenus orphelins à la suite de l'incendie de leur manoir, ils sont emmenés chez leur parent éloigné, le comte Olaf. Malheureusement, ... |
![]() | LES FRAISES SAUVAGES, Ingmar Bergman 1957, Victor Sjöstrom, Bibi Andersson (societe)@@@Isak Borg, 78 ans, a derrière lui une brillante carrière de docteur en médecine. À l'aube du jour de son jubilé, où l'université de Lund doit lui rendre hommage, le vieil homme décide soudainement de ne pas prendre l'avion comme prévu, mais de s'y rendre en voiture. TELERAMA “ L'approche de la mort nous apprend la vanité des choses auxquelles on a consacré sa vie en laissant de côté l'essentiel, le bonheur... ” Isak Borg, 78 ans, a derrière lui une brillante carrière de docteur en médecine. À l'aube du jour de son jubilé, où l'université de Lund doit lui rendre hommage, le vieil homme décide ... |
![]() | LES PROFESSIONNELS, Richard Brooks 1966, Burt Lancaster, Lee Marvin, Claudia Cardinale (western)@@En 1917, en pleine révolution mexicaine, le magnat texan du pétrole Grant engage Fardan, un ancien soldat, pour retrouver son épouse Maria, enlevée par l'activiste mexicain Jesus Raza. Pour cette mission récompensée à hauteur de 100 000 dollars, Fardan s'entoure de trois autres mercenaires : un ancien cavalier, un maître d'armes et un spécialiste en explosifs autrefois associé à Raza. Lancaster, Marvin et Ryan courent après Claudia Cardinale, enlevée par Jack Palance. Rien que ça, c’est beau. En plus, le Mexique est en révolution. TELERAMA Des acteurs prodigieux dans un western signé Richard Brooks ? Trop beau pour être vrai, on attend la faille. Mais les seules failles seront celles d’un paysage tailladé par les canyons. Car ce film est en tout point superbe, tant par les rapports qui s’établissent entre les différents personnages que par les scènes d’action. Rico (Lee Marvin) est chargé, contre rétribution, d’aller rechercher la femme d’un riche Texan (Claudia Cardinale) qui a été enlevée par un chef mexicain (Jack Palance). Le vieux routard recrute, entre autres, un expert en explosifs (Burt Lancaster) et un tireur à l’arc émérite (Woody Strode)… La petite escouade récupérera la prisonnière au prix d’un audacieux coup de main et s’en retournera vers la frontière, poursuivie par le ravisseur. Ils cavaleront ainsi ventre à terre et l’âme tourmentée, comprenant que la belle n’était pas si captive… Et qu’une certaine vertu morale peut tout faire basculer. En 1917, en pleine révolution mexicaine, le magnat texan du pétrole Grant engage Fardan, un ancien soldat, pour retrouver son épouse Maria, enlevée par l'activiste mexicain Jesus Raza. Pour cette mission ré ... |
![]() | MAESTRO(S), Bruno Chiche 2022, Yvan Attal, Pierre Arditi (musical)@@Chez les Dumar, on est chef d'orchestre de père en fils: François, le patriarche, achève une longue et brillante carrière internationale, tandis que Denis, le fils, vient de remporter une énième Victoire de la Musique Classique. TELERAMA Tout est dans ce « s » entre parenthèses puisque, chez les Dumar, le père et le fils sont tous les deux de grands chefs d’orchestre, avec des conceptions différentes de leur art. Une énorme bourde sert de ressort un peu commode au scénario : une secrétaire confond papa et son rejeton et annonce au premier au lieu du second qu’il a été choisi pour diriger l’orchestre de la Scala de Milan… La tradition versus la modernité, la filiation compliquée, l’orgueil masculin… Cette comédie dramatique déroule sa partition sans surprise, mais on peut trouver du plaisir dans la confrontation d’Yvan Attal et Pierre Arditi. Le numéro de ce dernier, en pater susceptible qui refuse de céder la place, donne toute sa résonance au titre. Chez les Dumar, on est chef d'orchestre de père en fils: François, le patriarche, achève une longue et brillante carrière internationale, tandis que Denis, le fils, vient de remporter une énième Vic ... |
![]() | MAESTRO, Bradley Cooper 2023, Bradley Cooper, Carey Mulligan (bio sentimental)@@@Le chef d'orchestre et compositeur américain Leonard Bernstein tombe sous le charme de l'actrice costaricienne Felicia Montealegre lors de leur rencontre en 1946. Cet amour complexe est aussi grandiose que téméraire. TELERAMA L’acteur et réalisateur de “A Star is Born” entre cette fois dans la peau du compositeur de génie de “West Side Story”. Entre création et vie privée, Cooper a le bon goût de faire briller une Carey Mulligan déchirante. r Très Bien Cinq ans après sa revisite folk du classique A Star is Born, Bradley Cooper embrasse goulûment le genre casse-binette du biopic avec Maestro, présenté en compétition officielle sous pavillon Netflix à la 80e Mostra de Venise en septembre et désormais disponible sur la plateforme. Soit l’histoire d’un géant, le compositeur