arpoma
dimanche 06 septembre 2026 - 02h05
menu / rep

Bd / atlas / rech


repertoires:

(diapo) (rep-list) (grd ecran)
   .. / classer1
Nombre de fichiers dans le répertoire : 7
@

LA FRENCH, Cédric Jimenez 2014, Jean Dujardin, Gilles Lellouche (thriller)@@


Dans les années 70, Marseille est devenue la capitale mondiale du trafic d'héroïne. Gaëtan Zampa est l'un des membres influents de la French connection, réseau mafieux qui "gère" et prospère grâce à ce très juteux business. Alors qu'il mène grand train sur la Côte d'Azur, il trouve sur sa route le juge Pierre Michel, qui a été muté dans le sud pour faire le ménage. Magistrat intègre et jusqu'au-boutiste, il mène une guerre sans répit contre le milieu au point de risquer plus d'une fois sa vie. Sa femme Jacqueline ne comprend pas sa lutte obstinée et ne supporte pas de le voir mettre sa vie et celle de sa famille en danger...

TELERAMA
Un parrain scorsésien, un juge intransigeant : avec Gilles Lellouche et Jean Dujardin, la “French connection” récidive à Marseille dans les années 1970. Loin du film-dossier, La French revisite ce moment-clé dans l’histoire du grand banditisme.

Règlement de comptes sur la Corniche, à Marseille. La scène est sèche, brutale, efficace. À gauche, sur le bitume, deux motards traquent une voiture. À droite, la mer défile à toute vitesse. L’automobiliste, bien sûr, finit criblé de balles. On est en 1975, et le film s’inspire de faits réels. Qui a oublié la « French connection », qui faisait alors de Marseille le pivot mondial du trafic d’héroïne, notamment vers les États-Unis ? William Friedkin puis John Frankenheimer en tirèrent à l’époque deux fameux films, tournés à chaud, au cœur des seventies. Quelque quarante ans plus tard, La French revisite ce moment-clé dans l’histoire du grand banditisme, et d’une ville depuis toujours hantée par le « milieu ».

Avec le temps, la saga criminelle, pleine de trahisons, de rebondissements, de coups de filet et de massacres (la célèbre tuerie du Bar du Téléphone), est devenue objet de fantasme, de reconstruction romanesque, avec toute une faune mythique du genre policier : truands à gourmette, indics, barmaids, flics pourris… Plutôt que de faire un film-dossier, le réalisateur, Cédric Jimenez (Aux yeux de tous), se laisse fasciner par l’affrontement magnétique entre deux hommes, « généraux » adverses d’une véritable guerre. D’un côté, le redoutable parrain, Gaëtan Zampa, dit « Tany », que Gilles Lellouche interprète avec une intensité brutale, la roublardise et la violence imprévisible d’un héros scorsésien, entouré de sa cour d’Affranchis — référence évidente, jamais écrasante. De l’autre, le célèbre juge Michel, obsédé par sa mission, entre capitaine Achab et Eliot Ness : Jean Dujardin — à son meilleur —, qui le joue dévoré de l’intérieur, aussi accro à la justice qu’au danger. Autour de ces deux figures tragiques évolue un casting de luxe, de Benoît Magimel à Céline Sallette, Bruno Todeschini ou Mélanie Doutey… Autres atouts d’une production très classique, mais souvent haletante.
LA FRENCH, Cédric Jimenez 2014, Jean Dujardin, Gilles Lellouche (thriller)@@ (E)
Dans les années 70, Marseille est devenue la capitale mondiale du trafic d'héroïne. Gaëtan Zampa est l'un des membres influents de la French connection, réseau mafieux qui "gère" et prosp&egra ...

