arpoma l'art par la musique
        lundi 27 juillet 2026 - 03h31
menu / actu

liste / rep

atlas / rech

repertoires: - (recherche dans les repertoires)

(diapo) (rep-list) (grd ecran)
   .. / @@@
@

AD ASTRA, James Gray 2019, Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga, Liv Tyler et Donald Sutherland (fantastique)@@@


L'astronaute Roy McBride s'aventure jusqu'aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l'existence humaine, et notre place dans l'univers.

TELERAMA
Lors d’une mission spatiale, un astronaute tente de retrouver son père, qu’il croyait mort. Une odyssée fascinante, plus intimiste que spectaculaire.

Dans un avenir proche, Roy (Brad Pitt), astronaute d’élite, a pour mission de trouver une solution aux multiples explosions qui menacent la planète et seraient dues à des rayons cosmiques émanant de Neptune. Précisément la planète où son père, lui aussi astronaute, fut porté disparu seize ans auparavant… Ad astra est un voyage intérieur autant qu’interstellaire. En voix off, on entend les pensées de Roy, homme peu fait pour le monde ordinaire, fuyant les autres. Un héros qui semble inébranlable, physiquement et mentalement, mais qui s’interroge lui-même sur son détachement et sur son père, vénéré et maudit à la fois. Cette part d’introspection distingue le film, où la méditation l’emporte sur les scènes d’action, peu nombreuses — mais terrifiantes. C’est après la Lune, en allant vers Mars puis vers Neptune, que les obstacles se dressent, humains ou non. Le dessein de l’astronaute a changé, entre-temps. Il a appris que son père est sans doute vivant et qu’il représente un danger possible. À la fois obéissant et méfiant, soutenu et traqué, Roy se retrouve de plus en plus isolé dans sa quête.

Par son refus du spectaculaire, par sa réflexion trop explicite sur le legs paternel, le film prend le risque de décevoir. Mais l’odyssée est visuellement inspirée et servie par un Brad Pitt fascinant, engagé dans un long chemin menant de la fusion à la séparation.

Roy McBride a choisi de marcher dans les pas de Clifford, son père, en devenant astronaute à son tour. Clifford a disparu lors d'une mission dans l'espace seize ans plus tôt. Tout le monde le pense mort, jusqu'au jour où cette certitude est remise en cause par certains éléments. Roy est donc chargé de retrouver son père, qui aurait pris une voie dangereuse pour la survie de l'humanité. Roy doit réussir à entrer en contact avec son père. Pour mener à bien cette mission, il s'engage dans un voyage périlleux, physiquement et émotionnellement, qui l'emmène aux confins de la galaxie...
AD ASTRA, James Gray 2019, Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga, Liv Tyler et Donald Sutherland (fantastique espace)@@@ (edit IPTC) (E)
L'astronaute Roy McBride s'aventure jusqu'aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il ...

@

AMANDA, Mikhael Hers 2018, Vincent Lacoste


Paris, de nos jours. David, 24 ans, vit au jour le jour. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l'heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa sœur aînée meurt brutalement. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de 7 ans, Amanda.

TELERAMA:
Par petites touches, toujours avec une infinie délicatesse, le cinéaste assume un mélodrame pur et dur sur la gestion du chagrin. Film lumineux sur le deuil, Amanda agit comme un baume miracle. On en ressort le cœur serré mais plein d’espoir.
AMANDA, Mikhael Hers 2018, Vincent Lacoste (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Paris, de nos jours. David, 24 ans, vit au jour le jour. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l'heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa s&oe ...

@

APOCALYPSE NOW, Francis Ford Coppola 2001, Marlon Brando, Martin Sheen, Harrison Ford (histoire guerre)@@@


Pendant la guerre du Vietnam, un agent de l'armée américaine s'aventure au Cambodge à la recherche d'un tyran dangereux, le colonel Kurtz, autrefois un soldat modèle qui s'est converti plus tard à la cause de l'ennemi.

TELERAMA
Palme d’or à Cannes en 1979, Apocalypse Now s’est d’emblée imposé comme le film définitif sur la guerre du Vietnam. Mais, paradoxalement, ce chef-d’œuvre n’a pas eu de forme définitive avant son quarantième anniversaire, avec ce montage qui ajoute trente minutes à la première version et ôte vingt minutes à la version longue. Finalement, Coppola a réussi à atteindre l’équilibre dans l’excès, qui est ici partout.

On retrouve, bien sûr, dans Apocalypse Now Final Cut, les morceaux de bravoure qui scandent le voyage halluciné du capitaine Willard (Martin Sheen), traquant le colonel renégat Kurtz (Marlon Brando) au milieu du chaos. La musique des Doors s’enflamme comme les paysages. Le lieutenant-colonel Kilgore bombarde une plage du Vietnam avec l’US Army au son de La Chevauchée des Walkyries, de Wagner. Et lâche ces mots comme une bombe de plus : « J’adore l’odeur du napalm au petit matin »… Apocalypse Now a pris place dans l’histoire du cinéma. On redécouvre aujourd’hui, grâce à cet ultime montage, la dimension purement majestueuse de ce film monumental et aérien, fait d’immenses destructions et d’incroyables harmonies.
APOCALYPSE NOW, Francis Ford Coppola 2001, Marlon Brando, Martin Sheen, Harrison Ford (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Pendant la guerre du Vietnam, un agent de l'armée américaine s'aventure au Cambodge à la recherche d'un tyran dangereux, le colonel Kurtz, autrefois un soldat modèle qui s'est converti plus tard à la cause ...

@

ASCENSEUR POUR L ECHAFAUD, Louis Malle 1958, Jeanne Moreau, Lino Ventura, Maurice Ronet (thriller drame psychologique)@@@


Julien Tavernier et sa maîtresse, Florence Carala, la femme de son patron, ont imaginé un plan diabolique pour supprimer le mari gênant. Une fois le meurtre commis, Julien, revenu sur ses pas pour faire disparaître une pièce à conviction malencontreusement oubliée, se retrouve bloqué dans l'ascenseur par une coupure de courant. Au dehors, un blouson noir, Louis, vole la voiture de Julien et y fait monter sa petite amie Véronique. Florence reconnaît la voiture mais ne distingue pas le conducteur.

TELERAMA
Jeanne attend son amant criminel, prisonnier d’un ascenseur. La trompette de Miles improvise une longue plainte qui traduit un désarroi indicible. Un grand classique.

Louis Malle (il avait alors 24 ans) a conçu son premier long métrage comme un lent compte à rebours. Un homme commet un assassinat. Au moment de s’enfuir dans sa voiture, il réalise qu’il a oublié la corde qui lui a servi à grimper d’un balcon à l’autre. Il retourne sur les lieux et prend l’ascenseur. Le gardien coupe soudainement le courant pour le week-end. Le meurtrier reste coincé entre deux étages. À l’extérieur, sa maîtresse l’attend…

D’un côté, un homme enfermé ; de l’autre, une femme qui erre dans Paris. Entre eux : l’ombre du crime. Louis Malle alterne scènes muettes où le moindre bruit devient inquiétant et séquences sonores qui semblent retarder l’instant où les amants pourront se voir et s’expliquer. L’intrigue policière laisse place, tout doucement, à une atmosphère à la fois morbide et sensuelle. Pour accompagner Jeanne Moreau déambulant dans les rues, la trompette de Miles Davis improvise. Elle semble exprimer le désarroi indicible de la jeune femme. Ascenseur pour l’échafaud préfigure le plus beau film de Louis Malle, Le Feu follet, où Maurice Ronet s’égare dans la douleur jusqu’au suicide.

SYNOPSIS
Julien Tavernier et sa maîtresse, Florence Carala, la femme de son patron, ont imaginé un plan diabolique pour supprimer le mari gênant. Une fois le meurtre commis, Julien, revenu sur ses pas pour faire disparaître une pièce à conviction malencontreusement oubliée, se retrouve bloqué dans l'ascenseur par une coupure de courant. Au dehors, un blouson noir, Louis, vole la voiture de Julien et y fait monter sa petite amie Véronique. Florence, qui attend son amant à la terrasse d'un café, reconnaît la voiture mais ne distingue pas le conducteur. Elle constate tout de même qu'il est en aimable compagnie. Jalouse et se croyant trahie, elle erre dans Paris, tandis que Julien s'évertue à sortir de l'ascenseur...
ASCENSEUR POUR L ECHAFAUD, Louis Malle 1958, Jeanne Moreau, Lino Ventura, Maurice Ronet (thriller drame psychologique)@@@ (edit IPTC) (E)
Julien Tavernier et sa maîtresse, Florence Carala, la femme de son patron, ont imaginé un plan diabolique pour supprimer le mari gênant. Une fois le meurtre commis, Julien, revenu sur ses pas pour faire disparaître ...

@

BAC NORD, Audrey Diwan et Cédric Jimenez 2020, Francois Civil Gille Lellouche, Adele Exarchopoulos (thriller)@@


2012. Les quartiers nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC nord, brigade de terrain, cherche sans cesse à améliorer ses résultats. Dans un secteur à haut risque, les policiers adaptent leurs méthodes, franchissant parfois la ligne jaune. Jusqu'au jour où le système judiciaire se retourne contre eux.

TELERAMA
Une fiction très documentée sur l’affaire de la BAC Nord, ces policiers marseillais accusés de trafic de drogue et de racket. Le film de Cédric Jimenez divise la rédaction.

Pour :
le grand spectacle furieux d’une société qui s’effondre
« Une véritable gangrène » , tonnait en 2012 le procureur de la république de Marseille, en parlant des policiers de la BAC (Brigade anticriminalité) des quartiers nord de la ville, accusés d’avoir franchi la ligne rouge : racket, trafic de stupéfiants et autres malversations qui vont entraîner une cascade de sanctions, de la révocation à la mise en examen. Neuf ans plus tard, les aléas de la pandémie et le calendrier des tribunaux ont fait coïncider presque exactement la première conclusion judiciaire de cette affaire — en avril dernier — et la sortie en salles du polar incandescent de Cédric Jimenez, tourné au début de 2020, qui s’en inspire directement.

Les deux semblent défendre la même thèse : celle d’une équipe sous pression maximum, incitée par sa hiérarchie à violer les règles pour obtenir des résultats, coûte que coûte. Les vrais policiers ont finalement écopé de peines légères avec sursis, ou ont été relaxés. « Le tribunal a pu constater de graves et importants dysfonctionnements dans ce service de police », a déclaré la présidente du tribunal de Marseille, et c’est ce que raconte le film, dans le sillage de trois têtes brûlées, à l’assaut des cités verrouillées, des murailles du trafic et de la criminalité.

La frénésie réaliste d’un Eastwood
BAC Nord n’est pas un film promotionnel à la gloire de la police, c’est un formidable western urbain, emmené par un trio de comédiens au meilleur de leur forme, qui électrisent leurs personnages imparfaits, irritants, attachants, voire un peu cinglés. Il y a Grégory (Gilles Lellouche), le chef, tout en charisme massif, Antoine, le chien fou de la bande (François Civil, dans une performance sidérante), et l’anxieux Yassine (Karim Leklou, toujours juste). Autour d’eux, Marseille est une zone de guerre écrasée de lumière, un piège de béton qui se referme peu à peu. Tout commence par une info, lâchée par l’indic d’Antoine. La promesse d’un coup de filet historique dans le marigot des dealers. Mais pour cela il faut se salir les mains, entrer dans le trafic. Aiguillonnés par une hiérarchie qui n’hésitera pas, plus tard, à les lâcher, les trois cow-boys prennent tous les risques…

L’aventure a la puissance, la frénésie réaliste et l’amertume des grands polars américains d’autrefois, de Clint Eastwood à William Friedkin. Cédric Jimenez installe magistralement un quotidien sous tension, traversé de fulgurances, de grands moments de cinéma, d’un face-à-face explosif entre ces flics et ces truands, à l’entrée d’une cité, jusqu’au point culminant du film, un assaut d’une violence inouïe. Non, BAC Nord n’est pas un hommage aux pratiques douteuses d’une bande de pseudo-ripoux. C’est le grand spectacle furieux et désespéré d’une société qui s’effondre. — C.M.

Contre :
description manichéenne des fonctionnaires de l’IGPN
Malgré l’efficacité de la mise en scène, malgré le talent des comédiens, c’est le malaise qui domine devant BAC Nord. Pour trois raisons. La première tient à la représentation déshumanisante des trafiquants de drogue dans la séquence de l’assaut de la cité par les policiers : on a l’impression de voir les zombies d’un jeu vidéo, interchangeables et semblant se renouveler à l’infini.

La deuxième est liée à la description manichéenne des fonctionnaires de l’IGPN, la « police des polices », assimilés ici à des gratte-papier cyniques, manipulateurs et inutiles, qui empêcheraient leurs collègues prenant tous les risques sur le terrain de lutter contre les délinquants. Une vision pour le moins malheureuse, alors que, avec la multiplication des polémiques concernant les violences des forces de l’ordre, un organisme de contrôle des policiers est plus que jamais nécessaire.

La troisième, enfin, renvoie à la prise de position tranchée de Cédric Jimenez sur une instruction judiciaire toujours en cours au moment du tournage. Et le fait que le jugement du tribunal de Marseille, en avril dernier, ait validé largement les thèses du réalisateur ne change rien au problème : l’affaire n’est toujours pas close, le parquet ayant fait appel de la relaxe de plusieurs des policiers mis en cause. — S.D.
BAC NORD, Audrey Diwan et Cédric Jimenez 2020, Francois Civil Gille Lellouche, Adele Exarchopoulos (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
2012. Les quartiers nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC nord, brigade de terrain, cherche sans c ...

@

BEFORE MIDNIGHT, Richard Linklater 2013, Julie Delpy, Ethan Hawke (sentimental)@@


Une île grecque, une villa magnifique, en plein mois d'août. Céline, son mari Jesse et leurs deux filles passent leurs vacances chez des amis. On se promène, on partage des repas arrosés, on refait le monde. La veille du retour à Paris, surprise : les amis offrent au couple une nuit dans un hôtel de charme, sans les enfants. Les conditions sont idylliques mais les vieilles rancoeurs remontent à la surface et la soirée en amoureux tourne vite au règlement de comptes.

TELERAMA
Duo-duel conjugal mis en scène avec brio par Richard Linklater qui a une passion pour les mots et une fascination pour le temps qui passe.
Sur le thème du couple, le cinéaste indépendant américain Richard Linklater a conçu une étonnante trilogie inspirée par le vrai changement, et vieillissement, de ses comédiens Julie Delpy et Ethan Hawke. Il y eut, en 1995, Before Sunrise, où le jeune Jesse rencontrait, à Vienne, Céline. Dans Before Sunset, en 2004, ils se retrouvaient à Paris. Jesse était devenu écrivain, et père avec une autre. Neuf ans après, les voici parents d’adorables jumelles. Le passé les accompagne, socle de l’amour qui les porte. De plus en plus difficilement.

L’écrivain qu’est toujours Jesse cache peut-être un macho qui s’ignore. Ce qui pousse Céline dans ses retranchements de pasionaria féministe. Entre ces deux-là, l’échange se noue, se dénoue et se renoue sans cesse. Ils parlent en mangeant, en marchant… Leur duo-duel très écrit est saisi sur le vif par une caméra qui donne de l’élégance à ce cinéma du dialogue. On pourrait le trouver bavard, complaisant, mais une tension s’y invite : les plans durent, obligeant les acteurs à réussir leurs scènes de bout en bout. Élément fondateur de cette trilogie, le temps est ici une obsession fructueuse. Qui raconte l’instant présent comme le passage de la vie.
BEFORE MIDNIGHT, Richard Linklater 2013, Julie Delpy, Ethan Hawke (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Une île grecque, une villa magnifique, en plein mois d'août. Céline, son mari Jesse et leurs deux filles passent leurs vacances chez des amis. On se promène, on partage des repas arrosés, on refait le monde. ...

@

BLACK SWAN, Darren Aronofsky 2011, Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis (musical)@@@


Thomas Leroy, le directeur du New York City Ballet, est à la recherche d'une nouvelle danseuse étoile depuis qu'il a décidé de se passer des services de la titulaire, Beth. Nina, depuis longtemps membre de la troupe, pense que son heure est venue. Une rivale inattendue se présente en la personne de la sensuelle Lily, nouvellement recrutée. Nina peut compter sur sa mère, Erica, une maîtresse-femme qui contrôle sa vie, pour intervenir auprès de Thomas.

TELERAMA
Entre les griffes de Darren Aronofsky, une ballerine voit son rêve tourner au cauchemar.
Danseuse étoile pour Le Lac des cygnes, Nina a du fil à retordre avec le cygne noir de la fin du ballet. La pureté artistique qu’elle recherche depuis toujours se retourne contre elle : on lui demande du débordement, des aspérités, de la sensualité, et c’est un cauchemar pour elle.

Darren Aronofsky s’y connaît en cauchemars : il a signé en 2000 le mémorable Requiem For a Dream, avec ses antihéros emportés dans une dérive de la perception. Black Swan brouille encore plus vite la frontière entre réalité, fantasmes et hallucinations. Particulièrement impressionnante est la galerie de figures féminines, toutes des doubles déformés ou déformants de l’héroïne. La mère (Barbara Hershey) offre une image de Nina avec trente ans de plus, ayant échoué jadis à sortir du rang. La danseuse étoile récemment déchue de la troupe (Winona Ryder), reproche vivant, symbole du déclin à venir. La rivale directe (Mila Kunis) paraît menaçante, obscène, car jugée plus sexy que Nina…

Le cinéaste déchaîne ses images mentales et brutales, jouant à plein régime du parallèle entre le tour de force de Natalie Portman (grandiose) et celui du personnage. La dernière réplique, expression d’un triomphe, s’accompagne ainsi d’une effusion de sang. Et l’actrice, oscarisée pour ce film, eut longtemps du mal à s’investir dans un autre projet.
BLACK SWAN, Darren Aronofsky 2011, Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis (musical danse)@@@ (edit IPTC) (E)
Thomas Leroy, le directeur du New York City Ballet, est à la recherche d'une nouvelle danseuse étoile depuis qu'il a décidé de se passer des services de la titulaire, Beth. Nina, depuis longtemps membre de la tro ...

@

BODYGUARD


Frank Farmer, ancien agent des services secrets, est un garde du corps émérite qui a mis ses talents à la disposition de deux présidents et de nombreux financiers et politiciens de réputation internationale. Un jour, l'impresario Bill Devaney lui propose un contrat avantageux pour assurer la protection de sa cliente Rachel, comédienne et chanteuse en pleine ascension, menacée par un fan inconnu.
BODYGUARD, Mick Jackson 1992,Kevin Costner, Whitney Houston (drame sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Frank Farmer, ancien agent des services secrets, est un garde du corps émérite qui a mis ses talents à la disposition de deux présidents et de nombreux financiers et politiciens de réputation international ...

@

BONNIE AND CLYDE, Arthur Penn 1967, Warren Beatty, Faye Dunaway (thriller)@@@


Etats-Unis, les années 1930. C'est la Grande Dépression, suite au krach boursier de 1929. Un couple d'amants criminels, Bonnie Parker et Clyde Barrow, sillone le pays en braquant des banques. Bientôt, l'Amérique ne parle plus que de ces hors-la-loi inexpérimentés. Certains les admirent. D'autres sont horrifiés. Quoiqu'il en soit, poursuivis par la police, ils devront bientôt faire face à leur destin...