et chef américain Leonard Bernstein (1918-1990), auquel Cooper lui-même prête sa fougue et ses yeux bleus. L’acteur-réalisateur fait le show à la hollywoodienne, avec prothèse nasale, mimétisme millimétré, préparation monstre (il fait illusion tant au piano qu’à la baguette, en particulier lors d’une longue séquence de direction d’orchestre oscillant entre possession et performance sportive) et bénédiction des héritiers, qui ont ouvert leur maison de famille. Franchement ? Ça marche. Du coup de fil qui a changé sa destinée en 1943 – un chef malade et hop, voilà l’assistant appelé au pupitre du Philharmonique de New York – à la mort de son épouse Felicia Montealegre, Maestro survole la légende sur trois décennies, entre success et love story pas gnangnan. Pour y parvenir, le scénario alterne ellipses longue durée et plongées signifiantes dans l’intimité du couple formé par le musicien – dont le film révèle l’homosexualité dès le début – et la comédienne, mère de leurs trois enfants. S’il est évidemment question de travail et de création, c’est bien ce compagnonnage au long cours, parfois transformé en triangle des Bermudes par un gars à joli minois, qui passionne Cooper. Après Lady Gaga, il offre cette fois un rôle en or à la merveilleuse Carey Mulligan (Promising Young Woman, She Said), pas là pour jouer les utilités – mais pour faire pleurer nos yeux, ça oui. Cumulant les casquettes (il est aussi producteur, avec Scorsese et Spielberg, c’est chic), Bradley Cooper assure en homme-orchestre, notamment dans une première partie très enlevée qui s’autorise des embardées du côté de la comédie musicale. Les scènes de réception mondaines rendues dans leur brouhaha joyeux, les raccourcis stylisés (où le protagoniste passe, par exemple, directement de sa chambre à une loge de Carnegie Hall), autant de réussites qui vous embarquent pour deux heures neuf de mélo en musique. La Deuxième de Mahler, West Side Story, la Mass, composée pour Kennedy… évidemment, la bande originale, sublime et familière, contribue à ce tourbillon d’émotion. In fine, Maestro en fait beaucoup, peut-être trop, mais trouve la note juste dans l’attention qu’il porte à Felicia et à sa place essentielle, fut-elle en coulisse Le chef d'orchestre et compositeur américain Leonard Bernstein tombe sous le charme de l'actrice costaricienne Felicia Montealegre lors de leur rencontre en 1946. Cet amour complexe est aussi grandiose que téméraire. |
![]() | MON PETIT DOIGT M A DIT, Pascal Thomas 2005, Catherine Frot, Andre dussolier (comique)@@@Pourquoi madame Rose Evangelista a-t-elle prématurément quitté la maison de retraite où Bélisaire et Prudence Beresford sont venus voir leur tante Ada ? TELERAMA Prudence entame une enquête, au désespoir de son mari… Délicieuse adaptation d’Agatha Christie, où la comédie policière vire au conte fantastique et le couple Frot-Dussollier irradie. Dans une maison de retraite cossue et quiète, Prudence fait la connaissance d’une femme étrange et exaltée. Rose lui parle de morts suspectes, d’une maison biscornue, du cadavre d’une petite fille dans la cheminée. Quelque temps après, Rose disparaît et, au grand désespoir de son mari, Prudence se lance à sa recherche. Insensiblement, la comédie policière enjouée, tissée de répliques brillantes, filmée avec légèreté, vire au conte maléfique. Telle l’Alice de Lewis Carroll, Prudence découvre des lieux où le temps semble s’être arrêté. Et des silhouettes dont la folie douce pourrait facilement devenir furieuse… Pascal Thomas peine un peu avec l’écheveau de fausses pistes imaginées par Agatha Christie, mais s’en tire comme un prestidigitateur, utilisant ses meilleures armes – dialogues, seconds rôles, lumière… – pour créer la magie. Jusqu’au dénouement, tout en faux-semblants, cette enquête policière manie la dérision avec sérieux et joue sur le double sens du mot « charme ». Aux côtés de Geneviève Bujold, qu’on a plaisir à revoir, le couple Frot-Dussollier irradie de gaieté ludique. Pourquoi madame Rose Evangelista a-t-elle prématurément quitté la maison de retraite où Bélisaire et Prudence Beresford sont venus voir leur tante Ada ? TELERAMA Prudence entame une enquê ... |
