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mardi 08 septembre 2026 - 19h48
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CHALLENGERS, LucaGuadagnino 2024, Zendaya, Josh Connor, Mike Faist (sport tennis)@@
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Jadis grand espoir du tennis féminin, Tashi Duncan a vu sa carrière stoppée net à la suite d'une grave blessure. Désormais entraîneuse, elle se consacre à la carrière de son époux, Art, qui, sous ses ordres, est passé de l'ombre à la lumière en seulement quelques mois. Malheureusement, une série de défaites vient briser son élan. Tashi, déterminée à le voir reprendre sa marche vers les sommets, décide de l'engager sur un tournoi d'un niveau plus abordable pour lui permettre de reprendre confiance en lui. Malheureusement, le destin vient leur jouer un vilain tour : Art découvre qu'il va devoir y affronter une vieille connaissance...

TELERAMA
Tennis et triangle amoureux : un challenge plutôt réussi par le réalisateur de “Call Me By Your Name”, qui mise essentiellement sur le magnétisme érotique de ses interprètes.

Sérieux prétendant au trophée du film le plus sexy de l’année, voici, enfin (son dévoilement fut retardé par les grèves à Hollywood), le nouveau film de Luca Guadagnino. Lequel demeure, depuis Call me by your name, l’Italien le plus prisé aux États-Unis. Challengers, comme son titre fait plus que le suggérer, met en scène une rivalité. Patrick, l’exubérant (Josh O’Connor, révélé à la terre entière en jeune prince Charles dans The Crown), et Art, l’introverti (Mike Faist, découvert dans le remake par Spielberg de West Side Story), ont vécu ensemble leur formation au tennis et toute leur adolescence. Puis leur amitié fusionnelle s’est troublée au moment de leur coup de foudre partagé pour une autre étoile montante de leur sport, Tashi (Zendaya, la star féminine de Dune). Des années plus tard, les deux hommes s’affrontent dans un match qui est le fil rouge de l’histoire, et sous les yeux de la même femme.

Pour raconter ce triangle amoureux, le jeune scénariste de Challengers (qui n’est pas Guadagnino) s’est manifestement inspiré d’un vieux film de Mike Nichols, Ce plaisir qu’on dit charnel (avec Jack Nicholson, Art Garfunkel et Candice Bergen), en le projetant dans l’univers du tennis et dans le monde contemporain. Plus originale, la succession percutante de flash-back qui émaillent le match ultime échappe à la chronologie. On découvre ainsi, dans le désordre, la première soirée d’ivresse des trois personnages, la liaison torride entre Tashi et Patrick, la blessure décisive de la joueuse au cours d’une compétition, et la vie conjugale de la même avec, cette fois, Art, champion las dont elle est devenue l’entraîneuse.

Résultat accrocheur et incarné
S’appropriant le projet moins par son versant romanesque que par le magnétisme érotique des trois interprètes, le cinéaste place la circulation du désir au cœur de chaque scène. Un désir refoulé (entre garçons) ou assouvi (entre fille et garçon), mais qui ne cesse de flotter, des chambres d’hôtel aux cours de tennis, des tribunes aux vestiaires. Cette insistance ne va pas sans lourdeurs, en écho à la musique électro-techno de Trent Reznor et Atticus Ross, (moins inspirés que pour The Social Network, de David Fincher). Mais le résultat est accrocheur, séduisant, formidablement incarné. Et si le regard de Guadagnino tend à faire de la jeune femme une intermédiaire entre deux rivaux ne pouvant s’avouer leur amour, le scénario l’établit plutôt en manipulatrice tirant les ficelles de bout en bout… Dans le paysage toujours sinistré du cinéma de grand studio, voilà, au moins, un quasi-blockbuster où il ne s’agit que de sentiments humains…

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