@

LAME DE FOND, Bruno Garcia 2023, thriller)@


Alors que se déroule le traditionnel Festival du cinéma britannique organisé tous les ans dans la station balnéaire de Dinard, un drame vient soudain gâcher cet événement très attendu. En effet, des badauds repèrent un corps dans l'eau et alertent les secours, qui ne tardent pas à découvrir l'identité de la victime, un réalisateur anglais en lice pour un prix. Fait intrigant, les enquêteurs découvrent rapidement que ce dernier fut déjà victime, quelques années plus tôt, d'un naufrage dans lequel sa soeur, alors adolescente, perdit la vie. L'autopsie révèle que l'homme n'est pas mort noyé, mais a été assassiné. Ces deux drames pourraient-ils être liés ?...

TELERAMA
Un cinéaste en compétition au Festival du film britannique est retrouvé noyé dans la baie de Dinard. Une enquête peu captivante.

Quoi de mieux qu’un cadavre flottant dans la baie de Dinard pour secouer le ronronnement de la jolie cité balnéaire que rien ne bouscule jamais vraiment, ni son marché (qu’elle a plutôt joli), ni même son Festival du film britannique. Justement, le jeune réalisateur Owen Flemming, enfant du pays mais citoyen anglais, invité à cette occasion pour y présenter son premier film, est retrouvé noyé au petit matin. Vingt ans auparavant, sa sœur avait péri en mer lors d’une excursion en bateau entre copains. Coïncidence ? Élise, l’une de ses amies d’enfance, se voit chargée de l’enquête, charriant avec elle les fantômes du passé, plus ou moins bien enfouis.

« Et d’ailleurs, vous tombez bien, vous étiez où, le soir du meurtre ? » Démonstration, en pleine rue passante, de cet art subtil manié par la nouvelle capitaine de police de Dinard lorsqu’il s’agit de résoudre une enquête criminelle – et pratiqué avec prodigalité dans les téléfilms de première partie de soirée sur les chaînes de France Télévisions : le pifomètre ! Autour de l’inconséquente Élise (Pauline Bression) pataugent le principal suspect – un Stéphane Freiss en vieux navigateur célèbre –, une sœur amnésique mollassonne, un envoyé de Scotland Yard traînant un accent douteux, un journaliste amoureux, un quadragénaire en crise d’ado, tous aux prises avec un scénario qui coule. Et qui s’est vraiment emballé sur le titre.
LAME DE FOND, Bruno Garcia 2023, thriller)@ (E)
Alors que se déroule le traditionnel Festival du cinéma britannique organisé tous les ans dans la station balnéaire de Dinard, un drame vient soudain gâcher cet événement très attendu. ...

@

LE COMBAT D ALICE, Thierry Binistia 2024, Nicolas Gob, Lucy Loste Berset(nature environnement)@@


Veuf depuis deux ans, Joscelin s'étourdit dans le travail. Il faut qu'Alice, sa fille de 16 ans, se fasse renvoyer du lycée pour qu'il admette enfin qu'elle aussi va mal. Leurs rapports sont à la fois distants et tendus et l'adolescente est envoyée contre son gré à la campagne. Elle y mène la vie dure à ses grands-parents jusqu'à ce qu'elle fasse la connaissance de Doucette, une jolie vache dont la tendresse qu'elle porte à son veau la touche et l'apaise. Mais un jour, la bête est chargée dans une camionnette, direction l'abattoir. Quand Alice, bouleversée, comprend que le petit de Doucette est le prochain sur la liste, elle cesse du jour au lendemain de manger de la viande. Prête à tout pour sauver l'animal, elle se rapproche de militants antispécistes et s'engage avec toute la force et l'excès de son âge...

TELERAMA
Comment raconter l’éveil au militantisme d’une ado sans sombrer dans les clichés sur la rébellion ? À cette question, Thierry Binisti apporte une réponse convaincante grâce à la performance de Lucy Loste Berset.

Alice est injoignable, pourtant l’adolescente ne devrait pas. Toute sa famille l’attend dans un cimetière lyonnais. C’est le jour anniversaire de la mort de sa mère, survenue il y a deux ans. Très inquiet, Joscelin, son père, finit par contacter le lycée. Ce qu’il apprend n’est pas de nature à le rassurer. Alice s’est battue avec une élève. Elle est sanctionnée par une exclusion temporaire et Joscelin décide de l’exfiltrer. À la campagne, chez ses grands-parents, l’ado se prend d’affection pour un petit veau et s’éveille à la conscience de la souffrance animale.