![]() | NICOLAS ET ALEXANDRA, Franklin J. Schaffner 1971, Michael Jayston, Janet Suzman (histoire bio)@@Lorsque le tsar Nicolas épouse la princesse allemande Alexandra, le mariage s'avère impopulaire auprès du peuple russe, une situation qui ne s'améliore pas lorsqu'elle donne naissance à quatre filles. Lorsqu'elle met enfin au monde un fils, l'hémophilie aiguë du nourrisson ne peut être contrôlée que par les pouvoirs du moine fanatique Raspoutine. TELERAMA En Russie, 1904. Le Tsar Nicolas II et son épouse Alexandra découvrent que leur fils Alexis est hémophile. Les médecins étant impuissants à le guérir, Alexandra fait appel à Raspoutine, un moine paysan, aux moeurs scandaleuses, qui réussit à maîtriser plusieurs hémorragies d'Alexis. Alexandra et Nicolas subissent rapidement l'influence de cet étrange personnage. Nicolas, tourmenté par la maladie de son fils, commet plusieurs maladresses politiques. La guerre avec le Japon s'avère ruineuse pour le pays et, restant distant de son peuple, il ne comprend pas la montée révolutionnaire. En 1917, il abdique et est transféré avec sa famille en Sibérie, où ils seront exécutés le 16 juillet 1918... Lorsque le tsar Nicolas épouse la princesse allemande Alexandra, le mariage s'avère impopulaire auprès du peuple russe, une situation qui ne s'améliore pas lorsqu'elle donne naissance à quatre filles. Lors ... |
![]() | NOS JOURS HEUREUX, Olivier Nakache et Eric Toledano 2006, Omar Sy (comique sentimental)@@Vincent Rousseau dirige pour la première fois une colonie de vacances et se retrouve plongé pendant trois semaines dans l'univers des colos avec petites histoires et gros soucis à la clef ! Dès le départ en train, les enfants sont ingérables : l'une a perdu sa valise, l'autre assomme tout le monde de questions. TELERAMA C’est la tendresse filiale qui donne un supplément d’âme à cette comédie de vacances un peu stéréotypée. Les rapports que le héros, Vincent, animateur-chef (Jean-Paul Rouve), entretient avec son retraité de père (Jacques Boudet) ont des accents de vérité doux et agacés. L’arrivée de ce paternel oisif au beau milieu de la colo rend les olympiades finales nettement plus souriantes. Le reste du film illustre avec plus ou moins de finesse la chanson de Pierre Perret Les Jolies Colonies de vacances : chansons dans le car, bagarre à la cantoche et guitare à la belle étoile. Les monos sont aussi infantiles que les ados, et les enfants pourraient tous écrire à leurs parents « j’ai que 8 ans mais je m’débrouille ». Le montage est vif et le naturel des acteurs fait le reste. Éric Toledano et Olivier Nakache se sont rencontrés en colo. Leur hommage sent suffisamment le vécu pour que la chronique l’emporte le plus souvent sur la grosse farce. Vincent Rousseau dirige pour la première fois une colonie de vacances et se retrouve plongé pendant trois semaines dans l'univers des colos avec petites histoires et gros soucis à la clef ! Dès le départ e ... |
![]() | PERSONA, Ingmar Bergman 1966, Bibi Andersson, Liv Ullmann (societe)@@@Élisabeth Vogler est actrice. Au beau milieu d'une interprétation d'Électre, elle devient muette. Des médecins l'auscultent et ne décèlent aucune anomalie physique. Une infirmière, Alma, la prend en charge, l'emmenant dans sa villa au bord de la mer. Puisque l'actrice ne parle plus, Alma discourt pour deux, confiant à Élisabeth les secrets qui la rongent : une expérience sexuelle à plusieurs, son avortement, sa solitude. TELERAMA Viscéral, impulsif, ce film est plein d’allusions à la thérapie jungienne. A commencer par le titre, Persona, et le prénom de la garde-malade, Alma. Pour le psychanalyste Carl Jung, la souffrance humaine vient du conflit entre le persona (le masque social) et l’alma (le subconscient)… Bergman adapte cette théorie aux années 1960, et la pousse à son paroxysme : le malheur des hommes viendrait en fait de l’absence de frontière entre le visible et l’invisible. Le cinéma ne peut pas combattre la folie du monde. Mais celle de l’artiste, oui. Seule lueur d’espoir de Persona : la création peut être salvatrice. Avec l’aide de ses deux comédiennes, stupéfiantes, Bergman avoue avoir fait acte de survie. « J’ai dit un jour que Persona m’avait sauvé. Ce n’était pas une exagération. Si je n’avais pas trouvé la force de faire ce film-là, j’aurais sans doute été un homme fini. » Élisabeth Vogler est actrice. Au beau milieu d'une interprétation d'Électre, elle devient muette. Des médecins l'auscultent et ne décèlent aucune anomalie physique. Une infirmière, Alma, la p ... |
![]() | PICCOLO SAXO ET COMPAGNIE, Marco Villamizar et Eric Gutierez 2005, (musical)@@Rien ne va plus sur la planète Musique. Toutes les familles d'instruments sont fâchées. Tout a commencé depuis la mystérieuse disparition des clés Sol, Fa et Ut et évidemment chacune des familles accuse l'autre de les avoir volées. Bref c'est la cacophonie : chacun joue dans son coin et plus personne ne veut entendre parler du grand orchestre.Mais lorsqu'un bois, Piccolo, devient le meilleur ami d'un cuivre, Saxo, la note Do n'en revient pas. TELERAMA “Piccolo, Saxo et compagnie” raconté par François Morel : la musique classique tout en tendresse et facéties La première adaptation télévisuelle du conte musical imaginé en 1956 mélange musique d’orchestre, animation et prises de vues réelles. Et François