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20 JOURS A MARIOUPOL, Mstyslav Chernov 2022, (documentaire guerre ukraine)@@@


Février 2022. Des reporters ukrainiens, piégés dans la ville assiégée de Marioupol, filment les atrocités de l'invasion russe. Au plus près des civils, Mstyslav Chernov livre un témoignage capital sur la réalité de la guerre qui déchire son pays.

TELERAMA
En février 2022, une équipe de journalistes ukrainiens de l'Associated Press, piégée dans la ville assiégée de Marioupol, filme les atrocités de l'invasion russe. Seuls reporters internationaux sur place, ils capturent ce qui deviendront plus tard des images marquantes de la guerre. Au plus près des civils, le réalisateur Mstyslav Chernov et son équipe, récompensés du prix Pulitzer, livrent un témoignage capital sur la réalité de la guerre qui déchire leur pays. Ils offrent un récit puissant et déchirant des civils pris au piège, ainsi qu'une réflexion sur la responsabilité d'un reporter en zone de conflit et sur l'impact d'un tel journalisme à l'échelle mondiale.
20 JOURS A MARIOUPOL, Mstyslav Chernov 2022, (documentaire guerre ukraine)@@@ (edit IPTC) (E)
Février 2022. Des reporters ukrainiens, piégés dans la ville assiégée de Marioupol, filment les atrocités de l'invasion russe. Au plus près des civils, Mstyslav Chernov livre un témoig ...

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A 2000 METRES D ANDRIIVKA, Mstvslav Chernov 2025 (documentaire guerre ukraine)@@@


Un groupe de soldats ukrainiens a pour mission de traverser deux kilomètres de forêt occupés pour libérer des forces russes le village d'Andriivka. Un journaliste les accompagne, témoin des ravages de la guerre et de l'incertitude croissante quant à son issue.

TELERAMA
Les caméras posées sur les casques des soldats ukrainiens nous projettent au milieu du chaos. Toutes les dimensions humaines du conflit dans un regard documentaire inédit, par le réalisateur de “20 jours à Marioupol”.Features

Le cinéma ne devrait-il pas regarder plus souvent du côté de l’Ukraine et de la guerre qui y fait encore rage ? Il le fait avec ce documentaire qui nous précipite sur la ligne de front et, face à ces images terribles, on se demande si l’on ne va pas devoir baisser les yeux… Il faut pourtant voir À 2 000 mètres d’Andriivka, un film bouleversant et essentiel.

Le réalisateur oscarisé de 20 jours à Marioupol (2023) a livré une retentissante bataille pour l’image, à moins de deux heures de route de sa ville natale, Kharkiv. Pour reprendre le village d’Andriivka aux troupes russes, un bataillon ukrainien a reçu l’ordre d’emprunter le seul passage possible au milieu d’un champ de mines : une forêt qui dessine une bande de 2 000 mètres. Couvrir cette petite distance sera un enfer. Avec des caméras embarquées sur les casques des soldats, on plonge d’emblée au cœur d’un déluge de tirs d’artillerie, de grenades et de drones. Un chaos où se mêlent la technologie d’aujourd’hui et la guerre de tranchées, les écrans de contrôle et le garrot qu’il faut savoir poser pour qu’un blessé ne se vide pas de son sang.

La vie, aux portes de la mort
Nous sommes en septembre 2023, l’Ukraine vient de lancer une contre-offensive dont les résultats seront décevants. Par-delà ces circonstances, Mstyslav Chernov déploie une ambition différente de celles des reporters. Ce n’est pas de l’information qu’il veut partager avec nous mais la vie, aux portes de la mort. La proximité est inédite avec ceux qui se battent et interpellent leur ennemi : « Qu’est-ce que vous êtes venus foutre ici ? » « Je ne sais pas pourquoi on est là », répond un soldat russe fait prisonnier. À hauteur d’homme, la guerre en Ukraine nous saute aux yeux, tout à la fois plus concrète, plus décisive, plus absurde, plus barbare et plus noble qu’on pourrait le croire, parce que la solidarité entre les combattants ukrainiens y préserve une grandeur vaille que vaille. Toutes les dimensions humaines du conflit se trouvent rassemblées en un geste de cinéma inoubliable.
A 2000 METRES D ANDRIIVKA, Mstvslav Chernov 2025 (documentaire guerre ukraine)@@@ (edit IPTC) (E)
Un groupe de soldats ukrainiens a pour mission de traverser deux kilomètres de forêt occupés pour libérer des forces russes le village d'Andriivka. Un journaliste les accompagne, témoin des ravages de la gu ...

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A STAR IS BORN, Bradley Cooper 2018, Bradley Cooper, Lady Gaga


Star de country un peu oubliée, Jackson Maine découvre Ally, une jeune chanteuse très prometteuse. Tandis qu'ils tombent follement amoureux l'un de l'autre, Jack propulse Ally sur le devant de la scène et fait d'elle une artiste adulée par le public. Bientôt éclipsé par le succès de la jeune femme, il vit de plus en plus de mal son propre déclin.
A STAR IS BORN, Bradley Cooper 2018, Bradley Cooper, Lady Gaga@@@ (edit IPTC) (E)
Star de country un peu oubliée, Jackson Maine découvre Ally, une jeune chanteuse très prometteuse. Tandis qu'ils tombent follement amoureux l'un de l'autre, Jack propulse Ally sur le devant de la scène et fait d' ...

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AD ASTRA, James Gray 2019, Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga, Liv Tyler et Donald Sutherland (fantastique)@@@


L'astronaute Roy McBride s'aventure jusqu'aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l'existence humaine, et notre place dans l'univers.

TELERAMA
Lors d’une mission spatiale, un astronaute tente de retrouver son père, qu’il croyait mort. Une odyssée fascinante, plus intimiste que spectaculaire.

Dans un avenir proche, Roy (Brad Pitt), astronaute d’élite, a pour mission de trouver une solution aux multiples explosions qui menacent la planète et seraient dues à des rayons cosmiques émanant de Neptune. Précisément la planète où son père, lui aussi astronaute, fut porté disparu seize ans auparavant… Ad astra est un voyage intérieur autant qu’interstellaire. En voix off, on entend les pensées de Roy, homme peu fait pour le monde ordinaire, fuyant les autres. Un héros qui semble inébranlable, physiquement et mentalement, mais qui s’interroge lui-même sur son détachement et sur son père, vénéré et maudit à la fois. Cette part d’introspection distingue le film, où la méditation l’emporte sur les scènes d’action, peu nombreuses — mais terrifiantes. C’est après la Lune, en allant vers Mars puis vers Neptune, que les obstacles se dressent, humains ou non. Le dessein de l’astronaute a changé, entre-temps. Il a appris que son père est sans doute vivant et qu’il représente un danger possible. À la fois obéissant et méfiant, soutenu et traqué, Roy se retrouve de plus en plus isolé dans sa quête.

Par son refus du spectaculaire, par sa réflexion trop explicite sur le legs paternel, le film prend le risque de décevoir. Mais l’odyssée est visuellement inspirée et servie par un Brad Pitt fascinant, engagé dans un long chemin menant de la fusion à la séparation.

Roy McBride a choisi de marcher dans les pas de Clifford, son père, en devenant astronaute à son tour. Clifford a disparu lors d'une mission dans l'espace seize ans plus tôt. Tout le monde le pense mort, jusqu'au jour où cette certitude est remise en cause par certains éléments. Roy est donc chargé de retrouver son père, qui aurait pris une voie dangereuse pour la survie de l'humanité. Roy doit réussir à entrer en contact avec son père. Pour mener à bien cette mission, il s'engage dans un voyage périlleux, physiquement et émotionnellement, qui l'emmène aux confins de la galaxie...
AD ASTRA, James Gray 2019, Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga, Liv Tyler et Donald Sutherland (fantastique espace)@@@ (edit IPTC) (E)
L'astronaute Roy McBride s'aventure jusqu'aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il ...

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ADAM, Max Mayer 2009, Hugh Dancy, Rose Byrne (sentimental)@@


Adam, jeune homme brillant, passionné d'astronomie mais atteint d'une forme légère d'autisme, mène une existence réglée dans les moindres détails, jusqu'à la mort de son père avec qui il vivait. Alors qu'il essaye de s'adapter à sa nouvelle existence, Adam fait la connaissance de la jolie Beth qui vient d'emménager dans l'appartement voisin. C'est le premier d'une série de bouleversements qui vont changer son monde...

TELERAMA
ADAM, Max Mayer 2009, Hugh Dancy, Rose Byrne (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Adam, jeune homme brillant, passionné d'astronomie mais atteint d'une forme légère d'autisme, mène une existence réglée dans les moindres détails, jusqu'à la mort de son père av ...

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ADIOS BUENOS AIRES, Kral German, Julio Färber, Mariela Martínez


En 2001, dans une Argentine en plein marasme économique, ravagée par le chômage et la corruption, Julio n'a plus d'espoir. Propriétaire d'un petit magasin de chaussures, ce passionné de bandonéon décide de quitter au plus vite Buenos Aires, avec sa mère et sa fille, pour émigrer en Allemagne. Mais le destin va en décider autrement, quand Mariella, chauffeuse de taxi, emboutit sa voiture après avoir grillé un feu rouge, et entre avec fracas dans sa vie, sans intention d'en sortir. Pendant ce temps, dans les rues, les manifestations, sévèrement réprimées, se multiplient et l'Argentine sombre dans le chaos.
ADIOS BUENOS AIRES, Kral German, Julio Färber, Mariela Martínez (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
En 2001, dans une Argentine en plein marasme économique, ravagée par le chômage et la corruption, Julio n'a plus d'espoir. Propriétaire d'un petit magasin de chaussures, ce passionné de bandonéon d&e ...

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AFGHANES, Solène Chalvon-Fioriti 2023 (documentaire)@@@ (film complet)


TELERAMA
Depuis le retour des talibans, les femmes sont les premières victimes du régime. Un très beau film nourri des témoignages d’Afghanes de tous horizons. Grand prix du Figra 2024.

Grand reporter ayant vécu de longues années en Afghanistan, Solène Chalvon-Fioriti témoigne dans ce film du sort actuel des Afghanes, à travers des visages sur quatre générations, de tous milieux, à Kaboul comme en zone rurale. Extrême pauvreté, crise exacerbée par les sanctions internationales, retour des châtiments corporels (mains coupées et lapidations) et privation de liberté à tous les niveaux de la société pour ces femmes que les talibans musellent, étape par étape, depuis leur prise du pouvoir le 15 août 2021. Une situation tragique qu’illustre le récit insupportable de Jamail, 21 ans, déjà mère de six enfants, contrainte de vendre trois de ses filles pour nourrir sa famille. Une terreur diffuse que Wawrina, 8 ans, résume ainsi : « J’ai peur des talibans. Tout le monde a peur des talibans. Même les animaux et les bébés ont peur des talibans. »

En un an et demi, un million de personnes ont quitté le pays. La fuite des cerveaux s’accélère. Huit cent mille collégiennes n’ont plus accès aux études. Les femmes n’ont plus le droit de conduire, ni de travailler, ni de se déplacer sans chaperon. La peur se lit dans leurs yeux tout au long du film. Pour autant, l’esprit de résistance et un immense courage animent ces femmes, qui s’expriment face caméra en dépit des menaces qu’elles encourent. « On veut une vie libre, on veut la liberté ! » clament les plus jeunes. L’effacement de la place des femmes s’inscrit dans l’histoire mouvementée du pays, que la réalisatrice retrace judicieusement, grâce à des archives des années 1960 où on les voit, non voilées, bras nus, danser, travailler ou se maquiller librement. Un film essentiel, alors que la plongée dans l’obscurantisme semble sans fin pour les Afghanes.
AFGHANES, Solène Chalvon-Fioriti 2023 (documentaire)@@@ (edit IPTC) (E)
TELERAMA
Depuis le retour des talibans, les femmes sont les premières victimes du régime. Un très beau film nourri des témoignages d’Afghanes de tous horizons. Grand prix du Figra 2024.

Grand r ...

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AIR FORCE ONE, Wolfgang Petersen 1997, Harrison Ford, Glenn Close


Un groupe de terroristes prend en otage les passagers de l'Air Force One, l'avion du président des Etats Unis, James Marshall. ce dernier, caché dans les soutes, a feint une évasion par la capsule de sauvetage. Tandis que s'engagent des négociations tendues, lui seul peut encore agir pour sauver les siens et assurer la sécurité de son pays...

TELERAMA
Grâce à une collaboration étroite entre les services secrets américains et russes, menée sous l'égide du président Marshall, farouche adversaire du terrorisme, le général Radek, dangereux ultranationaliste néocommuniste, a été capturé. A Moscou, peu après le décollage d'Air Force One, l'avion présidentiel, un commando composé de fidèles de Radek aidés de Gibbs, un agent double des services secrets américains, s'empare de l'appareil. Les terroristes abattent les pilotes, l'escorte présidentielle et prennent en otage l'épouse du Président ainsi que sa fille. Profitant de la confusion générale, le Président s'est caché dans la soute de l'appareil. Commence alors un impitoyable jeu du chat et de la souris entre Marshall et les terroristes...
AIR FORCE ONE, Wolfgang Petersen 1997, Harrison Ford, Glenn Close (aventure)@@@ (edit IPTC) (E)
Un groupe de terroristes prend en otage les passagers de l'Air Force One, l'avion du président des Etats Unis, James Marshall. ce dernier, caché dans les soutes, a feint une évasion par la capsule de sauvetage. Tandis q ...

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ALEXANDRE LE BIENHEUREUX, Yves Robert 1968, Philippe Noiret, Marlene Jobert (comique)@@@


À la suite de la mort de sa femme, qui l'a toujours mené à la baguette, un fermier décide de profiter de la vie et de se la couler douce.

TELERAMA
Dans sa ferme de la Beauce, Alexandre travaille. Tout le temps. Car « la Grande », son épouse, veille à remplir ses journées de corvées. Soudainement veuf, il décide de ne plus rien faire et commence par se coucher deux mois…

Ce délice de film est non seulement un éloge de la paresse, en accord avec Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, qui critiquait « cette folie [qu’]est l’amour du travail, la passion moribonde du travail », mais aussi le plus doux des manifestes libertaires. « Il faut prendre son temps. Prendre le temps de prendre son temps », dit Alexandre, comme s’il militait, aujourd’hui, pour l’école du loisir. Le temps de se couper une tranche de saucisson, de se rouler une sèche, de regarder une fleur de carotte, mais aussi de jouer au foot avec des gosses, si bien filmés par Yves Robert, cinq ans après La Guerre des boutons.

Philippe Noiret, dans un premier grand rôle qui en fit une vedette, est épatant en écolo contemplatif, volontiers tonitruant quand on le dérange au plumard. Mais l’autre star du film est le chien, sans doute le mieux dressé et le plus expressif de l’histoire du cinéma… Ce film sorti quelques mois avant Mai 68 brille aussi par sa mise en scène graphique, pop et sautillante, à la limite du cartoon, avec Alexandre le grand rêveur au milieu d’un champ de potirons orange fluo, ou quittant tout, à la fin, sans aucune tache (c’est-à-dire aucune tâche) à l’horizon.


ALEXANDRE LE BIENHEUREUX, Yves Robert 1968, Philippe Noiret, Marlene Jobert (comique)@@@ (edit IPTC) (E)
À la suite de la mort de sa femme, qui l'a toujours mené à la baguette, un fermier décide de profiter de la vie et de se la couler douce.

TELERAMA
Dans sa ferme de la Beauce, Alexandre travaille. Tou ...

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AMANDA, Mikhael Hers 2018, Vincent Lacoste


Paris, de nos jours. David, 24 ans, vit au jour le jour. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l'heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa sœur aînée meurt brutalement. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de 7 ans, Amanda.

TELERAMA:
Par petites touches, toujours avec une infinie délicatesse, le cinéaste assume un mélodrame pur et dur sur la gestion du chagrin. Film lumineux sur le deuil, Amanda agit comme un baume miracle. On en ressort le cœur serré mais plein d’espoir.
AMANDA, Mikhael Hers 2018, Vincent Lacoste (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Paris, de nos jours. David, 24 ans, vit au jour le jour. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l'heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa s&oe ...

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ANNIE COLERE, Blandine Lenoir 2022, Laure Calamy, Zita Hanrot (societe)@@


Février 1974. Parce qu'elle se retrouve enceinte accidentellement, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, rencontre le Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et de la Contraception qui pratique les avortements illégaux aux yeux de tous. Accueillie par ce mouvement unique, fondé sur l'aide concrète aux femmes et le partage des savoirs, elle va trouver dans la bataille pour l'adoption de la loi sur l'avortement un nouveau sens à sa vie.

TELERAMA
Un film émouvant, et de merveilleux portraits de femmes, admirablement orchestré par Blandine Lenoir.

Février 1974. Tombée enceinte accidentellement, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, pousse timidement la porte d’une librairie dont l’arrière-boutique accueille un petit groupe du MLAC — Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception —, qui pratique les avortements illégaux, mais de manière non clandestine, aux yeux de tous, comme un acte militant, un an avant la loi Veil. Cette Annie qui, dans son usine de matelas, répond à une syndicaliste « tous ces machins politiques, c’est pas pour moi », va découvrir l’engagement, mais surtout une solidarité féministe qui fait chaud au corps et ouvre l’esprit. Chronique d’une colère qui monte doucement mais sûrement chez une femme comme une autre…

Le film est une merveille. Le précipité d’une époque, façon Les Années, d’Annie Ernaux, qui mêle l’intime et le politique dans les scènes de groupe, comme dans celles, bouleversantes, d’avortement par cette méthode Karman où l’aspiration remplace les aiguilles à tricoter ou le violent curetage à l’hôpital par des médecins traitant les femmes de « salopes »… Hymne à la sororité — ici, le terme n’est pas galvaudé, mais à chaque seconde incarné —, ce film choral et lumineux s’attache au quotidien d’Annie, à sa révélation progressive, mais surtout aux visages, et aux cuisses ouvertes, des femmes. Il y a celle qui a déjà six enfants, mais à laquelle son mari refuse la pilule sous prétexte que « ça rend frigide ». Celle de 17 ans qui comprend à peine comment elle est tombée enceinte. Et Annie, bien sûr, lors de la première séquence d’avortement : un moment rare de cinéma, où Monique (merveilleuse Rosemary Standley) ne la quitte pas des yeux et lui chante une mélodie grecque.

Ailleurs, Laure Calamy, décidément l’actrice française qui sait mettre son talent énergique et le moindre de ses regards au service d’une cause, rit franchement en pratiquant l’auto-examen, étonnée de la beauté de son col de l’utérus et de l’existence de sa prostate ! Lutter avec ou contre les hommes, faire passer le message à sa propre fille, ou regarder Delphine Seyrig mettre les pieds dans le plat à la télé : chaque minute est enthousiasmante. Et il faut voir Zita Hanrot, bombe de féminisme, dans son meilleur rôle, expliquer la vie à un jeune médecin en slip… Ce film aussi passionnant que passionné recèle, enfin, l’une des plus belles répliques entendues au cinéma depuis longtemps : « C’est politique, la tendresse. »
ANNIE COLERE, Blandine Lenoir 2022, Laure Calamy, Zita Hanrot (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Février 1974. Parce qu'elle se retrouve enceinte accidentellement, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, rencontre le Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et de la Contraception qui pratique les avortemen ...

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ANTONIA LA CHEF D ORCHESTRE, Maria Peters 2018, Christanne de Bruijn, Benjamin Wainwright (musical)@@@


Dans un New York de 1926, Antonia est une jeune femme passionnée et ambitieuse, qui rêve de devenir chef d'orchestre. Cependant, en dépit de son talent, tout le monde refuse de la prendre au sérieux car Antonia est une femme. Ce refus répétitif ne fait qu'endurcir sa volonté et elle s'engage dans le combat de sa vie au risque de mettre fin à sa liaison avec le séduisant Frank Thomsen.
(film complet)

LA PRESSE:
Il faut attendre la 75e minute de ce long métrage qui en compte 139 pour voir le personnage de Willy/Antonia prendre une baguette de conductrice et commencer à diriger un orchestre d’hommes pas très heureux de cette incongruité.
Incongruité parce qu’à l’époque, entre les deux guerres mondiales, les femmes ne dirigeaient pas les orchestres symphoniques. Mais Willy/Antonia (un double nom dont l’explication surgit dans l’histoire) a un sens de la détermination hors du commun. Elle fait son chemin contre vents et marées et en dépit de nombreux échecs.
Tantôt dure, tantôt belle, tantôt enrageante, tantôt débordante d’espoir, cette histoire, inspirée de faits réels, possède tous les attributs pour être un film grand public tout à fait charmant.
Le film nous est apparu parfois trop parfait, trop propre, trop conte de fées. L’usage des effets spéciaux numériques pour les plans urbains larges est à oublier. Et on ne sort jamais des ornières du film biographique classique avec ses bons et ses méchants, ses riches et ses pauvres, sa montée en puissance vers un coup dur avant un atterrissage en douceur.
On retiendra plutôt les passages singuliers tels que l’expression magnifique dans le visage d’Antonia en transe lorsqu’elle dirige l’orchestre, ou encore l’effet très réussi de la dernière scène (regardez l’ombre au sol) qui répond à la scène d’ouverture.
ANTONIA LA CHEF D ORCHESTRE, Maria Peters 2018, Christanne de Bruijn, Benjamin Wainwright (musical)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans un New York de 1926, Antonia est une jeune femme passionnée et ambitieuse, qui rêve de devenir chef d'orchestre. Cependant, en dépit de son talent, tout le monde refuse de la prendre au sérieux car Antonia es ...

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APOCALYPSE NOW, Francis Ford Coppola 2001, Marlon Brando, Martin Sheen, Harrison Ford (histoire guerre)@@@


Pendant la guerre du Vietnam, un agent de l'armée américaine s'aventure au Cambodge à la recherche d'un tyran dangereux, le colonel Kurtz, autrefois un soldat modèle qui s'est converti plus tard à la cause de l'ennemi.

TELERAMA
Palme d’or à Cannes en 1979, Apocalypse Now s’est d’emblée imposé comme le film définitif sur la guerre du Vietnam. Mais, paradoxalement, ce chef-d’œuvre n’a pas eu de forme définitive avant son quarantième anniversaire, avec ce montage qui ajoute trente minutes à la première version et ôte vingt minutes à la version longue. Finalement, Coppola a réussi à atteindre l’équilibre dans l’excès, qui est ici partout.

On retrouve, bien sûr, dans Apocalypse Now Final Cut, les morceaux de bravoure qui scandent le voyage halluciné du capitaine Willard (Martin Sheen), traquant le colonel renégat Kurtz (Marlon Brando) au milieu du chaos. La musique des Doors s’enflamme comme les paysages. Le lieutenant-colonel Kilgore bombarde une plage du Vietnam avec l’US Army au son de La Chevauchée des Walkyries, de Wagner. Et lâche ces mots comme une bombe de plus : « J’adore l’odeur du napalm au petit matin »… Apocalypse Now a pris place dans l’histoire du cinéma. On redécouvre aujourd’hui, grâce à cet ultime montage, la dimension purement majestueuse de ce film monumental et aérien, fait d’immenses destructions et d’incroyables harmonies.
APOCALYPSE NOW, Francis Ford Coppola 2001, Marlon Brando, Martin Sheen, Harrison Ford (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Pendant la guerre du Vietnam, un agent de l'armée américaine s'aventure au Cambodge à la recherche d'un tyran dangereux, le colonel Kurtz, autrefois un soldat modèle qui s'est converti plus tard à la cause ...

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ARGO, Ben Affleck 2012, Bryan Cranston, John Goodman (histoire guerre)@@@


En 1979, la révolution fait rage en Iran. Le 4 novembre, une horde de militants envahit l'ambassade américaine et prend en otages 52 Américains. Six d'entre eux parviennent à s'échapper et à se réfugier au domicile de l'ambassadeur canadien. Au Département d'Etat, à Washington, et à la CIA, c'est le branle-bas le combat. Jack O'Donnell réveille le meilleur spécialiste de l'exfiltration de la CIA, Tony Mendez, un peu désarticulé par sa séparation d'avec sa femme et l'éloignement de son fils. Mendez finit par imposer une stratégie très risquée : se faire passer pour un cinéaste en repérages à Téhéran et ramener avec lui, par un vol long courrier, les six évadés rapidement formés à se prétendre techniciens de cinéma...

TELERAMA
Iran, révolution de 1979. La CIA conçoit un plan farfelu pour libérer six otages. Plus c’est gros, plus ça passe… Acteur mal-aimé mais cinéaste confirmé, Ben Affleck célèbre et fait vibrer la puissance du cinéma dans “Argo”, Oscar du meilleur film en 2013, disponible sur Netflix.

On a beau s’attendre à tout dans la catégorie « film basé sur une histoire vraie », il y a de quoi rester bouche bée. Merci, donc, à Bill Clinton, qui a déclassifié en 1997 cette incroyable affaire d’État, top secret depuis 1979. Le 4 novembre de cette année-là, l’ambassade américaine de Téhéran est prise d’assaut par des Iraniens que l’ayatollah Khomeyni a galvanisés en désignant les États-Unis comme ennemi numéro un de sa révolution islamique. Une longue prise d’otages s’ensuit. Six Américains parviennent à en réchapper et se réfugient à l’ambassade du Canada. Un spécialiste de la CIA imagine alors un plan imparable pour les exfiltrer : débarquer à Téhéran en se faisant passer pour un producteur en charge des repérages d’un grand film de science-fiction baptisé « Argo ». Et repartir avec les six Américains transformés en techniciens du cinéma portant passeport canadien.

Est-ce la peur du ridicule qui motiva le classement top secret ? On peut se le demander, et Argo laisse assez plaisamment planer le doute, tout en nous embarquant dans le récit haletant d’une impossible mission. Ce troisième film mis en scène par l’acteur Ben Affleck (après Gone Baby Gone, 2007, et The Town, 2010) est un exercice d’habileté étonnant. Un grand slalom entre sombre réalité et vraie loufoquerie du show-business. Dans le Téhéran de 1979, on pend des gens dans les rues. Et le spécialiste de l’exfiltration (joué par Ben Affleck lui-même) arrive là avec son story-board de film à la Star Wars, pour éviter à six Américains de finir au bout d’une corde. Le cinéma est-il capable de cela ? Son pouvoir de fascination est-il assez grand pour résoudre, comme par magie, une situation face à laquelle la puissance militaire se trouve désemparée ?

Une affaire personnelle
Cette force du cinéma hollywoodien est le beau sujet d’Argo mais aussi un étonnant moteur de suspense. Du coup, la dimension politique, évidente et pleine de résonances aujourd’hui, passe presque au second plan. Un paradoxe est en tout cas pointé : le mensonge est-il dans le vrai-faux film ou dans la révolution iranienne ? Qu’est-ce qui est le plus truqué ? Avec une ferveur sympathique, Ben Affleck nous dit que la vérité et la foi sont du côté du cinéma. C’est cette croyance-là qui compte. Il en fait une affaire personnelle. Là, il dépasse l’habileté, il met en jeu quelque chose de plus secret : son rapport à sa propre image.

Pour s’être retrouvé trop souvent dans de mauvais films, Ben Affleck a en effet très vite traîné une réputation d’acteur bidon. Quand il reçut un prix d’interprétation au festival de Venise, c’était pour Hollywoodland (2006), où il jouait un comédien auquel personne n’avait jamais cru, un pantin abandonné à la télé dans le rôle cruel de Superman… Pas crédible, Ben Affleck a redoré son blason en devenant réalisateur. Et avec Argo, il affronte franchement cette question de la crédibilité en se donnant le rôle du professionnel de l’exfiltration sur qui pèse le soupçon de n’être qu’un rigolo dans une opération tellement fantaisiste qu’elle semble une authentique supercherie. Comme son personnage, l’acteur-réalisateur se met en position de devoir faire ses preuves, convaincre les incrédules. Et il y est parvenu. Son film a été un grand succès, avec notamment l’Oscar du meilleur film à la clé, en 2013.

ARGO, Ben Affleck 2012, Bryan Cranston, John Goodman (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
En 1979, la révolution fait rage en Iran. Le 4 novembre, une horde de militants envahit l'ambassade américaine et prend en otages 52 Américains. Six d'entre eux parviennent à s'échapper et à se r&ea ...

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ARRETE MOI SI TU PEUX, Steven Spielberg 2002, Leonardo di Caprio


Frank Abagnale Jr croyait vivre dans une famille stable. Lorsqu'il apprend que ses parents ont décidé de divorcer, il ne supporte pas la situation et, sous le choc, fugue. Bien vite confronté aux réalités de la vie en solitaire, il tente de s'insérer, mais découvre qu'il est plus facile d'endosser de faux chèques que de travailler. Il prend l'identité d'un pilote de ligne et mène la belle vie. Un agent du FBI opiniâtre le suit à la trace en espérant un jour le coincer.

TELERAMA:
D'une histoire vraie, Spielberg a fait un de ses films les plus personnels. Et cette comédie « sans prétention » se révèle sa plus profonde rêverie autour de l'enfance et de ses sortilèges.
ARRETE MOI SI TU PEUX(debut), Steven Spielberg 2002, Leonardo di Caprio (policier justice)@@ (edit IPTC) (E)
Frank Abagnale Jr croyait vivre dans une famille stable. Lorsqu'il apprend que ses parents ont décidé de divorcer, il ne supporte pas la situation et, sous le choc, fugue. Bien vite confronté aux réalités ...

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ASCENSEUR POUR L ECHAFAUD, Louis Malle 1958, Jeanne Moreau, Lino Ventura, Maurice Ronet (thriller drame psychologique)@@@


Julien Tavernier et sa maîtresse, Florence Carala, la femme de son patron, ont imaginé un plan diabolique pour supprimer le mari gênant. Une fois le meurtre commis, Julien, revenu sur ses pas pour faire disparaître une pièce à conviction malencontreusement oubliée, se retrouve bloqué dans l'ascenseur par une coupure de courant. Au dehors, un blouson noir, Louis, vole la voiture de Julien et y fait monter sa petite amie Véronique. Florence reconnaît la voiture mais ne distingue pas le conducteur.

TELERAMA
Jeanne attend son amant criminel, prisonnier d’un ascenseur. La trompette de Miles improvise une longue plainte qui traduit un désarroi indicible. Un grand classique.

Louis Malle (il avait alors 24 ans) a conçu son premier long métrage comme un lent compte à rebours. Un homme commet un assassinat. Au moment de s’enfuir dans sa voiture, il réalise qu’il a oublié la corde qui lui a servi à grimper d’un balcon à l’autre. Il retourne sur les lieux et prend l’ascenseur. Le gardien coupe soudainement le courant pour le week-end. Le meurtrier reste coincé entre deux étages. À l’extérieur, sa maîtresse l’attend…

D’un côté, un homme enfermé ; de l’autre, une femme qui erre dans Paris. Entre eux : l’ombre du crime. Louis Malle alterne scènes muettes où le moindre bruit devient inquiétant et séquences sonores qui semblent retarder l’instant où les amants pourront se voir et s’expliquer. L’intrigue policière laisse place, tout doucement, à une atmosphère à la fois morbide et sensuelle. Pour accompagner Jeanne Moreau déambulant dans les rues, la trompette de Miles Davis improvise. Elle semble exprimer le désarroi indicible de la jeune femme. Ascenseur pour l’échafaud préfigure le plus beau film de Louis Malle, Le Feu follet, où Maurice Ronet s’égare dans la douleur jusqu’au suicide.

SYNOPSIS
Julien Tavernier et sa maîtresse, Florence Carala, la femme de son patron, ont imaginé un plan diabolique pour supprimer le mari gênant. Une fois le meurtre commis, Julien, revenu sur ses pas pour faire disparaître une pièce à conviction malencontreusement oubliée, se retrouve bloqué dans l'ascenseur par une coupure de courant. Au dehors, un blouson noir, Louis, vole la voiture de Julien et y fait monter sa petite amie Véronique. Florence, qui attend son amant à la terrasse d'un café, reconnaît la voiture mais ne distingue pas le conducteur. Elle constate tout de même qu'il est en aimable compagnie. Jalouse et se croyant trahie, elle erre dans Paris, tandis que Julien s'évertue à sortir de l'ascenseur...
ASCENSEUR POUR L ECHAFAUD, Louis Malle 1958, Jeanne Moreau, Lino Ventura, Maurice Ronet (thriller drame psychologique)@@@ (edit IPTC) (E)
Julien Tavernier et sa maîtresse, Florence Carala, la femme de son patron, ont imaginé un plan diabolique pour supprimer le mari gênant. Une fois le meurtre commis, Julien, revenu sur ses pas pour faire disparaître ...

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AU REVOIR LES ENFANTS, Louis Malle 1987


En 1944, Julien est pensionnaire dans un collège catholique. Il découvre Jean, un nouveau venu, fier et secret. Julien et Jean se prennent peu à peu en amitié. Cependant, ce lien ne pourra jamais s'épanouir. La Gestapo débarque un jour au collège et arrête le Père Jean et les trois enfants juifs qu'il avait cachés parmi ses petits catholiques.
AU REVOIR LES ENFANTS, Louis Malle 1987 @@@ (edit IPTC) (E)
En 1944, Julien est pensionnaire dans un collège catholique. Il découvre Jean, un nouveau venu, fier et secret. Julien et Jean se prennent peu à peu en amitié. Cependant, ce lien ne pourra jamais s'épanoui ...

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AUTANT EN EMPORTE LE VENT, Victor Fleming 1939, Clark Gable, Vivien Leigh, Olivia de Havilland (saga)@@@


En Georgie, en 1861, Scarlett O'Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste. Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fiançailles avec sa douce et timide cousine, Melanie Hamilton. Scarlett est pourtant bien décidée à le faire changer d'avis, mais à la réception des Douze Chênes c'est du cynique Rhett Butler qu'elle retient l'attention...

TELERAMA:
Autant en emporte le vent fut une réussite commerciale sans précédent et continue d'avoir ses fans éperdus. Leigh et Gable sont parfaits, c'est vrai : impossible d'oublier Scarlett, ruinée, se faisant une robe avec les rideaux de Tara, sa chère propriété. Ni Rhett, lassé des caprices de sa bien-aimée, qui lui lance : « Frankly, my dear, I don't give a damn ! » (traduction : « Franchement, ma chère, j'en ai rien à cirer ! »).
AUTANT EN EMPORTE LE VENT, Victor Fleming 1939, Clark Gable, Vivien Leigh, Olivia de Havilland (saga histoire)@@@@ (edit IPTC) (E)
En Georgie, en 1861, Scarlett O'Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste. Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fian& ...

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BAC NORD, Audrey Diwan et Cédric Jimenez 2020, Francois Civil Gille Lellouche, Adele Exarchopoulos (thriller)@@


2012. Les quartiers nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC nord, brigade de terrain, cherche sans cesse à améliorer ses résultats. Dans un secteur à haut risque, les policiers adaptent leurs méthodes, franchissant parfois la ligne jaune. Jusqu'au jour où le système judiciaire se retourne contre eux.

TELERAMA
Une fiction très documentée sur l’affaire de la BAC Nord, ces policiers marseillais accusés de trafic de drogue et de racket. Le film de Cédric Jimenez divise la rédaction.

Pour :
le grand spectacle furieux d’une société qui s’effondre
« Une véritable gangrène » , tonnait en 2012 le procureur de la république de Marseille, en parlant des policiers de la BAC (Brigade anticriminalité) des quartiers nord de la ville, accusés d’avoir franchi la ligne rouge : racket, trafic de stupéfiants et autres malversations qui vont entraîner une cascade de sanctions, de la révocation à la mise en examen. Neuf ans plus tard, les aléas de la pandémie et le calendrier des tribunaux ont fait coïncider presque exactement la première conclusion judiciaire de cette affaire — en avril dernier — et la sortie en salles du polar incandescent de Cédric Jimenez, tourné au début de 2020, qui s’en inspire directement.

Les deux semblent défendre la même thèse : celle d’une équipe sous pression maximum, incitée par sa hiérarchie à violer les règles pour obtenir des résultats, coûte que coûte. Les vrais policiers ont finalement écopé de peines légères avec sursis, ou ont été relaxés. « Le tribunal a pu constater de graves et importants dysfonctionnements dans ce service de police », a déclaré la présidente du tribunal de Marseille, et c’est ce que raconte le film, dans le sillage de trois têtes brûlées, à l’assaut des cités verrouillées, des murailles du trafic et de la criminalité.

La frénésie réaliste d’un Eastwood
BAC Nord n’est pas un film promotionnel à la gloire de la police, c’est un formidable western urbain, emmené par un trio de comédiens au meilleur de leur forme, qui électrisent leurs personnages imparfaits, irritants, attachants, voire un peu cinglés. Il y a Grégory (Gilles Lellouche), le chef, tout en charisme massif, Antoine, le chien fou de la bande (François Civil, dans une performance sidérante), et l’anxieux Yassine (Karim Leklou, toujours juste). Autour d’eux, Marseille est une zone de guerre écrasée de lumière, un piège de béton qui se referme peu à peu. Tout commence par une info, lâchée par l’indic d’Antoine. La promesse d’un coup de filet historique dans le marigot des dealers. Mais pour cela il faut se salir les mains, entrer dans le trafic. Aiguillonnés par une hiérarchie qui n’hésitera pas, plus tard, à les lâcher, les trois cow-boys prennent tous les risques…

L’aventure a la puissance, la frénésie réaliste et l’amertume des grands polars américains d’autrefois, de Clint Eastwood à William Friedkin. Cédric Jimenez installe magistralement un quotidien sous tension, traversé de fulgurances, de grands moments de cinéma, d’un face-à-face explosif entre ces flics et ces truands, à l’entrée d’une cité, jusqu’au point culminant du film, un assaut d’une violence inouïe. Non, BAC Nord n’est pas un hommage aux pratiques douteuses d’une bande de pseudo-ripoux. C’est le grand spectacle furieux et désespéré d’une société qui s’effondre. — C.M.

Contre :
description manichéenne des fonctionnaires de l’IGPN
Malgré l’efficacité de la mise en scène, malgré le talent des comédiens, c’est le malaise qui domine devant BAC Nord. Pour trois raisons. La première tient à la représentation déshumanisante des trafiquants de drogue dans la séquence de l’assaut de la cité par les policiers : on a l’impression de voir les zombies d’un jeu vidéo, interchangeables et semblant se renouveler à l’infini.

La deuxième est liée à la description manichéenne des fonctionnaires de l’IGPN, la « police des polices », assimilés ici à des gratte-papier cyniques, manipulateurs et inutiles, qui empêcheraient leurs collègues prenant tous les risques sur le terrain de lutter contre les délinquants. Une vision pour le moins malheureuse, alors que, avec la multiplication des polémiques concernant les violences des forces de l’ordre, un organisme de contrôle des policiers est plus que jamais nécessaire.

La troisième, enfin, renvoie à la prise de position tranchée de Cédric Jimenez sur une instruction judiciaire toujours en cours au moment du tournage. Et le fait que le jugement du tribunal de Marseille, en avril dernier, ait validé largement les thèses du réalisateur ne change rien au problème : l’affaire n’est toujours pas close, le parquet ayant fait appel de la relaxe de plusieurs des policiers mis en cause. — S.D.
BAC NORD, Audrey Diwan et Cédric Jimenez 2020, Francois Civil Gille Lellouche, Adele Exarchopoulos (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
2012. Les quartiers nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC nord, brigade de terrain, cherche sans c ...

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BAISERS VOLES, François Truffaut 1968. Jean-Pierre Léaud, Claude Jade (societe)@@@


Après son service militaire, Antoine Doinel, toujours amoureux de Christine Darbon, cherche un emploi. Après s'être fait renvoyer d'un travail de veilleur de nuit, il est engagé dans une agence de détective privé où on lui confie une mission dans un magasin de chaussures. Le propriétaire, M.

TELERAMA
Mort il y a déja quarante ans, François Truffaut cultivait l’insolite, l’humour et la tendresse. Que reste-t-il de nos amours pour ce chef-d‘œuvre, de ces beaux jours avec Antoine Doinel ? L’envie de cueillir le jour.

Il lit Le Lys dans la vallée, de Balzac, et s'enfuit après avoir gaffé auprès d'une dame. Il envoie ses lettres d'amour par pneumatique et balance à une fille transie d'amour : « L'amour et l'amitié, ça marche avec l'admiration, et moi je ne vous admire pas. » Antoine Doinel est un romantique maladroit et cruel. On le retrouve ici à l'âge où l'on vole les derniers baisers avant de s'engager dans une vie de couple. Toujours en train de courir, se cognant aux réverbères et à ses amours passées, Antoine s'assoit enfin sur un banc, à la fin du film, avec celle qui deviendra sa femme.

François Truffaut filme cette parenthèse enchantée sur le rythme de la chanson de Charles Trenet Que reste-t-il de nos amours ? Il virevolte le long des façades haussmanniennes, s'arrête sur la tour Eiffel ou le Sacré-Coeur, et fait de Paris un petit village dédié aux amoureux. En de longs plans-séquences, Truffaut offre à chacun de ses acteurs un solo, comme dans un orchestre. Ainsi Michael Lonsdale, qui se demande, avec son ineffable détachement poli, pourquoi on le déteste. Ou encore Delphine Seyrig donnant à Doinel un cours de séduction. Beaucoup plus embarrassant, le monologue de Jean-Pierre Léaud, qui se regarde dans un miroir et psalmodie le nom des trois personnages principaux du film, jusqu'à l'écoeurement... Dans la série des Doinel, le drame couve toujours sous le marivaudage.
BAISERS VOLES, François Truffaut 1968. Jean-Pierre Léaud, Claude Jade (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Après son service militaire, Antoine Doinel, toujours amoureux de Christine Darbon, cherche un emploi. Après s'être fait renvoyer d'un travail de veilleur de nuit, il est engagé dans une agence de détective ...

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BARTON FINK, Joel Coen et Ethan Coen 1991, John Turturro, John Goodman (histoire)@@@


En 1941, Barton Fink est un jeune auteur timide et effacé de pièces de théâtre, dont la dernière pièce est encensée par la critique à New York. Son agent le pousse à tenter sa chance à Hollywood comme scénariste sous contrat pour un studio, Capitol Pictures. Arrivé à Hollywood, le patron du studio, Jack Lipnick, lui demande de scénariser un film de série B sur le monde des lutteurs. Barton Fink accepte alors qu'il ne connaît pas du tout cet univers sportif.

TELERAMA
Palme d’or à Cannes en 1991, les frères Coen ont frappé très fort, encore une fois. Cette farce littéraire a propulsé les frères Coen au rang de cinéastes majeurs. Même s’ils arborent de façon un peu clinquante leur collection de signes intellos-rigolos et leur virtuosité d’auteurs, ils démontrent un sacré talent dans l’alliance de l’angoisse et de l’absurdité. C’est une peinture précise et impitoyable du Hollywood des années 1940, et un délire macabre fondé sur la paranoïa, la peur d’être englouti, y compris sexuellement…

On ne sort guère de l’hôtel rococo, labyrinthe marron et sans fond qui semble doué de facultés humaines. Rien n’est rassurant, pas même Charlie (génial John Goodman), qui suscite presque plus de sympathie que le pontifiant Barton. Ce voisin de chambre est-il aussi bonne poire qu’il en a l’air ? Est-il ange gardien ou démon ? La réponse viendra dans l’incendie final, apocalyptique. Moralité ricaneuse : Hollywood, c’est l’enfer volontaire.

RESUME
1941. Grâce au succès de sa première pièce de théâtre, un jeune dramaturge new-yorkais, Barton Fink, se voit proposer un alléchant contrat par un nabab hollywoodien. Après avoir, dans un premier temps, refusé cette offre, il se laisse finalement séduire. Il se retrouve dans un immense hôtel et ne tarde pas à faire la connaissance d'un mystérieux personnage passionné de catch, Charlie Meadows. En mal d'inspiration, Barton affronte la traditionnelle angoisse de la page blanche. Il cherche conseil, mais en vain, auprès de WP Mayhew, un écrivain alcoolique qu'il admire. Au fil des jours, il finit par sympathiser avec Charlie Meadows, qui se révèle être un tueur...
BARTON FINK, Joel Coen et Ethan Coen 1991, John Turturro, John Goodman (histoire)@@@ (edit IPTC) (E)
En 1941, Barton Fink est un jeune auteur timide et effacé de pièces de théâtre, dont la dernière pièce est encensée par la critique à New York. Son agent le pousse à tenter sa ch ...

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BEFORE MIDNIGHT, Richard Linklater 2013, Julie Delpy, Ethan Hawke (sentimental)@@


Une île grecque, une villa magnifique, en plein mois d'août. Céline, son mari Jesse et leurs deux filles passent leurs vacances chez des amis. On se promène, on partage des repas arrosés, on refait le monde. La veille du retour à Paris, surprise : les amis offrent au couple une nuit dans un hôtel de charme, sans les enfants. Les conditions sont idylliques mais les vieilles rancoeurs remontent à la surface et la soirée en amoureux tourne vite au règlement de comptes.

TELERAMA
Duo-duel conjugal mis en scène avec brio par Richard Linklater qui a une passion pour les mots et une fascination pour le temps qui passe.
Sur le thème du couple, le cinéaste indépendant américain Richard Linklater a conçu une étonnante trilogie inspirée par le vrai changement, et vieillissement, de ses comédiens Julie Delpy et Ethan Hawke. Il y eut, en 1995, Before Sunrise, où le jeune Jesse rencontrait, à Vienne, Céline. Dans Before Sunset, en 2004, ils se retrouvaient à Paris. Jesse était devenu écrivain, et père avec une autre. Neuf ans après, les voici parents d’adorables jumelles. Le passé les accompagne, socle de l’amour qui les porte. De plus en plus difficilement.

L’écrivain qu’est toujours Jesse cache peut-être un macho qui s’ignore. Ce qui pousse Céline dans ses retranchements de pasionaria féministe. Entre ces deux-là, l’échange se noue, se dénoue et se renoue sans cesse. Ils parlent en mangeant, en marchant… Leur duo-duel très écrit est saisi sur le vif par une caméra qui donne de l’élégance à ce cinéma du dialogue. On pourrait le trouver bavard, complaisant, mais une tension s’y invite : les plans durent, obligeant les acteurs à réussir leurs scènes de bout en bout. Élément fondateur de cette trilogie, le temps est ici une obsession fructueuse. Qui raconte l’instant présent comme le passage de la vie.
BEFORE MIDNIGHT, Richard Linklater 2013, Julie Delpy, Ethan Hawke (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Une île grecque, une villa magnifique, en plein mois d'août. Céline, son mari Jesse et leurs deux filles passent leurs vacances chez des amis. On se promène, on partage des repas arrosés, on refait le monde. ...

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BEIGNETS DE TOMATES VERTES, Jon Avnet 1991 (saga)@@@


Evelyn couch, la cinquantaine, rend visite à une vieille parente, qui réside dans une maison de retraite. Elle s'y lie d'amitié avec Ninny Threadgoode, une adorable octogénaire qui égrène les souvenirs de sa jeunesse passée à Whistle Stop, en Alabama, à l'époque de la dépression. Ninny raconte à Evelyn l'histoire d'Idgie, une jeune femme rebelle, véritable garçon manqué, qui vouait un amour fou à la douce Ruth.

TELERAMA:
Hymne à la tolérance, mais aussi incitation courageuse à prendre en main son propre destin, Beignets de tomates vertes a été un succès surprise dans le monde entier. Le scénario est astucieux : le parallèle entre les histoires présente et passée donne au film une incontestable dynamique, et le dosage entre les moments de drame et de joie est savant. Pourquoi frôle-t-on sans cesse la mièvrerie ? Sans doute parce que les déboires conjugaux d'Evelyn et de Ruth sont mis au même niveau que les exactions du Ku Klux Klan, dont les effets ne sont pas exactement les mêmes... Le film ne va pas non plus au bout de ses revendications libertaires, l'évidente relation homosexuelle qui unit Idgie à Ruth étant passée sous silence... C'est donc un produit hollywoodien, avec ses limites, mais aussi ses qualités : une interprétation exceptionnelle.
BEIGNETS DE TOMATES VERTES, Jon Avnet 1991 (saga femmes)@@@ (edit IPTC) (E)
Evelyn couch, la cinquantaine, rend visite à une vieille parente, qui réside dans une maison de retraite. Elle s'y lie d'amitié avec Ninny Threadgoode, une adorable octogénaire qui égrène les souven ...

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BLACK BOOK, Paul Verhoeven, Garice Van Houten, Sebastian Koch


Lorsque sa cachette est détruite par une bombe, la chanteuse Rachel Stein tente, avec un groupe de Juifs, de gagner la Hollande Méridionale, déjà libérée. Mais une patrouille allemande les intercepte dans le delta du Biesboch. Tous les réfugiés sont abattus ; seule Rachel échappe au massacre.Elle rejoint alors la Résistance et, sous le nom d'Ellis de Vries, parvient à infiltrer le Service de Renseignements allemand et à se lier avec l'officier Mûntze. Séduit, celui-ci lui offre un emploi..
BLACK BOOK, Paul Verhoeven, Garice Van Houten, Sebastian Koch (guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Lorsque sa cachette est détruite par une bombe, la chanteuse Rachel Stein tente, avec un groupe de Juifs, de gagner la Hollande Méridionale, déjà libérée. Mais une patrouille allemande les intercept ...

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BLACK SWAN, Darren Aronofsky 2011, Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis (musical)@@@


Thomas Leroy, le directeur du New York City Ballet, est à la recherche d'une nouvelle danseuse étoile depuis qu'il a décidé de se passer des services de la titulaire, Beth. Nina, depuis longtemps membre de la troupe, pense que son heure est venue. Une rivale inattendue se présente en la personne de la sensuelle Lily, nouvellement recrutée. Nina peut compter sur sa mère, Erica, une maîtresse-femme qui contrôle sa vie, pour intervenir auprès de Thomas.

TELERAMA
Entre les griffes de Darren Aronofsky, une ballerine voit son rêve tourner au cauchemar.
Danseuse étoile pour Le Lac des cygnes, Nina a du fil à retordre avec le cygne noir de la fin du ballet. La pureté artistique qu’elle recherche depuis toujours se retourne contre elle : on lui demande du débordement, des aspérités, de la sensualité, et c’est un cauchemar pour elle.

Darren Aronofsky s’y connaît en cauchemars : il a signé en 2000 le mémorable Requiem For a Dream, avec ses antihéros emportés dans une dérive de la perception. Black Swan brouille encore plus vite la frontière entre réalité, fantasmes et hallucinations. Particulièrement impressionnante est la galerie de figures féminines, toutes des doubles déformés ou déformants de l’héroïne. La mère (Barbara Hershey) offre une image de Nina avec trente ans de plus, ayant échoué jadis à sortir du rang. La danseuse étoile récemment déchue de la troupe (Winona Ryder), reproche vivant, symbole du déclin à venir. La rivale directe (Mila Kunis) paraît menaçante, obscène, car jugée plus sexy que Nina…

Le cinéaste déchaîne ses images mentales et brutales, jouant à plein régime du parallèle entre le tour de force de Natalie Portman (grandiose) et celui du personnage. La dernière réplique, expression d’un triomphe, s’accompagne ainsi d’une effusion de sang. Et l’actrice, oscarisée pour ce film, eut longtemps du mal à s’investir dans un autre projet.
BLACK SWAN, Darren Aronofsky 2011, Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis (musical danse)@@@ (edit IPTC) (E)
Thomas Leroy, le directeur du New York City Ballet, est à la recherche d'une nouvelle danseuse étoile depuis qu'il a décidé de se passer des services de la titulaire, Beth. Nina, depuis longtemps membre de la tro ...

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BLOW UP, Michelangelo Antonioni 1966, David Hemmings, Vanessa Redgrave, Sarah Miles, Peter Bowles (thriller sentimental)@@@


Dans un parc de Londres, un jeune photographe surprend ce qu'il croit être un couple d'amoureux. Il découvre sur la pellicule une main tenant un revolver et un corps allongé dans les buisssons...

TELERAMA
es couleurs vives et le noir d’encre (mention spéciale à Carlo Di Palma), l’architecture ancienne mais surtout nouvelle de Londres, l’approche résolument plastique, c’est ce qui saisit d’abord aujourd’hui, en revoyant cette Palme d’or de 1967. Second film en couleurs après Le Désert rouge du maître italien, Blow-Up est son premier hors d’Italie, objet de scandale en son temps (pour ses scènes de nu et ses joints fumés). On ne peut qu’être frappé par le don d’observation d’Antonioni de l’anglicité, au-delà même du Swinging London auquel on associe souvent son film.

Certes, il y a bien l’attitude surexcitée du photographe de mode (inspiré de David Bailey), le défilé des fringues et des mannequins (avec l’apparition de Jane Birkin), le concert chaotique dans un club des Yardbirds, avec Jeff Beck qui détruit sa guitare. Mais le film, plutôt excentré et silencieux, se réduit presque à deux lieux : le studio du photographe et ce parc désert où il traîne un jour par hasard, prend de loin un couple qui flirte et découvre après coup, à travers tirages et agrandissements successifs, qu’un crime a peut-être été commis.

Énigme avec multiplication d’indices, le film est une réflexion captivante sur la réalité et l’apparence, la vérité qui nous échappe toujours, le voyeurisme et la part vampirique de la création artistique. À ce titre, le photographe cynique en jean blanc et boots incarné par le formidable David Hemmings n’est guère sympathique — c’est un mufle égocentrique, comme le sont souvent les hommes chez Antonioni —, mais ses déboires tendent à le bonifier un peu. Blow-Up (qui signifie à la fois « agrandir », « révéler », « exploser ») reste un grand film conceptuel sur l’opacité du réel et le mystère de l’existence, dont l’image photographique, la peinture (aussi évoquée ici) et le cinéma ne font que refléter la surface.

| Film de Michelangelo Antonioni (Italie/GB, 1966) | Scénario : M. Antonioni, Tonino Guerra, d’après Julio Cortázar | 110 mn. VO | Avec David Hemmings (Thomas), Vanessa Redgrave (Jane), Sarah Miles (Patricia), Peter Bowles (Ron).
BLOW UP, Michelangelo Antonioni 1966, David Hemmings, Vanessa Redgrave, Sarah Miles, Peter Bowles (thriller sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans un parc de Londres, un jeune photographe surprend ce qu'il croit être un couple d'amoureux. Il découvre sur la pellicule une main tenant un revolver et un corps allongé dans les buisssons...

TELERAMA
es ...

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BODYGUARD


Frank Farmer, ancien agent des services secrets, est un garde du corps émérite qui a mis ses talents à la disposition de deux présidents et de nombreux financiers et politiciens de réputation internationale. Un jour, l'impresario Bill Devaney lui propose un contrat avantageux pour assurer la protection de sa cliente Rachel, comédienne et chanteuse en pleine ascension, menacée par un fan inconnu.
BODYGUARD, Mick Jackson 1992,Kevin Costner, Whitney Houston (drame sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Frank Farmer, ancien agent des services secrets, est un garde du corps émérite qui a mis ses talents à la disposition de deux présidents et de nombreux financiers et politiciens de réputation international ...

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BONNIE AND CLYDE, Arthur Penn 1967, Warren Beatty, Faye Dunaway (thriller)@@@


Etats-Unis, les années 1930. C'est la Grande Dépression, suite au krach boursier de 1929. Un couple d'amants criminels, Bonnie Parker et Clyde Barrow, sillone le pays en braquant des banques. Bientôt, l'Amérique ne parle plus que de ces hors-la-loi inexpérimentés. Certains les admirent. D'autres sont horrifiés. Quoiqu'il en soit, poursuivis par la police, ils devront bientôt faire face à leur destin...

TELERAMA
Une jolie serveuse suit un mauvais garçon. La carrière du gang Barrow est prétexte à une tragi-comédie sanglante dans l’Amérique des années 1930. Un polar mythique d’Arthur Penn.

Une jeune serveuse suit un mauvais garçon pour l’exécution d’un hold-up minable. De fil en aiguille, c’est-à-dire de larcins en meurtres, rejoints par quelques amis, ils forment le gang Barrow, poursuivi par toutes les polices d’Amérique.

Le script avait été écrit pour François Truffaut. Arthur Penn en tira une œuvre légendaire qui mélange les genres avec un bonheur constant et s’appuie sur deux interprètes en passe de devenir des stars. La carrière fulgurante du gang Barrow est prétexte à une tragi-comédie sanglante et hétéro­gène, où Penn, sur des rythmes jazzy, reconstitue les États-Unis des années 1930 à coups de fausses actualités et d’intermèdes burlesques. Le crépitement des mitraillettes et les corps criblés de balles peuvent déranger : en son temps, le film fit polé­mique. Pourtant, il ne fait ­jamais l’apologie de la violence, évoquant sans fausse pudeur la place des armes à feu dans la société américaine.
BONNIE AND CLYDE, Arthur Penn 1967, Warren Beatty, Faye Dunaway (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Etats-Unis, les années 1930. C'est la Grande Dépression, suite au krach boursier de 1929. Un couple d'amants criminels, Bonnie Parker et Clyde Barrow, sillone le pays en braquant des banques. Bientôt, l'Amérique n ...

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BUENA VISTA SOCIAL CLUB Wim Wenders 1999, Compay Segundo, Omara Portuondo


Buena Vista Social Club est un groupe formé en 1996 pour faire revivre la musique cubaine pré-révolution. Le projet a été imaginé par Nick Gold de la maison de disques World Circuit et le guitariste américain Ry Cooder

TELERAMA:
Ce documentaire est d'abord la chronique d'une renaissance : certains de ces musiciens ne jouaient ou ne chantaient plus depuis des années. Le pianiste Rubén González n'avait plus de piano, Eliades Ochoa alignait les disques incognito, Ibrahim Ferrer cirait des chaussures. Sur la scène du Carré, à Amsterdam, on les sent frétiller d'une excitation juvénile. Entre concert, studio et intérieurs havanais, le film s'éclaire par petites touches. Sa force ne tient pas tant à la mise en scène. Elle n'est pas non plus dans les histoires des membres du groupe. Non, ce charme est affaire d'ambiance, de bonnes vibrations. Ici, on aime la musique, on la saisit avec ferveur, on la partage.

BUENA VISTA SOCIAL CLUB, Wim Wenders 1999, Compay Segundo, Omara Portuondo (musical cuba)@@@ (edit IPTC) (E)
Buena Vista Social Club est un groupe formé en 1996 pour faire revivre la musique cubaine pré-révolution. Le projet a été imaginé par Nick Gold de la maison de disques World Circuit et le guitariste ...

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CASABLANCA, Michael Curtiz 1942, Humfrey Bogart, Ingrid Bergman (guerre sentimental)@@@


A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. L'établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer les papiers nécessaires pour quitter le pays. Lorsque Rick voit débarquer un soir le dissident politique Victor Laszlo et son épouse Ilsa, quelle n'est pas sa surprise de retrouver dans ces circonstances le grand amour de sa vie.

TELERAMA
1942, Casablanca. Pour l’amour d’une femme, un Américain sort de sa neutralité désabusée et aide deux résistants. Un de ces classiques qu’on ne cesse de revoir.

