François Pignon, comptable dans une grande entreprise, subit quotidiennement les quolibets de ses collègues, du moins quand ceux-ci veulent bien lui adresser la parole. Timide et transparent, il ne parvient même pas à figurer sur la photo de groupe de la "boîte". Son ex-épouse, Christine, refuse de lui parler et son fils, Franck, le méprise. Pour couronner le tout, Pignon apprend un jour, par hasard, qu'il va être licencié. Belone, son voisin, lui conseille alors de sortir du "placard". Bientôt, une rumeur propagée par une lettre anonyme affirme qu'il est homosexuel. Kopel, le patron, craignant d'être accusé d'homophobie, se résout à garder Pignon dans ses effectifs...
TELERAMA
Francis Veber voulait fustiger l'homophobie. La plaisanterie tombe à plat.
Ça commence par une belle idée visuelle (d'ail-leurs piquée à un célèbre dessin de Sempé) : on photographie le staff d'une entreprise, bien rangé sur des gradins. Seul un petit employé, en bas à gauche, ne parvient pas à entrer dans le cadre. Dans la légende du dessin, le patron furibard s'écriait : « Je vais le foutre à la porte, ça simplifiera tout ! » Justement, le petit employé (un comptable joué par Daniel Auteuil et qui, comme tous les « héros » de Francis Veber, s'appelle Pignon) apprend qu'il va être licencié. Son voisin de palier lui donne l'idée d'une parade infaillible : se faire passer pour un homosexuel. On faxe une photo truquée de Pignon dans un bar gay, et ça marche ! Pas question pour la direction de passer pour homophobe, surtout dans une usine de préservatifs ! Un seul mot d'ordre : on garde Pignon. Et on le ménage.
Sur le papier, c'est un thème de comédie prometteur. A l'écran, c'est une autre affaire. A chaque nouvelle idée de scénario, on a l'impression que Veber s'est dit « ça passe ou ça casse ». Un exemple : le plus « lourd » des employés de la société (Gérard Depardieu) offre à Pignon... un pull-over rose bonbon ! Allez, un autre : pour mieux convaincre son entourage, Pignon défile sur un char de la Gay Pride coiffé d'un préservatif géant (rose). Ouaf, ouaf !
On a connu Francis Veber plus imaginatif. Ici, il risque en plus de rater son but initial : stigmatiser l'homophobie ordinaire. Car roublardise ou maladresse ? on trouve dans ce Placard des vannes qui devraient mettre en joie plus d'un « dîner de beaufs ». De cette enfilade de sketchs, platement filmés, se dégage un humour poussif et vieillot -