Morel ouvre un nouveau livre pop-up avec gourmandise. r Très Bien Le conte musical “Piccolo, Saxo et compagnie” imaginé par André Popp et Jean Broussolle dans les années 50 est aujourd’hui raconté par François Morel. Le conte musical “Piccolo, Saxo et compagnie” imaginé par André Popp et Jean Broussolle dans les années 50 est aujourd’hui raconté par François Morel. Photo Camera Lucida Productions Dans la lignée de Pierre et le loup et du Carnaval des animaux, de précédents programmes mélangeant musique d’orchestre, animation et prises de vues réelles, François Morel ouvre un nouveau livre pop-up. Avec gourmandise, le comédien raconte la petite histoire d’un grand orchestre. Au temps lointain, « les instruments de l’orchestre ne se connaissaient pas entre eux », mais un jour, les cordes et les saxophones sont partis en voyage, à la rencontre des autres familles d’instruments. Première adaptation télévisuelle du conte musical inventé dans les années 1950 par André Popp et Jean Broussolle, cette emballante histoire de petits violons qui chantent haut, d’altos qui ont la voix grave et de grand-mère contrebasse ravira les plus jeunes et leurs proches. Chaque page détaille l’univers d’une famille d’instruments (les cordes, les saxos, les bois, les cuivres…), auquel des musiciens de l’Opéra de Rouen Normandie prêtent vie. Les nouveaux instruments nourrissent l’orchestre, jusqu’à l’arrivée du piano majestueux. Sur un livret enlevé, ce conte coloré se joue des échelles. Injectant des personnages animés dans l’orchestre, il invite à découvrir les instruments, les sons et les émotions qu’ils transmettent de manière ludique et visuelle. Dans les années 1950, André Pop et son complice Jean Broussole ont imaginé une histoire en musique qui présente tous les instruments de l'orchestre. Au fil du temps, "Piccolo, Saxo et Compagnie" est devenu un classique comme le "Pierre et le Loup" de Prokofiev. Après "Pierre et le Loup", "Le Carnaval des animaux" et "Les 4 Saisons", France Télévisions invente une forme nouvelle pour ce premier "Piccolo, Saxo et Compagnie" télévisé. Rien ne va plus sur la planète Musique. Toutes les familles d'instruments sont fâchées. Tout a commencé depuis la mystérieuse disparition des clés Sol, Fa et Ut et évidemment chacune des famil ... |
![]() | PINOT SIMPLE FLIC, Gérard Jugnot 1984, Gérard Jugnot, Patrick Fierry (comique societe)@@Robert Pinot est un gardien de la paix aussi ordinaire que maladroit. Un jour, il interpelle une certaine Josyane, jeune toxicomane et voleuse à la tire qui se fait appeler Marie-Lou. Découvrant qu'elle est originaire de Nanteuil, le même village que lui, il se prend de compassion pour la jeune fille et décide de la prendre sous son aile afin de la soustraire à l'emprise de Tony, un dangereux dealer dont elle est amoureuse. TELERAMA Jugnot, gardien de la paix un peu minable, mais bon cœur, prend sous son aile une jeune délinquante droguée. Pour un premier essai, c’est honnête. Gardien de la paix attaché à une brigade de police secours dans le 13e arrondissement de Paris, Pinot est considéré par ses supérieurs comme un « barjo ». Un jour, il se lance à la poursuite d’une jeune délinquante… dont il tombe amoureux. Gérard Jugnot tournait là son premier film, avec une certaine habileté, une fantaisie mi-burlesque, mi-sentimentale. Les faits divers servent de tremplin à des gags efficaces, sinon très originaux, et à une vision pittoresque des activités de police secours. Jugnot s’est aussi donné la vedette, créant un personnage qui a un côté fleur bleue et joue les terre-neuve amoureux. Plaisant. Robert Pinot est un gardien de la paix aussi ordinaire que maladroit. Un jour, il interpelle une certaine Josyane, jeune toxicomane et voleuse à la tire qui se fait appeler Marie-Lou. Découvrant qu'elle est originaire de Nante ... |
![]() | PORC ROYAL, Malcolm Mowbray 1985, Michael Palin, Maggie Smith (comique)@@Un petit village du Yorkshire en 1947. L'Angleterre a gagné la guerre mais les temps sont durs pour ses habitants. Les tickets de rationnement restent en vigueur et le précieux `bacon' se fait rare. Aussi, la nouvelle du mariage de la princesse Élisabeth avec le prince Philip, duc d'Édimbourg fait-elle l'effet d'une bouffée d'oxygène. Un grand banquet est organisé pour fêter l'événement. Cependant, le porc engraissé clandestinement pour ces agapes disparaît. TELERAMA Savoureuse comédie charcutière, à base de marché noir et d’humour absurde (emprunté aux Monty Python), dans l’Angleterre d’après-guerre. Angleterre, 1947. La princesse Élisabeth épouse lord Mountbatten. Pendant ce temps, le vulgum pecus british, privé de viande, court après les tickets de rationnement. Mme Chilvers enrage : « Ce n’est pas une question de