Dans ce café brumeux de Casablanca, au milieu de la Seconde Guerre, le port du voile intérieur est indispensable, pour cacher ses souvenirs et ne pas regarder l’avenir en face. Voilà pourquoi, au commencement, le patron, Rick, n’a pas de visage. Ce n’est qu’une main lasse et inquiète, dont la caméra capte les mouvements crispés au bas d’un chèque, puis sur une pièce de jeu d’échecs. Ilsa, la cliente qu’il ne veut pas voir, n’a d’yeux que pour d’autres mains, celles d’un pianiste qui joue un air ancien, aux parfums de madeleine de Proust. Évidemment, Ilsa et Rick se sont aimés autrefois, dans un Paris de carton-pâte dont les artifices ne font que renforcer la douleur onirique. Évidemment, leurs retrouvailles ne peuvent que secouer les murs d’une ville bâtie pour l’entre-deux…

Tourné en pleine guerre, ce classique du cinéma surprend d’abord par son ironie visionnaire : on y jette à la poubelle des bouteilles d’eau de Vichy, et la victoire de la Résistance paraît certaine. Mais c’est surtout la magie éternelle du couple Bogart-Bergman qui ébranle. L’actrice raconta que la grâce lunaire et chancelante de leur jeu venait de l’état d’incertitude dans lequel ils étaient maintenus en permanence. Leurs répliques étaient écrites au jour le jour, et le dénouement de l’histoire leur fut caché jusqu’au dernier moment. Dire qu’à l’origine les studios pensaient faire jouer ce couple mythique par Ann Sheridan et Ronald Reagan…
CASABLANCA, Michael Curtiz 1942, Humfrey Bogart, Ingrid Bergman (guerre sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. L'établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer ...

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CAVALE SENTIMENTALE, Aylin Tezel 2023, Chris Fulton (sentimental)@@@


Kira et Ian, fuyant leurs problèmes, se rencontrent sur l'île écossaise de Skye pour un week-end d'hiver. Ils se lient instantanément et profondément. De retour à Londres, ils tentent de reprendre une vie normale.

TELERAMA
la première fiction d’Aylin Tezel n’a rien d’une cavale. Mais tout d’une lente immersion dans une résurrection sentimentale. Kira débarque dans un hôtel de l’île de Skye pour ce qui aurait dû être un week-end en amoureux sans… son amoureux. Elle vient de rompre. Elle est en souffrance. Pour s’anesthésier, elle tente l’alcool au pub du coin. La jeune artiste plasticienne y rencontre Ian. Musicien local, très lesté par une peine intime lui aussi. Immédiatement magnétique, leur tête-à-tête d’une nuit se termine en cul-de-sac. Trop de blessures, trop d’empêchements. Alors ils reprennent le cours de leur vie à Londres, cheminant parallèlement.

Écrit, réalisé et interprété par Aylin Tezel, le téléfilm se révèle immédiatement émouvant comme la fin d’une histoire d’amour, mais surtout poétiquement fragile comme son début. La créatrice ne fait pas que raconter Kira et Ian, l’amour est dans ce que l’on dit, mais surtout dans ce que l’on ne dit pas, elle en fait une superbe démonstration à l’aide de comédiens remarquables, au service de ces silences déterminants. Et des choses qui retombent à leur place. Comme l’indique le titre original, Falling into Place.
CAVALE SENTIMENTALE, Aylin Tezel 2023, Chris Fulton (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Kira et Ian, fuyant leurs problèmes, se rencontrent sur l'île écossaise de Skye pour un week-end d'hiver. Ils se lient instantanément et profondément. De retour à Londres, ils tentent de reprendre un ...

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Nick Marshall, cadre dans une agence publicitaire, ne parvient pas à satisfaire les attentes et les désirs des femmes, faute de les comprendre. Il aspire au poste de directeur de la création, mais ses supérieurs hiérarchiques engagent à sa place Darcy McGuire, sa grande rivale. Suite à une chute dans sa baignoire, Nick se met à entendre les pensées des femmes.
CE QUE VEULENT LES FEMMES, Nancy Meyers, 2000, Helene Hunt, Mel Gibson(comedie sentimentalle)@@@ (edit IPTC) (E)
Nick Marshall, cadre dans une agence publicitaire, ne parvient pas à satisfaire les attentes et les désirs des femmes, faute de les comprendre. Il aspire au poste de directeur de la création, mais ses supérieurs ...

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CERTAINS L AIMENT CHAUD, Billy Wilder 1959, Marylin Monroe, Tony Curtis, Jacl Lemmon (sentimental)@@@


Chicago 1929. Joe et Jerry, deux musiciens au chômage, obtiennent un contrat pour le bal de la Saint-Valentin. Cela fait d'eux, malheureusement, les seuls témoins d'un règlement de comptes entre deux bandes rivales. Le chef de l'une d'entre elles, Spats Colombo, les a repérés et veut les éliminer.

TELERAMA
On connaît la réplique qui clôt ce superbe film : « Personne n'est parfait. » Et moins celle qui résume une grande partie de la philosophie de Billy Wilder, que prononce un Jack Lemmon travesti, sidéré, soudain, par le monde incroyable qu'il découvre : « Les femmes, dit-il alors à son pote Tony Curtis, sont un sexe tout à fait différent. » On n'a jamais mesuré si bien et de manière si concise une des grandes évidences de la vie...
En pleine Prohibition, deux musiciens, poursuivis par des gangsters pour avoir assisté à un massacre, rejoignent, maquillés et pomponnés, un orchestre féminin, dont la vedette est une adorable paumée qui joue de l'ukulélé, tombe amoureuse de tous les saxophonistes mâles qu'elle rencontre et chante « I wanna be loved by you, pooh pooh pee dooh » à la Betty Boop.
Le scénario, d'une audace et d'un humour ravageurs, baigne dans une sensualité gouailleuse (Lemmon et les girls dans sa couchette) et rigolote (Curtis, qui prétend être impuissant, est trahi par la buée de ses lunettes, alors que Marilyn l'embrasse savamment). Le film est une merveille de rythme, d'invention et de gaîté. Si Marilyn est magique, c'est Lemmon dont on se souvient avec le plus d'enthousiasme, dansant un tango érotico-comique avec son soupirant milliardaire et pestant contre un groom qui, dans l'ascenseur, lui a pincé les fesses, alors qu'il (elle) n'est même pas joli(e). On mesure, en revoyant Certains l'aiment chaud, le manque de rythme et de fantaisie effrayant de la comédie américaine actuelle.
CERTAINS L AIMENT CHAUD, Billy Wilder 1959, Marylin Monroe, Tony Curtis, Jacl Lemmon (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Chicago 1929. Joe et Jerry, deux musiciens au chômage, obtiennent un contrat pour le bal de la Saint-Valentin. Cela fait d'eux, malheureusement, les seuls témoins d'un règlement de comptes entre deux bandes rivales. Le c ...

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CHANTONS SOUS LA PLUIE, Stanley Donen 1952, Gene Kelly (musical)@@@


1927, dans les studios de la Monumental Pictures à Hollywood. Don Lockwood et Lina Lamont forment le couple phare du cinéma muet. Adulés du public, perpétuellement amoureux à l'écran, ils ne peuvent en réalité pas se souffrir. L'arrivée du cinéma parlant provoque un drame. Car, malgré son port de reine, Lina a une voix de crécelle.

TELERAMA
En 1927, à la naissance du parlant, un couple-vedette du muet se voit contraint de se reconvertir en « véritables » comédiens, au grand désespoir de la jeune femme dotée d’une voix de crécelle.

Le coucher de soleil ? Des projecteurs. La brise d’été ? Un ventilo. Le balcon sous lequel Don (Gene Kelly) déclare son amour à Kathy (Debbie Reynolds) ? Une bête échelle au milieu d’un studio désert. Ainsi mise en scène, via des artifices revendiqués comme tels, la vérité des sentiments (« Tu m’étais destinée, je t’étais destiné », lalala) peut enfin s’exprimer, dans un lyrisme créé quasi ex nihilo sous nos yeux émerveillés. De fait, au-delà de l’éblouissante perfection de ses numéros chantés et dansés, dont les plus fameux, Singin’in the Rain, Make ’em Laugh ou Moses Supposes, procurent une joie inoxydable, Chantons sous la pluie émeut par sa foi inébranlable dans le 7e art.

S’il moque affectueusement ses artisans (nervosité du réalisateur, indécision chronique du producteur, perfidie de la star à la voix stridente interprétée par la géniale Jean Hagen…), le film célèbre d’abord la vitalité, l’inventivité (re) bondissante du cinéma. En effet, c’est à la fois l’histoire d’un nanar sauvé du naufrage par son ripolinage en comédie musicale et le récit de la fin d’un monde, celui du muet, résolument envisagée avec un optimisme en Technicolor — pour le versant tragique, il faudra voir Babylon, de Damien Chazelle. Jamais Hollywood n’a été plus beau en son miroir que dans ce jeu de dupes trépidant, où les scénarios s’imaginent en deux temps trois mouvements, et où la débutante jaillie du gâteau finit en haut de l’affiche. Une définition du bonheur.
CHANTONS SOUS LA PLUIE, Stanley Donen 1952, Gene Kelly (musical)@@@ (edit IPTC) (E)
1927, dans les studios de la Monumental Pictures à Hollywood. Don Lockwood et Lina Lamont forment le couple phare du cinéma muet. Adulés du public, perpétuellement amoureux à l'écran, ils ne peuvent ...

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CHINATOWN, Roman Polanski 1974, Jack Nicholson, Faye Dunaway (thriller)@@@


Los Angeles, dans les années 30. Détective privé et individu sans grande consistance, J. J. Gittes est spécialisé dans les affaires d'adultère.

TELERAMA
Los Angeles, 1937. J.J. Gittes, détective privé, reçoit la visite d'une femme ravissante qui lui demande de faire suivre son mari, un ingénieur des eaux. Gittes mène son enquête et renifle bientôt le sac d'embrouilles, notamment une affaire de corruption...

Chinatown, c'est d'abord le climat rétro des années 1930, qui, une fois n'est pas coutume, passe magnifiquement la rampe. Polanski retrouve l'atmosphère et la classe des films noirs hollywoodiens d'antan sans sombrer dans la réplique nostalgique et aseptisée. L'enquête tortueuse se fait en eaux troubles, dans un univers poisseux. Un puzzle complexe qui cache des rapports de force cruels, ambigus, inavoua­bles. Brave type accablé, volontaire, mais toujours en retard, Gittes court après ce qu'il favorise lui-même. En privé un peu maso et désabusé, teigneux et faible, Jack Nicholson fait un sacré numéro. Son sparadrap sur le nez — super idée — est une manière bidonnante de montrer que son flair est mis à rude épreuve dans cette affaire où tout le monde semble jouer double jeu. Faye Dunaway est fatale à souhait, et John Huston campe un pervers convaincant. En un mot : l'affaire est bien pourrie, et le film, très réussi.
CHINATOWN, Roman Polanski 1974, Jack Nicholson, Faye Dunaway (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Los Angeles, dans les années 30. Détective privé et individu sans grande consistance, J. J. Gittes est spécialisé dans les affaires d'adultère.

TELERAMA
Los Angeles, 1937. J.J. Gittes, ...

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CHOEUR DE ROCKERS, Ida Techer et Luc Bricault 2022, Mathilde Seignier, Andrea Ferréol, Bernard Le Coq, Patrick Rocca (musical)@@@


Alex, chanteuse dont la carrière peine à décoller, accepte un drôle de job : faire chanter des comptines à une chorale de retraités. Elle découvre un groupe de séniors ingérables qui ne rêve que d'une chose, chanter du rock. La mission d'Alex va s'avérer plus compliquée que prévu avec la plus improbable des chorales.

TELERAMA
Porté par une solide BO rock anglo-française où Johnny Hallyday le dispute à Queen, ce premier long métrage d’Ida Techer sur une chorale de retraités a le bon goût d’un “feel good movie”, dopé par une belle brochette de personnages attachants.

Une chorale de retraités rockers… Sur le papier, ce premier long métrage d’Ida Techer – cosigné par Luc Bricault, assistant-réalisateur expérimenté – pouvait se placer sur les traces de l’affreux Sales Gosses (2017), farce du troisième âge dans une colo de seniors grossiers et / ou érotomanes. Ouf ! Il s’inspire en fait d’une histoire vraie, celle du groupe Salt and Pepper, chœur composé d’une quarantaine de membres âgés de 60 à 80 ans.

L’intrigue se déroule à Dunkerque, au bord de la Manche, comme pour mieux capter l’esprit des comédies sociales (The Full Monty, 1997) et des films juke-box (Good Morning England, 2009) venus d’Angleterre. D’où, surprise, une certaine authenticité prolétarienne, à l’image de la maison décatie de l’héroïne (Mathilde Seigner, plutôt à l’aise), prof de chant fauchée qui enchaîne les concerts de seconde zone avec son groupe de reprises.

Goûts musicaux du peuple
En dépit de ses limites évidentes, le scénario parvient à faire émerger de jolis personnages : la retraitée à la voix grave (Anne Benoît), le vieux séducteur qui ne chante pas l’anglais (Bernard Le Coq), la mamie folle du volant en 205 (Andréa Ferréol). Quant au politicard responsable de la chorale, il incarne une élite déconnectée projetant sur le groupe ses envies et ses préjugés pour en déduire les goûts musicaux du peuple.

Le film repose sur une solide BO rock (au sens large), émancipatrice et fédératrice, essentiellement anglo-française, de Johnny Hallyday à Queen, en passant par The Clash – mention spéciale à l’interprétation de Should I Stay or Should I Go. Chaque chanson doit entrer en résonance avec un moment ou un décor précis, ce qui donne lieu à des performances tantôt téléphonées (Antisocial en prison), tantôt aériennes (Space Oddity à l’église). Sans doute Chœur de rockers aurait-il mérité de déborder davantage du cadre du feel good movie, pour oser la franche comédie musicale.
CHOEUR DE ROCKERS, Ida Techer et Luc Bricault 2022, Mathilde Seignier, Andrea Ferréol, Bernard Le Coq, Patrick Rocca (musical)@@@ (edit IPTC) (E)
Alex, chanteuse dont la carrière peine à décoller, accepte un drôle de job : faire chanter des comptines à une chorale de retraités. Elle découvre un groupe de séniors ingérables ...

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CHRONIQUE DES ANNEES DE BRAISE, Mohammed Lakhdar-Hamina 1975 (histoire Algerie)(palme d or)@@@


Algérie, au début de la Seconde Guerre mondiale. Ahmad, paysan dans un petit village, vit dans la misère avec sa femme et son fils. Il tente de faire face à la sècheresse, à l'expropriation mais aussi à l'occupation française. Beaucoup de ses compatriotes mettent sur le même plan la France, Hitler ou les Américains. Pour eux, il faut entrer en résistance.

TELERAMA
Coup d’éclat pour un réalisateur, sorti de l’ombre grâce à la Palme d’or obtenue au festival de Cannes en 1975, mais qui ne retrouvera plus guère l’inspiration par la suite (tout en pesant de tout son poids sur le cinéma algérien). Divisé en plusieurs chants (les années de cendre, les années de feu…), le film s’achève, en 1954, lorsque débute cette guerre que les Français voudront « sans nom », durant des années. Mohammed Lakhdar-Hamina interprète lui-même le fou du village, celui qui, en fait, détient la sagesse et la vérité.

En 1939, Ahmed quitte son village d’Algérie pour la ville. Il y laisse sa famille qui sera anéantie par une épidémie de typhus. C’est la Seconde Guerre mondiale : le jeune berger est enrôlé dans l’armée française. De retour au pays, il prend conscience de la situation en Algérie…

CHRONIQUE DES ANNEES DE BRAISE, Mohammed Lakhdar-Hamina 1975 (histoire Algerie)(palme d or)@@@ (edit IPTC) (E)
Algérie, au début de la Seconde Guerre mondiale. Ahmad, paysan dans un petit village, vit dans la misère avec sa femme et son fils. Il tente de faire face à la sècheresse, à l'expropriation mais aus ...

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COCO, Lee Unkrich 2017 (jeunesse animation pixar)@@


Malgré le fait que sa famille ait banni la musique depuis des générations, Miguel rêve de devenir un musicien accompli comme son idole Ernesto de la Cruz. Désespéré de prouver son talent et suite à une mystérieuse série d'événements, Miguel se retrouve dans le coloré et éblouissant territoire des morts.

TELERAMA
Lors du Jour des morts, fête traditionnelle mexicaine, un jeune garçon visite l’au-delà et rencontre ses défunts ancêtres. Ce film d’animation Pixar, aventure familiale tendre, drôle et mélancolique, est une féerie visuelle inspirée.

ÀSanta Cecilia vit une drôle de famille. Tous cordonniers, de génération en génération. Mais Papi a plaqué Mamie pour aller pousser la chansonnette. Depuis, plus personne n’a le droit de produire la moindre note, le plus petit accord de guitare. Miguel, le petit dernier, est décidé à braver le tabou. Son aventure le mènera au monde de ses défunts ancêtres : formidable mégapole de morts très vivants, de squelettes fantasques, attachants et cocasses…

Oubliez les tombes grisâtres et les pluies de la Toussaint. Coco prend sa source dans un trésor visuel de crânes, d’étoffes éclatantes et de créatures mythiques. De la petite ville de Santa Cecilia, au Mexique, toute de poussière dorée, où commence l’histoire, à la cité des morts, vision baroque de l’au-delà, le film utilise magnifiquement la palette de couleurs et de formes qui lui est offerte.

Hommage à la culture mexicaine, ce conte n’en est pas moins une pure création Pixar. Il brasse avec humour et mélancolie les thèmes qui, de Toy Story à Vice versa, finissent par former une grande fresque sur la famille, l’enfance, l’irréversibilité du temps, ce qui est perdu et ce qui persiste entre les êtres…
COCO, Lee Unkrich 2017 (jeunesse animation pixar)@@@ (edit IPTC) (E)
Malgré le fait que sa famille ait banni la musique depuis des générations, Miguel rêve de devenir un musicien accompli comme son idole Ernesto de la Cruz. Désespéré de prouver son talent et su ...

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CODE MERCURY, Bruce Willis 1998 (policier)@@@


Simon, un enfant autiste âgé de 9 ans, décrypte par hasard le code Mercury, servant à la protection des codes secrets des États-Unis. Le Lieutenant Kudrow, ordonne son élimination immédiate sous couvert de menace pour la sécurité de l'état.

TELERAMA:
Bruce Willis est ici figé, l'air renfrogné, sans vie. Il y a pire : la représentation de l'autisme frise le n'importe quoi et varie selon les besoins de l'action. Tantôt sensationnaliste et larmoyante, tantôt idéalisée (l'autiste, être « supérieur »), tantôt carrément oubliée (ce gamin est comme tous les autres). Quant à Alec Baldwin, il ressemble plus à un blouson noir des Fifties qu'à un super espion démoniaque des temps modernes. Bref, ratage sur toute la ligne.
CODE MERCURY, Bruce Willis 1998 (policier)@@@ (edit IPTC) (E)
Simon, un enfant autiste âgé de 9 ans, décrypte par hasard le code Mercury, servant à la protection des codes secrets des États-Unis. Le Lieutenant Kudrow, ordonne son élimination immédiate so ...

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COMPARTIMENT N6, Juho Kuosmanen 2021 (road movie)@@@


Une jeune femme finlandaise échappe à une énigmatique histoire d'amour à Moscou en montant dans un train pour le port arctique de Mourmansk. Forcés de partager le long trajet et un minuscule wagon-lit avec un mineur russe, cette rencontre inattendue amène les occupants du compartiment n°6 à faire face à des vérités majeures sur les relations humaines.

TELERAMA:
Grand Prix à Cannes en 2021, ce road movie exerce le charme des plus beaux films roman­tiques : il restitue une attirance imprévue, informulée, entre deux êtres qui se croient confusément, l’un et l’autre, voués à la solitude. Au fil du trajet, et des escales sur ce territoire enneigé, qui dégèle lentement, l’attraction devient peur de la séparation, de la disparition : une adresse écrite sur un bout de papier suffit-elle pour ne pas se perdre à jamais, avant même d’avoir pu se connaître vraiment ? Voilà un irrésistible éloge de l’éphémère et de l’inconnu.
COMPARTIMENT N6, Juho Kuosmanen 2021 (road movie)@@@ (edit IPTC) (E)
Une jeune femme finlandaise échappe à une énigmatique histoire d'amour à Moscou en montant dans un train pour le port arctique de Mourmansk. Forcés de partager le long trajet et un minuscule wagon-lit avec ...

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CONTAGION, Steven Soderbergh 2011, Matt Damon (catastrophe sante)@@@


Quand Beth Emhoff revient dans le Minnesota après un voyage d'affaires à Hong Kong, elle pense que son malaise est dû au décalage horaire. Or, deux jours plus tard, Beth meurt et les médecins disent à son époux qu'ils ne savent pas ce qui a provoqué sa mort.

TELERAMA
L’un des films les plus regardés durant la première vague de Covid. Rarement un blockbuster d’anticipation aura été à ce point visionnaire, avec dix ans d’avance !

Avant même que l’image apparaisse, on entend quelqu’un tousser. Hum, hum, léger malaise assuré. Qui ne connaît pas Contagion ? Ce fut en effet l’un des films les plus regardés durant la première vague de pandémie de Covid, preuve moins de masochisme que de force cathartique de la fiction. Rarement un blockbuster d’anticipation aura été à ce point visionnaire (avec dix ans d’avance) sur la réalité exceptionnelle que nous étions tous en train de vivre, un peu partout sur la planète.

Difficile donc de ne pas le recommander à ceux qui ne l’ont pas encore (re)vu. Ils pourront s’étonner des similitudes avec les faits vécus : la recherche du patient zéro en Chine (à Macao), le taux de reproduction de la maladie, le confinement généralisé, le port du masque et même l’antidote miracle (le forsythia, en guise de chloroquine !), non pas vanté par Didier Raoult mais par un blogueur plus complotiste que lanceur d’alerte, joué par Jude Law.

Ils pourront aussi relever les différences. Dans le film, la tournure des événements est nettement plus catastrophique, puisqu’elle comprend le kidnapping d’une épidémiologiste (Marion Cotillard), des pillages, un monde au bord du chaos. Dans la réalité, les citoyens ont été plus responsables (ou serviles ?). Mais voir les choses en noir, c’est aussi la loi de ce genre de cinéma.

Le casting de luxe, dont l’une des stars succombe très vite, joue scrupuleusement sa partition, sans fausse note. Avec l’appui de son scénariste devin et très bien documenté, Scott Z. Burns, Steven Soderbergh démontre ici un sens de la pédagogie assez rare en même temps qu’un savoir-faire saisissant dans l’orchestration du récit.
CONTAGION, Steven Soderbergh 2011, Matt Damon (sante catastrophe)@@@ (edit IPTC) (E)
Quand Beth Emhoff revient dans le Minnesota après un voyage d'affaires à Hong Kong, elle pense que son malaise est dû au décalage horaire. Or, deux jours plus tard, Beth meurt et les médecins disent à ...

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COULEURS DE L INCENDIE, Clovis Cornillac 2022, Léa Drucker, Benoît Poelvoorde, Alice Isaaz, Clovis Cornillac, Olivier Gourmet (societe saga)@@@


Les funérailles du riche banquier Marcel Péricourt ont lieu en février 1927, avec apparemment tout Paris présent. Fille unique après le suicide de son frère, Madeleine Péricourt hérite de l'empire de son père et reprend seule l'affaire. Elle est la proie des conseils sans scrupules, de la cupidité, de la jalousie et de la corruption. Maintenant, elle se prépare à se venger.

TELERAMA
La suite d’“Au revoir là-haut”, ou la vengeance d’une déclassée : du bon spectacle populaire à l’ancienne.
On ne jouera pas, ici, au petit jeu des comparaisons avec le baroque Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel : il tournerait en défaveur de cette « suite », cette fois scénarisée à cent pour cent par Pierre Lemaître, et à laquelle Clovis Cornillac offre une mise en scène d’un classicisme humble mais ample. On ressent, d’emblée, son plaisir à coller à la forme feuilletonesque de cette histoire d’une femme rompue qui se relève, Madeleine Péricourt, fille de Marcel et sœur d’Édouard, la gueule cassée d’Au revoir là-haut.

Le film s’ouvre en grandes pompes funèbres sur le cercueil de Marcel, et le saut dans le vide d’un enfant. Nous sommes en 1929 : Madeleine, devenue héritière de la banque familiale, va, rapidement, tout perdre à cause de la cupidité et de la perversion des hommes. La vengeance de cette fière déclassée se fera de plus en plus incendiaire avec l’aide de personnages secondaires, tous défavorisés par la vie ou la société, et que le réalisateur se plaît à anoblir à chaque séquence, douce ou burlesque : une géniale nounou qui ne parle pas un mot de français, une cantatrice au cœur fragile mais vaillant face à la peste brune qui monte, et l’ancien chauffeur de Madeleine qui a été le témoin écœuré de sa chute. Clovis Cornillac s’est donné le rôle de cet homme du peuple, manière Jean Gabin des années 30. Le couple qu’il finit par former avec Léa Drucker, magnifique colonne vertébrale, orgueilleuse et frémissante, du film, se détache du casting d’ensemble, où chacun s’amuse de sa partition un peu théâtrale et délicieusement datée : Fanny Ardant en diva, Olivier Gourmet en député ridicule façon vaudeville, Benoît Poelvoorde en traître à la Jules Berry et la délicate Alice Izaac en mode Viviane Romance. À la manière, justement, du cinéma français d’avant guerre attaché aux acteurs, aux décors et aux costumes, cette célébration du courage féminin et des petites gens n’a d’autre ambition que d’être un parfait spectacle populaire, et c’est cela, justement, qui est si plaisant.

Pour Le Figaro, il s'agit d'une « fresque riche et foisonnante, un film d’époque en costume, féministe avant la lettre, captivant de bout en bout ». Pour le critique, le long-métrage est une sorte de « Monte-Cristo au féminin » qui même ne manque pas d'épaisseur « même pour les personnages secondaires »
COULEURS DE L INCENDIE, Clovis Cornillac 2022, Léa Drucker, Benoît Poelvoorde, Alice Isaaz, Clovis Cornillac, Olivier Gourmet (societe saga)@@@ (edit IPTC) (E)
Les funérailles du riche banquier Marcel Péricourt ont lieu en février 1927, avec apparemment tout Paris présent. Fille unique après le suicide de son frère, Madeleine Péricourt hérite ...

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DANCER IN THE DARK, Lars Von Trier 2000, Bjork, Catherine Deneuve


Dans les années 1960, Selma Jezkova, immigrée tchécoslovaque, s'est installée dans une petite ville des États-Unis avec son fils Gene, âgé de 12 ans. Elle travaille dur et sans relâche pour tenter de réunir l'argent qui doit lui permettre de payer à son fils une opération des yeux avant son treizième anniversaire. Gene, en effet, souffre d'une maladie héréditaire qui le prédestine comme sa mère à la cécité. Pour y parvenir, Selma travaille comme emboutisseuse dans une usine métallurgique, au-delà de ses capacités et au mépris des règles de sécurité. Elle ne s'offre comme distraction que la participation à une comédie musicale montée par la chorale amateur de son quartier. Un jour, Selma et Bill, son voisin, échangent leur secrets : elle devient aveugle et il cache à sa femme Linda qu'il est ruiné. Bill vole finalement à Selma les économies qui devaient servir à sauver son fils ; une série d'événements désastreux s'ensuit alors.

Ce film est une comédie musicale dramatique, d'un caractère dramatique affirmé 1,2. L'ambiance générale est lourde mais les passages musicaux agissent comme des pauses poétiques à l'atmosphère plus douce ou joyeuse2. La mort de deux personnages y est montrée, à chaque fois, avec brutalité. Le réalisateur danois a voulu, avec ce film, sortir des règles du Dogme95 qu'il avait initiées avec Thomas Vinterberg (10 règles très strictes qui donnent un cinéma épuré sans aucun artifice et sans meurtre) car il les trouvait déjà dépassées3. Néanmoins, il tient à conserver un style quasi-documentaire (caméra portée notamment1, qui semble justifiée ici, en accord avec le parcours « chaotique » de Selma2). Dans ce film plus que dans d'autres, le cinéaste danois concilie le naturalisme de la forme et des thèmes traités (séquences improvisées, illustration du milieu ouvrier, évocation du déterminisme social, des maladies génétiques etc.) au symbolisme, présent notamment dans les scènes dansées et chantées. Ce symbolisme très prononcé s'accentue clairement dans ses œuvres suivantes (la figure christique et la vengeance divine dans Dogville, la féminité, la nature et la sorcellerie dans Antichrist, la dépression, le désespoir et la mort dans Melancholia...)4,5.
DANCER IN THE DARK, Lars Von Trier 2000, Bjork, Catherine Deneuve (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans les années 1960, Selma Jezkova, immigrée tchécoslovaque, s'est installée dans une petite ville des États-Unis avec son fils Gene, âgé de 12 ans. Elle travaille dur et sans relâche p ...

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DARK WATERS, Todd Haynes, Tim Robbins, Mark Ruffalo, Anne Hathaway (policier)@@@


Robert Billiot a passé des années comme avocat de la défense d'entreprises mais son affaire la plus spectaculaire est son procès contre l'entreprise chimique DuPont. Il accuse le géant de la chimie d'avoir déversé des produits chimiques toxiques dans la rivière Ohio et d'avoir éliminé les boues, qui contiennent également des substances dangereuses dans une décharge non scellée. L'eau potable est affectée par la contamination. Les animaux meurent et les gens tombent malades du cancer.

TELERAMA:
Nous tenir en haleine durant deux heures autour des effets catastrophiques d’une substance de synthèse n’était pas gagné d’avance. Todd Haynes rend pourtant passionnants les multiples épisodes de cette affaire scandaleuse et véridique. L’attrait du réquisitoire tient dans son combat digne de David contre Goliath.
Dark Waters est un film-dossier, traité comme tel. En témoigne cette séquence ahurissante où Bilott (Mark Ruffalo, totalement impliqué) est encerclé par des montagnes de cartons renfermant des milliers de documents qu’il décide d’éplucher seul pour y dénicher la faille. Tâche titanesque dont le film rend compte, le cinéaste ne craignant pas d’exposer une somme d’informations impressionnante, d’ordre à la fois scientifique, juridique, économique, médical. Loin de peser, ces éclairages ne cessent d’alimenter le suspense et la paranoïa.
Si la narration reste limpide, l’image, elle, baigne dans une atmosphère plombée d’hiver sans couleur ni lumière, où les animaux et les humains ressemblent à des zombies, où la nature ne semble plus rien offrir de sain. C’est aussi tout le système économico-politique qui paraît vicié de l’intérieur.
DARK WATERS, Todd Haynes, Tim Robbins, Mark Ruffalo, Anne Hathaway (environnement sante policier)@@@ (edit IPTC) (E)
Robert Billiot a passé des années comme avocat de la défense d'entreprises mais son affaire la plus spectaculaire est son procès contre l'entreprise chimique DuPont. Il accuse le géant de la chimie d'avoir ...

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DELICIEUX, Eric Besnard 2021, Gregory Gadebois, Isabelle Carre, Benjamin Laverne, Guillaume De Tonquedec (societe)@@@


À l'aube de la Révolution Française, Pierre Manceron, cuisinier audacieux mais orgueilleux, est limogé par son maître le duc de Chamfort. La rencontre d'une femme étonnante, qui souhaite apprendre l'art culinaire à ses côtés, lui redonne confiance en lui et le pousse à s'émanciper de sa condition de domestique pour entreprendre sa propre révolution. Ensemble, ils vont inventer un lieu de plaisir et de partage ouvert à tous : le premier restaurant. Une idée qui leur vaudra clients et des ennemis.

TELERAMA:
L’idée est forte en goût : broder sur la réalité historique de la création du premier restaurant, lieu de partage démocratique de la gastronomie, à l’aube de la Révolution française. La mise en scène d’Éric Besnard manque de légèreté quand elle lorgne vers Ridicule, de Patrice ­Leconte, pour croquer l’aristocratie, et le féminisme incarné par Isabelle Carré apparaît comme un ingrédient certes piquant mais un peu trop idéal dans cette peinture d’époque. Pour autant, le menu reste roboratif et plaisant grâce, en grande partie, à Grégory Gadebois, au talent si charnu.
DELICIEUX, Eric Besnard 2021, Gregory Gadebois, Isabelle Carre, Benjamin Laverne, Guillaume De Tonquedec (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
À l'aube de la Révolution Française, Pierre Manceron, cuisinier audacieux mais orgueilleux, est limogé par son maître le duc de Chamfort. La rencontre d'une femme étonnante, qui souhaite apprendre l' ...

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DES HOMMES D HONNEUR, Bob Reiner 1992, Tom Cruise, Jack Nicholson, Demi Moore(policier)@@


Deux jeunes marines, Louden et Dawson, abattent, au cours d'une action disciplinaire désignée "Code Rouge," un de leurs camarades, Santiago. C'est le lieutenant Daniel Kaffee qui est désigné pour assurer leur défense lors de leur procès.

TELERAMA:
Etonnante Amérique ! Adapté d'une pièce ­ qui a fait un tabac, pourtant au plus fort de l'hystérie nationaliste liée à la guerre du Golfe ­, Des hommes d'honneur serait-il un film subversif ? Non, démocrate, simplement démocrate. Et bien dans la tradition du grand cinéma hollywoodien : on ne s'en prend pas au système, mais aux gens qui le dévoient. En dégommant Jessep le facho, ce film élimine un ennemi de la démocratie américaine. En acquittant les deux abrutis, il occulte certes le problème de la responsabilité individuelle, mais il leur donne une chance de redevenir bons patriotes et bons démocrates. La démonstration est efficace. Rob Reiner (Stand by me, Misery) filme au carré. Et pas besoin d'être un antimilitariste forcené pour jubiler devant la performance de Nicholson. Si le cinéma français savait extirper de tels zigotos de nos casernes, notre démocratie ne s'en porterait pas plus mal.
DES HOMMES D HONNEUR, Bob Reiner 1992, Tom Cruise, Jack Nicholson, Demi Moore (policier justice guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Deux jeunes marines, Louden et Dawson, abattent, au cours d'une action disciplinaire désignée "Code Rouge," un de leurs camarades, Santiago. C'est le lieutenant Daniel Kaffee qui est désigné pour assure ...

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DES HOMMES ET DES DIEUX, Xavier Beauvois 2010, Michael Lonsdale, Lambert Wilson, Sean Connery (histoire religion Algerie)(palme d or)@@@


Au coeur de l'Atlas algérien, dans les années 1990, huit moines cisterciens français vivent en parfaite entente avec leurs frères musulmans dans le village de Tibhirine. La terreur s'installe dans la région après le massacre d'un groupe de travailleurs étrangers. Le GIA (Groupe islamique armé) est immédiatement suspecté et l'armée propose de protéger le monastère. Les moines refusent de quitter les lieux malgré la menace grandissante.

TELERAMA
Un petit groupe de croyants en terre étrangère, que leur dévouement a rendus proches d’une population déboussolée par la guerre civile, s’obstine à ne rien lâcher. Ce sacrifice, au cœur d’un fait divers célèbre, offre à Xavier Beauvois la matière de son meilleur film. Magnifiquement éclairé par Caroline Champetier, le film rime avec l’iconographie catholique. Ainsi, ces corps et visages qu’aurait pu peindre le Caravage : la scène où Luc, le moine médecin, ausculte le doyen de la communauté, vieillard aux membres fragiles. Ces références picturales sacralisent les tâches banales, élèvent les personnages. Deux séquences superbes : un chant choral lancé comme une réponse au bruit oppressant d’un hélicoptère. Puis un repas pendant lequel les frères communient littéralement autour d’un enregistrement du Lac des cygnes. Remplacer les cantiques par du Tchaïkovski donne la clé d’une grâce profane, où l’art est vécu comme un sacrement. Des hommes et des dieux est le digne représentant de cette foi-là.
DES HOMMES ET DES DIEUX, Xavier Beauvois 2010, Michael Lonsdale, Lambert Wilson, Sean Connery (histoire religion Algerie)(palme d or)@@@ (edit IPTC) (E)
Au coeur de l'Atlas algérien, dans les années 1990, huit moines cisterciens français vivent en parfaite entente avec leurs frères musulmans dans le village de Tibhirine. La terreur s'installe dans la régio ...

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DES VIVANTS, Jean-Xavier de Lestrade, Antoine Lacomblez 2025, Benjamin Lavernhe, Alix Poisson, Antoine Reinartz (drame)@@@


Marie, Caroline, Sébastien, Arnaud, Grégory, Stéphane et David forment le groupe des autoproclamés "Potages" (contraction de "potes" et "otages"). Le soir du 13 novembre 2015, ils ont fait face aux terroristes pendant plus de deux heures dans un étroit couloir du Bataclan. De leur survie miraculeuse est né un lien unique et indéfectible.

TELERAMA
À quoi ressemble la vie après ? Jean-Xavier de Lestrade (“Sambre”, “Laëtitia”) sonde les effets du traumatisme au plus près de personnages inspirés d’un véritable groupe de sept otages rescapés des attentats du Bataclan. À voir lundi 3 novembre sur France 2.

Le jour d’après, David est resté enfermé dans sa chambre. Marie est retournée au travail. Stéphane a rangé dans une valise ses vêtements maculés de sang. Le 13 novembre 2015, ils étaient au Bataclan. Avec d’autres, ils ont été pris en otage par les terroristes. Deux heures et demie à se voir mourir à chaque instant. Comment retrouver le monde des vivants, le jour d’après et tous les autres jours ? Telle est la question à laquelle s’attachent le réalisateur Jean-Xavier de Lestrade et le scénariste Antoine Lacomblez avec cette série qui scrute, dans le temps, les effets du traumatisme, au plus près de personnages inspirés d’un véritable groupe de sept otages rescapés du Bataclan, devenus amis et autobaptisés les « Potages », pour « potes » et « otages ».

Le chemin de reconstruction de ces survivants fait la trame des huit épisodes dont on sort éprouvés autant que galvanisés. Pour David, Marie et les autres, il y a ce fossé qui se creuse avec la vie d’avant ; les attaques de panique, répliques sismiques du choc ; ces limbes dont il faut s’extirper, encore et encore. Mais aussi des humains qui se reconnaissent, un humour qui ne se rend pas, un élan vital qui embarque et chambarde quand les « Potages » se retrouvent au bistrot pour parler, gratter quelques accords et chanter ensemble le répertoire qui les unit — dont le très indiqué What a Life…

Sans esbroufe ni maniérisme, Des vivants approche l’expérience post-traumatique par une authentique expérimentation narrative. Affranchie des ressorts classiques de la dramaturgie, la série se déploie au gré des mouvements souterrains de la psyché et des récits qui en émergent. Même la prise d’otages est d’abord racontée avant d’être montrée dans sa crudité par ceux qui l’ont subie et se remémorent. Une fois de plus dans l’œuvre de Jean-Xavier de Lestrade (Sambre, Laëtitia, 3 x Manon), la parole, qui offre une chance de métaboliser l’effraction, est un enjeu crucial. Depuis la précision de comédiens déliés jusqu’aux mouvements de caméra qui s’attardent sur les visages en passant par de captivantes séquences de thérapie, tout, ici, concourt à susciter l’écoute. Et quand la série fait résonner, lors d’une scène de commémoration des attentats, les quatre-vingt-dix noms des victimes du Bataclan, celle-ci se fait, avec une ambition jusque-là inédite à la télévision, le tombeau poétique de la mémoire collective.
DES VIVANTS, Jean-Xavier de Lestrade, Antoine Lacomblez 2025, Benjamin Lavernhe, Alix Poisson, Antoine Reinartz (drame serie tv)@@@ (edit IPTC) (E)
Marie, Caroline, Sébastien, Arnaud, Grégory, Stéphane et David forment le groupe des autoproclamés "Potages" (contraction de "potes" et "otages"). Le soir du 13 novembre 2015, ils on ...

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DIAMANTS SUR CANAPE, Blake Edwards 1961, Audrey Hepburn, George Peppard (thriller sentimental)@@@


Une croqueuse de diamants cherche à épouser un milliardaire brésilien alors que son voisin écrivain, Paul Varjak, qui vient de rompre avec sa maîtresse, s'intéresse à elle. La jolie Holly fait également en toute innocence le messager pour un truand notoire. Lorsque la police l'interroge, elle n'a aucun mal à prouver son innocence mais son futur époux, riche planteur brésilien, s'éloigne par peur du scandale. L'écrivain va en profiter pour consoler la belle.

TELERAMA
Dès les premières minutes, c’est magique. À l’aube, sur une musique nostalgique de Henry Mancini, une femme émerge d’un taxi new-yorkais. Son fourreau noir, ses lunettes de soleil laissent de­viner une fête de plus, une fête de trop. Holly contemple alors, quelques instants, la vitrine de la bijouterie Tiffany, sur la 5e Avenue. Le seul endroit qui, par l’ordre et la sécurité qu’il reflète, parvient à calmer le désarroi qui l’envahit parfois…

Blake Edwards signe une comédie sophistiquée et cruelle, inspirée d’une nouvelle magnifique de Truman Capote (lequel a désavoué le film), sur des insatisfaits tendres et graves. Audrey Hepburn, bien sûr, qui semble glisser, de scène en scène, à la poursuite de la gloire et de l’amour qui se dérobent. Mais George Peppard, aussi, écrivain en panne, devenu gigolo à l’occasion, et régénéré par le sentiment.

Comme pour atténuer l’intense mélancolie de ces personna­ges sans cesse en mouvement, qui ne font que fuir de peur d’être encore plus blessés, la mise en scène de Blake Edwards est cons­tamment ­légère, brillante, enjouée… Et une party hallucinante laisse deviner son goût pour le burlesque, qui s’épanouira, deux ans plus tard, dans La Panthère rose.
DIAMANTS SUR CANAPE, Blake Edwards 1961, Audrey Hepburn, George Peppard (thriller sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Une croqueuse de diamants cherche à épouser un milliardaire brésilien alors que son voisin écrivain, Paul Varjak, qui vient de rompre avec sa maîtresse, s'intéresse à elle. La jolie Holly fait ...

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DONT COME KNOCKING, Wim Wenders 2005, Sam Shepard, Jessica Lange, Tim Roth (societe road movie)@@


Autrefois héros de nombreux westerns, Howard Spence, ex-gloire du septième art, ne décroche plus que des rôles secondaires. Il mène une existence solitaire et noie son dégoût de lui-même dans l'alcool, la drogue et les femmes. Un jour, il apprend par sa mère qu'il est probablement papa. Cette perspective allume une lueur d'espoir chez le séduisant sexagénaire : sa vie n'a peut-être pas été aussi vide qu'il le pensait.

TELERAMA
Vingt ans après “Paris, Texas”, Wim Wenders renouait avec Sam Shepard pour ce film boudé à sa sortie et pourtant traversé par des dialogues vibrants sur le temps qui passe et les regrets qui subsistent.

Vingt et un ans après Paris, Texas, Wim Wenders revenait sonder les désillusions du rêve américain avec ce beau road-movie aux accents crépusculaires, boudé par le public lors de sa sortie en salles. Howard Spence (Sam Shepard, également scénariste) est un acteur vieillissant, contraint de jouer dans des westerns désuets pour subvenir à ses besoins, et se convaincre qu’il n’est pas tout à fait démodé. Un beau jour, il déserte un plateau de tournage pour renouer avec son passé auprès de sa mère, d’une ex-compagne et d’un fils dont il vient d’apprendre l’existence.

Avec une ironie mordante, Wenders dessine une Amérique anachronique, où les cow-boys flirtent avec les jolies serveuses de diner, et où les musiciens de bar chantent (et imitent) encore Elvis Presley, pour un public de fans baignant dans la nostalgie des années 1960. Si le propos est alourdi par les bons sentiments, difficile de rester insensible face au jeu de Sam Shepard, dragueur invétéré, alcoolique notoire et père absent, mais aussi homme sensible et délicieusement romantique, surtout lorsqu’il s’agit de renouer avec Doreen (Jessica Lange, alors compagne de l’acteur), au gré de discussions magnifiques sur le temps qui passe et les regrets qui subsistent.
DONT COME KNOCKING, Wim Wenders 2005, Sam Shepard, Jessica Lange, Tim Roth (societe road movie)@@@ (edit IPTC) (E)
Autrefois héros de nombreux westerns, Howard Spence, ex-gloire du septième art, ne décroche plus que des rôles secondaires. Il mène une existence solitaire et noie son dégoût de lui-même ...

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DRIVE MY CAR, Ryusuke Hamaguchi


Un acteur veuf et vieillissant cherche un chauffeur. L'acteur se tourne vers son mécanicien habituel, qui finit par lui recommander une jeune fille de 20 ans. Malgré leurs réticences initiales, une relation très spéciale se développe entre les deux.

TELERAMA
Mensonges, deuil, sensualité... Le film du réalisateur d’Asako I & II est un voyage hypnotique d’une grâce absolue.
Érotisme et mystère nimbent l’ouverture de Drive My Car. La femme est scénariste. Son mari est metteur en scène de théâtre. Leur lien est profond, renforcé par une épreuve qu’ils ont su surmonter. Peu après pourtant, le mari surprend sa femme dans les bras d’un autre, sans que celle-ci le sache. Il garde pour lui la terrible révélation. Mais un drame survient, qui serre davantage le nœud d’incertitude et de jalousie en lui.
Mensonges, long travail de deuil, tristesse… Assurément le sujet du film n’est guère souriant. Et pourtant quel plaisir, quelle volupté de suivre les méandres de cette construction sophistiquée, où plusieurs destins s’entrecroisent. Comme son titre le suggère, Drive My Car (« conduis ma voiture » ) donne à voir la route. En l’occurrence des trajets romanesques, un cheminement au sens large, autant géographique que mental. Un moment, le mari part travailler à Hiroshima où il a accepté de monter Oncle Vania. Le théâtre lui a assigné une jeune chauffeuse, qui parle peu mais conduit tout en douceur, depuis son adolescence où elle a appris à rouler, la peur au ventre, pour ne pas réveiller sa mère schizophrène, sur la banquette arrière. Entre la conductrice et son passager, une relation inédite s’instaure, ni amitié ni amour, sur la base d’échanges de plus en plus intimes.

Se laisser transporter, au sens propre comme au figuré, pour mieux affronter le passé, pour tenter de déchiffrer des secrets et des actes refoulés, mais aussi pour viser un horizon moins pesant, une possible reconstruction de soi. Voilà à quoi nous invite ce film splendide. Parce que les défunts occupent une place de choix ici, Drive My Car semble souvent au bord du surnaturel. C’est une hantise douce et triste, qui échappe à l’ordinaire, en donnant accès au monde intérieur des personnages.
DRIVE MY CAR, Ryusuke Hamaguchi (road movie)@@@ (edit IPTC) (E)
Un acteur veuf et vieillissant cherche un chauffeur. L'acteur se tourne vers son mécanicien habituel, qui finit par lui recommander une jeune fille de 20 ans. Malgré leurs réticences initiales, une relation très ...

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DROLE DE DRAME, Marcel Carne 1937, Louis Jouvet, Francois Rosay, Michel Simon, Jean-Louis Barrault (comique policier)@@@@


A Londres, en 1900, Archibald Soper, rigide évêque de Bedford, tonne en chaire contre les romans policiers pernicieux de Félix Chapel, qu'il poursuit de sa vindicte sans savoir que sous ce pseudonyme se cache son cousin, Irwin Molyneux, un vieux botaniste maladif. L'avare évêque s'invite chez les Molyneux un soir que les domestiques viennent de rendre leur tablier. Pour éviter le déshonneur, Margaret Molyneux feint d'être en voyage et s'enferme dans la cuisine, s'affairant derrière les fourneaux. L'évêque interprète mal le malaise d'Irwin et l'absence de Margaret. Persuadé que son cousin a assassiné son épouse, il alerte Scotland Yard...

TELERAMA
On pourrait presque en faire un inventaire à la Prévert. Londres, 1900 : un amateur de mimosas qui écrit en secret des romans ­policiers ; un tueur qui aime les moutons et tue les bouchers ; un livreur de lait qui invente des histoires horribles qui servent, sans qu’il le sache, à l’amateur de mimosas pour ses écrits ; un évêque libidineux qui perd une photo érotique dédicacée à ­ « bébé Bedford » ; une grande bourgeoise qui préférerait mourir plutôt que d’avouer le départ précipité de sa cuisinière…

Échec à la sortie : de rage, les rares spectateurs cassent les fauteuils. Aujourd’hui, on ne cesse de rire à ce chef-d’œuvre. On ne cesse de répéter : « Je vous assure, cher cousin, que vous avez dit ­ “bizarre, bizarre” — Moi, j’ai dit “bizarre” ? Comme c’est bizarre. » Duo brillant opposant Michel Simon à Louis Jouvet, qui, semble-t-il, ne s’entendirent guère. Nous, on jubile…
DROLE DE DRAME, Marcel Carne 1937, Louis Jouvet, Francois Rosay, Michel Simon, Jean-Louis Barrault (comique policier)@@@ (edit IPTC) (E)
A Londres, en 1900, Archibald Soper, rigide évêque de Bedford, tonne en chaire contre les romans policiers pernicieux de Félix Chapel, qu'il poursuit de sa vindicte sans savoir que sous ce pseudonyme se cache son cousin, ...

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DUNKERQUE, Christopher Nolan 2017(histoire guerre)@@


Au début de la Seconde Guerre mondiale, en mai 1940, des troupes alliées se retrouvent encerclées par les troupes allemandes à Dunkerque, en France. L'Opération Dynamo est mise en place pour évacuer le Corps expéditionnaire britannique (CEB) vers l'Angleterre.

TELERAMA
Immersion totale au cœur de l’action de l’opération Dynamo, portée par un lyrisme efficace. Mais rien de bien nouveau, et une surdose de patriotisme.

Voir sur
Mai 1940. Sur la plage de Dunkerque, près de deux cent mille soldats anglais se retrouvent encerclés par les Allemands. Refusant la reddition, les Britanniques décident d’organiser une rocambolesque opération de repli.

Pour résumer cet événement, le réalisateur a choisi trois terrains de bataille et trois unités de temps. Une semaine sur la plage, où l’on suit le jeune soldat Tommy (Fionn Whitehead), qui échoue à partir. Un jour sur la mer, dans un petit voilier qui s’en va sauver des combattants. Enfin, une heure dans un Spitfire, fleuron de la Royal Air Force, avec un Tom Hardy glorieux aux commandes de l’appareil…

Totale immersion au cœur de l’action : c’est le leitmotiv de ce film de guerre. On ressent de plein fouet le sifflement des balles, le souffle des bombes, la poussée des vagues. Pas de répit, le danger est permanent, sans cesse relancé. L’équipage d’un destroyer qui se retrouve soudain noyé sous le coup d’une torpille. Un aviateur qui a réussi son amerrissage mais reste coincé dans son cockpit. Des hommes dans l’eau, brûlés vifs par une nappe de mazout en feu… Ce sont là les séquences marquantes d’un film qui n’apporte, malgré tout, rien de vraiment nouveau, à la différence d’Il faut sauver le soldat Ryan, de Steven Spielberg, ou de La Ligne rouge, de Terrence Malick, auquel on pense parfois, dans sa manière de flotter entre la vie et la mort. Plus gênant : l’emballement patriotique très appuyé lorsque surgit la flottille civile, valeureuse. Tout juste si, à la fin, l’hymne britannique ne se met pas à résonner…
DUNKERQUE, Christopher Nolan 2017(histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Au début de la Seconde Guerre mondiale, en mai 1940, des troupes alliées se retrouvent encerclées par les troupes allemandes à Dunkerque, en France. L'Opération Dynamo est mise en place pour évacuer ...

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Elise, 26 ans est une grande danseuse classique. Après s'être blessée pendant un spectacle, elle apprend qu'elle ne pourra plus danser, et sa vie va en être bouleversée. Elise va devoir apprendre à se réparer. Entre Paris et la Bretagne, au gré des rencontres et des expériences, des déceptions et des espoirs, elle va se rapprocher d'une compagnie de danse contemporaine. Cette nouvelle façon de danser va lui permettre de retrouver un nouvel élan et aussi une nouvelle façon de vivre.
EN CORPS, Cedric Klapish 2022, Marion Barbeau, Francois Civil (societe)@@@ (edit IPTC) (E)

Elise, 26 ans est une grande danseuse classique. Après s'être blessée pendant un spectacle, elle apprend qu'elle ne pourra plus danser, et sa vie va en être bouleversée. Elise va devoir apprendre à ...

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EN VOITURE CAMILLE, Bindu De Stoppani 2017, Luigi Diberti, Anna Ferzetti (roadmovie)@@@


Le père de Camille Edoardo, atteint de démence, cherche désespérément une Camille. Mais qui est cette Camille ? Parce qu'apparemment Edoardo ne parle pas de sa fille. Pour percer le mystère, Camille part avec son père en Bosnie, où Edoardo a effectué sa dernière grande mission en tant que journaliste de guerre dans les années 1990.

TELERAMA:
Saisissante, l’ouverture résume à merveille les enjeux du film. La maison sens dessus dessous, jonchée d’objets divers — parfois étiquetés avec des Post-it —, renvoie au cerveau en désordre du père. A l’aide d’un journal de voyage, de photos et d’une carte routière, la jeune femme essaie de reconstituer, littéralement, une cartographie des souvenirs paternels. Pourquoi, lors de ses crises, se retrouve-t-il les pieds dans l’eau à chercher « Camille » ? La réponse, astucieuse, sera dévoilée à la fin, dans la boue de la mémoire.
EN VOITURE CAMILLE, Bindu De Stoppani 2017, Luigi Diberti, Anna Ferzetti (road movie)@@@ (edit IPTC) (E)
Le père de Camille Edoardo, atteint de démence, cherche désespérément une Camille. Mais qui est cette Camille ? Parce qu'apparemment Edoardo ne parle pas de sa fille. Pour percer le mystère, Camille ...

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ENIGMA, Michael Apted 2001, Dougray Scott, Kate Winslet, Saffron Burrows (histoire guerre)@@@


L'action tourne autour du déchiffrage par les services secrets britanniques, à Bletchley Park, du code de la machine de chiffrement Enigma[2] utilisée par les Allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale.

TELERAMA
Bon thriller d'espionnage qui s'inspire des efforts déployés pendant la Seconde Guerre mondiale par les Alliés pour briser le cryptage allemand, généré par la célèbre machine "Enigma".

Le scénario est "énigmatique" et plein de rebondissements entre trahisons, complots et espionnage. La proposition était de créer une intrigue complexe qui symbolisait la complexité de la machine qui donne son nom au film. Mais malgré sa complexité, le scénario est bien structuré, sans trous ni incohérences majeurs. Et pour ceux qui y prêtent attention, toutes les réponses seront expliquées de manière satisfaisante à la fin.

Un fait intéressant est que le film a été produit par Mick Jagger des Rolling Stones, qui fait même une apparition spéciale en tant qu'officier de la RAF lors d'un bal. Il a également prêté aux producteurs du film sa propre machine Enigma originale à quatre rotors, pour garantir l'exactitude historique de ce qui est vu sur scène. Mais malgré ce souci de la véracité de l'histoire, le film oublie de mentionner que le véritable déchiffreur des codes machine d'Enigma était Alan Turing.

Comme le montre le film, le massacre de Katyn a été révélé après la découverte des fosses communes de 4 500 officiers polonais et est considéré comme l'une des plus grandes atrocités historiques commises par la Russie stalinienne en 1940. Cependant, il n'y a aucune preuve que les détails de ces tombes aient été interceptés par les services de renseignement britanniques, bien que cela soit possible.
ENIGMA, Michael Apted 2001, Dougray Scott, Kate Winslet, Saffron Burrows (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
L'action tourne autour du déchiffrage par les services secrets britanniques, à Bletchley Park, du code de la machine de chiffrement Enigma[2] utilisée par les Allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale.

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ENTRE LES VAGUES, Anaïs Volpé 2020, Souheila Yacoub, Déborah Lukumuena (sentimental)@@


Margot et Alma ont une vingtaine d’années, elles partagent l’une de ces amitiés fusionnelles, idéalistes et exubérantes qui fleurent encore l’adolescence. L’amitié entre deux aspirantes comédiennes tourne au mélo lorsque l’une d’entre elles se révèle atteinte d’une grave maladie.

TELERAMA
Un film touchant malgré ses maladresses, grâce au charisme de ses jeunes interprètes. Le film, intimiste, exalté, un brin brouillon, nous lance d’abord sur une fausse piste : la chronique du quotidien remuant de deux filles d’aujourd’hui, qui partagent le même rêve : devenir comédiennes de théâtre. L’une, Alma (Déborah Lukumuena, découverte dans Divines, de Houda Benyamina), décroche un premier rôle, l’autre, Margot (Souheila Yacoub, que l’on retrouve dans En corps, de Cédric Klapisch), est embauchée comme doublure.

Très vite, pourtant, le secret d’Alma change la donne, et la nature du récit : elle est gravement malade. En équilibre instable entre mélodrame pataud et émotions véritables, entre l’emphase et la délicatesse, la réalisatrice Anaïs Volpé veut tout embrasser, la vie, l’amour, l’art et la mort… Une étreinte aussi désordonnée qu’attachante, dominée par l’énergie et le charisme de ses jeunes interprètes.
ENTRE LES VAGUES, Anaïs Volpé 2020, Souheila Yacoub, Déborah Lukumuena (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Margot et Alma ont une vingtaine d’années, elles partagent l’une de ces amitiés fusionnelles, idéalistes et exubérantes qui fleurent encore l’adolescence. L’amitié entre deux aspira ...

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ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE, Robert Redford 1992, Brad Pitt, Craig Sheffer, Tom Skerritt, Emily Lloyd


Fils de pasteur, Norman et Paul MacLean, nés au tournant du XXe siècle dans une localité du Montana, grandissent dans un milieu presbytérien avec pour seul loisir celui d'accompagner leur père à la pêche tous les dimanches.
ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE, Robert Redford 1992, Brad Pitt, Craig Sheffer, Tom Skerritt, Emily Lloyd(saga)@@@ (edit IPTC) (E)
Fils de pasteur, Norman et Paul MacLean, nés au tournant du XXe siècle dans une localité du Montana, grandissent dans un milieu presbytérien avec pour seul loisir celui d'accompagner leur père à la ...

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ET SI C ETAIT VRAI


Dans l'appartement qu'il vient de louer, David, veuf, rencontre le fantôme de l'ancienne locataire, Elizabeth. Mais la jeune femme croit qu'elle est encore vivante. Une idylle impossible s'ébauche. David consulte un adepte de sciences occultes, qui lui conseille d'enquêter sur le passé de l'apparition. Accompagné d'Elizabeth, qui n'est visible que pour lui seul, il commence ses investigations.