Ado en perdition, famille brisée par un décès, père impuissant… autant de signaux d’alerte, attention fiction larmoyante. Mais Le Combat d’Alice suit un chemin balisé en réussissant tout le contraire. Thierry Binisti, très juste dans la captation des émotions, tresse habilement la thématique de la lutte pour la dignité des animaux, la renaissance de la relation père-fille et le post-trauma du deuil. À travers la réconciliation chaotique d’Alice et de Joscelin, le réalisateur éclaire tous les enjeux agricoles du circuit court au bio jusqu’au militantisme vegan, sans sombrer dans la caricature. L’incarnation viscérale de Lucy Loste Berset et la touchante économie de jeu de Nicolas Gob y sont pour beaucoup.
LE COMBAT D ALICE, Thierry Binistia 2024, Nicolas Gob, Lucy Loste Berset(nature environnement)@@ (E)
Veuf depuis deux ans, Joscelin s'étourdit dans le travail. Il faut qu'Alice, sa fille de 16 ans, se fasse renvoyer du lycée pour qu'il admette enfin qu'elle aussi va mal. Leurs rapports sont à la fois distants et tendus ...

@

RESPIRE, Mélanie Laurent 2014, Joséphine Japy, Lou de Laâge (societe)@@


L'arrivée de Sarah dans sa classe de lycée bouleverse la vie de Charlie, 17 ans. Elle se détache de son ancienne meilleure amie, Victoire, et subit l'ascendant de la belle et téméraire Sarah sans en mesurer les risques. Celle-ci, consciente du pouvoir qu'elle exerce sur Charlie, finit par en abuser. De son côté, Charlie, fascinée par Sarah, est déconcertée par ses changements de comportement. Elle se laisse faire, convaincue de la puissance inébranlable de leur amitié. L'entourage de Charlie s'inquiète de la voir se laisser manipuler de la sorte, d'autant qu'elle est désormais victime de crises d'angoisse impressionnantes...

TELERAMA
Le harcèlement d’une lycéenne par sa nouvelle “amie” perverse narcissique. Tendu et tenu dans la première partie, le film faiblit ensuite sérieusement. Mais les deux jeunes actrices sont bluffantes.

Après un premier film qui cherchait (sans y parvenir) l’équilibre entre drame et fantaisie, Mélanie Laurent rejoue les funambules, cette fois entre cinéma de genre et drame psychologique. Sarah, belle et émancipée, arrive en cours d’année dans le lycée de Charlie, une ado timide, fragilisée par des parents toujours entre deux ruptures. Les deux filles nouent vite une amitié fusionnelle. Jusqu’au jour où la copine cool et sexy se métamorphose en redoutable manipulatrice. Harcelée, Charlie perd pied…

Au cœur de cette relation naissante, Mélanie Laurent réussit à instaurer un vrai malaise. Sous la fausse banalité de ce récit d’apprentissage, la violence couve. Dans cette scène dérangeante notamment, où Sarah, à peine instruite des infidélités du père de son amie, interfère brutalement dans la conversation téléphonique des parents de Charlie : mélange de rage et de désinvolture, son geste terrifie et la réalisatrice joue habilement avec les codes de l’horreur naissante…

Hélas, dès que la stylisation cède le pas à la psychologie, le récit faiblit. Il pèse même des tonnes quand on nous montre comment Charlie, courbant l’échine devant son bourreau, ne fait que reproduire le comportement de sa mère, victime consentante d’un mari manipulateur… Respire révèle néanmoins deux actrices prometteuses : Lou de Laâge, capable de passer, en un plan, de la tendresse au sadisme, et Joséphine Japy qui, sans recourir à l’hystérie, joue sur un fil, au bord de la folie.
RESPIRE, Mélanie Laurent 2014, Joséphine Japy, Lou de Laâge (societe)@@ (E)
L'arrivée de Sarah dans sa classe de lycée bouleverse la vie de Charlie, 17 ans. Elle se détache de son ancienne meilleure amie, Victoire, et subit l'ascendant de la belle et téméraire Sarah sans en mesure ...