steak, Gilbert, répète-t-elle à son pédicure de mari, mais de standing ! » Le brave homme se met donc en quête d’un cochon bien gras à subtiliser… Vous le reconnaissez ? Le petit pédicure timide et sentimental qui s’attache peu à peu à Betty, truie rose et odorante fauchée aux notables de la ville, n’est autre que… Michael Palin, Monty Python échappé (entre autres !) d’Un poisson nommé Wanda. Aux plus célèbres des comiques anglais, le réalisateur a aussi emprunté un peu de leur humour absurde et décapant. Égoïste, snob et étriquée, la petite-bourgeoisie d’outre-Manche, affamée par la pénurie, prend un bon coup sur le groin. Goûtez donc cette cochonnaille aigrelette, parfois lourde mais souvent savoureuse. Un petit village du Yorkshire en 1947. L'Angleterre a gagné la guerre mais les temps sont durs pour ses habitants. Les tickets de rationnement restent en vigueur et le précieux `bacon' se fait rare. Aussi, la nouvelle du maria ... |
![]() | PREMIERS PAS DANS LA MAFIA, Andrew Bergman 1990, Matthew Broderick, Marlon Brando (policier)@@New York. A peine débarqué, Clark Kellog, jeune provincial naïf venu faire une école de cinéma, se fait détrousser. Il rencontre par hasard son voleur. Celui-ci, en le présentant à son oncle, l'introduit dans le milieu mafioso. TELERAMA Clark Kellogg quitte son Vermont natal pour entreprendre des études de cinéma à New York. Mais à peine est-il arrivé qu'un soi-disant chauffeur de taxi, Victor Ray, lui dérobe bagages et argent. Quelques jours plus tard, il retrouve son voleur dans la rue et se lie d'amitié avec lui. Vic lui apprend que son oncle, Carmine Sabatini, a quelques petits boulots très lucratifs à lui proposer. C'est ainsi que Clark se retrouve chargé d'une première mission : livrer un lézard géant à un cuisinier bizarre, un certain Larry London. Le jeune homme fait également la connaissance de Tina, la ravissante fille de Carmine Sabatini, qui lui parle très vite de mariage. Le voilà bientôt membre, malgré lui, de la fameuse "organisation"... New York. A peine débarqué, Clark Kellog, jeune provincial naïf venu faire une école de cinéma, se fait détrousser. Il rencontre par hasard son voleur. Celui-ci, en le présentant à son o ... |
![]() | RENCONTRES DU TROISIEME TYPE, Steven Spielberg 1977, Richard Dreyfuss, Francois Truffaut, Melinda Dillon (science fiction)@@Pendant qu'une coupure d'électricité paralyse la ville, Roy Neary, un réparateur de câbles de l'Indiana, voit une soucoupe volante passer au-dessus de sa voiture. Barry Guiler, un petit garçon de quatre ans, est, quant à lui, réveillé par le bruit de ses jouets qui se mettent en marche. Dans le monde entier, d'autres personnes assistent avec étonnement à des d'événements aussi spectaculaires qu'inexplicables. TELERAMA Une étape importante dans le cinéma de SF : ici, les E.T. sont pacifistes, et leur arrivée sur Terre est attendue par des scientifiques et non par l’armée ! La peinture un rien candide de l’Amérique profonde a un peu vieilli. Mais les dernières séquences n’ont rien perdu de leur poésie. Des phénomènes inexplicables se produisent aux quatre coins du monde, préludes à un atterrissage d’extraterrestres qui doit avoir lieu dans le Wyoming. Des Américains moyens, mystérieusement élus par les visiteurs de l’espace, en seront les témoins privilégiés… Comme souvent, quand on revient aux origines d’une formule, on n’aperçoit plus vraiment la supériorité du prototype après des centaines de déclinaisons et autant de perfectionnements. Spielberg a inventé le blockbuster, dont ces Rencontres sont la variante SF, puis ses Martiens ont vieilli. Enfin, pas eux précisément, gentils êtres brachycéphales encore émouvants. Mais tout ce qui précède leur apparition : une peinture patriotique et dénuée d’humour de l’Amérique profonde, avec effets spéciaux qui, spectaculaires en leur temps, n’ont plus grand-chose de spécial. Plus un éloge de la candeur qui confine souvent à la mièvrerie… Pourtant, les dernières séquences, où s’illustre le titre du film, n’ont rien perdu de leur poésie : on y aperçoit enfin ces extraterrestres pacifistes (la principale originalité du film), et leur grâce délicate détonne très agréablement au milieu de ce bric-à-brac militaro-scientifique où les Terriens les attendaient à leur manière trop humaine. Pendant qu'une coupure d'électricité paralyse la ville, Roy Neary, un réparateur de câbles de l'Indiana, voit une soucoupe volante passer au-dessus de sa voiture. Barry Guiler, un petit garçon de quatre ans ... |