TELERAMA
Série rose : un garçon rencontre une fille. Chamailleries, complicité, amour, le tout calibré, emballé et garanti dans le prix du ticket. Le film est adapté d'un roman français, le best-seller de Marc Levy. On cherchera néanmoins en vain une quelconque différence avec n'importe quel autre produit hollywoodien de flux. Certes, la demoiselle (Reese Witherspoon et ses jolies fossettes) est un spectre, forcée de partager son (ex- ?) appartement avec le nouvel occupant (Mark Ruffalo, en brave type mélancolique). Mais on sait depuis Ghost que les idylles spirites ne garantissent ni la qualité ni l'originalité d'un film. Et si c'était vrai... ne fait pas exception, entre situations téléphonées et attendrissements sucrés. Reste le charme tranquille des comédiens, unique attrait de ce film « fantôme ». C.Mu.
ET SI C ETAIT VRAI, Mark Waters 2005, Reese Witherspoon, Mark Ruffalo (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans l'appartement qu'il vient de louer, David, veuf, rencontre le fantôme de l'ancienne locataire, Elizabeth. Mais la jeune femme croit qu'elle est encore vivante. Une idylle impossible s'ébauche. David consulte un adepte de s ...

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ETERNAL SUNSHINE of the spotless mind, Michel Gondry 2004, Jim Carrey, Kate Winslet (science fiction)@@@


Joel et Clementine ne voient plus que les mauvais côtés de leur tumultueuse histoire d'amour, au point que celle-ci fait effacer de sa mémoire toute trace de cette relation. Effondré, Joel contacte l'inventeur du procédé Lacuna, le Dr. Mierzwiak, pour qu'il extirpe également de sa mémoire tout ce qui le rattachait à Clementine.

TELERAMA
En 2004, l’astucieux scénariste Charlie Kaufman, le génial bricoleur Michel Gondry et le déchirant Jim Carrey télescopaient leurs talents dans un big bang créatif qui engendra sans doute le meilleur film du réalisateur.

On peut accepter ou non le gadget narratif qui fait entrer dans le vif du sujet : une invention futuriste à même de vous rendre étranger à la personne de votre choix. Si on tolère le truc, on risque fort de contracter un attachement durable à Eternal Sunshine of the Spotless Mind, deuxième (entre Human Nature et La Science des rêves) et meilleur long métrage de Michel Gondry. Sa première vie de clippeur surdoué y trouvait un prolongement idéal, avec un récit gigogne, affranchi de la chronologie.

Par un carton trouvé dans sa boîte aux lettres, un New-Yorkais (Jim Carrey, magnifique en gars triste) apprend donc que sa compagne (Kate Winslet), fêlée, fragile, vient de le faire effacer de sa mémoire. Pour surmonter la trahison, il se fait à son tour désintoxiquer de son ex, et le gros du film relate la nuit où les techniciens (dont la délicieuse Kirsten Dunst) s’activent autour de son corps endormi, relié aux ordinateurs effaceurs de souvenirs.

À coups de saynètes fantasmagoriques, le film fait défiler tout le roman du couple et nous promène dans un labyrinthe mental et sentimental, jusqu’à une zone que la technique n’avait pas prévue. Eternal Sunshine… donne ainsi un éclat romantique à un vieux truc de SF : chez Gondry, la machine à remonter le temps permet de retrouver le reflet intact de l’amour, enfoui dans les plis de la mémoire.
ETERNAL SUNSHINE of the spotless mind, Michel Gondry 2004, Jim Carrey, Kate Winslet (science fiction)@@@ (edit IPTC) (E)
Joel et Clementine ne voient plus que les mauvais côtés de leur tumultueuse histoire d'amour, au point que celle-ci fait effacer de sa mémoire toute trace de cette relation. Effondré, Joel contacte l'inventeur du ...

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EVERYBODY S FINE, Kirk Jones 2009, Robert De Niro, Drew Barrymore, Kate Beckinsale (societe)@@@


Huit mois après la mort de son épouse, Franck Goode souhaite se réunir avec ses quatre enfants devenus adultes. Quand ils annulent leur visite à la dernière minute, Franck, contre l'avis de son médecin, entreprend un voyage pour reprendre contact avec sa progéniture.

TELERAMA
Ce film au casting prestigieux et au propos tout doux n’a pas eu les honneurs des salles françaises, s’exportant directement en DVD. L’œuvre pourtant tient la route, portée par un De Niro très juste, comme d’habitude, dans la pudeur et la retenue en l’occurrence. Il est ici Frank Goode, un ex-ouvrier désormais retraité, veuf depuis huit mois. Isolé dans une maison trop grande pour lui, il attend avec impatience et un peu de fébrilité la visite de ses quatre enfants, qui ont tous réussi à s’élever socialement loin du foyer : peintre, chef d’orchestre, danseuse, chef de pub. Or les voilà qui annulent un à un… Frank décide alors de partir les voir chez eux, de New York à Las Vegas en passant par Chicago, histoire de voir s’ils ont « réussi leur vie » et s’ils sont aussi heureux qu’ils le prétendent. Même s’il n’a pas grand-chose à leur dire…

Longtemps fin et délicat, le film hélas tourne à la mièvrerie dans les dernières minutes, cédant à trop de symbolisme et de bons sentiments. C’est dommage, mais l’ensemble reste plutôt touchant.
EVERYBODY S FINE, Kirk Jones 2009, Robert De Niro, Drew Barrymore, Kate Beckinsale (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Huit mois après la mort de son épouse, Franck Goode souhaite se réunir avec ses quatre enfants devenus adultes. Quand ils annulent leur visite à la dernière minute, Franck, contre l'avis de son méde ...

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FLORENCE FOSTER JENKINS, Stephen Frears 2016, Meryl Streep, Hugn Grant(drame)


New York, 1944. Florence Foster Jenkins, riche héritière new-yorkaise et célèbre mondaine, est convaincue, à tort, d'avoir une très belle voix. Son mari et imprésario, St Clair Bayfield, comédien anglais aristocrate, tient coûte que coûte à ce que sa Florence bien-aimée n'apprenne pas la vérité. Cependant, lorsque Florence décide de se produire en public au Carnegie Hall, St Clair comprend qu'ils s'apprêtent à relever le plus grand défi de leur vie.

TELERAMA
Le personnage de la millionnaire américaine qui se rêvait cantatrice malgré une voix de crécelle avait inspiré Catherine Frot dans “Marguerite”. Meryl Streep l’incarne avec force cabotinage dans cette comédie trop sage. Mais Hugh Grant y est génial.
Depuis que Florence Foster Jenkins a inspiré le personnage de Catherine Frot dans Marguerite, la millionnaire new-yorkaise qui se rêvait cantatrice malgré sa voix de crécelle n'est plus une inconnue en France. Le biopic que Stephen Frears lui consacre a un gros handicap : il est sorti après le film de Xavier Giannoli, perdant l'attrait de la nouveauté et s'exposant à une comparaison risquée. Meryl Streep l’incarne avec force cabotinage dans cette comédie trop sage. Mais Hugh Grant y est génial. Car le plus original des deux, c'est le français.
Frears s'intéresse à la soprano de pacotille au soir de sa vie, en 1944, quand elle se pique de donner un récital au Carnegie Hall. Il ne manque pas un bibelot précieux à cette reconstitution du décor kitsch dans lequel la « diva » américaine recevait sa cour. La description de cet univers snob ne manque pas d'humour, et le fameux concert atteint une vraie intensité dramatique. Mais domine l'impression de feuilleter un beau livre d'images superficiel. Le réalisateur de The Queen, mordant d'habitude, adoucit ses coups, comme pour privilégier l'émotion à la satire. Une retenue que l'on aurait préféré voir dans le jeu de Meryl Streep...
Dommage, car le scénario développe un joli paradoxe : cette amoureuse de la musique qui chantait si faux a rendu ses proches plus sincères en donnant un sens à leur vie. A commencer par son mari, qui profite de l'argent de l'héritière pour se ­révéler le plus tendre des hommes. Hugh Grant, jamais vu aussi bon, apporte son ­irrésistible don comique, puis une émotion bouleversante à cet être médiocre, soudain admirable.
FLORENCE FOSTER JENKINS, Stephen Frears 2016, Meryl Streep, Hugn Grant(drame)@@@ (edit IPTC) (E)
New York, 1944. Florence Foster Jenkins, riche héritière new-yorkaise et célèbre mondaine, est convaincue, à tort, d'avoir une très belle voix. Son mari et imprésario, St Clair Bayfield, com& ...

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FRANTZ, Francois Ozon 2016, Pierre Niney, Paula Beer (histoire guerre)@@@


Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Cependant, ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

TELERAMA
Au sortir de la Grande Guerre, un Français rencontre la femme de Frantz, son ami allemand mort. Ozon joue avec leur inconscient et leurs illusions. D’une main de maître.

En 1919, sur la tombe de son fiancé mort au combat, elle trouve un homme en pleurs. Anna ne savait pas que Frantz avait un ami français. Les parents du mort repoussent, d’abord, ce jeune homme qui ajoute à leur chagrin. Mais Adrien évoque avec tant de flamme sa vie avec Frantz, à Paris, qu’ils en redemandent. Un jour, il s’enfuit. Anna part à sa recherche, en France…

Le film repose sur deux périples. Deux rêves qui ne peuvent que finir mal. Mais le grand personnage, c’est elle, qui s’éveille, se révèle, s’accepte — contrairement à lui.

Chez Ozon, les images contredisent les discours. Sans doute parce qu’il confronte l’inconscient de ses personnages avec ce qu’ils disent ou taisent. Le cinéaste con­temple leurs erreurs, leurs mensonges avec une indulgence dénuée de la pro­vocation de ses débuts. Il semble avoir ­atteint l’osmose délicate entre audace et lyrisme. Reste l’épouvante, intacte, devant les pères. Dans Frantz, ils sont tous des ­infanticides qui envoient leurs fils à la mort et trinquent à leur décès. Le ­moment le plus intense est celui où deux de ces ­victimes s’étreignent dans une tranchée. L’un assassiné, l’autre épargné, mais à ­jamais mort.
FRANTZ, Francois Ozon 2016, Pierre Niney, Paula Beer (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Cependant, ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu s ...

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GLORIA, John Cassavetes 1980, Gena Rowlands, John Adames (thriller)@@@


Dans l'immeuble new-yorkais où elle vit seule avec son chat, Gloria, ancienne danseuse et ex-maîtresse d'un mafieux, frappe à la porte de ses voisins de palier, les Dawn. Ces derniers font leurs paquets, craignant l'imminence de représailles depuis que le père, comptable d'une organisation criminelle, a livré des informations au FBI. Pris de panique, ils demandent à Gloria de prendre soin de Phil, leur fils de 6 ans. Alors que des tueurs font irruption, Gloria prend la fuite avec le garçon.

TELERAMA
John Cassavetes filme une réalité nue et violente, celle de la grande ville. New York palpite au rythme de guérillas privées, dont le déchaînement paraît soudain presque ordinaire. L’histoire d’amour que le cinéaste insère dans cette frénésie est, elle, exceptionnelle.
Gloria, personnage ambigu, volontaire, jusqu’alors résolument égoïste, s’attache peu à peu à un inconnu de 6 ans. Un mini-macho qui l’énerve et l’émeut comme un vrai amoureux. A eux deux, peu à peu, ils recréent dans leur fuite une forme étrange de foyer. Et la dureté de Gloria devient un rempart de dévouement téméraire, de générosité. Cassavetes livre ici un merveilleux discours sur l’amour, choix irréversible, à la fois source de vie et de danger. Il offre à Gena Rowlands, son épouse et actrice fétiche, l’un de ses plus beaux rôles, une Gloria bourrue et sublime. Un chef-d’œuvre.
GLORIA, John Cassavetes 1980, Gena Rowlands, John Adames (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans l'immeuble new-yorkais où elle vit seule avec son chat, Gloria, ancienne danseuse et ex-maîtresse d'un mafieux, frappe à la porte de ses voisins de palier, les Dawn. Ces derniers font leurs paquets, craignant l'immi ...

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GLORIA, Sebastian Lelio 2013, Paulina García, Sergio Hernandez (sentimental)@@@


Divorcée depuis douze ans, ses enfants partis, Gloria, employée de bureau âgée de 58 ans, vit seule à Santiago, au Chili. Bien décidée à continuer à profiter de la vie, adorant danser, elle passe nombre de soirées dans des clubs et multiplie les activités de loisir. Après bien des aventures sans lendemain, sa rencontre avec Rodolfo, sexagénaire propriétaire d'un centre récréatif, bouleverse son existence.

TELERAMA
Rien à voir avec l'héroïne de Cassavetes. Quoique... Si la Gloria de Sebastián Lelio ne tient pas la dragée haute à des gangsters, elle a tout de même un sacré tempérament et sait manier le pistolet... à peinture, pour se défouler ! A 58 ans, divorcée avec deux grands enfants qui n'ont plus besoin d'elle, elle n'est pas du genre à se morfondre. Tous les soirs, après le travail, elle fréquente les dancings de Santiago et, sur la piste, on ne voit qu'elle, avec ses grandes lunettes. Rodolfo la dévore des yeux et finit par l'aborder. Un nouvel amour avec ce sexagénaire décidé à se délester de son encombrante famille ? Gloria se lance. Gloria y croit...

Sebastián Lelio (La Sagrada Familia) peint cette histoire d'amour tardif avec une pointe d'amertume, mais en s'appuyant sur le sourire constant de Paulina García, star chilienne à la présence évidente. Au cinéma, la lâcheté masculine est souvent l'apanage d'« adulescents » qui hésitent à s'engager. Avec Rodolfo, c'est la même rengaine. Cet amoureux rêve de changement, mais il est faible... Dans cet hôtel où Gloria vient de lui faire l'amour — belles scènes où le cinéaste filme sans fard des corps plus tout jeunes —, soudain, il n'est plus là. Volatilisé... jusqu'à la prochaine promesse. Ah, s'il était capable, comme Gloria, de chanter à tue-tête dans sa voiture ou de découvrir, sur le tard, les vertus de la fumette ! Mais le passé, pour lui, est une prison. Le réalisateur filme le Chili tel qu'il est aujourd'hui : un pays moderne où les jeunes ressemblent à ceux du monde entier, mais où les générations d'avant prouvent qu'on ne gomme pas facilement trente ans de dictature. A moins d'avoir l'énergie de Gloria. Cette capacité à redémarrer. Retourner sur la piste. Et danser... — Guillemette Odicino


GLORIA, Sebastian Lelio 2013, Paulina García, Sergio Hernandez (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Divorcée depuis douze ans, ses enfants partis, Gloria, employée de bureau âgée de 58 ans, vit seule à Santiago, au Chili. Bien décidée à continuer à profiter de la vie, adorant d ...

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GLORY, Edward Zwick 1989, Denzel Washington, Morgan Freeman (histoire guerre)@@@


Durant la guerre de Sécession, un jeune officier nordiste revendique des droits égaux pour les soldats noirs de son régiment.

TELERAMA
En 1862, après l'émancipation des Noirs américains, le gouverneur du Massachusetts décide de former un régiment exclusivement composé d'hommes de couleur et d'en confier le commandement au jeune et courageux colonel Robert Gould Shaw. Les volontaires affluent. Epaulé par le commandant Forbes, Robert s'emploie à donner une cohésion à cet ensemble disparate. Après des moments difficiles et des rapports aigres-doux avec de fortes têtes, tel le soldat Trip, le régiment est prêt à monter au feu. Mais équipements adéquats et missions se font attendre. Robert remue ciel et terre et finit par obtenir de partir au front. Le 54e régiment d'infanterie remporte une première victoire à James Island, qui achève de souder soldats et officiers...
GLORY, Edward Zwick 1989, Denzel Washington, Morgan Freeman (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Durant la guerre de Sécession, un jeune officier nordiste revendique des droits égaux pour les soldats noirs de son régiment.

TELERAMA
En 1862, après l'émancipation des Noirs américains ...

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GOOD BYE LENIN, Wolfgang Becker 2003, Daniel Bruhl, Katrin Sass (histoire)@@@


Dans la nuit du 9 au 10 octobre 1989, le Mur est tombé, et dans les semaines qui ont suivi des millions de personnes ont littéralement changé de planète. Good Bye Lenin... Mais la camarade Christiane Kerner, une militante émérite vivant à Berlin-Est, n'en a rien su. Depuis la veille, elle était dans le coma. Terrassée par un infarctus foudroyant en découvrant une manif pacifique contre le régime sauvagement réprimée par la police. L'Histoire joue d'emblée un rôle essentiel dans ce film. Mais rien n'y est plus décisif que l'amour d'un fils pour sa mère.

TELERAMA
Good Bye Lenin ! est d'abord une belle démonstration de l'art et la manière de mêler avec légèreté l'intime et l'universel, le destin d'un peuple déboussolé et celui, tout aussi problématique, d'une famille aux abois... Quand Christiane Kerner va rouvrir les yeux, huit mois plus tard, il ne reste plus rien de cette « patrie socialiste » dont elle demeurait, avec une désarmante sincérité, l'avocate idéaliste. À Berlin-Est, on a procédé à un frénétique nettoyage par le vide. Sur les façades des immeubles où flottaient les immenses bannières écarlates célébrant le 40e (et dernier) anniversaire de la RDA se déploient désormais des publicités géantes pour Coca Cola. En huit mois, on a bazardé, liquidé, mis au rebut tout ce qui renvoyait à « l'ancien monde », et en particulier le moche, le tarte, le ringard, cette empreinte supposée indélébile du régime défunt sur le quotidien de chacun. Changer de vie, c'était aussi, symboliquement, se débarrasser des papiers peints marronnasses et des chandails made in Bulgaria... Problème. Les médecins ayant averti Alex, le fils de Christiane, que le moindre choc émotionnel pouvait lui être fatal, comment lui cacher l'invraisemblable vérité ? A partir de cette donnée qu'on peut prendre, d'abord, pour un simple « truc » scénaristique, Good Bye Lenin ! va développer une cascade de péripéties, où la satire pointilliste d'un système totalitaire ossifié jusqu'au ridicule fait contrepoids aux désillusions nées du trop brutal basculement collectif des Ossis.

Cette mère si fragile, il s'agit d'organiser sa survie par la plus aléatoire des méthodes : en inventant un énorme mensonge. En clair, Alex décide de faire revivre une RDA disparue, volatilisée, de réinventer entre les quatre murs d'une chambre un microcosme conforme à la vision de sa mère. On ne dévoilera pas à quelles improvisations funambules le fils recourt pour mener à bien son ingénieux travail de « reconstitution historique ». Reconstruire la société est-allemande à l'identique, c'est aussi simple et aussi compliqué, donc aussi drôle, que de partir en chasse d'une marque de cornichons est-allemande disparue des supermarchés de la nouvelle Allemagne... La comédie change d'échelle quand Alex décide de se servir de la télévision pour peaufiner l'illusion. Bricoler une actualité fictive dans de pseudo-journaux télévisés avec présentateur récitant les vérités truquées du catéchisme socialiste : cela devient du grand art. La télé, c'est l'arme absolue d'Alex, et le réalisateur de Good Bye Lenin ! s'en sert pour une savoureuse illustration du pouvoir de l'image quand il ne reste qu'elle pour faire croire à une réalité qui n'existe plus.

Comment rendre plus vrai que vrai ce qui n'était qu'un leurre mis en scène par la machine de propagande du Parti ? Tout se passe comme si Alex réinventait, sans le chercher, cet ordre ancien où l'on manipulait l'information avec la complicité plus ou moins consentante des figurants (ici les voisins de palier) « jouant » à acclamer les bienfaits du régime. Au comble d'une inspiration débridée, il ira jusqu'à changer radicalement le sens de la chute du Mur en une parodie carrément absurde des contrevérités distillées par un régime en déroute.
Surtout, entre deux gags, le réalisateur insuffle une émotion contenue, une forme de mélancolie, qui est cette « ostalgie » de certains Allemands de l'Est moins pour la vie d'avant, si triste et sans horizon, que pour tous ces repères disparus (une certaine marque de café ou le programme de télé favori des petits enfants de la RDA...) où s'accrochent les restes d'une identité perdue. Good Bye Lenin ! est une comédie intelligente, une fable futée, jamais manichéenne. Cela aurait suffi à assurer son succès. Si ce « petit » film, écrit par un scénariste débutant et réalisé par un metteur en scène de modeste réputation, a connu un triomphe sans égal en Allemagne, c'est sans doute parce qu'il reflète bien ce sentiment diffus que la « réunification » allemande, brutalement entrée dans les faits après la chute du Mur, reste toujours en jachère dans les esprits.
GOOD BYE LENIN, Wolfgang Becker 2003, Daniel Bruhl, Katrin Sass (histoire)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans la nuit du 9 au 10 octobre 1989, le Mur est tombé, et dans les semaines qui ont suivi des millions de personnes ont littéralement changé de planète. Good Bye Lenin... Mais la camarade Christiane Kerner, une ...

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GREEN BOOK Peter Farrelly 2018, Viggo Mortensen, Mahershala Ali


En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d'une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu'au Sud profond, ils doivent se confronter aux humiliations, perceptions et persécutions, tout en devant trouver des établissements accueillant les personnes de couleurs.
GREEN BOOK Peter Farrelly 2018, Viggo Mortensen, Mahershala Ali@@@@ (edit IPTC) (E)
En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d'un ...

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HABEMUS PAPAM, Nanni Moretti 2011, Michel Piccoli@@@


Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d'élire son successeur. Lorsqu'un cardinal est élu, les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l'apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d'une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est bientôt en proie à l'inquiétude tandis qu'au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise...

TELERAMA
Ce formidable cataclysme est une alliance de farce grinçante et de confession touchante propre au cinéma de Nanni Moretti. L’histoire d’une crise du pouvoir, collective et intime – le réalisateur lui aussi a été un acteur politique en Italie, avant de se retirer. Que signifient le silence et le refus du nouveau pape ? Nanni Moretti propose diverses réponses, drôles ou mélancoliques, métaphysiques ou très ordinaires.
On voit le pape déboussolé errer dans la ville, croiser une troupe de comédiens. Étrange vagabondage. Où les autres ont tendance à se dérober derrière des paroles séduisantes mais mécaniques. Comme cette séquence troublante dans une trattoria, où la conversation des comédiens n’est qu’une accumulation frénétique de répliques tirées de Tchekhov. Exactement comme à la télévision, où un expert finit par avouer qu’il improvise et qu’il ne sait rien… C’est ce blanc à l’antenne, ce grand vide qu’affronte et crée à la fois le souverain pontife en fuite. Une épreuve de vérité que l’on appellera une quête de soi, une dépression ou, pourquoi pas, une forme d’art.
HABEMUS PAPAM, Nanni Moretti 2011, Michel Piccoli@@@ (edit IPTC) (E)
Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d'élire son successeur. Lorsqu'un cardinal est élu, les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l'apparition au balcon du nouveau ...

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HAMNET, Chloé Zhao 2026, Jessie Buckley, Emily Watson, Noah Jupe, David Wilmot, Joe Alwyn (bio drame)@@@


Angleterre, 1580. William Shakespeare, un humble professeur de latin, fait la connaissance d'Agnes, une jeune femme à l'esprit libre. Fascinés l'un par l'autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d'avoir trois enfants. Tandis que William tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques. Mais lorsque Hamnet, leur fils de 11 ans, meurt de la peste, le couple, autrefois profondément uni, vacille. Alors qu'il traverse l'épreuve la plus douloureuse de son existence, William voit naître une inspiration qui va l'amener à rédiger l'un de ses plus grands chefs-d'oeuvre...

TELERAMA
La genèse fictive de la pièce “Hamlet”, à travers l’histoire du jeune couple formé par Agnes la guérisseuse et William Shakespeare. Lyrique ou boursouflé ? Ce film biographique romancé divise nos critiques.

POUR : une rare intensité
Une heure trente-sept précisément. Il faut attendre le dénouement, sur la scène du Globe, son théâtre londonien, pour que soit prononcé, une seule fois, le nom de William Shakespeare. Détail qui confirme que nous n’avons pas affaire à un biopic comme les autres. Ni à un biopic tout court. De la vie et de l’œuvre du dramaturge élisabéthain, il sera très peu question. Hamnet est davantage un film sur l’amour conjugal, le chagrin et la puissance cathartique du théâtre. Inspirée du roman éponyme de l’Irlandaise Maggie O’Farrell, que l’autrice a adapté avec Chloé Zhao, l’intrigue tire profit des informations lacunaires sur la jeunesse de Shakespeare — que les historiens appellent les « années perdues » —, pour donner vie, avec une rare intensité, à la relation, authentique, entre Will et Agnes, de leur coup de foudre à la mort de leur fils Hamnet, emporté par la peste bubonique à l’âge de 11 ans.

À l’exception de la dernière demi-heure, climax émotionnel et théâtral, l’action est circonscrite au foyer de Stratford-upon-Avon où Will (Paul Mescal), précepteur et fils de gantier, épouse Agnes (la tornade Jessie Buckley), guérisseuse qui dort volontiers dans les bois quand elle ne se promène pas avec un faucon sur le poing. Brocardant l’excès de folklore bucolique, une collègue sarcastique nous avait promis un « musée du bol en bois », là où nous avons admiré, au contraire, une évocation pleine de bruits de nature et de fureur mystique, parfaitement en harmonie avec l’Angleterre du XVIe siècle et son paganisme rémanent, qui infusera plus tard toute l’œuvre de l’auteur du Songe d’une nuit d’été.

Dans le sillage de Priscilla, de Sofia Coppola, sur l’épouse d’Elvis Presley, de La Femme de Tchaïkovski, de Kirill Serebrennikov, ou de Bonnard, Pierre et Marthe, de Martin Provost, Hamnet appartient à ces films biographiques qui ambitionnent d’éclairer la vie d’un artiste du point de vue de leur conjointe, confirmant l’évidence selon laquelle le génie est, plus souvent que l’histoire ne l’a retenu, affaire de famille et de partage des tâches. Cette relecture féministe et matérialiste de l’inspiration shakespearienne n’a rien d’anecdotique. Quand le jeune père s’enfuit vers la capitale pour devenir célèbre, son ascension restera hors champ, on demeure du côté d’Agnes, des enfants et de la maladie. Sans nier la dimension sacrificielle de cette séparation des corps, le film, fidèle en cela au roman, s’emploie à la transcender en la faisant glisser vers le surnaturel. À l’absence (provisoire) du père succède l’absence (définitive) du fils — scène bouleversante dans laquelle le jeune Hamnet, en décelant la terreur dans les yeux fiévreux de sa sœur jumelle, parvient in extremis à « tromper la mort ».

Les fantômes et la mythologie hantent le théâtre de Shakespeare autant qu’ils irriguent les films de Chloé Zhao, des cow-boys indiens de The Rider (2017) aux superhéros écolos des Éternels (2021) en passant par les déclassés du rêve américain de Nomadland (2020), qui parcouraient l’Arizona en van, tels des spectres. Comme chez Terrence Malick, à qui l’on pense, le lyrisme échevelé de la mise en scène peut basculer dans le sentimentalisme (un plan d’enfant en trop, une bande originale signée Max Richter parfois emphatique) mais, dans l’ensemble, la fougue est bien dosée. On a connu film à Oscars moins subtil. Dans la représentation d’Hamlet qui clôt en majesté ce film de deuil et de purgation collective des passions, les sanglots des parents contaminent goutte à goutte les spectateurs et résonnent comme un chant d’amour dont le pouvoir consolateur n’a pas fini de nous submerger. — Jérémie Couston

CONTRE : une croisade lacrymale déplaisante
À en croire le scénario, les femmes seraient attirées, d’instinct, par la nature, la vie domestique, le soin ; et les hommes, par la vie sociale, la ville, l’ascension professionnelle. Pendant deux longs tiers de film, cette différence ne cesse de s’accentuer entre madame et monsieur Shakespeare (qualifié de « gringalet lettré » par les dialogues, malgré la musculature de Paul Mescal, gag), sans le moindre regard critique ou interrogateur de la part de la réalisatrice sur une telle partition des rôles. L’épouse, un peu herboriste, un peu guérisseuse, tient à mettre au monde son premier enfant toute seule dans un sous-bois et son intuition lui réussit ; c’est seulement à partir du deuxième accouchement, alors qu’elle est contrainte de rester sur un lit pour cause de pluie torrentielle, que les choses commencent à mal tourner. Après quoi, dans sa quête d’Oscars, Chloé Zhao ne recule devant aucune offensive tire-larmes et n’hésite jamais à envoyer les enfants au front de sa croisade lacrymale.

La cinéaste voudrait sans doute signer un éloge de la sorcière en s’engouffrant dans la fiction très librement brodée par sa coscénariste romancière. Mais le film part dans une direction opposée, contre-productive et humiliante pour son personnage féminin. Car, après le ridicule involontaire, du fait d’une mise en scène boursouflée et pompière, autour des croyances et rituels de l’héroïne en sa forêt, viendra le temps du rappel à la raison. Au pied du mur, Agnes assiste, pour la première fois, à une pièce écrite et jouée par son mari. Il lui faut alors s’incliner devant ce théâtre, qui est le fait des seuls hommes. Cet époux à qui elle reproche amèrement de délaisser la campagne, de négliger la vie familiale et son rôle de parent, elle doit en reconnaître l’immense mérite. Bien davantage que les plantes et l’invocation des esprits de la forêt (mis en échec), son travail à lui est présenté comme le véritable recours, le secours absolu face aux grandes blessures de l’existence. Autrement dit, le génie de Shakespeare renvoie la mère de ses enfants à son obscurantisme intégral… La formule est bien connue, derrière chaque grand homme, il y a une femme. Mais le message déplaisant de Hamnet est plutôt celui-ci : heureusement qu’il y a un grand homme éclairé devant cette femme égarée. — Louis Guichard

HAMNET, Chloé Zhao 2026, Jessie Buckley, Emily Watson, Noah Jupe, David Wilmot, Joe Alwyn (bio drame)@@@ (edit IPTC) (E)
Angleterre, 1580. William Shakespeare, un humble professeur de latin, fait la connaissance d'Agnes, une jeune femme à l'esprit libre. Fascinés l'un par l'autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d'avoir ...

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HATARI, Howard Hawks 1962, John Wayne (western aventure)@@@


En Tanzanie, un groupe hétéroclite mais soudé de chasseurs d'animaux pour les zoos mènent leur vie. À leur tête, Sean Mercer, un personnage bourru dont va bientôt s'éprendre Dallas, une ravissante photographe qui vient d'arriver dans la réserve. Peu habituée à la vie sauvage, cette dernière va vivre une succession de situations inédites.

TELERAMA
Quand une partie de chasse devient une puissante réflexion sur les rapports humains. Un grand film d’aventure généreux et bourré d’humour, où transparaît toute la tendresse d’Howard Hawks pour ses personnages.

Sean, Kurt, Pockets, Luis et l’Indien ont pour mission de capturer, en Afrique, des animaux sauvages destinés aux zoos. L’Indien, blessé, est remplacé par Chips, un jeune Français. Anna Maria, reporter-photographe, rejoint le petit groupe et s’éprend de Sean…

Le danger — hatari, en swahili —, l’amour et l’amitié : trois thèmes porteurs de l’œuvre de Howard Hawks. Mais dans ce film d’aventures partageur, l’humour aussi est central. Comme Rio Bravo, Hatari ! possède un charme inimitable : ce qui aurait pu n’être qu’une banale partie de chasse devient une passionnante réflexion sur les rapports humains. Une nouvelle fois, le cinéaste se plaît à jouer sur l’insolence des relations entre ses héros et ses héroïnes. Elsa Martinelli entretient avec John Wayne des rapports qui rappellent ceux de ce dernier avec Angie Dickinson dans Rio Bravo.

La tendresse portée aux personnages éclate tout au long de ce récit ample et chaleureux, véritable hymne à la vie. La suprême décontraction de la mise en scène est la marque d’un style splendidement maîtrisé. Rien n’est laissé au hasard.
HATARI, Howard Hawks 1962, John Wayne, Hardy Kruger, Elsa Martinelli (western aventure)@@@ (edit IPTC) (E)
En Tanzanie, un groupe hétéroclite mais soudé de chasseurs d'animaux pour les zoos mènent leur vie. À leur tête, Sean Mercer, un personnage bourru dont va bientôt s'éprendre Dallas, une ...

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HOLOCAUSTE, la montee des tenebres, Marvin J. Chomsky 1978, Meyl Streep, James Wood, Michael Moriarty (saga histoire shoah)@@


La destinée de deux familles allemandes de 1935 à 1945, entre la montée du nazisme et la Seconde Guerre mondiale : les Weiss, des juifs traqués par les nazis, et les Dorf, qui adhèrent à l'idéologie du pouvoir en place.

TELERAMA
Berlin, 1935. Karl Weiss, artiste peintre et fils d'un riche médecin juif, Josef Weiss, épouse Inga Helms, une jeune catholique. Un cousin de la famille Helms fait remarquer que les mariages mixtes risquent d'être bannis et qu'il aurait peut-être mieux valu attendre. A la même époque, Marta, la femme de l'avocat Erik Dorf, dont le docteur Weiss soigne la famille, persuade son mari d'entrer dans les rangs des SS. Erik intègre les services de Heydrich, le chef adjoint des SS, qui ordonne la nuit de Cristal en novembre 1938. Informé des futures persécutions contre les juifs, le SS rend visite au docteur Weiss et lui conseille de quitter l'Allemagne avec sa famille. Hitler ne faisant aucun mystère de ses sombres projets, il tente de lui faire prendre conscience du drame qui couve. Ses avertissements ne sont pas entendus...
HOLOCAUSTE, la montee des tenebres, Marvin J. Chomsky 1978, Meyl Streep, James Wood, Michael Moriarty (saga histoire shoah)@@@ (edit IPTC) (E)
La destinée de deux familles allemandes de 1935 à 1945, entre la montée du nazisme et la Seconde Guerre mondiale : les Weiss, des juifs traqués par les nazis, et les Dorf, qui adhèrent à l'idé ...

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HORIZONS LOINTAINS, Ron Howard 1992, Tom Cruise, Nicole Kidman@ (saga histoire)@@


Irlande, 1892. Joe Donelly et ses trois fils exploitent un minuscule lopin de terre appartenant au plus gros propriétaire de la région, Daniel Christie. Mais Christie veut récupérer la terre des Donelly et charge son intendant d'incendier la ferme pendant l'enterrement de Joe.

TELERAMA
Cette longue saga, tournée avec un budget considérable, se voulait une fresque de l’Amérique des pionniers, peignant à la fois l’Irlande de la fin du XIXe, la vie enfiévrée de New York et les grands espaces westerniens. Le résultat est à l’image de la carrière de Ron Howard : très inégal. Certaines séquences - dont celle de la course pour la terre - possèdent un réel pouvoir d’émotion, alors que parallèlement plusieurs personnages restent conventionnels et peu attachants. Le film a également été composé pour mettre en valeur le couple Tom Cruise-Nicole Kidman et, à ce titre, la composition des deux interprètes est plutôt réussie. Comparé à La Porte du paradis de Michael Cimino, Horizons lointains apparaît comme un film soigné mais limité dans son propos.
HORIZONS LOINTAINS, Ron Howard 1992, Tom Cruise, Nicole Kidman@ (saga histoire)@@ (edit IPTC) (E)
Irlande, 1892. Joe Donelly et ses trois fils exploitent un minuscule lopin de terre appartenant au plus gros propriétaire de la région, Daniel Christie. Mais Christie veut récupérer la terre des Donelly et charge ...

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HOTEL DU NORD, Marcel Carne 1938, Arletty, Louis Jouvet, Jean-Pierre Aumont (societe)@@@


Paris, 1938. Dans un hôtel proche du canal Saint-Martin, on fête une communion. Les clients de l'hôtel et les patrons célèbrent l'événement autour d'un repas. Au cours du repas, un jeune couple d'amoureux vient louer une chambre dans le but de se suicider. Pendant la nuit, le coup de feu retentit, la jeune femme est blessée et le jeune homme disparaît. Les hôteliers embauchent la jeune femme comme serveuse.

TELERAMA
Un hôtel modeste au bord du canal Saint-Martin... Inutile de raconter l'histoire, ce qui compte, évidemment, c'est... l'atmosphère de ce quatrième film de Marcel Carné. Au départ, il est embauché par la société de production Sedi pour tourner un film avec la star du studio, la jeune et douce Annabella. On ne lui donne qu'une directive : faire un Quai des brumes, mais un Quai des brumes moral...

Privé de son ami Prévert, en voyage aux Etats-Unis, le réalisateur choisit alors Jean Aurenche et Henri Jeanson comme scénaristes. Très vite agacés par la fadeur du couple de jeunes premiers dramatiques (Annabella, donc, et Jean-Pierre Aumont), ils imaginent un autre couple (merci à eux) pour leur voler la vedette (pari gagné !) : monsieur Edmond, un voyou repenti (Jouvet, un seigneur dans son costard de mac), et Raymonde (Arletty, incarnation géniale de la gouaille du Paris po­pulo), la prostituée au coeur tendre qui lance la réplique la plus célèbre du cinéma français.

Au bout du compte, Hôtel du Nord, véritable festival de dialogues, est plus un film de Jeanson que de Carné. Même les décors d'Alexandre Trauner sont plus importants que l'histoire : à eux seuls, ils feraient regretter à la Nouvelle Vague d'avoir déplacé les tournages en extérieurs naturels. Tendresse particulière pour le jeune Bernard Blier, dans le rôle de l'éclusier dingue de Raymonde (« Oui, ma petite reine », « Voilà, ma petite reine »)... Poussiéreux, l'Hôtel du Nord ? Ceux qui osent dire ça sont de « drôles de bled »... — Guillemette Odicino
HOTEL DU NORD, Marcel Carne 1938, Arletty, Louis Jouvet, Jean-Pierre Aumont (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Paris, 1938. Dans un hôtel proche du canal Saint-Martin, on fête une communion. Les clients de l'hôtel et les patrons célèbrent l'événement autour d'un repas. Au cours du repas, un jeune couple ...

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HUGO CABRET, Martin Scorsese 2011, Asa Butterfield, Ben Kingsley (science fiction)@@@


Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu'un étrange automate dont il cherche la clé - en forme de coeur - qui pourrait le faire fonctionner. En rencontrant Isabelle, il a peut-être trouvé la clé, mais ce n'est que le début de l'aventure.

TELERAMA
Avant le film de Martin Scorsese (en salles), il y a un livre écrit et illustré par l'Américain Brian Selznick. Il nous raconte comment “Hugo Cabret” a été adapté par le grand réalisateur.

C'est sous la plume de Brian Selznick qu'est né Hugo Cabret, dont l'adaptation de Martin Scorsese vient de sortir. Dessinateur de formation, attaché aux images mais aussi aux mots, ni simplement illustrateur, ni seulement écrivain, Brian Selznick se définit comme « faiseur de livres ». Il assure que son Hugo Cabret, publié en France aux éditions Bayard, ne sera pas un nouvel Harry Potter et n'aura donc pas de suite. Mais son passage au cinéma est une deuxième vie qu'il suit de près. Présent sur le tournage de Scorsese, il en a raconté les secrets dans un album (chez Bayard également). Il commente ici des photos associées aux mots clés de l'aventure Hugo Cabret, du livre au film.

J'ai le sentiment que Méliès a toujours fait partie de ma vie. J'ai découvert Le Voyage dans la lune quand j'avais quatre ans et le souvenir ne m'en a jamais quitté. Plus tard, je me suis documenté sur Méliès et j'ai découvert que sa vie avait eu tous les ingrédients d'un bon film : une grande ambition, une tragédie et un happy end. Mais quand j'ai commencé à écrire et dessiner mon livre, Hugo Cabret, on m'a beaucoup découragé de continuer. Pourquoi raconter en noir et blanc une histoire d'enfants qui s'intéressent à des films muets français ? Les enfants n'aiment pas les films muets et encore moins les films muets français ! Mais mon livre a été un grand succès et j'ai pu constater moi-même qu'il suscitait chez les enfants une réelle curiosité pour le cinéma muet, notamment pour les films de Méliès, mais aussi pour les autres films muets de son temps. Mon livre parle d'une époque, il donne aux enfants un contexte, un décor, et à partir de là, ça les intéresse de comprendre ce qu'on faisait comme genre de films.

En 2005, je suis allé au cimetière du Père Lachaise voir la tombe de Méliès. J'y ai laissé un message pour saluer sa mémoire, un dessin et quelques mots. Je viens de découvrir que c'est la petite fille de Méliès qui a maintenant ce message : elle l'a trouvé sur la tombe après mon passage et elle a l'a rapporté chez elle, encadré et accroché au mur ! »
HUGO CABRET, Martin Scorsese 2011, Asa Butterfield, Ben Kingsley (science fiction)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu'un étrange automate ...

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HUGUETTE, Antoine Garceau, Line Renaud, Romane Bohringer societe)@@@ (film complet)


Professeure de français retraitée, Huguette, en proie aux difficultés financières depuis le décès de son mari, bascule dans la précarité. Sa voisine Marion, une infirmière quadragénaire, peine à concilier les exigences de son métier et l'éducation attentive de son fils de 15 ans, dont les résultats scolaires l'inquiètent. Les chemins des deux femmes se croisent le jour où Marion surprend Huguette dormant dans sa voiture. Expulsée, la vieille dame n'a nulle part où aller et Marion la recueille.

TELERAMA
Expulsée de son appartement, Huguette, une enseignante retraitée, est hébergée par sa voisine, mère d’un ado en difficulté scolaire. Pertinent quand il penche du côté du réalisme social, le téléfilm finit par s’égarer dans les bons sentiments...

Vieille dame isolée, Huguette sombre jour après jour dans la misère. Expulsée de son appartement, elle se résout à dormir dans la voiture de son défunt mari. Inacceptable pour Marion, sa voisine. Cette mère célibataire aux prises avec les difficultés scolaires de son fils propose à Huguette de l’héberger quelque temps. En échange, la fière octogénaire, ancienne enseignante, promet de faire remonter les résultats de Rémi en un temps record. Objectif : la seconde générale tant espérée par Marion.

Une mère angoissée, une prof dépassée par l’ère du « tout-écran », un gamin débrouillard au bord de l’asphyxie : avec ce trio improvisé, servi par une interprétation convaincante, Huguette séduit d’abord en embrassant avec justesse des thématiques dans l’air du temps comme la pression éducative, la précarité des aînés, et les relations intergénérationnelles. Mais à force d’élargir son propos, le scénario finit par s’égarer, et retombe maladroitement sur ses pieds grâce à un buzz sur Internet aussi pratique qu’un coup de baguette magique… Au réalisme social le téléfilm préfère la fable optimiste, certes rassurante, mais aussi frustrante.
HUGUETTE, Antoine Garceau 2019, Line Renaud, Romane Bohringer (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Professeure de français retraitée, Huguette, en proie aux difficultés financières depuis le décès de son mari, bascule dans la précarité. Sa voisine Marion, une infirmière quadr ...

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IL ETAIT UNE FOIS DANS L OUEST Sergio Leone 1968,


Alors qu'il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain hérite alors les terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la valeur maintenant que le chemin de fer doit y passer).
IL ETAIT UNE FOIS DANS L OUEST, Sergio Leone 1968, Henri Fonda, Charles Bronson, Claudia Cardinale (western) @@@ (edit IPTC) (E)
Alors qu'il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain hérite alors les terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la va ...

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IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE, Sergio Leone, Robert de Niro


Noodles laisse les souvenirs remonter à la surface de sa mémoire dans une fumerie d'opium du quartier chinois. Quarante ans plus tôt, avec ses amis d'enfance, ils formaient une bande de gamins débrouillards déjà prêts à affronter tous les dangers pour sortir de la pauvreté. Puis, il y a eu la première histoire d'amour avec l'inaccessible Deborah. Pour sauver ses amis, il les a vendus. Jusqu'à ce qu'ils se fassent tous tuer lors d'une arrestation.
IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE, Sergio Leone, Robert de Niro (saga histoire)@@@ (edit IPTC) (E)
Noodles laisse les souvenirs remonter à la surface de sa mémoire dans une fumerie d'opium du quartier chinois. Quarante ans plus tôt, avec ses amis d'enfance, ils formaient une bande de gamins débrouillards d&eacu ...

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INDIAN PALACE, John Madden 2011, Judi Dench, Tom Wilkinson (comique)@@


Quitter la grisaille, se mettre à l'abri des croqueurs d'héritage, réduire ses dépenses... chacun de ces retraités britanniques a ses raisons de se laisser convaincre par une publicité vantant un hôtel spécial seniors en Inde et de s'éloigner de l'Angleterre. Las, à l'arrivée, ce n'est pas un palace qu'ils découvrent, mais une pension vétuste que son gérant veut relancer.

TELERAMA
Après le succès surprise de Et si on vivait tous ensemble ?, voici une déclinaison anglo-américaine du « senior movie ». Sept retraités solitaires et/ou désargentés quittent leur Angleterre pluvieuse pour vivre au Rajasthan, dans ce qu'ils croient être un hôtel de luxe à prix cassés. Mais le Marigold, géré par un jeune Indien aussi enthousiaste que bordélique (le cabotin Dev Patel de Slumdog Millionnaire), se révèle moins glamour que prévu...

La découverte du pays des maharajas n'est pas avare en clichés : soucis gastriques et couplet bien-pensant sur la vie — « un privilège pour les Indiens, un droit pour les Occidentaux ». Cette comédie mélo convainc davantage par ses dialogues grinçants. A un couple qui se demande comment célébrer dignement son quarantième anniversaire de mariage, une femme répond : « Par une minute de silence ! » Le séjour à l'Indian Palace est surtout recommandé pour son casting carte vermeil — mais plaquée or. Maggie Smith fait un malheur en « auntie Danielle » raciste, on regrette presque que son personnage s'humanise au contact d'une intouchable. Et le so british Bill Nighy, dans un rôle plus calme que d'habitude, se montre, une nouvelle fois, irrésistible.
INDIAN PALACE, John Madden 2011, Judi Dench, Tom Wilkinson, Maggie Smith, Dev Patel (inde comique)@@@ (edit IPTC) (E)
Quitter la grisaille, se mettre à l'abri des croqueurs d'héritage, réduire ses dépenses... chacun de ces retraités britanniques a ses raisons de se laisser convaincre par une publicité vantant un h& ...

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INTOUCHABLES, Eric Toledano, Olivier Nakache 2011, Francois Cluzel, Omar Sy


Tout les oppose et il était peu probable qu'ils se rencontrent un jour, et pourtant. Philippe, un riche aristocrate devenu tétraplégique après un accident de parapente va engager Driss, un jeune homme d'origine sénégalaise tout droit sorti de prison, comme auxiliaire de vie à domicile. Pourquoi lui ? Tout simplement parce qu'il ne regarde pas Philippe avec le même regard de pitié que les autres candidats.
INTOUCHABLES, Eric Toledano, Olivier Nakache 2011, Francois Cluzel, Omar Sy (societe)@@@@ (edit IPTC) (E)
Tout les oppose et il était peu probable qu'ils se rencontrent un jour, et pourtant. Philippe, un riche aristocrate devenu tétraplégique après un accident de parapente va engager Driss, un jeune homme d'origine s ...

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INVICTUS, Clint Eastwood 2009, Morgan Freeman, Matt Damon


À l'issue de la chute de l'apartheid, le président Nelson Mandela, récemment élu, est confronté à une Afrique du Sud qui est racialement et économiquement divisée.
INVICTUS, Clint Eastwood 2009, Morgan Freeman, Matt Damon (histoire bio)@@@ (edit IPTC) (E)
À l'issue de la chute de l'apartheid, le président Nelson Mandela, récemment élu, est confronté à une Afrique du Sud qui est racialement et économiquement divisée. ...

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JE VOUS TROUVE TRES BEAU, Isabelle Mergault 2005, Michel Blanc, Medeea Marinescu, Isabelle Mergault (sentimental)@@@


Aymé Pigrenet vient de perdre sa femme. Il n'est pas submergé par le chagrin, mais anéanti par le travail qu'il va devoir désormais effectuer tout seul à la ferme. Très vite, Aymé s'aperçoit qu'il ne peut pas s'en sortir. Il doit impérativement trouver une autre femme. Aymé décide alors de faire appel à une agence matrimoniale. La directrice de l'agence propose à Aymé de se rendre en Roumanie où là, les filles sont prêtes à tout pour quitter la misère dans laquelle elles vivent.

TELERAMA
Un agriculteur râleur (Michel Blanc) s’éprend d’une Roumaine qui s’installe à la ferme. Comédie où l’émotion prend joliment le pas sur l’humour rural.
Que se cache-t-il derrière cette déclaration forcément intrigante puisqu'elle s'adresse à Michel Blanc ? Une petite comédie sensible qui étonne par sa tendresse pastel et tranche avec l'image gouailleuse et chuinteuse que sa réalisatrice-scénariste, Isabelle Mergault, entretient sur les plateaux télé de Ruquier. Le scénario de ce premier film semble indigeste : Aymé, agriculteur renfrogné, se retrouve veuf, sa Ginette électrocutée par une machine à traire. Pragmatique et pressé, il s'adresse à une agence matrimoniale qui recrute de jeunes beautés roumaines prêtes à convoler pour vivre le french dream. C'est ainsi qu'Elena (Medeea Marinescu, lumineuse) débarque chez Aymé. Comme un rayon de soleil tardif dans un coeur en jachère...

L'éclosion d'un amour entre deux êtres que tout sépare : voilà bien un champ du cinéma maintes fois labouré. Pourtant, et même si Isabelle Mergault chausse aussi ses bottes en caoutchouc pour des scènes de comique rural inégal, c'est bien dans le registre de l'émotion qu'elle nous cueille. Avec des riens : un tablier de vaisselle, un baiser sur le front, une nuit étoilée. Au croisement de deux routes de campagne, une cabine téléphonique devient même le petit théâtre d'une poignante mise à nu d'Aymé, le rustre touché par la grâce que Michel Blanc rend si aimable, si aimant, constamment touchant. Comme Elena, comme Isabelle Mergault, on le trouve très beau.
JE VOUS TROUVE TRES BEAU, Isabelle Mergault 2005, Michel Blanc, Medeea Marinescu, Isabelle Mergault (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Aymé Pigrenet vient de perdre sa femme. Il n'est pas submergé par le chagrin, mais anéanti par le travail qu'il va devoir désormais effectuer tout seul à la ferme. Très vite, Aymé s'aper&cced ...

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JEAN DE FLORETTE, Claude Berri 1986, Yves Montand, Gerard Depardieu, Daniel Auteuil, Emmanuelle Beart (saga)@@


Petit et laid, Ugolin, le dernier des Soubeyran, revient du service militaire. Il retrouve son oncle, le Papet, à qui il dévoile son projet : rester au pays pour cultiver des œillets. Convaincu que l'affaire peut être rentable, le Papet accepte de financer l'entreprise.

TELERAMA
Le patrimoine pagnolesque, la Provence crépitante, des stars à foison… L’histoire réunit les qualités d’une tragédie et Auteuil est impressionnant.

De retour dans son village, Ugolin envisage de se lancer dans la culture extensive des œillets sur les terrains de son oncle, le Papet. L’eau manque, hélas. Il y a bien une source, mais sur le terrain du voisin. Celui-ci meurt. C’est Jean de Florette, un homme de la ville, qui en hérite…

Le patrimoine pagnolesque, la Provence crépitante, l’eau vitale, des stars à foison, il y a là ce qu’il faut pour un mammouth cinématographique académique en deux parties 1. De fait, on est rarement surpris : tout correspond fidèlement au dépliant touristique, et le voyage dans la garrigue est bien organisé. Reste que l’histoire est assez forte pour captiver. Fondée sur une vilenie (la source bouchée) et sur un calvaire (Depardieu, sa bosse, sa lutte quotidienne de titan), elle réunit les qualités d’une tragédie. Si Claude Berri n’est pas très inspiré face aux paysages, il sait en revanche mettre en valeur les acteurs (Auteuil surtout, impressionnant), intensifier les visages, les regards, les face-à-face. Grâce à son savoir-faire, il honore ici la tradition du grand spectacle populaire.
JEAN DE FLORETTE, Claude Berri 1986, Yves Montand, Gerard Depardieu, Daniel Auteuil, Emmanuelle Beart (saga)@@@ (edit IPTC) (E)
Petit et laid, Ugolin, le dernier des Soubeyran, revient du service militaire. Il retrouve son oncle, le Papet, à qui il dévoile son projet : rester au pays pour cultiver des œillets. Convaincu que l'affaire peut ê ...

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JOYLAND, Saim Sadiq 2022, Ali Junejo, Rasti Farooq (societe)@@@


Haider vit à Lahore avec sa femme Mumtaz, avec son père et son frère aîné Saleem. Sa femme travaille et Haider, sans emploi, s'occupe de ses nièces pour aider sa belle-soeur Nucchi. Un jour, il trouve du travail comme danseur dans un cabaret. Il s'éprend d'une des danseuses vedettes, Biba, une femme transgenre. De son côté, sa femme Mumtaz supporte mal sa vie de moins en moins libre.

TELERAMA
Audacieuse, cette chronique familiale superbement mise en scène bouscule les normes de la société patriarcale. Ou quand Haider, l’homme au foyer, rencontre Biba, la danseuse trans...

Ce film tourné à Lahore est une surprise parfaite. Le réalisateur, débutant doué, a imaginé une chronique familiale qui parle courageusement de sentiments et de sexe, de différences et de normes qui voudraient s’imposer jusque dans l’intimité. Le point de départ est un retournement de situation d’une savoureuse ironie… Pendant que sa femme travaille, le jeune Haider s’occupe des enfants de son frère et de la maison où tout le monde vit, sous l’autorité du grand-père, pour qui il est urgent de revenir à la bonne distribution des rôles. Mumtaz, l’épouse, doit donc abandonner son travail et, parce qu’il lui faut en trouver un, Haider s’improvise danseur. Il tombe alors amoureux de la chanteuse Biba, une transsexuelle.

Avec ce ménage à trois pakistanais jamais classique, Joyland s’ouvre à des notes joyeuses ou dramatiques, accueille la fantaisie mais aussi, peu à peu, une tension terrible. Haider, Mumtaz et Biba deviennent des personnages poignants dont la solitude est regardée en face. Chacun se retrouve, en effet, abandonné à des désirs impossibles, assigné par une société patri­arcale à une place faussée. Haider doit être l’homme viril, Mumtaz, la ­recluse qui procrée, et Biba rester une « curiosité », jamais considérée comme une vraie femme. Et tous doivent renoncer à leurs désirs. À travers ces portraits retentit un appel à la liberté, à la vérité, à la sensibilité. Trois mots que ce film superbement mis en scène porte haut.
JOYLAND, Saim Sadiq 2022, Ali Junejo, Rasti Farooq (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Haider vit à Lahore avec sa femme Mumtaz, avec son père et son frère aîné Saleem. Sa femme travaille et Haider, sans emploi, s'occupe de ses nièces pour aider sa belle-soeur Nucchi. Un jour, il trouv ...

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KRAMER CONTRE KRAMER, Robert Benton 1979, Dustin Hoffman, Meryl Streep (societe)@@@


Ted Kramer rentre chez lui, heureux de pouvoir annoncer à Joanna qu'il s'est vu confier une importante campagne de publicité, récompense d'un dévouement à toute épreuve aux intérêts de son entreprise. Cependant, Joanna ne lui en laisse pas le loisir. Elle lui déclare tout de go qu'elle le quitte et s'en va sans attendre, lui laissant la charge de Billy, leur fils. Tant bien que mal, Ted s'organise, entre travail, courses, ménage, toasts brûlés et réunions de parents d'élèves.

TELERAMA
En plein boom, dans les années 70-80, le divorce était alors le grand thème de société dont on aimait à débattre à longueur d'éditoriaux et de fictions en tout genre. Kramer contre Kramer en illustre méthodiquement toutes les tribulations, petits tracas et grands déchirements. Avec, petit supplément de modernité « d'époque », le point de vue d'un père « abandonné », obligé d'assumer seul, du jour au lendemain, le quotidien de son petit garçon.
Oscar du meilleur film en 1979, cette étude de moeurs est restée, peu ou prou, dans les mémoires des spectateurs, le film de référence sur le sujet. Qui, d'une rediffusion à l'autre de cette oeuvre presque trentenaire, n'a pas trituré son mouchoir devant la détresse de Ted Kramer, papa new-yorkais débordé et aimant (Dustin Hoffman, débordant de charme) ? Qui n'a pas senti, comme le jeune Billy, son petit coeur balancer, au jardin public, entre l'étreinte paternelle et le regard embué de la mère prodigue (Meryl Streep, que le film contribua à révéler) ?...
Certes, Robert Benton joue à fond la carte de l'attendrissement, appuyant avec toute son habileté de faiseur hollywoodien sur la détresse de l'enfant et le désarroi des parents. Mais, grâce à la verve et à la sensibilité des comédiens, à l'humour et à la justesse de scènes très quotidiennes (un repas maladroitement improvisé, une engueulade père-fils, un rendez-vous galant raté...), Benton ne fait pas la morale, ne prend parti pour aucun de ses personnages paumés, blessés et malgré tout pleins d'espoir, et son film reste, encore aujourd'hui, étonnamment tendre et vivant.
KRAMER CONTRE KRAMER, Robert Benton 1979, Dustin Hoffman, Meryl Streep (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Ted Kramer rentre chez lui, heureux de pouvoir annoncer à Joanna qu'il s'est vu confier une importante campagne de publicité, récompense d'un dévouement à toute épreuve aux intérêts de ...

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L AFRICAIN, Philippe de Broca 1983, Catherine Deneuve, Philippe Noiret (aventure)@@


Victor, amoureux de la nature, a trouvé le repos dans une idyllique contrée de l'Afrique centrale. L'arrivée intempestive de son ex-femme menace son univers paradisiaque. Celle-ci, chargée de dénicher un paradis perdu, veut en effet implanter dans la région un village-vacances pour touristes fortunés.

TELERAMA
Victor, biologiste bourru, réfugié dans un des derniers sanctuaires sauvages de la planète, voit débarquer Charlotte, tornade blonde, cadre du Club Med, bien décidée à « faire aller de l'avant » ce petit coin de paradis des éléphants. La divine emmerdeuse n'est rien d'autre que l'épouse de Victor. Le combat peut commencer entre le pachyderme misanthrope et l'entreprenante gazelle, au milieu de la forêt vierge, de vilains trafiquants d'ivoire, et de Pygmées qui n'ont rien demandé à personne.

Dans les années 1960, Philippe de Broca, grand orfèvre du cinéma rocambolesque de haute volée, faisait virevolter Jean-Pierre Cassel, puis Bébel, en Chine et à Rio. Vingt ans après, son héros prenait les traits débonnaires et épicuriens de Philippe Noiret, et le sens du rythme du réalisateur prenait aussi un peu d'embonpoint. Mais tout de même : un décor de rêve (le Kenya), un zeste de message écolo (Philippe de Broca était membre du Fonds mondial pour la nature), et l'éternel couple dont l'amour est proportionnel aux chamailleries. Et puis Deneuve est irrésistible quand elle est survoltée... — Guillemette Odicino
L AFRICAIN, Philippe de Broca 1983, Catherine Deneuve, Philippe Noiret (aventure)@@@ (edit IPTC) (E)
Victor, amoureux de la nature, a trouvé le repos dans une idyllique contrée de l'Afrique centrale. L'arrivée intempestive de son ex-femme menace son univers paradisiaque. Celle-ci, chargée de dénicher un p ...

