HOT SHOTS, Jim Abrahams 1991, Charlie Sheen, Cary Elwes (comique loufoque)@ ()
Dans cette parodie loufoque des films sur l'US Air Force, le lieutenant Topper Harley est un pilote de chasse talentueux, mais complexé par le souvenir de son père qui jadis aurait été responsable de la mort de son coéquipier pendant une mission dans les airs.
TELERAMA
Le destin héroïco-comique d’un jeune pilote de l’aéronavale, neurasthénique chronique, envoyé accomplir une mission délicate. Tous les poncifs sont au rendez-vous. Certains gags sont discutables ; d’autres hilarants.
Al’orée des années 80, la triplette Zucker-Abrahams-Zucker (qu’on s’empresse, par commodité, de réduire à l’acronyme ridicule ZAZ) a mis au point un nouveau prototype de comédie parodique et décérébrée qui puise sa force comique dans le pastiche des blockbusters du cinéma américain et dans l’accumulation de gags calamiteux et de calembours bien foireux. L’idée étant justement de repousser le plus loin possible les frontières du ridicule en débitant les blagues au kilomètre. Et en assumant qu’une bonne moitié tombe à plat.
Première pantalonnade signée du trio zozotant : Y a-t-il un pilote dans l’avion ? (Airplane ! en VO), qui se paie la tête des films catastrophes hollywoodiens des années 70. Pendant dix ans, le filon frise la surexploitation et la lassitude finit inévitablement par pointer. Comme dans ce très inégal Hot Shots !, qui s’inspire de Top Gun et de L’Etoffe des héros, avec un Charlie Sheen en roue libre dans un rôle de pilote de chasse traumatisé par la mort de son père. Le cadre est encore une fois sursaturé de gags plus ou moins discrets qui surgissent à tout bout de profondeur de champ. Dans un tel film-puzzle conçu sur la citation et la dérision, la mémoire du cinéphile est mise à rude épreuve et conditionne la compréhension des gags. Paradoxalement, il n’est pas évident qu’un spectateur de moins de 30 ans ait le bagage (sous-)culturel nécessaire pour profiter de cet humour ras du bitume. La jeune génération avide de bouffonneries pastichantes se bidonne désormais sur Scary Movie. C’est sans doute la raison pour laquelle Jim Abrahams a repris les rênes de la franchise en 2006 et s’apprête à tourner un numéro 5.