TELERAMA
Une jolie serveuse suit un mauvais garçon. La carrière du gang Barrow est prétexte à une tragi-comédie sanglante dans l’Amérique des années 1930. Un polar mythique d’Arthur Penn.

Une jeune serveuse suit un mauvais garçon pour l’exécution d’un hold-up minable. De fil en aiguille, c’est-à-dire de larcins en meurtres, rejoints par quelques amis, ils forment le gang Barrow, poursuivi par toutes les polices d’Amérique.

Le script avait été écrit pour François Truffaut. Arthur Penn en tira une œuvre légendaire qui mélange les genres avec un bonheur constant et s’appuie sur deux interprètes en passe de devenir des stars. La carrière fulgurante du gang Barrow est prétexte à une tragi-comédie sanglante et hétéro­gène, où Penn, sur des rythmes jazzy, reconstitue les États-Unis des années 1930 à coups de fausses actualités et d’intermèdes burlesques. Le crépitement des mitraillettes et les corps criblés de balles peuvent déranger : en son temps, le film fit polé­mique. Pourtant, il ne fait ­jamais l’apologie de la violence, évoquant sans fausse pudeur la place des armes à feu dans la société américaine.
BONNIE AND CLYDE, Arthur Penn 1967, Warren Beatty, Faye Dunaway (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Etats-Unis, les années 1930. C'est la Grande Dépression, suite au krach boursier de 1929. Un couple d'amants criminels, Bonnie Parker et Clyde Barrow, sillone le pays en braquant des banques. Bientôt, l'Amérique n ...

@


Nick Marshall, cadre dans une agence publicitaire, ne parvient pas à satisfaire les attentes et les désirs des femmes, faute de les comprendre. Il aspire au poste de directeur de la création, mais ses supérieurs hiérarchiques engagent à sa place Darcy McGuire, sa grande rivale. Suite à une chute dans sa baignoire, Nick se met à entendre les pensées des femmes.
CE QUE VEULENT LES FEMMES, Nancy Meyers, 2000, Helene Hunt, Mel Gibson(comedie sentimentalle)@@@ (edit IPTC) (E)
Nick Marshall, cadre dans une agence publicitaire, ne parvient pas à satisfaire les attentes et les désirs des femmes, faute de les comprendre. Il aspire au poste de directeur de la création, mais ses supérieurs ...

@

CHRONIQUE DES ANNEES DE BRAISE, Mohammed Lakhdar-Hamina 1975 (histoire Algerie)(palme d or)@@@


Algérie, au début de la Seconde Guerre mondiale. Ahmad, paysan dans un petit village, vit dans la misère avec sa femme et son fils. Il tente de faire face à la sècheresse, à l'expropriation mais aussi à l'occupation française. Beaucoup de ses compatriotes mettent sur le même plan la France, Hitler ou les Américains. Pour eux, il faut entrer en résistance.

TELERAMA
Coup d’éclat pour un réalisateur, sorti de l’ombre grâce à la Palme d’or obtenue au festival de Cannes en 1975, mais qui ne retrouvera plus guère l’inspiration par la suite (tout en pesant de tout son poids sur le cinéma algérien). Divisé en plusieurs chants (les années de cendre, les années de feu…), le film s’achève, en 1954, lorsque débute cette guerre que les Français voudront « sans nom », durant des années. Mohammed Lakhdar-Hamina interprète lui-même le fou du village, celui qui, en fait, détient la sagesse et la vérité.

En 1939, Ahmed quitte son village d’Algérie pour la ville. Il y laisse sa famille qui sera anéantie par une épidémie de typhus. C’est la Seconde Guerre mondiale : le jeune berger est enrôlé dans l’armée française. De retour au pays, il prend conscience de la situation en Algérie…

CHRONIQUE DES ANNEES DE BRAISE, Mohammed Lakhdar-Hamina 1975 (histoire Algerie)(palme d or)@@@ (edit IPTC) (E)
Algérie, au début de la Seconde Guerre mondiale. Ahmad, paysan dans un petit village, vit dans la misère avec sa femme et son fils. Il tente de faire face à la sècheresse, à l'expropriation mais aus ...

@



Elise, 26 ans est une grande danseuse classique. Après s'être blessée pendant un spectacle, elle apprend qu'elle ne pourra plus danser, et sa vie va en être bouleversée. Elise va devoir apprendre à se réparer. Entre Paris et la Bretagne, au gré des rencontres et des expériences, des déceptions et des espoirs, elle va se rapprocher d'une compagnie de danse contemporaine. Cette nouvelle façon de danser va lui permettre de retrouver un nouvel élan et aussi une nouvelle façon de vivre.
EN CORPS, Cedric Klapish 2022, Marion Barbeau, Francois Civil (societe)@@@ (edit IPTC) (E)

Elise, 26 ans est une grande danseuse classique. Après s'être blessée pendant un spectacle, elle apprend qu'elle ne pourra plus danser, et sa vie va en être bouleversée. Elise va devoir apprendre à ...

@

ENIGMA, Michael Apted 2001, Dougray Scott, Kate Winslet, Saffron Burrows (histoire guerre)@@@


L'action tourne autour du déchiffrage par les services secrets britanniques, à Bletchley Park, du code de la machine de chiffrement Enigma[2] utilisée par les Allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale.

TELERAMA
Bon thriller d'espionnage qui s'inspire des efforts déployés pendant la Seconde Guerre mondiale par les Alliés pour briser le cryptage allemand, généré par la célèbre machine "Enigma".

Le scénario est "énigmatique" et plein de rebondissements entre trahisons, complots et espionnage. La proposition était de créer une intrigue complexe qui symbolisait la complexité de la machine qui donne son nom au film. Mais malgré sa complexité, le scénario est bien structuré, sans trous ni incohérences majeurs. Et pour ceux qui y prêtent attention, toutes les réponses seront expliquées de manière satisfaisante à la fin.

Un fait intéressant est que le film a été produit par Mick Jagger des Rolling Stones, qui fait même une apparition spéciale en tant qu'officier de la RAF lors d'un bal. Il a également prêté aux producteurs du film sa propre machine Enigma originale à quatre rotors, pour garantir l'exactitude historique de ce qui est vu sur scène. Mais malgré ce souci de la véracité de l'histoire, le film oublie de mentionner que le véritable déchiffreur des codes machine d'Enigma était Alan Turing.

Comme le montre le film, le massacre de Katyn a été révélé après la découverte des fosses communes de 4 500 officiers polonais et est considéré comme l'une des plus grandes atrocités historiques commises par la Russie stalinienne en 1940. Cependant, il n'y a aucune preuve que les détails de ces tombes aient été interceptés par les services de renseignement britanniques, bien que cela soit possible.
ENIGMA, Michael Apted 2001, Dougray Scott, Kate Winslet, Saffron Burrows (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
L'action tourne autour du déchiffrage par les services secrets britanniques, à Bletchley Park, du code de la machine de chiffrement Enigma[2] utilisée par les Allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale.

T ...

@

ETERNAL SUNSHINE of the spotless mind, Michel Gondry 2004, Jim Carrey, Kate Winslet (science fiction)@@@


Joel et Clementine ne voient plus que les mauvais côtés de leur tumultueuse histoire d'amour, au point que celle-ci fait effacer de sa mémoire toute trace de cette relation. Effondré, Joel contacte l'inventeur du procédé Lacuna, le Dr. Mierzwiak, pour qu'il extirpe également de sa mémoire tout ce qui le rattachait à Clementine.

TELERAMA
En 2004, l’astucieux scénariste Charlie Kaufman, le génial bricoleur Michel Gondry et le déchirant Jim Carrey télescopaient leurs talents dans un big bang créatif qui engendra sans doute le meilleur film du réalisateur.

On peut accepter ou non le gadget narratif qui fait entrer dans le vif du sujet : une invention futuriste à même de vous rendre étranger à la personne de votre choix. Si on tolère le truc, on risque fort de contracter un attachement durable à Eternal Sunshine of the Spotless Mind, deuxième (entre Human Nature et La Science des rêves) et meilleur long métrage de Michel Gondry. Sa première vie de clippeur surdoué y trouvait un prolongement idéal, avec un récit gigogne, affranchi de la chronologie.

Par un carton trouvé dans sa boîte aux lettres, un New-Yorkais (Jim Carrey, magnifique en gars triste) apprend donc que sa compagne (Kate Winslet), fêlée, fragile, vient de le faire effacer de sa mémoire. Pour surmonter la trahison, il se fait à son tour désintoxiquer de son ex, et le gros du film relate la nuit où les techniciens (dont la délicieuse Kirsten Dunst) s’activent autour de son corps endormi, relié aux ordinateurs effaceurs de souvenirs.

À coups de saynètes fantasmagoriques, le film fait défiler tout le roman du couple et nous promène dans un labyrinthe mental et sentimental, jusqu’à une zone que la technique n’avait pas prévue. Eternal Sunshine… donne ainsi un éclat romantique à un vieux truc de SF : chez Gondry, la machine à remonter le temps permet de retrouver le reflet intact de l’amour, enfoui dans les plis de la mémoire.
ETERNAL SUNSHINE of the spotless mind, Michel Gondry 2004, Jim Carrey, Kate Winslet (science fiction)@@@ (edit IPTC) (E)
Joel et Clementine ne voient plus que les mauvais côtés de leur tumultueuse histoire d'amour, au point que celle-ci fait effacer de sa mémoire toute trace de cette relation. Effondré, Joel contacte l'inventeur du ...

@

FRANTZ, Francois Ozon 2016, Pierre Niney, Paula Beer (histoire guerre)@@@


Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Cependant, ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

TELERAMA
Au sortir de la Grande Guerre, un Français rencontre la femme de Frantz, son ami allemand mort. Ozon joue avec leur inconscient et leurs illusions. D’une main de maître.

En 1919, sur la tombe de son fiancé mort au combat, elle trouve un homme en pleurs. Anna ne savait pas que Frantz avait un ami français. Les parents du mort repoussent, d’abord, ce jeune homme qui ajoute à leur chagrin. Mais Adrien évoque avec tant de flamme sa vie avec Frantz, à Paris, qu’ils en redemandent. Un jour, il s’enfuit. Anna part à sa recherche, en France…

Le film repose sur deux périples. Deux rêves qui ne peuvent que finir mal. Mais le grand personnage, c’est elle, qui s’éveille, se révèle, s’accepte — contrairement à lui.

Chez Ozon, les images contredisent les discours. Sans doute parce qu’il confronte l’inconscient de ses personnages avec ce qu’ils disent ou taisent. Le cinéaste con­temple leurs erreurs, leurs mensonges avec une indulgence dénuée de la pro­vocation de ses débuts. Il semble avoir ­atteint l’osmose délicate entre audace et lyrisme. Reste l’épouvante, intacte, devant les pères. Dans Frantz, ils sont tous des ­infanticides qui envoient leurs fils à la mort et trinquent à leur décès. Le ­moment le plus intense est celui où deux de ces ­victimes s’étreignent dans une tranchée. L’un assassiné, l’autre épargné, mais à ­jamais mort.
FRANTZ, Francois Ozon 2016, Pierre Niney, Paula Beer (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Cependant, ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu s ...

@

GLORY, Edward Zwick 1989, Denzel Washington, Morgan Freeman (histoire guerre)@@@


Durant la guerre de Sécession, un jeune officier nordiste revendique des droits égaux pour les soldats noirs de son régiment.

TELERAMA
En 1862, après l'émancipation des Noirs américains, le gouverneur du Massachusetts décide de former un régiment exclusivement composé d'hommes de couleur et d'en confier le commandement au jeune et courageux colonel Robert Gould Shaw. Les volontaires affluent. Epaulé par le commandant Forbes, Robert s'emploie à donner une cohésion à cet ensemble disparate. Après des moments difficiles et des rapports aigres-doux avec de fortes têtes, tel le soldat Trip, le régiment est prêt à monter au feu. Mais équipements adéquats et missions se font attendre. Robert remue ciel et terre et finit par obtenir de partir au front. Le 54e régiment d'infanterie remporte une première victoire à James Island, qui achève de souder soldats et officiers...
GLORY, Edward Zwick 1989, Denzel Washington, Morgan Freeman (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Durant la guerre de Sécession, un jeune officier nordiste revendique des droits égaux pour les soldats noirs de son régiment.

TELERAMA
En 1862, après l'émancipation des Noirs américains ...

@

GOOD BYE LENIN, Wolfgang Becker 2003, Daniel Bruhl, Katrin Sass (histoire)@@@


Dans la nuit du 9 au 10 octobre 1989, le Mur est tombé, et dans les semaines qui ont suivi des millions de personnes ont littéralement changé de planète. Good Bye Lenin... Mais la camarade Christiane Kerner, une militante émérite vivant à Berlin-Est, n'en a rien su. Depuis la veille, elle était dans le coma. Terrassée par un infarctus foudroyant en découvrant une manif pacifique contre le régime sauvagement réprimée par la police. L'Histoire joue d'emblée un rôle essentiel dans ce film. Mais rien n'y est plus décisif que l'amour d'un fils pour sa mère.

TELERAMA
Good Bye Lenin ! est d'abord une belle démonstration de l'art et la manière de mêler avec légèreté l'intime et l'universel, le destin d'un peuple déboussolé et celui, tout aussi problématique, d'une famille aux abois... Quand Christiane Kerner va rouvrir les yeux, huit mois plus tard, il ne reste plus rien de cette « patrie socialiste » dont elle demeurait, avec une désarmante sincérité, l'avocate idéaliste. À Berlin-Est, on a procédé à un frénétique nettoyage par le vide. Sur les façades des immeubles où flottaient les immenses bannières écarlates célébrant le 40e (et dernier) anniversaire de la RDA se déploient désormais des publicités géantes pour Coca Cola. En huit mois, on a bazardé, liquidé, mis au rebut tout ce qui renvoyait à « l'ancien monde », et en particulier le moche, le tarte, le ringard, cette empreinte supposée indélébile du régime défunt sur le quotidien de chacun. Changer de vie, c'était aussi, symboliquement, se débarrasser des papiers peints marronnasses et des chandails made in Bulgaria... Problème. Les médecins ayant averti Alex, le fils de Christiane, que le moindre choc émotionnel pouvait lui être fatal, comment lui cacher l'invraisemblable vérité ? A partir de cette donnée qu'on peut prendre, d'abord, pour un simple « truc » scénaristique, Good Bye Lenin ! va développer une cascade de péripéties, où la satire pointilliste d'un système totalitaire ossifié jusqu'au ridicule fait contrepoids aux désillusions nées du trop brutal basculement collectif des Ossis.

Cette mère si fragile, il s'agit d'organiser sa survie par la plus aléatoire des méthodes : en inventant un énorme mensonge. En clair, Alex décide de faire revivre une RDA disparue, volatilisée, de réinventer entre les quatre murs d'une chambre un microcosme conforme à la vision de sa mère. On ne dévoilera pas à quelles improvisations funambules le fils recourt pour mener à bien son ingénieux travail de « reconstitution historique ». Reconstruire la société est-allemande à l'identique, c'est aussi simple et aussi compliqué, donc aussi drôle, que de partir en chasse d'une marque de cornichons est-allemande disparue des supermarchés de la nouvelle Allemagne... La comédie change d'échelle quand Alex décide de se servir de la télévision pour peaufiner l'illusion. Bricoler une actualité fictive dans de pseudo-journaux télévisés avec présentateur récitant les vérités truquées du catéchisme socialiste : cela devient du grand art. La télé, c'est l'arme absolue d'Alex, et le réalisateur de Good Bye Lenin ! s'en sert pour une savoureuse illustration du pouvoir de l'image quand il ne reste qu'elle pour faire croire à une réalité qui n'existe plus.

Comment rendre plus vrai que vrai ce qui n'était qu'un leurre mis en scène par la machine de propagande du Parti ? Tout se passe comme si Alex réinventait, sans le chercher, cet ordre ancien où l'on manipulait l'information avec la complicité plus ou moins consentante des figurants (ici les voisins de palier) « jouant » à acclamer les bienfaits du régime. Au comble d'une inspiration débridée, il ira jusqu'à changer radicalement le sens de la chute du Mur en une parodie carrément absurde des contrevérités distillées par un régime en déroute.
Surtout, entre deux gags, le réalisateur insuffle une émotion contenue, une forme de mélancolie, qui est cette « ostalgie » de certains Allemands de l'Est moins pour la vie d'avant, si triste et sans horizon, que pour tous ces repères disparus (une certaine marque de café ou le programme de télé favori des petits enfants de la RDA...) où s'accrochent les restes d'une identité perdue. Good Bye Lenin ! est une comédie intelligente, une fable futée, jamais manichéenne. Cela aurait suffi à assurer son succès. Si ce « petit » film, écrit par un scénariste débutant et réalisé par un metteur en scène de modeste réputation, a connu un triomphe sans égal en Allemagne, c'est sans doute parce qu'il reflète bien ce sentiment diffus que la « réunification » allemande, brutalement entrée dans les faits après la chute du Mur, reste toujours en jachère dans les esprits.
GOOD BYE LENIN, Wolfgang Becker 2003, Daniel Bruhl, Katrin Sass (histoire)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans la nuit du 9 au 10 octobre 1989, le Mur est tombé, et dans les semaines qui ont suivi des millions de personnes ont littéralement changé de planète. Good Bye Lenin... Mais la camarade Christiane Kerner, une ...

@

GREEN BOOK Peter Farrelly 2018, Viggo Mortensen, Mahershala Ali


En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d'une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu'au Sud profond, ils doivent se confronter aux humiliations, perceptions et persécutions, tout en devant trouver des établissements accueillant les personnes de couleurs.
GREEN BOOK Peter Farrelly 2018, Viggo Mortensen, Mahershala Ali@@@@ (edit IPTC) (E)
En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d'un ...

@

IL ETAIT UNE FOIS DANS L OUEST Sergio Leone 1968,


Alors qu'il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain hérite alors les terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la valeur maintenant que le chemin de fer doit y passer).
IL ETAIT UNE FOIS DANS L OUEST, Sergio Leone 1968, Henri Fonda, Charles Bronson, Claudia Cardinale (western) @@@ (edit IPTC) (E)
Alors qu'il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain hérite alors les terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la va ...

@

INGLORIOUS BASTERDS, Quentin Tarantino 2009, Brad Pitt, Mélanie Laurent (guerre)@@@


Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l'exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa. Shosanna s'échappe de justesse et s'enfuit à Paris où elle se construit une nouvelle identité en devenant exploitante d'une salle de cinéma. Quelque part ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis.

TELERAMA
La Résistance façon western. Quentin Tarantino ose un film de guerre féroce, polyglotte et gourmet.
Dans les films de guerre américains, on parle en général… américain. Inglourious Basterds, lui, se fait un principe d’honorer quatre langues – l’anglais, l’allemand, le français et l’italien. Le mérite en revient surtout au colonel Hans Landa, génie du mal qu’on adore haïr. Ce chasseur de Juifs polyglotte débarque dans une ferme sous l’Occupation et s’entretient avec le fermier en parlant un français impeccable. L’entretien vire à l’interrogatoire, les digressions servant d’instruments de torture cuisants…

Pour mettre fin à l’abjection du IIIe Reich, les méthodes diffèrent. La plus brutale est celle des fameux « Bâtards », groupe de scalpeurs américains mené par Brad Pitt. Plus civilisées, la technique du lieutenant britannique (Michael Fassbender) ou celle de l’actrice aristocrate devenue espionne (Diane Kruger). Tous ces personnages forment une parade où Tarantino exploite les archétypes de la Résistance et les réinvente à sa sauce. Changer le cours de l’Histoire, la fiction le peut. C’est ce pouvoir formidable que Tarantino célèbre, en utilisant directement la pellicule nitrate – extrêmement inflammable – comme arme réelle de combat contre le nazisme.