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L AMANT, Jean-Jacques Annaud 1991, Jane March, Tony Leung Ka Fai (sentimental histoire)@@


L'Indochine, dans les années 1930. Une Française de 15 ans et demi vit avec sa mère, une institutrice besogneuse, et ses deux frères pour lesquels elle éprouve un étrange mélange de tendresse et de mépris. Sur le bac qui la conduit vers Saigon et son pensionnat, elle fait la connaissance d'un élégant Chinois au physique de jeune premier. L'homme a l'air sensible à son charme et le lui fait courtoisement savoir. Elle accepte de le revoir régulièrement.

TELERAMA
Il ne reste pas grand-chose de Duras dans cette adaptation. L’écrivain, se sentant dépossédée (moyennant finance) de son œuvre, écrivit L’Amant de la Chine du Nord, à la manière du film qu’elle aurait peut-être tiré de son récit primitif. Annaud a filmé une passion charnelle entre deux personnes étrangères à leurs propres milieux. C’est du cinéma illustratif, pollué par l’image publicitaire. L’obsession de la beauté plastique conduit à un film bizarrement sage et transparent.
L AMANT, Jean-Jacques Annaud 1991, Jane March, Tony Leung Ka Fai (sentimental histoire)@@ (edit IPTC) (E)
L'Indochine, dans les années 1930. Une Française de 15 ans et demi vit avec sa mère, une institutrice besogneuse, et ses deux frères pour lesquels elle éprouve un étrange mélange de tendresse ...

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L ANNONCE, Julie Lopes Curval, Sophie Hiet 2016, Alice Taglioni, Eric Caravaca, Claude Perron (drame sentimental)@@


Empêtrée dans une relation destructrice avec Didier, actuellement en prison, Annette a répondu à une annonce : Homme doux, 46 ans, cherche jeune femme aimant la campagne. Entre elle et Paul, le courant passe. Annette insiste pour s'installer avec son fils dès Noël dans la ferme où Paul, sa soeur Nicole et son oncle Antoine tentent de passer à l'élevage bio. Séduit, et las de la solitude, l'agriculteur cède.

TELERAMA
Une manutentionnaire quitte son mari violent pour un agriculteur rencontré par annonce... Non, il ne s’agit pas de “L’amour est dans le pré”... mais d’un subtil portrait de femme.

Alors que son compagnon, violent et porté sur la bouteille, purge une peine de prison, Annette, manutentionnaire dans un supermarché, rencontre Paul, un paysan vivant dans une ferme isolée, grâce à une petite annonce. Avertissant seulement sa mère, elle décide de quitter le Nord pour le rejoindre en Auvergne, accompagnée de son fils âgé d’une dizaine d’années. En plein hiver (rude et neigeux), l’adaptation à ce nouvel univers promet d’être difficile. Annette parviendra-t-elle à prendre un nouveau départ ?

Ne pas trop se fier à ce synopsis : L’Annonce n’est pas un drame de l’incommunicabilité au naturalisme grisâtre. Pas plus qu’une version fictionnelle de L’amour est dans le pré fondée sur la confrontation de deux mondes que tout oppose. C’est avant tout un subtil portrait de femme au ton doux-amer, dans la lignée de ceux que Julie Lopes-Curval avait réalisés pour le cinéma (Bord de mer, Toi et moi, Le Beau Monde…), et bénéficiant du talent de la chef op Céline Bozon. Dans ce téléfilm de 2015, Alice Taglioni dévoile, à travers un rôle profond et complexe, ses talents d’actrice au sein d’un casting impeccable.
L ANNONCE, Julie Lopes Curval, Sophie Hiet 2016, Alice Taglioni, Eric Caravaca, Claude Perron (rural sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Empêtrée dans une relation destructrice avec Didier, actuellement en prison, Annette a répondu à une annonce : Homme doux, 46 ans, cherche jeune femme aimant la campagne. Entre elle et Paul, le courant passe. Anne ...

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L ARMEE DES OMBRES, Jean-Pierre Melville 1969, Lino Ventura, Paul Meurice, Jean-Pierre Cassel, Simone Signoret (guerre)@@@


En octobre 1942, Philippe Gerbier est interné dans un camp français puis transféré au quartier général de la Gestapo de l'hôtel Majestic à Paris. Il s'en évade en tuant une sentinelle. À Marseille, il est chargé avec Félix et Le Bison d'exécuter Doinot, qui les a trahis.

TELERAMA
La vie clandestine des membres d’un réseau de la Résistance, magistralement mise en scène par Melville, qui a puisé dans le roman de Joseph Kessel et dans ses propres souvenirs. La distribution est époustouflante.
On parlerait de chef-d’œuvre si cette notion galvaudée ne renvoyait pas aussi souvent à l’art officiel. Officiel, le film se refuse à l’être, malgré son poids historique. Ancien résistant gaulliste, Jean-Pierre Melville l’a porté en lui vingt-cinq ans et n’a pu le réaliser qu’à la fin de sa carrière. C’est un regard démystifiant et grave à la fois sur la Résistance et ses hommes de l’ombre. Il montre un quotidien soumis à une tension permanente, où chacun doit se cacher, attendre, guetter, fuir, et parler le moins possible. Cette forme extrême d’engagement tend au cauchemar dépouillé. Elle exige de se salir les mains (l’exécution des traîtres) et surtout de se battre avec soi-même, ses doutes, sa lâcheté et sa peur.
Filmant ces combattants clandestins comme des fantômes, des morts en sursis, Melville loue leur courage et leur abnégation sans céder à l’imagerie héroïque. L’Armée des ombres est une épure funèbre et hypnotique dans laquelle les hommes et les femmes, bien que liés par des convictions très fortes, sont immanquablement seuls. Au bout du compte, c’est par le biais de cette solitude mélancolique que ces silhouettes souveraines rejoignent le mythe.
L ARMEE DES OMBRES, Jean-Pierre Melville 1969, Lino Ventura, Paul Meurice, Jean-Pierre Cassel, Simone Signoret (guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
En octobre 1942, Philippe Gerbier est interné dans un camp français puis transféré au quartier général de la Gestapo de l'hôtel Majestic à Paris. Il s'en évade en tuant une senti ...

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L ARNAQUE, George Roy Hill 1973, Paul Newman, Robert Redford (musical)@@@


Une bande de trois petits arnaqueurs dépouille par hasard un convoyeur de fonds d'un grand bandit de la pègre de New York. Celui-ci cherche à se venger et tue Luther, un des arnaqueurs qui a participé au vol. Avant de se faire assassiner, Luther remet à Johnny Hooker la carte de visite d'un ancien grand faisandier : Henry Gondorff. Johnny se rend donc à Chicago pour rencontrer Henry.

TELERAMA
Au son du ragtime, une évocation nostalgique de l’Amérique des années 1930, avec Newman et Redford. Le mélange d’humour et de vengeance fait mouche.

En 1974, l'année où L'Arnaque rafla sept oscars, dont celui du meilleur film, à la barbe (souillée de vomi) de L'Exorciste, Hollywood fit le choix du classicisme : une bonne vieille comédie malicieuse et nostalgique sur l'Amérique de la Grande Dépression, à l'opposé des brûlots contestataires des jeunes-turcs du Nouvel Hollywood (Scorsese, Coppola...). L'inoubliable ritournelle - le piano ragtime, bande-son des films burlesques des années 1910-1920 - a évidemment contribué au charme anachronique de l'ensemble.

Déjà rétro au moment de sa sortie, l'image sépia n'avait aucune raison de vieillir. Et si l'on ajoute qu'on peut y admirer les deux plus belles paires d'yeux bleus de l'histoire du cinéma (le couple Redford-Newman, déjà à l'unisson, en 1969, dans Butch Cassidy et le Kid, du même George Roy Hill), on comprend pourquoi ce film est devenu indémodable. Comme dans tous les films reposant sur une machination, le plaisir le plus évident consiste à se laisser manipuler. Un plaisir intact.
L ARNAQUE, George Roy Hill 1973, Paul Newman, Robert Redford (musical)@@@ (edit IPTC) (E)
Une bande de trois petits arnaqueurs dépouille par hasard un convoyeur de fonds d'un grand bandit de la pègre de New York. Celui-ci cherche à se venger et tue Luther, un des arnaqueurs qui a participé au vol. Ava ...

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L ART DU MENSONGE, Bill Condon 2019, Helen Mirren, Ian McKellen (thriller)@


Escroc professionnel, Roy Courtnay n'en croit pas sa chance ! Alors qu'il surfe sur un site de rencontre, il fait la connaissance d'une riche veuve, Betty McLeish, qui lui ouvre sa porte... et son coeur. Rien de plus facile que de la dépouiller ! Sauf qu'il n'avait pas prévu de se prendre d'affection pour sa cible... Contre toute attente, Roy s'engage dans la mission la plus délicate de sa carrière d'arnaqueur.

TELERAMA
Ian McKellen et Helen Mirren, deux cadors de l’art dramatique anglais, n’y peuvent rien, mais ce jeu de dupes entre un vieil escroc antipathique et une riche veuve touche le fond du déplaisant.

On s’attendait à un film d’arnaque bien ficelé et porté par deux cadors britanniques. Or ce jeu de dupes entre un vieil escroc antipathique et une riche veuve se met en place très mollement, alors qu’il est évident, dès le début, que le rapport de force va s’inverser. Au moment tant attendu (en bâillant) des révélations, les motivations de la victime sont explicitées par de mauvais flash-back. Même le traumatisme qu’elle a vécu ne semble être qu’un complaisant alibi de scénario. Quand Ian McKellen, en plein cabotinage, et Helen Mirren finissent par se battre à même le sol, le film touche le fond du déplaisant.
L ART DU MENSONGE, Bill Condon 2019, Helen Mirren, Ian McKellen (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Escroc professionnel, Roy Courtnay n'en croit pas sa chance ! Alors qu'il surfe sur un site de rencontre, il fait la connaissance d'une riche veuve, Betty McLeish, qui lui ouvre sa porte... et son coeur. Rien de plus facile que de la d&eacu ...

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L AS DES AS Gerard Oury 1982, Jean-Paul Belmondo, Marie-France Pisier


Jo Cavalier, qui fut pendant la Grande Guerre l'un des pilotes les plus héroïques de la toute nouvelle aviation, est devenu l'entraîneur de l'équipe française de boxe. Le 1er août 1936, il conduit celle-ci aux Jeux olympiques de Berlin. Dans le train, un garçon de 10 ans, Simon Rosenblum, reconnaît Jo et lui demande un autographe.
L AS DES AS Gerard Oury 1982, Jean-Paul Belmondo, Marie-France Pisier@@@ (edit IPTC) (E)
Jo Cavalier, qui fut pendant la Grande Guerre l'un des pilotes les plus héroïques de la toute nouvelle aviation, est devenu l'entraîneur de l'équipe française de boxe. Le 1er août 1936, il conduit celle ...

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L EFFRONTEE, Claude Miller 1985, Charlotte Gainsbourg, Bernadette Lafont


Charlotte, treize ans, vit au bord du lac Léman, avec son père Antoine, son frère aîné, Jacky, et Léone, sa "nounou," autrement dit la jeune femme qui l'a élevée. Charlotte est une adolescente plutôt timide et rêveuse qui est fascinée par une pianiste prodige de son âge.
L EFFRONTEE, Claude Miller 1985, Charlotte Gainsbourg, Bernadette Lafont@@@ (edit IPTC) (E)
Charlotte, treize ans, vit au bord du lac Léman, avec son père Antoine, son frère aîné, Jacky, et Léone, sa "nounou," autrement dit la jeune femme qui l'a élevée. Charlotte es ...

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L ENVOL, Pietro Marcello 2022, Juliette Jouan, Raphaël Thiéry @@


En 1919, quelque part dans le Nord de la France, Juliette grandit seule avec son père, Raphaël, un soldat rescapé de la Première Guerre mondiale. Passionnée par le chant et la musique, la jeune fille solitaire fait un été la rencontre d'une magicienne qui lui promet que des voiles écarlates viendront un jour l'emmener loin de son village. Juliette ne cessera jamais de croire en la prophétie.

TELERAMA
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, dans un village picard, une jeune femme s’émancipe par le chant. Un conte musical élégant.

Fils de marin napolitain, peintre de formation, cinéaste autodidacte venu du documentaire, amoureux de la pellicule, Pietro Marcello compose des films organiques, quasi vibratoires, à la croisée de toutes ces influences socioculturelles. En 2019, son adaptation très libre et très personnelle de Martin Eden, transposé dans la baie de Naples, offrait au classique de Jack London un souffle inédit. Il est à nouveau question d’émancipation par l’art et de revanche sur la vie dans ce conte musical qui s’inspire lointainement des Voiles écarlates (1923), de l’écrivain soviétique Alexandre Grine (1880-1932). La gracieuse candidate à « l’envol » se prénomme Juliette, comme son interprète, la musicienne Juliette Jouan, qui fait ses débuts au cinéma avec ce rôle où elle donne aussi, merveilleusement, de la voix.

Le père bourru mais aimant est revenu au village après la Grande Guerre (Raphaël Thiéry joue un superbe colosse aux pieds d’argile et aux mains en or, gueule cassée et sculpteur sur bois). Et une drôle de « sorcière » (Noémie Lvovsky, magnifique) veille sur Juliette comme une mère de substitution. Élevée dans une ferme en Picardie, la jeune héroïne est un personnage bien plus moderne et audacieux que ne le laissaient présager les lieux et l’époque. L’imbrication du passé et du présent est, du reste, l’un des charmes du film, de la vie rurale du début du XXe siècle aux sujets d’actualité tels le matriarcat ou le féminicide…

L’hybridation s’invite aussi dans la composition de l’image à proprement parler, où l’on sent encore la patte du peintre. Autant par souci économique et écologique que par goût pour la superposition des couches et des matières, des images d’archives de l’armistice de 1918 dans la baie de Somme ou des plans d’un film de Julien Duvivier de 1930 sont insérés ici ou là. Commencé sous l’égide du Jean Renoir de Partie de campagne, L’Envol s’achève en musique sous les auspices inattendus de Jacques Demy, avec ce prince charmant-aviateur littéralement tombé du ciel incarné par Louis Garrel, deus ex machina d’un film décidément enchanteur.
L ENVOL, Pietro Marcello 2022, Juliette Jouan, Raphaël Thiéry (conte sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
En 1919, quelque part dans le Nord de la France, Juliette grandit seule avec son père, Raphaël, un soldat rescapé de la Première Guerre mondiale. Passionnée par le chant et la musique, la jeune fille solitai ...

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L ESPION QUI VENAIT DU FROID, Martin Ritt 1965, Richard Burton, Oskar Werner, Claire Bloom (espionnage)@@@


Pendant la guerre froide, un agent secret britannique, Leamas, se met en retraite après avoir été officiellement démis de ses fonctions. Les services secrets de l'Est le contactent et il passe le rideau de fer, apparemment prêt à fournir des renseignements sur les réseaux britanniques en Allemagne de l'Est.

TELERAMA
Martin Ritt livre une fidèle adaptation de John le Carré, en se concentrant sur la mécanique implacable de l’espionnage. Un must du genre. Burton est magnifique.

Leamas, admirablement interprété par un Richard Burton qui passe de l’abattement à l’ivresse, de la tendresse à la froideur la plus absolue, est un homme et non pas une mécanique parfaitement maîtrisée. Ce qui intéresse le romancier John Le Carré et qui a visiblement fasciné Martin Ritt, c’est la logique mathématique et perverse des services de renseignements.

Ici, tout est billard. Le jeu, même à mort, doit demeurer un jeu. Pas de place pour le sentiment. Tout dans l’image dit l’enfermement, l’absence d’issue. Aucune échappée belle. Il y a des murs partout. Prisonniers de leurs désirs, de leurs fantasmes, de leur désespoir, les personnages sont tous les jouets d’instances supérieures qui les manipulent. Ce film d’une angoissante lenteur et d’un noir et blanc très sombre est loin des exploits sportifs et des images chocs d’un James Bond. C’est une inquiétante tragédie de l’ombre.
L ESPION QUI VENAIT DU FROID, Martin Ritt 1965, Richard Burton, Oskar Werner, Claire Bloom (espionnage)@@@ (edit IPTC) (E)
Pendant la guerre froide, un agent secret britannique, Leamas, se met en retraite après avoir été officiellement démis de ses fonctions. Les services secrets de l'Est le contactent et il passe le rideau de fer, a ...

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L ETE DERNIER, Catherine Breillat 2013, Lea Drucker (sentimental)@@@


Anne est une brillante avocate, spécialisée dans la défense des mineurs victimes d'abus et des adolescents en difficulté. Elle habite dans une grande villa sur les hauteurs de Paris avec son mari, Pierre, et leurs deux filles. Cependant, l'harmonie dans sa famille est perturbée par l'arrivée de Théo, fils de Pierre né d'un précédent mariage, qui emménage chez eux. Anne entame en effet une liaison avec cet adolescent de dix-sept ans rebelle et contestataire, et cela risque de tout détruire.

TELERAMA
Le désir, le plaisir, un possible scandale. La cinéaste balaie la morale dans ce thriller amoureux porté par Léa Drucker, éblouissante.

Un monstre de froideur implacable, jusque dans le bleu abyssal de son regard. C’est la première image qu’on a d’Anne (Léa Drucker, impressionnante, créatrice d’inédit). Les yeux dans les yeux, elle interroge une jeune fille tremblante sur un ton inquisiteur. « Est-ce que tu avais bu de l’alcool ce soir-là ? Tu es sortie avec combien de garçons cette année ? Moins de dix, plus de dix ? Et tu as couché avec combien d’entre eux ? » On imagine une commissaire de police. Anne est en vérité une éminente avocate pénaliste et veut tout savoir de la jeune fille, victime d’un viol, qu’elle s’est engagée à défendre. Voilà toute sa dureté soudain relativisée. Voilà un retournement saisissant, le premier et non le dernier d’un film où l’ambivalence sera reine, jusqu’à la dernière minute. De manière cristalline, tendue.

L’Été dernier tient en haleine comme un film à suspense. Sans meurtre mais avec la transgression d’un amour fou, scandaleux, qui frappe Anne et son beau-fils, Théo (Samuel Kircher, non loin du Tadzio de Mort à Venise), âgé de 17 ans. Celui-ci est un adonis indocile et un brin arrogant, qui vivait jusque-là chez sa mère. Après une incartade de trop, son père, mari d’Anne, a décidé de le ramener chez lui. Théo arrive dans cette grande maison, écrin idéal où Pierre et Anne, couple aisé, vivent avec leurs filles, joyeuses, vives, de 6 et 7 ans.

Cette peinture du bonheur familial ne manque pas d’ironie. Il y a même des moments franchement cocasses, comme cette première scène de sexe, entre Pierre et Anne, où celle-ci s’épanche et s’excite en racontant un souvenir de dégoût, comme si elle était à table ou dans un salon. On pourrait se croire chez Chabrol. Sauf que le film, et c’est toute sa force, ne va jamais là où on l’attend. Balayant sociologie et psychologie, dépassant la morale du bien et du mal, Catherine Breillat parvient à combiner l’ironie avec le souffle a priori incompatible d’un romantisme étincelant.

Ivresse amoureuse
Élan, énergie électrique, vertige, commencent à émerger sur le Dirty Boots de Sonic Youth. Dans une lumière dorée de fin de journée, Anne, Théo et les filles s’en reviennent en décapotable d’une belle journée au lac, où ils se sont baignés. Anne et Théo se sont rapprochés. Est-elle attirée par son charme de jeune pâtre grec ? Bientôt ils s’embrassent et plus encore. Voilà Anne qui défaillit, rajeunit à vue d’œil, retrouve son éclat de jeune fille. C’est une alchimie intérieure que la cinéaste fait miraculeusement ressentir : celle de l’ivresse amoureuse qui, quel que soit l’âge où on la vit, nous ramène à l’état d’exaltation de l’adolescence et à ses sensations d’absolu.

Des années séparent la blonde mûre en robe fourreau hitchcockienne et l’archange de la Renaissance et, pourtant, ils semblent avoir soudain le même âge. La réalisatrice de Romance et de Parfait Amour ! donne à leurs étreintes un cachet particulier. Les scènes de sexe ont toujours été pour elle un enjeu capital, sans être à coup sûr picturales – c’est lorsqu’elle a naguère sacrifié parfois son talent de peintre que son cinéma a pu s’affaiblir. Ici, sa mystique de l’amour, inspirée notamment du Caravage, s’exprime avec succès (bravo à Jeanne Lapoirie, sa cheffe opératrice) à travers un art du portrait. Les gros plans magnifient la carnation et ses variations, pâle, rose, nacrée. Grâce sans joliesse – avec bave, morve et larmes. Grâce violente de ces visages déformés, transfigurés par le plaisir. Avec ce point d’orgue : la tête renversée d’Anne, gorge offerte, yeux fermés, extase au bord de la stase, faisant d’elle une gisante sublime.

L’attrait du gouffre n’est jamais loin. Un danger continu plane et prend une autre dimension dans le dernier tiers du film. Où la part de « monstruosité » d’Anne reprend le dessus, contre toute attente, et point à partir d’un long plan-séquence, silencieux, de basculement terrifiant. Il ne faut pas y voir une condamnation de l’héroïne. Celle-ci a ses raisons – en lien avec l’amour de raison, justement. Qui ne vaut pas mieux ni moins bien que la passion. Breillat ne juge pas. Si son film est une apologie certaine du désir, magnétique, irrépressible, il suggère aussi que toute passion est forcément mortifère.

L’Été dernier galvanise et dérange, sans cesser d’échapper à toute vérité figée. Même le mari dans cette histoire est plus ambigu que son image réductrice de « normopathe », reproche que lui adresse un moment son épouse avec un sourire goguenard. On peut aimer le film pour des raisons diverses, en avoir des interprétations différentes, signe de profondeur. Aujourd’hui âgée de 75 ans, Catherine Breillat, qui a survécu, rappelons-le, à un AVC la laissant hémiplégique et qui fut sous l’emprise d’un escroc (comme elle l’a raconté dans Abus de faiblesse), nous offre un tel manifeste de vigueur amorale qu’il est difficile de ne pas être admiratif.

La vie sexuelle de Catherine B
Depuis son premier roman, écrit à 18 ans (L’Homme facile), et son premier long métrage (Une vraie jeune fille, 1976), Catherine Breillat a toujours défié la terre entière, en liant cérébralité et obsession sexuelle. Réfractaire à toute famille de pensée (y compris le féminisme, qu’elle soutient et discute à la fois), elle a construit une œuvre pleine d’aplomb, à nulle autre pareille (à redécouvrir jusqu’au 24 septembre dans le cadre d’une rétrospective à la Cinémathèque française). Murielle Joudet, critique de cinéma, l’a rencontrée pour un livre d’entretiens passionnant. Qui retrace toute sa carrière, passant au crible fin chacun de ses films (quinze en tout) et révélant la réalisatrice comme une guerrière d’une intelligence très souvent foudroyante, aux antipodes du prêt-à-penser conformiste. Sa mauvaise foi et son goût forcé du paradoxe peuvent agacer parfois. N’empêche. Sur l’amour, la sexualité, l’art et la violence, les acteurs, ce livre est une mine d’or qui se dévore.
Je ne crois qu’en moi. Catherine Breillat. Entretien avec Murielle Joudet, éd. Capricci, 232 p., 17 €.
L ETE DERNIER, Catherine Breillat 2013, Lea Drucker (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Anne est une brillante avocate, spécialisée dans la défense des mineurs victimes d'abus et des adolescents en difficulté. Elle habite dans une grande villa sur les hauteurs de Paris avec son mari, Pierre, et leur ...

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L EVEIL, Penny Marshall 1990, Robert De Niro, Robin Williams (sante)@@


New York, 1969. Comptant parmi les derniers rescapés d'une épidémie d'encéphalite qui a frappé les États-Unis quelques décennies plus tôt, Leonard Lowe végète, avec d'autres victimes, dans un hôpital psychiatrique du Bronx. Le docteur Malcolm Sayer, jeune chercheur en neurologie maladivement timide, ambitionne de guérir ces malades prétendument incurables et réussit à réveiller un patient plongé dans un état catatonique depuis 30 ans.

TELERAMA
Dans les années 20, une épidémie d'encéphalite léthargique frappe les Etats-Unis. Quarante ans plus tard, le timide docteur Malcolm Sayer se retrouve dans un hôpital du Bronx, où végètent quelques rescapés du terrible fléau. A défaut de pouvoir travailler dans sa spécialité, la neurologie, Malcolm accepte de soigner ces malheureux. Sa difficulté à s'exprimer devient un atout avec des patients qui, bien qu'atteints de troubles psychiques profonds, ont gardé leur intelligence intacte. Malcolm comprend rapidement que la réputation d'incurabilité qui s'attache à ces malades et qui a entravé toute tentative de traitement est infondée. Il se prend de sympathie pour l'un de ses patients, Leonard Lowe...
L EVEIL, Penny Marshall 1990, Robert De Niro, Robin Williams (sante)@@@ (edit IPTC) (E)
New York, 1969. Comptant parmi les derniers rescapés d'une épidémie d'encéphalite qui a frappé les États-Unis quelques décennies plus tôt, Leonard Lowe végète, avec d'autr ...

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L HISTOIRE DE MA FEMME, Ildiko Enyedi 2021, Lea Seydoux, Louis Garrel, Gijs Naber (sentimental)@@@


Dans l’Europe des années 1920, rendue presque intemporelle par un scénario où tout se joue au plan intime, un capitaine néerlandais aux commandes de navires marchands décide de prendre femme, comme il ordonnerait de mettre le cap sur une terre nouvelle. Dans un café de Malte, il parie qu’il épousera la première venue. Elle s’appelle Lizzy, elle est française, très belle et assez étrange pour accepter d’entrer sans explication dans ce qui n’est, au fond, pas un jeu. Marié, le capitaine Jakob continue ses voyages. Puis les écourte, jusqu’à les abandonner. Sa femme est devenue sa seule odyssée. Mais il a perdu le gouvernail.

TELERAMA
Un capitaine de navire marchand décide de prendre femme... Un film passionnément romanesque, qui explore les mystères des rapports entre les deux sexes.

Le couple, la fusion de deux êtres, l’amour, la différence entre les sexes : la Hongroise Ildikó Enyedi a pour nous, hommes et femmes, une curiosité exacerbée. Elle l’avait montré dans l’audacieux Corps et âme (2017), salué par un Ours d’or au Festival de Berlin. Une distinction qui a permis à cette cinéaste discrète de s’atteler à ce film ambitieux, adapté d’un roman culte de son compatriote Milán Füst (1888-1967). Elle y a mis ses obsessions les plus chères, tout en nous donnant à voir le plus clairement possible une histoire forcément trouble, celle d’un mari et de sa femme.

À travers les étreintes et les bras de fer de ces époux, le film semble s’inspirer des courants marins pour dessiner leurs forces contraires, leurs élans contrariés. En s’appuyant sur des comédiens remarquables, Ildikó Enyedi explore la fragile solidité masculine, incarnée par Gijs Naber, qui joue le capitaine, et effeuille les contrastes de la féminité avec Léa Seydoux en Lizzy, héroïne spontanée et indéchiffrable, aimante et distante, coupable et innocente. Entre le mari et sa femme, Louis Garrel représente le parfait danger dans cette traversée qu’est le mariage. Une carte du Tendre brillamment recomposée.
L HISTOIRE DE MA FEMME, Ildiko Enyedi 2021, Lea Seydoux, Louis Garrel, Gijs Naber (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans l’Europe des années 1920, rendue presque intemporelle par un scénario où tout se joue au plan intime, un capitaine néerlandais aux commandes de navires marchands décide de prendre femme, comme i ...

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L HOMME QUI MURMURAIT A L OREILLLE DES CHEVAUX


Profondément marquée par un accident qui a coûté la vie à sa meilleure amie et causé d'irréparables lésions à son cheval, Grace MacLean, 14 ans, vit repliée sur elle-même. Elle renonce à lutter contre son infirmité mais sa mère Annie refuse de s'avouer vaincue.
L HOMME QUI MURMURAIT A L OREILLLE DES CHEVAUX,Robert Redford 1998, Robert Redford, Kristin Scott-Thomas@@@@ (edit IPTC) (E)
Profondément marquée par un accident qui a coûté la vie à sa meilleure amie et causé d'irréparables lésions à son cheval, Grace MacLean, 14 ans, vit repliée sur elle-m&eci ...

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L HOMME QUI VOULUT ETRE ROI, John Huston 1975, Sean Connery, Michael Caine (aventure)@@


Dans les années 1880, en Inde, deux ex-officiers britanniques rencontrent Rudyard Kipling. Ils lui exposent leur projet : pénétrer au Kafiristan — pays mythique où aucun Blanc n’est entré depuis Alexandre le Grand — et y prendre le pouvoir.

TELERAMA
John Huston relise là un film d’aventures palpitant, chargé à la fois d’humour et de gravité, idéale adaptation du monde de l’écrivain, en parfaite cohérence avec l’œuvre du cinéaste. En choisissant d’ancrer l’odyssée de Dravot et Carnehan dans un long flash-back, Huston donne au récit l’allure d’une épopée et la couleur sombre de la tragédie. Dans un incroyable décor, ses deux héros accèdent un moment à leur rêve impérialiste, démentiel et dérisoire. Sean Connery, emporté et mystique, Michael Caine, ironique et pragmatique, sont inoubliables.
L HOMME QUI VOULUT ETRE ROI, John Huston 1975, Sean Connery, Michael Caine (aventure)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans les années 1880, en Inde, deux ex-officiers britanniques rencontrent Rudyard Kipling. Ils lui exposent leur projet : pénétrer au Kafiristan — pays mythique où aucun Blanc n’est entr&eac ...

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L ORIGINE DU MAL, Sébastien Marnier 2022, Laure Calamy, Jacques Weber, Laura Tillier (etrange)@@


Dans une luxueuse villa en bord de mer, une jeune femme modeste retrouve une étrange famille: un père inconnu et très riche, son épouse fantasque, sa fille, une femme d'affaires ambitieuse, une ado rebelle ainsi qu'une inquiétante servante. Quelqu'un ment.

TELERAMA
Dans une luxueuse villa de la Côte d’Azur, une nouvelle venue, Laure Calamy, va dynamiter l’ordre établi par un monstrueux patriarche. Fascinant.

Dès le générique, le troisième long métrage de Sébastien Marnier (Irréprochable) joue avec les faux-semblants. Le vestiaire d’une conserverie de poissons, dans le nord de la France, où la nudité des ouvrières se révèle dans une lumière grisâtre, puis le parloir d’une prison où Stéphane (Laure Calamy) vient visiter sa compagne très possessive (Suzanne Clément) : les apparences sont celles d’un cinéma d’auteur naturaliste. Voilà le premier mensonge de ce polar qui en regorge, car, découvrant l’identité d’un père qu’elle n’a jamais connu, Stéphane l’ouvrière change de décor pour accoster sur une presqu’île de la Côte d’Azur, dans une villa digne d’Alfred Hitchcock. Invitée par Serge, son riche géniteur, dans sa sublime propriété dont les grands escaliers extérieurs n’en finissent pas de mourir jusqu’à une crique privée, Stéphane, des étoiles dans les yeux, fait la connaissance du gynécée de Serge : son épouse aux tenues extravagantes et à la « fièvre acheteuse » (Dominique Blanc) ; sa fille aînée George (Doria Tillier), peu accueillante ; sa petite-fille (Céleste Brunnquell), qui ne lâche pas son appareil photo ; Agnès, la bonne, qui écoute aux portes (Véronique Ruggia Saura). Une cellule matriarcale étrangement soudée contre un patriarche diminué par un AVC : Serge semble haï par ces dames, mais sans doute ont-elles d’excellentes raisons pour ça. Avec l’arrivée de Stéphane, nouveau pion sur l’échiquier, et désespérément en quête d’une famille, le mal qui couvait depuis si longtemps se répand comme un poison…

Tuer le père, bien sûr, mais pas seulement : si ce fascinant thriller familial fustige avec maestria le pire du patriarcat, il pose aussi la question de ses conséquences sur la vie des femmes, sur leur manière de se composer des masques, de construire une sororité, éventuellement immorale, pour résister au mâle. Ainsi, face à un Jacques Weber extraordinaire de monstruosité caressante en « ami de Charles Pasqua » qui garde son vin sous clé, et balance des phrases antisémites, vautré sur son canapé, Dominique Blanc, géniale, crée un personnage d’épouse comme téléporté du grand cinéma hollywoodien des années 1950 : une collectionneuse maladive, extravagante, qui semble se pétrifier petit à petit dans ses capes en fourrure et le décor incroyable de cette villa, véritable personnage en soi, entre brocante folle et musée d’histoire naturelle.

Il y a du Billy Wilder pour l’ironie carnassière, du Robert Aldrich pour la violence féminine, mais aussi du Brian de Palma, dans la mise en scène de Sébastien Marnier, qui serpente de pièce en pièce et divise soudain l’écran, épinglant les membres de cette famille comme des papillons dans une vitrine. Les riches, les pauvres, la convoitise, le poids du secret et les masques qui tombent (en même temps que les corps) : c’est aussi avec Claude Chabrol, évidemment, que ce film vénéneux flirte, et en particulier La Cérémonie. L’Origine du mal prouve enfin qu’une autre Laure Calamy se cache derrière son emploi habituel de femme nature et solaire. Car la famille, si impitoyablement autopsiée ici, peut aussi rendre dingue, a fortiori quand on n’en a pas…
L ORIGINE DU MAL, Sebastien Marnier 2022, Laure Calamy, Jacques Weber, Laura Tillier (etrange)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans une luxueuse villa en bord de mer, une jeune femme modeste retrouve une étrange famille: un père inconnu et très riche, son épouse fantasque, sa fille, une femme d'affaires ambitieuse, une ado rebelle ainsi ...

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LA BALLADE DE NAYARAMA, Shohei Imamura (societe)@@@


Ce film est une réflexion sur la société japonaise du XIXe siècle. Selon une tradition, les vieillards qui atteignent 70 ans doivent partir en pèlerinage sur le mont Narayama pour y mourir. Le moment est venu pour Orin de se retirer du monde à son tour. Or, elle est toujours en bonne santé et son fils Tatsuhei ne veut pas la laisser partir pour mourir. Afin d'éviter le déshonneur, Orin décide alors de se faire mal en se cassant les dents pour contraindre son fils à la laisser partir.

TELERAMA
La Ballade de Narayama est la seconde adaptation japonaise d’une nouvelle de Shichirō Fukazawa (1914-1987), après la version, fortement imprégnée de théâtre kabuki, qu’en avait tirée le prolifique Keisuke Kinoshita, en 1958. Imamura en reprend donc la trame, située dans une petite communauté villageoise à l’extrême nord du Japon, à la fin de l’ère Edo (deuxième moitié du XIXe siècle). Celle-ci tourne autour d’un personnage de grand-mère, Orin (Sumiko Sakamoto), atteignant l’âge avancé pendant lequel elle doit accomplir le rite funéraire traditionnel : gravir le mont Narayama sur les épaules de son fils aîné, pour y finir ses jours livrée aux éléments et à la divinité des lieux.

Le film qu’en tire Imamura, cinéaste résolument moderne, s’oppose en tout point au classicisme de Kinoshita, qui exaltait la piété filiale et le respect des traditions. Au contraire, Imamura perpétue sa vision décapante et désacralisée d’une humanité primitive (comme dans Profonds désirs des dieux, 1968) qu’il se plaisait à saisir « par le bas du corps », à ras d’instincts et de pulsions.

La première partie du film se penche surtout sur la vie quotidienne du village, au fil des saisons et des travaux qui les rythment. Dès les premières images, qui survolent les chaînes de montagne enneigées, Immamura souligne l’isolement de cette petite communauté agricole, éloignée des évolutions du monde, puis décrit par le détail la rudesse et la ténuité de ses conditions d’existence. En se focalisant sur la famille d’Orin (ses fils, petits-fils et brus) et ses relations avec le voisinage, Imamura en résume les nécessités : la survie, qui se mesure en bouches à nourrir, et la perpétuation du clan, qui régule les rapports entre les sexes.

Nécessités qui semblent justifier un enchaînement de situations scabreuses, potentiellement choquantes : nourrissons jetés aux rizières, exécution d’une famille de voleurs enterrés vivants, zoophilie et gérontophilie… Mais la beauté du film est d’exempter ces actes, apparemment révoltants, de toute considération morale, pour les restituer au sein d’un ordre naturel primitif, où les cycles de vie et de mort s’abordent frontalement, sans hypocrisie. C’est pourquoi des vues animales – serpents, rongeurs, rapaces, poules, lapins – s’insèrent entre les scènes de la vie humaine, résonnent ou riment avec elles : pour Imamura, l’homme partage la même histoire naturelle que celle des animaux.

Le film chemine, avec trivialité et détachement, vers son apothéose : l’ascension du mont Narayama

Le film chemine ainsi, avec trivialité et détachement, vers son apothéose : l’ascension du mont Narayama, à l’occasion d’une séquence magnifique et quasiment muette – le rituel interdit de prononcer un mot. Orin, portée par son fils Tatsuhei (le formidable Ken Ogata), s’élève vers sa propre mort, dans des hauteurs escarpées envahies d’une brume automnale et spectrale.

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Imamura aurait pu dénoncer facilement la barbarie du rite, mais choisit de faire naître, en son point culminant, une émotion spécifiquement humaine : Tatsuhei éprouvant le besoin d’étreindre une dernière fois sa vieille mère, au moment de l’abandonner au milieu d’un cimetière d’ossements, cerné par les corbeaux. Le rite au summum de sa cruauté (laisser mourir un aïeul dans la nature) coïncide curieusement avec l’effusion inattendue d’un sentiment. Le seul à pousser comme une fleur sauvage sur le granit insécable de la vie primitive.
LA BALLADE DE NAYARAMA, Shohei Imamura (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Ce film est une réflexion sur la société japonaise du XIXe siècle. Selon une tradition, les vieillards qui atteignent 70 ans doivent partir en pèlerinage sur le mont Narayama pour y mourir. Le moment est v ...

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LA BELLE EPOQUE, Nicolas Bedos 2019, Daniel Auteuil, Guillaume Canet (science fiction)@@


Victor, un sexagénaire désabusé, voit sa vie bouleversée le jour où Antoine, un brillant entrepreneur, lui propose une attraction d'un genre nouveau : mélangeant artifices théâtraux et reconstitution historique, cette entreprise propose à ses clients de replonger dans l'époque de leur choix. Victor choisit alors de revivre la semaine la plus marquante de sa vie : celle où, 40 ans plus tôt, il rencontra le grand amour.

TEERAMA
Son cadeau ? Revivre le 1974 de sa jeunesse… mais dans un décor de cinéma. Nicolas Bedos met en abyme le temps qui passe. Sympathique. Ou en toc.

Pour

Le cinéma comme machine à remonter le temps : merveilleuse évidence qui sert à La Belle Époque un argument en or. Allergique à notre siècle « connecté », Victor (Daniel Auteuil), dessinateur de BD en manque d’inspiration et vieux mari en panne d’amour, se voit offrir un voyage vers… la date de son choix. Rien de surnaturel dans les séjours que commercialise Antoine (Guillaume Canet), puisque ses mises en scène doivent tout aux artifices de la fiction : décors, costumes, éclairages, comédiens, et hop, le tour est joué. Quand sa femme (Fanny Ardant, électrique) le jette dehors — « J’ai l’impression de vieillir plus vite quand je m’endors avec toi ! » —, Victor met le cap sur le jour de leur rencontre, en 1974…

Pantalon pattes d’eph’, moustache et blouson de cuir ajusté, voilà le sexagénaire qui revisite le bon vieux temps dans un faux café peuplé de faux clients mais vraiment enfumé — tout le monde clope et tout le monde fait l’amour, deux clichés d’époque dont le film s’amuse, pas dupe. Son acide épouse prend, dans la reconstitution, les traits de la piquante Dora Tillier, à qui l’on indique dialogues et didascalies via une oreillette depuis la régie. L’Homo nostalgicus tombera-t-il amoureux de la doublure ?

Le couple à l’épreuve du temps. La question taraudait déjà le premier long métrage de Nicolas Bedos, Monsieur et Madame Adelman, auquel cette ambitieuse Belle Époque, présentée hors compétition à Cannes 2019, offre un écho profondément émouvant. Si le vaudeville contemporain qui se joue en coulisses, centré sur le duo Canet-Tillier, convainc nettement moins, il y a un bonheur mélancolique à se réfugier dans ce passé retrouvé, et nécessairement réinventé par le biais du film dans le film, avec Daniel Auteuil. Dont on se souvient soudain quel acteur immense il peut être et combien, faute de rôles à sa mesure, il nous a manqué ces dernières années. — Marie Sauvion

Contre

La mode vintage, la nostalgie, le café bien français aux vitres moirées, le casting multigénérationnel… Un conformisme aimable infuse a priori dans cette « grande comédie populaire » autoproclamée. C’est moins simple, en vérité. Derrière l’apparat de son voyage temporel, peu vertigineux malgré ses promesses, le film renferme surtout deux histoires de couple. D’un côté, celui d’un metteur en scène, irascible et dédaigneux (Canet englué dans un rôle qu’il a déjà joué), et de sa comédienne fétiche. Un autoportrait de Nicolas Bedos en néo-beauf cynique ? Ce geste d’autodépréciation serait à saluer s’il n’était aussi pesant et caricatural. C’est l’autre couple, Auteuil et Ardant, qui est assurément le plus intéressant, le mieux incarné. Seulement voilà, Bedos saborde très souvent leur partition, en gâche l’émotion par une vulgarité systématique. En insistant trop sur son alter ego de « jeune » morveux, il passe à côté du « vieux » sentimental en lui. C’est dommage. — Jacques Morice
LA BELLE EPOQUE, Nicolas Bedos 2019, Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Dora Thilier (science fiction)@@@ (edit IPTC) (E)
Victor, un sexagénaire désabusé, voit sa vie bouleversée le jour où Antoine, un brillant entrepreneur, lui propose une attraction d'un genre nouveau : mélangeant artifices théâtraux et ...

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LA BRIGADE, Louis Julien Petit 2021, Audrey Lamy, Francois Cluzet (comique)@@


Cathy a toujours rêvé de pouvoir diriger un restaurant, mais malheureusement, son souhait ne s'est pas encore réalisé même si les efforts ne manquent pas. Depuis qu'elle s'est brouillée avec une chef renommée, elle est à la recherche d'un emploi. Le seul travail qu'on lui propose est de diriger une cantine dans un foyer de jeunes mineurs non accompagnés étrangers en attente de papiers.

TELERAMA
Elle éblouit en cuisine, mais doit accepter un poste de cantinière dans un foyer pour migrants... Une comédie sociale généreuse un peu trop ficelée signée Louis-Julien Petit.

Elle a de l’or dans ses mains de cuisinière mais se retrouve au chômage, forcée d’accepter un poste de cantinière dans un foyer pour migrants… Avec ce scénario, le réalisateur de Discount et des Invisibles reste fidèle à la comédie sociale généreuse, engagée et tonique. Mais, emporté par son savoir-faire grandissant, il aboutit cette fois à un film trop ficelé, une sorte de conte réaliste mijoté à l’américaine et servi avec une efficacité hollywoodienne. C’est dommage pour l’ancrage dans le terroir des Hauts-de-France, banalisé par cet assaisonnement standard.

Heureusement, il y a Audrey Lamy, sa gouaille, son tempérament terre à terre et sa fantaisie qui, elle, ne perd pas le nord. Complice du réalisateur, elle mène cette comédie qui a tendance à en rajouter, mais elle garde sa ligne : une vérité où perce la dureté de la vie. Qu’il ne faut pas oublier ici.

LA BRIGADE, Louis Julien Petit 2021, Audrey Lamy, Francois Cluzet (comique)@@@ (edit IPTC) (E)
Cathy a toujours rêvé de pouvoir diriger un restaurant, mais malheureusement, son souhait ne s'est pas encore réalisé même si les efforts ne manquent pas. Depuis qu'elle s'est brouillée avec une chef ...

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LA CAGE DOREE, Ruben Alves 2012, Rita Blanco, Roland Giraud


Dans les beaux quartiers de Paris, Maria et José Ribeiro vivent depuis bientôt trente ans au rez-de-chaussée d'un bel immeuble haussmannien, dans leur chère petite loge. Ce couple d'immigrés portugais fait l'unanimité dans le quartier : Maria, excellente concierge, et José, chef de chantier hors pair, sont devenus au fil du temps indispensables à la vie quotidienne de tous ceux qui les entourent.
LA CAGE DOREE, Ruben Alves 2012, Rita Blanco, Roland Giraud@@@@ (edit IPTC) (E)
Dans les beaux quartiers de Paris, Maria et José Ribeiro vivent depuis bientôt trente ans au rez-de-chaussée d'un bel immeuble haussmannien, dans leur chère petite loge. Ce couple d'immigrés portugais fait ...

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LA CHUTE, Oliver Hirschbiegel 2004, Bruno Ganz@@


La secrétaire de Hitler est témoin des faits et gestes du dictateur nazi, alors que le Troisième Reich est en train de s'écrouler.
LA CHUTE, Oliver Hirschbiegel 2004, Bruno Ganz(histoire)@@@ (edit IPTC) (E)
La secrétaire de Hitler est témoin des faits et gestes du dictateur nazi, alors que le Troisième Reich est en train de s'écrouler. ...

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LA COMTESSE AUX PIEDS NUS, Joseph L. Mankiewicz 1954, Ava Gardner, Humfrey Bogart (societe)@@@


À l'enterrement de Maria Vargas, sous la pluie, Harry Dawes se souvient. Kirk Edwards, producteur, et Harry Dawes, engagé pour réaliser un film, découvrent leur vedette un soir dans un cabaret de Madrid.

TELERAMA
Si ce film de Joseph L. Mankiewicz, diffusé ce soir Arte, colle à la peau de la brune incendiaire aux yeux verts, le tournage ne fut pas une partie de plaisir. Flash-back sur un drame flamboyant…
En cette fin d’hiver 1954, le soleil réchauffe le corps et les sens d’Ava Gardner devant la caméra Technicolor du chef opérateur Jack Cardiff et le regard du metteur en scène Joseph L. Mankiewicz. « Certaines scènes de La Comtesse aux pieds nus ont été pour moi les plus merveilleuses de ma vie professionnelle », écrira l’actrice dans ses Mémoires (Ava : Mémoires, par Ava Gardner, éd. Presses de la Renaissance, 1991.) « Celle, en particulier, où je devais danser une espèce de flamenco, vêtue d’un pull moulant et d’une jupe en satin ordinaire, aguichant mon cavalier, l’attirant plus près de moi, me dérobant à son étreinte. C’était la première fois que je dansais dans un film et je me suis entraînée tous les soirs, pendant trois semaines. Nous avons tourné la séquence dans une oliveraie de Tivoli, avec une centaine de Gitans frappant dans leurs mains tandis que le disque tournait sur un phonographe. Lorsque le phono a rendu l’âme, ils ont continué à taper dans les mains et c’est la prise que nous avons conservée. »

Cette scène où Ava / Maria Vargas, dansant pour son plaisir, est suivie amoureusement par la caméra de Cardiff, fait écho à celle du début de La Comtesse… où, l’héroïne s’exhibant dans un cabaret pour la satisfaction des clients, Mankiewicz se refuse à la filmer. Sujet fantasmatique, Maria Vargas n’existe que dans le regard des autres et se dérobe au nôtre. Lorsqu’elle voudra prendre son destin en main, la danseuse espagnole, devenue star hollywoodienne puis épouse d’un comte italien impuissant, ne pourra échapper à son destin. Si l’auteur d’Eve donna corps à la rumeur selon laquelle il se serait inspiré de la vie de Rita Hayworth pour écrire sa Comtesse, on peut trouver bien des similitudes entre Maria Vargas et son interprète.

“Nerveuse et vulnérable” sur le tournage
Quand elle est contactée par Mankiewicz, Ava Gardner vient de plaquer son époux Frank Sinatra et s’est installée à Madrid où elle entame une liaison avec le torero Luis Miguel Dominguin. Rebelle au star-system, incertaine de ses talents d’actrice, l’héroïne de Pandora choisit de mener une existence de nomade de luxe en Europe, n’acceptant des rôles que pour entretenir son train de vie dispendieux.

Le tournage en Italie de La Comtesse aux pieds nus n’est toutefois pas heureux. Mal embouché, Humphrey Bogart, qui incarne Harry Dawes, le cinéaste-confident de Maria Vargas, fait payer à sa partenaire l’abandon de son copain Sinatra. Goujat, il se montre méprisant envers Ava. Laquelle ne peut compter sur le soutien d’un Mankiewicz généralement à l’écoute de ses interprètes, mais accaparé par ses fonctions d’auteur-réalisateur-producteur. Devenu indépendant avec la création de sa société de production Figaro, le cinéaste doit prendre sur lui l’entière responsabilité du film. « Je ne pense pas que j’ai pu aider Ava comme j’aurais voulu le faire, reconnaîtra-t-il. Je suis impardonnable pour n’avoir pas perçu à quel point elle était nerveuse et vulnérable. » (dans Pictures Will Talk, The Life & Films of Joseph L. Mankiewicz, par Kenneth L. Geist, éd. Scribner, 1978).

Source d’inspiration pour Fellini
Et si cette insécurité renforçait la qualité vibrante du jeu d’Ava Gardner ? Et si Mankiewicz, avec cette œuvre lucide, lyrique et baroque, construite au fil de sept flash-back savamment imbriqués, signait là son œuvre la plus personnelle ? Sa critique cinglante du monde du cinéma, doublée d’une satire de la jet-set et d’une aristocratie en lambeaux, fait écho à son ode à une impossible liberté, la voix du cinéaste étant portée par Harry Dawes, double et alter ego.

Semi-échec aux États-Unis, où le film est mal distribué et jugé « trop bavard », critiqué par son auteur lui-même, qui doit à la censure d’avoir transformé l’homosexualité du comte en blessure de guerre, La Comtesse aux pieds nus n’en est pas moins immédiatement vénérée par la critique française et ses jeunes Turcs, Claude Chabrol et François Truffaut. Elle sera, cinq ans plus tard, une source d’inspiration pour Federico Fellini et sa Dolce vita. Sous les fastes d’une moderne Cendrillon qui tournerait mal, La Comtesse aux pieds nus est un diamant inaltérable de l’histoire du cinéma.
LA COMTESSE AUX PIEDS NUS, Joseph L. Mankiewicz 1954, Ava Gardner, Humfrey Bogart (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
À l'enterrement de Maria Vargas, sous la pluie, Harry Dawes se souvient. Kirk Edwards, producteur, et Harry Dawes, engagé pour réaliser un film, découvrent leur vedette un soir dans un cabaret de Madrid.


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LA CONFESSION, Nicolas Boukharief 2015, Romain Duris, Marine Vacht (societe)@@


Sous l'Occupation allemande, dans une petite ville française, l'arrivée d'un nouveau prêtre suscite l'intérêt de toutes les femmes. Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l'église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d'elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu'intelligent.

TELERAMA
Pas facile de venir après Léon Morin, prêtre (1961), le film de Melville avec Belmondo en soutane. Ni, de toute façon, après le roman de Béatrix Beck, autrice très originale, oubliée à tort. Le réalisateur du Convoyeur et de Made in France s’en sort pourtant avec ce qu’il sait le mieux faire : un thriller sentimental. Là où Jean-Pierre Melville misait sur le décalage et une certaine perversion, Nicolas Boukhrief choisit le mélodrame à suspense.
Nous revoici donc sous l’Occupation, dans une petite ville de province où l’arrivée d’un nouveau prêtre met en émoi toutes les femmes. Jeune employée à la poste, communiste athée, sans nouvelles de son mari prisonnier, Barny s’agace de l’aveuglement généralisé de ses collègues. Et décide de défier l’abbé dans le confessionnal. Le rapprochement se traduit par le recours croissant aux gros plans, à mesure que Barny défaille. À mesure aussi que l’oppression grandissante de l’occupant, ses représailles terribles contre la Résistance resserrent l’étau…
Servi par une photo délicate, le film est un face-à-face, au sens propre comme au figuré. Entre deux visages, l’un pâle, pur, magnifique, de Marine Vacth ; l’autre opaque, sombre, de Romain Duris. Il est clair, en revanche, qu’on se serait bien passé des moments montrant Barny, en fin de vie, confessant son secret à un jeune prêtre…


LA CONFESSION, Nicolas Boukharief 2015, Romain Duris, Marine Vacht (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Sous l'Occupation allemande, dans une petite ville française, l'arrivée d'un nouveau prêtre suscite l'intérêt de toutes les femmes. Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant ê ...

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LA CONSPIRATION DU CAIRE, Tarik Saleh 2022 (thriller)@@@


Adam, simple fils de pêcheur, intègre la prestigieuse université Al-Azhar du Caire, épicentre du pouvoir de l'Islam sunnite. Le jour de la rentrée, le Grand Imam à la tête de l'institution meurt soudainement. Adam se retrouve alors au coeur d'une lutte de pouvoir implacable entre les élites religieuse et politique du pays.

TELERAMA
Un étudiant se retrouve précipité dans les guerres de pouvoir d’un haut lieu de l’islam sunnite égyptien. Une métaphore brillante du régime d’al-Sissi.

Trois jours avant le début du tournage de Le Caire confidentiel, en 2015, Tarik Saleh avait dû quitter l’Égypte sur ordre des services de sécurité. Depuis, le cinéaste suédois né de père égyptien est indésirable au pays des pharaons. Et il devrait le rester pour longtemps, au vu de son nouveau long métrage, prix du scénario mérité au dernier Festival de Cannes. La Conspiration du Caire se révèle, en effet, une critique virulente des dérives de pouvoir autoritaire du maréchal Al-Sissi, et plus particulièrement de ses barbouzeries sanglantes.

Après avoir utilisé avec bonheur les codes du film noir dans Le Caire confidentiel, le réalisateur propose ici un genre cinématographique composite, que l’on pourrait qualifier de « thriller d’espionnage religieux ». Adam, fils d’un modeste pêcheur du nord du pays, obtient une bourse pour étudier à l’université cairote al-Azhar, haut lieu de l’islam sunnite dont le grand imam est plus ou moins l’équivalent du pape pour les catholiques. À la mort brutale de ce dernier, les services secrets sont bien décidés à influer sur l’élection en interne de son successeur en poussant un candidat proche de leurs idées… et en déstabilisant ses concurrents les plus dangereux. Un officier expérimenté, Ibrahim, jette son dévolu sur Adam, qui va devenir sa « taupe » au sein d’al-Azhar et l’instrument d’une manipulation politico-religieuse où tous les coups sont permis.

« Tu es un cœur pur, mais qu’al-Azhar va souiller de plus en plus », dit en substance l’assistant d’un enseignant à Adam. De fait, l’étudiant à la gueule d’ange, à qui on donnerait Allah sans confession, se transforme en agent double, voire triple, particulièrement doué, capable, même si c’est la mort dans l’âme, de trahir l’un de ses rares amis, dans un récit riche en rebondissements et en coups tordus que n’auraient pas renié les maîtres espions de John le Carré. L’ascension de ce novice moins naïf que prévu ressemble à celle du héros d’Un prophète, de Jacques Audiard, le trafic de drogue en moins, l’exégèse des paraboles coraniques en plus. Tarik Saleh filme d’ailleurs l’université islamique, reconstituée dans le décor étonnant et puissamment cinégénique de la mosquée Süleymaniye d’Istanbul, comme une prison où tout le monde soupçonne tout le monde. Une métaphore de l’Égypte et de sa société sous surveillance où la Sûreté d’État fait régner la terreur.

Face au jeune Tawfeek Bahrom, peut-être un peu tendre pour le rôle complexe d’Adam, Fares Fares, l’inoubliable interprète de l’inspecteur Nourredine dans Le Caire confidentiel, est méconnaissable, mais une nouvelle fois saisissant, dans la peau de l’officier traitant Ibrahim. Un personnage trouble, dur, cruel, finalement proche de son personnage du précédent film : un exécutant dévoué, vaguement désabusé, mais dont l’humanité pourrait se réveiller face à l’injustice ou l’ignominie de trop…

LA CONSPIRATION DU CAIRE, Tarik Saleh 2022 (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Adam, simple fils de pêcheur, intègre la prestigieuse université Al-Azhar du Caire, épicentre du pouvoir de l'Islam sunnite. Le jour de la rentrée, le Grand Imam à la tête de l'institution meur ...

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LA COULEUR DES SENTIMENTS Tate Taylor 2011, Emma Stone, Jessica Chastain@@@


Eugenia Skeeter Phelan est de retour dans sa petite ville de Jackson, Mississippi, au début des années 1960, après des études à l'université. Ses amies d'enfance se sont mariées, mais elle ne souhaite rien tant que de devenir écrivain. Elle prend la responsabilité de la chronique ménagère du journal local et, pour se familiariser avec son sujet, dont elle ignore tout, obtient de son amie Elizabeth la permission d'interroger sa domestique noire, Aibileen.
LA COULEUR DES SENTIMENTS Tate Taylor 2011, Emma Stone, Jessica Chastain@@@ (edit IPTC) (E)
Eugenia Skeeter Phelan est de retour dans sa petite ville de Jackson, Mississippi, au début des années 1960, après des études à l'université. Ses amies d'enfance se sont mariées, mais elle ne ...

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LA DOLCE VITA, Frederico Fellini 1960, Marcello Mastroiani, Anita Ekberg (sentimental)@@@


Marcello Rubini, a quitté sa province italienne pour Rome dans le but de devenir écrivain, mais celui-ci est devenu chroniqueur dans un journal à sensations. Il fait donc la tournée des lieux dans lesquels il est susceptible de décrocher quelques scoops afin d'alimenter sa chronique. Un soir, las de la jalousie maladive de sa maîtresse Emma il sort avec Maddalena. Le lendemain Sylvia, une grande star hollywoodienne fait son arrivée à Rome.

TELERAMA
Avec “La Dolce Vita”, tourné en décors naturels, le cinéaste de l'imaginaire signe son dernier hommage au réel, avant de lui tourner définitivement le dos.
Par Aurélien Ferenczi
Federico Fellini, cinéaste de l'imaginaire ? Roi du fantasme qui invente sa propre réalité, si différente de la nôtre, dans le célèbre studio 5 de Cinecittà, son antre ? Bien sûr, mais après La Dolce Vita. Car le film, qui sort en Italie en février 1960 et conquiert la Palme d'or au festival de Cannes trois mois plus tard, compile très fidèlement quelques événements ayant rythmé la vie de l'Italie des années 1950.
Ainsi la longue scène du « miracle » – deux enfants qui auraient vu la Sainte Vierge – s'inspire-t-elle d'un cas similaire, un canular dont les journaux ont fait leurs choux gras en juin 1958. Et, bien sûr, le récit suit à la trace le roi des photographes mondains, Tazio Secchiaroli, le premier paparazzo, qui volait des photos aux people de l'époque, se battait avec ses sujets – inventant une facette de la médiatisation contemporaine du monde. Dolce vita ? Pazza vita, plutôt.

