Entre avril et mai 1940, les Soviétiques organisent l'exécution par balles de plus de quatre mille prisonniers polonais dans la forêt de Katyn, près de Smolensk. Le sort des détenus était fixé depuis longtemps : les Russes souhaitaient purger l'armée polonaise de tous les prétendus opposants. Parmi les victimes, tuées au bord de fosses communes, beaucoup d'étudiants gradés. Quatre familles polonaises sont ainsi touchées par la perte d'un ou plusieurs proches : un mari, un frère, un père.
TELERAMA
On retrouve avec émotion le style d'un cinéaste un peu oublié aujourd'hui (que c'était beau, pourtant, Les Noces et Les Demoiselles de Wilko). On retrouve ses profondeurs de champ, l'ampleur de ses mouvements de caméra, ses plans bleutés où la lumière semble avoir du mal à se frayer un chemin à travers les rares ouvertures...
L'idée du film est venue à Andrzej Wajda en entendant un lycéen polonais déclarer que le 17 septembre 1939 (date de l'invasion de la Pologne par les Russes) n'était rien d'autre qu'un « jour férié »... Trop, c'est trop ! D'où ce Katyn, évocation romancée, à partir de trois destins de femmes, du massacre, au début de la Seconde Guerre mondiale, de vingt mille officiers polonais (dont le père de Wajda). Massacre fomenté par la police secrète de Staline, mais nié par les autorités soviétiques jusqu'à la reconnaissance du crime par Gorbatchev, en 1990...
Le film est constamment sous-tendu par une haine féroce de l'hypocrisie militaire et par la volonté de renvoyer dos à dos l'Armée rouge et les troupes nazies. Il est tout imprégné d'un lyrisme à l'ancienne, beau et solennel, qui risque, hélas, de laisser totalement froid le lycéen polonais indifférent à l'Histoire, pour lequel il a visiblement été fait.