En quelques années, Daisy Town est devenue un immense no man's land où les gangsters Billy The Kid et Pat Poker font régner la terreur à coups de colts. Ils sont déterminés à empêcher que le chemin de fer qui doit traverser le pays de l'est en ouest soit abandonné. Parce qu'il est né dans cette ville du Far West, Lucky Luke est envoyé sur place pour rétablir l'ordre. Là, il va croiser certains de ses vieux ennemis, comme Jesse James et Calamity Jane. Il sera aussi confronté aux démons de son enfance, comme la mort de son père, et rencontrera l'amour, sous les traits de Belle Starr, une ensorcelante chanteuse de saloon...
TELERAMA
On le pressent tout de suite : James Huth a le cul entre deux chaises — entre deux selles. On voit bien ce qu’il cherche à faire : un western spaghetti à la française. Ainsi, il prête au cow-boy à la chemise jaune un trauma d’enfance à la Charles Bronson dans Il était une fois dans l’Ouest. Et il utilise l’espace aussi bien que Tonino Valerii dans Mon nom est personne. La première confrontation entre Lucky (Jean Dujardin) et Pat Poker (Daniel Prévost), épatante joute de tireurs en clair-obscur, ou le final dans le casino en plein désert sont de très bons moments, fidèles, qui plus est, à l’esprit de la BD de Goscinny et Morris.
Pourquoi, alors, s’est-il senti obligé d’injecter du Brice de Nice dans son hommage décalé ? Des producteurs shérifs l’y ont-ils forcé, croyant satisfaire les fans de Dujardin ? L’acteur hésite entre premier et second degré et laisse le champ libre à ses partenaires, plus desperados : Sylvie Testud, rigolote en Calamity Jane, Michaël Youn, agaçant comme il faut en Billy the Kid, ou Melvil Poupaud, qui s’amuse à caricaturer son image d’acteur intello. Bref, c’est un western ravioli : la pâte est bonne, mais la farce est un peu lourde.