SYNOPSIS
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la jeune Shosanna, juive française, échappe au massacre de sa famille, perpétré par le colonel SS Hans Landa. Pendant ce temps, le lieutenant Aldo Raine, officier américain, rassemble un commando de soldats, tous juifs américains, qui doit l'accompagner en France occupée. Leur mission : tuer un maximum d'Allemands et rapporter leurs scalps. Ces hommes vont bientôt se retrouver à travailler avec l'actrice allemande Bridget von Hammersmark, agente secrète collaborant avec les Alliés, et un officier britannique, Archie Hicox, afin d'éliminer les plus hauts dignitaires du Troisième Reich, qui doivent assister à la première d'un film de propagande...
INGLORIOUS BASTERDS, Quentin Tarantino 2009, Brad Pitt, Mélanie Laurent (guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l'exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa. Shosanna s'échappe de justesse et s'enfuit à Paris où e ...

@

INTOUCHABLES, Eric Toledano, Olivier Nakache 2011, Francois Cluzel, Omar Sy


Tout les oppose et il était peu probable qu'ils se rencontrent un jour, et pourtant. Philippe, un riche aristocrate devenu tétraplégique après un accident de parapente va engager Driss, un jeune homme d'origine sénégalaise tout droit sorti de prison, comme auxiliaire de vie à domicile. Pourquoi lui ? Tout simplement parce qu'il ne regarde pas Philippe avec le même regard de pitié que les autres candidats.
INTOUCHABLES, Eric Toledano, Olivier Nakache 2011, Francois Cluzel, Omar Sy (societe)@@@@ (edit IPTC) (E)
Tout les oppose et il était peu probable qu'ils se rencontrent un jour, et pourtant. Philippe, un riche aristocrate devenu tétraplégique après un accident de parapente va engager Driss, un jeune homme d'origine s ...

@

INVICTUS, Clint Eastwood 2009, Morgan Freeman, Matt Damon


À l'issue de la chute de l'apartheid, le président Nelson Mandela, récemment élu, est confronté à une Afrique du Sud qui est racialement et économiquement divisée.
INVICTUS, Clint Eastwood 2009, Morgan Freeman, Matt Damon (histoire bio)@@@ (edit IPTC) (E)
À l'issue de la chute de l'apartheid, le président Nelson Mandela, récemment élu, est confronté à une Afrique du Sud qui est racialement et économiquement divisée. ...

@

JOYEUX NOEL, Christian Carion 2005, Diane Kruger, Benno Fürmann, Guillaume Canet, Daniel Bruhl, Dany Boon@@@


Lorsque la guerre surgit au creux de l'été 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon des millions d'hommes. Nikolaus Sprink, prodigieux ténor à l'opéra de Berlin, va devoir renoncer à sa belle carrière et surtout à celle qu'il aime : Anna Sörensen, soprane et partenaire de chant.
Le prêtre anglican Palmer s'est porté volontaire pour suivre Jonathan, son jeune aide à l'église. Ils quittent leur Ecosse, l'un comme soldat, l'autre comme brancardier.
Le lieutenant Audebert a dû laisser sa femme enceinte et alitée pour aller combattre l'ennemi. Mais depuis, les Allemands occupent la petite ville du Nord où la jeune épouse a probablement accouché à présent.
Et puis arrive Noël, avec sa neige et son cortège de cadeaux des familles et des Etats majors. Mais la surprise ne viendra pas des colis généreux qui jonchent les tranchées françaises, écossaises et allemandes...

TELERAMA
Pour reconstituer un épisode véridique de fraternisation entre soldats allemands, français et britanniques la nuit de Noël 1914, Christian Carion (Une hirondelle a fait le printemps) a choisi des modalités tout sauf surprenantes. Avec une régularité scolaire, il passe d’un camp à l’autre et du drame à la légèreté. Il alterne, dans le même esprit appliqué, une histoire d’amour, une his­toire de fraternité et une histoire de paternité, toutes contrariées par la guerre. Et il façonne des seconds rôles « comme le cinéma français n’en fait plus » (vieux refrain), mais dont il reste à prouver qu’ils manquent : Dany Boon en aide de camp chtimi légèrement neuneu en fait des tonnes pour un effet Bourvil très manqué...
C’est assurément une chose bouleversante que des ennemis improvisent une paix éphémère et clandestine, renvoyant un conflit à son absurdité. Mais le film, telle une toile figurative des plus banales, n’a rien à ajouter à ce prodige.

JOYEUX NOEL, Christian Carion 2005, Diane Kruger, Benno Fürmann, Guillaume Canet, Daniel Bruhl, Dany Boon@@@ (edit IPTC) (E)
Lorsque la guerre surgit au creux de l'été 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon des millions d'hommes. Nikolaus Sprink, prodigieux ténor à l'opéra de Berlin, va devoir renoncer à sa be ...

@

L ART DU MENSONGE, Bill Condon 2019, Helen Mirren, Ian McKellen (thriller)@


Escroc professionnel, Roy Courtnay n'en croit pas sa chance ! Alors qu'il surfe sur un site de rencontre, il fait la connaissance d'une riche veuve, Betty McLeish, qui lui ouvre sa porte... et son coeur. Rien de plus facile que de la dépouiller ! Sauf qu'il n'avait pas prévu de se prendre d'affection pour sa cible... Contre toute attente, Roy s'engage dans la mission la plus délicate de sa carrière d'arnaqueur.

TELERAMA
Ian McKellen et Helen Mirren, deux cadors de l’art dramatique anglais, n’y peuvent rien, mais ce jeu de dupes entre un vieil escroc antipathique et une riche veuve touche le fond du déplaisant.

On s’attendait à un film d’arnaque bien ficelé et porté par deux cadors britanniques. Or ce jeu de dupes entre un vieil escroc antipathique et une riche veuve se met en place très mollement, alors qu’il est évident, dès le début, que le rapport de force va s’inverser. Au moment tant attendu (en bâillant) des révélations, les motivations de la victime sont explicitées par de mauvais flash-back. Même le traumatisme qu’elle a vécu ne semble être qu’un complaisant alibi de scénario. Quand Ian McKellen, en plein cabotinage, et Helen Mirren finissent par se battre à même le sol, le film touche le fond du déplaisant.
L ART DU MENSONGE, Bill Condon 2019, Helen Mirren, Ian McKellen (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Escroc professionnel, Roy Courtnay n'en croit pas sa chance ! Alors qu'il surfe sur un site de rencontre, il fait la connaissance d'une riche veuve, Betty McLeish, qui lui ouvre sa porte... et son coeur. Rien de plus facile que de la d&eacu ...

@

L AS DES AS Gerard Oury 1982, Jean-Paul Belmondo, Marie-France Pisier


Jo Cavalier, qui fut pendant la Grande Guerre l'un des pilotes les plus héroïques de la toute nouvelle aviation, est devenu l'entraîneur de l'équipe française de boxe. Le 1er août 1936, il conduit celle-ci aux Jeux olympiques de Berlin. Dans le train, un garçon de 10 ans, Simon Rosenblum, reconnaît Jo et lui demande un autographe.
L AS DES AS Gerard Oury 1982, Jean-Paul Belmondo, Marie-France Pisier@@@ (edit IPTC) (E)
Jo Cavalier, qui fut pendant la Grande Guerre l'un des pilotes les plus héroïques de la toute nouvelle aviation, est devenu l'entraîneur de l'équipe française de boxe. Le 1er août 1936, il conduit celle ...

@

L ENFANT, freres Dardenne 2005, Jérémie Renier, Déborah François (societe)(palme d or)@@@


Bruno, petit truand de vingt ans, peut-il s'occuper adéquatement de l'enfant qu'il a eu avec Sonia, dix-huit ans, lui qui est obsédé par l'argent de ses trafics ? Un grand film humaniste, sur l'amour et le pardon. Et une deuxième palme d'or pour les frères Dardenne !

TELERAMA
Né de parents à peine sortis de l'oeuf, sans travail ni maison, l'enfant n'a pas de visage, ou si peu. Un petit bout de nez enfoui sous une capuche. Il n'a pas de corps non plus. Juste deux mains qui pianotent sur le blouson maternel. L'enfant a bien un prénom : Jimmy, pour l'état civil. Dans le privé, on ne s'est encore jamais adressé à lui.

Ce n'est pas la première fois que les Dardenne viennent au chevet de l'enfance blessée. Rosetta et Le Fils prêtaient déjà main-forte à de jeunes cas sociaux désespérés. Avec L'Enfant, ils font preuve d'une qualité nouvelle : la bienveillance. La force du film vient de ce qu'il se situe à hauteur de nourrisson. A première vue, Jimmy n'est qu'un paquet de chiffons. Et pourtant, ce bébé est une personne. Une éponge qui absorbe les chagrins, un miroir qui renvoie les espoirs. Un être de première importance qui doit savoir pour devenir libre. Les frères Dardenne lui apprennent tout, sans le brusquer. Comme toujours, ils osent prôner le pardon. Ils n'ont pas le culte de la noirceur. Vagabonds romantiques, les parents de Jimmy maîtrisent à merveille l'art du rétablissement. Ils ont le sens du plaisir volé, du risque grisant et de l'avenir riant. Comme Charlot, que les frères Dardenne vénèrent, avec leur kid, ils affrontent les temps modernes, et valaient bien une ruée vers la Palme d'or. — Marine Landrot
L ENFANT, freres Dardenne 2005, Jérémie Renier, Déborah François (societe)(palme d or)@@@ (edit IPTC) (E)
Bruno, petit truand de vingt ans, peut-il s'occuper adéquatement de l'enfant qu'il a eu avec Sonia, dix-huit ans, lui qui est obsédé par l'argent de ses trafics ? Un grand film humaniste, sur l'amour et le pardon. Et un ...

@

L ETE DERNIER, Catherine Breillat 2013, Lea Drucker (sentimental)@@@


Anne est une brillante avocate, spécialisée dans la défense des mineurs victimes d'abus et des adolescents en difficulté. Elle habite dans une grande villa sur les hauteurs de Paris avec son mari, Pierre, et leurs deux filles. Cependant, l'harmonie dans sa famille est perturbée par l'arrivée de Théo, fils de Pierre né d'un précédent mariage, qui emménage chez eux. Anne entame en effet une liaison avec cet adolescent de dix-sept ans rebelle et contestataire, et cela risque de tout détruire.

TELERAMA
Le désir, le plaisir, un possible scandale. La cinéaste balaie la morale dans ce thriller amoureux porté par Léa Drucker, éblouissante.

Un monstre de froideur implacable, jusque dans le bleu abyssal de son regard. C’est la première image qu’on a d’Anne (Léa Drucker, impressionnante, créatrice d’inédit). Les yeux dans les yeux, elle interroge une jeune fille tremblante sur un ton inquisiteur. « Est-ce que tu avais bu de l’alcool ce soir-là ? Tu es sortie avec combien de garçons cette année ? Moins de dix, plus de dix ? Et tu as couché avec combien d’entre eux ? » On imagine une commissaire de police. Anne est en vérité une éminente avocate pénaliste et veut tout savoir de la jeune fille, victime d’un viol, qu’elle s’est engagée à défendre. Voilà toute sa dureté soudain relativisée. Voilà un retournement saisissant, le premier et non le dernier d’un film où l’ambivalence sera reine, jusqu’à la dernière minute. De manière cristalline, tendue.

L’Été dernier tient en haleine comme un film à suspense. Sans meurtre mais avec la transgression d’un amour fou, scandaleux, qui frappe Anne et son beau-fils, Théo (Samuel Kircher, non loin du Tadzio de Mort à Venise), âgé de 17 ans. Celui-ci est un adonis indocile et un brin arrogant, qui vivait jusque-là chez sa mère. Après une incartade de trop, son père, mari d’Anne, a décidé de le ramener chez lui. Théo arrive dans cette grande maison, écrin idéal où Pierre et Anne, couple aisé, vivent avec leurs filles, joyeuses, vives, de 6 et 7 ans.

Cette peinture du bonheur familial ne manque pas d’ironie. Il y a même des moments franchement cocasses, comme cette première scène de sexe, entre Pierre et Anne, où celle-ci s’épanche et s’excite en racontant un souvenir de dégoût, comme si elle était à table ou dans un salon. On pourrait se croire chez Chabrol. Sauf que le film, et c’est toute sa force, ne va jamais là où on l’attend. Balayant sociologie et psychologie, dépassant la morale du bien et du mal, Catherine Breillat parvient à combiner l’ironie avec le souffle a priori incompatible d’un romantisme étincelant.

Ivresse amoureuse
Élan, énergie électrique, vertige, commencent à émerger sur le Dirty Boots de Sonic Youth. Dans une lumière dorée de fin de journée, Anne, Théo et les filles s’en reviennent en décapotable d’une belle journée au lac, où ils se sont baignés. Anne et Théo se sont rapprochés. Est-elle attirée par son charme de jeune pâtre grec ? Bientôt ils s’embrassent et plus encore. Voilà Anne qui défaillit, rajeunit à vue d’œil, retrouve son éclat de jeune fille. C’est une alchimie intérieure que la cinéaste fait miraculeusement ressentir : celle de l’ivresse amoureuse qui, quel que soit l’âge où on la vit, nous ramène à l’état d’exaltation de l’adolescence et à ses sensations d’absolu.

Des années séparent la blonde mûre en robe fourreau hitchcockienne et l’archange de la Renaissance et, pourtant, ils semblent avoir soudain le même âge. La réalisatrice de Romance et de Parfait Amour ! donne à leurs étreintes un cachet particulier. Les scènes de sexe ont toujours été pour elle un enjeu capital, sans être à coup sûr picturales – c’est lorsqu’elle a naguère sacrifié parfois son talent de peintre que son cinéma a pu s’affaiblir. Ici, sa mystique de l’amour, inspirée notamment du Caravage, s’exprime avec succès (bravo à Jeanne Lapoirie, sa cheffe opératrice) à travers un art du portrait. Les gros plans magnifient la carnation et ses variations, pâle, rose, nacrée. Grâce sans joliesse – avec bave, morve et larmes. Grâce violente de ces visages déformés, transfigurés par le plaisir. Avec ce point d’orgue : la tête renversée d’Anne, gorge offerte, yeux fermés, extase au bord de la stase, faisant d’elle une gisante sublime.

L’attrait du gouffre n’est jamais loin. Un danger continu plane et prend une autre dimension dans le dernier tiers du film. Où la part de « monstruosité » d’Anne reprend le dessus, contre toute attente, et point à partir d’un long plan-séquence, silencieux, de basculement terrifiant. Il ne faut pas y voir une condamnation de l’héroïne. Celle-ci a ses raisons – en lien avec l’amour de raison, justement. Qui ne vaut pas mieux ni moins bien que la passion. Breillat ne juge pas. Si son film est une apologie certaine du désir, magnétique, irrépressible, il suggère aussi que toute passion est forcément mortifère.

L’Été dernier galvanise et dérange, sans cesser d’échapper à toute vérité figée. Même le mari dans cette histoire est plus ambigu que son image réductrice de « normopathe », reproche que lui adresse un moment son épouse avec un sourire goguenard. On peut aimer le film pour des raisons diverses, en avoir des interprétations différentes, signe de profondeur. Aujourd’hui âgée de 75 ans, Catherine Breillat, qui a survécu, rappelons-le, à un AVC la laissant hémiplégique et qui fut sous l’emprise d’un escroc (comme elle l’a raconté dans Abus de faiblesse), nous offre un tel manifeste de vigueur amorale qu’il est difficile de ne pas être admiratif.

La vie sexuelle de Catherine B
Depuis son premier roman, écrit à 18 ans (L’Homme facile), et son premier long métrage (Une vraie jeune fille, 1976), Catherine Breillat a toujours défié la terre entière, en liant cérébralité et obsession sexuelle. Réfractaire à toute famille de pensée (y compris le féminisme, qu’elle soutient et discute à la fois), elle a construit une œuvre pleine d’aplomb, à nulle autre pareille (à redécouvrir jusqu’au 24 septembre dans le cadre d’une rétrospective à la Cinémathèque française). Murielle Joudet, critique de cinéma, l’a rencontrée pour un livre d’entretiens passionnant. Qui retrace toute sa carrière, passant au crible fin chacun de ses films (quinze en tout) et révélant la réalisatrice comme une guerrière d’une intelligence très souvent foudroyante, aux antipodes du prêt-à-penser conformiste. Sa mauvaise foi et son goût forcé du paradoxe peuvent agacer parfois. N’empêche. Sur l’amour, la sexualité, l’art et la violence, les acteurs, ce livre est une mine d’or qui se dévore.
Je ne crois qu’en moi. Catherine Breillat. Entretien avec Murielle Joudet, éd. Capricci, 232 p., 17 €.
L ETE DERNIER, Catherine Breillat 2013, Lea Drucker (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Anne est une brillante avocate, spécialisée dans la défense des mineurs victimes d'abus et des adolescents en difficulté. Elle habite dans une grande villa sur les hauteurs de Paris avec son mari, Pierre, et leur ...

@

L ORIGINE DU MAL, Sébastien Marnier 2022, Laure Calamy, Jacques Weber, Laura Tillier (etrange)@@


Dans une luxueuse villa en bord de mer, une jeune femme modeste retrouve une étrange famille: un père inconnu et très riche, son épouse fantasque, sa fille, une femme d'affaires ambitieuse, une ado rebelle ainsi qu'une inquiétante servante. Quelqu'un ment.

TELERAMA
Dans une luxueuse villa de la Côte d’Azur, une nouvelle venue, Laure Calamy, va dynamiter l’ordre établi par un monstrueux patriarche. Fascinant.

Dès le générique, le troisième long métrage de Sébastien Marnier (Irréprochable) joue avec les faux-semblants. Le vestiaire d’une conserverie de poissons, dans le nord de la France, où la nudité des ouvrières se révèle dans une lumière grisâtre, puis le parloir d’une prison où Stéphane (Laure Calamy) vient visiter sa compagne très possessive (Suzanne Clément) : les apparences sont celles d’un cinéma d’auteur naturaliste. Voilà le premier mensonge de ce polar qui en regorge, car, découvrant l’identité d’un père qu’elle n’a jamais connu, Stéphane l’ouvrière change de décor pour accoster sur une presqu’île de la Côte d’Azur, dans une villa digne d’Alfred Hitchcock. Invitée par Serge, son riche géniteur, dans sa sublime propriété dont les grands escaliers extérieurs n’en finissent pas de mourir jusqu’à une crique privée, Stéphane, des étoiles dans les yeux, fait la connaissance du gynécée de Serge : son épouse aux tenues extravagantes et à la « fièvre acheteuse » (Dominique Blanc) ; sa fille aînée George (Doria Tillier), peu accueillante ; sa petite-fille (Céleste Brunnquell), qui ne lâche pas son appareil photo ; Agnès, la bonne, qui écoute aux portes (Véronique Ruggia Saura). Une cellule matriarcale étrangement soudée contre un patriarche diminué par un AVC : Serge semble haï par ces dames, mais sans doute ont-elles d’excellentes raisons pour ça. Avec l’arrivée de Stéphane, nouveau pion sur l’échiquier, et désespérément en quête d’une famille, le mal qui couvait depuis si longtemps se répand comme un poison…

Tuer le père, bien sûr, mais pas seulement : si ce fascinant thriller familial fustige avec maestria le pire du patriarcat, il pose aussi la question de ses conséquences sur la vie des femmes, sur leur manière de se composer des masques, de construire une sororité, éventuellement immorale, pour résister au mâle. Ainsi, face à un Jacques Weber extraordinaire de monstruosité caressante en « ami de Charles Pasqua » qui garde son vin sous clé, et balance des phrases antisémites, vautré sur son canapé, Dominique Blanc, géniale, crée un personnage d’épouse comme téléporté du grand cinéma hollywoodien des années 1950 : une collectionneuse maladive, extravagante, qui semble se pétrifier petit à petit dans ses capes en fourrure et le décor incroyable de cette villa, véritable personnage en soi, entre brocante folle et musée d’histoire naturelle.