@

SEULS, David Moreau 2026, Sofia Lesaffre, Stéphane Bak


Quand elle se réveille, Leïla, 16 ans, découvre, effarée, qu'elle est seule. Tous les humains de son quartier ont disparu. Alors qu'elle se croit la seule survivante, elle croise la route de Dodji, un orphelin solitaire, d'Yvan, un artiste intello, de la studieuse et timide Camille et de Terry, le plus jeune de la bande. Grâce à l'ingéniosité de Leïla, ils volent une voiture. Ils sont bientôt pourchassés par le mystérieux maître des couteaux. Puis, quand un étrange brouillard s'abat sur la ville, les adolescents doivent lutter pour leur survie..

TELERAMA
Avec cette adaptation de la BD pour ados à succès, David Moreau commet quelques maladresses, mais réussit son pari d’un “teen-movie” fantastique.

Une poignée de jeunes seuls dans une ville désertée, entourée d’une étrange fumée. La démarche du réalisateur de Vingt Ans d’écart (et du film d’horreur Ils) est aussi ambitieuse que périlleuse : adapter la BD à succès pour ados, teintée de fantastique, de Vehlmann et Gazzotti. S’il commet des maladresses — montage elliptique et fin en forme d’« à suivre » —, le cinéaste réussit à maintenir la tension, entre mystère et violence. Avec ses personnages très caractérisés (un petit bourge, un jeune Noir solitaire, une fille d’origine maghrébine), il offre au public préadolescent l’image d’une jeunesse mixte, mélangée, dont l’alliance fait la force pour vaincre la peur et l’obscurité.
SEULS, David Moreau 2026, Sofia Lesaffre, Stéphane Bak (E)
Quand elle se réveille, Leïla, 16 ans, découvre, effarée, qu'elle est seule. Tous les humains de son quartier ont disparu. Alors qu'elle se croit la seule survivante, elle croise la route de Dodji, un orphelin soli ...

@

SULEYMAN, Boris Lojkine 2024 (social)@@@


Souleymane, un jeune sans-papiers de 20 ans originaire de Guinée, travaille illégalement pour une plateforme de livraison de repas. Tandis qu'il pédale dans les rues bondées de Paris pour livrer des commandes, il répète inlassablement son histoire, ou plutôt celle, fabriquée, qui sera susceptible de convenir à l'administration. Dans deux jours, en effet, il doit passer à l'OFPRA son entretien de demande d'asile, le sésame pour obtenir des papiers. Mais Souleymane s'inquiète car il est convaincu qu'il n'est pas encore prêt...

TELERAMA
Boris Lojkine filme quarante-huit heures de la vie d’un jeune Guinéen demandeur d’asile, évoluant dans un Paris hostile. Et réinvente le film social.

Pour incarner Souleymane, le formidable Abou Sangare, au parcours similaire.
Quelle histoire doit-on raconter pour être sauvé ? Le titre, apparemment simple, de ce grand film, en est, en fait, la question centrale, vitale. Ouverture sur une séquence administrative : un jeune homme attend son tour, en arrangeant sa mise – il se recoiffe et frotte anxieusement une petite tache sur le poignet de la chemise blanche qui, on le saura plus tard, lui a été prêtée par un ami. Puis il se lève à l’appel de son nom : Souleymane Sangare. Il suit une femme dans un couloir…