Le héros journaliste, joué par Marcello Mastroianni (Fellini refusa Paul Newman !), ou la figure de l'intellectuel Steiner, joué par Alain Cuny, regardent ces mœurs avec distance, voire désespoir. Pas sûr que Fellini ne soit pas de leur avis : le monde déréglé, il le fuira désormais, réfugié dans son imaginaire.
Pour La Dolce Vita, tourné principalement en décors naturels (beaucoup dans le quartier de l'EUR), la Via Veneto avait été reconstruite à Cinecittà : les décorateurs avaient reproduit son tracé sinueux, mais pas sa pente assez marquée. De ce jour, Fellini ne cessa de détester la vraie Via Veneto, qu'il jugeait raide et inhospitalière.
Que lui importaient les vrais lieux ? « Quelquefois, racontait-il, je me promène n'importe où dans Rome, je vois tel monument, tel ou tel quartier. Je me dis : ‘Ah, ce décor, on ne l'a pas encore démonté ?’ » La Dolce Vita est le dernier film réaliste du maestro.
LA DOLCE VITA, Frederico Fellini 1960, Marcello Mastroiani, Anita Ekberg (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Marcello Rubini, a quitté sa province italienne pour Rome dans le but de devenir écrivain, mais celui-ci est devenu chroniqueur dans un journal à sensations. Il fait donc la tournée des lieux dans lesquels il est ...

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LA FAILLE, Gregory Hoblit 2007, Antony Hopkins, Ryan Gosling (policier)


Willy Beachum est un ambitieux procureur adjoint de Los Angeles. Avant de prendre de nouvelles fonctions au sein d'un important cabinet privé, il désire terminer sur un coup d'éclat. Aussi, lorsqu'il apprend qu'un dénommé Ted Crawford a été arrêté pour avoir assassiné sa femme adultère, se saisit-il de l'affaire. Mais l'inspecteur Nunally le met en garde. En effet, le meurtrier, Ted Crawford, redoutable manipulateur, semble hors d'atteinte.
LA FAILLE, Gregory Hoblit 2007, Antony Hopkins, Ryan Gosling (policier)@@@ (edit IPTC) (E)
Willy Beachum est un ambitieux procureur adjoint de Los Angeles. Avant de prendre de nouvelles fonctions au sein d'un important cabinet privé, il désire terminer sur un coup d'éclat. Aussi, lorsqu'il apprend qu'un d&eac ...

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LA FAMILLE ASADA, Ryôta Nakano 2020, Mitsuru Hirata, Tsubasa Nakagawa Junko Asada (histoire catastrophe)@@@


Dans la famille Asada, chacun a un rêve secret : le père aurait aimé être pompier, le grand-frère pilote de formule 1 et la mère se serait bien imaginée en épouse de yakuza. Masashi, lui, a réalisé le sien : devenir photographe. Grâce à son travail, il va permettre à chacun de réaliser que le bonheur est à portée de main.

TELERAMA
C'est l’histoire vraie du photographe Masashi Asada qui, d’abord auteur de portraits loufoques où il mettait en scène sa famille en costumes, s’est retrouvé à collecter et nettoyer des photos dans les décombres laissés par le tsunami du Tôhoku en 2011. Plutôt que d’en tirer un drame, le réalisateur opte pour un tableau lumineux, qui montre avec humour les tensions au sein de la famille. Il y a quelque chose de touchant dans la façon dont les proches de Masashi – trop dilettante, trop incertain, ou les deux – le protègent (et lui passent tout) parce qu’ils ont la certitude, longtemps contredite par la réalité, que son talent le mènera quelque part…

Et soudain, une catastrophe nationale s’invite dans le portrait familial intimiste, donnant au film un second souffle, et une ampleur presque inattendue. Là encore, le réalisateur distille les émotions avec justesse. Tout en nous invitant à participer à la réflexion (réelle) de son protagoniste : dans quelles circonstances est-il, lui, le portraitiste rigolo, à même de capturer et de faire voir la réalité ? Doit-il photographier les ruines et la souffrance d’inconnus ? L’artiste japonais se propose de nouer une relation avec chacun avant d’appuyer sur le déclencheur.


Le photographe Masashi Asada, auteur de portraits humoristiques, s’est retrouvé à collecter les photos dans les décombres après le tsunami de 2011. Avec le réalisateur Ryōta Nakano, ils nous racontent le film tiré de cette tragédie.

Même loin de son terrain de jeu habituel, Masashi Asada arbore un appareil photo Leica numérique en bandoulière… qu’il dégainera à l’envi pendant l’interview. Le photographe voyage avec le réalisateur Ryōta Nakano pour présenter en France La Famille Asada, film inspiré de son parcours et de son travail. Masashi Asada et le cinéaste sont unis par leur rapport à la photographie comme « objet de mémoire tangible » et par le thème de la famille, essentiel dans leurs œuvres respectives. Rencontre.

Masashi Asada : Je me suis demandé comment immortaliser nos liens familiaux, et surtout comment je m’y prendrais si je n’avais le droit de ne conserver qu’une seule photo des Asada. Pour moi, cela passait forcément par cette mise en scène. Tout le monde s’est pris au jeu… et on a recommencé.

Ryōta Nakano : Quand j’ai vu ces portraits, je me suis dit que pour faire des photos pareilles, il y avait forcément eu tout un processus de discussion à l’intérieur de la famille, du débat et sans doute même des disputes. Et que c’était un très bon matériau pour faire un film !

“Faire un film uniquement sur le séisme et le tsunami de Tōhoku aurait été très difficile. Le drame est toujours dans les esprits.”

Votre long métrage est souvent drôle, alors qu’une bonne partie du scénario porte sur les conséquences du tsunami de 2011…
R.N. : Faire un film uniquement sur le séisme et le tsunami de Tōhoku aurait été très difficile. Le drame [qui a fait plus de dix-huit mille morts et disparus, ndlr] est toujours dans les esprits et je ne voulais pas raconter une histoire 100 % tragique. J’ai construit un fil directeur autour de la famille, avec une première partie sur ce qu’elle m’évoque : une immense tendresse… Tout en étant le lieu de conflits et de complications. Les petites touches de comédie amènent cette seconde partie plus grave, où l’on parle de la perte d’un proche.

Un deuxième mouvement qui arrive presque par surprise, quand Masashi part à la recherche d’une famille qu’il avait photographiée et qu’il retrouve dans cette opération « sauvetage de photos »…
M.A. : Par hasard, parce que « l’opération » était tout à fait informelle et qu’on ne communiquait pas vraiment dessus ! C’est une sorte de phénomène spontané qui est apparu simultanément dans plusieurs villes touchées par le tsunami. Sans que ce soit concerté par les autorités. En fouillant les décombres à la recherche des corps, on a trouvé beaucoup de photos et il y a eu cette action, là encore improvisée, de les préserver. D’abord, de faire tout ce travail de collecte des photos. Puis de les nettoyer, pour les rendre à leurs propriétaires.

Vous sauvez les images des autres plutôt que d’en créer de nouvelles. Dans le film, une enfant demande à votre personnage de photographier sa famille, ce qu’il refuse dans un premier temps. Parce que vous ne pouviez pas, ou parce que vous ne vouliez pas ?
M.A. : Je dirais qu’au départ je n’ai pas pu prendre de photos. Plus que le décor, c’est le sujet qui m’intéresse. De ce point de vue, faire des photos sur le vif, ce n’était vraiment pas possible. Ce qui compte, c’est la communication avec la personne que je photographie : je tente de la comprendre avant d’appuyer sur le déclencheur. Pour tenter de la rendre heureuse lorsqu’elle reverra la photo en se remémorant les circonstances où elle a été prise. Si mon sujet vient de perdre ses biens et sa maison, voire un membre de sa famille, son visage triste sera sans doute parlant pour une tierce personne… Mais pour lui, je crois qu’à part la douleur il n’y aurait pas grand-chose.
LA FAMILLE ASADA, Ryôta Nakano 2020, Mitsuru Hirata, Tsubasa Nakagawa Junko Asada (histoire catastrophe)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans la famille Asada, chacun a un rêve secret : le père aurait aimé être pompier, le grand-frère pilote de formule 1 et la mère se serait bien imaginée en épouse de yakuza. Masashi, lui ...

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LA FEMME AU TABLEAU, Simon Curtis 2015, Helen Mirren, Ryan Reynolds, Daniel Bruhl


Ayant fui l'Europe pendant la guerre, Maria a vécu presque toute son existence aux États-Unis. À la mort de sa soeur aînée, elle désire récupérer les oeuvres d'art de sa famille qui ont été dérobées par les nazis.
LA FEMME AU TABLEAU, Simon Curtis 2015, Helen Mirren, Ryan Reynolds, Daniel Bruhl(histoire)@@@ (edit IPTC) (E)
Ayant fui l'Europe pendant la guerre, Maria a vécu presque toute son existence aux États-Unis. À la mort de sa soeur aînée, elle désire récupérer les oeuvres d'art de sa famille qui ont ...

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LA FEMME DE MON FRERE, Monia Chokri 2019, Anne-Elisabeth Bossé, Patrick Hivon (sentimental)@@


Montréal. Sophia, jeune et brillante diplômée sans emploi, vit actuellement chez son frère Karim. Leur relation fusionnelle est mise à l'épreuve lorsque Karim, séducteur invétéré, tombe éperdument amoureux d'Eloïse, qui est en fait la gynécologue de Sophia.

TELERAMA
Doctorante dépressive à l’humour abrasif, Sophia voit son avenir en flou, sans emploi ni argent. Dans ce monde où le savoir ne se monnaie plus guère, sa boussole est familiale. Fraternelle surtout. Sophia et son frère ont beau ne pas se ressembler, ils partagent, entre mille choses, une connaissance aiguë du célibat. Un jour, pourtant, le frère tombe amoureux de la jolie gynéco qui vient d’avorter sa sœur…

Actrice chez Denys Arcand et Xavier Dolan (Les Amours imaginaires), la Québécoise Monia Chokri réussit son passage au long métrage 1 avec cette comédie existentielle acide et volubile, en partie inspirée de sa propre vie. Prenant au pied de la lettre le sujet de thèse de son héroïne – « Intrications des dynamiques familiales et politiques chez les continuateurs d’Antonio Gramsci » –, elle passe avec aisance du cocon chaleureux et militant de la maison des parents au spleen d’une génération en mal d’idéaux ou à la férocité du monde universitaire. À peine a-t-on fini de rire qu’on est déjà cueilli par cette mélancolie rageuse qui empêche Sophia de grandir. Joué à merveille par Anne-Élisabeth Bossé (star au Québec) et Patrick Hivon, le couple frère-sœur incarne l’amour fusionnel sans que jamais l’ombre de l’inceste vienne planer sur le duo.
LA FEMME DE MON FRERE, Monia Chokri 2019, Anne-Elisabeth Bossé, Patrick Hivon (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Montréal. Sophia, jeune et brillante diplômée sans emploi, vit actuellement chez son frère Karim. Leur relation fusionnelle est mise à l'épreuve lorsque Karim, séducteur invétér& ...

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LA FEMME DU BOULANGER, Marcel Pagnol, Raimu, Ginette Leclerc, Charpin (societe)@@@


Une matinée d'effervescence au village de Sainte-Cécile, en Provence : Aimable Castanier, le nouveau boulanger, prépare sa toute première fournée et chacun veut donner son avis. Tout le monde remarque aussi la beauté de sa jeune épouse Aurélie, qui tient la caisse. Aurélie ne regarde que Dominique, le berger du marquis Castan de Venelles. Le coup de foudre se concrétise dès la nuit suivante par la fuite des tourtereaux sur un cheval volé.

TELERAMA
Le portrait d’Aimable Castanier, brave bougre oscillant entre stupeur et chagrin, bêtise et colère, est grandiose. Raimu, d’une drôlerie irrésistible, peut, ensuite, d’un frémissement de sa carcasse, vous tirer les larmes. Les dialogues de Pagnol, magnifiques, lui permettent ces sommets : « Cocu ? C’est un mot rigolo ! C’est un mot pour les riches. Moi, si ça m’arrivait, je serais pas cocu, je serais malheureux. »
Certes, le personnage du curé est caricatural, les femmes du village sont toutes des mégères, et la fin semble bâclée. Quant à la tirade de « la pomponnette », elle est un brin misogyne, émaillée d’un couplet à la limite du racisme. Mais La Femme du boulanger reste un formidable hymne à la Provence, au pastis, à la fougasse, à la fraternité et aux cœurs simples.
LA FEMME DU BOULANGER, Marcel Pagnol, Raimu, Ginette Leclerc, Charpin (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Une matinée d'effervescence au village de Sainte-Cécile, en Provence : Aimable Castanier, le nouveau boulanger, prépare sa toute première fournée et chacun veut donner son avis. Tout le monde remarque auss ...

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LA FOLIE DES GRANDEURS Gérard Oury 1971, Louis De Funes, Yves Montand@@


Don Salluste profite de ses fonctions de ministre des Finances du roi d'Espagne pour racketter le peuple. Mais la Reine qui le déteste réussit à le chasser de la cour. Ivre de vengeance, il décide de la compromettre. Son neveu Don César ayant refusé de se mêler du complot, c'est finalement le valet de Don Salluste, Blaze, transi d'amour pour la souveraine, qui tiendra le rôle du Prince charmant.
LA FOLIE DES GRANDEURS Gérard Oury 1971, Louis De Funes, Yves Montand@@@@ (edit IPTC) (E)
Don Salluste profite de ses fonctions de ministre des Finances du roi d'Espagne pour racketter le peuple. Mais la Reine qui le déteste réussit à le chasser de la cour. Ivre de vengeance, il décide de la compromet ...

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LA GRANDE EVASION, John Sturges 1963, Steve McQueen, James Garner et Richard Attenborough (thriller)@@@


Durant la Seconde Guerre mondiale, le stalag Luft North est un camp de prisonniers d'où l'on ne s'échappe pas ! C'est là que sont réunis et étroitement surveillés tous les spécialistes et récidivistes de l'évasion. Le commandant von Luger explique au colonel Ramsey comment et pourquoi l'évasion dans ce stalag est absolument impossible. Mais ce n'est pas l'avis de certains prisonniers alliés. Ils préparent une évasion massive.

TELERAMA
En 1943, des officiers alliés, prisonniers dans un camp allemand, creusent méthodiquement des galeries pour s’évader. Un long tunnel d’ennui ? Point du tout : on reste même scotché du début à la fin devant cette incroyable aventure de près de trois heures, inspirée d’une histoire vraie. Épreuve de titan, travail de fourmi, chapardages subtils, art de la diversion composent les étapes de cette longue opération pour se faire, enfin, la belle. Steve McQueen, en forte tête solitaire, diffuse son charme flegmatique légendaire. À ses côtés, Donald Pleasence, ornithologue aveugle, Charles Bronson, herculéen et claustro, et James Coburn, impérial de désinvolture, se distinguent aussi.

Quant au finale à l’air libre, avec ses morceaux de bravoure dignes d’un western et sa chevauchée à moto, ses sauts d’obstacles, il laisse un goût de victoire et de défaite mêlées. Pour beaucoup, l’évasion échoue cruellement. Pas pour les téléspectateurs.
LA GRANDE EVASION, John Sturges 1963, Steve McQueen, James Garner et Richard Attenborough (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Durant la Seconde Guerre mondiale, le stalag Luft North est un camp de prisonniers d'où l'on ne s'échappe pas ! C'est là que sont réunis et étroitement surveillés tous les spécialistes et r&e ...

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LA GUERRE DES ROSES, Dany De Vito 1989, Kathleen Turner, Danny DeVito, Michael Douglas (sentimental)@@@


Barbara et Oliver Rose forment un couple apparemment tout à fait heureux. Ils sont mariés depuis plusieurs années et ont deux enfants. Cependant, du jour au lendemain, ils vont se retourner l'un contre l'autre : ils décident de divorcer. Ils ne reculent devant aucune bassesse pour rabaisser l'autre, et tenter d'arriver à leur but ultime : avoir la conservation exclusive de leur vaste maison.

TELERAMA
Après des années de bonheur conjugal, les Rose ne se supportent plus. En 1990, Danny DeVito dynamitait la cellule familiale américaine avec un humour corrosif !

Les histoires d’amour finissent mal, en général… Et en particulier dans le cas d’Oliver et Barbara, alias Monsieur et Madame Rose, du coup de foudre juvénile à la haine absolue. Michael Douglas et Kathleen Turner offrent un grand numéro de duettistes, dans cette satire cruellement drôle réalisée par le comédien Danny DeVito.

Un film à la fois impitoyable et réjouissant, qui mord là où ça fait mal, dans la zone charnue des illusions doucereuses. Si tout commence comme une comédie sentimentale — un peu trop de rose chez les Rose —, DeVito pose peu à peu ses pièges : bambins sur­alimentés, ennui conjugal, photo de famille bien encadrée, entre l’ego de Monsieur et les frustrations de Madame…

Avec le divorce, l’image explose : La Guerre des Rose n’est pas un titre exagéré. La séparation du couple tourne à la pulvérisation nucléaire. La caméra filme en huis clos les ravages d’une catastrophe intime qui couvait depuis longtemps. Les valeurs familiales et patriarcales, le matérialisme de l’époque Reagan sont passés à la moulinette d’un humour noir et critique, qui a plutôt bien vieilli.
LA GUERRE DES ROSES, Dany De Vito 1989, Kathleen Turner, Danny DeVito, Michael Douglas (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Barbara et Oliver Rose forment un couple apparemment tout à fait heureux. Ils sont mariés depuis plusieurs années et ont deux enfants. Cependant, du jour au lendemain, ils vont se retourner l'un contre l'autre : ils d&e ...

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LA JEUNE FILLE A LA PERLE, Peter Webber 1960, Colin Firth, Scarlett Johansson, Tom Wilkinson (bio)@@@


Le XVIIe siècle est l'âge d'or de la peinture hollandaise. La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Elle s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.

TELERAMA
Les toiles de Vermeer invitant à la rêverie, il n'est guère étonnant qu'une romancière américaine, Tracy Chevalier, ait brodé une histoire autour de La Jeune Fille à la perle. Qui était cette inconnue à la peau veloutée et au turban bleu ? Une servante qui attira l'oeil du peintre et fit battre son coeur, répond le film, fidèle au roman, et très scrupuleux quant au rendu des clartés douces et des couleurs moelleuses. Eduardo Serra, à la photo, fait un travail remarquable, tout en discrétion, pour éviter la « bel- le image » qui fait écran.

Une fois n'est pas coutume, la reconstitution est très vraisemblable : on est immergé dans le quotidien d'une maison de Delft, au XVIIe siècle. Le temps s'écoule doucement, le tressaillement amoureux pointe, chaque regard rapproche le modèle du peintre et inquiète l'entourage. C'est un tantinet prévisible et appliqué, mais sans faux pas. Scarlett Johansson, l'actrice divine de Lost in translation, endosse à merveille le rôle-titre. Tant et si bien qu'à travers un plan-séquence magnifique, lent travelling avant sur elle en train de poser, son visage se confond avec celui du tableau. Une mise en abyme très troublante. Dans le genre, une perle.
LA JEUNE FILLE A LA PERLE, Peter Webber 1960, Colin Firth, Scarlett Johansson, Tom Wilkinson (bio)@@@ (edit IPTC) (E)
Le XVIIe siècle est l'âge d'or de la peinture hollandaise. La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Elle s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'effo ...

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LA LECON DE PIANO Jane Campion 1993, Holly Hunter, Harvey Keitel, Nicole Kidmann@@


Ada McGrath, jeune femme muette, veuve et passionnée de musique, débarque avec Flora, sa fille, sur une plage de Nouvelle-Zélande où elle doit épouser Alistair Stewart, un colon qu'elle ne connaît que par courrier. Le voyage pour rejoindre la ferme est difficile et Stewart préfère troquer l'encombrant piano auquel elle tient tant contre des terres appartenant à son voisin, George Baines, un être fruste qui vit comme les Maoris.
LA LECON DE PIANO Jane Campion 1993, Holly Hunter, Harvey Keitel, Nicole Kidmann@@@ (edit IPTC) (E)
Ada McGrath, jeune femme muette, veuve et passionnée de musique, débarque avec Flora, sa fille, sur une plage de Nouvelle-Zélande où elle doit épouser Alistair Stewart, un colon qu'elle ne connaît qu ...

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LA LIGNE ROUGE, Terrence Malick 1998, Sean Penn, Jim Caviezel (histoire guerre)@@@


La bataille de Guadalcanal fut une étape clé de la guerre du Pacifique. Marquée par des affrontements d'une violence sans précédent, elle opposa durant de longs mois Japonais et Américains au coeur d'un site paradisiaque, habité par de paisibles tribus mélanésiennes.

TELERAMA
Au milieu d’un édénique îlot mélanésien, voici Witt, un jeune Américain au sourire béat. Une sirène le ramène à sa condition de chair à canon. Nous sommes en 1942, et l’île de Guadalcanal va voir s’étriper Yankees et Japs dans « le Verdun du Pacifique ».
Pour Terrence Malick, la « mince ligne rouge » est celle du front, mais c’est aussi l’étincelle qui brûle en chacun, Witt en par­ticulier. Par sa voix, entendue off, débute une méditation qui continue de l’un à l’au­tre des soldats, confondus presque en un seul monologue mélancolique. Eclairés de l’intérieur, ils gagnent ainsi une vérité que ne livrent pas leurs actes ou leurs discours. Malick ne montre ni salauds ni héros. Ses hommes plient sous le poids de la guerre comme les herbes sous le vent de l’archipel. Et quand il cesse de scruter leurs gueules frappées d’effroi, de hargne ou de fatigue, le cinéaste retourne à cette nature houleuse, paradis déchu, image même de la menace.
En cédant parfois aux poncifs d’une reli­giosité vague (auras de lumière, musi­que envahissante), Malick alourdit son film d’une symbolique naïve. Sans doute est-ce le prix dont se paie son ambition lyrique et poétique, jamais démentie film après film.
LA LIGNE ROUGE, Terrence Malick 1998, Sean Penn, Jim Caviezel (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
La bataille de Guadalcanal fut une étape clé de la guerre du Pacifique. Marquée par des affrontements d'une violence sans précédent, elle opposa durant de longs mois Japonais et Américains au coeur ...

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LA LISTE DE SCHINDLER Steven Spielberg 1993, Liam Neeson, Ben Kingsley, Ralph Fiennes


SYNOPSIS
Oskar Schindler, un industriel allemand, a parfaitement compris, en 1939, que l'occupation de la Pologne pouvait lui procurer de réelles occasions de s'enrichir. Il prend donc la direction d'une fabrique d'articles de cuisine, devient le fournisseur de l'armée allemande et prospère en effet. Tandis qu'il fréquente assidûment les nazis de Cracovie, dont la camaraderie est essentielle à ses affaires, il embauche, sur les conseils de son comptable, Itzhak Stern, des travailleurs juifs. Peu à peu, au contact des uns et des autres, il prend conscience de la barbarie du régime qu'il sert et de la terrible menace qui pèse sur ses ouvriers. Le collaborateur insouciant va brusquement basculer dans la résistance...

TELERAMA
L’histoire de cet industriel nazi qui sauva 1300 juifs de la déportation, controversée lors de sa sortie en 1994, reste aujourd’hui une œuvre essentielle qui peut aider à transmettre aux plus jeunes l’horreur de l’Histoire.
Noir et blanc au grain sublime avec un usage parcimonieux, intelligent et sensible de la couleur, rythme maîtrisé mais époustouflant, acteurs grinçants de vérité dirigés comme de grands fauves en cage, prouesses techniques au service d’une émotion haletante (travelling sur un mouvement de foule incomparable dans le camp) : Steven Spielberg s’est servi avec une grâce fort efficace de la plus grande tradition hollywoodienne pour nous livrer un point de vue documenté sur la Shoah, mais du côté du bourreau, si défaillant qu’il en devient héros. Fort d’un art tellement huilé qu’il en paraît presque ludique, ici le cinéaste nous manipule à souhait. Par exemple, des femmes à bout de nerfs parquées dans une salle de douches craignent, et nous font craindre, le pire (le gaz), alors que le meilleur (de bienfaisants jets d’eau) leur tombe dessus. Ce film magnifique et rusé laisse un goût de cendre dans la gorge. C’est beau et suffocant. Mais certains seront toujours en droit de trouver à tant de qualités des circonstances aggravantes…
LA LISTE DE SCHINDLER Steven Spielberg 1993, Liam Neeson, Ben Kingsley, Ralph Fiennes(histoire drame)@@@@ (edit IPTC) (E)
SYNOPSIS
Oskar Schindler, un industriel allemand, a parfaitement compris, en 1939, que l'occupation de la Pologne pouvait lui procurer de réelles occasions de s'enrichir. Il prend donc la direction d'une fabrique d'articles de cu ...

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LA MONTAGNE MAGIQUE, Hans W.Geissendorfer 1982, Rod Steiger, Marie-France Pisier, Christoph Eichhorn (saga)@@@


En 1907, Hans Castorp, jeune allemand de la haute bourgeoise de Hambourg, rend visite à son cousin poitrinaire Joachim Ziemssen hospitalisé dans un sanatorium chic de Davos, en Suisse. Fasciné par la morbidité du lieu et sa galerie de malades pittoresques, Hans y prend pension et y restera jusqu'au début de la Première Guerre mondiale.
Le film est une adaptation du roman de Thomas Mann La Montagne magique, écrit dans les années 1910 et publié en 1924, considéré comme l'une des œuvres les plus influentes de la littérature allemande du XXe siècle.

TELERAMA
Déambulation hypnotique dans le sanatorium qui servit de décor à “La Montagne magique”, de Thomas Mann, et dans le roman lui-même, évoqué par des spécialistes concis et captivants.
Sortir de sa paisible retraite l’ancien patient d’un sanatorium pour le filmer des dizaines d’années plus tard sur les lieux de sa cure, sous prétexte que l’endroit servit de décor au célèbre roman de Thomas Mann La Montagne magique : la démarche aurait pu relever de la fausse bonne idée. Tout au contraire, la déambulation in situ de ce survivant d’une lointaine hibernation dans un palais de stuc plonge ce documentaire dans les abysses mystérieux de la mémoire, qui ondule sous les à-coups de souvenirs à la fois paisibles et traumatiques.
La manière dont cet homme est filmé, somnambule au regard aiguisé, errant à petits pas dans les couloirs, ouvrant et fermant les portes d’ascenseurs ou de balcons, est admirable de douceur respectueuse. Ce monsieur n’est que de passage dans les images, comme l’étaient les malades de la tuberculose dans ces institutions luxueuses, et le télescopage de son témoignage avec les extraits du livre de Thomas Mann procure une grande émotion.
Mais c’est bien la littérature qui est à l’honneur, derrière ce montage de haute rigueur, cousu d’analyses de spécialistes captivants et concis, avec des archives éclairantes dignes du Titanic montrant des cuillères en argent tremblantes plongées dans la chantilly, ou l’apparition de l’auteur allemand fumant d’un air perdu, et de son épouse, Katia, sa source d’inspiration première. Encore un exemple de femme de l’ombre, dont le film salue le travail de prise de notes lors de son séjour en sana, qui permit à son mari de bâtir des personnages plus vrais que nature. Ainsi mise en images et en perspective, la langue de La Montagne magique, dont on célèbre cette année le centenaire, frappe par son étincelante justesse et appelle une nouvelle lecture contemporaine.


Publié en 1924 après dix ans d'écriture, "La Montagne magique" (Der Zauberberg) suit le périple de Hans Castorp, ingénieur tout juste diplômé, qui rend visite à son cousin en cure dans les Alpes suisses. Grisé par l'air de la montagne, le jeune homme est fasciné par l'atmosphère du sanatorium et le quotidien languissant des pensionnaires, appartenant pour la plupart à l'élite européenne. Désireux de revenir aux sources de l'œuvre, le documentariste André Schäfer se rend au cœur des somptueuses Alpes suisses, où l'écrivain a puisé sa source d'inspiration lors d'une visite à sa femme Katia, elle-même pensionnaire d'un sanatorium pour soigner une maladie pulmonaire mal identifiée. Revisitant cette satire de la bourgeoise européenne d'avant-guerre, des historiens et des chercheurs témoignent de son indéniable modernité.
LA MONTAGNE MAGIQUE, Hans W.Geissendorfer 1982, Rod Steiger, Marie-France Pisier, Christoph Eichhorn (saga)@@@ (edit IPTC) (E)
En 1907, Hans Castorp, jeune allemand de la haute bourgeoise de Hambourg, rend visite à son cousin poitrinaire Joachim Ziemssen hospitalisé dans un sanatorium chic de Davos, en Suisse. Fasciné par la morbidité du ...

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LA MULE Clint Eastwood 2018, Clint Eastwood, Bradley Cooper@@


À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d'être saisie. Il accepte alors d'être chauffeur, un petit boulot, en apparence, facile. Sauf que, sans le savoir, il s'est engagé à être passeur de drogue pour un cartel mexicain. Extrêmement performant, il transporte des cargaisons de plus en plus importantes. Ce qui pousse les chefs du cartel, toujours méfiants, à lui imposer un supérieur chargé de le surveiller.
LA MULE Clint Eastwood 2018, Clint Eastwood, Bradley Cooper (thriller drogue)@@ (edit IPTC) (E)
À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d'être saisie. Il accepte alors d'être chauffeur, un petit boulot, en apparence, facile. Sauf que, sans le ...

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LA PLACE D UNE AUTRE, Aurélia Georges, 2021, Sabine Azema (guerre)@@@


Paris, 1914. Pour échapper à la prostitution, la jeune Nélie Laborde s’engage comme auxiliaire de la Croix-Rouge. Témoin de la mort de Rose, une consœur de son âge attendue à Nancy comme lectrice auprès d’Éléonore de Lengwii, une riche bourgeoise de province, elle usurpe son identité. Devenue Rose, elle prend peu à peu ses marques dans la maisonnée, emplie de gratitude pour la maîtresse des lieux qui s’attache à elle. Mais un soir, la véritable Rose fait irruption et réclame la place qui lui était promise…

TELERAMA
Un beau film à suspense sur fond d’injustice sociale. Mais la rédaction est partagée.
Pour
Fille de lingère, de père inconnu, Nélie (Lyna Khoudri) échappe à la prostitution et à la misère en devenant infirmière auxiliaire durant la guerre de 14-18. Une nuit, une jeune femme suisse, Rose, meurt sous ses yeux à la suite d’un bombardement. Nélie décide alors de prendre sa place. Elle rejoint Nancy, où elle se présente auprès d’une riche veuve, Éléonore (Sabine Azéma), pour devenir sa lectrice. La maison bourgeoise devient un petit théâtre où se noue un lien étrange. Entre deux femmes de conditions, d’esprits et d’âges différents. La fausse Rose se montre séduisante, attentionnée, spirituelle. C’est le pari du film : faire de la menteuse une héroïne romanesque.
Nélie imite si bien celle qu’elle a rêvé d’être qu’elle le devient. À savoir : une femme indépendante, libérée du joug des hommes, qui trouve une forme de paix dans un endroit protégé. Cette affaire de femmes repose essentiellement sur une volonté acharnée de justice sociale. On n’oubliera pas de sitôt la séquence poignante où Nélie, acculée au fond d’un couloir, lève la main pour témoigner d’une brûlure sur sa paume, comme si elle prêtait serment devant un tribunal. — J.M.
Contre
L’histoire est forte, ou pourrait l’être… Mais elle est si mal racontée ! Tout en nous plongeant dans une intrigue tissée de mensonges et de dissimulations, la réalisatrice fait de son héroïne une oie blanche, une parfaite innocente. Le trouble est gâché par la réalisatrice, qui gomme la duplicité de Nélie. Par peur, sans doute, qu’on se mette à détester ce personnage, elle l’a rendu lisse jusqu’à l’inconsistance. — F.S.

LA PLACE D UNE AUTRE, Aurélia Georges, 2021, Sabine Azema (guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Paris, 1914. Pour échapper à la prostitution, la jeune Nélie Laborde s’engage comme auxiliaire de la Croix-Rouge. Témoin de la mort de Rose, une consœur de son âge attendue à Nancy comme ...

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LA SIRENE DU MISSISSIPI, Francois Truffaut 1969, Jean-Paul Belmondo, Catherine Deneuve, Michel Bouquet (hriller sentimental)@@@


Louis Mahé, riche planteur réunionnais et fabricant de cigarettes, a épousé Julie, rencontrée par petite annonce et arrivée par le paquebot Mississippi. Il s'aperçoit bientôt que ce n'est pas sa ravissante épouse qui écrivait les lettres qui l'ont séduit. Alors qu'il s'apprête à l'interroger, Julie disparaît, non sans l'avoir au préalable dévalisé. Il engage un détective privé tout en menant sa propre enquête. Julie, en France, est devenue Marion, une artiste de cabaret.

TELERAMA
Une passion déguisée en film noir, comme un mariage en habits de deuil : le cadeau fasciné de François Truffaut à Catherine Deneuve.
Pour acquérir les droits du roman de William Irish Waltz Into Darkness, Truffaut emprunte à trois amis : Jeanne Moreau, Claude Lelouch et Claude Berry. À Deneuve, il écrit : « Je compte bien montrer un nouveau tandem prestigieux et fort : Jean-Paul, aussi vivant et fra­gile qu’un héros stendhalien, et vous, la sirène blonde dont le chant aurait inspiré Giraudoux. » Le cinéaste délaisse le polar au profit de l’histoire d’amour noire.

Louis, industriel du tabac, fiancé par correspondance, attend sa promise à la descente du bateau. Soudain, elle est là, aveuglante de beauté. Elle n’est pas la fille de la photo, mais qu’importe… Avec ce personnage d’homme qui finit par gagner le cœur de celle qui lui voulait du mal, Belmondo réussit l’une des plus belles compositions de sa carrière. « Ta beauté est une souffrance, dit Louis à Marion. — Hier, tu disais que c’était une joie. — C’est une joie et une souffrance. »

Ce drame passionnel prend une force supplémentaire quand on l’envisage sous l’angle autobiographique, témoignage vibrant de l’amour de François T. pour Catherine D. Dix ans après, dans Le Dernier Métro, Depardieu adressera la même réplique à Deneuve, directrice de théâtre prénommée… Marion.
LA SIRENE DU MISSISSIPI, Francois Truffaut 1969, Jean-Paul Belmondo, Catherine Deneuve, Michel Bouquet (hriller sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Louis Mahé, riche planteur réunionnais et fabricant de cigarettes, a épousé Julie, rencontrée par petite annonce et arrivée par le paquebot Mississippi. Il s'aperçoit bientôt que ce n'e ...

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LA SOURCE DES FEMMES, Radu Mihaileanu 2011, Leïla Bekhti, Hafsia Herzi (societe)@@


Cela se passe de nos jours dans un petit village, quelque part entre l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Les femmes vont chercher l'eau à la source, en haut de la montagne, sous un soleil de plomb, et ce depuis la nuit des temps.

TELERAMA
Dans la touffeur d'un pays musulman, des femmes usent leur santé, porteuses d'eau gravissant et descendant la montagne, pour la grande satisfaction des hommes, assis sur leurs privilèges. La révolte viendra et sera joyeuse ! Radu Mihaileanu (Le Concert) reste fidèle à sa répu­tation de cinéaste doué pour mettre le public dans sa poche tout en se mettant la critique à dos. Malgré ses bonnes intentions et ses messages mis en chansons, cette Source des fem­mes a du mal à nous enchanter. Tourné dans le décor unique d'un village rattaché à nul pays (pour concerner tout le monde et ne froisser personne), le film fait monter le débat sur les libertés comme une mayonnaise. Il s'agit de tout dire, de tout expliquer. Il y a là, certes, une géné­rosité presque maternelle - le réalisateur se place résolument du côté des femmes. Mais, en même temps, un manque de complexité, une façon artificielle d'emballer tout, y compris le spectateur. Qui a le droit, lui aussi, de revendiquer un peu de liberté.


LA SOURCE DES FEMMES, Radu Mihaileanu 2011, Leïla Bekhti, Hafsia Herzi (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Cela se passe de nos jours dans un petit village, quelque part entre l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Les femmes vont chercher l'eau à la source, en haut de la montagne, sous un soleil de plomb, et ce depuis la nuit des temps. < ...

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LA TETE EN FRICHE, Jean Becker, Gerard Depardieu, Gisele Casadesus


Germain, 45 ans, quasi analphabète, vit sa petite vie tranquille entre ses potes de bistrot, sa copine Annette, le parc où il va compter les pigeons et le jardin potager qu'il a planté derrière sa caravane, elle-même installée au fond du jardin de sa mère, avec laquelle les rapports sont très conflictuels.
LA TETE EN FRICHE, Jean Becker, Gerard Depardieu, Gisele Casadesus (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Germain, 45 ans, quasi analphabète, vit sa petite vie tranquille entre ses potes de bistrot, sa copine Annette, le parc où il va compter les pigeons et le jardin potager qu'il a planté derrière sa caravane, elle- ...

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LA TRAVERSER DE PARIS, Claude Autant-Lara 1956, Jean Gabin, Bourvil) (thriller)@@@


Alors que le marché noir sévit dans le Paris de l'Occupation, le brave et pas très futé Martin est chargé par l'épicier de coltiner à l'autre bout de la ville un cochon proprement découpé.

TELERAMA
Quand s’unissent le goût pour la provocation et le cynisme d’Aymé et d’Autant-Lara. Comédie très très noire portée par un duo d’acteurs exceptionnels.

«Salauds de pauvres ! » : la réplique d'Aurenche et Bost est restée célèbre. Tout comme la colère homérique de Gabin contre tous les Français médiocres et lâches, profitant de l'Occupation pour s'enrichir : « Admirez le mignon, sa face d'alcoolique, sa viande grise et du mou partout, les bajoues qui croulent de bêtise. Et l'autre rombière, la guenon, l'enflure, la dignité en gélatine, avec ses trois mentons de renfort et ses gros nichons en saindoux qui lui dévalent la brioche »...

Sous la caméra de Claude Autant-Lara, « ce boucher qui s'obstine à faire de la dentelle », disait Truffaut, l'odyssée minable d'un pauvre type et d'un artiste peintre, faisant du marché noir dans le Paris nocturne de 1943, devient un règlement de comptes avec l'ignominie ordinaire, une minifresque sur la barbarie à visage humain. Réalisé durant les Trente Glorieuses, qui voulaient oublier les ombres noires de l'Occupation et qui croyaient, même vaguement, en l'avenir de l'homme, le film choqua. Aujourd'hui, il devrait séduire à 100 %, puisque le cynisme, le doute et la suspicion sont pratiquement devenus des règles de vie. Avec Douce (plus subtil) et Occupe-toi d'Amélie (plus bouffon), La Traversée de Paris reste le chef-d'oeuvre noir d'Autant-Lara : du vitriol pur jus. Après quoi, le cinéaste, toujours poussé par un ardent anarchisme de gauche, sombrera dans un extrémisme détestable. Au point de devenir un de ces médiocres que ses premiers films ridiculisaient si bien.
LA TRAVERSEE DE PARIS, Claude Autant-Lara 1956, Jean Gabin, Bourvil) (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Alors que le marché noir sévit dans le Paris de l'Occupation, le brave et pas très futé Martin est chargé par l'épicier de coltiner à l'autre bout de la ville un cochon proprement déco ...

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LA VERITE, enri-Georges Clouzot 1960, Brigitte Bardot ((hriller sentimental)@@


Dominique Marceau est accusée d'avoir tué avec préméditation son amant, Gilbert Tellier, un musicien de talent par ailleurs fiancé à sa soeur, Annie. Devant le jury d'assises, Dominique se défend alors que tout l'accuse : son enfance difficile, ses moeurs libres. Dominique s'est mis en tête de séduire Gilbert pour ennuyer sa soeur, la trop sage et studieuse Annie. Puis, devenue la maîtresse de Gilbert, elle s'est laissée prendre au piège de l'amour-passion.

TELERAMA
Une femme, accusée d’avoir tué son amant, passe aux assises. Le premier grand rôle dramatique de Brigitte Bardot, splendide. Clouzot reste fidèle à son style, avec une direction d’acteurs au cordeau : Charles Vanel et Paul Meurisse sont magistraux.
Tourné en pleine « bardolâtrie », La Vérité défraya la chronique. L’ogre Clouzot allait-il dévorer la star ? Après En cas de malheur, d’Autant-Lara, c’était son deuxième grand rôle dramatique. Le succès fut à la hauteur du battage. Grand Prix du cinéma français et une nomination aux Oscars.
Le scénario, pourtant, est des plus banals : une jeune fille trop belle, trop libre, est accusée du meurtre de son amant. À son procès, témoins et flash-back nous font revivre le drame. C’est la « qualité française », que contestaient les jeunes loups de la Nouvelle Vague. Rien n’est laissé au hasard et les effets d’audience avec cinglantes répliques d’avocats font mouche. Cinquante ans après, on peut sourire devant ce Saint-Germain-des-Prés dépeint comme un lieu de débauche.
Mais l’intérêt du film, c’est « l’animal Bardot », que Clouzot s’acharne à faire jouer. Elle résiste, la mine boudeuse, puis finit par craquer, telle une bête traquée poussant un hurlement. L’auditoire, à qui elle crie « vous ne m’avez jamais aimée, vous êtes tous morts… », préfigure les bonnes gens qui pousseront au suicide l’héroïne de Vie privée, de Louis Malle. Peu après, Godard s’inclinera lui aussi devant le mythe.
LA VERITE, enri-Georges Clouzot 1960, Brigitte Bardot ((hriller sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Dominique Marceau est accusée d'avoir tué avec préméditation son amant, Gilbert Tellier, un musicien de talent par ailleurs fiancé à sa soeur, Annie. Devant le jury d'assises, Dominique se dé ...

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LA VIE A PORTEE DE MAIN (THE LOST HUSBAND), Vicky Wight 2020, Katherine Center


Suite au décès de son mari, Libby tente de reprendre goût à la vie. Elle décide de déménager avec ses enfants au sein de la ferme tenue par sa tante au coeur du Texas. Afin de l'aider à oublier le passé, elle se fait embaucher sur la ferme dirigée par James. C'est une deuxième chance de trouver l'amour qui s'offre à elle.
LA VIE A PORTEE DE MAIN, Vicky Wight 2020, Katherine Center(societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Suite au décès de son mari, Libby tente de reprendre goût à la vie. Elle décide de déménager avec ses enfants au sein de la ferme tenue par sa tante au coeur du Texas. Afin de l'aider à ...

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LA VINGT-CINQUIEME HEURE, Henri Verneuil 1967, Antony Quinn, Virna Lisi (guerre)@


Au printemps 1939, le roi de Roumanie décrète que les Juifs du pays devront être envoyés en camp de travail. Johann Moritz, un brave paysan, est alors victime de la machination du capitaine des gardes qui convoitent sa femme Suzanna. Dénoncé par lui comme juif, Moritz se retrouve en camp de travail. L'année suivante, les troupes allemandes entrent en Roumanie et confisquent les biens des Israélites.

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Avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, un paysan roumain se retrouve ballotté de camp en camp, victime impuissante du destin et des horreurs du conflit. Une adaptation à très grand spectacle du célèbre roman de Virgil Gheorghiu.
Avec Week-end à Zuydcoote (1964), Henri Verneuil était parvenu à renouveler le genre très codifié du film de guerre en le rendant populaire. Il remet le couvert trois ans plus tard avec cette production internationale, dans laquelle on retrouve un trio sensationnel : le Mexicano-Américain Anthony Quinn, le Français Serge Reggiani et l’italienne Virna Lisi. Le premier interprète Iohann Moritz, un fermier roumain qui devient la cible de policiers convoitant sa femme. Après un passage dans un camp de prisonniers, il est recruté pour rejoindre les rangs des SS…
Tout le savoir-faire du réalisateur se retrouve dans ce drame au ton déroutant, qui mise sur l’absurde pour dépeindre une Europe meurtrie par le conflit. La menace nazie s’impose alors comme une excuse pour pointer du doigt une population sans cœur, qui se prête aux pires crasses pour accéder aux désirs les plus bas. Anthony Quinn, inspiré, livre une performance émouvante, bien accompagné par la musique indémodable de Georges Delerue.
LA VINGT-CINQUIEME HEURE, Henri Verneuil 1967, Antony Quinn, Virna Lisi (guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Au printemps 1939, le roi de Roumanie décrète que les Juifs du pays devront être envoyés en camp de travail. Johann Moritz, un brave paysan, est alors victime de la machination du capitaine des gardes qui convoite ...

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LA VRAIE FAMILLE, Fabien Gorgeart 2020, Mélanie Thierry, Lyes Salem (societe)@@


Anna, 34 ans, vit avec son mari, ses deux petits garçons et Simon, un enfant placé chez eux par l'Assistance sociale depuis l'âge de 18 mois, qui a désormais 6 ans. Un jour, le père biologique de Simon exprime le désir de récupérer la garde de son fils.

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Mère d’accueil, Anna doit rendre l’enfant qu’elle élève à sa “vraie ” famille… Un mélo sensible, inspiré de la propre mère du réalisateur Fabien Gorgeart et intensément interprété par Mélanie Thierry.

Veut-il faire le tour de la question ? Après Diane a les épaules, le réalisateur Fabien Gorgeart s’intéresse de nouveau à la maternité. En 2017, sa brune héroïne de comédie, interprétée par l’épatante Clotilde Hesme, acceptait de porter un enfant pour un couple d’amis gay, sans contrepartie ni (trop) d’états d’âme. Cette fois, son Anna est blonde et vit un drame, un mélo même, qui vaut à Mélanie Thierry de pleurer des rivières.

Au début, pourtant, cette jeune femme solaire nage dans le bonheur avec ses trois garçons. On découvre la famille en vacances, entre piscine, ping-pong et soirée disco, sans se douter que, parmi les marmots épanouis et remuants, se cache un moineau de passage : Simon, 6 ans, placé chez Anna et Driss (Lyes Salem) par l’aide sociale à l’enfance depuis ses 18 mois. La rentrée tombe comme un couperet, puisque le papa du chouchou, remis d’une longue dépression, veut récupérer la garde de son fiston.

Fabien Gorgeart n’en fait pas mystère, il s’inspire de l’histoire de sa propre mère, à qui un enfant aimé mais pas né de ses entrailles fut arraché un jour pour être rendu à sa « vraie famille ». Laissant délibérément le père biologique à la marge, comme une menace, ce film sensible se resserre sur le point de vue de la maman d’accueil, jusqu’à l’adopter complètement. Face au petit Gabriel Pavie, qui arracherait des larmes à un caillou, Mélanie Thierry déploie une intensité et, surtout, une part d’ombre donnant à ressentir à la fois la beauté et la dureté d’un métier pas comme les autres.
LA VRAIE FAMILLE, Fabien Gorgeart 2020, Mélanie Thierry, Lyes Salem (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Anna, 34 ans, vit avec son mari, ses deux petits garçons et Simon, un enfant placé chez eux par l'Assistance sociale depuis l'âge de 18 mois, qui a désormais 6 ans. Un jour, le père biologique de Simon expr ...

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LADY BIRD, Greta Gerwig 2917, Saoirse Ronan, Lucas Hedges, Timothée Chalamet (societe)@@@


Christine, Lady Bird, rêve de poursuivre ses études à New York. Elle est toutefois coincée à Sacramento pour sa dernière année du secondaire.

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Pour sa première réalisation en solo, l’actrice muse du cinéaste Noah Baumbach (“Frances Ha”), raconte avec grâce la dernière année de lycée d’une ado attachante dans l’Amérique de l’après-11 septembre. Saoirse Ronan est formidable.

Elle a 17 ans, des mèches rougeâtres, un plâtre rose au bras droit. Son nom est Lady Bird. En tout cas, elle aimerait bien. Même si sa mère s’obstine à l’appeler bêtement Christine, sous prétexte que c’est son vrai prénom, pourtant d’une effroyable banalité. À vrai dire, c’est sa vie entière que, depuis peu, Lady Bird trouve d’une effroyable banalité. Sa maison, son quartier, son lycée catholique, tous ses camarades (ou presque), ses parents, son frangin, sa classe sociale : moyen, moyen, et encore moyen. Elle ne rêve que de tumulte et d’évasion, d’école d’art sur la côte Est, à des milliers de kilomètres de la Californie et de son Sacramento natal.

Connue pour ses délicates performances d’actrice (notamment chez Noah Baumbach, de Greenberg à Frances Ha), Greta Gerwig passait à la réalisation avec la même grâce, la même sensibilité
Chronique plus ou moins autobiographique d’une dernière année de lycée, en équilibre fragile entre les vestiges de l’enfance et les promesses de l’âge adulte, le film embrasse tout avec la même tendresse railleuse, la même lucidité enchantée. Et derrière ces aventures faussement banales, la cinéaste distille une secrète mélancolie, de celle qui accompagne la fin d’une période, la mutation inévitable d’une famille et d’une relation filiale. Ce récit d’apprentissage est si habité, si bien ancré dans son contexte, son milieu, son époque, qu’il dépasse le simple portrait féminin pour devenir un grand et beau film choral.
LADY BIRD, Greta Gerwig 2917, Saoirse Ronan, Lucas Hedges, Timothée Chalamet (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Christine, Lady Bird, rêve de poursuivre ses études à New York. Elle est toutefois coincée à Sacramento pour sa dernière année du secondaire.

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Pour sa première r&ea ...

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LAST DAYS OF SUMMER, Jason Reitman 2013, Kate Winslet, Josh Brolin (societe)@@


À l'âge de 13 ans, Henry Wheeler est aux prises avec les difficultés de l'adolescence et doit s'occuper de sa mère troublée et recluse, Adele. Un jour, alors qu'ils achètent des fournitures scolaires, Henry et Adele rencontrent Frank Chambers, un homme intimidant, mais qui a clairement besoin de leur aide.

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Fin d'été mordorée et brûlante, quelque part dans l'Amérique des années 1980. Depuis son divorce, Adele vit seule avec Henry, son fils pré-adolescent, dans une grande maison dont le bois écaillé se confond presque avec les arbres environnants. Arrive un homme, Frank, taulard en cavale...

Tout au long de ce mélo intimiste, on cherche à reconnaître la patte de Jason Reitman : son ironie mordante (Thank you for smoking), son goût pour les outsiders acides et attachants (Juno, Young Adult). En vain. Dans la maison des bois, tous les sentiments sont beaux, tous les habitants sont nobles. A peine installé, le dangereux criminel se met à réparer les fuites, le moteur de la voiture et prépare de délicieuses tartes. Quand il a cinq minutes, il apprend le base-ball au jeune Henry : il est trop beau pour être vrai. Ce côté artificiel est heureusement compensé par la délicatesse des interprètes : Josh Brolin et Kate Winslet sont si sobres et émouvants qu'on finit par admettre que oui, peut-être, ces deux-là pourront panser ensemble leurs blessures. Quant au jeune Gattlin Griffith (How I met your mother, à la télé, L'Echange de Clint Eastwood, au cinéma), il est grave et attendrissant.
LAST DAYS OF SUMMER, Jason Reitman 2013, Kate Winslet, Josh Brolin (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
À l'âge de 13 ans, Henry Wheeler est aux prises avec les difficultés de l'adolescence et doit s'occuper de sa mère troublée et recluse, Adele. Un jour, alors qu'ils achètent des fournitures scolaires ...

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LAWRENCE D ARABIE, David Lean 1962, Peter O Toole, Omar Sharif, Alec Guiness, Antony Quin (saga)@@@


En 1916, les Arabes se révoltent contre les Turcs, alliés des Allemands, à la plus grande satisfaction des services secrets britanniques. Dryden, membre du "Bureau arabe", charge le jeune lieutenant Thomas Edward Lawrence d'évaluer l'importance de la rébellion. Passionné par sa mission, Lawrence prend contact avec le prince Fayçal, l'un des chefs de la révolte. Ce dernier met une cinquantaine d'hommes à sa disposition pour l'accompagner dans sa périlleuse traversée du désert du Nefoud. Le jeune soldat s'éprend instantanément de la grandiose beauté de cette terre et de la noblesse des guerriers qui la peuplent. Il adopte alors leur tenue adaptée aux rigueurs du climat et milite pour leur indépendance...

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Le lieutenant Lawrence et ses rêves d’une nation arabe. Peter O’Toole et son regard turquoise souligné de khôl. Le silence et la guerre. épopée amère avec pour vedette, majestueux, hostile et fascinant, le désert.
Sous les traits de Peter O’Toole, Lawrence d’Arabie est aussi mystérieux qu’une légende ancienne. Héros insolite, il incarne le rêve panarabe, toujours caressé, sans cesse compromis. Comment ce soldat anglais peu gradé a-t-il pu acquérir une telle légitimité, dans une société qui n’était pas la sienne ? Comment a-t-il pu mettre en échec la redoutable armée turque, à la tête d’une poignée de Bédouins ? David Lean ne répond pas à ces questions. Mais il procède à une soigneuse reconstitution historique, à laquelle il insuffle une dimension éperdument épique, incomparable. Le film est avant tout un univers. Celui du désert, immense, hostile. Et fascinant.
LAWRENCE D ARABIE, David Lean 1962, Peter O Toole, Omar Sharif, Alec Guiness, Antony Quin (saga)@@@ (edit IPTC) (E)
En 1916, les Arabes se révoltent contre les Turcs, alliés des Allemands, à la plus grande satisfaction des services secrets britanniques. Dryden, membre du "Bureau arabe", charge le jeune lieutenant Thomas Edw ...

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LE BLEU DU CAFTAN, Maryam Touzani 2022, Lubna Azabal, Saleh Bakri (societe Maroc)@@@


Halim est marié depuis longtemps à Mina, avec qui il tient un magasin traditionnel de caftans dans la médina de Salé, au Maroc. Le couple vit depuis toujours avec le secret d'Halim, son homosexualité qu'il a appris à taire. Afin de répondre à une clientèle exigeante, ils engagent un jeune homme talentueux comme apprenti. Mina réalise peu à peu à quel point son mari est ému par sa présence.

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Au Maroc, un tailleur doit cacher son homosexualité, connue seulement de son épouse. Jusqu’à ce qu’un apprenti jette le trouble... Maryam Touzani signe, avec son deuxième film, une grande œuvre.

Dans Adam (2019), Maryam Touzani racontait une émancipation et un retour de la vie dans le huis clos d’une modeste pâtisserie. La noblesse d’un petit artisanat en voie de disparition et le réveil de désirs longtemps refoulés sont, à nouveau, au cœur du deuxième, et splendide, long métrage réalisé par l’actrice marocaine. Avec une différence majeure : il est cette fois question d’homosexualité, sujet encore tabou en terre d’Islam.

Halim, tailleur traditionnel dans la médina de Salé, confectionne à la main des caftans richement brodés dans la boutique gérée par sa femme, Mina. Le couple est très complice, uni peut-être plus encore qu’aux premiers jours, mais vit depuis toujours avec le secret d’Halim, attiré par les hommes. Alors que les jours de Mina, en récidive d’un cancer, sont comptés, un étonnant triangle amoureux va se former avec l’arrivée d’un jeune apprenti, Youssef.

Tandis qu’Halim prépare le tissu de la tunique luxueuse dont la conception rythmera tout le récit, le couturier explique à son élève l’importance de la marge entre la ligne de découpe et le patron du vêtement : c’est « le centimètre du mâalem » (le maître artisan), qui fait la différence entre une création exceptionnelle et les produits standardisés des usines. Le film de Maryam Touzani se situe, lui aussi, dans cette bande étroite, et fragile, qui fait les grandes œuvres. Pour rester dans la métaphore couturière, la mise en scène a la précision millimétrée des dentellières pour rendre sensibles, dans des clairs-obscurs délicats, les désirs contraints d’Halim (Saleh Bakri, élégant et subtil), la douleur de Mina (Lubna Azabal, poignante), le trouble de Youssef (Ayoub Missioui, toujours juste). Si les émotions ne s’y expriment qu’avec la plus grande pudeur, Le Bleu du caftan déborde en revanche de sensualité. Pas besoin de scènes érotiques pour cela (les rencontres d’Halim avec ses amants passagers au hammam sont, d’ailleurs, laissées hors champ) : des gros plans de mains caressant un tissu ou palpant une broderie suffisent.
LE BLEU DU CAFTAN, Maryam Touzani 2022, Lubna Azabal, Saleh Bakri (societe homosexualite Maroc)@@@ (edit IPTC) (E)
Halim est marié depuis longtemps à Mina, avec qui il tient un magasin traditionnel de caftans dans la médina de Salé, au Maroc. Le couple vit depuis toujours avec le secret d'Halim, son homosexualité qu'il ...

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LE BON LA BRUTE ET LE TRUAND, Sergio Leone, Clint Eastwwod, Lee Van Cleef@@@


Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés à l'armée sudiste. Sentenza, la Brute, qui tue sans états d’âme ; Tuco, le Truand, truculent ; et Blondin, alias l’homme sans nom, le Bon…

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Sergio Leone achève sa trilogie spaghetti et révolutionne le western en initiant un genre qu’il mènera à la perfection. Son propos est parfois simpliste, mais pourquoi bouder le plaisir de revoir le poncho d’Eastwood et les trognes de ses acolytes ?
Avec ce film, Sergio Leone clôt sa trilogie spaghetti. L’Ouest, terre sans morale. Tous pourris, y compris l’ami Eastwood, qui a mis au point avec le Truand, dont la tête est mise à prix, un numéro très lucratif : il l’arrête, touche la prime et le libère aussitôt, partageant l’argent de la justice… Leone dit aussi sa haine de la guerre. Mais c’est dans la mise en forme qu’il est décidément le plus novateur. Son style n’a pas pris une ride : utilisation brillante de l’écran large, dilution du temps par un montage savant. Le règlement de comptes final, un duel à trois dans un cimetière, est un modèle du genre.
LE BON LA BRUTE ET LE TRUAND, Sergio Leone, Clint Eastwwod, Lee Van Cleef (western)@@@ (edit IPTC) (E)
Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés &agra ...

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LE CAIMAN, Nanni Moretti 2006, Cecilia Dazzi, Silvio Orlando @@@


Bruno est au bord du gouffre. Il n'arrive plus à produire un film. Sa femme veut le quitter et il risque de perdre ses enfants, qu'il adore. Lors d'une des émissions-débats auxquelles il est encore invité, une femme lui confie son scénario, Le Caïman. Il va s'accrocher à ce nouveau film. Seul problème, Le Caïman est une biographie critique de Berlusconi, président du Conseil, propriétaire de toutes les télévisions privées et terreur de la Rai.