Il y a du Billy Wilder pour l’ironie carnassière, du Robert Aldrich pour la violence féminine, mais aussi du Brian de Palma, dans la mise en scène de Sébastien Marnier, qui serpente de pièce en pièce et divise soudain l’écran, épinglant les membres de cette famille comme des papillons dans une vitrine. Les riches, les pauvres, la convoitise, le poids du secret et les masques qui tombent (en même temps que les corps) : c’est aussi avec Claude Chabrol, évidemment, que ce film vénéneux flirte, et en particulier La Cérémonie. L’Origine du mal prouve enfin qu’une autre Laure Calamy se cache derrière son emploi habituel de femme nature et solaire. Car la famille, si impitoyablement autopsiée ici, peut aussi rendre dingue, a fortiori quand on n’en a pas…
L ORIGINE DU MAL, Sebastien Marnier 2022, Laure Calamy, Jacques Weber, Laura Tillier (etrange)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans une luxueuse villa en bord de mer, une jeune femme modeste retrouve une étrange famille: un père inconnu et très riche, son épouse fantasque, sa fille, une femme d'affaires ambitieuse, une ado rebelle ainsi ...

@

LA COULEUR DES SENTIMENTS Tate Taylor 2011, Emma Stone, Jessica Chastain@@@


Eugenia Skeeter Phelan est de retour dans sa petite ville de Jackson, Mississippi, au début des années 1960, après des études à l'université. Ses amies d'enfance se sont mariées, mais elle ne souhaite rien tant que de devenir écrivain. Elle prend la responsabilité de la chronique ménagère du journal local et, pour se familiariser avec son sujet, dont elle ignore tout, obtient de son amie Elizabeth la permission d'interroger sa domestique noire, Aibileen.
LA COULEUR DES SENTIMENTS Tate Taylor 2011, Emma Stone, Jessica Chastain@@@ (edit IPTC) (E)
Eugenia Skeeter Phelan est de retour dans sa petite ville de Jackson, Mississippi, au début des années 1960, après des études à l'université. Ses amies d'enfance se sont mariées, mais elle ne ...

@

LA FEMME AU TABLEAU, Simon Curtis 2015, Helen Mirren, Ryan Reynolds, Daniel Bruhl


Ayant fui l'Europe pendant la guerre, Maria a vécu presque toute son existence aux États-Unis. À la mort de sa soeur aînée, elle désire récupérer les oeuvres d'art de sa famille qui ont été dérobées par les nazis.
LA FEMME AU TABLEAU, Simon Curtis 2015, Helen Mirren, Ryan Reynolds, Daniel Bruhl(histoire)@@@ (edit IPTC) (E)
Ayant fui l'Europe pendant la guerre, Maria a vécu presque toute son existence aux États-Unis. À la mort de sa soeur aînée, elle désire récupérer les oeuvres d'art de sa famille qui ont ...

@

LA JEUNE FILLE A LA PERLE, Peter Webber 1960, Colin Firth, Scarlett Johansson, Tom Wilkinson (bio)@@@


Le XVIIe siècle est l'âge d'or de la peinture hollandaise. La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Elle s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.

TELERAMA
Les toiles de Vermeer invitant à la rêverie, il n'est guère étonnant qu'une romancière américaine, Tracy Chevalier, ait brodé une histoire autour de La Jeune Fille à la perle. Qui était cette inconnue à la peau veloutée et au turban bleu ? Une servante qui attira l'oeil du peintre et fit battre son coeur, répond le film, fidèle au roman, et très scrupuleux quant au rendu des clartés douces et des couleurs moelleuses. Eduardo Serra, à la photo, fait un travail remarquable, tout en discrétion, pour éviter la « bel- le image » qui fait écran.

Une fois n'est pas coutume, la reconstitution est très vraisemblable : on est immergé dans le quotidien d'une maison de Delft, au XVIIe siècle. Le temps s'écoule doucement, le tressaillement amoureux pointe, chaque regard rapproche le modèle du peintre et inquiète l'entourage. C'est un tantinet prévisible et appliqué, mais sans faux pas. Scarlett Johansson, l'actrice divine de Lost in translation, endosse à merveille le rôle-titre. Tant et si bien qu'à travers un plan-séquence magnifique, lent travelling avant sur elle en train de poser, son visage se confond avec celui du tableau. Une mise en abyme très troublante. Dans le genre, une perle.
LA JEUNE FILLE A LA PERLE, Peter Webber 1960, Colin Firth, Scarlett Johansson, Tom Wilkinson (bio)@@@ (edit IPTC) (E)
Le XVIIe siècle est l'âge d'or de la peinture hollandaise. La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Elle s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'effo ...

@

LE BON LA BRUTE ET LE TRUAND, Sergio Leone, Clint Eastwwod, Lee Van Cleef@@@


Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés à l'armée sudiste. Sentenza, la Brute, qui tue sans états d’âme ; Tuco, le Truand, truculent ; et Blondin, alias l’homme sans nom, le Bon…

TELERAMA
Sergio Leone achève sa trilogie spaghetti et révolutionne le western en initiant un genre qu’il mènera à la perfection. Son propos est parfois simpliste, mais pourquoi bouder le plaisir de revoir le poncho d’Eastwood et les trognes de ses acolytes ?
Avec ce film, Sergio Leone clôt sa trilogie spaghetti. L’Ouest, terre sans morale. Tous pourris, y compris l’ami Eastwood, qui a mis au point avec le Truand, dont la tête est mise à prix, un numéro très lucratif : il l’arrête, touche la prime et le libère aussitôt, partageant l’argent de la justice… Leone dit aussi sa haine de la guerre. Mais c’est dans la mise en forme qu’il est décidément le plus novateur. Son style n’a pas pris une ride : utilisation brillante de l’écran large, dilution du temps par un montage savant. Le règlement de comptes final, un duel à trois dans un cimetière, est un modèle du genre.
LE BON LA BRUTE ET LE TRUAND, Sergio Leone, Clint Eastwwod, Lee Van Cleef (western)@@@ (edit IPTC) (E)
Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés &agra ...

@

LE CAIMAN, Nanni Moretti 2006, Cecilia Dazzi, Silvio Orlando @@@


Bruno est au bord du gouffre. Il n'arrive plus à produire un film. Sa femme veut le quitter et il risque de perdre ses enfants, qu'il adore. Lors d'une des émissions-débats auxquelles il est encore invité, une femme lui confie son scénario, Le Caïman. Il va s'accrocher à ce nouveau film. Seul problème, Le Caïman est une biographie critique de Berlusconi, président du Conseil, propriétaire de toutes les télévisions privées et terreur de la Rai.

TELERAMA
Un producteur de série Z en pleine débine accepte un projet autour de Berlusconi. À la fois farce et mélo, un rappel à la raison et à l’engagement.
Cela débute par une pantalonnade. Cinéphile atypique qui a sans cesse lutté contre la « dictature du cinéma d’auteur », Bruno est un producteur de série Z qui s’en est toujours sorti. Aujour­d’hui, plus rien ne va. Son bras droit a démissionné. Et sa femme souhaite la sé­paration…
Une tragédie aux accents shakespeariens
Bruno, c’est l’Italie d’aujourd’hui, sa caricature. Un Latin charmeur, baratineur et truqueur, brutalement mis hors jeu. À l’image d’un pays d’opérette en plein marasme. Moretti a l’idée de faire le portrait de son pays en crise à travers la situation d’un homme. L’important, au fond, n’est pas tant Berlusconi que ce fameux « peuple » sur lequel le Cavaliere ne cesse de s’appuyer pour légitimer ses manœuvres. Moretti semble prendre son adversaire au mot : « Tenez, j’ai déniché un spécimen populaire, voyons comment il va se comporter… » Le Caïman crève l’abcès, se voulant un rappel à la réaction, à la raison et à l’engagement, également au sens physique du terme. Commencé dans la farce grossière, le film se ramifie, passe par des registres différents, y compris celui d’une tragédie aux accents shakespeariens, dévoilant soudain une forme perverse de fascisme démocratique.
À ce moment fantomatique, l’acteur Moretti refait surface, après s’être éclipsé pour la première fois d’une de ses fictions. Il incarne alors un Berlusconi dangereusement séduisant. Risque suprême et suprême loyauté que celle de se mettre dans la peau de son adversaire.
LE CAIMAN, Nanni Moretti 2006, Cecilia Dazzi, Silvio Orlando (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Bruno est au bord du gouffre. Il n'arrive plus à produire un film. Sa femme veut le quitter et il risque de perdre ses enfants, qu'il adore. Lors d'une des émissions-débats auxquelles il est encore invité, une fe ...

@

LE DON DU ROI, Michael Hoffman 1995, Robert Downey Jr, Sam Neill (thriller sentimental)@@@


Angleterre, 1660. Le jeune médecin Robert Merivel entre au service du roi Charles II d'Angleterre suite à un concours de circonstances. Il s'adapte à sa nouvelle vie jusqu'au jour où le roi lui demande d'épouser Celia, sa favorite, pour lever des soupçons. De plus, il lui impose une condition : ne pas tomber amoureux d'elle. En contrepartie, Robert reçoit une propriété dans laquelle il s'installe et où le roi pourra visiter Celia en secret. Hélas, Robert ne pourra retenir ses sentiments.

TELERAMA
Tourné par Hoffman avant le gentillet Un beau jour, ce film a obtenu l'Oscar des meilleurs costumes 96. Et s'il y avait un Oscar des meilleurs décors, il l'aurait sans doute reçu également. Car toute l'énergie de ce Restoration (le titre original) se perd en reconstitutions. A force de voir les costumes avant les personnages et les décors avant l'action, le spectateur ne prête plus à l'histoire qu'un intérêt lointain. Cette histoire pourrait être celle d'un toubib destroy qui débarque à Hollywood, se tape toutes les actrices, se fourre de la coke plein le nez, puis se repent chez les mormons, tombe amoureux d'une folle new age et se met à soigner des malades du sida.

Mais on a dû penser que le message puritain passerait mieux dans l'Angleterre des années 1660, avec plein de beaux habits autour. (Cela dit, pour leurs fans respectifs, Hugh Grant est assez drôle dans un petit rôle pincé, et Meg Ryan devait sans doute viser, elle, l'Oscar des plus vils haillons.)

Londres, en 1660. Cromwell est mort depuis deux ans et Charles II, rappelé de son exil, peut tranquillement s'installer sur le trône. Catholique, il restaure l'absolutisme et rétablit une vie culturelle et artistique dans l'Angleterre puritaine et étriquée. Une certaine dissolution des moeurs marque le début de son règne. Robert Merivel, un jeune médecin, guérit le chien du roi, ce qui lui attire sa faveur. Charles II l'anoblit, lui octroie une propriété et lui fait contracter un mariage avec sa propre maîtresse, Celia. Merivel et Celia s'installent dans un luxueux manoir, mais Robert commet l'erreur de tomber amoureux de sa toute fraîche épouse. Son amant attitré, courroucé, lui retire tous ses privilèges...
LE DON DU ROI, Michael Hoffman 1995, Robert Downey Jr, Sam Neill (thriller sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Angleterre, 1660. Le jeune médecin Robert Merivel entre au service du roi Charles II d'Angleterre suite à un concours de circonstances. Il s'adapte à sa nouvelle vie jusqu'au jour où le roi lui demande d'é ...

@

LE GARCON AU PYJAMA RAYE, Mark Herman 2008 (histoire shoah)(vo)@@@


Bruno a tout juste 9 ans lorsque son père, un officier nazi remarqué par le Führer, se voit confier le commandement du camp de concentration d'Auschwitz. Le petit garçon n'apprécie guère de devoir quitter la belle et grande maison de Berlin pour se retrouver dans une demeure isolée et triste. De sa chambre, il aperçoit des hommes, des femmes et des enfants tous vêtus de pyjamas rayés. Personne ne lui explique qui ils sont, mais l'innocence aidant, il va se lier d'amitié avec un enfant juif...
LE GARCON AU PYJAMA RAYE, Mark Herman 2008 (histoire shoah)(vo)@@@ (edit IPTC) (E)
Bruno a tout juste 9 ans lorsque son père, un officier nazi remarqué par le Führer, se voit confier le commandement du camp de concentration d'Auschwitz. Le petit garçon n'apprécie guère de devoir qui ...

@

LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE, Yves Rober 1972, Pierre Richard, Jean Rochefort, Bernard Blier (comique)@@@


Il y a du grabuge dans les services secrets français. Le n°2 conspire contre le n°1 qui s'attend à recevoir des coups. Le grand chef décide alors de piéger son adjoint en inventant de toute pièce un super espion supposé venir faire le ménage dans la grande maison. Il décide de choisir un homme au hasard, parfaitement normal et de s'en servir comme appât. Il s'agit de François Perrin un violoniste excentrique qui débarque à Orly avec une chaussure jaune et l'autre noire.

TELERAMA
On ne se lasse pas de cette histoire de musicien lunaire traqué par des barbouzes minables.
Du rififi chez les taupes : Louis Toulouse, chef d’un service secret, lutte contre l’ambition dévorante de son adjoint, Bernard Milan. Pour se débarrasser de cet « Iznogoud », il le lance sur une fausse piste, aux trousses d’un quidam choisi au hasard. Les gaffes de l’homme-hameçon, un certain François Perrin, violoniste distrait, vont susciter moult quiproquos.

« Pourquoi, pourquoi il ne va pas chez le dentiste ? », « Il tire la chasse d’eau, mais pourquoi, pourquoi ? »… Truffé de micros, mitraillé par des paparazzis un peu spéciaux, même le quotidien le plus banal est louche. À partir de cette ingénieuse idée, Veber et Robert composent une comédie amusante, rejeton hybride des Barbouzes et du Distrait. Pierre Richard se glisse avec aisance dans son personnage lunaire favori, face à un Bernard Blier plus retors que jamais. Entre vaudeville malicieux et parodie d’espionnage, ce Grand Blond… n’a pas pris un cheveu blanc.
LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE, Yves Rober 1972, Pierre Richard, Jean Rochefort, Bernard Blier (comique)@@@ (edit IPTC) (E)
Il y a du grabuge dans les services secrets français. Le n°2 conspire contre le n°1 qui s'attend à recevoir des coups. Le grand chef décide alors de piéger son adjoint en inventant de toute pièce u ...

@

LE JOUR LE PLUS LONG, Darryl Zanuck 1962, John Wayne, Henri Fonda, Robert Mitchum (histoire guerre)@@@


En 1944, les Alliés se préparent pour la grande offensive qu'ils ont prévue en Normandie et qui devrait définitivement débarrasser l'Europe du fléau nazi. Chaque état-major est en effervescence. Le général Eisenhower hésite quant à la date fixée, le 6 juin, en raison du mauvais temps. L'atterrissage des troupes aéroportées et le débarquement sur cinq plages en mer du Nord s'annoncent difficiles.

TELERAMA
En 1962 Le Jour le plus long marqua autant les esprits que le Soldat Ryan, de Steven Spielberg, sorti trente-six ans plus tard. Le projet, lancé par Darryl F. Zanuck, était faramineux : la production la plus chère, cinquante-sept stars internationales, six réalisateurs, Romain Gary au scénario, Maurice Jarre et Paul Anka à la musique, Bourvil et Mitchum au générique. Le succès fut phénoménal.
Le débarquement (tourné en Corse !) et l’assaut de Sainte-Mère-Église, avec le parachutiste accroché au clocher, sont restés ancrés dans nos mémoires. Mais, en revoyant le film, on se laisse aussi prendre par le réalisme des scènes de caserne, par les moments intimistes (même si la partie française est la moins convaincante) et par le suspense de la tactique militaire. Aujourd’hui, Le Jour le plus long, avec ses nombreuses intrigues parallèles, serait décliné en série télé sur plusieurs saisons…
LE JOUR LE PLUS LONG, Darryl Zanuck 1962, John Wayne, Henri Fonda, Robert Mitchum (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
En 1944, les Alliés se préparent pour la grande offensive qu'ils ont prévue en Normandie et qui devrait définitivement débarrasser l'Europe du fléau nazi. Chaque état-major est en effervescen ...

@

LE PROCES, Orson Welles 1962, Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider (histoire)@@@


Joseph K. est un petit fonctionnaire anodin. Vaniteux et sûr de son bon droit, il poursuit une existence toute tracée dans un service où il a de bons espoirs de promotion. Un matin, cette tranquillité vire au cauchemar : des individus pénètrent dans sa chambre, lui posent des questions, le harcèlent.

TELERAMA
Pas sûr que Kafka aurait aimé. Orson Welles devait le savoir et s’en fichait, malgré sa sincère admiration pour l’auteur tchèque. Mis à part le début, assez conforme à l’absurde kafkaïen angoissant, où Joseph K. est tiré de son lit par deux individus sardoniques qui l’interrogent, le film s’éloigne du livre par sa démesure baroque. Welles en fait surtout une fantasmagorie où il peut déployer son catalogue de morceaux de bravoure. Grâce à un producteur français qui l’a extirpé de son pétrin (départ forcé de Hollywood, films amputés…) et au décor de la gare d’Orsay (alors désaffectée, avant qu’elle ne devienne musée), l’ogre maudit exploite à merveille poutrelles, escaliers, halls, verrière, pour en faire le théâtre labyrinthique, mental et physique, d’une persécution hétérogène. Où Joseph K. n’est pas l’unique victime du pouvoir tentaculaire — il croise une foule hagarde de déportés et d’autres accusés qui rappellent les bêtes noires du maccarthysme. Mais il semble le seul qui essaie de comprendre, en étant lui-même poursuivi par un sentiment de culpabilité.

Parmi les séquences marquantes : les montagnes de dossiers et de paperasse qui envahissent les galeries, l’armée de sténodactylos tapant sur leurs claviers dans un espace digne d’une cathédrale, la horde de gamins en furie qui talonnent Joseph K. On est à la limite d’un certain pompiérisme, parfois. Difficile néanmoins de ne pas être ébloui par les effets visuels, les jeux d’ombre et de lumière, l’orchestration démente des déplacements. À noter, la présence frénétique de Romy Schneider, formidable en jeune femme tentatrice. Quant à Anthony Perkins, à peine sorti de Psychose, il donne à l’affolement de multiples facettes.
LE PROCES, Orson Welles 1962, Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider (histoire)@@@ (edit IPTC) (E)
Joseph K. est un petit fonctionnaire anodin. Vaniteux et sûr de son bon droit, il poursuit une existence toute tracée dans un service où il a de bons espoirs de promotion. Un matin, cette tranquillité vire au cauc ...