Flash-back : Souleymane pédale comme un beau diable sur son vélo dans Paris. Il est livreur. Quand l’application de livraison lui demande une authentification, on comprend que ce Guinéen « loue » le compte d’un autre. Alors, il remonte vite sur son vélo, roulant à perdre haleine sur les couloirs de bus vers une boutique africaine pour que le vrai détenteur du compte s’authentifie à sa place. Souleymane en profite, d’une petite voix, pour réclamer son argent, une infime partie des commissions. Non, il aura son fric demain. Souleymane repart, tête basse. Comment va-t-il faire pour payer l’homme qui lui fait répéter son « histoire » de demandeur d’asile, un récit qu’il tente d’apprendre par cœur, même s’il n’a rien connu de ces détails d’arrestation politique et de torture. L’entretien pour sa demande d’asile est prévu le lendemain, mais se reposer est exclu, puisqu’il faut livrer, encore et encore, sans louper le car, le soir, direction le centre social…

Après Hope (2015), qui nous plongeait dans l’Afrique des migrants, puis Camille (2019) avec, déjà, Nina Meurisse – en jeune journaliste partie couvrir le conflit en Centrafrique –, Boris Lojkine réinvente le film social et en fait un thriller des plus tendus et bouleversants, en collant au corps et au visage d’un jeune homme doux et affolé. De Paris, il fait une ville étrangère où chaque artère, chaque mètre d’asphalte mouillé, chaque livraison et chaque rencontre est potentiellement dangereuse. Plus que tout autre véhicule, le vélo épouse le chaos de la ville, et le metteur en scène a choisi d’autres vélos (destinés aux prises du son et de l’image) pour suivre Souleymane, son héros, et le nôtre.

Humanité absolue
Rarement, un film a si bien fait de l’empathie son moteur. Nous voilà, tour à tour, à la place de ceux qui commandent des repas et veulent qu’ils arrivent vite et chauds ; à la place du livreur qui joue sa vie et son avenir. Une fille pleine de morgue (oui, cela pourrait être nous) refuse de réceptionner sa commande à la porte de son appartement haussmannien. Sait-elle qu’à cause de cela l’application peut fermer ce compte de livreur assurant la survie de Souleymane ? Il y a aussi ce moment d’humanité absolue : le jeune Guinéen se retrouve dans le salon d’un vieux monsieur abandonné par un fils qui se contente de lui commander à manger à distance. Ils sont simples et beaux à pleurer, ces trois mots échangés entre ces deux exclus, entre Paris et la Guinée-Conakry. Elles sont atrocement sadiques, en revanche, les piques d’une poignée de policiers qui « taquinent » Souleymane pour passer le temps… On est en apnée, et puis le Guinéen, dont chaque supplication brise le cœur, peut repartir, et courir pour tenter d’attraper ce car vers le centre d’accueil où, enfin, un peu de chaleur, une couche et un repas l’attendent. Il demande toujours le même lit à côté d’un Arabe amical. « Nous avons l’habitude de dormir ensemble » : un résumé magnifique de l’entraide entre damnés de la terre…

Au-delà de la mise en scène en immersion, l’écriture est d’une précision chirurgicale. Le suspense grandit au fil de cette chronique du combat pour rester digne en quarante-huit heures chrono. Avec sa coscénariste Delphine Agut, Boris Lojkine s’est ouvertement inspiré du cinéma roumain, notamment de l’exceptionnel Mort de Dante Lazarescu (de Cristi Puiu, en 2005), pour raconter par le menu, minute après minute, les efforts d’un personnage qui se débat contre un système, une ville, le mépris des restaurateurs et des injonctions à répétition qui l’oppressent. Le tout tendu vers la scène finale, cet entretien, donc, où, d’abord, Souleymane va mentir, face à une Nina Meurisse superbe de (fausse) dureté en fonctionnaire de l’Ofpra – Office français de protection des réfugiés et apatrides. Quelle est la vérité de Souleymane ? Lui donne-t-elle le « droit » d’être accueilli en France ? Le réalisateur nous questionne, nous aussi, en nous jetant littéralement ce choix au visage. La fièvre, le mouvement perpétuel restent en mémoire pendant que nous écoutons, comme cette fonctionnaire, l’histoire du jeune homme et de sa maman. Et la seule manière de l’interprète, Abou Sangare, de prononcer le mot « maman » est, il n’y a aucun doute, le plus bouleversant moment de cinéma de l’année.

