LA PENICHE DU BONHEUR, Melville Shavelson 1958, Gary Grant, Sophia Loren (sentimental)@ ()
Veuf, Tom Winston élève seul ses trois enfants sur une péniche. Le jour où il fait la connaissance de Cinzia, une jeune femme italienne qui tente d'échapper à l'emprise de son père, les enfants la déclare nounou d'office.
TELERAMA
Ils ont beau s’appeler Cary Grant et Sophia Loren, ils n’ont pas fait que des chefs-d’œuvre ! Pour exemple, cette Péniche du bonheur, dont le scénario a pu leur paraître sympathique au premier abord — un père veuf est complètement dépassé par ses trois gamins, mais, orgueilleux, il n’accepte pas l’intrusion d’une belle Italienne qui s’impose en bonne d’enfants « qui ne sait rien faire mais que les mômes aiment tant ». Alléchante sur le papier, cette histoire de guerre des sexes, que George Cukor ou Stanley Donen aurait menée à un rythme trépidant, est ici traitée sans invention. Le scénario accumule facilités et incohérences, les dialogues sont poussifs et explicatifs, les situations convenues et sans aucune ambiguïté ni double sens, comme ce genre de comédie en réclame pourtant.
Il nous reste à picorer, çà et là, quelques plaisirs que même un mauvais réalisateur ne pourra pas gâcher : le regard de chien battu de Cary Grant et l’énergie débordante de Sophia Loren — qui réussit à ne pas être totalement ridicule, même quand elle pousse la chansonnette, napolitaine, évidemment.