@

LE TAMBOUR, Volker Schlöndorff 1979, David Bennent, Angela Winkler, Mario Adorf (guerre)@@@



En 1899, dans un champ de pommes de terre près de Dantzig (Gdansk), un fuyard se cache sous les jupes d'une paysanne kachoube. C'est ainsi qu'Anna Bronski conçoit sa fille Agnès, qui, à son tour, le 12 septembre 1924, met au monde le petit Oscar.

TELERAMA
Dantzig, 1924. Seule la promesse de recevoir un tambour le jour de son troisième anniversaire convainc le nouveau-né Oskar de ne pas retourner dans le ventre de sa mère ! Trois ans plus tard, l’enfant décide de ne plus grandir. Pendant ce temps, l’Histoire poursuit sa triste sarabande et le parti nazi menace…

Avec son petit tambour dont il ne se sépare jamais, Oskar sème partout la zizanie. Et grâce à sa voix stridente, il brise tout ce qui l’ennuie : paire de lunettes de son institutrice, pendule du salon familial, vitres du quartier.

Avec cette adaptation du roman de Günter Grass, Volker Schlöndorff ne se contente pas de multiplier les dérivations fantaisistes, il bâtit une fable métaphorique qui radiographie trente années de l’histoire allemande. Le film convainc quand il s’intéresse exclusivement à Oskar et à sa perception du monde. Mais il se révèle lourdement démonstratif dans la peinture allégorique des événements politiques. La mise en scène peine à relever les délirantes promesses du scénario. Le Tambour avait tout pour être un chef-d’œuvre, il se révèle seulement passionnant par intermittence.

LE TAMBOUR, Volker Schlöndorff 1979, David Bennent, Angela Winkler, Mario Adorf (guerre)@@@ (edit IPTC) (E)

En 1899, dans un champ de pommes de terre près de Dantzig (Gdansk), un fuyard se cache sous les jupes d'une paysanne kachoube. C'est ainsi qu'Anna Bronski conçoit sa fille Agnès, qui, à son tour, le 12 septe ...

@

LE VENT SE LEVE, Ken Loach 2006, Cillian Murphy, Padraic Delaney, Liam Cunningham (histoire guerre)@@@


Irlande, 1920. Des paysans s'unissent pour former une armée de volontaires contre les redoutables Black and Tans, troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d'indépendance du peuple irlandais. Par sens du devoir et amour de son pays, Damien abandonne sa jeune carrière de médecin et rejoint son frère Teddy dans le dangereux combat pour la liberté.

TELERAMA
On réduit trop souvent l’œuvre de Ken Loach à la défense des opprimés. En omettant de dire que le combat à mener est toujours compliqué, violent — il oblige à des sacrifices. C’est le sujet même de cette fresque (Palme d’or). Dans la lande irlandaise, en 1920. Teddy et Damien, deux frères très proches, sont engagés dans la lutte pour l’indépendance de leur pays. Lorsque les Britanniques torturent le premier, le second le soigne puis le remplace dans ses responsabilités, quitte à effectuer le sale boulot. Puis survient le moment où la guerre d’indépendance vire à la guerre fratricide, au double sens du mot. Des divisions surgissent. Les partisans du traité de paix avec les Britanniques jurent que c’est un premier pas, les autres que c’est un recul. Pour Loach, marxiste devant l’éternel, ce débat occulte surtout une chance historique : la possibilité de la révolution socialiste. L’échec est ici d’autant plus poignant que les deux frères sont traités avec la même compassion. C’est toute la force du film, qui tend vers une forme de tragédie shakespearienne.
Loach combine le général (l’histoire politique et militaire) et le particulier. Il reste toujours concret, direct et sec, d’un classicisme digne des grands, comme Ford. Il y a bien quelques phases d’exaltation. Mais l’amertume domine le tableau, intense avec ses couleurs de tweed, ses intérieurs de ferme plongés dans la pénombre, ses ciels bas et lourds. « Nous sommes des étranges créatures pour nous-mêmes », dit Damien. Le vent orageux qui se lève ici est chargé de cendres.
LE VENT SE LEVE, Ken Loach 2006, Cillian Murphy, Padraic Delaney, Liam Cunningham (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Irlande, 1920. Des paysans s'unissent pour former une armée de volontaires contre les redoutables Black and Tans, troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d'indépendance du p ...

@

LES INCORRUPTIBLES, Brian De Palma 1987, Robert De Niro, Kevin Costner, Sean Connery (thriller saga)@@@



À Chicago durant les années trente, lors de la prohibition, Al Capone règne en maître absolu sur le réseau de vente illégale d'alcool. Décidé à mettre un terme au trafic et à confondre Al Capone, l'agent Eliot Ness recrute trois hommes de confiance, aussi intraitables que lui. Ensemble, les quatre incorruptibles partent en guerre contre le gang de Capone.

TELERAMA
Comment filmer l’Amérique en opéra sanglant ? De Palma se plonge avec une admiration ironique dans le Chicago des années 1930 et la guerre entre Al Capone (De Niro, flippant) et Eliot Ness (Kevin Costner).

Après son remake convulsif de Scarface, De Palma recharge son fusil, sorry, sa caméra, pour s’attaquer à un autre mythe, Al Capone, à travers l’adaptation d’une série télévisuelle fameuse. C’est un film de commande, assez clinquant, mal aimé par De Palma lui-même, malgré tout supérieur au tout-venant. On y voit peu Capone (Robert De Niro), vrai monstre caché sous sa bonhomie de poupon. Le personnage central est Eliot Ness, agent fédéral intègre (Kevin Costner, tout jeune) qui se lance dans une guerre de longue haleine contre la corruption généralisée. Avec une équipe solide à ses côtés : un vieux briscard désabusé (Sean Connery, en laine et velours côtelé), qui va devenir son mentor, un bleu (Andy Garcia) engagé comme tireur d’élite, et un comptable, indispensable pour coincer le César de la pègre sur le terrain fiscal.

Pontiac, costumes trois-pièces avec guêtres, décor (gare, entrepôts et bureaux) et déco (cuivre et bois, couleur whisky), tout cela est rutilant dans le rétro. Sorte de western urbain, le film s’interroge sur l’origine du mal et son risque de contamination. À noter : quelques morceaux de bravoure décoiffants, spécialité de De Palma. Notamment la fin, dans la gare centrale de Chicago, longue citation explicite de la canonique scène de l’escalier du Cuirassé Potemkine, d’Eisenstein. C’est un peu tape-à-l’œil, mais assumé comme tel.
LES INCORRUPTIBLES, Brian De Palma 1987, Robert De Niro, Kevin Costner, Sean Connery (thriller saga)@@@ (edit IPTC) (E)

À Chicago durant les années trente, lors de la prohibition, Al Capone règne en maître absolu sur le réseau de vente illégale d'alcool. Décidé à mettre un terme au trafic et ...

@

LES MISERABLES, Jean-Paul Le Chanois 1958, Jean Gabin, Daniele Delorme, Serge Reggiani, Bernard Blier, Bourvil) (histoire saga)@@@


Jean Valjean, un paysan condamné à cinq ans de travaux forcés pour avoir volé un pain, sort du bagne après dix-neuf années, de multiples évasions ayant prolongées sa peine initiale. Son destin bascule lorsque l'évêque de Digne, Monseigneur Myriel, lui éviter d'être de nouveau incarcéré. Dès lors, Jean Valjean va s'évertuer à ne faire que le bien autour de lui au détriment de son propre bonheur.

TELERAMA
Après avoir passé près de vingt ans au bagne pour avoir volé un pain un jour où la faim le tenaillait trop, Jean Valjean recouvre la liberté. Sa rencontre avec l'évêque Myriel, véritable incarnation de la bonté, le décide à recommencer sa vie à zéro et à se consacrer désormais à aider le pauvre et l'opprimé. Valjean s'installe, sous un faux nom, à Montreuil-sur-Mer, où il devient un industriel respectable. Il est élu maire et prend sous sa protection une malheureuse prostituée, Fantine. Quand celle-ci tombe gravement malade, il lui promet de s'occuper de sa fille, Cosette. Fantine décède et Valjean décide de retrouver la fillette. Mais son ennemi acharné, l'inspecteur Javert, le surveille sans relâche...
LES MISERABLES, Jean-Paul Le Chanois 1958, Jean Gabin, Daniele Delorme, Serge Reggiani, Bernard Blier, Bourvil) (histoire saga)@@@ (edit IPTC) (E)
Jean Valjean, un paysan condamné à cinq ans de travaux forcés pour avoir volé un pain, sort du bagne après dix-neuf années, de multiples évasions ayant prolongées sa peine initiale. So ...

@

@

MADRES PARALELAS, Pedro Almodóvar 2021, Penelope Cruz, Milena Smit (societe)@@@


Deux femmes, Janis et Ana, se rencontrent dans une chambre d'hôpital, sur le point d'accoucher. Elles sont toutes les deux célibataires et sont tombées enceintes par accident. Janis, d'âge mûr, n'a aucun regret et durant les heures qui précèdent l'accouchement, elle est folle de joie. Ana en revanche, est une adolescente effrayée, pleine de remords et traumatisée. Janis essaie de lui remonter le moral alors qu'elles marchent telles des somnambules dans le couloir de l'hôpital.

TELERAMA
Avec “Madres paralelas”, le roi Pedro joue une nouvelle fois avec nos émotions.
La géométrie simple suggérée par le titre cache bien des zigzags autour de ces deux « mères parallèles », l’une quadragénaire, l’autre à peine sortie de l’adolescence. Après leur rencontre dans une maternité de Madrid et leurs accouchements simultanés, elles éprouveront, en effet, toutes sortes de sentiments aigus l’une pour l’autre. Et une tragédie viendra briser, au milieu du film, la symétrie apparente de leurs trajectoires. Depuis longtemps, chez Pedro Almodóvar, la surface est trompeuse. L’image reste séduisante, la lumière, flatteuse, et les décors, accueillants, mais la mélancolie et le chaos couvent.

Malgré un travail de photographe pour papier glacé et un magnifique appartement, la vie de Janis (Penélope Cruz) baigne ainsi dans une indéfinissable tristesse, une inquiétude diffuse. La mère célibataire gère son quotidien (femme de ménage, nounou à domicile ) avec froideur. Elle s’est accommodée de la perspective d’élever seule son enfant, puisque le père, amant désiré, n’était pas libre. Et voici qu’elle se met à douter, comme cet homme, revu de loin en loin, que le bébé soit véritablement le sien. La belle Janis sourit peu, comme si la méfiance et l’intranquillité l’avaient submergée.

Enterrer les morts et réparer les vivants
C’est que l’Espagne dépeinte par le cinéaste n’en finit pas de panser les plaies causées par des décennies de franquisme, jusqu’au milieu des années 70. Pays non réconcilié, puisque l’ancien dictateur a toujours des fans, mais surtout meurtri. L’arrière-plan très présent de Madres paralelas et la hantise de Janis sont la fosse commune où furent jetés certains de ses aïeux par des phalangistes, près de son village. Depuis, une loi d’amnistie invitant les Espagnols à un « pacte de l’oubli » (en 1977) a rendu difficile ou impossible l’ouverture de telles fosses. Janis se bat pour faire déterrer les victimes et les rendre à leurs familles. Un juriste et anthropologue en position de l’aider est ainsi apparu dans sa vie — et devenu le père supposé de son enfant.

Le thème de la restitution, Almodóvar le développe aussi au premier plan, et au présent, à travers l’histoire d’un échange malencontreux des deux bébés à la maternité. Contre toute attente, le réalisateur issu de la Movida, et chantre, alors, des familles électives, biscornues, fondées sur les seules affinités, signe donc, aujourd’hui, un éloge des liens du sang : tout le film tend à ramener chacun(e), vivant ou mort, auprès de sa famille biologique, d’une manière ou d’une autre. Mais ce mouvement n’a rien d’un repli. Il tient davantage d’un nécessaire travail de mémoire, de connaissance de soi et des autres.

Milena Smit, une héritière de la Movida

L’articulation, passablement rocambolesque, entre les deux intrigues peut apparaître comme un point faible de Madres paralelas : l’échange de nourrissons évoquerait, en creux, les trafics de bébés organisés avec la complicité de l’État sous Franco. Or ce parallèle-là n’est jamais explicité par les personnages. Si le film n’a pas tout le temps l’éclat magique des deux précédents longs métrages d’Almodóvar (Julieta, Douleur et gloire), il reste un modèle d’intensité. Le destin en marche, le tragique des existences s’y expriment comme chez bien peu de cinéastes aujourd’hui, remarquablement incarnés par Penélope Cruz (prix d’interprétation féminine à la Mostra de Venise) et ses partenaires, moins connus (Milena Smit, la jeune mère, Israel Elejalde, l’anthropologue). Tous s’acheminent vers un tableau final inoubliable, aussi bouleversant que réparateur.
MADRES PARALELAS, Pedro Almodóvar 2021, Penelope Cruz, Milena Smit (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Deux femmes, Janis et Ana, se rencontrent dans une chambre d'hôpital, sur le point d'accoucher. Elles sont toutes les deux célibataires et sont tombées enceintes par accident. Janis, d'âge mûr, n'a aucun regr ...

@

MANCHESTER BY THE SEA, Kenneth Lonergan 2016, Casey Affleck, Michelle WilliamsKyle Chandler (thriller social)@@@


L'histoire des Chandler, une famille de classe ouvrière, du Massachusetts. Après le décès soudain de son frère Joe, Lee est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick. Il se retrouve confronté à un passé tragique qui l'a séparé de sa femme Randi et de la communauté où il est né et a grandi.

TELERAMA
Un homme, séparé de sa femme et qui a fui sa ville natale, vient de perdre son frère et doit devenir, malgré lui, le tuteur de son neveu âgé de 16 ans.

Pour les Américains de la côte Est, Manchester by the Sea est un port de pêche et une station balnéaire. Pour le héros trentenaire, Lee, c’est un champ de ruines. Homme à tout faire dans une entreprise de plomberie en banlieue de Boston, il a fui le monde de sa jeunesse. À la mort de son grand frère, il doit pourtant reprendre en urgence la route de son village natal, où il est désigné tuteur de son neveu adolescent. Un voyage dans le passé commence, sur les lieux de l’effroyable tragédie qui a détruit la vie de Lee et l’a lesté à jamais d’un sentiment de culpabilité.

Casey Affleck, acteur fascinant, donne au film une grande dignité : alors que tout, rencontres et réminiscences, devrait provoquer des torrents de larmes ou des cris de douleur chez le personnage, le comédien résiste, lointain, impassible. C’est une éthique de jeu, mais qui dessine aussi un héros endurci jusqu’à l’os, minéralisé par le chagrin, sans plaisirs ni désirs.

La galerie des endeuillés recèle une autre figure passionnante, l’ado désormais sans père, dont Lee est supposé devenir le tuteur. Il se montre cynique, revêche, occupé à une sexualité compulsive, avant une volte-face imprévisible, bascule du récit… Manchester by the Sea dépasse la chronique émouvante d’un retour au pays. Au-delà de son ancrage réaliste — communauté de marins prolétaires, lumière hivernale —, le drame se fait lyrique, devient peu à peu un conte, presque une chanson folk.
MANCHESTER BY THE SEA, Kenneth Lonergan 2016, Casey Affleck, Michelle WilliamsKyle Chandler (drame social)@@@ (edit IPTC) (E)
L'histoire des Chandler, une famille de classe ouvrière, du Massachusetts. Après le décès soudain de son frère Joe, Lee est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick. Il se retrouve confro ...

@

MARIE ANTOINETTE, Sofia Coppola 2006, Kirsten Dunst, Jason Schwartzman (histoire bio)@@@


Évocation de la vie de la reine d'origine autrichienne, épouse mal-aimée de Louis XVI. Au sortir de l'adolescence, une jeune fille découvre un monde hostile et codifié, un univers frivole où chacun observe et juge l'autre sans aménité. Mariée à un homme maladroit qui la délaisse, elle est rapidement lassée par les devoirs de représentation qu'on lui impose. Elle s'évade dans l'ivresse de la fête et les plaisirs des sens pour réinventer un monde à elle.

TELERAMA
Sous les froufrous de la cour, Sofia Coppola enregistre les battements d’un cœur juvénile, celui de la jeune Marie-Antoinette (Kirsten Dunst), reine de la frivolité, mais aussi femme-enfant perdue dans un monde insensé.

La démarche de Sofia Coppola apparaît vite et clairement. Scénario conforme, dans ses grandes lignes, à celui établi par les historiens (une épaisse biographie signée Antonia Fraser a servi de référence). Mais, pour le reste, quartier libre. Sofia Coppola ne fait pas semblant d’être française ni d’avoir vécu au XVIIIe siècle. Non seulement on parle anglais à Versailles, et comme des Californiens (ce ne sera pas la première ni la dernière fois), mais on y déambule, drague, danse et déprime sur des morceaux de punk-rock et de pop (de Bow Wow Wow à Phoenix en passant par The Cure et New Order). Tout est passé au filtre des références de la réalisatrice, de ses goûts et de ses couleurs – orgie de pâtisseries pastel et de tissus assortis. Sans oublier la paire de Converse abandonnée au milieu des chaussures d’époque.

Les films en costumes se partagent souvent entre l’impasse de la reconstitution mortifère et l’écueil des efforts trop voyants pour l’éviter. Marie-Antoinette, théoriquement exposé au second risque, inquiète un peu, au début. L’installation de la princesse à Versailles (à l’âge de 14 ans) paraît s’étirer plus que de raison, entre la monumentalité muséifiée du lieu et le volontarisme du dépoussiérage. Et puis « ça » arrive sans crier gare. Quoi ? Que l’agencement des plans, des scènes, l’insistance des anecdotes (Louis XVI incapable d’honorer son épouse) et l’écume des musiques produisent ensemble bien davantage que leur simple somme. Que tout un flux d’émotions imprévues advienne, au-delà de l’appareillage d’un sujet trop connu et de son traitement iconoclaste.
Cette plus-value mystérieuse qui se répand peu à peu comme un parfum au-dessus de la cour de France a de quoi raviver l’antédiluvienne politique des auteurs. Car il s’agit de la même essence délicate que dans Virgin Suicides et Lost in Translation. Vu le contexte, il est presque miraculeux que la cinéaste l’ait reconstituée. Superproduction, Marie-Antoinette est pourtant un nouveau voyage au centre d’une psyché juvénile. L’auscultation d’un indicible sentiment de désarroi et d’isolement malgré un continuum de fastes et de fêtes.

Que la jeune femme s’appelle Marie-Antoinette n’est jamais secondaire. Mais Sofia Coppola a trouvé naturellement les passerelles entre le Versailles Grand Siècle et l’Occident contemporain. Exemple : le déni d’intimité (le couple royal doit tout faire en public ou presque) ne saurait nous laisser indifférents. De même, le culte névrotique voué un temps par la reine (période fermière) à la nature, tocade de privilégiée qui n’engendre qu’une nouvelle bulle. Instrumentalisée par sa mère l’impératrice d’Autriche (Marianne Faithfull), Marie-Antoinette suit le parcours d’une jeune star d’aujourd’hui, princesse people ou gagnante d’une émission de télé-réalité, qui obtient tout sans avoir rien décidé. Folle de fringues, grisée de luxe et de champagne, abreuvée de témoignages d’amour, puis de haine.