Tous les mercredis, les recommandations des dernières sorties et l'essentiel de l'actualité cinéma.
S'inscrire
ABOU SANGARE, UN ACTEUR EST NÉ
Le cinéma est rempli d’acteurs d’un jour, choisis lors de castings sauvages, pour leur authenticité et leur affinité avec un sujet. C’est ainsi que le réalisateur Boris Lojkine et sa directrice de casting Aline Dalbis ont fini par trouver, à Amiens, grâce à une association, Abou Sangare, Guinéen de 23 ans, arrivé en France sept ans plus tôt, encore mineur. Mais le jeune homme s’est révélé un véritable et exceptionnel acteur, primé dans la section Un certain regard, à Cannes, alors qu’une obligation de quitter le territoire français lui était tombée sur la tête quelques semaines avant le début du Festival. Il faut le regarder, dans le film, retenir (ou pas) sa colère devant les rebuffades, ne plus pouvoir contenir ses larmes quand on le pousse dans l’escalier, ou exiger qu’on lui passe au téléphone sa mère malade… : assister à la naissance d’un tel comédien, le voir transmettre une souffrance si proche de la sienne, répond, indéniablement, à ceux qui prétendent que l’immigration n’est pas une chance pour la France.
SULEYMAN, Boris Lojkine 2024 (social)@@@ (E)
Souleymane, un jeune sans-papiers de 20 ans originaire de Guinée, travaille illégalement pour une plateforme de livraison de repas. Tandis qu'il pédale dans les rues bondées de Paris pour livrer des commandes, il ...

@

SURVIVRE, Frédéric Jardin 2024, Emilie Dequenne, Andreas Pietschmann (science fiction)@


Alors qu'ils naviguent dans la mer des Caraïbes avec leurs deux enfants, Julia et Tom se retrouvent soudain pris au milieu d'une violente tempête. Pris de court, ils luttent contre les gigantesques vagues tout en appelant les secours à l'aide par radio. Une fois le calme revenu, le couple constate avec stupéfaction que l'océan a disparu. Ils apprennent bientôt la raison de ce chaos : les pôles magnétiques de la Terre se sont inversés. Les océans ont anéanti les continents, laissant derrière eux un vaste désert. Livrés à eux-mêmes, ils doivent faire face à d'inquiétantes créatures qui surgissent des profondeurs...

TELERAMA
Les pôles magnétiques de notre planète s’inversent et les océans engloutissent les terres. Dommage qu’un scénario pataud et un évident manque de moyens gâchent un peu cette belle et sinistre idée de fin du monde.

De toutes les apocalypses que le cinéma nous promet depuis toujours, celle-ci a le mérite d’être inédite et spectaculaire : une nuit fatale, les pôles magnétiques de notre planète s’inversent. Conséquence : les océans se vident, et engloutissent les terres. Échoués sur leur bateau dans l’infini désert des ex-fonds marins, les membres d’une famille de plaisanciers tentent de survivre à l’impossible. Naufragé psychopathe, crabes tueurs, éboulements… Émilie Dequenne et ses partenaires se lancent dans une randonnée de l’extrême pour tenter de trouver un abri (un sous-marin opportunément coincé dans les environs), avant le retour cataclysmique de la mer dans son lit d’origine. Dommage qu’un scénario pataud et un évident manque de moyens en matière d’effets spéciaux gâchent un peu cette belle et sinistre idée de fin du monde.
SURVIVRE, Frédéric Jardin 2024, Emilie Dequenne, Andreas Pietschmann (science fiction)@ (E)
Alors qu'ils naviguent dans la mer des Caraïbes avec leurs deux enfants, Julia et Tom se retrouvent soudain pris au milieu d'une violente tempête. Pris de court, ils luttent contre les gigantesques vagues tout en appelant les sec ...