PERSONA, Ingmar Bergman 1966, Bibi Andersson, Liv Ullmann (societe)@@@ ()
Élisabeth Vogler est actrice. Au beau milieu d'une interprétation d'Électre, elle devient muette. Des médecins l'auscultent et ne décèlent aucune anomalie physique. Une infirmière, Alma, la prend en charge, l'emmenant dans sa villa au bord de la mer. Puisque l'actrice ne parle plus, Alma discourt pour deux, confiant à Élisabeth les secrets qui la rongent : une expérience sexuelle à plusieurs, son avortement, sa solitude.
TELERAMA
Viscéral, impulsif, ce film est plein d’allusions à la thérapie jungienne. A commencer par le titre, Persona, et le prénom de la garde-malade, Alma. Pour le psychanalyste Carl Jung, la souffrance humaine vient du conflit entre le persona (le masque social) et l’alma (le subconscient)… Bergman adapte cette théorie aux années 1960, et la pousse à son paroxysme : le malheur des hommes viendrait en fait de l’absence de frontière entre le visible et l’invisible. Le cinéma ne peut pas combattre la folie du monde. Mais celle de l’artiste, oui. Seule lueur d’espoir de Persona : la création peut être salvatrice.
Avec l’aide de ses deux comédiennes, stupéfiantes, Bergman avoue avoir fait acte de survie. « J’ai dit un jour que Persona m’avait sauvé. Ce n’était pas une exagération. Si je n’avais pas trouvé la force de faire ce film-là, j’aurais sans doute été un homme fini. »