Ivresse du gaspillage
Comme Ludwig de Visconti (sur Louis II de Bavière) ou Le Soleil de Sokourov (sur l’empereur japonais Hirohito), le film dit le drame des puissants au cuir trop tendre, que la géopolitique assomme ou effraie. Installés au pouvoir à 20 ans à peine, Louis XVI et Marie-Antoinette ne songent qu’à se retrancher dans leurs petits mondes respectifs. Leur immaturité et leur inconscience (merveilleusement rendues par Jason Schwartzman et Kirsten Dunst) donnent d’autant mieux le vertige que Sofia Coppola n’insiste jamais sur les signes avant-coureurs de la disgrâce. Toujours au plus près de son héroïne, elle la suit avec le sérieux qu’il convient, dans ses lubies, ses amours (avec un beau comte suédois, donc), sa mélancolie, sa frivolité. Ivresse du déballage, du gaspillage – de robes, de perruques, de décors.

Une vie passe à toute vitesse, de l’adolescence à la trentaine, à grignoter des macarons, à s’assommer de plaisirs ruineux ou à batifoler avec les enfants endimanchés dans les jardins du Petit Trianon. Une vie comme un brouillon de lycéenne, mais il n’y aura pas de version « au propre ». Sofia Coppola a choisi d’arrêter son récit au moment du départ de Versailles, bien lui en a pris. Marie-Antoinette se termine par l’image stupéfiante de deux enfants contraints de quitter à jamais leur terrain de jeux, mais qui, au lieu de fondre en larmes, manifestent une impressionnante dignité. Roi et reine, soudain. Et trop tard.

En 1770, la jeune princesse autrichienne Marie-Antoinette apprend que sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse, a conclu avec le roi de France un accord prévoyant l'union des deux familles régnantes. Immédiatement, à 14 ans, elle doit tout abandonner pour se rendre à Versailles. Une fois en France, elle rencontre le Dauphin, à qui elle est promise. Malgré le faste de leurs noces, les deux jeunes gens ne parviennent pas à consommer leur union. Peu exercée à manier l'hypocrisie de la cour, Marie-Antoinette constate que la noblesse de Versailles ne l'apprécie guère. Sa vie bascule à nouveau lorsque Louis XV meurt. Marie-Antoinette accède alors au trône de France aux côtés du placide Louis XVI. Mais les folles dépenses qu'elle engage à la cour la rendent vite impopulaire...
MARIE ANTOINETTE, Sofia Coppola 2006, Kirsten Dunst, Jason Schwartzman (histoire bio)(vo)@@@ (edit IPTC) (E)
Évocation de la vie de la reine d'origine autrichienne, épouse mal-aimée de Louis XVI. Au sortir de l'adolescence, une jeune fille découvre un monde hostile et codifié, un univers frivole où chacun ...

@

MOI TONYA, Craig Gillespie 2017, Margot Robbie (sport histoire)@@@


TELERAMA
Tiré d’un fait divers qui passionna le monde, le documentaire fictif, signé Craig Gillepsie, réhabilite Tonya Harding, championne de patinage artistique déchue.

Le 6 janvier 1994, la jeune patineuse artistique Nancy Kerrigan est attaquée à la ­matraque à l’issue de son entraînement. Très vite, les soupçons se portent sur l’autre star de l’équipe américaine, Tonya Harding, accusée d’avoir commandité l’agression pour empêcher sa rivale de participer aux jeux Olympiques.

Un réjouissant jeu de massacre
L’Australien Craig Gillespie a reconstitué ce fait divers sous la forme d’un faux documentaire. Chacun des protagonistes donne sa version de l’histoire, cherchant à se donner le beau rôle — ou le moins mauvais possible. Ce parti pris narratif est une manière habile de rappeler l’ultra-médiatisation de l’affaire Harding, qui passionna le monde entier. Il se révèle aussi un puissant moteur d’humour noir, notamment quand le montage, un rien roublard mais efficace, vient pointer les contradictions des uns et des autres.

Dans ce réjouissant jeu de massacre, seules sont épargnées l’entraîneuse très patiente interprétée par Julianne Nicholson. Et surtout Tonya Harding elle-même. Sans être complètement innocentée, la championne déchue, un temps la femme la plus haïe d’Amérique, est réhabilitée par le réalisateur et sa tête d’affiche, Margot Robbie, aussi bluffante patins aux pieds que sensible dans son jeu. Grâce à elle, la comé­die féroce de Moi, Tonya se ­révèle, aussi, un émouvant portrait de femme.
MOI TONYA, Craig Gillespie 2017, Margot Robbie (sport histoire)@@@ (edit IPTC) (E)
TELERAMA
Tiré d’un fait divers qui passionna le monde, le documentaire fictif, signé Craig Gillepsie, réhabilite Tonya Harding, championne de patinage artistique déchue.

Le 6 janvier 1994, la j ...

@

MUSTANG, Deniz Gamze Ergüven, Alice Winocour 2015 (femmes societe turquie)@@@


Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues.
La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger.
Les cinq sœurs, animées par un même désir de liberté, détournent les limites qui leur sont imposées.

TELERAMA
La Franco-Turque Deniz Gamze Ergüven signait là un premier film enthousiasmant, où déborde la sensualité de la fratrie fougueuse. Dès le préambule, une magnifique scène de bain, elle célèbre cette féminité explosive qui dérange tant. Dans cette Turquie-là, les nuits de noces virent au cauchemar. Des draps sans tache… et la jeune mariée se retrouve à l’hôpital pour vérification de son hymen…

Dès qu’une des sœurs quitte la maison, cette prison pour futures épouses, le club des cinq perd un membre. Le groupe fait place à des détresses individuelles, parfois insurmontables. Mais la beauté de cette fable solaire est d’exalter la force de ses petites amazones plutôt que d’en faire des victimes.
MUSTANG, Deniz Gamze Ergüven, Alice Winocour 2015 (femmes societe turquie)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues.
La maison familiale se tr ...

@

MY LADY, Richard Eyre 2017, Emma Thomson, Stanley Tucci, Fionn Whitehead (societe sante)@@@


Magistrate à la Haute Cour de Londres, Fiona est spécialiste en affaires familiales. Elle s’attache à faire primer « l’intérêt de l’enfant », comme le stipule le Children Act, voté au Royaume-Uni en 1989. À la veille d’un week-end, une requête urgente : un médecin demande à soigner de force un adolescent atteint de leucémie. Témoin de Jéhovah, Adam refuse toute transfusion sanguine. « L’intérêt » du jeune homme se trouve-t-il dans le respect de ses convictions religieuses ou dans la contrainte d’accepter le traitement médical qui pourrait lui sauver la vie ?

TELERAMA
Ian McEwan a lui-même adapté pour l’écran son court et magnifique roman sur la responsabilité individuelle. L’Intérêt de l’enfant, devenu My Lady — quel titre curieux… —, est le portrait poignant d’une femme confrontée, à l’aube de la soixantaine, à l’une des décisions les plus douloureuses de sa vie professionnelle, alors même que son mariage part en lambeaux. La finesse psychologique du romancier est illustrée sans fioritures par la sobre mise en scène de Richard Eyre, au prix, parfois, d’un certain statisme…

Ce sont les comédiens qui donnent au film son intensité. Face au troublant Fionn Whitehead (le jeune soldat de Dunkerque, remarquable), Emma Thompson livre une des performances les plus riches de sa carrière. Dans son jeu d’une précision millimétrée, la perfection technique, le contrôle du moindre geste, du moindre souffle ne brident jamais l’émotion ; ils la subliment.
MY LADY, Richard Eyre 2017, Emma Thomson, Stanley Tucci, Fionn Whitehead (societe sante)@@@ (edit IPTC) (E)
Magistrate à la Haute Cour de Londres, Fiona est spécialiste en affaires familiales. Elle s’attache à faire primer « l’intérêt de l’enfant », comme le stipule le Children Act, ...

@

NE UN 4 JUILLET, Oliver Stone 1989, Tom Cruise, Oliver Stone (guerre)@@@


L'adolescent de la banlieue new-yorkaise Ron Kovic s'enrôle dans les Marines. Au cours de sa deuxième tournée au Vietnam, il tue accidentellement un camarade et devient plus tard paralysé au combat.

TELERAMA
Un brave patriote part faire la guerre au Vietnam. Il en revient brisé, écœuré et handicapé… Saisissante déconstruction du rêve américain, tirée d’une autobiographie et portée par l’étonnante composition de Tom Cruise.

Ron Kovic est vraiment né un 4 juillet (en 1946), le jour de la fête nationale aux États-Unis. Jeune homme athlétique, il veut passionnément défendre son pays contre la menace communiste et il est persuadé que la virilité, c’est la force physique, la violence, la victoire, et l’admiration des femmes. La guerre est donc un accomplissement mais au Vietnam, tout est réduit en miettes : son système de valeurs, confronté à une réalité moins héroïque, son propre corps, mutilé, et le regard de son pays, indifférent au sort des combattants. Ce n’est pas fini. Le jeune prince chutera encore, avant de mener un autre combat.

Ce sont des rites de passage que filme Oliver Stone, lui aussi vétéran du Vietnam, et auparavant patriote viriliste. Le cinéaste passe d’une imagerie à la Norman Rockwell aux sept cercles de l’enfer, dont le traitement sordide des blessés dans les hôpitaux militaires. Tout en n’ayant jamais paru aussi sensible, il orchestre cette déconstruction du rêve américain de façon parfois un peu bancale. Cependant, il a trouvé en Tom Cruise un frère de Ron Kovic. Comme lui, le jeune Cruise a ce côté boy-scout, sa détermination à réussir est effrayante et son agitation, perpétuelle. Ce rôle lui demande aussi une vulnérabilité, qu’on ne reverra pas de sitôt dans sa filmographie. Il est ce héros qui, en apprenant à perdre, gagne en humanité, et en protestant finalement contre la guerre, retrouve un sens à sa vie.

SYNOPSIS
Né le 4 juillet 1946, jour de la fête nationale aux Etats-Unis, Ron Kovic drape volontiers ses rêves de jeune homme idéaliste dans les plis du drapeau étoilé. Enthousiaste, il s'engage dans les Marines et part servir son pays et la cause de la liberté au Viêtnam. Il ne tarde pas à découvrir que la réalité ne s'habille pas du même drapeau que ses rêves naïfs : la guerre est atroce, la cause injuste et l'ennemi invisible. Grièvement blessé à la colonne vertébrale, devenu hémiplégique, il est soigné dans un hôpital sordide du Bronx. Autour de lui, d'autres soldats de son âge, infirmes, que l'opinion américaine considère non comme des héros, mais comme de véritables parias, tortionnaires et assassins de femmes et d'enfants...
NE UN 4 JUILLET, Oliver Stone 1989, Tom Cruise, Oliver Stone (guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
L'adolescent de la banlieue new-yorkaise Ron Kovic s'enrôle dans les Marines. Au cours de sa deuxième tournée au Vietnam, il tue accidentellement un camarade et devient plus tard paralysé au combat.

TELER ...

@

NOUS NOUS SOMMES TANT AIMES, Ettore Scola 1974, Vittorio Gassman, Nino Manfredi, Federico Fellini, Stefania Sandrelli, Marcello Mastroianni (sentimental)@@@


Trois amis, qui se sont connus dans le maquis, se retrouvent régulièrement après la guerre et tombent amoureux de la même femme. Ils évoluent avec plus ou moins d'aisance dans l'Italie moderne.

TELERAMA
De l’après-guerre aux années 1970, trois amis unis par la Résistance, par l’amour d’une même femme, ballottés, malmenés par les vicissitudes du temps, de la politique, de la vie. Ils vieillissent sous nos yeux, attachants, abîmés et magnifiques.

Chaque fois, ce film foisonnant, qui embrasse avec ses héros tout un pan d’histoire de l’Italie, nous offre d’émouvantes retrouvailles. Scola propose un rendez-vous avec la mémoire : la sienne, celle de sa génération ; mais aussi la nôtre, face à l’éternel retour d’un trio de comédiens inégalables, Vittorio Gassman, Stefano Satta Flores, Nino Manfredi. En eux, Scola puise le meilleur, travaillant la forme de son récit pour mieux creuser le temps. Combats perdus, idéaux brouillés : le constat d’une vie — trois vies — est amer, et pourtant constamment nimbé de dérision, de tendresse pour ses personnages.

On y croise aussi De Sica, Fellini ou Mastroianni dans leurs propres rôles. Nous nous sommes tant aimés est aussi une déclaration d’amour vibrante au cinéma italien, alors déclinant et désorienté, comme les héros de ce mélancolique chef-d’œuvre.
NOUS NOUS SOMMES TANT AIMES, Ettore Scola 1974, Vittorio Gassman, Nino Manfredi, Federico Fellini, Stefania Sandrelli, Marcello Mastroianni (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Trois amis, qui se sont connus dans le maquis, se retrouvent régulièrement après la guerre et tombent amoureux de la même femme. Ils évoluent avec plus ou moins d'aisance dans l'Italie moderne.

TEL ...

@

NOUVEAU DEPART, Philippe Lefebvre 2023, Franck Dubosc, Karin Viard (comique sentimental)@@@


Cela fait trois décennies qu'Alain a épousé Diane et il ressent toujours le même amour pour elle, comme au premier jour. Il ne peut pas dire la même chose de son épouse qui traverse une crise existentielle. Face à cette situation, il décide de prendre le taureau par les cornes en mettant en place un plan audacieux. En effet, son idée est de quitter sa femme afin de donner un second souffle à son couple. Son objectif est simple puisqu'il espère ainsi restaurer la flamme dans leur relation et donner à sa femme l'envie de se battre pour leur amour. Mais ce plan est à double tranchant puisque Diane peut prendre cette décision comme un adieu...

TELERAMA
Une très bonne surprise que cette comédie conjugale, où Franck Dubosc (épatant de sobriété) et Karin Viard (pimpante) s’accordent à merveille.ette comédie du remariage, librement inspirée de Retour de flamme, de Juan Vera, avec Ricardo Darín (2018) : Franck Dubosc et Karin Viard s’accordent à merveille en époux depuis trente ans qui se retrouvent les bras ballants après que leur dernier enfant a quitté le foyer familial. Ils se séparent par crainte de la tiédeur, mais l’herbe est-elle plus verte, plus étincelante, ailleurs ? Quelques séquences sont hilarantes, quand le réalisateur ose les mener au bout du burlesque de situation, comme celle où Karin Viard, expérimentatrice tardive des sites de rencontres, se retrouve presque nue, et menottée, obligée d’appeler son ex à la rescousse. Face à cette grande comédienne pimpante et sans gêne, mais aussi à Clotilde Courau, formidable quand elle compare les hommes à des voitures, Dubosc épate par sa sobriété et un humour millimétré. Un nouveau départ pour l’acteur ?
NOUVEAU DEPART, Philippe Lefebvre 2023, Franck Dubosc, Karin Viard (comique sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Cela fait trois décennies qu'Alain a épousé Diane et il ressent toujours le même amour pour elle, comme au premier jour. Il ne peut pas dire la même chose de son épouse qui traverse une crise existent ...

@

PARASITE, Bong Joon Ho 2019, Song Kang-Ho, Woo-sik Choi (hriller)(palme d or)@@@


Les quatre membres de la famille Ki-taek sont proches, mais sont au chômage et ont un avenir sombre. Le fils, Ki-woo, est recommandé par son ami pour un emploi de tuteur bien rémunéré, faisant naître l'espoir d'un revenu régulier. Portant les attentes de toute sa famille, il passe une entrevue. En arrivant chez M.

TELERAMA
La famille Kim vivote dans un sous-sol humide. Le fils va assurer des cours particuliers d’anglais à la jeune fille d’une famille richissime, dans leur villa magnifique…

On ne dira rien de la suite, sinon que ce septième film de Bong Joon-ho (Memories of Murder, Snowpiercer…) regorge de surprises et de retournements de situation. La Palme d’or 2019 (et Oscar du meilleur film) offre un cocktail détonant de satire grinçante et de thriller sociopolitique. On peut aussi parler de farce, de film de terreur, d’allégorie sur l’atomisation violente de la société. Ce mélange des genres, Bong Joon-ho l’orchestre brillamment, avec la volonté viscérale de divertir et de faire réfléchir en même temps. On emploie « viscérale » à dessein, Parasite déployant une symbolique forte autour du tréfonds des êtres, de ce qui est enfoui, honteux.

D’abord rigolard, le film est gagné par la hargne vengeresse et la cupidité dévorante. Reflet du monde néolibéral, sans foi ni loi, le système est si pernicieux que tout se brouille. Bong Joon-ho décrit avec virtuosité tout un ensemble d’interactions sociales, à travers des métaphores mêlant l’organique et le psychique.

De scène de cache-cache vaudevillesque en barbecue virant à la bataille sanglante, de course-poursuite en méga-inondation, Parasite captive, déroute et ne manque pas, finalement, d’émouvoir.
PARASITE, Bong Joon Ho 2019, Song Kang-Ho, Woo-sik Choi (hriller)(palme d or)@@@ (edit IPTC) (E)
Les quatre membres de la famille Ki-taek sont proches, mais sont au chômage et ont un avenir sombre. Le fils, Ki-woo, est recommandé par son ami pour un emploi de tuteur bien rémunéré, faisant naître ...

@

PARTIR, Catherine Corsini 2009, Kristin Scott thomas, Yvan Attal, Sergi Lopez (drame sentimental)@@@


Suzanne a la quarantaine. Femme de médecin et mère de famille, elle habite dans le sud de la France, mais l'oisiveté bourgeoise de cette vie lui pèse. Elle décide de reprendre son travail de kinésithérapeute. A l'occasion des travaux, elle fait la rencontre d'Ivan, un ouvrier en charge du chantier qui a toujours vécu de petits boulots et qui a fait de la prison. Leur attraction mutuelle est immédiate et violente et Suzanne décide de tout quitter pour vivre cette passion dévorante.

TELERAMA
Une bourgeoise s’éprend d’un ouvrier… Loin des conventions et des clichés, une tragédie au lyrisme sobre porté par un beau trio d’acteurs, avec une Kristin Scott Thomas superbe.

Le mari, la femme, l'amant... Et une passion soudaine, irrésistible, bousculant la quiétude ensoleillée de Nîmes. Presque un roman de Françoise Sagan, en théorie. Ou un film de François Truffaut sur l'enfer amoureux. Mais ici, ce n'est pas le sentiment qui domine, si intense soit-il, mais l'argent. Suzanne et Ivan, ce couple improbable (« la bourgeoise et le prolo », ricane le mari), ont beau s'aimer — la réalisatrice filme crûment leurs étreintes —, ils se heurtent moins au qu'en-dira-t-on qu'au fric tout-puissant. C'est si facile, quand on est un notable respecté, de passer quelques coups de fil pour priver d'argent l'épouse infidèle, et de travail le rival détesté...