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Un producteur de série Z en pleine débine accepte un projet autour de Berlusconi. À la fois farce et mélo, un rappel à la raison et à l’engagement.
Cela débute par une pantalonnade. Cinéphile atypique qui a sans cesse lutté contre la « dictature du cinéma d’auteur », Bruno est un producteur de série Z qui s’en est toujours sorti. Aujour­d’hui, plus rien ne va. Son bras droit a démissionné. Et sa femme souhaite la sé­paration…
Une tragédie aux accents shakespeariens
Bruno, c’est l’Italie d’aujourd’hui, sa caricature. Un Latin charmeur, baratineur et truqueur, brutalement mis hors jeu. À l’image d’un pays d’opérette en plein marasme. Moretti a l’idée de faire le portrait de son pays en crise à travers la situation d’un homme. L’important, au fond, n’est pas tant Berlusconi que ce fameux « peuple » sur lequel le Cavaliere ne cesse de s’appuyer pour légitimer ses manœuvres. Moretti semble prendre son adversaire au mot : « Tenez, j’ai déniché un spécimen populaire, voyons comment il va se comporter… » Le Caïman crève l’abcès, se voulant un rappel à la réaction, à la raison et à l’engagement, également au sens physique du terme. Commencé dans la farce grossière, le film se ramifie, passe par des registres différents, y compris celui d’une tragédie aux accents shakespeariens, dévoilant soudain une forme perverse de fascisme démocratique.
À ce moment fantomatique, l’acteur Moretti refait surface, après s’être éclipsé pour la première fois d’une de ses fictions. Il incarne alors un Berlusconi dangereusement séduisant. Risque suprême et suprême loyauté que celle de se mettre dans la peau de son adversaire.
LE CAIMAN, Nanni Moretti 2006, Cecilia Dazzi, Silvio Orlando (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Bruno est au bord du gouffre. Il n'arrive plus à produire un film. Sa femme veut le quitter et il risque de perdre ses enfants, qu'il adore. Lors d'une des émissions-débats auxquelles il est encore invité, une fe ...

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LE CHEMIN DE LA LIBERTE, Phillip Noyce 2003 (saga)@@@


En 1931, à Jigalong, près du désert de Gibson, trois filles aborigènes, Molly, Gracie et sa soeur Daisy, vivent heureuses auprès de leurs mères. Sur ordre de Mr Neville, protecteur en chef des Aborigènes pour l'Australie occidentale, les fillettes sont arrachées à leur famille et transférées au camp de Moore River, situé à l'autre bout du continent. Là-bas, les trois filles décident de s'échapper et entament un périple de plus de 2.000 kilomètres.

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En 1931, trois jeunes métisses aborigènes arrachées à leurs familles, et placées de force en internat, s’enfuient… Une odyssée inspirée d’une histoire vraie que le réalisateur Phillip Noyce raconte avec tact.

Jusque dans les années 1970, l’Australie a fabriqué des générations d’orphelins, de jeunes métis volés à leurs mères aborigènes et « éduqués » dans des camps pour devenir domestiques et ouvriers agricoles chez les Blancs. Le film de Phillip Noyce, tiré du récit de Doris Pilkington, l’une des victimes de ce racisme institutionnel, raconte une histoire vraie : l’incroyable odyssée de trois petites Aborigènes fuyant à travers l’Australie, dans les années 1930. Molly, Gracie et Daisy (interprétées par d’attachantes actrices non professionnelles) vont parcourir à pied plus de 2 000 kilomètres pour fuir le camp de Moore River et rejoindre leur famille dans le bush, à Jigalong. Seules, la police aux trousses, longeant la clôture qui coupe le pays en deux et préserve les pâturages des lapins, luttant contre la soif, la faim, la fatigue et le découragement.

Le Chemin de la liberté dénonce une réalité terrible. Personnages, musique, décors, tout sue l’angoisse : l’inquiétant bureaucrate (Kenneth Branagh), responsable en toute bonne conscience de la politique eugéniste britannique ; l’étrange pisteur chargé de débusquer les fuyardes, mû par l’instinct du chasseur ; les étendues désertiques, jaunies, râpées, brûlées, à perte de vue… Une course-poursuite lyrique et poignante.
LE CHEMIN DE LA LIBERTE, Phillip Noyce (saga)@@@ (edit IPTC) (E)
En 1931, à Jigalong, près du désert de Gibson, trois filles aborigènes, Molly, Gracie et sa soeur Daisy, vivent heureuses auprès de leurs mères. Sur ordre de Mr Neville, protecteur en chef des Abori ...

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LE CLAN DES SICILIENS (policier saga)@@@


Sur le chemin du tribunal où il va être jugé, Roger Sartet, un bandit arrêté par le commissaire Le Goff au terme d'une longue et éprouvante traque, s'évade du camion de police où il est retenu. Il est aidé dans son évasion par les hommes de Vittorio Manalese, le chef du clan des Siciliens. Alors que Le Goff est à ses trousses, Sartet propose à Vittorio de collaborer pour voler des bijoux royaux exposés à Rome. Ils décident d'organiser le casse pendant le transfert de la collection vers New York.
LE CLAN DES SICILIENS Henri Verneuil, Jean Gabin, Alain Delon, Lino Ventura (policier saga)@@@ (edit IPTC) (E)
Sur le chemin du tribunal où il va être jugé, Roger Sartet, un bandit arrêté par le commissaire Le Goff au terme d'une longue et éprouvante traque, s'évade du camion de police où il est ...

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LE CORNIAUD Gerard Oury 1965, Louis De Funes, Bourvil


Saroyan, un trafiquant, utilise un honnête commerçant, répondant au nom d'Antoine Maréchal, pour emmener de Naples à Bordeaux une Cadillac remplie d'héroïne. Ce dernier, un homme naïf et bienveillant, déjoue innocemment les plans de contrebande de son employeur.
LE CORNIAUD Gerard Oury 1965, Louis De Funes, Bourvil@@@@ (edit IPTC) (E)
Saroyan, un trafiquant, utilise un honnête commerçant, répondant au nom d'Antoine Maréchal, pour emmener de Naples à Bordeaux une Cadillac remplie d'héroïne. Ce dernier, un homme naïf et bi ...

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LE CRIME DE L ORIENT EXPRESS, Sydney Lumet 1974, Albert Finney, Lauren Bacall, Ingrid Bergman, Jaqueline Bisset, JP Cassel, Sean Connery (thriller)@@@


L'Orient-Express quitte Istanbul à destination de Calais, qu'il atteindra au terme de trois jours de voyage. Le train s'élance avec, à son bord, le célèbre détective belge Hercule Poirot, qui a réussi à trouver une place au dernier moment. Au matin, l'un des passagers, un riche Américain, est retrouvé mort, le corps lardé de coups de couteau. L'assassin est parmi les voyageurs, puisque le wagon à destination de Calais est verrouillé et séparé du reste du train. Hercule Poirot mène l'enquête.

TELERAMA
Un assassinat ferroviaire, adapté d’Agatha Christie, au casting première classe (Lauren Bacall, Ingrid Bergman, Albert Finney, Sean Connery…).
Un train de luxe roulant à vive allure entre Istanbul et Calais est brutalement stoppé au milieu de la nuit. À l’aube, on trouve Ratchett, un riche Américain, poignardé dans sa cabine. Sachant que personne n’a quitté ou rejoint le wagon, que chacun de ses occupants avait une bonne raison de tuer, que le célèbre détective Hercule Poirot mène l’enquête… qui est, selon vous, l’assassin, et comment a-t-il agi ?


Tous les romans d’Agatha Christie proposent le même type de « sport cérébral ». Recto, le meurtre, verso, la solution. Entre les deux, rien, ou presque. Le lecteur-joueur attend, tripote ses méninges, partagé entre l’envie de deviner et celle d’être surpris. C’est dire si ce long et statique intermède est difficile à porter à l’écran. Pour cette raison, Hitchcock lui-même dédaigna toujours la romancière. Pas découragé, Sidney Lumet cherche à rendre la devinette attrayante : dans les dorures de l’Orient-Express, il a su recréer une capiteuse et artificielle odeur de rétro.

Côté stars, son wagon Pullman évoque le métro aux heures de pointe. Lauren Bacall, Anthony Perkins, Ingrid Bergman, Vanessa Redgrave et les autres forment les pièces luxueuses d’un puzzle réjouissant. De fausses pistes en indices troublants, le film reste un jeu, frivole et sans conséquence. Mais, jusqu’au rebondissement final, on ne se lasse pas un instant de la partie.
LE CRIME DE L ORIENT EXPRESS, Sydney Lumet 1974, Albert Finney, Lauren Bacall, Ingrid Bergman, Jaqueline Bisset, JP Cassel, Sean Connery (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
L'Orient-Express quitte Istanbul à destination de Calais, qu'il atteindra au terme de trois jours de voyage. Le train s'élance avec, à son bord, le célèbre détective belge Hercule Poirot, qui a r&ea ...

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LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT, Alfred Hitchcock 1954, Grace Kelly (thriller)@@@


Tony Wendice, une ancienne gloire du tennis, s'est marié avec Margot pour sa richesse. Mais celle-ci le trompe depuis peu avec Mark Halliday, un jeune auteur de romans policiers.

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La scène est à jamais célèbre : Grace Kelly, assaillie dans son appartement par un tueur (payé par son mari), saisit à tâtons une paire de ciseaux, qu'elle plonge dans le dos de son agresseur... Le film fut tourné en relief, mais a rarement été projeté ainsi, en France du moins. Tournage rapide (trente-deux jours), durant lequel Hitchcock, qui détestait aérer artificiellement les huis clos, s'efforça au contraire d'accentuer le côté théâtral de la pièce de Frederick Knott (celui-ci écrira plus tard un autre succès, Seule dans la nuit, porté à l'écran par Terence Young, avec Audrey Hepburn). Ainsi le procès de Grace Kelly est-il filmé sur un fond neutre, avec des lumières tournoyant derrière elle. Et non pas dans une salle de tribunal réaliste : « Le public se serait mis à tousser et aurait pensé : voilà un deuxième film qui commence », a expliqué Hitchcock… Film mineur, mais rudement distrayant tout de même, et passionnant, sur l'un des thèmes les plus obsessionnels de Hitchcock : l'innocence face au Mal, constamment menaçant.
LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT, Alfred Hitchcock 1954, Grace Kelly (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Tony Wendice, une ancienne gloire du tennis, s'est marié avec Margot pour sa richesse. Mais celle-ci le trompe depuis peu avec Mark Halliday, un jeune auteur de romans policiers.

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La scène est à jam ...

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LE DERNIER METRO, François Truffaut 1942, Catherine Deneuve, Gérard Depardieu (sentimental guerre shoah)@@@


Lucas Steiner, juif allemand réfugié à Paris depuis l'avènement du nazisme, a dû quitter la France, laissant à sa femme Marion la direction du prestigieux Théâtre Montmartre. Marion s'efforce de maintenir le théâtre en état de marche, mais cela ne va pas sans difficulté.

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Dix césars pour Truffaut grâce aux amours, sous l’Occupation, de Marion, directrice de théâtre, et Bernard, acteur. Mécanique romanesque, seconds rôles, reconstitution, tout est parfait.

En 1942, François Truffaut avait 10 ans. Le jour, il se réfugiait dans les cinémas, au point de connaître par cœur les dialogues du Corbeau, d'Henri-Georges Clouzot. La nuit, il dormait dans les stations de métro, où il échangeait des poignées de porte en cuivre contre du vin, qu'il revendait ensuite. Le Dernier Métro est une transposition labyrinthique de ses souvenirs de cette époque noire, le théâtre prenant la place du septième art, les personnages d'adultes doubles et intransigeants parlant pour l'enfant qu'il fut.

Même à la fin de sa carrière, la dissimulation reste le thème favori du cinéaste, qui bâtit un scénario plein de portes secrètes : armée d'un faux certificat d'aryanisation, la comédienne Marion Steiner cache son mari, metteur en scène juif allemand, dans la cave de son théâtre, d'où il suit incognito les répétitions d'un spectacle. Dans les coulisses, Marion cède aux feux de la passion avec l'acteur principal, Bernard Granger... Cela donne l'occasion à Truffaut de remettre dans la bouche de Catherine Deneuve les répliques fétiches qu'elle prononçait, dix ans auparavant, dans La Sirène du Mississippi, et qui sonnent comme des paroles de retrouvailles intenses et complices. À l'image de ces innombrables poignées de main qui traversent le film, tour à tour fiévreuses, amicales, méfiantes ou charnelles.
LE DERNIER METRO, François Truffaut 1942, Catherine Deneuve, Gérard Depardieu (sentimental guerre shoah)@@@ (edit IPTC) (E)
Lucas Steiner, juif allemand réfugié à Paris depuis l'avènement du nazisme, a dû quitter la France, laissant à sa femme Marion la direction du prestigieux Théâtre Montmartre. Marion s'ef ...

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LE DIABLE S HABILLE EN PRADA, David Frankel 2006, Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tuci


Son diplôme de journalisme en poche, Andrea débarque à New York où elle décroche un premier emploi en tant qu'assistante de la rédactrice en chef d'un prestigieux magazine de mode. Un job de rêve. En apparence seulement car sa boss est en réalité un monstre tyrannique et caractériel ; Andrea, qui envisage son nouveau travail comme un tremplin vers une illustre carrière de journaliste, décide d'endurer les sévices de sa diablesse de patronne.
LE DIABLE S HABILLE EN PRADA, David Frankel 2006, Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tuci @@@@ (edit IPTC) (E)
Son diplôme de journalisme en poche, Andrea débarque à New York où elle décroche un premier emploi en tant qu'assistante de la rédactrice en chef d'un prestigieux magazine de mode. Un job de rê ...

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LE DICTATEUR, Charlie Chaplin 1945, Paulette Godard (comique)@@@


En 1918, un humble soldat de Tomania devient amnésique après avoir sauvé la vie de Schultz, un aviateur. Enfermé dans un hôpital psychiatrique, il s'enfuit et regagne sa boutique de barbier, dans le ghetto juif. Il ignore tout des événements politiques et s'en prend à des gardes de Hynkel, le dictateur au pouvoir. Hannah, une voisine, le tire d'affaire. Devenu un personnage puissant, Schultz le protège de l'antisémitisme.

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Les mésaventures d’un petit barbier juif, sosie d’un dictateur à la moustache tristement célèbre, dans un pamphlet humaniste.
En pleine préparation du Dictateur, Charlie Chaplin étudie les bandes d’actualité du Führer, et constate : « Ce type est l’un des plus grands acteurs que je connaisse. » Il filme alors, avant tout, un monde déréglé. Lorsque, après des années d’amnésie, un petit barbier revient chez lui, il constate qu’on a tracé des lettres sur sa boutique : JEW (« juif »). Il se fait molester dès qu’il entreprend de les effacer. Et lorsqu’il fait appel à la police du régime, sur qui tape-t-elle ? Sur lui… Chaplin se déchaîne. Ses gags deviennent des obus chargés de détruire le tyran Hynkel et ses sbires. La mappemonde du dictateur lui explose à la figure ; le train de son ami Napaloni (Mussolini) ne cesse de s’arrêter et de repartir, forçant Hynkel à courir à droite et à gauche comme un clown… Lors d’un souper, les deux dictateurs se battent comme des chiffonniers à coups de spaghettis élastiques et incassables. On est fasciné devant la perfection d’un comique qui jamais, pourtant, n’efface la terreur diffuse. La peur rôde sous le rire.
LE DICTATEUR, Charlie Chaplin 1940, Paulette Godard (comique)@@@ (edit IPTC) (E)
En 1918, un humble soldat de Tomania devient amnésique après avoir sauvé la vie de Schultz, un aviateur. Enfermé dans un hôpital psychiatrique, il s'enfuit et regagne sa boutique de barbier, dans le ghetto ...

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LE DINER DE CONS, Francis Veber, Jacques Villeret, Thierry Lhermitte (comique)@@@


Pierre, éditeur, participe chaque mercredi à un `dîner de cons'. Le principe : chacun amène un `con' et celui qui a déniché le plus spectaculaire est déclaré vainqueur. Ce soir, son invité est François Pignon. Passionné de modèles réduits en allumettes, ce dernier est également un véritable porteur de guigne.

TELERAMA
Derrière le vaudeville à l’insolence bridée, l’humiliation, le mépris. Comme l’a montré le succès du film, Francis Veber a rempli son contrat : divertir.

Ce soir, Pierre Brochant, éditeur parisien arrivé, est invité à un dîner. Pas n’importe lequel : « un dîner de cons ». Chaque convive doit venir accompagné du plus beau spécimen de con qu’il ait pu trouver. Il jubile, Pierre Brochant : son con à lui est un modèle rare. Sa seule passion, c’est la construction de maquettes de monuments célèbres en allumettes. Mais, soudain, Pierre Brochant s’en contrefiche. En deux temps, trois mouvements, son dos se coince, sa femme le quitte, sa maîtresse le harcèle. Tout ça, par la faute au con. Enfin, pas seulement...

Francis Veber n’a pas cherché midi à 14 heures pour adapter sa pièce, créée en 1993 avec un énorme succès : décor (quasi) unique et filmage fonctionnel. Mais cette neutralité esthétique sert plutôt le sujet. Elle met à nu les rouages du vaudeville : entrées, sorties, quiproquos, coups de théâtre réglés au millimètre. Veber a ça dans le sang : sa pièce, c’est du (bon) boulevard, réglé par un horloger suisse. Dès les premières répliques, le rire fuse, automatique, presque compulsif. Ensuite, Veber a fait la part belle aux acteurs. Il faut voir Jacques Villeret, grandiose, réinventer toutes les nuances du mot « hébétude ». Il parvient même, dans un ou deux moments (et gros plans) d’anthologie, à exprimer le « rien », ce vide insondable de l’imbécillité satisfaite. Thierry Lhermitte, en victime accablée, lui renvoie bien la balle. Et Daniel Prévost, dans une courte apparition, confirme qu’il est un grand second rôle.

Le ressort comique se détend quand la situation patine. Et elle patine dans le dernier quart d’heure, plus laborieux, voire platement consensuel. À ce Dîner, le dessert (gentiment sucré) ne vaut pas le plat de résistance (piquant). Mais, pour l’essentiel, Francis Veber a rempli son contrat : divertir. Il le fait en cinéaste honnête. Et même plus honnête que cinéaste.
LE DINER DE CONS, Francis Veber, Jacques Villeret, Thierry Lhermitte (comique)@@@ (edit IPTC) (E)
Pierre, éditeur, participe chaque mercredi à un `dîner de cons'. Le principe : chacun amène un `con' et celui qui a déniché le plus spectaculaire est déclaré vainqueur. Ce soir, son inv ...

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LE DISCOURS D UN ROI, Tom Hooper 2010, Colin Firth, Helena Bonham Carter


D'après l'histoire vraie et méconnue du père de l'actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l'abdication de son frère Edouard VIII (Guy Pearce).
LE DISCOURS D UN ROI, Tom Hooper 2010, Colin Firth, Helena Bonham Carter.@@@@ (edit IPTC) (E)
D'après l'histoire vraie et méconnue du père de l'actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l'abdication de son frère Edouard VIII (Guy Pe ...

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LE DOCTEUR JIVAGO David Lean 1965, Julie Christie, Omar Sharif


Le général Yevgraf croit avoir enfin retrouvé la fille de son frère, perdue quand elle était enfant. Il la convoque dans son bureau pour l'interroger et lui raconter l'histoire de ses parents Au début du XXe siècle, le drapeau rouge fait irruption dans les rues de Moscou. Le jeune médecin et poète Youri Jivago est plutôt de ceux qui dansent dans les soirées mondaines. Lara, un peu moins argentée, vit sous le joug de l'amant de sa mère.
LE DOCTEUR JIVAGO, David Lean 1965, Julie Christie, Omar Sharif-@@@ (edit IPTC) (E)
Le général Yevgraf croit avoir enfin retrouvé la fille de son frère, perdue quand elle était enfant. Il la convoque dans son bureau pour l'interroger et lui raconter l'histoire de ses parents Au déb ...

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LE DOCTEUR JIVAGO David Lean 1965, Julie Christie, Omar Sharif (saga)@@@


Le général Yevgraf croit avoir enfin retrouvé la fille de son frère, perdue quand elle était enfant. Il la convoque dans son bureau pour l'interroger et lui raconter l'histoire de ses parents Au début du XXe siècle, le drapeau rouge fait irruption dans les rues de Moscou. Le jeune médecin et poète Youri Jivago est plutôt de ceux qui dansent dans les soirées mondaines. Lara, un peu moins argentée, vit sous le joug de l'amant de sa mère.

TELERAMA
« Un film grandiose, une belle histoire, de belles images », résumait déjà Télérama à la sortie de la superproduction de David Lean, en 1966. Avec une pointe d’ironie ? Quarante ans après, on pique encore du nez et des fous rires devant cet « archipel du goulasch » (Libération), qui cuisine la révolution russe à la sauce hollywoodienne.

On connaît l’histoire : Youri Jivago, médecin et poète moscovite, épouse Tonya, la fille de ses parents adoptifs, puis croise le chemin de Lara, infirmière bolchevik. Entre la brune et la blonde, son cœur balance pendant trois longues, très longues heures, agitées par d’inévitables morceaux de bravoure : l’arrivée du train en gare de Moscou, la chevauchée sur lac gelé à la Alexandre Nevski, la datcha cryogénisée, les sept mille jonquilles... Et la fameuse scène finale des retrouvailles ratées entre Omar Sharif et Julie Christie (qui fait hurler de douleur Nanni Moretti dans Palombella Rossa chaque fois qu’il la revoit à la télévision). Sans parler du sirop flonflonnant de Maurice Jarre, qui tuerait un diabétique sur le coup. Un monument — d’ennui — mais un monument.
LE DOCTEUR JIVAGO, David Lean 1965, Julie Christie, Omar Sharif@@@ (edit IPTC) (E)
Le général Yevgraf croit avoir enfin retrouvé la fille de son frère, perdue quand elle était enfant. Il la convoque dans son bureau pour l'interroger et lui raconter l'histoire de ses parents Au déb ...

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LE DON DU ROI, Michael Hoffman 1995, Robert Downey Jr, Sam Neill (thriller sentimental)@@@


Angleterre, 1660. Le jeune médecin Robert Merivel entre au service du roi Charles II d'Angleterre suite à un concours de circonstances. Il s'adapte à sa nouvelle vie jusqu'au jour où le roi lui demande d'épouser Celia, sa favorite, pour lever des soupçons. De plus, il lui impose une condition : ne pas tomber amoureux d'elle. En contrepartie, Robert reçoit une propriété dans laquelle il s'installe et où le roi pourra visiter Celia en secret. Hélas, Robert ne pourra retenir ses sentiments.

TELERAMA
Tourné par Hoffman avant le gentillet Un beau jour, ce film a obtenu l'Oscar des meilleurs costumes 96. Et s'il y avait un Oscar des meilleurs décors, il l'aurait sans doute reçu également. Car toute l'énergie de ce Restoration (le titre original) se perd en reconstitutions. A force de voir les costumes avant les personnages et les décors avant l'action, le spectateur ne prête plus à l'histoire qu'un intérêt lointain. Cette histoire pourrait être celle d'un toubib destroy qui débarque à Hollywood, se tape toutes les actrices, se fourre de la coke plein le nez, puis se repent chez les mormons, tombe amoureux d'une folle new age et se met à soigner des malades du sida.

Mais on a dû penser que le message puritain passerait mieux dans l'Angleterre des années 1660, avec plein de beaux habits autour. (Cela dit, pour leurs fans respectifs, Hugh Grant est assez drôle dans un petit rôle pincé, et Meg Ryan devait sans doute viser, elle, l'Oscar des plus vils haillons.)

Londres, en 1660. Cromwell est mort depuis deux ans et Charles II, rappelé de son exil, peut tranquillement s'installer sur le trône. Catholique, il restaure l'absolutisme et rétablit une vie culturelle et artistique dans l'Angleterre puritaine et étriquée. Une certaine dissolution des moeurs marque le début de son règne. Robert Merivel, un jeune médecin, guérit le chien du roi, ce qui lui attire sa faveur. Charles II l'anoblit, lui octroie une propriété et lui fait contracter un mariage avec sa propre maîtresse, Celia. Merivel et Celia s'installent dans un luxueux manoir, mais Robert commet l'erreur de tomber amoureux de sa toute fraîche épouse. Son amant attitré, courroucé, lui retire tous ses privilèges...
LE DON DU ROI, Michael Hoffman 1995, Robert Downey Jr, Sam Neill (thriller sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Angleterre, 1660. Le jeune médecin Robert Merivel entre au service du roi Charles II d'Angleterre suite à un concours de circonstances. Il s'adapte à sa nouvelle vie jusqu'au jour où le roi lui demande d'é ...

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LE FUGITIF, Andrew Davis 1993, Harrison Ford, Tommy Lee Jones (thriller)@@


Le chirurgien David Kimble mène une vie paisible jusqu'au jour où il retrouve son épouse avec le crâne fracassé et est accusé du meurtre. Pour rétablir la vérité, il doit d'abord s'évader et reprendre l'enquête de zéro, avec toute la police à ses trousses.

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Accusé à tort du meurtre de sa femme, un chirurgien s’évade pour mener son enquête. Harrison Ford est parfait en allégorie de la vertu traquée même si l’intrigue ne suit pas.
Un éminent chirurgien est accusé du meurtre de sa femme. Il jure avoir vu l'assassin. Le temps de clamer son innocence, il est condamné à mort. Il s'évade pour mener son enquête.

Le Fugitif colle à la série télévisée homonyme, légendaire course-poursuite en cent vingt épisodes. Souvenez-vous : en tête galopait l'insaisissable manchot, suivi du lénifiant docteur. Bon dernier, mais increvable, le flic de service, chargé d'arrêter tout le monde. Le réalisateur a compris la leçon : on cavale, les hélicos vrombissent, les moteurs rugissent. L'intrigue trébuche sur un bras artificiel, avant de se diluer dans un médicament pour le foie. C'est distrayant, presque toujours conventionnel. En allégorie de la vertu traquée, Harrison Ford est parfait, aux prises avec un Tommy Lee Jones survolté.

A Chicago, de retour à son domicile, Richard Kimble, éminent chirurgien, découvre sa femme mortellement blessée. Son assassin, un manchot, est encore sur place. Les deux hommes s'engagent dans une lutte acharnée mais le meurtrier parvient à prendre la fuite. Après une instruction expéditive, Kimble, que tout semble désigner comme étant l'assassin, est jugé et condamné à mort. Lors d'un transfert en fourgon, suite à une bagarre et un accident, il s'enfuit. Le marshall Samuel Gerard et son équipe le prennent en chasse et déploient d'importants moyens pour le retrouver. Kimble, lui, veut prouver son innoncence...
LE FUGITIF, Andrew Davis 1993, Harrison Ford, Tommy Lee Jones (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Le chirurgien David Kimble mène une vie paisible jusqu'au jour où il retrouve son épouse avec le crâne fracassé et est accusé du meurtre. Pour rétablir la vérité, il doit d'abord ...

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LE GARCON AU PYJAMA RAYE, Mark Herman 2008 (histoire shoah)(vo)@@@


Bruno a tout juste 9 ans lorsque son père, un officier nazi remarqué par le Führer, se voit confier le commandement du camp de concentration d'Auschwitz. Le petit garçon n'apprécie guère de devoir quitter la belle et grande maison de Berlin pour se retrouver dans une demeure isolée et triste. De sa chambre, il aperçoit des hommes, des femmes et des enfants tous vêtus de pyjamas rayés. Personne ne lui explique qui ils sont, mais l'innocence aidant, il va se lier d'amitié avec un enfant juif...
LE GARCON AU PYJAMA RAYE, Mark Herman 2008 (histoire shoah)(vo)@@@ (edit IPTC) (E)
Bruno a tout juste 9 ans lorsque son père, un officier nazi remarqué par le Führer, se voit confier le commandement du camp de concentration d'Auschwitz. Le petit garçon n'apprécie guère de devoir qui ...

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LE GOUT DE LA CERISE, Abbas Kiarostami 1997(fable philosophique)@@@


La banlieue industrielle de Téhéran, les collines désertiques des environs. Un homme en Range Rover demande successivement l'aide de plusieurs personnes pour mener à bien son projet de suicide.

TELERAMA
Magnifique fable philosophique, tout en retenues et sous-entendus. Il prend successivement comme passagers un jeune soldat puis un séminariste. Des hommes qui parlent dans une voiture qui roule. Une pensée qui chemine. Pas besoin d’être un habitué de Kiarostami pour goûter à la richesse de cette fable, Palme d’or au Festival de Cannes 1997 (ex æquo avec L’Anguille, de Shôhei Imamura). Face à l’embrigadement du soldat et au dogme du religieux, le héros cherche à exercer son libre arbitre. En l’occurrence : son droit à mourir. Rarement mise en scène aura été si évidente. Tout fait sens, ouvre le champ des interprétations. Et il suffit de quelques plans pour suggérer un magnifique regain d’espoir, rappeler la beauté du ciel, le chuchotement de la pluie, bref, vanter le « goût de la cerise » qui ramènera, peut-être, le héros vers la vie…
LE GOUT DE LA CERISE, Abbas Kiarostami 1997(fable philosophique)@@@ (edit IPTC) (E)
La banlieue industrielle de Téhéran, les collines désertiques des environs. Un homme en Range Rover demande successivement l'aide de plusieurs personnes pour mener à bien son projet de suicide.

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LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE, Yves Rober 1972, Pierre Richard, Jean Rochefort, Bernard Blier (comique)@@@


Il y a du grabuge dans les services secrets français. Le n°2 conspire contre le n°1 qui s'attend à recevoir des coups. Le grand chef décide alors de piéger son adjoint en inventant de toute pièce un super espion supposé venir faire le ménage dans la grande maison. Il décide de choisir un homme au hasard, parfaitement normal et de s'en servir comme appât. Il s'agit de François Perrin un violoniste excentrique qui débarque à Orly avec une chaussure jaune et l'autre noire.

TELERAMA
On ne se lasse pas de cette histoire de musicien lunaire traqué par des barbouzes minables.
Du rififi chez les taupes : Louis Toulouse, chef d’un service secret, lutte contre l’ambition dévorante de son adjoint, Bernard Milan. Pour se débarrasser de cet « Iznogoud », il le lance sur une fausse piste, aux trousses d’un quidam choisi au hasard. Les gaffes de l’homme-hameçon, un certain François Perrin, violoniste distrait, vont susciter moult quiproquos.

« Pourquoi, pourquoi il ne va pas chez le dentiste ? », « Il tire la chasse d’eau, mais pourquoi, pourquoi ? »… Truffé de micros, mitraillé par des paparazzis un peu spéciaux, même le quotidien le plus banal est louche. À partir de cette ingénieuse idée, Veber et Robert composent une comédie amusante, rejeton hybride des Barbouzes et du Distrait. Pierre Richard se glisse avec aisance dans son personnage lunaire favori, face à un Bernard Blier plus retors que jamais. Entre vaudeville malicieux et parodie d’espionnage, ce Grand Blond… n’a pas pris un cheveu blanc.
LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE, Yves Rober 1972, Pierre Richard, Jean Rochefort, Bernard Blier (comique)@@@ (edit IPTC) (E)
Il y a du grabuge dans les services secrets français. Le n°2 conspire contre le n°1 qui s'attend à recevoir des coups. Le grand chef décide alors de piéger son adjoint en inventant de toute pièce u ...

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LE HUITIEME JOUR Jacob Van Dormael 1996, Pascal Duquesne, Daniel Auteuil


Harry est cadre supérieur. Il vit à un rythme accéléré et néglige sa vie personnelle. Séparé de son épouse, il lui arrive même d'oublier d'aller chercher ses filles à la gare. Une nuit, sur la route, il écrase le chien de Georges, un jeune trisomique fugueur.

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Quand Harry rencontre Georges le fou, sa vie de cadre stressé en est changée. Un film sincère... jusqu'à manquer de pudeur
LE HUITIEME JOUR Jacob Van Dormael 1996, Pascal Duquesne, Daniel Auteuil (middle)@@@ (edit IPTC) (E)
Harry est cadre supérieur. Il vit à un rythme accéléré et néglige sa vie personnelle. Séparé de son épouse, il lui arrive même d'oublier d'aller chercher ses filles &agrav ...

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LE JARDIN DES FINZI CONTINI, Vottorio de Sica 1970, Dominique Sanda, Helmut Berger (histoire guerre)@@


Italie, 1938. Ayant entrepris depuis peu de se convertir à l'antisémitisme, le régime fasciste multiplie les mesures vexatoires contre les Juifs italiens, mais la famille Finzi-Contini, pilier de l'aristocratie de Ferrare depuis des générations, ne croit pas à l'imminence de la menace. Les deux enfants adultes, Micól et Alberto, aiment bien donner des parties et jouer au tennis dans l'immense parc qui entoure le palazzo familial.

TELERAMA
Italie, 1938. Film obsédant de Vittorio De Sica, dont la mise en scène suggère la progression de l’antisémitisme et la corrosion du fascisme.
Dans la fin de carrière décevante de Vittorio De Sica, “Le Jardin des Finzi-Contini” est obsédant pour ses qualités esthétiques.
Le jardin des Finzi-Contini est ouvert : c’est l’occasion pour quelques jeunes gens de Ferrare d’entrer dans cette somptueuse propriété et d’y retrouver, sur le court de tennis, la belle Micòl. Mais, en 1938, dans l’Italie fasciste, les juifs sont exclus des écoles, des entreprises et… des clubs de tennis.

Ce film unique est dédié à l’évocation minutieuse et poignante d’une chose invisible : le sentiment de la fin. Dans le jardin de la propriété où Micòl et Giorgio retrouvent leur enfance, De Sica filme des arbres majestueux qui ont plus de cinq cents ans, et de frêles silhouettes. Il est dans la fragilité du présent, comme à la surface d’une réalité qu’il effleure pour dire tout ce qu’elle a d’éphémère. Ce style très particulier est d’une beauté sublime mais il faut accepter le fatalisme de ce film où tout est déjà joué. À la victoire impitoyable des exterminateurs, rien ne s’oppose ici. La mort hante le splendide jardin. Tout en choisissant un registre éminemment intime, De Sica donne toute sa résonance à l’Histoire en marche. L’atmosphère d’époque qu’il reconstitue fait ressentir la raréfaction de l’air pour les juifs, les décors deviennent souricière, le piège n’a plus qu’à se refermer. Ce film dont chaque plan dit la douceur de vivre qui s’en va, et qui déploie une délicatesse aérienne pour raconter une tragédie, finit par être d’une puissance émotionnelle rare.
LE JARDIN DES FINZI CONTINI, Vottorio de Sica 1970, Dominique Sanda, Helmut Berger (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Italie, 1938. Ayant entrepris depuis peu de se convertir à l'antisémitisme, le régime fasciste multiplie les mesures vexatoires contre les Juifs italiens, mais la famille Finzi-Contini, pilier de l'aristocratie de Ferra ...

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LE JOUR LE PLUS LONG, Darryl Zanuck 1962, John Wayne, Henri Fonda, Robert Mitchum (histoire guerre)@@@


En 1944, les Alliés se préparent pour la grande offensive qu'ils ont prévue en Normandie et qui devrait définitivement débarrasser l'Europe du fléau nazi. Chaque état-major est en effervescence. Le général Eisenhower hésite quant à la date fixée, le 6 juin, en raison du mauvais temps. L'atterrissage des troupes aéroportées et le débarquement sur cinq plages en mer du Nord s'annoncent difficiles.

TELERAMA
En 1962 Le Jour le plus long marqua autant les esprits que le Soldat Ryan, de Steven Spielberg, sorti trente-six ans plus tard. Le projet, lancé par Darryl F. Zanuck, était faramineux : la production la plus chère, cinquante-sept stars internationales, six réalisateurs, Romain Gary au scénario, Maurice Jarre et Paul Anka à la musique, Bourvil et Mitchum au générique. Le succès fut phénoménal.
Le débarquement (tourné en Corse !) et l’assaut de Sainte-Mère-Église, avec le parachutiste accroché au clocher, sont restés ancrés dans nos mémoires. Mais, en revoyant le film, on se laisse aussi prendre par le réalisme des scènes de caserne, par les moments intimistes (même si la partie française est la moins convaincante) et par le suspense de la tactique militaire. Aujourd’hui, Le Jour le plus long, avec ses nombreuses intrigues parallèles, serait décliné en série télé sur plusieurs saisons…
LE JOUR LE PLUS LONG, Darryl Zanuck 1962, John Wayne, Henri Fonda, Robert Mitchum (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
En 1944, les Alliés se préparent pour la grande offensive qu'ils ont prévue en Normandie et qui devrait définitivement débarrasser l'Europe du fléau nazi. Chaque état-major est en effervescen ...

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LLE MAJORDOME Lee Daniels 2013, Forest Whitaker Oprah Winfrey (middle)@@@


Dans les années 1920, le jeune Cecil Gaines vit avec ses parents afro-américains dans une plantation de l'État de Géorgie. Un jour de récolte, il assiste au viol de sa mère par le fils de la propriétaire. Son père, qui proteste, est tué par ce dernier. Annabeth Westfall, la propriétaire, prend alors Cecil sous son aile, lui apprend à lire et à être un bon domestique.
LE MAJORDOME Lee Daniels 2013, Forest Whitaker Oprah Winfrey (middle)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans les années 1920, le jeune Cecil Gaines vit avec ses parents afro-américains dans une plantation de l'État de Géorgie. Un jour de récolte, il assiste au viol de sa mère par le fils de la propri& ...

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LE NOUVEAU STAGIAIRE, Nancy Meyers, Robert De Niro, Anne Hathaway


Ben Whittaker, un veuf de 70 ans s'aperçoit que la retraite ne correspond pas vraiment à l'idée qu'il s'en faisait. Dès que l'occasion se présente de reprendre du service, il accepte un poste de stagiaire sur un site Internet de mode, créé et dirigé par Jules Ostin.
LE NOUVEAU STAGIAIRE, Nancy Meyers, Robert De Niro, Anne Hathaway(sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Ben Whittaker, un veuf de 70 ans s'aperçoit que la retraite ne correspond pas vraiment à l'idée qu'il s'en faisait. Dès que l'occasion se présente de reprendre du service, il accepte un poste de stagiaire ...

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LE PETIT MONDE DE DON CAMILLO, Julien Duvivier 1952, Fernandel, Gino Servi (comique)@@@


À Brescello, petite ville italienne du territoire de la Bassa padana, dans la plaine du Pô, la rivalité est permanente entre Peppone, le maire communiste qui vient de triompher aux élections, et don Camillo, le curé de choc qui parle quotidiennement au Christ du maître-autel de son église. Dirigeant deux clans de choc, les deux hommes, bien que rivaux, restent malgré tout amis depuis la guerre. C'est d'ailleurs souvent qu'ils unissent leurs efforts pour le bien de la commune, ne serait-ce que pour fiancer les Roméo et Juliette locaux, dont les deux familles, l'une de pauvres paysans communistes et l'autre de riches propriétaires cléricaux, se détestent. Lorsque le départ du turbulent curé est annoncé, envoyé dans une cure de montagne en punition de sa violence, les « rouges » viennent le saluer et Peppone ne lui cache pas qu'ils espèrent son prochain retour.
LE PETIT MONDE DE DON CAMILLO, Julien Duvivier 1952, Fernandel, Gino Servi (comique)@@@ (edit IPTC) (E)
À Brescello, petite ville italienne du territoire de la Bassa padana, dans la plaine du Pô, la rivalité est permanente entre Peppone, le maire communiste qui vient de triompher aux élections, et don Camillo, le cu ...

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LE PIGEON, Mario Monicelli 1958, Vittorio Gassman, Marcello Mastroiani, Renato Salvatori, Claudia Cardinale (societe)@@@


A cause d'un vol de voiture minable, Cosimo doit à nouveau passer par la case prison. Histoire de se tirer de ce mauvais pas, le truand est prêt à payer un pigeon, qui s'accusera à sa place. Les copains de Cosimo cherchent et trouvent Peppe. Blanchi par la police qui ne croit pas à sa culpabilité, Peppe va reprendre à son compte un gros coup que préparait Cosimo : cambrioler le Mont-de-Piété.

TELERAMA
Peppe, ancien boxeur, organise le casse d’un mont-de-piété avec Tiberio, photographe au chômage, Mario, petit receleur, Michele le Sicilien et Capannelle, ancien jockey. Dante, cambrioleur à la retraite, leur sert de conseiller technique…

Clowns magnifiques et piteux, ces personnages se débattent frénétiquement dans la misère d’une Italie en ruine. Ils organisent un échec flamboyant, comme on se crée des lettres de noblesse. Leur maladresse touche au grandiose. Le réalisateur évoque tout un petit peuple démuni et bourdonnant. Moins cruelle qu’Il bidone ou I vitelloni, satires réalisées par Federico Fellini quelques années auparavant, la farce dénonce avec un humour tendre et corrosif la marginalité qu’entraîne le chômage. Lorsque Peppe tente de se faire embaucher sur un chantier, un de ses compères le menace : « Ils te feront travailler, tu sais… » Génie de la dérision, Mario Monicelli revisite les grands thèmes néoréalistes sur le ton d’une extraordinaire comédie, servie par des comédiens exceptionnels.

Cosimo, un petit caïd de banlieue, est en prison pour un minable vol de voiture. Il obtient de Peppe, un boxeur raté, qu'il s'accuse à sa place, moyennant une juste rétribution. La police ne croit pas à la culpabilité de Peppe et le relâche bientôt. Cosimo, toutefois, a le temps de lui confier son projet : rien moins que le cambriolage d'un mont-de-piété. Peppe décide de reprendre l'opération à son compte et s'entoure d'une bande d'épaves désenchantées, dont Mario, un petit receleur, Tiberio, un photographe au chômage, et Michel, un ombrageux Sicilien...
LE PIGEON, Mario Monicelli 1958, Vittorio Gassman, Marcello Mastroiani, Renato Salvatori, Claudia Cardinale (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
A cause d'un vol de voiture minable, Cosimo doit à nouveau passer par la case prison. Histoire de se tirer de ce mauvais pas, le truand est prêt à payer un pigeon, qui s'accusera à sa place. Les copains de Cosimo ...

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LE PRISONNIER D ALCATRAZ; John Frankenheime 1962, Burt Lancaster (prison)@@@


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Un rustre condamné à perpète qui apprend la douceur en devenant ornithologue. Ne fuyez pas, c’est passionnant ! John Frankenheimer filmait une histoire vraie, intense et humaniste.


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Publié le 26 septembre 2026 à 06h30
Mis à jour le 28 septembre 2026 à 12h35
Malgré le film plaidoyer qui fut tiré de sa vie romanesque, Robert Stroud est mort à l’infirmerie pénitentiaire de Springfield (Missouri) le 21 novembre 1963, après cinquante-quatre ans passés derrière les barreaux. Ironie du sort : le lendemain, Lee Harvey Oswald abat le président John F. Kennedy à Dallas, l’homme qui avait toujours refusé, sur les conseils de son frère Robert Kennedy, alors attorney general (notre ministre de la Justice), de lui accorder la grâce. L’histoire extraordinaire de « l’ornithologue d’Alcatraz » commence dans un bar d’Alaska en 1909, où il commet un meurtre (un homme qui avait battu sa maîtresse). Condamné à douze ans de prison, Robert Stroud, 19 ans à l’époque, est persécuté par un gardien. Il le surine. Condamné cette fois à la perpétuité, il va passer quarante-trois ans en isolement et étudier l’ornithologie en soignant les moineaux qu’il ramasse dans la cour où il fait sa promenade quotidienne, au point de devenir un scientifique respecté.

Injustement jugé conventionnel et sirupeux à sa sortie, sur des critères anti-hollywoodiens qui n’ont plus cours, le film de Frankenheimer se découvre et se revoit avec plaisir. Au-delà de la performance de Burt Lancaster, ce qui continue de passionner, c’est la puissance du récit. Enfermé pendant deux heures et demie avec un rustre qui apprend la douceur au contact des canaris, on médite sur la vie carcérale sans jamais s’ennuyer. À noter que, contrairement à ce que suggère le titre, le film ne se déroule pas sur le maudit rocher de la baie de San Francisco.

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BANDE-ANNONCE


PLUS D'INFOS

Titre
Le prisonnier d'Alcatraz
Genre
Réalisateur
John Frankenheimer
Sortie
1962
Durée
2h27
Musique
Elmer Bernstein
Scénariste
Guy Trosper
Pays
Etats-Unis
SYNOPSIS

Accusé de deux meurtres, Robert Stroud, un être fruste, a été condamné à la prison à perpétuité. C'est dans sa cellule qu'il recueille un jour un oiseau blessé et le soigne. Une passion pour l'ornithologie l'anime désormais, et ses études et travaux le rendent célèbre. Mais il est transféré à la prison d'Alcatraz, où les conditions de détention plus sévères l'empêchent de s'adonner à sa passion. Une mutinerie éclate dans la prison et Stroud est amené à négocier au nom des prisonniers. Cette prise de responsabilité et sa bonne conduite lui valent un adoucissement de sa peine
LE PRISONNIER D ALCATRAZ; John Frankenheime 1962, Burt Lancaster (prison)@@@ (edit IPTC) (E)
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LE PROCES, Orson Welles 1962, Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider (histoire)@@@


Joseph K. est un petit fonctionnaire anodin. Vaniteux et sûr de son bon droit, il poursuit une existence toute tracée dans un service où il a de bons espoirs de promotion. Un matin, cette tranquillité vire au cauchemar : des individus pénètrent dans sa chambre, lui posent des questions, le harcèlent.

TELERAMA
Pas sûr que Kafka aurait aimé. Orson Welles devait le savoir et s’en fichait, malgré sa sincère admiration pour l’auteur tchèque. Mis à part le début, assez conforme à l’absurde kafkaïen angoissant, où Joseph K. est tiré de son lit par deux individus sardoniques qui l’interrogent, le film s’éloigne du livre par sa démesure baroque. Welles en fait surtout une fantasmagorie où il peut déployer son catalogue de morceaux de bravoure. Grâce à un producteur français qui l’a extirpé de son pétrin (départ forcé de Hollywood, films amputés…) et au décor de la gare d’Orsay (alors désaffectée, avant qu’elle ne devienne musée), l’ogre maudit exploite à merveille poutrelles, escaliers, halls, verrière, pour en faire le théâtre labyrinthique, mental et physique, d’une persécution hétérogène. Où Joseph K. n’est pas l’unique victime du pouvoir tentaculaire — il croise une foule hagarde de déportés et d’autres accusés qui rappellent les bêtes noires du maccarthysme. Mais il semble le seul qui essaie de comprendre, en étant lui-même poursuivi par un sentiment de culpabilité.

Parmi les séquences marquantes : les montagnes de dossiers et de paperasse qui envahissent les galeries, l’armée de sténodactylos tapant sur leurs claviers dans un espace digne d’une cathédrale, la horde de gamins en furie qui talonnent Joseph K. On est à la limite d’un certain pompiérisme, parfois. Difficile néanmoins de ne pas être ébloui par les effets visuels, les jeux d’ombre et de lumière, l’orchestration démente des déplacements. À noter, la présence frénétique de Romy Schneider, formidable en jeune femme tentatrice. Quant à Anthony Perkins, à peine sorti de Psychose, il donne à l’affolement de multiples facettes.
LE PROCES, Orson Welles 1962, Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider (histoire)@@@ (edit IPTC) (E)
Joseph K. est un petit fonctionnaire anodin. Vaniteux et sûr de son bon droit, il poursuit une existence toute tracée dans un service où il a de bons espoirs de promotion. Un matin, cette tranquillité vire au cauc ...

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LE RUBAN BLANC, Michael Haneke 2009, Christian Friedel, Ernst Jacobi(palme d or)@@@


Un village de l'Allemagne du Nord protestante, à la veille de la première guerre mondiale. D'étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d'un rituel punitif.

TELERAMA
Haneke étudie, encore, le mal à l’œuvre. Et le rigorisme moral qui mène au terrorisme… Brillant. Palme d’or 2009.
La voix qui nous raconte cette histoire est rauque. Comme éraillée par le temps. Mais, en cette année 1913 où le ramènent ses souvenirs, l’instituteur était un tout jeune homme. Un bon garçon joufflu à la Peter Ustinov, qui, dans le village où il enseignait, venait de rencontrer une pure, timide et radieuse jeune fille. Il faisait sa cour. Il se préparait à être heureux. Et puis il y avait eu ce câble. Solide et invisible, tendu entre deux arbres, il avait fait chuter le docteur qui rentrait tranquillement chez lui à cheval. Quelle farce stupide, avait-on pensé… Seulement, quelques semaines après, il y avait eu le fils du riche propriétaire, roué de coups. Puis un bébé laissé devant une fenêtre ouverte, en plein hiver. Plus grave encore : le gamin attardé de la sage-femme à qui on avait brûlé les yeux. L’horreur doucereuse…

Lent et somptueux, ce film étrange se déroule dans la pureté éclatante de paysages qui semblent inaccessibles à la noirceur. Sorte de suspense permanent, où rien, à la fin, ne serait révélé vraiment. Réflexion terrifiée sur des êtres frustrés, inexorablement poussés à la haine de l’autre… Michael Haneke est un rigoriste. Un exigeant. Un moraliste sombre. Dans ses films les plus réussis (Benny’s Video, Caché) ou franchement discutables (Funny Games), il n’a fait que filmer la violence à l’œuvre. Chez lui, le mal court, toujours. Il se répand comme un gaz invisible. Il s’attrape comme un virus mortel. Cette fois, il en traque l’origine. Il en dévoile les racines. Il en mesure les conséquences. Ce village allemand à la veille de la grande catastrophe, qu’il a imaginé de A à Z, lui sert de laboratoire pour dénoncer tous les terrorismes passés, présents et futurs.

Aux racines du mal
Dans ce chaudron s’agitent oppresseurs et opprimés : propriétaire terrien indifférent face à des paysans qui semblent nés pour accepter les coups du sort ; parents inconscients élevant dans la terreur leurs enfants qui, eux, paraissent accepter tous les coups, au propre comme au figuré. Un même désir de révolte couve, pourtant, chez les « victimes ». Alors que chez les « bourreaux » domine la certitude d’agir pour le bien de ceux qu’ils oppriment. Mais le réalisateur montre constamment à quel point l’autorité dont ils usent et abusent cache mal le vide qui les submerge. Ces puissants sont tous des fantômes d’êtres à la carapace desséchée. Il y a une scène bouleversante où le pasteur – celui qui fait porter un ruban blanc à ses enfants pour leur rappeler le sens de la pureté – est ému, soudain, par son fils cadet, venu timidement dans son bureau lui offrir ce qu’il a de plus cher au monde. Les larmes montent brusquement aux yeux du pasteur, on le sent un instant, rien qu’un instant, au seuil de l’humain. Mais non, il résiste à la grâce et le voilà bien vite rendu à lui-même. Humain, pour quoi faire ? Après tout, c’est à Dieu de l’être, pas forcément à Ses créatures…

La noirceur s’infiltre jusque dans les cœurs
Ce que filme Michael Haneke, ce sont des êtres en enfer qui, pour s’y sentir moins seuls, tentent d’y entraîner les autres. « Tu dois atrocement souffrir pour être si odieux », dit la sage-femme à son amant, le docteur, qui vient de la briser, de la réduire à néant, lors d’une scène de rupture dont l’atrocité rendrait presque affables les affrontements conjugaux de Bergman dans Scènes de la vie conjugale… Les enfants, eux, résistent tant bien que mal : les yeux du petit Rudi s’agrandissent d’étonnement lorsqu’il apprend de sa sœur ce qu’est la mort (inoubliable séquence qui laisse pantois). Malgré lui, Martin pleure devant ce père justicier qui l’humilie pour avoir cédé « à l’appel de sa jeune chair »…

Que deviendront-ils, vingt ans, trente ans plus tard, ces enfants brisés au nom du bien ? Quand on les quitte, omniprésents et silencieux, ils ressemblent à un inquiétant chœur antique – comme les gamins blonds aux yeux vides d’un vieux film de SF en noir et blanc, Le Village des damnés. Le Ruban blanc (Palme d’or en 2009) est lui aussi tourné en noir et blanc (superbe, signé Christian Berger). Une angoisse sourde naît de ces plans-séquences où tout semble constamment caché – derrière des portes closes et des esprits verrouillés. Mais sous son apparente austérité, la fureur y brûle. Haneke filme magistralement la noirceur qui s’infiltre dans les cœurs. D’où elle ne s’évadera plus.
LE RUBAN BLANC, Michael Haneke 2009, Christian Friedel, Ernst Jacobi(palme d or)@@@ (edit IPTC) (E)
Un village de l'Allemagne du Nord protestante, à la veille de la première guerre mondiale. D'étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d'un rituel punitif.

TELERAMA
Han ...

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LE SECRET DE LA PYRAMIDE, Barry Levinson 1986 (science fiction jeunesse)@@


Londres, en 1870. John Watson, fils d'un médecin de campagne fraîchement débarqué de ses solitudes provinciales, découvre les couloirs et les brumes de son nouveau collège. Il se retrouve nez à nez avec un curieux hurluberlu, son nouveau condisciple, qui semble tout savoir de lui sans l'avoir pourtant jamais rencontré. Ainsi naît une amitié.

TELERAMA
La jeunesse de Sherlock Holmes en 1870… Sympathique divertissement quelque peu oublié des années 1980, produit par Steven Spielberg et réalisé par Barry Levinson.

Produit par Steven Spielberg et réalisé par l'honnête faiseur Barry Levinson (Good Morning, Vietnam ou Rain Man), capable, aussi, de belles chroniques comme Li­berty Heights, voilà un sympathique divertissement quelque peu oublié des années 1980. On y découvre la jeunesse de Sherlock Holmes, sa rencontre avec Watson au collège en 1870 et leur première enquête : des meurtres en série à Londres. Une ville de tous les possibles, où rêve et réalité se confondent (voir l'excellente scène du cimetière).

Non content d'anticiper l'univers de Harry Potter — que Chris Columbus, ici scénariste, adaptera quinze ans plus tard —, Le Secret de la pyramide agrège avec une certaine habileté les références : un socle Sherlock Holmes, une ou deux colonnes d'Indiana Jones et le Temple maudit, quelques volutes des Cigares du pharaon.

À l'instar du jeune détective, qui utilise autant la vieille logique que les nouvelles techniques de police scientifique, le film constitue un tournant en matière d'effets spéciaux. Les (superbes) hallucinations des personnages sont, pour la plupart, bricolées à l'ancienne, avec des marionnettes animées image par image. Sauf ce chevalier sorti d'un vitrail, l'un des premiers protagonistes de l'histoire du cinéma entièrement en images de synthèse, élaboré par un certain John Lasseter, future figure de Pixar.

LE SECRET DE LA PYRAMIDE, Barry Levinson 1986 (science fiction jeunesse)@@ (edit IPTC) (E)
Londres, en 1870. John Watson, fils d'un médecin de campagne fraîchement débarqué de ses solitudes provinciales, découvre les couloirs et les brumes de son nouveau collège. Il se retrouve nez à ...

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LE SOMMET DES DIEUX, Patrick Imbert 2021


À Katmandou, le reporter japonais Fukamachi croit reconnaître Habu Jôji, cet alpiniste que l'on pensait disparu depuis des années. Il semble tenir entre ses mains un appareil photo qui pourrait changer l'histoire de l'alpinisme. Pour tenter de résoudre ce mystère, Fukamachi se lance sur les traces de Habu. Il découvre un monde de passionnés assoiffés de conquêtes impossibles et décide de l'accompagner jusqu'au voyage ultime vers le sommet des dieux.

TELERAMA
La passion dévorante d’un homme pour la montagne. Ce film d’animation adapté avec brio d’un manga célèbre atteint des sommets de grâce. Adapté d’un manga à succès, ce film d’animation français a su résoudre la quadrature du cercle. Ou comment réduire une saga de plus de mille six cents pages riche en intrigues et en personnages secondaires pour en tirer un film d’animation d’une heure et demie, sans la trahir. Les scénaristes français ont hardiment taillé dans la masse pour n’en garder que la substantifique moelle : la passion dévorante, obsessionnelle, quasi mystique de Habu pour les cimes. Un « haut mal » qui l’habite, le consume et dont il ne veut surtout pas guérir.

Photoréaliste quand il s’agit des décors, l’animation laisse heureusement aux personnages leur part d’imaginaire, ce côté BD qui permet au spectateur de se les approprier, de se sentir proche d’eux. Recherchée, travaillée à petites touches, cette intimité prend tout son sens lors des scènes d’action souvent à couper le souffle. Hymne à l’inhumaine beauté des montagnes, la dernière partie du film est remarquable et nous transporte littéralement sur le toit du monde. Une impression pleine, entière, rarement éprouvée devant un écran.
LE SOMMET DES DIEUX, Patrick Imbert 2021 (animation)@@@ (edit IPTC) (E)
À Katmandou, le reporter japonais Fukamachi croit reconnaître Habu Jôji, cet alpiniste que l'on pensait disparu depuis des années. Il semble tenir entre ses mains un appareil photo qui pourrait changer l'histoire d ...

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LE TERMINAL, Steven Spielberg 2004, Tom Hanks, Catherine Zeta-Jones (comique)@@@


Un immigrant fuyant la guerre qui ravage sa patrie minuscule d'Europe de l'Est se retrouve dans le terminal d'un aéroport de New York. Quand la guerre détruit totalement sa nation d'origine, l'homme comprend que son passeport et tous ses papiers d'identité ne sont plus valides. Tel un sans-abri, il s'installe dans le terminal, se lie d'amitié avec le personnel de l'aéroport et va jusqu'à tomber amoureux d'une hôtesse de l'air...

TELERAMA
Le cinéma de divertissement est devenu pour Spielberg un exercice d’élégance qui permet d’évoquer les choses importantes sans s’appesantir. Cette légèreté-là brille dans Le Terminal, comédie à l’ancienne, ­apparemment. Son héros, Viktor Navorski, vient d’un pays imaginaire d’Europe centrale où la guerre vient d’éclater et où les frontières sont fermées. Viktor, qui parle avec un accent slave made in Hollywood, se retrouve coincé à New York dans l’aéroport JFK, magnifique décor de studio. Des tracasseries avec la police l’attendent, mais il a un passeport pour l’amour avec une hôtesse de l’air.

Travailler de ses mains pour gagner sa vie, économiser à la sueur de son front pour courtiser et séduire une femme : Viktor incarne des valeurs qui appartiennent au passé, mais qui, pour Spielberg, ne sont pas dépassées. Il s’agit pour le cinéaste de ­revendiquer l’héritage des pères, ceux qui nous ont appris à vivre, à survivre parfois. Car Spielberg raconte aussi comment naître en Krakosie ou ailleurs vous donne une identité qui peut, un jour, vous valoir d’être enfermé, prisonnier d’autres hommes, nés sous d’autres cieux. Le Terminal devient un microcosme où les mots de fraternité, de liberté et de mémoire résonnent fort.
LE TERMINAL, Steven Spielberg 2004, Tom Hanks, Catherine Zeta-Jones (comique)@@@ (edit IPTC) (E)
Un immigrant fuyant la guerre qui ravage sa patrie minuscule d'Europe de l'Est se retrouve dans le terminal d'un aéroport de New York. Quand la guerre détruit totalement sa nation d'origine, l'homme comprend que son passeport ...

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LE TOURBILLON DE LA VIE, Olivier Treiner 2022, Lou de Laage, Raphael Personnaz, Aliocha Schneider, Esther Garrel (societe)@@


À la fin de sa vie, Julia s'interroge sur le rôle que le hasard a joué durant son existence. À plusieurs reprises, il a fait basculer son destin. Elle se demande alors si les autres versions d'elle-même qui n'ont jamais existé seraient fières de ce qu'elle est devenue.
Lorsque, ado, Julia décide d’aller célébrer la chute du Mur, à Berlin, sa « ligne de vie » se divise une première fois. Julia n⁰ 1 oublie son passeport dans sa chambre et, au moment d’aller le chercher, se fait coincer par une prof : ses amis partent sans elle. Julia n⁰ 2, elle, sera du voyage : sa meilleure amie (Esther Garrel) lui a rappelé de prendre ses papiers. En toute logique, Julia n⁰ 2 adulte finit par revenir s’installer à Berlin tandis que Julia n⁰ 1, plus sage, reste à Paris. L’occasion de présenter une Julia 1a, 1b et même 1b’ en fonction de ses rencontres. Pas d’inquiétude (ni d’algèbre, en définitive), l’ensemble reste lisible… et chaque Julia arbore sa propre coupe de cheveux.

