THE ISLAND, Michael Bay 2004, Ewan McGregor, Scarlett Johansson (science fiction)@
Dans un futur proche, une société produit des clones destinés à fournir des organes de substitution à de riches commanditaires. Deux d'entre eux apprennent la réalité de leurs sorts et s'enfuient. Une chasse aux clones commence.
TELERAMA
Desservi par une mise en scène tonitruante, ce gros blockbuster séduit quand même par le charme de ses interprètes.
Point de départ « orwello-wellesien » : sur la Terre se portant comme un charme après avoir été contaminée, des clones sont confinés jusqu’à ce que leurs propriétaires « originaux » aient besoin d’un de leurs organes pour s’assurer une vie plus longue.
Quand deux clones se font la belle, le film trouve ses marques. Le mieux, c’est la confrontation de deux êtres fabriqués in vitro, manquant d’expérience existentielle, avec le monde de demain. Si Ewan McGregor a toujours paru un peu falot dans ses entreprises hollywoodiennes, ici sa bouille de jeune naïf fait merveille et Scarlett Johansson, réduite aux utilités décoratives, fait merveille itou.
Mais nos héros se retrouvent traqués, et cela réveille les pires instincts du metteur en scène, Michael Bay (responsable d’Armageddon et de Pearl Harbor). Pourquoi diable chaque scène d’action doit-elle tonitruer en un déluge d’effets spéciaux ? Le film s’en sort par ses seconds rôles, tous impec, et frappe par son sens du recyclage : un peu de Minority Report, un bout pompé sur Ghost in the shell… Et ce final grandiloquent, c’est quoi, déjà ? Ah oui, la pub Manpower. Comme disait l’autre, beaucoup de goût. Mauvais, mais beaucoup.