Catherine Corsini croit au poids des classes sociales sur les êtres. Suzanne mise son avenir, sa vie auprès de cet ouvrier. Et c'est précisément cette « faute » (elle le quitte pour un « inférieur ») que ne peut excuser son mari... Kristin Scott Thomas a toujours eu l'art de suggérer le trouble d'un personnage. Ici, elle change de visage — parfois extrêmement belle, parfois presque moche — en fonction des sentiments qui l'assaillent. Avec elle, pour elle, Catherine Corsini a réussi un film au lyrisme sobre. Une tragédie miniature, construite en courtes scènes, qui, entre deux retours au noir — des entractes —, semblent filer droit vers l'inéluctable.
PARTIR, Catherine Corsini 2009, Kristin Scott thomas, Yvan Attal, Sergi Lopez (drame sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Suzanne a la quarantaine. Femme de médecin et mère de famille, elle habite dans le sud de la France, mais l'oisiveté bourgeoise de cette vie lui pèse. Elle décide de reprendre son travail de kinésit ...

@

PETER S FRIENDS, Kenneth Branagh 1992, Stephen Fry, Emma Thompson, Imelda Staunton (societe)@@


La dernière fois que Peter a réuni ses amis de l'université, c'était pour fêter la Saint Sylvestre de 1982. Environ 10 ans plus tard, il est trentenaire et hérite de la demeure familiale que son père lui a légué. À cette occasion, il décide d'inviter à nouveau ses amis. Cependant au cours de la dernière décennie, leurs chemins se sont séparés.

TELERAMA
Dix ans après, retrouvailles drôles, émouvantes, amères d’une bande de potes. Des répliques étincelantes, des acteurs virtuoses et une BO superbe.

Les Copains d’abord, de Lawrence Kasdan, avait montré la voie. Kenneth Branagh s’y engouffre avec l’intelligence de ne pas se prendre trop au sérieux et de relativiser les états d’âme de ses personnages. Les ravages du temps ont remis de l’ordre dans les rêves de gloire. Mais qui sait si la petite croix personnelle que porte chacun n’est pas minuscule à côté de celle du voisin ? C’est le sens de la pirouette finale (et grave), mais aussi des fausses pistes semées tout au long du film, qui font que le ton varie sans cesse, souvent très drôle — surtout grâce à Emma Thompson —, parfois plus sérieux.

Les dialogues, tout comme la brochette de comédiens britanniques, sont étincelants. Comme souvent chez Branagh, la fougue compense une mise en scène parfois approximative (l’utilisation de la musique laisse rêveur…). La façon dont le cinéaste épingle son propre rêve hollywoodien, à travers le personnage qu’il interprète, est très savoureuse.

SYNOPSIS
30 décembre 1992. Pour le réveillon, Peter invite, dans le manoir que son père lui a légué, ses amis d'il y a dix ans, perdus de vue depuis une précédente Saint-Sylvestre qui s'était transformée en fiasco. Ils sont tous là : Roger, dont la femme Mary ne cesse de se tourmenter pour son bébé ; Sarah, venue en compagnie de son amant, le très vulgaire Brian ; Andrew, sevré d'alcool depuis qu'il vit avec Carol, une actrice américaine tout en nerfs ; Maggie, qui aime toujours Peter et n'a trouvé de consolation qu'auprès de son chat. Les retrouvailles, parfois tendues, parfois tendres, vont permettre à chacun de faire le point. C'est ainsi que, dès le premier repas, se dévoile la tension entre Carol et Andrew, tandis que Roger et Mary apprennent à leurs amis qu'ils ont perdu leur premier enfant...
PETER S FRIENDS, Kenneth Branagh 1992, Stephen Fry, Emma Thompson, Imelda Staunton (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
La dernière fois que Peter a réuni ses amis de l'université, c'était pour fêter la Saint Sylvestre de 1982. Environ 10 ans plus tard, il est trentenaire et hérite de la demeure familiale que son p&eg ...

@

QUAND PASSENT LES CIGOGNES, Mikhael Kalatozov, Tatiana Samoilova (sentimental guerre)@@@


Moscou, en 1941, deux petits fiancés, Veronika et Boris, s’aiment d’amour tendre. L’invasion allemande fait voler leur rêve en éclats. Boris s’engage, ils se disputent, elle arrive trop tard pour lui dire au revoir. Désespoir, bombardements. Mark, un cousin pianiste de Boris, jouisseur et « planqué », profite de la confusion pour épouser la belle éplorée.

Au Festival de Cannes 1958, le jury et la critique découvraient avec ravissement que l’Homo sovieticus cachait sous son rideau de fer un cœur en plein dégel. Cette année-là, les cigognes emportèrent tout sur leur passage : la Palme d’or, une mention spéciale pour la jeune et touchante interprète, Tatiana Samoïalova, le prix de la commission supérieure technique. Aujourd’hui quinquagénaire, le film a pris des rides. Le spectateur de l’ère post-post-perestroïka s’émerveillera moins devant les audaces politiques, pourtant réelles — pas un poil de moustache stalinienne à l’écran, pas de discours destiné à l’édification des masses. Vus d’ici et maintenant, les personnages semblent bien naïfs, et la caméra qui virevolte autour d’eux, bien emphatique. Mais peu à peu, on se laisse ébouriffer par un joli souffle d’espoir et de vie, par la fraîcheur de ce mélo d’amour et de guerre qui raconte une modeste et universelle aventure humaine : l’éveil de Veronika à la souffrance, aux compromis de l’âge adulte. Qui a dit que les rides n’ont pas de charme ?
QUAND PASSENT LES CIGOGNES, Mikhael Kalatozov (sentimental guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Moscou, en 1941, deux petits fiancés, Veronika et Boris, s’aiment d’amour tendre. L’invasion allemande fait voler leur rêve en éclats. Boris s’engage, ils se disputent, elle arrive trop tard pour ...

@

READY PLAYER ONE, Steven Spielberg 2018, Tye Sheridan, Olivia Cooke, Mark Rylance (science fiction)@@@


En 2045, la planète frôle le chaos et s'effondre, mais les gens trouvent du réconfort dans l'OASIS, un monde virtuel créé par James Halliday. Lorsque Halliday meurt, il promet son immense fortune à la première personne qui découvre un oeuf de Pâques numérique caché dans l'OASIS.

TELERAMA
Il y a deux Steven Spielberg. Le premier est un héritier du classicisme hollywoodien avec sa maîtrise du récit, ses scénarios aux valeurs humanistes, ses mises en scène élégantes et efficaces com­me dans le récent Pentagon Papers, ­vibrant hommage à la liberté de la presse. Le second est l’artisan d’un cinéma pop-corn et high-tech, destiné à séduire les enfants que nous sommes tous restés. Mission accomplie, haut la main, avec l’euphorisant Ready Player One, qui prouve que « papy Spielby », à 71 ans, a encore de sérieuses leçons de créati­vité et de modernité à donner aux jeunes générations.

Bienvenue en 2045, à Columbus, Ohio (Etat natal du réalisateur). Pour ne plus penser à leur vie sinistre, la plupart des hommes et femmes du futur passent le plus clair de leur temps avec un masque de réalité virtuelle sur les yeux, seul moyen de pénétrer dans l’Oasis, un jeu vidéo en ligne très addictif. Son fondateur, l’excentrique James Hal­liday, mort quelques années plus tôt, a décidé de léguer sa fortune au gamer qui découvrira « l’œuf de Pâques » dissimulé au cœur du jeu. Wade, un adolescent idéaliste, part à la chasse au trésor, tout comme les salariés de l’IOI, une multinationale du multimédia qui rêve de prendre le contrôle de l’Oasis et, au-delà, du « vrai » monde…

Le film enchaîne avec fluidité les ­allers-retours entre la réalité, très som­bre, de demain et les univers virtuels, tantôt merveilleux, tantôt apocalyptiques, de l’Oasis. Entre les acteurs et leurs avatars numériques. « Les seules ­limites de l’Oasis sont celles de votre imagination », disait son créateur. Spielberg et ses décorateurs ne s’en sont ­posé aucune pour créer des décors, des courses-poursuites, des combats toujours plus fous, toujours plus spectaculaires. Avec un petit supplément d’âme : l’un des charmes du film est d’allier la science-fiction à l’évocation tous azimuts, et délicieusement nostalgique, de la pop culture.

Des tubes de Van ­Halen (Jump) ou de Tears for Fears aux costumes bizarres des Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension en passant par les premiers jeux ­vidéo Atari, Ready Player One est une madeleine de Proust géante – et particulièrement savoureuse – pour qui fut adolescent dans les années 80. La plupart de ses (innombrables) références ne durent que quelques secondes, le temps d’une image ou d’une réplique, mais d’autres constituent de véritables enjeux du scénario. Pour résoudre une des énigmes du jeu, Wade et ses amis doivent ainsi plonger dans l’univers de Shining. Grand moment de vertige ciné­philique, lorsque les décors et les personnages du chef-d’œuvre de Stanley Kubrick sont, à leur tour, transformés en avatars numériques…

Si futuriste soit-il, ce divertissement n’est pas complètement déconnecté du monde d’aujourd’hui. La sinistre compagnie IOI est l’équivalent des Google et Facebook actuels : un fleuron du ­capitalisme ultralibéral qui, derrière la ­façade d’entreprise « cool », rêve d’un monopole absolu, quasi totalitaire, sur son marché. Le blockbuster cache ­aussi une émotion inattendue avec le personnage de Halliday, le créateur de l’Oasis, mi-Steve Jobs (pour ses inventions visionnaires), mi-Willy Wonka (le démiurge excentrique de Charlie et la chocolaterie ). Un ex-ado solitaire, mal dans sa peau, qui trouve refuge dans l’imaginaire des jeux vidéo et des films et devient l’une des personnalités les plus admirées, mais aussi les plus riches de l’industrie du divertissement. On aimerait y voir un autoportrait de Steven Spielberg lui-même. Surtout quand cet éternel enfant, arrivé au soir de sa vie, milite pour un retour au pur plaisir du jeu et du partage…
READY PLAYER ONE, Steven Spielberg 2018, Tye Sheridan, Olivia Cooke, Mark Rylance (science fiction)@@@ (edit IPTC) (E)
En 2045, la planète frôle le chaos et s'effondre, mais les gens trouvent du réconfort dans l'OASIS, un monde virtuel créé par James Halliday. Lorsque Halliday meurt, il promet son immense fortune à l ...

@

SANS FILTRE, Ruben Ostlund 2022, Harris Dickinson, Charlbi Dean et Woody Harrelson (drame societe)@@@


Après la Fashion Week, Carl et Yaya, couple de mannequins et influenceurs, sont invités sur un yacht pour une croisière de luxe. Tandis que l'équipage est aux petits soins avec les vacanciers, le capitaine refuse de sortir de sa cabine alors que le fameux dîner de gala approche. Les événements prennent une tournure inattendue et les rapports de force s'inversent lorsqu'une tempête se lève et met en danger le confort des passagers.

TELERAMA
Le Suédois Ruben Östlund a remporté une seconde Palme d’or avec cette comédie provocante sur les ultrariches diffusée. À “Télérama”, les avis sont partagés.

POUR
Une deuxième Palme d’or, c’est la juste mesure pour saluer l’appétit de cinéma pantagruélique de Ruben Östlund. Un Suédois qui a hérité de Woody Allen comme de Michael Haneke. Plein d’humour dans son observation des mœurs modernes, sa mise en scène tout en maîtrise et rigueur en fait parallèlement un analyste sévère de nos comportements. Mais son refus de l’intellectualisme l’amène aussi à utiliser le langage des images spectaculaires à l’américaine, comme celle de l’avalanche qui annonçait la déconfiture de la figure paternelle dans Snow Therapy (2014). L’originalité de cette démarche faisait la richesse de The Square (2017), son premier couronnement cannois, qui manquait cependant de cohésion. Cette fois, le cinévore a vraiment trouvé la formule. Et on a envie d’applaudir.

Sans filtre est un film d’une étonnante envergure. Il raconte le monde d’aujourd’hui en faisant le portrait d’un couple, son inspiration est épique sans jamais quitter tout à fait l’intimisme. Carl et Yaya, mannequins et influenceurs, dînent dans un restaurant chic et cher. Elle devait, pour une fois, l’inviter et c’est lui qui se retrouve, comme toujours, à devoir payer la note. S’il s’en offusque, c’est parce que le jeune homme a l’espoir d’avoir des relations égalitaires avec sa compagne. L’argent ne change-t-il pas leurs rapports ? L’argent ne les assigne-t-il pas à des places rigides ?

Avec ces questionnements pour bagage, le réalisateur entraîne ses influenceurs sur un yacht, où ils vont participer à une croisière de grand luxe qui ne leur a rien coûté, au milieu d’oligarques russes et autres nantis aux moyens sans limite. Dans un microcosme régi par la satisfaction du client à tout prix, l’argent définit tout, les relations et la place de chacun. Croyant échapper à cette distribution des rôles, une riche plaisancière ordonne que le personnel puisse se baigner, ne faisant que confirmer sa toute-puissance. Il faudra une grosse tempête et une beuverie d’anthologie pour faire bouger les lignes. Sur une île déserte où un paquet de bretzels devient un trésor, les naufragés comprendront comment l’absence d’argent change la donne…

Très réfléchie et très joueuse de bout en bout, la fable a de formidables effets de révélateur. Carl avait peur que sa relation avec Yaya manque de liberté ? Il ne découvrira qu’asservissement partout, rapports de pouvoir, de classes. Le réalisateur fait revenir ses personnages au temps des cavernes pour mieux nous montrer qu’ils ne sont jamais sortis de l’âge de pierre. Même le langage leur manque, remplacé par des slogans, des noms de marque, des citations politiques que s’envoient à la figure le capitaine du yacht, marxiste à la dérive, et son compagnon de cuite, homme d’affaires répétant sans fin « Je vends de la merde ». Seule une femme victime d’un AVC et ne pouvant dire que « Dans les nuages » nous rappelle le mystère perdu des mots.

Le tour de force de Ruben Östlund est d’avoir su rendre attachants tous les personnages de Sans filtre, défendus, il est vrai, par des comédiens idéalement choisis, jouant la folie anar (Woody Harrelson, le capitaine), l’innocence (Harris Dickinson, Carl), la fragilité et la mélancolie (Charlbi Dean, Yaya, tristement disparue en août dernier). Une tendresse traverse ce panorama cinglant sur une société où chacun est condamné à sa prison, qu’elle soit une cabine de luxe ou une place dans les soutes du yacht. Pessimiste, Ruben Östlund ose aussi s’amuser avec un humour potache du chaos général. Sur son Titanic, les gags scatologiques sont permis. On rit sacrément et cela aide à méditer sur la situation. La liberté que ses personnages cherchent, le Suédois se la donne en tant que cinéaste. Et nous en fait cadeau. – F.S.

CONTRE
Il faut reconnaître à Ruben Östlund au moins un talent : celui d’annihiler l’esprit critique des jurés du festival de Cannes. La première Palme d’or attribuée au réalisateur suédois pour le médiocre The Square, en 2017, était une mauvaise plaisanterie. Sa deuxième, reçue au printemps dernier en récompense de l’épouvantable Sans filtre (ce qui fait du réalisateur suédois « l’égal » de Francis Ford Coppola, Ken Loach ou des Dardenne, excusez du peu !), a tout de la farce sinistre.

Östlünd voudrait créer le malaise en étirant toutes ses scènes au-delà du supportable. Sa misanthropie crasse, sa détestation narquoise de tous ses personnages ne suscitent que l’ennui. Et ses provocations se révèlent, plus que jamais, des pétards mouillés. Les scènes de vomi ad nauseam, les Monty Python les avait déjà inventées, en plus drôle et plus troublant à la fois, dans Le Sens de la vie, quarante ans plus tôt. Et quand ce pseudo-rebelle se pique de marxisme, sa vision de la lutte des classes est plus cynique que révolutionnaire. Dans la dernière (et interminable) partie de Sans filtre, les ultrariches rescapés d’un naufrage se retrouvent à la merci d’une femme de ménage philippine qui, quelques heures plus tôt, nettoyait leurs toilettes à bord du yacht. Message reçu cinq sur cinq : tout exploité est un exploiteur en puissance. À quoi bon, donc, renverser l’ordre établi si la dictature du prolétariat est aussi nocive que celle des nantis ? Ruben Östlund n’y aurait, d’ailleurs, aucun intérêt : il profite trop bien du système qu’il prétend dénoncer. – S.D.
SANS FILTRE, Ruben Ostlund 2022, Harris Dickinson, Charlbi Dean et Woody Harrelson (drame societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Après la Fashion Week, Carl et Yaya, couple de mannequins et influenceurs, sont invités sur un yacht pour une croisière de luxe. Tandis que l'équipage est aux petits soins avec les vacanciers, le capitaine refuse ...

@

SECRETS ET MENSONGES, Mike Leigh 1996, Timothy Spall, Brenda Blethyn


Après la mort de sa mère adoptive, une jeune femme noire se met à la recherche de sa mère biologique.
SECRETS ET MENSONGES, Mike Leigh 1996, Timothy Spall, Brenda Blethyn@@@ (edit IPTC) (E)
Après la mort de sa mère adoptive, une jeune femme noire se met à la recherche de sa mère biologique. ...

@

STILL ALICE, Wash Westmoreland et Richard Glatzer 2014, Alec Baldwin, Julianne Moore (societe sante)@@@


Alice Howland, professeure de linguistique à l'université de Columbia, fête son cinquantième anniversaire avec son mari médecin John et leurs trois enfants adultes. Après qu'elle a oublié un mot pendant une conférence et qu'elle se perd pendant un jogging sur le campus, le docteur d'Alice la diagnostique avec un début de maladie d'Alzheimer congénital. La fille aînée d'Alice, Anna, et son fils, Tom se font dépister. La fille cadette d'Alice, Lydia, actrice débutante, décide de ne pas savoir.Alice Howland, professeure de linguistique à l'université de Columbia, fête son cinquantième anniversaire avec son mari médecin John et leurs trois enfants adultes. Après qu'elle a oublié un mot pendant une conférence et qu'elle se perd pendant un jogging sur le campus, le docteur d'Alice la diagnostique avec un début de maladie d'Alzheimer congénital. La fille aînée d'Alice, Anna, et son fils, Tom se font dépister. La fille cadette d'Alice, Lydia, actrice débutante, décide de ne pas savoir.

TELERAMA
Alice Howland est une professeure de linguistique renommé. Mais lorsqu’on lui diagnostique un Alzheimer précoce, les liens avec sa famille sont mis à rude épreuve. Julianne Moore obtiendra l’Oscar pour ce rôle émouvant.

Bien éclairée et toujours captivante, Julianne Moore rend au centuple aux réalisateurs de ce mélodrame l’attention admirative qu’ils lui portent, du premier au dernier plan. Loin des odieuses égocentriques qu’elle sait si bien jouer (comme la diva de Maps to the stars, de David Cronenberg), la voici en suppliciée d’un alzheimer précoce et galopant. Le film chronique au pas de charge toutes les étapes de la déchéance, des premiers trous de mémoire à la grande désorientation terminale.

C’est une performance à oscar — que l’actrice a obtenu — mais en mieux : le jeu de Julianne Moore est souvent stylisé, euphémique, blanc comme on le dit d’une voix. Pour le reste, le film, essentiellement compassionnel, réserve peu de surprises. Sur les ravages d’une maladie incurable au sein d’une famille (Alec Baldwin, le mari occupé, Kristen Stewart, la fille rebelle), Still Alice se garde des terribles vérités égrenées par un Michael Haneke dans Amour. Une piste retient toutefois l’attention : il n’y a qu’une seule place auprès de la malade lors la dernière ligne droite. Et pas forcément pour qui l’on croyait.
STILL ALICE, Wash Westmoreland et Richard Glatzer 2014, Alec Baldwin, Julianne Moore (societe sante)@@@ (edit IPTC) (E)
Alice Howland, professeure de linguistique à l'université de Columbia, fête son cinquantième anniversaire avec son mari médecin John et leurs trois enfants adultes. Après qu'elle a oublié un m ...