TELERAMA
Si Julia, ado, n’était pas allée à Berlin, se serait-elle installée en Allemagne ? Le cinéaste Olivier Treiner imagine les milles et une vies qu’aurait pu mener une jeune femme. Un film plein d’énergie auquel on pardonnera quelques énormités “lelouchiennes”.
Dans ce Tourbillon de la vie, point de Jeanne Moreau : l’héroïne blonde est incarnée par Lou de Laâge. Plutôt trois (ou même quatre) fois qu’une car plusieurs versions de Julia, son personnage, cohabitent dans le film en fonction des petits hasards qui façonnent une vie.

Le Tourbillon de la vie consacre beaucoup de temps aux relations amoureuses de son héroïne, au point que le dispositif rappelle parfois celui d’Il était temps, de Richard Curtis (2013). À ceci près que Julia n’a pas la chance de pouvoir naviguer entre ses vies – le spectateur, si. Le film s’emploie à montrer que ce qui peut sembler être la vie idéale à un moment vient avec son lot de catastrophes. Olivier Treiner passe pour un Richard Curtis qui aurait revu tous les Lelouch après avoir lu Kundera. Avec la gourmandise du premier film, le réalisateur met en scène une sorte de ballet entre les différentes versions des personnages qui, dans certaines réalités, ne s’adressent pas la parole.

C’est du cinéma de papa grande époque, on est un peu, voire beaucoup, tenus par les sentiments (et les violons d’une bande originale kitschissime – quand ce n’est pas carrément le Va pensiero de Verdi pour mettre tout le monde d’accord, dans la scène finale). Plus simple, le film aurait pu être sincèrement bouleversant. Reste, séquence par séquence, une émotion certaine et des personnages qui se révèlent. Grégory Gadebois, par exemple, est immense dans toutes les versions du père renfrogné qu’il compose. Mais le spectateur ne le voit pas tout de suite, un peu comme Julia qui ne découvre son père que sur le tard.
LE TOURBILLON DE LA VIE, Olivier Treiner 2022, Lou de Laage, Raphael Personnaz, Aliocha Schneider, Esther Garrel (societe)(vnl)@@@ (edit IPTC) (E)
À la fin de sa vie, Julia s'interroge sur le rôle que le hasard a joué durant son existence. À plusieurs reprises, il a fait basculer son destin. Elle se demande alors si les autres versions d'elle-même qui ...

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LE VENT DE LA PLAINE, John Huston 1960, Burt Lancaster, Audrey Hepburn (western)@@@


Au cours d'un raid de représailles contre une tribu, un fermier sauve un bébé indien du massacre. Il le confie à sa femme, qui l'élève comme s'il était le sien en cachant le secret de ses origines à tous, y compris à ses trois frères. Des années plus tard, la vérité la concernant se répand comme une trainée de poudre. Pour les Blancs, il n'est pas question qu'une Indienne vive parmi eux. Pour les Indiens, elle doit retrouver les siens, de gré ou de force.

TELERAMA
Western superbe à la distribution exceptionnelle et méditation sur la violence.
La famille Zachary reçoit la visite d’un chef indien réclamant Rachel, qu’il dit être sa soeur... On se souvenait de Lillian Gish jouant du Mozart sur un piano, en plein air. De chevaux. D’Indiens méchants, massacrés par des cow-boys virils. On se souvenait d’un western, en somme, qui avait pu faire hurler au racisme. Lillian Gish est bien là, son piano aussi, ainsi que les chevaux et les Indiens, mais de racisme, point, et de manichéisme, pas davantage. Au contraire, film ambigu que Le Vent de la plaine, western, si l’on veut ; mais surtout réflexion désabusée de Huston sur le mensonge et la lâcheté.

Rachel Zachary, recueillie par une famille de pionniers et réclamée par une tribu de Kiowas, est-elle ou non une Indienne ? A partir de là, plus rien n’est tout à fait blanc, ni tout à fait rouge. Et si l’amour finit par vaincre l’intolérance, c’est au prix d’un meurtre. Plus de cinquante ans après sa sortie, cette oeuvre drue et dense n’a pas pris une ride. Audrey Hepburn est sublime.

Peu après la guerre de Sécession. Mathilda Zachary vit dans un ranch au Texas avec ses quatre enfants : Ben, Cash, Andy et Rachel, qui a été adoptée en bas âge. Depuis la mort du père, tué par les Kiowas, le mauvais sort semble s'acharner sur la famille Zachary. En effet, un certain Abe Kelsey, un vieux borgne à l'allure inquiétante, s'amuse à effrayer Rachel et affirme que celle-ci n'est pas blanche, mais indienne. Peu après, un chef Kiowa, accompagné de deux de ses guerriers, arrive au ranch pour réclamer la jeune fille. Ben, qui aime profondément Rachel, refuse de la laisser partir. Cependant, il est intrigué par cette mystérieuse histoire...LERAMA
LE VENT DE LA PLAINE, John Huston 1960, Burt Lancaster, Audrey Hepburn (western)@@@ (edit IPTC) (E)
Au cours d'un raid de représailles contre une tribu, un fermier sauve un bébé indien du massacre. Il le confie à sa femme, qui l'élève comme s'il était le sien en cachant le secret de ses ori ...

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LE VENT SE LEVE, Hayao Miyazaki 2013 (animation)@@@


Au Japon, dans les années 1910, le jeune Jiro Horikoshi est fasciné par les réalisations du concepteur d'avions Giovanni Caproni. Dans ses rêves, il s'envole dans l'azur et le rencontre. Il voudrait devenir pilote, mais il sait que sa vue déficiente ne le lui permettra jamais. Le temps venu, il décide d'entreprendre des études en génie aéronautique et les réussit brillamment. En 1927, il est engagé dans une prestigieuse entreprise d'ingénierie.

TELERAMA
Ce qui devait être l’ultime dessin animé de Miyazaki (il a changé d’avis) est une passionnante fresque sur son pays, des années 1920 à la Seconde Guerre mondiale.

Des années 1920 à la Seconde Guerre mondiale, Jiro, le jeune héros de ce grand tableau peint à la main, ne pense qu’à voler. Comme il a la vue basse, le métier de pilote lui est interdit. Il sera ingénieur aéronautique, inventeur des redoutables avions Zéro, le chasseur-bombardier des kamikazes et de Pearl Harbor… Hayao Miyazaki s’aventurait ici hors du conte, son territoire de prédilection, et livre un récit très adulte, réflexion sur le passé de son pays, les épreuves, les souffrances et les compromissions de tout un peuple. Mais cette fresque historique ne serait pas si belle sans sa dimension intime. Miyazaki dessine le quotidien avec la délicatesse d’un miniaturiste. Et tandis que tout le monde (les hommes, en tout cas) fume cigarette sur cigarette — cette audace tabagique inédite a fait scandale aux États-Unis —, notre héros tombe amoureux. La romance, lumineuse et tendre, joyeuse et tragique, donne au film sa respiration. Un souffle frais, qui fait voler les chapeaux, les cœurs et les avions en papier. Le vent se lève…
LE VENT SE LEVE, Hayao Miyazaki 2013 (animation)@@@ (edit IPTC) (E)
Au Japon, dans les années 1910, le jeune Jiro Horikoshi est fasciné par les réalisations du concepteur d'avions Giovanni Caproni. Dans ses rêves, il s'envole dans l'azur et le rencontre. Il voudrait devenir pilote ...

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LE VENT SE LEVE, Ken Loach 2006, Cillian Murphy, Padraic Delaney, Liam Cunningham (histoire guerre)@@@


Irlande, 1920. Des paysans s'unissent pour former une armée de volontaires contre les redoutables Black and Tans, troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d'indépendance du peuple irlandais. Par sens du devoir et amour de son pays, Damien abandonne sa jeune carrière de médecin et rejoint son frère Teddy dans le dangereux combat pour la liberté.

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On réduit trop souvent l’œuvre de Ken Loach à la défense des opprimés. En omettant de dire que le combat à mener est toujours compliqué, violent — il oblige à des sacrifices. C’est le sujet même de cette fresque (Palme d’or). Dans la lande irlandaise, en 1920. Teddy et Damien, deux frères très proches, sont engagés dans la lutte pour l’indépendance de leur pays. Lorsque les Britanniques torturent le premier, le second le soigne puis le remplace dans ses responsabilités, quitte à effectuer le sale boulot. Puis survient le moment où la guerre d’indépendance vire à la guerre fratricide, au double sens du mot. Des divisions surgissent. Les partisans du traité de paix avec les Britanniques jurent que c’est un premier pas, les autres que c’est un recul. Pour Loach, marxiste devant l’éternel, ce débat occulte surtout une chance historique : la possibilité de la révolution socialiste. L’échec est ici d’autant plus poignant que les deux frères sont traités avec la même compassion. C’est toute la force du film, qui tend vers une forme de tragédie shakespearienne.
Loach combine le général (l’histoire politique et militaire) et le particulier. Il reste toujours concret, direct et sec, d’un classicisme digne des grands, comme Ford. Il y a bien quelques phases d’exaltation. Mais l’amertume domine le tableau, intense avec ses couleurs de tweed, ses intérieurs de ferme plongés dans la pénombre, ses ciels bas et lourds. « Nous sommes des étranges créatures pour nous-mêmes », dit Damien. Le vent orageux qui se lève ici est chargé de cendres.
LE VENT SE LEVE, Ken Loach 2006, Cillian Murphy, Padraic Delaney, Liam Cunningham (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Irlande, 1920. Des paysans s'unissent pour former une armée de volontaires contre les redoutables Black and Tans, troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d'indépendance du p ...

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LE VIEUX FUSIL, Robert Enrico 1975, Romy Schneider, Philippe Noire (guerre drame)@@@


Peu après le débarquement de juin 1944, l'histoire d'un médecin vengeant la mort de sa femme et de sa fille, sauvagement assassinées par un détachement de soldats SS stationnés dans le château du petit hameau où elles s'étaient réfugiées.

TELERAMA
1944 : Julien a mis sa femme à l’abri des Allemands. En fait d’abri, c’est le lieu d’un carnage perpétré par les SS. Le martyre et la douleur au présent, le bonheur saccagé en flash-back.

Couronné trois fois aux César de 1976 puis par le César des Césars en 1985, ce totem du cinéma français aurait mérité de recevoir également un prix du meilleur flash-back. Tout se raconte en effet au passé dans l’histoire du chirurgien Julien Dandieu, qui, en 1944, éloigne sa femme et sa fille de Montauban, croyant les mettre à l’abri dans le vieux château familial, où elles vont être tuées par les Allemands. Lorsqu’il les trouve là, il deviendra un justicier impitoyable.

Si la violence du film fut parfois jugée dérangeante, elle se mêle à une nostalgie mélancolique pour composer une atmosphère unique. Dans le salon du château, un miroir sans tain fait vivre ce contraste : d’un côté, la douceur de vivre, de l’autre, la mort… Philippe Noiret joue à la fois la douleur, la fureur et l’amour magnifique pour sa femme, incarnée par Romy Schneider. Leur rencontre, à La Closerie des lilas, est un grand moment de cinéma.
LE VIEUX FUSIL, Robert Enrico 1975, Romy Schneider, Philippe Noire (guerre drame)@@@ (edit IPTC) (E)
Peu après le débarquement de juin 1944, l'histoire d'un médecin vengeant la mort de sa femme et de sa fille, sauvagement assassinées par un détachement de soldats SS stationnés dans le château ...

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LEILA ET SES FRERES, Saeed Roustayi 2022 @@@


Leila passe sa vie à prendre soin de ses parents et de ses quatre frères. Dans un pays sous le coup de sanctions économiques internationales, sa famille est criblée de dettes. Alors que tous essayent désespérément de joindre les deux bouts, Leila découvre que son père cache son héritage. Il veut se servir de l'argent pour devenir le nouveau patriarche du clan, plus haut grade dans la tradition perse.

TELERAMA
En Iran, les mésaventures d’une famille de Pieds nickelés qui magouille pour sa survie. Une tragi-comédie virtuose… ou d’une lourdeur complaisante ?

Pour
S’il dialogue avec Parasite, la Palme d’or 2019, ce n’est pas seulement parce que Leïla et ses frères dépeint lui aussi, et brillamment, une famille de chômeurs contraints de magouiller pour échapper à la misère et à la promiscuité. En effet, son auteur, Saeed Roustaee, utilise également l’un des motifs du film sud-coréen : les W.C. Chez Bong Joon-ho, ils étaient curieusement surélevés, trône absurde sur lequel les personnages parvenaient, moyennant contorsions, à capter le WiFi. Le jeune prodige du cinéma iranien y trouve, pour sa part, une manière d’ascenseur social : en poussant ses frangins à racheter les toilettes d’un centre commercial afin d’en faire une boutique, Leïla espère bien remédier, enfin, à la merditude des choses.

À peine plus d’un an après la sortie française de son deuxième long métrage La Loi de Téhéran, époustouflant polar sur le business de la drogue et son impitoyable répression au pays des mollahs, Saeed Roustaee frappe fort avec cette saga familiale qui tient à la fois de la comédie italienne et de l’hommage assumé au Parrain de Coppola. Découvert en compétition à Cannes, où il a dû, contre toute attente, se contenter du prix Fipresci décerné par la critique internationale, Leïla et ses frères présente surtout des points communs avec Life and a Day, premier film de l’auteur, un drame social encore inédit chez nous et qui pourrait sortir prochainement : mise en scène de l’exiguïté domestique, profusion étourdissante des dialogues, violence iconoclaste des échanges. « Pourquoi vous ne crevez pas, tous les deux ? » hurle ainsi la dévouée Leïla (remarquable et émouvante Taraneh Alidoosti) à ses parents avant de gifler son père.

Harpagon sans fortune, le vieil Ismaël (Saeed Poursamimi) tyrannise sa progéniture, adulte mais précaire, composée de quatre fils, soit huit bras cassés, et d’une fille restée célibataire par sa faute. Le monstrueux papa entend dépenser les économies d’une vie, quarante pièces d’or, dans un cadeau de mariage censé bluffer des cousins méprisants. Comment le convaincre d’utiliser sa cassette à meilleur escient ? En passant par le prisme intime d’une famille qui se tue à survivre, le réalisateur décrit une société écartelée entre des usages hors d’âge et une époque obsédée par l’argent. Au suspense policier de La Loi de Téhéran, il en substitue un autre, pas moins haletant, lié à une inflation hors de contrôle. Ou comment un tweet de Donald Trump peut faire flamber le cours de l’or et réduire des projets en cendres.

Entre l’évacuation d’une usine fermée pour cause de faillite et un mariage luxueux, théâtre de toutes les vanités et d’une terrible humiliation, la virtuosité de Saeed Roustaee dans les scènes d’ampleur continue d’impressionner. Mais le film éblouit plus encore par sa remarquable étude de caractères et sa mécanique de précision : une façon de décortiquer, avec une minutie cruelle, les manigances et les soubresauts de la tribu d’incapables, servie par des acteurs exceptionnels. À mesure qu’ils s’enfoncent dans les sables mouvants de la fatalité, on constate avec quel amour le cinéaste les regarde : comme de grands gosses qui mangent une glace, assis sur des marches, ébahis devant de superbes jeunes femmes descendant d’un 4 × 4 hors de prix. Marie Sauvion

Contre
Le succès international d’Asghar Farhadi (Une séparation, Un héros…) a changé le visage du cinéma iranien. Une nouvelle norme esthétique et narrative s’est imposée aux contemporains et successeurs possibles du réalisateur en vue. L’auscultation d’une société dysfonctionnelle à travers une avalanche de péripéties et de coups de théâtre est ainsi devenue la formule la plus répandue — ce n’était nullement le cas quand le contemplatif Abbas Kiarostami « régnait » sur cette cinématographie.

Dans Leïla et ses frères, on reconnaît sans peine la recette Farhadi, mais en version outrancière. Avec la vanité comme seul trait de caractère du patriarche et l’avidité comme seule motivation de ses grands enfants, le tableau de famille s’enlise dans la complaisance et la caricature — à en croire l’auteur, la pauvreté implique nécessairement, et directement, la malhonnêteté. Les multiples retournements de situation qui jalonnent cette lourde et interminable fable n’en paraissent que plus forcés. Louis Guichard
LEILA ET SES FRERES, Saeed Roustayi 2022 @@@ (edit IPTC) (E)
Leila passe sa vie à prendre soin de ses parents et de ses quatre frères. Dans un pays sous le coup de sanctions économiques internationales, sa famille est criblée de dettes. Alors que tous essayent déses ...

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LES 400 COUPS, François Truffaut 1959, Jean-Pierre Léaud, Claire Maurier, Albert Rémy, Guy Decomble (societe)@@@


Antoine Doisnel est un adolescent rebelle. Il sait ne pas être "le fils de son père" et surprend un jour sa mère avec un inconnu. Il se met à fuguer puis, récupéré par ses parents, un nouveau départ semble démarrer dans une confiance rétablie. Mais Antoine subit alors une injustice scolaire et les quatre cents coups reprennent de plus belle...

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LES 400 COUPS, François Truffaut 1959, Jean-Pierre Léaud, Claire Maurier, Albert Rémy, Guy Decomble (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Antoine Doisnel est un adolescent rebelle. Il sait ne pas être "le fils de son père" et surprend un jour sa mère avec un inconnu. Il se met à fuguer puis, récupéré par ses parents, u ...

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LES AILES DU DESIR, Wim Wenders 1987, Bruno Ganz, Solveig Dommartin (conte moral)@@@


Deux anges, Damiel et Cassiel, glissent dans les rues de Berlin, observant la population animée, fournissant des rayons invisibles d'espoir aux personnes en détresse, mais n'interagissant jamais avec elles.

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Deux anges en pardessus contemplent Berlin. Ils demeurent invisibles aux humains. Mais ils voient et entendent tout. L'un d'eux tombe amoureux d'une trapéziste...

L'Allemagne était devenue pour Wenders une terre d'anxiété. Il s'en était évadé pour tenter de se reconstruire une cellule intime. En vain. C'est en poète qu'il revenait au pays. En fils bienveillant. Pour dépeindre le vrai visage de cette Allema­gne déchirée, transformée en no man's land. C'est avec innocence qu'il filme terrains vagues, avenues glaciales et bunkers éventrés. Avec infiniment d'affection, il explore les ruines douloureuses de sa terre natale. Les mouvements, planants, sensuels, aériens de sa caméra sont parmi les plus beaux qu'on ait vus.

C'est un film sur l'enfance, la mémoire, le malheur et l'espoir. Prix de la mise en scène à Cannes en 1987, Les Ailes du désir est aussi un film sur le cinéma, l'art de contempler sans manipuler, l'envie de voir la vie en couleurs. Et sur l'amour : Wenders, qui avait disserté sur l'impossibilité de vivre à l'infini avec une femme, y célébrait son bonheur avec l'interprète du rôle de la trapéziste, Solveig Dommartin, décédée en 2007.
LES AILES DU DESIR, Wim Wenders 1987, Bruno Ganz, Solveig Dommartin (conte moral)@@@ (edit IPTC) (E)
Deux anges, Damiel et Cassiel, glissent dans les rues de Berlin, observant la population animée, fournissant des rayons invisibles d'espoir aux personnes en détresse, mais n'interagissant jamais avec elles.

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LES CYCLADES, Marc Fitoussi 2022, Laure Calamy, Olivia Cote, Kristin Scott Thomas (societe)@@@


Adolescentes, Blandine et Magalie étaient inséparables. Les années ont passé et elles se sont perdues de vue. Alors que leurs chemins se croisent de nouveau, elles décident de faire ensemble le voyage dont elles ont toujours rêvé. Direction la Grèce, son soleil, ses îles mais aussi ses galères car les deux anciennes meilleures amies ont désormais une approche très différente des vacances et de la vie.

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Dans les îles grecques, les retrouvailles de deux amies aux choix de vie radicalement opposés, l’une frénétiquement hédoniste, l’autre déprimée et rigide. Un duo aussi désaccordé que savoureux, des actrices enthousiasmantes.

Si les voyages forment la jeunesse, que font-ils aux adultes à l’heure des premiers bilans ? Quand Blandine et Magalie se retrouvent à l’aéroport, elles ne savent guère à quoi s’attendre. Et la part d’inconnu tient moins à leur destination qu’à leur relation. Adolescentes, il y a longtemps, elle s’adoraient et rêvaient de se rendre ensemble à Amorgos, l’île grecque mise en lumière par le film Le Grand Bleu, de Luc Besson, dont elles étaient folles… Puis elles se sont perdues de vue, banalement, et les décennies ont défilé. Leurs retrouvailles tardives ne tiennent qu’à une ruse du fils de Blandine : inquiet de voir sa mère en dépression, il a retrouvé sa meilleure amie d’antan, et organisé comme une thérapie leur escapade vers les Cyclades.

La comédie de caractère, genre antédiluvien, reprend des couleurs avec ce duo mal accordé, drôlement dissonant. Plus encore que les aléas cocasses du voyage, la personnalité des deux femmes structure le récit. Magalie est exubérante, spectaculaire, intarissable, inépuisable. Blandine est prudente, rigide, sombre, lasse. L’écriture précise et fine de Marc Fitoussi révèle selon un rythme imprévisible les complexités cachées derrière de telles apparences. Blandine, qui travaille dans le secteur médical, a été brisée par le départ de son époux et le remariage de ce dernier avec une jeune femme. Magalie est déterminée à profiter pleinement de la vie à chaque instant, avec ou sans emploi (elle se veut critique musicale, experte en disco), avec ou sans partenaire régulier.

L’auteur-réalisateur avait déjà raconté des histoires dominées par une héroïne captivante, jouée par Isabelle Huppert (Copacabana, La Ritournelle) ou Sandrine Kiberlain (Pauline détective). Il a ensuite illustré la même adresse en réalisant des épisodes de la populaire série Dix pour cent. Aujourd’hui, le tandem l’inspire, qui prête aux reparties cinglantes. Et il est savoureux de retrouver, face à face, les deux actrices enthousiasmantes d’Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal, distribuées tout autrement. Laure Calamy (Magalie) et Olivia Côte (Blandine) étaient antagonistes dans ce film-là, la première douloureusement accro à un homme indisponible, la seconde mariée au même. Cette fois-ci, les souvenirs de jeunesse tissent entre elles un lien résistant, et la blessure amoureuse est passée de l’une à l’autre.

Avec l’apparition d’une trosième femme, plus âgée (Kristin Scott Thomas, déchaînée en hippie chic établie sur l’île de Mykonos), la fantaisie grinçante prend des nuances plus sombres. L’horizon de la maladie et de l’affaiblissement du corps apporte un contrepoint à l’abstinence prolongée de Blandine et à la frénésie sexuelle de Magalie. Cette figure d’aînée parvient ainsi à s’intégrer à un film qui manque, par ailleurs, d’une forme aussi gracieuse que La Ritournelle ou Pauline détective : comme souvent avec les lieux très touristiques, la photogénie des îles grecques n’est pas en soi une garantie de style. Mais Marc Fitoussi réussit à tenir le cap de la profondeur psychologique. La vitalité de Magalie laisse peu à peu entrevoir une spirale de l’échec, une impossibilité à construire, tandis que Blandine, même éteinte, redécouvre en elle des ressources d’affection… De  quoi préparer un épilogue digne des plus charmantes comédies humanistes, où l’allégresse côtoie une émotion inattendue.
LES CYCLADES, Marc Fitoussi 2022, Laure Calamy, Olivia Cote, Kristin Scott Thomas (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Adolescentes, Blandine et Magalie étaient inséparables. Les années ont passé et elles se sont perdues de vue. Alors que leurs chemins se croisent de nouveau, elles décident de faire ensemble le voyage dont ...

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LES DERNIERS JOURS DU MONDE, Jean-Marie et Arnaud Larrieu 2008, Mathieu Amalric, Catherine Frot, Karin Viard (science fiction)@


Alors que s'annonce la fin du monde, Robinson Laborde se remet peu à peu de l'échec d'une aventure sentimentale pour laquelle il s'était décidé à quitter sa femme.
Malgré l'imminence du désastre, et peut-être pour mieux y faire face, il sélance dans une véritable odyssée amoureuse qui lentraîne sur les routes de France et dEspagne.

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Le désir, la mort, le paysage : la sainte ­trinité des frères Larrieu, qui adaptent cette fois un roman de Dominique Noguez. Un virus mortel décime la planète. À Biarritz, on s’apprête à fuir. Sauf Robinson (Mathieu Amalric), quadra obnubilé par sa maîtresse, une nymphe androgyne qui disparaît. Pour l’oublier, ou la retrouver, Robinson part sur les routes. Une odyssée l’attend, exaltante et tragique — la mort frappe partout. Son salut passe par les femmes qui se succèdent dans ses bras… Cette fin du monde imminente décuple le désir. C’est l’idée-force du film : le désir n’est pas que sexuel, il est aussi existentiel. Puisque la mort rôde, autant vivre chaque instant. Robinson traverse des villes, en transe ou dévastées. Fait un détour par des thermes au Japon et une montagne du Canada. Se retrouve au lit avec son plus vieil ami, un ténor (Sergi López). Le road-movie regorge de péripéties, où la fantaisie n’exclut pas l’émotion profonde. Car la situation de science-fiction renvoie à une expérience intime universelle. Lorsque l’amour est si fort que rien ne peut l’égaler, alors oui, qu’importe de mourir, là, tout de suite.
LES DERNIERS JOURS DU MONDE, Jean-Marie et Arnaud Larrieu 2008, Mathieu Amalric, Catherine Frot, Karin Viard (science fiction)@@@ (edit IPTC) (E)
Alors que s'annonce la fin du monde, Robinson Laborde se remet peu à peu de l'échec d'une aventure sentimentale pour laquelle il s'était décidé à quitter sa femme.
Malgré l'imminence du d ...

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LES DEUX CAVALIERS, John Ford 1960, James Stewart, Richard Widmark (western)@@


Guthrie MacCabe, un shérif porté sur la bouteille, vit largement des impôts de ses concitoyens. Un jour il voit arriver un lieutenant de cavalerie, Jim Gary, qui lui demande de le suivre au camp militaire où il séjourne. Là se trouvent les familles de prisonniers blancs enlevés par les Comanches depuis des années, qui pressent l'armée d'agir pour les retrouver.

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Comme dans “La Prisonnière du désert”, Ford s’intéresse aux Blancs enlevés par les Indiens, qui vécurent en harmonie avec eux. Un western sombre, dénonçant l’hypocrisie d’une société mue par la violence.

Cinq ans après sa monumentale Prisonnière du désert, John Ford reprend le même thème : la recherche de Blancs capturés par les Indiens. La Prisonnière… était l’histoire d’un homme seul animé d’une soif de vengeance implacable. Avec Les Deux Cavaliers, John Ford replace cette quête des disparus dans un cadre social plus large : McCabe, le shérif cynique, et Jim Gary, le lieutenant inflexible, agissent pour le compte de familles dévastées qui ont vu les Comanches enlever leurs enfants. Les deux cavaliers incarnent deux visions du monde : un militaire sûr du bien-fondé de sa mission — paradoxalement idéaliste — et un alcoolique nihiliste qui a tout compris avant tout le monde : élevés par les Indiens, les petits Blancs sont devenus des Peaux-Rouges.

On a rarement vu James Stewart jouer aussi librement. Il fait de son personnage un bouffon tour à tour détestable et profondément humain. Visiblement, la sympathie de Ford lui revient. Avec sa maîtrise légendaire de l’espace et du rythme, le réalisateur passe du buddy movie au tragique le plus noir. La violence éclate, soudaine, retombe aussi vite pour réapparaître, plus maîtrisée, insidieuse, dans la scène du bal, où une femme sauvée des Comanches affronte le mépris de la « bonne société ». On a tendance à l’oublier, mais, avec John Ford, le sauvage n’est jamais celui que l’on croit.
LES DEUX CAVALIERS, John Ford 1960, James Stewart, Richard Widmark (western)@@@ (edit IPTC) (E)
Guthrie MacCabe, un shérif porté sur la bouteille, vit largement des impôts de ses concitoyens. Un jour il voit arriver un lieutenant de cavalerie, Jim Gary, qui lui demande de le suivre au camp militaire où il s& ...

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LES DIMANCHES DE VILLE D AVRAY, Serge Bourguignon, Hardy Kruger, Patricia Gozzi, Nicole Courcel (societe)@@@


Amnésique suite à un accident d'avion pendant la guerre en Extrême-Orient, Pierre est recueilli par Madeleine, son infirmière. Un jour, à la gare de Ville-d'Avray, il assiste au spectacle d'une petite fille qui pleure, ce qui réveille en lui le souvenir d'une autre fillette qu'il imagine avoir tuée lors d'un bombardement. Dès lors, il suit la fillette qui vient d'être abandonnée dans un orphelinat.

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On apprécie la peinture de paysage hivernal, digne d'une estampe japonaise, et les deux acteurs, singuliers : Hardy Krüger, surtout connu pour son rôle dans Un taxi pour Tobrouk, et Patricia Gozzi, bluffante par son aplomb d'enfant-femme. La mise en scène de Serge Bourguignon, qui signait là son « hit » au milieu d'une quinzaine de films, est un brin affectée ; de douce, l'idylle devient parfois doucereuse. Mais le film intrigue par son audace tranquille. Est-il besoin de dire que plus personne aujourd'hui ne se risquerait à filmer un tel amour ?
LES DIMANCHES DE VILLE D AVRAY, Serge Bourguignon, Hardy Kruger, Patricia Gozzi, Nicole Courcel (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Amnésique suite à un accident d'avion pendant la guerre en Extrême-Orient, Pierre est recueilli par Madeleine, son infirmière. Un jour, à la gare de Ville-d'Avray, il assiste au spectacle d'une petite fille ...

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LES ENFANTS DU SILENCE, Randa Haines 1986, William Hurt, Marlee Matlin (societe)@@


James Leed est un novateur dans sa profession. Il est professeur pour enfants sourds et ne fait preuve d'aucune compassion. Il pense et parle librement, aborde tous les sujets tabous et obtient des résultats qui surprennent ses collègues et supérieurs hiérarchiques qui l'estiment et l'admirent. L'arrivée de Sarah, née complétement sourde, va representer un défi pour le jeune professeur. Vite amoureux d'elle, il va découvrir une femme qui refuse tout compromis.

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James Leeds, un jeune professeur pour sourds-muets bardé de diplômes, débute dans une nouvelle école. Malgré les mises en garde du directeur de l'établissement, il applique des méthodes inhabituelles qui ont le don de lui attirer la sympathie des élèves tout en donnant des résultats spectaculaires. C'est ainsi qu'il n'hésite pas à faire danser toute sa classe sur des rythmes de rock. Il rencontre plus de difficultés avec Sarah, unejeune femme qui refuse obstinément d'apprendre à lire sur les lèvres et se retranche dans une farouche hostilité. James parvient à l'apprivoiser. Peu à peu se noue entre eux un amour profond, que les difficultés de communication viennent cependant peu à peu assombrir...
LES ENFANTS DU SILENCE, Randa Haines 1986, William Hurt, Marlee Matlin (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
James Leed est un novateur dans sa profession. Il est professeur pour enfants sourds et ne fait preuve d'aucune compassion. Il pense et parle librement, aborde tous les sujets tabous et obtient des résultats qui surprennent ses coll& ...

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LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE, Mohammad Rasoulof 2024 Mahsa Rostami, Niousha Akhshi (societe)@@@


Iman vient d'être promu juge d'instruction au tribunal révolutionnaire de Téhéran quand un immense mouvement de protestations populaires commence à secouer le pays. Dépassé par l'ampleur des évènements, il se confronte à l'absurdité d'un système et à ses injustices mais décide de s'y conformer. A la maison, ses deux filles, Rezvan et Sana, étudiantes, soutiennent le mouvement quand sa femme, Najmeh, tente de ménager les deux camps. Lorsque son arme de service disparaît mystérieusement.

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Tourné secrètement en Iran alors que les femmes réclamaient “vie et liberté”, émaillé d’images des manifestations, un thriller d’une force politique inouïe.

Le cinéma peut-il changer le monde ? Voilà que cette vieille interrogation, que d’aucuns peuvent trouver naïve, revient avec force, ravivée par ce film iranien d’une puissance inouïe, tant d’un point de vue esthétique que politique. C’est en résistant manifeste que Mohammad Rasoulof est parvenu à le réaliser avant de partir clandestinement de son pays fin avril, pour venir le présenter au Festival de Cannes, où il a obtenu le Prix spécial du jury. L’auteur remarquable d’Un homme intègre (2017) et du Diable n’existe pas (2021), persécuté par la République islamique, savait sans doute en faisant ce film-ci qu’il atteindrait un point de non-retour et que ce combat de l’intérieur serait le dernier. Sans que ce soit un baroud d’honneur, bien au contraire.

Soit une famille de la petite bourgeoisie, à Téhéran. Un couple, avec ses deux filles, l’une étudiante, l’autre lycéenne. Le foyer semble vivre en harmonie. Les parents sont aimants quoique stricts. Le père, Iman, vient d’être nommé enquêteur au tribunal révolutionnaire. Il est heureux. Encore une étape à franchir et il pourra bientôt devenir juge d’instruction, son vœu le plus cher. Hélas, ce travailleur zélé déchante vite. Il se rend compte qu’il est contraint de signer de manière quasi automatique des mandats d’exécution capitale, sans avoir la possibilité d’étudier sérieusement les dossiers. Cet homme est certes rigoriste mais moral. Il se retrouve embrigadé dans un système absurde et violent, qui lui pose de sérieux problèmes de conscience. Il commence de surcroît son nouveau métier au pire moment, dans un contexte d’extrême tension : un peu partout dans le pays, les femmes sont descendues dans la rue, protestent et manifestent. C’est un soulèvement, qui provoque un vent de panique chez les mollahs. Ceux-ci répondent par une violente répression.

“À bas la théocratie ! Femme, vie, liberté !”
Et bam ! Voilà que Mohammad Rasoulof balance avec courage toute une série de grenades. À savoir ces vidéos filmées de manière sauvage qui ont circulé partout sur les réseaux sociaux, révélant les rassemblements massifs de femmes, les conductrices extirpées des véhicules, les matraquages systématiques, un pays au bord de l’embrasement. Un climat insurrectionnel où l’on entend distinctement des slogans forts : « À bas la théocratie ! À bas le dictateur ! Femme, vie, liberté ! » Le décès retentissant de Mahsa Amini, étudiante arrêtée et battue à mort en septembre 2022 pour « port de vêtements inappropriés », est directement évoqué. Qu’un film soit raccord avec une actualité récente si brûlante et si importante, en intégrant au cœur même de la fiction de tels documents explosifs, est rarissime. Et l’on n’est pas au bout de nos surprises.

Car ce qui se déroule dans la rue vient directement impacter le huis clos, savamment orchestré, dans l’appartement familial. Un monde en soi, de surveillance, de choses qu’il faut taire, de secrets échangés, d’interrogatoires, d’accords passés. Le foyer jusque-là uni commence à se fissurer. Tandis qu’Iman étouffe ses scrupules et se soumet de plus en plus à l’ordre établi, ses deux filles, elles, soutiennent le mouvement des femmes. Au grand dam de la mère, qui se range plutôt du côté de son mari, tout en ayant un double discours, voulant ménager les deux camps. Sans parvenir pour autant à calmer l’ardeur qui monte chez les uns et les autres, surtout chez le père, de plus en plus agité par la disparition inexpliquée de son arme de service. Une séquence, saillante, résume sa confusion et l’écart (voire le gouffre) générationnel. Il s’arrête à un feu de circulation sur la route, à côté d’une autre voiture. Au volant, il voit une jeune femme, non seulement sans voile, mais les cheveux très courts, portant casquette et piercing. Iman reste interloqué, puis baisse sa vitre, est sur le point de dire quelque chose, mais se ravise. Son regard noir d’homme qui bout annonce un basculement.

Les Graines du figuier sauvage prend de fait la direction très inattendue d’un vrai thriller, aussi implacable que riche de métaphores. Avec paranoïa galopante, course-poursuite en voiture, séquestration et cache-cache angoissant dans un village labyrinthique en ruine. Le finale est impressionnant, guidé par la cadette, rebelle souveraine et inventive, symbole d’une jeunesse dans laquelle le cinéaste a foi. C’est elle, associée au mouvement lancé par les femmes, qui pourra libérer le pays de son régime d’oppression. La victoire est proche, à n’en pas douter. Déjà actée par ce film.


LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE, Mohammad Rasoulof 2024 Mahsa Rostami, Niousha Akhshi (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Iman vient d'être promu juge d'instruction au tribunal révolutionnaire de Téhéran quand un immense mouvement de protestations populaires commence à secouer le pays. Dépassé par l'ampleur des & ...

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LES HERBES SECHES, Nuri Bilge Ceylan 2023 (societe Turquie)@@@


Après avoir enseigné pendant quatre ans dans l'école locale d'un village reculé d'Anatolie, Samet et son collègue Kenan sont confrontés à des accusations de harcèlement sexuel de la part de deux élèves.

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Une fresque sensible et littéraire sur le temps qui passe et les sentiments qui renaissent.
En 2014, Winter Sleep (Palme d’or au Festival de Cannes) avait, au fil des semaines, rassemblé 360 000 spectateurs en France. Autant d’amateurs prêts à passer plus de trois heures dans une salle de cinéma, et majoritairement reconnaissants envers le réalisateur, Nuri Bilge Ceylan, pour la beauté, la puissance et la profondeur de son œuvre. Neuf ans plus tard, après une crise sanitaire ayant entraîné d’innombrables changements dans nos habitudes culturelles, sommes-nous toujours les habitants de cette contrée rare où l’on attend d’un film qu’il nous imprègne, nous trouble et nous éclaire durablement, en échange du temps long qu’on lui consacre ? Souhaitons-le, car Les Herbes sèches, neuvième long métrage du grand cinéaste turc, possède à nouveau cette force majestueuse et mélancolique qui fait la différence.

Que tombe et retombe la neige sur les montagnes de l’Anatolie, donc. En l’occurrence, sur un collège isolé, fréquenté par des enfants de paysans, et où les cours reprennent après la coupure des vacances d’hiver. Dans la salle des profs, les habitués se retrouvent autour d’un modeste buffet. Les conversations évoquent la période passée loin des élèves : « C’est fou comme on s’habitue à ne rien faire de ses journées ! » constate avec légèreté une enseignante. Ces seules paroles banales sur l’écoulement du temps, et sur le sens qu’on peut, ou non, lui donner, rappellent d’emblée l’esprit de Tchekhov, certainement l’auteur (toutes disciplines confondues) dont Nuri Bilge Ceylan est le plus proche.

Le vague à l’âme inhérent à la fuite invisible des jours, des mois et des saisons se précise à travers deux des personnages principaux. Samet, encore jeune, professeur de dessin, ronge son frein dans le froid et ne fait qu’attendre, depuis des années, son hypothétique mutation à Istanbul. Son collègue et colocataire du même âge, également célibataire, a manqué de peu une promotion — il voulait devenir le principal de l’établissement. La faible intensité de leurs existences, telle qu’ils la ressentent, et dont ils se lamentent ou plaisantent, est l’un des sujets du film. Elle est telle que Samet, le cœur à marée basse, est foudroyé par la lettre d’amour trouvée dans le sac d’une élève lors d’une fouille disciplinaire : il s’acharne même à croire, un temps, que cette lettre lui est adressée. Et cette méprise ne restera pas sans conséquences…

Puis l’intensité espérée sans conviction par les deux hommes semble prendre le visage d’une autre enseignante, native de la région, et revenue y travailler depuis peu. Nuray (Merve Dizdar, Prix d’interprétation féminine à Cannes en 2023) est le plus beau personnage des Herbes sèches. À la fois ardente et brisée, blessée dans sa chair, elle revient d’un enfer et se convertit peu à peu à la résignation, réinstallée chez ses parents. Mais au fond d’elle-même, elle croit toujours à l’action et à l’engagement. Dans l’univers plutôt masculin de Nuri Bilge Ceylan, où les petitesses des protagonistes sont largement évoquées, cette héroïne incarne l’idéalisme et la part de romanesque à même de transcender le film. Elle sait ainsi déjouer la rivalité primaire qu’elle ne manque pas de susciter entre les deux amis célibataires. Au passage, alors que tant de réalisateurs ont désormais recours aux textos en plein écran pour expliciter les interactions entre les personnages, Ceylan ne filme que l’effet sur les visages des messages échangés par smartphone. Avec une éloquence subtile.

À l’instant où le récit intimiste prend toute son ampleur, jusqu’à devenir haletant (lors d’un dîner chez Nuray), le cinéaste ménage une parenthèse inédite dans sa filmographie : il met soudain à nu les ressorts de la fiction, nous rappelle délibérément, et brièvement, qu’il ne s’agit « que » de cinéma. Le décrochage déroute sur le moment, et renforce l’admiration a posteriori, tant il s’apparente à une forme supérieure d’honnêteté artistique, comme il arrivait à l’Iranien Abbas Kiarostami d’en faire preuve, notamment dans Le Goût de la cerise (1997). Et lorsque la narration reprend, peu après, elle n’en est que plus captivante.

La mise en scène fusionne les paysages expressifs de l’Anatolie (de nouveau magnifiquement filmés) et le point de vue anthropologique de l’auteur. Dans cette région, est-il signifié en voix off, la végétation, à peine débarrassée de la neige, est aussitôt attaquée par un soleil trop vif. Dès le printemps, le dessèchement menace la nature, et ainsi en va-t-il également des humains. La faculté d’être ému, d’éprouver des sentiments passionnés déserte la plupart les adultes, une fois passée la prime jeunesse. Elle apparaît donc comme un trésor perdu, que Samet, sans doute « l’herbe sèche » la plus voyante du film, recherche désespérément. Tout au long de cette fresque d’une richesse impressionnante, la quête impossible de cet homme rappelle la phrase d’André Gide à la fin de son roman L’Immoraliste : « J’aurais voulu pleurer, mais je sentais mon cœur aussi aride que le désert. »

Les deux Turquie
La géographie des films de Nuri Bilge Ceylan se partage essentiellement entre l’Anatolie rurale, où l’auteur est né, a été élevé, et la grande ville cosmopolite, Istanbul, où il est désormais établi. Ces deux pôles, présentés par le cinéaste comme en tous points opposés, ne vont pourtant jamais l’un sans l’autre. Dans Les Herbes sèches, qui se déroule intégralement à la campagne, Samet l’enseignant renouvelle, à chaque fin d’année scolaire, sa demande de mutation à Istanbul, seul lieu qui lui permettrait, croit-il, de vivre pleinement. Mais la femme qu’il courtise lui suggère qu’il y emmènerait, à coup sûr, son désabusement et son ennui. Au contraire, dans le superbe Uzak (2004), le héros stambouliote méprise son jeune cousin fruste venu d’Anatolie pour squatter son appartement… Avant de regretter amèrement, une fois reparti l’encombrant garçon, cette évocation vivante des ses racines.

SYNOPSIS
Professeur d'art originaire d'Istanbul, Samet enseigne depuis près de quatre ans dans une petite école située dans une bourgade isolée en plein coeur de l'Anatolie. Alors qu'il attend désespérément sa mutation, le jeune homme voit ses espoirs soudain réduits à néant par de sombres accusations proférées par deux adolescentes, élèves de l'établissement où il est employé. En effet, ces dernières prétendent avoir été victimes d'attouchements sexuels commis par deux enseignants. Profondément touché, Samet sombre peu à peu dans la dépression, jusqu'à ce qu'une rencontre bouleverse son existence...
LES HERBES SECHES, Nuri Bilge Ceylan 2023 (societe Turquie)@@@ (edit IPTC) (E)
Après avoir enseigné pendant quatre ans dans l'école locale d'un village reculé d'Anatolie, Samet et son collègue Kenan sont confrontés à des accusations de harcèlement sexuel de la pa ...

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LES HUIT MONTAGNES, Felix van Gegeningen et Charlotte Vandermeerssch 2022, Luca Marinelli, Alessandro Borghi (societe)@@


Pietro est un enfant unique, il vit à Turin avec son père ingénieur et sa mère enseignante. Un été, il va passer des vacances à Grana, petit village de la Vallée d'Aoste, avec sa mère. Il y rencontre Bruno, le seul enfant du village. Les deux garçons ont le même âge et se lient rapidement d'amitié.

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Deux destins opposés, dans ce film coréalisé par Felix Van Groeningen et Charlotte Vandermeersch, comme les avis de nos critiques.

POUR
La splendeur des paysages alpins vole la vedette à d’excellents acteurs italiens dans cette fiction adaptée du deuxième roman de Paolo Cognetti, ancré dans le Val d’Aoste. Si la fièvre des sommets pousse généralement les cinéastes au défi, c’est tout le contraire ici. Aucun sentiment de performance ne traverse les images, dont le tournage en altitude a pourtant dû coûter bien des efforts. L’immensité spectaculaire est offerte dans la sérénité, alors même qu’elle est le décor d’une saga familiale qui traverse une trentaine d’années. Autour de deux gamins, Pietro et Bruno, la vie va faire souffler le vent des bouleversements. Sans bousculer les montagnes.

Les contraires balisent le récit, qui oppose, tour à tour, l’enfance et l’âge adulte, la ville et la campagne, les voyages et l’enracinement… Pietro est l’écolier de Turin qui étudiera et voudra écrire, s’ouvrir au monde. Tandis que Bruno développera une ferme d’alpage sur les terres familiales. Par-delà les différences, le film s’attache à raconter ce que les deux amis ont de semblable. Une fraternité qui passe par Giovanni, le père de Pietro devenu un peu celui de Bruno. L’homme qui leur apprend la randonnée. Le réalisateur et la réalisatrice, qui, en mai dernier, s’embrassaient fougueusement sur la scène du Festival de Cannes au moment de recevoir le prix du jury, ont réussi un très beau film sur le lien. Au cœur des montagnes, ils le questionnent dans un mouvement naturel : aller de l’avant puis revenir sur les sentiers déjà foulés, c’est chercher, peu à peu, cet autre chemin que dessine notre vie, qui nous rattache à des lieux, des présences. Avant même que le scénario nous transporte au Népal, une forme de sagesse guide ce film romanesque vers une spiritualité méditative. Une quête existentielle à partager dans son ampleur impressionnante, profondément émouvante — Frédéric Strauss

CONTRE
Brassant les thématiques très actuelles du retour à la nature, de la sobriété heureuse, de la transmission de valeurs, avec d’autres réflexions intemporelles sur la vie, l’amour et la fidélité, ce film embarrasse par son absence de second degré. La pauvreté des dialogues (« parfois l’amour s’étiole, parfois il meurt d’un coup », « pour trouver sa place dans le monde, on emprunte des chemins imprévisibles ») n’a d’égal que la solennité de la voix off, récitée par Pietro adulte, devenu écrivain voyageur, sur la voie du pardon – son père n’était pas tendre avec lui. Le défilé de belles images des Alpes aux quatre saisons est trop souvent redondant avec les états d’âme des personnages, heureux en été, déprimés l’hiver. Le couple de réalisateurs, qui traversait alors une crise conjugale, raconte avoir vécu les huit mois de tournage dans les montagnes du Val d’Aoste comme une épiphanie. On aurait aimé que la thérapie fonctionne aussi pour les spectateurs, réduits aux dindons de la fresque — Jérémie Couston
LES HUIT MONTAGNES, Felix van Gegeningen et Charlotte Vandermeerssch 2022, Luca Marinelli, Alessandro Borghi (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Pietro est un enfant unique, il vit à Turin avec son père ingénieur et sa mère enseignante. Un été, il va passer des vacances à Grana, petit village de la Vallée d'Aoste, avec sa m&egr ...

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LES INCORRUPTIBLES, Brian De Palma 1987, Robert De Niro, Kevin Costner, Sean Connery (thriller saga)@@@



À Chicago durant les années trente, lors de la prohibition, Al Capone règne en maître absolu sur le réseau de vente illégale d'alcool. Décidé à mettre un terme au trafic et à confondre Al Capone, l'agent Eliot Ness recrute trois hommes de confiance, aussi intraitables que lui. Ensemble, les quatre incorruptibles partent en guerre contre le gang de Capone.

TELERAMA
Comment filmer l’Amérique en opéra sanglant ? De Palma se plonge avec une admiration ironique dans le Chicago des années 1930 et la guerre entre Al Capone (De Niro, flippant) et Eliot Ness (Kevin Costner).

Après son remake convulsif de Scarface, De Palma recharge son fusil, sorry, sa caméra, pour s’attaquer à un autre mythe, Al Capone, à travers l’adaptation d’une série télévisuelle fameuse. C’est un film de commande, assez clinquant, mal aimé par De Palma lui-même, malgré tout supérieur au tout-venant. On y voit peu Capone (Robert De Niro), vrai monstre caché sous sa bonhomie de poupon. Le personnage central est Eliot Ness, agent fédéral intègre (Kevin Costner, tout jeune) qui se lance dans une guerre de longue haleine contre la corruption généralisée. Avec une équipe solide à ses côtés : un vieux briscard désabusé (Sean Connery, en laine et velours côtelé), qui va devenir son mentor, un bleu (Andy Garcia) engagé comme tireur d’élite, et un comptable, indispensable pour coincer le César de la pègre sur le terrain fiscal.

Pontiac, costumes trois-pièces avec guêtres, décor (gare, entrepôts et bureaux) et déco (cuivre et bois, couleur whisky), tout cela est rutilant dans le rétro. Sorte de western urbain, le film s’interroge sur l’origine du mal et son risque de contamination. À noter : quelques morceaux de bravoure décoiffants, spécialité de De Palma. Notamment la fin, dans la gare centrale de Chicago, longue citation explicite de la canonique scène de l’escalier du Cuirassé Potemkine, d’Eisenstein. C’est un peu tape-à-l’œil, mais assumé comme tel.
LES INCORRUPTIBLES, Brian De Palma 1987, Robert De Niro, Kevin Costner, Sean Connery (thriller saga)@@@ (edit IPTC) (E)

À Chicago durant les années trente, lors de la prohibition, Al Capone règne en maître absolu sur le réseau de vente illégale d'alcool. Décidé à mettre un terme au trafic et ...

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LES INTRANQUILLES, Joachim Lafosse 2021, Leïla Bekhti, Damien Bonnard (drame societe)@@@ (edit IPTC) (E)
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LES LECONS DE LA VIE, Mike Figgis 1994, Albert Finney, Greta Scacchi (societe)@@


Toute sa vie, Andrew Crocker-Harris a enseigné les lettres classiques dans un très chic établissement anglais, l'Abbey College. Dur et intransigeant, il n'est aimé ni des étudiants, ni de ses collègues. Mis à la retraite forcée par le recteur Frobisher, sous prétexte d'ennuis de santé, Crocker-Harris tente une dernière fois d'établir le contact avec ses élèves, dont il ignore qu'ils l'ont surnommé «le Hitler de la cinquième». Son échec est patent, hormis auprès d'un jeune étudiant, fin et sensible, Taplow. Pendant ce temps, Laura, sa femme, se désole. Quitter Abbey College signifie pour elle renoncer à son amant, Frank Hunter, le beau professeur de sciences... -- Critique : Les heurs et malheurs d'un professeur de grec détesté de ses élèves, qui le surnomment « le Hitler de la classe de 5e ». Adaptation de La Version de Browning, de Terence Rattigan, variante appliquée et balourde du Cercle des poètes disparus.

TELERAMA
Un Finney intense rendant son humanité à un homme seul, rigide et finalement émouvant. Hélas la réalisation "téléfilm" dessert un beau sujet

TELERAMA
LES LECONS DE LA VIE, Mike Figgis 1994, Albert Finney, Greta Scacchi (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Toute sa vie, Andrew Crocker-Harris a enseigné les lettres classiques dans un très chic établissement anglais, l'Abbey College. Dur et intransigeant, il n'est aimé ni des étudiants, ni de ses collèg ...

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LES MISERABLES, Jean-Paul Le Chanois 1958, Jean Gabin, Daniele Delorme, Serge Reggiani, Bernard Blier, Bourvil) (histoire saga)@@@


Jean Valjean, un paysan condamné à cinq ans de travaux forcés pour avoir volé un pain, sort du bagne après dix-neuf années, de multiples évasions ayant prolongées sa peine initiale. Son destin bascule lorsque l'évêque de Digne, Monseigneur Myriel, lui éviter d'être de nouveau incarcéré. Dès lors, Jean Valjean va s'évertuer à ne faire que le bien autour de lui au détriment de son propre bonheur.

TELERAMA
Après avoir passé près de vingt ans au bagne pour avoir volé un pain un jour où la faim le tenaillait trop, Jean Valjean recouvre la liberté. Sa rencontre avec l'évêque Myriel, véritable incarnation de la bonté, le décide à recommencer sa vie à zéro et à se consacrer désormais à aider le pauvre et l'opprimé. Valjean s'installe, sous un faux nom, à Montreuil-sur-Mer, où il devient un industriel respectable. Il est élu maire et prend sous sa protection une malheureuse prostituée, Fantine. Quand celle-ci tombe gravement malade, il lui promet de s'occuper de sa fille, Cosette. Fantine décède et Valjean décide de retrouver la fillette. Mais son ennemi acharné, l'inspecteur Javert, le surveille sans relâche...
LES MISERABLES, Jean-Paul Le Chanois 1958, Jean Gabin, Daniele Delorme, Serge Reggiani, Bernard Blier, Bourvil) (histoire saga)@@@ (edit IPTC) (E)
Jean Valjean, un paysan condamné à cinq ans de travaux forcés pour avoir volé un pain, sort du bagne après dix-neuf années, de multiples évasions ayant prolongées sa peine initiale. So ...

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LES NUITS DE MASHHAD, Ali Abbasi 2022, (thriller)@@


Iran 2001, une journaliste de Téhéran plonge dans les faubourgs les plus mal famés de la ville sainte de Mashhad pour enquêter sur une série de féminicides. Elle va s'apercevoir rapidement que les autorités locales ne sont pas pressées de voir l'affaire résolue.

TELERAMA
Les prostituées d’une ville sainte sont assassinées à l’approbation quasi générale. Un film choc qui met l’Iran à nu… trop littéralement, peut-être.

POUR
L’histoire, aussi incroyable que véridique, semble écrite en lettres de feu… En Iran, dans la ville sainte de Mashhad, lieu de pèlerinage pour les musulmans chiites, un tueur en série a sévi à partir du mois d’août 2000, pendant toute une année. Il s’appelait Saeed Hanaei et assassinait des prostituées. De cette affaire criminelle qui expose crûment la noirceur cachée de la société iranienne, Ali Abbasi a osé s’emparer avec réalisme. Né à Téhéran en 1981, ce réalisateur formé en Scandinavie (où il avait tourné Border) a été contraint de reconstituer les faits en Jordanie. Mais les images auxquelles il nous confronte n’en sont pas moins d’une véracité sidérante. Les visages maquillés des femmes, leurs corps, la maison du meurtrier, ouvrier et père de famille, sa cruauté : plus rien n’est caché.

Mené comme un thriller, Les Nuits de Mashhad est un choc éclairant. Un monde nous est ouvert où la misère des prostituées se réfugie dans l’ombre, où la misogynie s’étale, où la violence est un droit qui s’exerce sur les femmes, à peine considérées comme des êtres humains quand elles se vendent. Mis en scène avec une parfaite maîtrise, le film s’affirme comme un geste de dévoilement très réfléchi. Car, tout en nous montrant la vérité, le réalisateur nous dit, avec pessimisme et lucidité, qu’elle n’éclatera jamais.

Le personnage de Rahimi, la journaliste jouée par l’étonnante Zar Amir Ebrahimi, Prix d’interprétation à Cannes, trouve là toute son importance. En suivant l’enquête des policiers, elle y voit une mascarade. Une chasse à l’homme qui ne veut mener nulle part. Le serial killer peut laver Mashhad de ses pécheresses sans être dérangé : ses crimes sont une bénédiction pour la ville... Même quand la justice sera rendue, ce sera seulement dans l’intérêt du pouvoir. Des victimes, personne ne veut rien savoir. Sauf Rahimi. Fragile et solitaire, elle garde les yeux ouverts. Un beau symbole pour ce film aussi prenant que politique, courageusement engagé. – Frédéric Strauss

CONTRE
Certes, le constat terrible d’Ali Abbasi sur la société iranienne en général, et la condition des femmes en particulier, ne manque pas d’intérêt. Le problème est que le cinéaste ne recule devant aucun effet choc pour appuyer son propos. Tourner en gros plan l’agonie d’une femme qu’on étrangle pour mieux faire ressentir les souffrances qui lui sont infligées, pourquoi pas. Mais quand le procédé se répète pour une deuxième, puis une troisième victimes, le réalisateur fait preuve d’une complaisance malsaine pour le spectacle de la violence.

Dès la première séquence, où une femme apparaît seins nus face à un miroir, on devine la volonté d’Ali Abbasi de montrer l’Iran tel qu’on ne l’a jamais vu à l’écran. Sauf que l’Iran des bas-fonds, du crime et de la misère, on l’a découvert au cinéma l’an dernier dans un film formidable, réalisé, lui, sur place, La Loi de Téhéran, sans que son auteur, Saeed Roustaee, n’ait eu besoin de rajouter du glauque au sordide. – Samuel Douhaire
LES NUITS DE MASHHAD, Ali Abbasi 2022, (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Iran 2001, une journaliste de Téhéran plonge dans les faubourgs les plus mal famés de la ville sainte de Mashhad pour enquêter sur une série de féminicides. Elle va s'apercevoir rapidement que les au ...

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LES OISEAUX, Alfred Hitchcock 1963, Tippi Hedren, Rod Taylor (horreur)@@@


Melanie, jeune femme quelque peu superficielle, rencontre chez un marchand d'oiseaux un brillant et séduisant avocat qui recherche des inséparables. Par jeu, Melanie achète les oiseaux et les apporte à Bodega Bay. Dés son arrivée, elle est blessée au front par une mouette.

TELERAMA
Chef-d'œuvre mondialement connu, archi commenté, Les Oiseaux fait partie de ces grands mais rares films d'angoisse qui font toujours peur même après plusieurs visions. Le postulat est d'une simplicité lumineuse : et si les oiseaux, animaux pacifiques autant qu'insaisissables, devenaient soudainement un danger de mort…

Jugement dernier, révélateur d'attitudes multiples (de l'inconscience à la lâcheté ou à la solidarité) ou bien symbole sexuel (la scène fameuse du grenier, qui s'apparente à un viol), cet assaut de volatiles recèle maintes interprétations possibles, en plus de la terreur évidente qu'il suscite. Terreur efficace parce que extrêmement réaliste, résultat de prouesses techniques minutieuses. Le regroupement lent et progressif des oiseaux dans le dos de Melanie, puis leur attaque à la sortie de l'école restent des modèles de tension et de mise en scène pure. On ne se remet jamais tout à fait de ce cauchemar cruel et flamboyant.
LES OISEAUX, Alfred Hitchcock 1963, Tippi Hedren, Rod Taylor (horreur)@@@ (edit IPTC) (E)
Melanie, jeune femme quelque peu superficielle, rencontre chez un marchand d'oiseaux un brillant et séduisant avocat qui recherche des inséparables. Par jeu, Melanie achète les oiseaux et les apporte à Bodega Bay ...

