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LE DERNIER EMPEREUR Bernardo Bertolucci 1987, Peter O tool (histoire bio)@@@



LE DERNIER EMPEREUR Bernardo Bertolucci 1987, Peter O tool (histoire bio)@@@
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LE DERNIER EMPEREUR Bernardo Bertolucci 1987, Peter O tool (histoire bio)@@@ ()

En 1950, Pu Yi, le dernier empereur de Chine, est accusé de complicité avec les Japonais. Confronté à un interrogateur, il raconte sa vie. 1908. Pu Yi n'a que 3 ans quand il est enlevé à sa mère et conduit dans la Cité interdite, où il est bientôt promu empereur de Chine, à la mort de l'impératrice.

TELERAMA
Les dernières années du dernier empereur de Chine. La fresque a ses détracteurs, qui la jugent trop académique. Mais on ne peut nier son ambition visuelle. Et sous le glacis de la belle image se cache une quête identitaire chère à Bertolucci.

En 1908, un petit prince de 3 ans est enlevé à sa mère et assis sur le trône laqué de l'empire de Chine. Pendant seize ans, il reste un demi-dieu prisonnier de la Cité interdite. Puis il mène une vie de play-boy insouciant sous protection japonaise, se retrouve empereur de Mandchourie, est arrêté par les Russes et rendu à 43 ans aux Chinois, qui le rééduquent dans un camp.

C'est un enchantement, un film épique dans lequel on retrouve les obsessions d'un Bertolucci hanté par la fatalité et le déracinement. Ainsi, les fugaces mouvements de révolte d'un éternel enfant qui, dans le huis clos d'un palais où les hommes sont tous des eunuques, vit dans le manque du sein maternel et l'absence d'une figure paternelle. Le gamin candide est amené à braver les interdits (couper sa natte, faire de la bicyclette, porter des lunettes).

La blessure du fils de famille mal dans sa peau, marqué à vie par le péché originel d'être né chez les privilégiés, évoque Prima della rivoluzione. Et l'on pourrait encore relier ce film grandiose aux chroniques italo-stendhaliennes d'antan, à travers les thèmes de la perpétuelle recherche d'identité, de l'impossibilité de devenir adulte, de la dialectique de l'ordre et du désordre, du dédoublement de personnalité et de la faille entre le privé et le public, qui font naviguer le héros entre vérité et mensonge, réalité et illusion.


(edit IPTC)