@

THE FATHER, Florian Zeller, 2020, Antony Hopkins, Olivia Colman


Anthony, 80 ans, refuse catégoriquement l'aide de sa fille Anne lorsqu'il commence à être atteint de démence. Alors qu'il s'efforce de comprendre sa situation changeante depuis son appartement londonien, il commence à douter des intentions de ses proches, de son esprit et, perd pied avec la réalité. Surviennent alors de nombreux bouleversements, entre le déménagement d'Anne pour Paris et l'arrivée de Laura, une jeune-aide soignante à domicile.
THE FATHER, Florian Zeller, 2020, Antony Hopkins, Olivia Colman@@@@ (edit IPTC) (E)
Anthony, 80 ans, refuse catégoriquement l'aide de sa fille Anne lorsqu'il commence à être atteint de démence. Alors qu'il s'efforce de comprendre sa situation changeante depuis son appartement londonien, il commen ...

@

THE LUNCHBOX, Ritesh Batra 2013 (sentimental)@@


Veuf asocial, Saajan, chef comptable depuis trente-cinq ans dans la même entreprise, est sur le point de prendre sa retraite. Un jour, on lui livre par erreur une lunchbox contenant les bons petits plats qu'elle a préparés pour son mari, un homme qui la délaisse et fait peu cas de ses efforts pour attirer son attention et le séduire. La jeune femme comprend vite que le porteur de gamelles, pourtant réputé infaillible, a commis une erreur.

TELERAMA
Chaque matin, Ila prépare pour son mari Rajeev un succulent repas, rangé dans une boîte hermétique, qui lui sera acheminé par un formidable réseau de livraison qui dessert les entreprises de Mumbai. Un jour, une erreur de livraison est commise. Et, tandis qu'Ila attend de Rajeev, indifférent et distrait, des compliments qui ne viennent pas, c'est Saajan Fernandes, un comptable veuf, misanthrope, à un mois de la retraite, qui reçoit le panier repas. Les deux inconnus commencent par échanger des billets. Peu à peu, ils se confient l'un à l'autre. L'aigri Saajan, métamorphosé, va jusqu'à aider un jeune collègue débutant, qu'il ne supportait pas au départ...
THE LUNCHBOX, Ritesh Batra 2013 (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Veuf asocial, Saajan, chef comptable depuis trente-cinq ans dans la même entreprise, est sur le point de prendre sa retraite. Un jour, on lui livre par erreur une lunchbox contenant les bons petits plats qu'elle a préparé ...

@

THE UNBEARABLE LIGHTNESS OF BEING, Daniel Day-Lewis 1988, Juliette Binoche, Lena Olin


Prague, 1968. Tomas, brillant neurochirurgien, collectionne les conquêtes. Il couche régulièrement avec Sabina, une artiste avec laquelle il s'entend bien sexuellement et intellectuellement. De passage en province, il remarque Tereza, une jeune femme fougueuse et presque ingénue, qui tombe sous son charme. Un beau jour, elle débarque à Prague et s'installe chez lui. Les deux tourtereaux se marient. Tomas n'en cesse pas moins de la tromper, ce que la jeune femme supporte mal.

TELERAMA
L'adaptation du succès de librairie de Milan Kundera n'est pas une fresque historique. L'Histoire entre par la force au coeur des vies privées, fleurit avec le printemps de Prague, déboule avec les chars. Les vagabondages sexuels, les liens d'amour qui se tissent et se défont symbolisent la tentative d'envol, d'insouciance de tout un peuple. Cette « insoutenable légèreté » qui, inexorablement, échoue. Tomas, le papillon, s'attache à Tereza et choisit la gravité. Tereza est le ­témoin impuissant de l'écrasement de son pays. Seule Sabina, qui s'exile, trouve la liberté. Mais au prix de la solitude. Le film est à l'image de ses trois personnages, interprétés par un trio d'acteurs formidables : terriblement pessimiste, mais ­séducteur et léger.
THE UNBEARABLE LIGHTNESS OF BEING, Daniel Day-Lewis 1988, Juliette Binoche, Lena Olin (histoire sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Prague, 1968. Tomas, brillant neurochirurgien, collectionne les conquêtes. Il couche régulièrement avec Sabina, une artiste avec laquelle il s'entend bien sexuellement et intellectuellement. De passage en province, il re ...

@

TORI ET LOKITA, freres Dardenne


Deux adolescents ont fui l'Afrique de l'Ouest et se sont retrouvés en Belgique. La dure réalité de la vie de réfugié rapproche Tori et Lokita. Ensemble, ils essaient de se construire une vie de frère et sœur et c'est ainsi qu'ils ont commencé à s'aimer. Cependant, il est difficile d'obtenir un permis de séjour.

TELERAMA
Ayant fui l’Afrique, une adolescente et un petit garçon doivent tout affronter. Jean-Pierre et Luc Dardenne racontent leurs épreuves avec une empathie exemplaire. Les frères Dardenne signent un film sous tension qui nous saisit et nous ouvre les yeux.

Elle suffoque, Lokita. Comme si elle avait tout le temps un couteau sous la gorge. Sur les routes de l’exil, cette adolescente a aidé le petit Tori, qui devait quitter un pays où il était persécuté. Il a eu le droit de rester en Belgique, mais pas Lokita. Maintenant, elle doit tout affronter. La Justice, qui veut l’expulser. Un homme menaçant qui lui fait vendre de la drogue et exige des faveurs sexuelles contre quelques dizaines d’euros en plus. Le passeur, qui réclame son dû et la rackette, et sa propre mère, qui l’accuse, au téléphone, de garder ce qu’elle gagne au lieu de lui envoyer. Lokita n’a aucun droit, elle n’est là que pour servir les intérêts de tous.

Avec leur mise en scène taillée dans le vif, les Dardenne donnent une vérité palpable à la prison de l’adolescente. D’un plan à l’autre, la pression ne retombe pas, aucun espace de liberté n’existe. Seul Tori parvient à créer la sienne : il va et vient, passe partout, débrouillard comme tous les gamins. À travers lui, l’enfance se rappelle à un monde où elle ne signifie plus rien. La loi du plus fort et l’exploitation du plus faible ont éradiqué l’innocence, la tendresse. Lesquelles subsistent entre Tori et Lokita, comme un trésor de contrebande, une solidarité magnifique et cependant menacée dans une vie qui les expose au pire. Leur souffrance est montrée pudiquement, exprimée à mi-voix, parce qu’elle ne fait aucun bruit et demeure invisible dans un monde qui ne veut rien entendre ni voir. Alors, heureusement que les Dardenne sont là. Lucides et courageux, ils signent un de leurs films les plus forts.

SYNOPSIS
Après avoir fui leur Afrique natale, Tori et Lokita tentent de se faire une place dans leur pays d'accueil, la Belgique. Malgré tous leurs efforts, ils ne parviennent pas à se sortir du cercle vicieux dans lequel ils sont enfermés, victimes du réseau qui les a fait venir de manière clandestine. En effet, si Tori parvient à rapidement régulariser sa situation, ce n'est pas le cas de sa grande soeur. Piégée, celle-ci doit accepter diverses tâches imposées par des hommes peu scrupuleux, notamment du trafic de drogue. Désireux d'aider Lokita, Tori finit lui aussi par céder aux sirènes de cet argent, au premier abord facile...

TORI ET LOKITA, freres Dardenne 2022 (societe racisme)@@@ (edit IPTC) (E)
Deux adolescents ont fui l'Afrique de l'Ouest et se sont retrouvés en Belgique. La dure réalité de la vie de réfugié rapproche Tori et Lokita. Ensemble, ils essaient de se construire une vie de frèr ...

@

TOUT S EST BIEN PASSE, Francois Ozon, Andre Dussolier,Sophie Marceau (sante societe)@@@


Emmanuèle, romancière épanouie dans sa vie privée et professionnelle, se rend à l'hôpital où se trouve son père André, qui vient de faire un AVC. Fantasque, aimant passionnément la vie, curieux de tout, mais diminué, il demande à sa fille de l'aider à mourir.

TELERAMA
François Ozon aborde le sujet délicat du suicide assisté, inspiré par une histoire vraie. André Dussollier impressionne en vieil homme sarcastique.
A-t-on ri ne serait-ce qu’une fois en dévorant Tout s’est bien passé, le livre d’Emmanuèle Bernheim, paru il y a huit ans ? Dans le miroir déformant de nos souvenirs, la précision sèche du récit, sa gravité ramassée ont fini par imposer leur domination… Non pas que l’on se soit gondolée devant l’adaptation qu’en a réalisée François Ozon, loin de là, mais le film découvert mercredi en compétition au Festival de Cannes en 2021, surprend par ses éclats d’humour, d’autant plus cruels et savoureux qu’ils sont tirés à bout portant par un acteur tendrement aimé et généralement tenu pour inoffensif, André Dussollier.

La science du casting, chez Ozon, fait merveille. Septuagénaire à la voix d’or, l’éternellement fringant Dussollier incarne donc André Bernheim, 85 ans, grand bourgeois et collectionneur d’art qu’un AVC rend hémiplégique et qui choisit d’aller mourir en Suisse et dans la dignité, selon la formule consacrée. Métamorphosé par des prothèses, le visage déformé, l’élocution difficile, diminué et rageur, le comédien livre une « performance » bluffante. Le cinéaste s’intéresse d’abord au quotidien concret du patient et de ses proches – l’hôpital et son cortège de terreurs –, puis dessine le portrait d’un esthète autoritaire et charmeur, d’un égoïste jouisseur, mari infidèle d’une sculptrice dépressive (Charlotte Rampling) et redoutable père d’une paire de filles interprétées par Sophie Marceau et Géraldine Pailhas.

Du déni à l’acceptation
« Tu es mon fils préféré », lâche le vieil homme désormais infirme à Emmanuelle, alias la romancière, à qui il confie une mission impossible : l’aider « à en finir ». Même si la malheureuse rêva, enfant, d’occire ce pater pas très familias, bonjour le cadeau empoisonné ! Tout s’est bien passé raconte son trajet intime, du refus initial à l’acceptation, avec une intelligence fidèle à l’ouvrage d’origine. Femme aux yeux secs – porteuse de lentilles, on la voit plusieurs fois se mettre des « fausses larmes » –, l’autrice pleurera bientôt pour de bon sans que le long métrage ne verse dans un pathos éhonté.

Sophie Marceau incarne avec beaucoup de sensibilité et de retenue cette adulte solide, bouleversée jusque dans ses rêves mais se découvrant aussi un courage insoupçonné. Ozon filme joliment la complicité qui l’unit à sa frangine : lors d’une courte scène sans paroles, il les montre entremêlant leurs pieds telles deux gamines joueuses, et tout est dit. Peut-être était-il inutile, alors, d’ajouter des flash-back pour illustrer la jeunesse douloureuse de l’héroïne ? Qu’importe. Tout s’est bien passé trouve un équilibre harmonieux entre le drame familial et le film-dossier – les aspects légaux et moraux, du suicide assisté, interdit en France, sont traités sans détours –, tout en ménageant un étrange suspense : la « grande évasion » aura-t-elle lieu ?
TOUT S EST BIEN PASSE, Francois Ozon, Andre Dussolier,Sophie Marceau (sante societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Emmanuèle, romancière épanouie dans sa vie privée et professionnelle, se rend à l'hôpital où se trouve son père André, qui vient de faire un AVC. Fantasque, aimant passionn&eacut ...

@

TROIS COULEURS, BLEU, Krzysztof Kieślowski 1993, Juliette Binoche (drame)@@@


Julie se réveille à l'hôpital après le terrible accident de voiture qui a coûté la vie à son mari, Patrice, un compositeur célèbre, et à sa fille, la petite Anna. Elle essaie de se suicider mais n'y parvient pas. Olivier, l'ami des bons comme des mauvais jours, se précipite à son chevet. Julie passe la nuit avec lui puis décide de faire table rase de ce passé qui la torture. Elle se débarrasse de sa maison, reprend son nom de jeune fille et détruit la partition inachevée de Patrice. Ses souvenirs, pourtant, l'assaillent du dehors : Antoine lui rapportant un bijou trouvé sur les lieux de l'accident, un flûtiste inconnu jouant un air de Patrice dans la rue. L'oubli est-il possible ?...

TELERAMA
Ce premier volet est un film sur le hasard et la liberté (qui correspond au bleu, sur nos drapeaux), ces accidents de la vie qui donnent l’impression qu’à chaque instant le destin vous échappe et que vous n’êtes libre de rien du tout. Mais il faut de la patience pour conquérir sa liberté, surtout lorsqu’on est enchaîné à un passé obsédant. Kieslowski joue à la fois sur les réminiscences et les ouvertures à l’avenir. De signes en symboles, de détails apparemment sans importance en longues scènes poignantes, Trois Couleurs : Bleu chemine vers la vie. Tour à tour torturée et lumineuse, Juliette Binoche domine cet itinéraire de son extraordinaire présence.

Bleu, blanc, rouge ; les couleurs du drapeau français, Krzysztof Kieslowski les associa pour construire une trilogie autour de l’éthique et de l’esthétique.
TROIS COULEURS, BLEU, Krzysztof Kieślowski 1993, Juliette Binoche (drame)@@@ (edit IPTC) (E)
Julie se réveille à l'hôpital après le terrible accident de voiture qui a coûté la vie à son mari, Patrice, un compositeur célèbre, et à sa fille, la petite Anna. Elle essa ...

@

TROIS COULEURS- ROUGE, Kieslowski (Krzysztof), Irene Jacob, Jean-Louis Trintignant


La mannequin genevoise Valentine frappe un chien en conduisant sa voiture. Elle s'arrête pour contacter le propriétaire de l'animal et rencontre un juge à la retraite qui s'amuse à écouter les appels téléphoniques de ses voisins. Deux inconnus, le vétéran cynique et le mannequin triste forment une amitié improbable.
TROIS COULEURS- ROUGE, Kieslowski (Krzysztof), Irene Jacob, Jean-Louis Trintignant@@@ (edit IPTC) (E)
La mannequin genevoise Valentine frappe un chien en conduisant sa voiture. Elle s'arrête pour contacter le propriétaire de l'animal et rencontre un juge à la retraite qui s'amuse à écouter les appels t&eacu ...

@

UN AUTRE PERE, Pierre Linhart 2025, Jean Le Peltier, Ladi Emeruwa (societe)@@


Thibaut, 40 ans, élève seul son fils de 7 ans, Gabriel, qu'il a adopté en Afrique. Face à la crise que traverse son fils, il décide de retourner avec lui au Sénégal, à la recherche de la mère biologique, Yawa, qu'il a connue autrefois.

TELERAMA
Ce récit initiatique et sensible sur les liens père-fils entre la France et le Sénégal a obtenu le prix du meilleur unitaire et celui de l’interprétation masculine à La Rochelle.

Qu’arrive-t-il à Gabriel, cet enfant que Thibaut a adopté lorsqu’il était en poste sur l’île de Gorée, ancien marché d’esclaves, désormais site touristique du Sénégal ? À Paris, le garçon, que cet historien élève seul, est en proie à la mélancolie et à l’agressivité. Revenir en Afrique de l’Ouest, à la recherche de la mère biologique de Gabriel, qui l’a pourtant abandonné, est une solution ardue. L’adopter fait d’ailleurs resurgir un autre lien douloureusement brisé.

Pour son premier long métrage, Pierre Linhart ne manque pas d’ambition. Le voyage de Thibaut et Gabriel aborde quête des origines, questions existentielles, récit d’apprentissage, travail de mémoire, regard sur la société sénégalaise d’aujourd’hui et possibilité d’une famille recomposée, homoparentale et interethnique. La mise en scène fait passer le tout élégamment avec son cadre posé, voire épuré, son découpage soigné et un rythme calé sur les rencontres et les marchandages en wolof. Elle reste parfois théorique, mais le ton est plus impertinent qu’il n’y paraît. En père soucieux de ne pas être défaillant, sous l’œil parfois goguenard des locaux, qui le regardent comme un toubab (« blanc »), Jean Le Peltier réussit à nous emmener dans l’épreuve vécue par son personnage, quand le film ménage aussi une place au ressenti des autres protagonistes.
UN AUTRE PERE, Pierre Linhart 2025, Jean Le Peltier, Ladi Emeruwa (societe homosexualite)@@@ (edit IPTC) (E)
Thibaut, 40 ans, élève seul son fils de 7 ans, Gabriel, qu'il a adopté en Afrique. Face à la crise que traverse son fils, il décide de retourner avec lui au Sénégal, à la recherche de ...

@

UN SAC DE BILLES Christian Duguay 2017, Patrick Bruel, Elsa Zylberstein


Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes, sont envoyés par leurs parents dans la zone libre, et font preuve de malice, de courage et d'ingéniosité pour échapper aux occupants et tenter de réunir leur famille à nouveau.
UN SAC DE BILLES Christian Duguay 2017, Patrick Bruel, Elsa Zylberstein@@@ (edit IPTC) (E)
Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes, sont envoyés par leurs parents dans la zone libre, et font preuve de malice, de courage et d'ingéniosit& ...

@

WILL HUNTING, Gus Van Sant 1997, Matt Damon, Robin Williams (societe)@@@


Will Hunting est un authentique génie mais également un rebelle aux élans imprévisibles. Il est né dans le quartier populaire de South Boston et a arrêté très tôt ses études, refusant le brillant avenir que pouvait lui procurer son intelligence. Il vit désormais entouré d'une bande de copains et passe son temps dans les bars a chercher la bagarre. C'est alors que ses dons prodigieux en mathématiques attirent l'attention du professeur Lambeau, du Massachusetts Institute of Technology.

TELERAMA
Gus Van Sant n'a pas écrit le scénario : celui-ci est l'oeuvre de Matt Damon, à l'époque star en puissance, qui interprète Will avec brio, et de Ben Affleck, son copain dans le film. Mais le réalisateur joue en finesse le jeu de cette histoire chaleureuse à la frange du réalisme et de la fable. La vie de ce personnage brillant et rebelle, c'est l'amitié déconneuse avec ses copains d'enfance, la tournée des bars où l'on écluse les bières. Ces situations quotidiennes, Gus Van Sant les filme comme des petits morceaux de bravoure, avec un sens du dialogue et du détail jubilatoire.

On peut juger plus convenu le fil rouge de l'histoire : la relation tendue, tumultueuse, de Will avec son psy. On devine très vite qu'entre le jeune génie qui a du mal à grandir et le thérapeute éprouvé par un deuil irréparable ça devrait finir par s'arranger... Mais chacun de leurs face-à-face vient brouiller l'image de ce « patient » hors norme, et le cinéaste laisse habilement planer le doute (presque) jusqu'au bout sur les ressorts de son entêtement à ne pas ­entrer dans le moule. — Jean-Claude Loiseau
WILL HUNTING, Gus Van Sant 1997, Matt Damon, Robin Williams (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Will Hunting est un authentique génie mais également un rebelle aux élans imprévisibles. Il est né dans le quartier populaire de South Boston et a arrêté très tôt ses étude ...