Jeff Lebowski, prénommé le Duc, est un paresseux qui passe son temps à boire avec son copain Walter et à jouer au bowling, jeu dont il est fanatique. Un jour deux malfrats le passent à tabac. Il semblerait qu'un certain Jackie Treehorn veuille récupérer une somme d'argent que lui doit la femme de Jeff. Seulement Lebowski n'est pas marié. C'est une méprise, le Lebowski recherché est un millionnaire de Pasadena. Le Duc part alors en quête d'un dédommagement auprès de son richissime homonyme.
TELERAMA
Jeff Lebowski, dit le Dude, est un homme de principes. Aussi, quand deux truands le prennent pour un autre Lebowski, millionnaire, le menacent et souillent son tapis, il décide de demander réparation.
Après Fargo, thriller stylisé au pays des ploucs, les frères Coen ont trimbalé leur barnum sous le soleil d'une Californie désenchantée. Leur jubilation narquoise éclate dès qu'entrent en scène Jeff Lebowski, alias le Dude, semi-clodo à bedaine, bermuda et barbe à poux, et ses deux acolytes, Pieds Nickelés genre Beach Boys sur le retour. Le moindre détail de leur panoplie témoigne d'une pratique affectueuse de la caricature. Cette pâte humaine bien sentie fait que la profusion des accessoires bizarres et des rebondissements rocambolesques passe comme une lettre à la poste.
Curieusement, le côté foire du Trône de toute l'affaire n'entame jamais l'humanité des personnages. Aux basques d'un trio de glandeurs emmené par un Jeff Bridges empâté comme il faut, les Coen pouffent comme des collégiens. Ça débloque de partout, mais, selon leur recette habituelle, avec une précision d'horloger suisse et un sens aiguisé du détail qui tue. Sorti en même temps que Jackie Brown, de Tarantino, The Big Lebowski affirmait une tendance du cinéma américain : sa grandeur peut se trouver dans des films mineurs, bricolés par des enfants du rock.voir sur GOOGLE MAP