![]() | SARAJEVO MON AMOUR, Jasmila Žbanić 2005, Mirjana Karanović, Luna Zimic Mijovic (sentimental histoire)@@@Dans le Sarajevo de l'après-guerre, une mère célibataire tente de réunir l'argent nécessaire pour payer une excursion scolaire pour sa fille de 12 ans. TELERAMA La neige, à Sarajevo, recouvre d'innombrables cicatrices. Celles de la ville, personnage à part entière du film, au hasard des ruines qui s'y attardent. Mais aussi, bien sûr, celles de ses habitants. Esma habite Grbavica, un quartier populaire, et y élève seule Sara, sa fille de 13 ans. Le soir, elle travaille comme serveuse dans une boîte de nuit. Jasmila Zbanic capte d'emblée une mélancolie diffuse dans la grisaille de ce quotidien. C'est le trauma d'une société tout entière qu'elle nous présente, avec une poignante délicatesse. Cette maîtrise, étonnante pour un premier long métrage, lui a d'ailleurs valu un ours d'or au festival de Berlin, en 2006. Esma, femme forte et touchante (Mirjana Karanovic, actrice fétiche de Kusturica), a un secret, atroce. On le devine à ses dérobades, dès que sa fille (la jeune Luna Mijovic, parfaite en chaton écorché vif) tente d'en savoir un peu plus sur un père mort « en héros » pendant la guerre. Vies brisées, fantômes innombrables et exils intérieurs hypothèquent l'avenir. A travers ses héroïnes, Jasmila Zbanic s'interroge sur la condition de victime. Quand et comment peut-on cesser de l'être ? Est-ce incurable ou, pire, transmissible ? Le constat est sombre. Pauvreté, mafia, dépression, Sarajevo survivante est malade de tout ce gâchis. Mais le tableau se nuance de tendresse et d'énergie. En un mot : d'espoir. Le film plaide plutôt en faveur de la mémoire. Il ne s'agit ici ni de vengeance (les bourreaux d'hier comptent moins que les traces qu'ils ont laissées), ni d'oubli, mais de vérité, condition indispensable de toute guérison. Dans le Sarajevo de l'après-guerre, une mère célibataire tente de réunir l'argent nécessaire pour payer une excursion scolaire pour sa fille de 12 ans. TELERAMA La neige, à Sarajevo, re ... |
![]() | SCENES DE LA VIE CONJUGALE, Ingmar Bergman 1975, Liv Ullmann, Erland Josephson (societe)@@@Mariés depuis dix ans, Marianne et Johan donnent toutes les apparences d'un bonheur radieux, au point qu'une journaliste les interroge pour connaître le secret de leur amour sans faille. Pourtant, ni l'un ni l'autre n'est tout à fait satisfait de leur relation. Après avoir assisté à une violente dispute entre leurs amis Peter et Katarina, puis entendu le récit d'une femme qui confesse son souhait de divorcer après vingt ans d'union, le vernis finit par craquer. TELERAMA Cette chronique d’un mariage heureux et malheureux a tout d’exceptionnel. Présentée d’abord, dans une version étendue, comme une série pour la télévision, elle devint, en Suède, phénomène de société, provoquant une vague de divorces. Chérie par les cinéphiles et les cinéastes, elle vient de faire l’objet d’un admirable remake, la série Scenes from a Marriage (aussi sur OCS). La réussite fut totale. Avec ce film, Bergman anticipait sur la télé-réalité. Son langage est, certes, celui du cinéma et le couple qu’il met en scène est interprété par deux grands comédiens. Mais Erland Josephson est, pour Bergman, comme un double de lui-même, et Liv Ullmann a été son épouse. Sur l’écran, ce qu’il fait surgir, c’est la vérité de ce qui se joue entre un homme et une femme. Et sur ce thème, il choisit de ne rien inventer : au lieu d’un scénario classique, il écrit des dialogues qu’il filme en gros plans, il donne à Johan, le mari, et à Marianne, l’épouse, les mots pour dire ce qu’ils éprouvent, pour parler de sentiments et de sexe. Crûment, magnifiquement, horriblement. C’est le grand déballage, comme à la maison. Sans cesse, ce film nous tend un miroir. On y reconnaît nos splendeurs et nos misères conjugales, éclairées par un cinéaste d’une lucidité impitoyable et d’une humanité immense. Mariés depuis dix ans, Marianne et Johan donnent toutes les apparences d'un bonheur radieux, au point qu'une journaliste les interroge pour connaître le secret de leur amour sans faille. Pourtant, ni l'un ni l'autre n'est tout ... |
![]() | STARMAN, John Carpenter 1984, Jeff Bridges, Karen Allen (science fiction)@@Un extra-terrestre est poursuivi par l'armée américaine. Il se réfugie chez une jeune veuve et prend l'apparence de son mari défunt. La jeune femme l'héberge et l'accompagne dans sa fuite. TELERAMA Répondant à l'invitation lancée par la sonde spatiale Voyager 2, envoyée dans l'espace sept ans auparavant et proposant à toute créature extraterrestre de venir visiter la Terre, un habitant d'une lointaine planète se risque dans le ciel américain. Aussitôt pris en chasse par des avions lance-missiles, il échappe de justesse à la mort et trouve refuge dans la maison de Jenny Hayden, une veuve inconsolable. Il prend alors l'apparence de Scott, le défunt mari de Jenny. La jeune esseulée ne s'en étonne guère, dans un premier temps, puisqu'elle s'est accoutumée, depuis son veuvage, à imaginer la présence de feu son mari à ses côtés. Puis Jenny comprend que ce Scott-là n'est pas son époux... Un extra-terrestre est poursuivi par l'armée américaine. Il se réfugie chez une jeune veuve et prend l'apparence de son mari défunt. La jeune femme l'héberge et l'accompagne dans sa fuite. TELERAM ... |
