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SEXYGENAIRES, Robin Sykes 2023, Thierry Lhermitte, Patrick Timsit (comique)@

À soixante ans passés, Michel, propriétaire d'un grand hôtel en proie à des difficultés financières, apprend que son vieil ami et associé Denis a revendu le bar qu'ils possèdent tous les deux à Paris pour devenir mannequin senior dans des publicités. Alors qu'il assiste à une séance photo de Denis, Michel, encore bel homme, est repéré par Marion, travaillant pour une agence, qui lui propose de devenir modèle. Y voyant l'opportunité d'éponger ses dettes, Michel accepte.

TELERAMA
Deux sexagénaires endettés, joués par Thierry Lhermitte et Patrick Timsit, louvoient dans le milieu du mannequinat senior. Une comédie malhabile de Robin Sykes pleine de réflexions misogynes d’un autre âge.
Patrick Timsit et Thierry Lhermitte enquillent les blagues à la papa qui n’amusent qu’eux. Photo Marie-Camille Orlando et Manuel Moutier - 24 25 Films

Après un premier long métrage quelconque (La Finale, 2018), Robin Sykes ne fait ni mieux ni pire avec Sexygénaires. Un patron d’hôtel (Thierry Lhermitte) navigue entre Bandol, sur la Côte d’Azur, et Paris, en quête de liquidités auprès d’un ancien associé sur la paille (Patrick Timsit). Les voilà partageant, de nouveau, une activité commune, à savoir poser / tourner dans des publicités médicales (pour Timsit) ou de produits de luxe (pour Lhermitte), à destination des baby-boomers – également public cible du film.

Ne pas attendre une réflexion « méta » sur le vieillissement du tandem d’Un Indien dans la ville (Hervé Palud, 1994). Sexygénaires est juste saupoudré de thématiques sociales dans l’air du temps : nécessité de la retraite, difficultés financières post-Covid de l’hôtellerie-restauration et, la plus développée, mannequinat senior. Vaguement moderne, le film cherche à prendre le contrepied d’un certain « jeunisme » puritain qui tendrait à cacher les corps abîmés par l’âge. En adoptant, lui-même, un format vieille école : le réalisateur dit s’être inspiré des comédies de Michel Blanc, façon Marche à l’ombre (1984).

L’intérêt de cette écriture à l’ancienne, ce sont les seconds rôles saillants, comme le bras droit qui maintient l’hôtel à flot, joué par Grégoire Oestermann, ou la responsable d’une agence de mannequins, incarnée par Zineb Triki (alias Nadia El Mansour dans Le Bureau des légendes). Le revers, ce sont les réflexes patriarcaux d’une autre époque, à l’image des blagues misogynes du héros interprété par Patrick Timsit. Surtout, en ne respectant pas la parité – la riche divorcée jouée par Marie Bunel reste la seule « sexygénaire » féminine –, le film laisse malhabilement penser que la vieillesse désirable est l’apanage des hommes.