![]() | THELMA ET LOUISE, Ridley Scott 1991, Geena Davis, Susan Sarandon (societe)@@@Thelma, une épouse frustrée, suit les conseils de son amie Louise et part avec elle pour une fin de semaine entre femmes à la campagne. Sur la route, un homme essaye de violer Thelma. Louise le tue et donne à Thelma l'ordre de ne pas prévenir la police. TELERAMA L’escapade de deux copines vire au tragique. L’œuvre de Ridley Scott, tournée en 1991, n’a pas pris une ride. L’une est victime d’un viol (Geena Davis), l’autre coupable d’avoir tué celui qui n’avait pas compris que “Non, c’est non”(Susan Sarandon). C'est un jalon, le premier road movie rebelle du cinéma à mettre en scène non pas des hommes (Easy Rider) ou un homme et une femme (Bonnie and Clyde), mais deux femmes. Écrit par une jeune Américaine d’origine libanaise, le sujet fait d’abord peur aux studios car il ne ressemble à aucun « film de filles » identifié. Le film raconte l’escapade de deux copines d’un bled d’Arkansas, Thelma, femme au foyer maltraitée par son macho de mari, et Louise, serveuse libre dans sa tête, qui tourne à la cavale jusqu’au-boutiste à travers le sud-ouest des États-Unis après que Louise a tué un homme qui tentait de violer Thelma. Trente-trois ans après, les deux fugitives dans leur Ford Thunderbird 1966 vert amande n’ont rien perdu de leur splendeur et de leur humour. L’Anglais Ridley Scott filme les paysages de la mythologie américaine avec la gourmandise assumée d’un étranger, et Brad Pitt, débutant, comme un objet de désir. Pendant ce temps, Thelma et Louise s’émancipent, se transforment, et leur amitié se meut en sororité, en fusion absolue envers et contre les lois et la violence des hommes. La voix de Marianne Faithfull les soutient avec The Ballad of Lucy Jordan, et le Grand Canyon approche, pour un envol tragique mais lumineux. Une semaine après la sortie du film, les sublimes Susan Sarandon et Geena Davis faisaient la couverture de Time Magazine avec ce titre : « Pourquoi Thelma et Louise touche un point sensible. » Parce qu’il était, et reste, une bombe de féminisme. Thelma, une épouse frustrée, suit les conseils de son amie Louise et part avec elle pour une fin de semaine entre femmes à la campagne. Sur la route, un homme essaye de violer Thelma. Louise le tue et donne à The ... |
![]() | TOUT SIMPLEMENT NOIR, Jean-Pascal Zadi 2020, Caroline Anglade (comique)@@Un acteur raté de 40 ans, décide d'organiser la première grosse marche de contestation noire en France. Cependant, il est partagé entre l'envie d'être sur le devant de la scène et véritable engagement militant. Il fait des rencontres souvent étranges avec des personnalités influentes de la communauté et peut compter sur le soutien intéressé qu'il reçoit de Fary. TELERAMA Des acteurs pleins d’autodérision dans un faux documentaire qui envoie valser les clichés sur les Noirs et le communautarisme. Audacieux et mordant. À voir sur Canal+ et Arte. «Bonjour, je m’appelle Jean-Pascal, j’ai 38 ans et je suis en colère parce que la situation des Noirs dans ce pays est catastrophique… » Dans son petit appartement, il parle face caméra devant une équipe de télévision censée réaliser un documentaire sur son projet, une « grosse marche de contestation noire » place de la République, à Paris. Pendant que Jean-Pascal, acteur au chômage et activiste tout récent, cite Nelson Mandela, son épouse, blanche, entre dans le champ : « Tu as pensé à suspendre le linge ? » L’engagement, ce n’est pas simple. Être noir non plus, ne serait-ce que pour en donner une définition, comme le prouvent les rencontres successives de JP avec les personnalités influentes de la communauté qu’il sollicite pour soutenir son mouvement. Non seulement elles ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde que lui, mais elles se demandent s’il ne serait pas un peu benêt… Cette fiction choisit donc la comédie, à la fois candide et hautement burlesque, pour un état des lieux de la visibilité des Noirs en France. Usant du principe du faux documentaire, elle compose un patchwork audacieux et envoie valser certains clichés à coups de saynètes qui en disent long sur le racisme, mais aussi sur le communautarisme. Le tout avec la belle complicité de vedettes en pleine autodérision. Noire n’est pas mon métier, proclamait l’essai collectif dirigé par la comédienne Aïssa Maïga. « Noir n’est pas ma seule identité », semble compléter le film avec un humour qui fait autant mouche que mal. Un acteur raté de 40 ans, décide d'organiser la première grosse marche de contestation noire en France. Cependant, il est partagé entre l'envie d'être sur le devant de la scène et véritable en ... |
![]() | UN BEAU JOUR, George Clooney, Michele Pfeiffer (sentimental)@@@Une architecte élevant seule son fils croise le chemin d'un grand reporter élevant seul sa fille. La première rencontre va être plutôt mouvementée et mettre en péril une journée capitale pour leurs carrières respectives... TELERAMA “ Une comédie douce où l'ambiance un peu jazzy d'un New York idéalisé berce nos dimanches pluvieux. A voir sans modération. ” Une architecte élevant seule son fils croise le chemin d'un grand reporter élevant seul sa fille. La première rencontre va être plutôt mouvementée et mettre en péril une journée capitale ... |
![]() | UN HOMME PARFAIT, Xavier Durringer 2022, Didier Bourdon, Valerie Karsenti (comique)@@Florence, débordée par sa vie de famille et son travail, décide d'acheter un robot à l'apparence humaine et au physique parfait. Il répond à toutes ses attentes : entretenir la maison, s'occuper des enfants, et plus encore. Mais le robot va vite susciter de la jalousie chez Franck, son mari acteur je-m'en-foutiste au chômage. De peur de perdre sa femme, Franck décide de reprendre les choses en mains, d'autant que le robot semble trouver un malin plaisir à semer le trouble dans leur couple. TELERAMA Madame a acheté un blond musclé qui fait la cuisine et le ménage, le robot Human 3, alors Monsieur se crispe ! Avec une bonne distribution, cette comédie qui croque les différences entre hommes et femmes réussit à amuser. Jusqu’à un certain point. Un peu de science-fiction française ? À la bonne franquette, bien sûr. Moins sophistiquée que La Soupe aux choux (1981), mais parfois inspirée, cette comédie imagine l’arrivée d’un androïde flambant neuf (modèle Uman 3) chez Frank et Florence. C’est elle qui l’a commandé sur Internet, parce que lui ne fait rien à la maison et qu’elle n’en peut plus de s’occuper de tout et des deux enfants en plus. Mais la solution miracle va vite poser problème. Face à la machine surnommée Bobby, un blond bien musclé qui cuisine, nettoie et range, Monsieur, acteur sans emploi en pleine andropause, développe un méchant complexe. Surtout quand il découvre que Bobby a un programme « Love-Love », alors que pour lui, c’est la panne sèche… Avec Didier Bourdon dans le rôle du mari, Valérie Karsenti parfaite dans celui de l’épouse et Pierre-François Martin-Laval en robot, il y a facilement matière à rire. La simplicité même de la situation favorise la farce. Et le jeu avec les clichés sur les différences hommes-femmes est souvent bienvenu. Mais, esprit franchouillard oblige, le programme « Love-Love » devient envahissant. Tout semble vraiment se tenir là, dans cet « équipement standard » à l’entrejambe de l’androïde, qui obsède Frank et électrise les amies de Florence. Emportés par le pouvoir du phallus, les scénaristes ont abandonné toute autre piste en route. Florence, débordée par sa vie de famille et son travail, décide d'acheter un robot à l'apparence humaine et au physique parfait. Il répond à toutes ses attentes : entretenir la maison, s'occuper des ... |
![]() | UNE INTIME CONVICTION, Antoine Raimbault 2019, Marina Fois, Olivier Gourmet (policier)@@Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau de le défendre pour son second procès, en appel. Ensemble, ils vont mener un combat acharné contre l'injustice. Alors que l'étau se resserre autour de celui que tous accusent, la quête de vérité de Nora tourne à l'obsession. TELERAMA Suzanne de Viguier disparaît en 2000. En 2010, son époux, défendu par Éric Dupond-Moretti, est jugé en appel. Ce film immersif s’inspire du réel mais captive grâce au personnage inventé de Nora, jurée traversée par l’intime conviction du titre. Le réalisateur s’inspire ici de faits réels — la disparition de Suzanne Viguier et le deuxième procès, en 2010, de son époux, défendu par Éric Dupond-Moretti — mais ajoute un beau personnage inventé : Nora, jurée lors du procès en appel, animée d’une intime conviction si puissante qu’elle s’impose au défenseur pour l’aider sur le dossier, sacrifiant sa propre vie. Une sorte d’Erin Brockovich sans sourire. Au-delà des scènes de tribunal, fidèles à la procédure judiciaire française, le film captive en s’attachant à la quête de vérité compulsive de cette justicière ordinaire, avec une mise en scène tout en pulsations nerveuses. Qui de Marina Foïs, proche de la transe, ou d’Olivier Gourmet, royal dans la robe du célèbre avocat, est le plus impressionnant ? Verdict impossible. Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau de le dé ... |