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LES PASSAGERS DE LA NUIT, Mikhael Hers 2022, Charlotte Gainsbourg


Paris, années 80. Elisabeth vient d'être quittée par son mari et doit assurer le quotidien de ses deux adolescents, Matthias et Judith. Elle trouve un emploi dans une émission de radio de nuit, où elle fait la connaissance de Talulah, jeune fille désoeuvrée qu'elle prend sous son aile. Talulah découvre la chaleur d'un foyer et Matthias la possibilité d'un premier amour, tandis qu'Elisabeth invente son chemin, pour la première fois peut-être.

TELERAMA
Les années 1980 se parent d’une magie inattendue alors qu’une mère seule, anéantie, prend un nouveau départ… Un grand film d’actrices, par l’auteur sensible de “Amanda” et de “Ce sentiment de l’été”.
a douce lumière de mi-­saison qui baigne la totalité du film a peu à voir avec l’esthétique tape-à-l’œil généralement associée aux années 1980. Cette décennie-là, qui a mené l’auteur-réalisateur de ses 5 à ses 15 ans, est figurée par un impressionnisme subtil, du grain de la photographie aux discrètes archives insérées dans la fiction. Comme s’il s’agissait d’un continent englouti, Mikhaël Hers (Amanda) en restitue amoureusement l’atmosphère, les sons, presque la texture, par des détails infimes.
Si le film bouleverse autant, c’est que beaucoup d’événements évoqués y ont la saveur exaltante d’un début, quand bien même ils sont déjà une fin, à l’insu des personnages. Après le départ de la fille aînée, une relation neuve s’établit entre la mère et son fils, d’égal à égal, comme une promesse, mais, bientôt, il faudra quitter les lieux, se séparer. Dans les coulisses de l’émission nocturne, synonyme de conquête pour l’héroïne, l’animatrice, elle, voit déjà venir le déclin. Quant à la jeune fille recueillie, aussitôt le fils follement épris d’elle, elle disparaît… Mikhaël Hers sait donner aux moments furtifs un air d’éternité.

LES PASSAGERS DE LA NUIT, Mikhael Hers 2022, Charlotte Gainsbourg (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Paris, années 80. Elisabeth vient d'être quittée par son mari et doit assurer le quotidien de ses deux adolescents, Matthias et Judith. Elle trouve un emploi dans une émission de radio de nuit, où elle fait ...

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LES PETITES VICTOIRES, Mélanie Auffret 2023, Michel Blanc, Julia Piaton (comique societe)@@


Entre ses obligations de maire et son rôle d'institutrice au sein du petit village de Kerguen, les journées d'Alice sont déjà bien remplies. L'arrivée dans sa classe d'Emile, un sexagénaire au caractère explosif, enfin décidé à apprendre à lire et à écrire, va rendre son quotidien ingérable. Surtout qu'Alice, qui n'avait rien vu venir, va devoir aussi sauver son village et son école.

TELERAMA
Maire d’une petite commune bretonne, une jeune institutrice débordée par ses tâches doit accueillir un nouvel élève bien peu commode dans sa classe. Le tandem Julia Piaton - Michel Blanc fait mouche dans cette comédie tendre et engagée.

Dans un village breton nommé Kerguen – en vérité, Le Juch, près de Douarnenez –, tout a fermé, la boulangerie, le café… Bientôt ce sera l’école, mais elle est défendue par une institutrice sympa et un vieux ronchon qui a décidé d’apprendre à lire ! Un petit charme traverse cette comédie de proximité où le problème de la désertification rurale n’est pas qu’un sujet prétexte et s’illustre de façon fantaisiste. La réalisation flotte un peu, certaines scènes tombent à plat. La bonne ambiance n’est pourtant pas gâchée, Michel Blanc s’amuse et amuse, les enfants sont mignons, et la manière qu’a l’actrice Julia Piaton d’emmener cette petite bande rend son sourire communicatif.
LES PETITES VICTOIRES, Mélanie Auffret 2023, Michel Blanc, Julia Piaton (comique societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Entre ses obligations de maire et son rôle d'institutrice au sein du petit village de Kerguen, les journées d'Alice sont déjà bien remplies. L'arrivée dans sa classe d'Emile, un sexagénaire au caract ...

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LES PIRES, Lise Akoka et Romane Guéret 2022, Mallory Wanecque, Loic Pech, Timéo Mahaut (social)@@


Alors qu'un tournage se prépare dans une banlieue défavorisée de Boulogne-sur-Mer, un casting est organisé afin de choisir les acteurs appelés à interpréter les différents personnages. Après les essais, la stupeur s'empare des habitants du quartier. En effet, quatre des adolescents retenus sont considérés comme de mauvaises graines, et les interrogations se multiplient dans la cité quant aux raisons qui ont poussé les casteurs à faire ce choix surprenant. Lily, Maylis, Jessy et Ryan, qui constituent l'inattendu quatuor appelé à jouer les premiers rôles, n'en reviennent pas eux-mêmes...

TELERAMA
Le tournage d’un film social, où les acteurs sont des enfants malmenés par la vie. Une mise en abyme réussie.
On dirait que vous prenez que les pires… » Fine observatrice au visage impassible, Maylis (Mélina Vanderplancke) dit ça comme elle dit tout le reste, l’air de s’en foutre. Avec d’autres jeunes de la cité Picasso, à Boulogne-sur-Mer, l’adolescente participe à un casting d’acteurs non professionnels et note l’intérêt du réalisateur, un Belge chaleureux, pour les gamins cabossés, difficiles, les « cas sociaux ». Comme le petit Ryan (bouleversant Timéo Mahaut), genoux écorchés et grandes billes bleues, dont la tchatche ch’ti révèle, entre deux très gros mots, qu’il a vécu en famille d’accueil avant d’être placé chez sa sœur aînée. Une recrue idéale pour Gabriel (Johan Heldenbergh), le metteur en scène, qui entend raconter une histoire « pas facile facile », tournée en décors naturels avec des interprètes forcément criants de vérité.

Expertes du casting sauvage — c’était le sujet de leur remarquable court métrage Chasse royale (2016) —, Lise Akoka et Romane Gueret signent, avec ce premier long récompensé par le Grand Prix Un certain regard au dernier Festival de Cannes, une de ces mises en abyme qui passionnent les cinéastes. Sorte de « Nuit américaine des cassos », pour faire référence au classique de François Truffaut (1973), Les Pires chronique, à la manière d’une comédie dramatique sociale plutôt ensoleillée, le tournage d’un drame social franchement sombre. Moins pour sonder les affres d’un créateur (Huit et demi, de Federico Fellini) ou rire de catastrophes en série sur un plateau (Ça tourne à Manhattan, de Tom DiCillo) que pour interroger la pratique même de filmer, et la responsabilité qui en découle.

Ce questionnement, les autrices le prennent en charge notamment par le regard à la fois empathique et sans complaisance qu’elles posent sur leur homologue fictif, Gabriel. Qui aime ses acteurs en herbe mais tient plus encore, à 54 ans, à réussir son premier film, quitte à manipuler son monde — ainsi lorsqu’il exige de Ryan « une vraie rage » et accule le petit garçon à une éprouvante crise de nerfs. Concernant les clichés, la cinégénie de la misère — « Magnifique », s’emballe le réalisateur devant la façade lépreuse d’une barre de cité — ou la traque de l’émotion chez des amateurs, a fortiori des enfants, dépourvus de technique, le miroir tendu au septième art semble impitoyable.

Pourtant, loin de se limiter à cette peinture assez cruelle, Les Pires saisit aussi le meilleur de l’aventure : la beauté de ces gamins soudain considérés comme des héros, sachant que les parcours des interprètes et des personnages se recoupent parfois ; l’éclosion du talent de Lily (Mallory Wanecque) ; la joie de fabriquer une œuvre collective. La fierté de Ryan, enfin, qui assurait ne jamais pleurer (« Parce que j’ai jamais mal ») et dont les larmes « jouées » paraissent témoigner d’une réparation par l’entremise de la fiction. Le vertige du cinéma, entre effraction et catharsis, dans toute sa splendeur.
LES PIRES, Lise Akoka et Romane Guéret 2022, Mallory Wanecque, Loic Pech, Timéo Mahaut (social)@@@ (edit IPTC) (E)
Alors qu'un tournage se prépare dans une banlieue défavorisée de Boulogne-sur-Mer, un casting est organisé afin de choisir les acteurs appelés à interpréter les différents personnages. ...

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LES PLEINS POUVOIRS, Clint Eastwood 1997, Clint Eastwood, Scott Glenn


Luther Whitney est un Arsène Lupin moderne, un voleur élégant qui s'en est toujours pris aux riches. Arrivé au terme de sa longue carrière, il entreprend de dévaliser la résidence de Sullivan, un des hommes les plus riches de Washington, parti en voyage d'affaires avec sa jeune épouse, Christy. Tout se passe pour le mieux. Il s'apprête à repartir lorsqu'il découvre que la cloison de la chambre forte est un miroir sans tain qui donne sur la chambre à coucher. De l'autre côté de ce miroir, Luther assiste à un meurtre impliquant Christy et Richmond, le Président des Etats-Unis.

TELERAMA
A travers un miroir sans tain, Luther Whitney, alors qu'il cambriole le coffre à bijoux d'une somptueuse demeure, assiste à un jeu érotique alcoolisé et violent entre un homme et une femme. Des gardes du corps font irruption et abattent la femme. L'homme en question n'est autre que le président des Etats-Unis...
La séquence initiale est une leçon de mise en scène. Dans le regard du voyeur malgré lui, Eastwood reflète nos propres ambiguïtés de spectateur devant la violence. Auparavant, en quelques plans sobres, il a tracé un (auto-)portrait sympathique du monte-en-l'air au prénom de pasteur : voleur mais artiste. Et père couvant sa fille. Un héros vieillissant, mais qui s'amuse comme un gamin et laisse à d'autres le soin de mener l'enquête. Un homme toujours « impitoyable » (comme dans la scène limite où Luther braque une seringue sur le cou d'un homme de main). Nul n'est sans tache, et on ne se refait jamais tout à fait, semble glisser East­wood entre deux clins d'oeil à son mythe de dur à cuire.
Ni vrai thriller politique ni exercice hitchcockien, Les Pleins Pouvoirs culmine lors de scènes comme celle où Luther vampe le flic chargé de le coincer. L'acteur Clint, impassible et pourtant expressif, y prend un plaisir contagieux.
LES PLEINS POUVOIRS, Clint Eastwood 1997, Clint Eastwood, Scott Glenn (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Luther Whitney est un Arsène Lupin moderne, un voleur élégant qui s'en est toujours pris aux riches. Arrivé au terme de sa longue carrière, il entreprend de dévaliser la résidence de Sullivan ...

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LES SOUVENIRS, Jean-Paul Rouve 2014, Michel Blanc, Annie Cordy (societe)@@


Romain, 23 ans, a une belle relation avec sa grand-mère, 85 ans, qui se demande bien ce qu'elle fait dans une maison de retraite. Elle se sent tellement mal qu'elle décide de s'échapper.

TELERAMA
L’acteur-réalisateur adapte David Foekinos, tout en tendresse et mélancolie. Une ode à l’enfance et ce qu’il en reste.
Etre un jeune homme attentionné n'est pas de tout repos quand on a un père dépressif sans le savoir, une mère qui veut continuer à vibrer et, surtout, une grand-mère qui fugue vers ses souvenirs... Jean-Paul Rouve adapte le roman de David Foenkinos et ce n'est pas surprenant tant cette histoire de famille résonne avec Quand je serai petit, son film précédent. En fond musical, Charles Trenet chante Que reste-t-il de nos amours ?, mais ce qui compte, pour le cinéaste, c'est bien l'enfance et ce qu'il en reste. Les souvenirs ont du bon : c'est en recréant ceux d'une vieille dame que le héros trouve l'amour de sa vie dans une école maternelle. Et c'est en se rappelant une belle phrase, dite à 20 ans, qu'un vieil amoureux sauve son couple...

Rien de révolutionnaire, donc, mais Rouve le mélancolique, doué pour la tendresse réelle, sait rire aussi de la déprime. Le casting est à l'image de la complicité intergénérationnelle que prône le film : des valeurs sûres (Michel Blanc, Chantal Lauby), des jeunes prometteurs (le rigolo William Lebghil de la série Soda) et une grande dame du music-hall de 86 ans, Annie Cordy, qui rappelle qu'elle est aussi une grande comédienne. Tour à tour mutine et absente, robuste et soudain chancelante, elle est l'âme de ce film, la grand-mère de chacun.
LES SOUVENIRS, Jean-Paul Rouve 2014, Michel Blanc, Annie Cordy (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Romain, 23 ans, a une belle relation avec sa grand-mère, 85 ans, qui se demande bien ce qu'elle fait dans une maison de retraite. Elle se sent tellement mal qu'elle décide de s'échapper.

TELERAMA
L’ac ...

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LES TEMPS MODERNES, Charlie Chaplin (societe comique)@@@


Des troupeaux de moutons, puis des flots d'ouvriers sortent d'une usine. Charlot fait partie du nombre. Empêtré sur un tapis roulant, il est happé par les rouages d'une énorme `machine à manger', à laquelle il sert de cobaye.

TELERAMA
Un film culte qu’on ne se lasse pas de voir, une satire sociale à la fois hilarante et sans aucune concession.

Charlot en bleu de travail glissé dans les rouages d’une énorme machine : près d’un siècle plus tard, l’image est restée iconique. Elle symbolise l’enfer du travail à la chaîne, contrebalancé par le génie allègre du réalisateur. À force de serrer des boulons de manière mécanique, Charlot détraque le système et devient à moitié fou — il se met à poursuivre les femmes avec sa clé anglaise, prenant leurs boutons de robe pour des boulons. Un gag parmi d’autres dans cette satire burlesque et tendre, égayée par le regard amoureux posé sur sa jeune compagne d’alors, Paulette Goddard (lumineuse, sauvage, sensuelle).

Le film n’en est pas moins lucide et particulièrement attentif aux bouleversements de son temps, encore marqué par la Grande Dépression. On ne peut qu’être frappé par l’ensemble des motifs technologiques, sociaux et politiques : la misère des chômeurs, le drapeau rouge dans les manifestations ouvrières, la taylorisation forcée, les écrans de contrôle (déjà !), l’automatisation généralisée. Suite virtuose de quiproquos, l’intrigue emmène trois fois en prison Charlot, séjour qu’il apprécie puisqu’il y est nourri, logé et non contraint d’y trimer. Éternel vagabond dans l’âme, c’est un réfractaire qui s’ignore à tout embrigadement — il est volontaire pour le travail mais c’est le travail qui ne veut pas de lui, car il est trop lunaire.

Demi-succès à sa sortie, ce chef-d’œuvre brille enfin par sa sophistication plastique et harmonique. Chaplin a non seulement signé toutes les musiques, mais c’est lui qu’on entend chanter à la fin ce morceau légendaire au sabir incompréhensible. Cerise sur le gâteau d’un film non-parlant mais ô combien sonore.

LES TEMPS MODERNES, Charlie Chaplin (societe comique)@@@ (edit IPTC) (E)
Des troupeaux de moutons, puis des flots d'ouvriers sortent d'une usine. Charlot fait partie du nombre. Empêtré sur un tapis roulant, il est happé par les rouages d'une énorme `machine à manger', à l ...

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LES VISITEURS 1 Jean-Marie Poiré 1993, Jean Reno, Christian Clavier.



En l'an de grâce 1112, le comte de Montmirail et son fidèle écuyer, Jacquouille la Fripouille, vont se retrouver propulsés en l'an 1993 après avoir bu une potion magique fabriquée par l'enchanteur Eusaebius. Ainsi, ils auront l'occasion de se défaire d'un terrible sort.
LES VISITEURS 1 Jean-Marie Poiré 1993, Jean Reno, Christian Clavier (comique)@@@ (edit IPTC) (E)

En l'an de grâce 1112, le comte de Montmirail et son fidèle écuyer, Jacquouille la Fripouille, vont se retrouver propulsés en l'an 1993 après avoir bu une potion magique fabriquée par l'enchante ...

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LOST IN TRANSLATION, Sofia Coppola 2003, Bill Murray, Scarlett Johansson (societe)@@@


Bob Harris est un acteur américain dont la carrière semble s'essouffler. Il part à Tokyo tourner un spot publicitaire, non seulement pour gagner de l'argent mais également pour s'éloigner de sa femme. Sur place, il a bien du mal à s'accoutumer à la ville et passe la majorité de son temps dans son hôtel de luxe. Là-bas, il y rencontre Charlotte, une jeune Américaine tout juste diplômée qui est venue accompagner son mari photographe, John.

TELERAMA
Un homme, une femme. Un regard, un hôtel. On croit connaître la chanson. Et voilà que Sofia Coppola nous la chante à sa façon, limpide, unique. La femme, c’est Charlotte (Scarlett Johansson, en pleine éclosion), jeune mariée au visage bouffi de sommeil. Celui qui la regarde, c’est Bob, acteur du double de son âge, les traits figés dans une moue de perplexité caoutchouteuse.

Météorites déboussolées, ivres d’ennui et de solitude, Bob et Charlotte tournoient sur eux-mêmes avant de s’entrechoquer en douceur. Leur attraction est d’abord régie par le décalage horaire. Sofia Coppola donne à palper comme personne cette étrange maladie du voyageur condamné à vivre à contretemps, perdu dans un brouillard énergisant. Elle capte aussi la douleur fugace mais intense de l’étranger privé de ses repères. La plus petite connivence devient rassurante. Un seul regard est source d’apaisement.

Bob et Charlotte se rejoignent par solidarité métaphysique, unis par la beauté de leur silence dans le brouhaha tokyoïte. Interprétés par deux acteurs au jeu translucide et pénétrant, ils semblent éterniser le calme avant la tempête. Bob et Charlotte s’aiment-ils, s’aimantent-ils ou s’épaulent-ils simplement ? Sofia Coppola nous laisse résoudre l’énigme tout seuls, face à nous-mêmes, longtemps après la mystérieuse scène finale.
LOST IN TRANSLATION, Sofia Coppola 2003, Bill Murray, Scarlett Johansson (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Bob Harris est un acteur américain dont la carrière semble s'essouffler. Il part à Tokyo tourner un spot publicitaire, non seulement pour gagner de l'argent mais également pour s'éloigner de sa femme. Sur ...

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LOVE ACTUALLY, Richard Curtis 2003, Bill Nighy, Hugh Grant (sentimental)@@@


En cette veille de Noël, l'amour est partout, mais souvent imprévisible. Pour le nouveau Premier ministre britannique, il va prendre la forme d'une jeune collaboratrice. Pour l'écrivain au coeur brisé, il surgira d'un lac. Pour le témoin de mariage de son meilleur ami, pour ce veuf et son beau-fils, pour cette jeune femme qui adore son collègue, l'amour est l'enjeu, le but, mais aussi la source d'innombrables complications.

TELERAMA
À Londres, peu avant Noël, quelques personnages, solitaires ou blessés, retrouvent l’espoir… Le premier film du scénariste de “Quatre mariages et un enterrement” avec Hugh Grant dans le rôle de Tony Blair soudain amoureux. Cette comédie de Noël est sucrée comme un pudding et propose ce qui se faisait de mieux au rayon acteurs chez sa Très Gracieuse Majesté.

L’irrésistible Bill Nighy, dans le pantalon moulant d’une star du rock has been, réenregistre un de ses tubes en version de Noël, puis en fait la promo d’une manière peu anglicane. Hugh Grant, Premier ministre à l’humour ultra british, se déhanche sur les Pointer Sisters et vante les valeurs de son pays. Liam Neeson donne des conseils de séduction à son beau-fils, incarné par un rouquin qui depuis a fait du chemin. ­Emma Thompson voit son mari (Alan ­Rickman) lui échapper, mais se retient de pleurer. De rire, aussi, quand sa fille lui annonce fièrement quel personnage elle va jouer dans la crèche : un homard. Colin Firth apprend le portugais par amour. Il y a même une saynète dans laquelle Rowan Atkinson, en vendeur appliqué, rendrait dingue le dalaï-­lama lui-même…
LOVE ACTUALLY, Richard Curtis 2003, Bill Nighy, Hugh Grant (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
En cette veille de Noël, l'amour est partout, mais souvent imprévisible. Pour le nouveau Premier ministre britannique, il va prendre la forme d'une jeune collaboratrice. Pour l'écrivain au coeur brisé, il surgira d ...

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LULU FEMME NUE, Solveig Anspach 2013, Karin Viard, Bouli Lanners, Claude Gensac (thriller social)@@@


Parce qu'elle a manqué d'assurance au cours d'un entretien d'embauche, Lulu, mariée et mère de trois enfants, n'obtient pas le poste de secrétaire espéré. Dans un moment d'égarement et sans aucune préméditation, elle décide de ne pas rentrer chez elle et fuit dans une ville balnéaire de Vendée à la recherche d'un peu de liberté. Sur la côte, la fugueuse et timide quadragénaire est confrontée au manque d'argent et se met à la recherche d'un toit. Dans sa quête de renaissance, elle rencontre trois individus qui vont l'aider à se retrouver : un homme protecteur tout juste sorti de prison, une vieille femme rebelle et une employée harcelée par sa patronne...

TELERAMA
Soudain, Lulu, la quarantaine, décroche de son quotidien de mère de famille et s’attarde au bord de la mer… D’après la géniale bande dessinée d’Étienne Davodeau.

Femme ordinaire en fugue, Lulu, née dans une bande dessinée, est aussi une figure typique de la France en crise. Un énième entretien d’embauche raté, des responsabilités familiales écrasantes, un stress chronique et une déprime larvée l’accablent. Or, soudain, elle décroche. Elle manque le train du retour et s’installe à l’hôtel, au bord de la mer.

Avant même que la fiction se déploie, avec ses rebondissements en règle, le plus beau est le vide salvateur dans lequel cette antihéroïne revient à elle. C’est une femme nue au sens où elle se dépouille de ses atours d’épouse, de mère de famille, de chômeuse. Avec cette « nudité » revient l’ingénuité : il suffit d’un rien pour convertir le moins en plus et le mal en bien. Lulu croit apercevoir un cadavre sur la plage ? Ce sera, en fait, une sorte de prince charmant d’occasion, lui aussi en manque d’amour (Bouli Lanners). De même, quand la fugueuse, affamée, en vient à s’en prendre à une vieille dame (Claude Gensac) au sortir de l’épicerie, l’épisode marque, étonnamment, le début d’une cohabitation bienfaisante.

Ce film, chaleureux, parfois fantasque, marquait surtout les retrouvailles, quinze ans après, de la regrettée Sólveig Anspach avec son interprète et alter ego de Haut les cœurs ! (1998) — sur le combat contre le cancer. À la cinéaste, Karin Viard se donnait telle quelle, sans maniérisme ni effets spectaculaires. Son lâcher-prise émouvant fait un écho harmonieux à cette histoire d’émancipation, à cet éloge de la roue libre.
LULU FEMME NUE, Solveig Anspach 2013, Karin Viard, Bouli Lanners, Claude Gensac (thriller social)@@@ (edit IPTC) (E)
Parce qu'elle a manqué d'assurance au cours d'un entretien d'embauche, Lulu, mariée et mère de trois enfants, n'obtient pas le poste de secrétaire espéré. Dans un moment d'égarement et sans a ...

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MA FEMME EST UNE SORCIERE, Rene Clair 1944, Frederic March, Veronika Lake (comique fantastique)@@@


Au XVIIe siècle, avant d'être brûlés vifs, un sorcier et sa fille, la belle Jennifer, prononcent une malédiction à l'encontre de la famille du juge Wooley, condamnée à voir ses membres masculins ne faire que des mariages malheureux. Les siècles ont passé, le sorcier et sa fille reviennent pour empêcher le mariage de Wallace Wooley, un politicien, membre de la famille maudite.

TELERAMA
ce film débute sous un chêne. C’est là que sont enterrées depuis des siècles les cendres d’un sorcier et de sa fille Jennifer, condamnés au bûcher par les bien-pensants, et surtout par un certain Nathaniel Wooley. Un chêne d’où la jeune sorcière ricane encore de la malédiction qu’elle lança à tous les Wooley à venir : leurs mariages seront des naufrages… Jusqu’à cette nuit où un vrai coup de foudre, météorologique, libère Jennifer. Ravie d’exercer enfin sa vengeance, elle s’incarne en blonde incendiaire (Veronica Lake, piquante !) pour embraser le cœur de Wallace Wooley, descendant actuel de la maudite lignée. Mais l’amour est un drôle d’engin, moins obéissant qu’un balai…

René Clair, son élégance poétique et son goût pour la satire sociale s’installèrent à Hollywood dans les années 1940 et y firent des merveilles, comme cette comédie fantastique raffinée qui brocarde l’institution du mariage quand il est de raison. Quel rythme (la scène où Fredric March est sans cesse empêché d’atteindre l’autel), quelle légèreté dans ces amours surnaturelles entre un politicien guindé, sur le point de se marier, et une beauté maligne et futée, experte en courants d’air ! René Clair émaille leurs échanges de trouvailles magiques, qui valent bien tous les effets spéciaux d’aujourd’hui. Et il finit, rieur, sur une ode à la conjugalité, à condition qu’elle engendre des petites sorcières bien-aimées...
MA FEMME EST UNE SORCIERE, Rene Clair 1944, Frederic March, Veronika Lake (comique fantastique)@@@ (edit IPTC) (E)
Au XVIIe siècle, avant d'être brûlés vifs, un sorcier et sa fille, la belle Jennifer, prononcent une malédiction à l'encontre de la famille du juge Wooley, condamnée à voir ses membres m ...

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MADRES PARALELAS, Pedro Almodóvar 2021, Penelope Cruz, Milena Smit (societe)@@@


Deux femmes, Janis et Ana, se rencontrent dans une chambre d'hôpital, sur le point d'accoucher. Elles sont toutes les deux célibataires et sont tombées enceintes par accident. Janis, d'âge mûr, n'a aucun regret et durant les heures qui précèdent l'accouchement, elle est folle de joie. Ana en revanche, est une adolescente effrayée, pleine de remords et traumatisée. Janis essaie de lui remonter le moral alors qu'elles marchent telles des somnambules dans le couloir de l'hôpital.

TELERAMA
Avec “Madres paralelas”, le roi Pedro joue une nouvelle fois avec nos émotions.
La géométrie simple suggérée par le titre cache bien des zigzags autour de ces deux « mères parallèles », l’une quadragénaire, l’autre à peine sortie de l’adolescence. Après leur rencontre dans une maternité de Madrid et leurs accouchements simultanés, elles éprouveront, en effet, toutes sortes de sentiments aigus l’une pour l’autre. Et une tragédie viendra briser, au milieu du film, la symétrie apparente de leurs trajectoires. Depuis longtemps, chez Pedro Almodóvar, la surface est trompeuse. L’image reste séduisante, la lumière, flatteuse, et les décors, accueillants, mais la mélancolie et le chaos couvent.

Malgré un travail de photographe pour papier glacé et un magnifique appartement, la vie de Janis (Penélope Cruz) baigne ainsi dans une indéfinissable tristesse, une inquiétude diffuse. La mère célibataire gère son quotidien (femme de ménage, nounou à domicile ) avec froideur. Elle s’est accommodée de la perspective d’élever seule son enfant, puisque le père, amant désiré, n’était pas libre. Et voici qu’elle se met à douter, comme cet homme, revu de loin en loin, que le bébé soit véritablement le sien. La belle Janis sourit peu, comme si la méfiance et l’intranquillité l’avaient submergée.

Enterrer les morts et réparer les vivants
C’est que l’Espagne dépeinte par le cinéaste n’en finit pas de panser les plaies causées par des décennies de franquisme, jusqu’au milieu des années 70. Pays non réconcilié, puisque l’ancien dictateur a toujours des fans, mais surtout meurtri. L’arrière-plan très présent de Madres paralelas et la hantise de Janis sont la fosse commune où furent jetés certains de ses aïeux par des phalangistes, près de son village. Depuis, une loi d’amnistie invitant les Espagnols à un « pacte de l’oubli » (en 1977) a rendu difficile ou impossible l’ouverture de telles fosses. Janis se bat pour faire déterrer les victimes et les rendre à leurs familles. Un juriste et anthropologue en position de l’aider est ainsi apparu dans sa vie — et devenu le père supposé de son enfant.

Le thème de la restitution, Almodóvar le développe aussi au premier plan, et au présent, à travers l’histoire d’un échange malencontreux des deux bébés à la maternité. Contre toute attente, le réalisateur issu de la Movida, et chantre, alors, des familles électives, biscornues, fondées sur les seules affinités, signe donc, aujourd’hui, un éloge des liens du sang : tout le film tend à ramener chacun(e), vivant ou mort, auprès de sa famille biologique, d’une manière ou d’une autre. Mais ce mouvement n’a rien d’un repli. Il tient davantage d’un nécessaire travail de mémoire, de connaissance de soi et des autres.

Milena Smit, une héritière de la Movida

L’articulation, passablement rocambolesque, entre les deux intrigues peut apparaître comme un point faible de Madres paralelas : l’échange de nourrissons évoquerait, en creux, les trafics de bébés organisés avec la complicité de l’État sous Franco. Or ce parallèle-là n’est jamais explicité par les personnages. Si le film n’a pas tout le temps l’éclat magique des deux précédents longs métrages d’Almodóvar (Julieta, Douleur et gloire), il reste un modèle d’intensité. Le destin en marche, le tragique des existences s’y expriment comme chez bien peu de cinéastes aujourd’hui, remarquablement incarnés par Penélope Cruz (prix d’interprétation féminine à la Mostra de Venise) et ses partenaires, moins connus (Milena Smit, la jeune mère, Israel Elejalde, l’anthropologue). Tous s’acheminent vers un tableau final inoubliable, aussi bouleversant que réparateur.
MADRES PARALELAS, Pedro Almodóvar 2021, Penelope Cruz, Milena Smit (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Deux femmes, Janis et Ana, se rencontrent dans une chambre d'hôpital, sur le point d'accoucher. Elles sont toutes les deux célibataires et sont tombées enceintes par accident. Janis, d'âge mûr, n'a aucun regr ...

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MAL DE PIERRES, Nicole Garcia 2016, Marion Cotillard, Louis Rarrel (drame sentimental)@@@


Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole où son rêve d'une passion absolue fait scandale. À une époque où l'on destine d'abord les femmes au mariage, elle dérange, et on la croit folle. Ses parents la donnent à José, un ouvrier saisonnier, chargé de faire d'elle une femme respectable.

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Années 1950. Une jeune femme mal mariée découvre la passion… Nicole Garcia réussit son meilleur film. Marion Cotillard est superbe, entre intensité et retenue…
Dans la Provence des années 1950, où sa mère dirige une exploitation agricole, Gabrielle bout de frustration et de rage. Elle épouse un homme qu’elle n’aime pas et, dans un sanatorium, s’éprend d’un militaire, blessé en Indochine…

Toute la première partie, librement inspirée du roman de Milena Agus, est âpre, intranquille : sûrement ce que Nicole Garcia a réussi de mieux. La sensualité accable tant elle écrase. L’amour sans espoir du mari aussi… Ensuite, la folie amoureuse qui s’empare de Gabrielle, son étonnement, une fois enceinte, de ne jamais recevoir de réponse de son amant à ses lettres reposent sur l’osmose visible de la réalisatrice avec la comédienne Marion Cotillard. Chez Nicole Garcia, les hommes sont beaux, virils et rassurants, en dépit de leurs failles secrètes. Alors que les femmes, sous un regard empreint de tendresse, n’en finissent pas de tomber.

On sait l’étonnante expressivité du visage de Marion Cotillard, dont elle se sert non pour exhiber les sentiments, mais pour les réfréner au maximum. L’émotion qu’elle dégage est toujours nette, précise, affinée. C’est ce cache-cache constant entre épure et intensité qui rend le film troublant.
MAL DE PIERRES, Nicole Garcia 2016, Marion Cotillard, Louis Rarrel (drame sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole où son rêve d'une passion absolue fait scandale. À une époque où l'on destine d'abord les femmes au mariage, elle dérange, et on la croit folle. ...

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MAMMA MIA, Phyllida Lloyd 2008, Meryll Streep,Amanda Seyfried, Pierce Brosnan, Colin Firth


C'est en 1999, sur l'île grecque de Kalokairi que l'aventure commence, dans un hôtel méditerranéen isolé, la villa Donna, tenu par Donna, sa fille Sophie et le fiancé de Sophie, Sky. Juste à temps pour son mariage prochain, Sophie poste nerveusement trois invitations destinées à trois hommes bien différents dont elle pense que l'un d'eux est son père. De trois points du globe, trois hommes s'apprêtent à retourner sur l'île et vers la femme qui les avait enchantés 20 ans auparavant.
MAMMA MIA, Phyllida Lloyd 2008, Meryll Streep,Amanda Seyfried, Pierce Brosnan, Colin Firth@@@@ (edit IPTC) (E)
C'est en 1999, sur l'île grecque de Kalokairi que l'aventure commence, dans un hôtel méditerranéen isolé, la villa Donna, tenu par Donna, sa fille Sophie et le fiancé de Sophie, Sky. Juste à te ...

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MANCHESTER BY THE SEA, Kenneth Lonergan 2016, Casey Affleck, Michelle WilliamsKyle Chandler (thriller social)@@@


L'histoire des Chandler, une famille de classe ouvrière, du Massachusetts. Après le décès soudain de son frère Joe, Lee est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick. Il se retrouve confronté à un passé tragique qui l'a séparé de sa femme Randi et de la communauté où il est né et a grandi.

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Un homme, séparé de sa femme et qui a fui sa ville natale, vient de perdre son frère et doit devenir, malgré lui, le tuteur de son neveu âgé de 16 ans.

Pour les Américains de la côte Est, Manchester by the Sea est un port de pêche et une station balnéaire. Pour le héros trentenaire, Lee, c’est un champ de ruines. Homme à tout faire dans une entreprise de plomberie en banlieue de Boston, il a fui le monde de sa jeunesse. À la mort de son grand frère, il doit pourtant reprendre en urgence la route de son village natal, où il est désigné tuteur de son neveu adolescent. Un voyage dans le passé commence, sur les lieux de l’effroyable tragédie qui a détruit la vie de Lee et l’a lesté à jamais d’un sentiment de culpabilité.

Casey Affleck, acteur fascinant, donne au film une grande dignité : alors que tout, rencontres et réminiscences, devrait provoquer des torrents de larmes ou des cris de douleur chez le personnage, le comédien résiste, lointain, impassible. C’est une éthique de jeu, mais qui dessine aussi un héros endurci jusqu’à l’os, minéralisé par le chagrin, sans plaisirs ni désirs.

La galerie des endeuillés recèle une autre figure passionnante, l’ado désormais sans père, dont Lee est supposé devenir le tuteur. Il se montre cynique, revêche, occupé à une sexualité compulsive, avant une volte-face imprévisible, bascule du récit… Manchester by the Sea dépasse la chronique émouvante d’un retour au pays. Au-delà de son ancrage réaliste — communauté de marins prolétaires, lumière hivernale —, le drame se fait lyrique, devient peu à peu un conte, presque une chanson folk.
MANCHESTER BY THE SEA, Kenneth Lonergan 2016, Casey Affleck, Michelle WilliamsKyle Chandler (drame social)@@@ (edit IPTC) (E)
L'histoire des Chandler, une famille de classe ouvrière, du Massachusetts. Après le décès soudain de son frère Joe, Lee est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick. Il se retrouve confro ...

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MANON DES SOURCES, Claude Berri, Yves Montand, Elisabeth Depardieu, Daniel Auteuil, Emmanuelle Beart (saga)@@


Dix ans plus tard. Manon vit dans la grotte de Baptistine dans les collines tandis que Ugolin culpabilise, amoureux fou de la belle. Elle va découvrir la source qui alimente le village et la détourner. Elle tient enfin sa vengeance. Peu à peu les langues du village se délient. La loi du silence est rompue et le Papet et Ugolin sont accusés d'avoir tué le père de Manon, Jean de Florette. Pour le Papet une autre terrible vérité éclate.

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Autant Jean de Florette souffrait d'être un peu boursouflé, autant cette suite est plus équilibrée, plus émouvante aussi. Claude Berri décrit surtout la violence de l'amour malheureux et du désir assoiffé de vengeance. On retrouve les composantes rétro. Côté intérieur, lit rustique, montre à gousset, soupe fumante ; côté extérieur, profusion d'oeillets rouge sang, tapage des grillons et claire fontaine.

Le dépliant est assez factice, mais, curieusement, ça passe. Les acteurs font du bon boulot. Montand est émouvant dans la lecture finale de la lettre. Emmanuelle Béart, peau de pêche, galbes voluptueux, campe une Manon tout à fait crédible. Quant à Auteuil, les éloges décernés à l'époque sont toujours valables : il est bouleversant. Le premier grand rôle d'une seconde carrière qui est celle que l'on sait aujourd'hui.

MANON DES SOURCES, Claude Berri 1986, Yves Montand, Elisabeth Depardieu, Daniel Auteuil, Emmanuelle Beart (saga)@@@ (edit IPTC) (E)
Dix ans plus tard. Manon vit dans la grotte de Baptistine dans les collines tandis que Ugolin culpabilise, amoureux fou de la belle. Elle va découvrir la source qui alimente le village et la détourner. Elle tient enfin sa veng ...

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MARIE ANTOINETTE, Sofia Coppola 2006, Kirsten Dunst, Jason Schwartzman (histoire bio)@@@


Évocation de la vie de la reine d'origine autrichienne, épouse mal-aimée de Louis XVI. Au sortir de l'adolescence, une jeune fille découvre un monde hostile et codifié, un univers frivole où chacun observe et juge l'autre sans aménité. Mariée à un homme maladroit qui la délaisse, elle est rapidement lassée par les devoirs de représentation qu'on lui impose. Elle s'évade dans l'ivresse de la fête et les plaisirs des sens pour réinventer un monde à elle.

TELERAMA
Sous les froufrous de la cour, Sofia Coppola enregistre les battements d’un cœur juvénile, celui de la jeune Marie-Antoinette (Kirsten Dunst), reine de la frivolité, mais aussi femme-enfant perdue dans un monde insensé.

La démarche de Sofia Coppola apparaît vite et clairement. Scénario conforme, dans ses grandes lignes, à celui établi par les historiens (une épaisse biographie signée Antonia Fraser a servi de référence). Mais, pour le reste, quartier libre. Sofia Coppola ne fait pas semblant d’être française ni d’avoir vécu au XVIIIe siècle. Non seulement on parle anglais à Versailles, et comme des Californiens (ce ne sera pas la première ni la dernière fois), mais on y déambule, drague, danse et déprime sur des morceaux de punk-rock et de pop (de Bow Wow Wow à Phoenix en passant par The Cure et New Order). Tout est passé au filtre des références de la réalisatrice, de ses goûts et de ses couleurs – orgie de pâtisseries pastel et de tissus assortis. Sans oublier la paire de Converse abandonnée au milieu des chaussures d’époque.

Les films en costumes se partagent souvent entre l’impasse de la reconstitution mortifère et l’écueil des efforts trop voyants pour l’éviter. Marie-Antoinette, théoriquement exposé au second risque, inquiète un peu, au début. L’installation de la princesse à Versailles (à l’âge de 14 ans) paraît s’étirer plus que de raison, entre la monumentalité muséifiée du lieu et le volontarisme du dépoussiérage. Et puis « ça » arrive sans crier gare. Quoi ? Que l’agencement des plans, des scènes, l’insistance des anecdotes (Louis XVI incapable d’honorer son épouse) et l’écume des musiques produisent ensemble bien davantage que leur simple somme. Que tout un flux d’émotions imprévues advienne, au-delà de l’appareillage d’un sujet trop connu et de son traitement iconoclaste.
Cette plus-value mystérieuse qui se répand peu à peu comme un parfum au-dessus de la cour de France a de quoi raviver l’antédiluvienne politique des auteurs. Car il s’agit de la même essence délicate que dans Virgin Suicides et Lost in Translation. Vu le contexte, il est presque miraculeux que la cinéaste l’ait reconstituée. Superproduction, Marie-Antoinette est pourtant un nouveau voyage au centre d’une psyché juvénile. L’auscultation d’un indicible sentiment de désarroi et d’isolement malgré un continuum de fastes et de fêtes.

Que la jeune femme s’appelle Marie-Antoinette n’est jamais secondaire. Mais Sofia Coppola a trouvé naturellement les passerelles entre le Versailles Grand Siècle et l’Occident contemporain. Exemple : le déni d’intimité (le couple royal doit tout faire en public ou presque) ne saurait nous laisser indifférents. De même, le culte névrotique voué un temps par la reine (période fermière) à la nature, tocade de privilégiée qui n’engendre qu’une nouvelle bulle. Instrumentalisée par sa mère l’impératrice d’Autriche (Marianne Faithfull), Marie-Antoinette suit le parcours d’une jeune star d’aujourd’hui, princesse people ou gagnante d’une émission de télé-réalité, qui obtient tout sans avoir rien décidé. Folle de fringues, grisée de luxe et de champagne, abreuvée de témoignages d’amour, puis de haine.

Ivresse du gaspillage
Comme Ludwig de Visconti (sur Louis II de Bavière) ou Le Soleil de Sokourov (sur l’empereur japonais Hirohito), le film dit le drame des puissants au cuir trop tendre, que la géopolitique assomme ou effraie. Installés au pouvoir à 20 ans à peine, Louis XVI et Marie-Antoinette ne songent qu’à se retrancher dans leurs petits mondes respectifs. Leur immaturité et leur inconscience (merveilleusement rendues par Jason Schwartzman et Kirsten Dunst) donnent d’autant mieux le vertige que Sofia Coppola n’insiste jamais sur les signes avant-coureurs de la disgrâce. Toujours au plus près de son héroïne, elle la suit avec le sérieux qu’il convient, dans ses lubies, ses amours (avec un beau comte suédois, donc), sa mélancolie, sa frivolité. Ivresse du déballage, du gaspillage – de robes, de perruques, de décors.

Une vie passe à toute vitesse, de l’adolescence à la trentaine, à grignoter des macarons, à s’assommer de plaisirs ruineux ou à batifoler avec les enfants endimanchés dans les jardins du Petit Trianon. Une vie comme un brouillon de lycéenne, mais il n’y aura pas de version « au propre ». Sofia Coppola a choisi d’arrêter son récit au moment du départ de Versailles, bien lui en a pris. Marie-Antoinette se termine par l’image stupéfiante de deux enfants contraints de quitter à jamais leur terrain de jeux, mais qui, au lieu de fondre en larmes, manifestent une impressionnante dignité. Roi et reine, soudain. Et trop tard.

En 1770, la jeune princesse autrichienne Marie-Antoinette apprend que sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse, a conclu avec le roi de France un accord prévoyant l'union des deux familles régnantes. Immédiatement, à 14 ans, elle doit tout abandonner pour se rendre à Versailles. Une fois en France, elle rencontre le Dauphin, à qui elle est promise. Malgré le faste de leurs noces, les deux jeunes gens ne parviennent pas à consommer leur union. Peu exercée à manier l'hypocrisie de la cour, Marie-Antoinette constate que la noblesse de Versailles ne l'apprécie guère. Sa vie bascule à nouveau lorsque Louis XV meurt. Marie-Antoinette accède alors au trône de France aux côtés du placide Louis XVI. Mais les folles dépenses qu'elle engage à la cour la rendent vite impopulaire...
MARIE ANTOINETTE, Sofia Coppola 2006, Kirsten Dunst, Jason Schwartzman (histoire bio)(vo)@@@ (edit IPTC) (E)
Évocation de la vie de la reine d'origine autrichienne, épouse mal-aimée de Louis XVI. Au sortir de l'adolescence, une jeune fille découvre un monde hostile et codifié, un univers frivole où chacun ...

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MARQUISE, Véra Belmont, 1997, Sophie Marceau, Bernard @@Giraudeau, Patrick Timsit (cape et epee)


Pour échapper à une vie de misère, Marquise accepte d'épouser René du Parc, dit aussi Gros-René, comédien et auteur comique dans la troupe de Molière. D'abord employée pour ses talents de danseuse, Marquise s'initie au métier de comédienne et devient la maîtresse de Molière. Quand la petite troupe se produit à Versailles, Marquise, par sa beauté, fait sensation auprès de Louis XIV.

TELERAMA
“ Marceau est sans doute une casse couilles mais sa beauté fait perdre la tête au soleil. Dommage que l'ensemble reste d'un niveau médiocre. ”

Sophie Marceau : Marquise
Lambert Wilson : Racine
Bernard Giraudeau : Molière
Patrick Timsit : Du Parc
Thierry Lhermitte : Louis XIV
Anémone : La Voisin
Remo Girone (en) : Jean-Baptiste Lully
Georges Wilson : Floridor
Franck de Lapersonne : Philippe d'Orléans « Monsieur »
Marianne Basler : Henriette d'Angleterre
Estelle Skornik : Marie
Victoria Peña : Marie-Thérèse d'Autriche
Christine Joly : Madeleine
Anne-Marie Philipe : Catherine de Brie
Romina Mondello : Armande Béjart
Stéphane Boucher : Louis Béjart
Olivier Achard : Monsieur de Saint-Loup
Patrice Melennec : Giacomo de Gorla, père de Marquise
Beatrice Palme : Geneviève
Francisco Casares : Gorgibus
Guillermo Antón : Charles
Éric Boucher : Brécourt
Jacques Pater :
Massimo Pittarello :
Simón Andreu : L'Abbé de Cosnac
Carlotta Jazzetti : La fillette
Milaura Allegrini :
Eve Bitoun :
Antonio Cantafora :
Ginevra Colonna :
Alexia Murray :
Francesca DeRose :
Flaminia Fegarotti :
Daniele Ferretti :
Paolo Fosso :
Sara Franchetti : La mère de Marquise
Emanuela Garuccio :
Micaela Giustiniani :
Luciano Luminelli :
Luggi Marturano :
Emanuela Murari : Mademoiselle (non créditée)
Sonia Aquino :
Louis Per Bruno : Marquis Leroy (aka Pierre Arkansas)
Gérard Moulévrier :
MARQUISE, Véra Belmont, 1997, Sophie Marceau, Bernard Giraudeau, Patrick Timsit (histoire)@@ (edit IPTC) (E)
Pour échapper à une vie de misère, Marquise accepte d'épouser René du Parc, dit aussi Gros-René, comédien et auteur comique dans la troupe de Molière. D'abord employée pour ses ...

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MARY, Marc Webb 2017, Chris Evans, Mckenna Grace


Au décès de sa soeur, Frank Adler s'est vu confier la garde de sa nièce Mary. L'enfant considère Frank comme son père. Jusqu'ici, il a pu lui faire l'école à la maison mais, désormais trop grande, Mary doit intégrer l'école primaire. Rapidement, la petite fille s'ennuie. Elle est brillante et a un don pour les mathématiques. L'institutrice conseille à Frank de l'inscrire dans une école pour surdoués. Frank refuse l'idée de faire de Mary un singe savant.

TELERAMA
Retour à la comédie dramatique pour Marc Webb, une fable rafraîchissante, une ode à la famille et à l’épanouissement, ce film dégage une poésie pleine de douceur et d’humanisme.
MARY, Marc Webb 2017, Chris Evans, Mckenna Grace (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Au décès de sa soeur, Frank Adler s'est vu confier la garde de sa nièce Mary. L'enfant considère Frank comme son père. Jusqu'ici, il a pu lui faire l'école à la maison mais, désormais ...

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MINUSCULE la vallee des fourmis perdues, Hélène Giraud et Thomas Szabo 2014 (animation)@@@


Dans une paisible forêt, les reliefs d'un pique-nique déclenchent une guerre sans merci entre deux bandes rivales de fourmis convoitant le même butin: une boîte de sucres! C'est dans cette tourmente qu'une jeune coccinelle va se lier d'amitié avec une fourmi noire et l'aider à sauver son peuple des terribles fourmis rouges...

TELERAMA
Les aventures épiques, désopilantes et très inspirées d’une bande de fourmis noires et de leur copine coccinelle. Pas de dialogues, mais des bruitages très expressifs. Pas d’anthropomorphisme, mais un irrésistible humour… entomologique.

Pour ces fourmis noires, une boîte à sucre abandonnée, c’est le jackpot… En la transportant, l’escouade d’ouvrières affronte une bande rivale (l’infâme équipe des fourmis rouges), adopte au passage une adorable petite coccinelle perdue et vit un tas d’autres épreuves, comiques ou trépidantes. Ici, tout est affaire d’échelle. Plus c’est petit, plus c’est grand. À hauteur d’insecte, les cailloux sont des falaises ; les lézards, des tyrannosaures. Adapté d’une série télé du même nom, le film en reprend le principe : des personnages animés dans des décors naturels filmés en prises de vues réelles. Après tant d’anthropomorphisme forcé au pays de l’animation, c’est rafraîchissant : ces héros-là bougent comme de vrais insectes, ne marchent pas sur deux pattes et ne causent pas. Un long métrage sans dialogues, il fallait oser. Mais le film est tout sauf muet. Ça vrombit et ça bourdonne sans cesse, dans une bande-son hilarante et expressive.

Mais Minuscule est d’abord un conte. Cet univers insolite n’interdit rien, pas même une incursion du côté de l’épopée. Lorsque, entre fourmis rouges et noires, la guerre éclate pour de bon, on se croirait dans Le Seigneur des anneaux : ambiance héroïque et grand spectacle garantis.
MINUSCULE la vallee des fourmis perdues, Hélène Giraud et Thomas Szabo 2014 (nature animation)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans une paisible forêt, les reliefs d'un pique-nique déclenchent une guerre sans merci entre deux bandes rivales de fourmis convoitant le même butin: une boîte de sucres! C'est dans cette tourmente qu'une jeune coc ...

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MOI DANIEL BLAKE, Ken Loach 2016 (societe)@@@


Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l'aide sociale à la suite de problèmes cardiaque. Cependant, bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l'obligation d'une recherche d'emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au job center, Daniel va croiser la route de Rachel, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d'accepter un logement à 450 km de chez elle.

TELERAMA
Un doc politique et cinéphile, passionnant et poignant, pour comprendre le système des sanctions administratives mis en place au Royaume-Uni. Ken Loach remporte ici sa deuxième Palme d’or.
Le héros de ce calvaire ordinaire met toute son énergie dans la bataille. Sa bonté, son humour le rendent proche, attachant, presque désuet : un survivant du Welfare State, l’État-providence à l’anglaise, jadis torpillé par Margaret Thatcher. Lorsque Daniel rencontre Katie, une jeune mère célibataire démunie, il lui offre son aide. C’est par elle que le cinéaste rappelle qu’il est question, ici, de vie ou de mort. De la vraie faim et de la vraie misère. Dans une banque alimentaire, Katie, qui n’a pas mangé depuis plusieurs jours, s’effondre… Cette scène déchirante évoque autant l’Angleterre victorienne que celle d’aujourd’hui. Manière, pour Ken Loach, de nous dire que dans le monde moderne, ce n’est pas Daniel Blake qui est anachronique. C’est la violence sociale.
MOI DANIEL BLAKE, Ken Loach 2016 (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l'aide sociale à la suite de problèmes cardiaque. Cependant, bien que son médecin lui ait inter ...

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MOI TONYA, Craig Gillespie 2017, Margot Robbie (sport histoire)@@@


TELERAMA
Tiré d’un fait divers qui passionna le monde, le documentaire fictif, signé Craig Gillepsie, réhabilite Tonya Harding, championne de patinage artistique déchue.

Le 6 janvier 1994, la jeune patineuse artistique Nancy Kerrigan est attaquée à la ­matraque à l’issue de son entraînement. Très vite, les soupçons se portent sur l’autre star de l’équipe américaine, Tonya Harding, accusée d’avoir commandité l’agression pour empêcher sa rivale de participer aux jeux Olympiques.

Un réjouissant jeu de massacre
L’Australien Craig Gillespie a reconstitué ce fait divers sous la forme d’un faux documentaire. Chacun des protagonistes donne sa version de l’histoire, cherchant à se donner le beau rôle — ou le moins mauvais possible. Ce parti pris narratif est une manière habile de rappeler l’ultra-médiatisation de l’affaire Harding, qui passionna le monde entier. Il se révèle aussi un puissant moteur d’humour noir, notamment quand le montage, un rien roublard mais efficace, vient pointer les contradictions des uns et des autres.

Dans ce réjouissant jeu de massacre, seules sont épargnées l’entraîneuse très patiente interprétée par Julianne Nicholson. Et surtout Tonya Harding elle-même. Sans être complètement innocentée, la championne déchue, un temps la femme la plus haïe d’Amérique, est réhabilitée par le réalisateur et sa tête d’affiche, Margot Robbie, aussi bluffante patins aux pieds que sensible dans son jeu. Grâce à elle, la comé­die féroce de Moi, Tonya se ­révèle, aussi, un émouvant portrait de femme.
MOI TONYA, Craig Gillespie 2017, Margot Robbie (sport histoire)@@@ (edit IPTC) (E)
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Tiré d’un fait divers qui passionna le monde, le documentaire fictif, signé Craig Gillepsie, réhabilite Tonya Harding, championne de patinage artistique déchue.

Le 6 janvier 1994, la j ...

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MORT A VENISE, Luchino Visconti 1971, Dirk Bogarde, Silvana Bangano (drame sentimental)@@@


Un compositeur vieillissant vient chercher à Venise une atmosphère propice à l'épanouissement de son art. N'y trouvant aucune inspiration, sa passion se réveille à la vue d'un jeune adolescent.

TELERAMA
Il y a dans la nouvelle de Thomas Mann cette phrase d’un romancier qui a le blues : « Aschenbach sentit une fois de plus avec douleur que le langage peut bien célébrer la beauté, mais n’est pas capable de la restituer. » Alors Visconti s’interroge : le cinéma peut-il le faire ? Peut-il « restituer la beauté » de ce jeune homme, Tadzio, au visage apollinien ? Ce garçon aimante le regard d’Aschenbach (Dirk Bogarde), l’obsède au point de l’empêcher d’écrire et de quitter Venise, si bien qu’on se demande si c’est plutôt le choléra ou la beauté qui le consume… Mort à Venise interroge le cinéma et ses pouvoirs en multipliant les zooms et les dézooms sur l’objet du regard (une bonne façon de se poser des questions), comme si sa capacité à restituer cette beauté-là n’allait pas de soi, que déjà s’en approcher n’avait rien d’anodin. La perfection est-elle vraiment parfaite quand elle est éphémère ? On entend : « Rien n’est si impur que l’impureté de la vieillesse. » Ce jeune homme a des traits miraculeux mais il est comme tout le monde, périssable. Contrairement peut-être aux symphonies de Mahler qui remplacent les mots. Jusqu’au dénouement, sublime…
MORT A VENISE, Luchino Visconti, Dirk Bogarde, Silvana Bangano (drame sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Un compositeur vieillissant vient chercher à Venise une atmosphère propice à l'épanouissement de son art. N'y trouvant aucune inspiration, sa passion se réveille à la vue d'un jeune adolescent.
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MY LADY, Richard Eyre 2017, Emma Thomson, Stanley Tucci, Fionn Whitehead (societe sante)@@@


Magistrate à la Haute Cour de Londres, Fiona est spécialiste en affaires familiales. Elle s’attache à faire primer « l’intérêt de l’enfant », comme le stipule le Children Act, voté au Royaume-Uni en 1989. À la veille d’un week-end, une requête urgente : un médecin demande à soigner de force un adolescent atteint de leucémie. Témoin de Jéhovah, Adam refuse toute transfusion sanguine. « L’intérêt » du jeune homme se trouve-t-il dans le respect de ses convictions religieuses ou dans la contrainte d’accepter le traitement médical qui pourrait lui sauver la vie ?

TELERAMA
Ian McEwan a lui-même adapté pour l’écran son court et magnifique roman sur la responsabilité individuelle. L’Intérêt de l’enfant, devenu My Lady — quel titre curieux… —, est le portrait poignant d’une femme confrontée, à l’aube de la soixantaine, à l’une des décisions les plus douloureuses de sa vie professionnelle, alors même que son mariage part en lambeaux. La finesse psychologique du romancier est illustrée sans fioritures par la sobre mise en scène de Richard Eyre, au prix, parfois, d’un certain statisme…

Ce sont les comédiens qui donnent au film son intensité. Face au troublant Fionn Whitehead (le jeune soldat de Dunkerque, remarquable), Emma Thompson livre une des performances les plus riches de sa carrière. Dans son jeu d’une précision millimétrée, la perfection technique, le contrôle du moindre geste, du moindre souffle ne brident jamais l’émotion ; ils la subliment.
MY LADY, Richard Eyre 2017, Emma Thomson, Stanley Tucci, Fionn Whitehead (societe sante)@@@ (edit IPTC) (E)
Magistrate à la Haute Cour de Londres, Fiona est spécialiste en affaires familiales. Elle s’attache à faire primer « l’intérêt de l’enfant », comme le stipule le Children Act, ...

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NAPOLEON, Abel Gance 1927, Albert Dieudonné (histoire bio saga)@@@


L’épopée napoléonienne d’Abel Gance dans sa « Grande Version » inédite et définitive. Après 16 ans d’une aventure collective sans précédent dans l’histoire de La Cinémathèque française, le public est enfin invité à venir juger sur pièce un film que nul n’a jamais vu depuis 1927. Une reconstruction exemplaire menée par Georges Mourier, et dotée d'une partition inédite due au talent de Simon Cloquet-Lafollye, enregistrée par les musiciens des orchestres de Radio France.

TELERAMA
Le film de tous les records est enfin restauré dans sa « grande version » de sept heures. L’occasion de mesurer combien Abel Gance, cinéaste habité, était aussi visionnaire.

Il y a quelque chose de vertigineux, de très émouvant, aussi, à redécouvrir aujourd’hui un classique du cinéma muet qui n’était plus visible depuis près d’un siècle dans la version voulue par son auteur. Napoléon vu par Abel Gance a connu bien des avatars depuis sa toute première séance publique au palais Garnier, le 7 avril 1927, dans une version « courte » de trois heures quarante-sept. Un mois plus tard, le cinéaste de J’accuse présente au Théâtre Apollo une version longue de neuf heures. Puis retourne à nouveau en salle de montage pour aboutir à une « grande version » de sept heures destinée aux salles qui, en raison de sa durée hors normes, verra son exploitation réduite à néant. Ne pouvant se résoudre à l’invisibilisation de son grand œuvre, Gance va lui-même le mutiler à plusieurs reprises, allant jusqu’à le sonoriser et à tourner de nouvelles scènes pour espérer conquérir un plus large public. En quatre-vingt-dix-sept années d’existence, Napoléon va ainsi cumuler une vingtaine de versions différentes (parfois très éloignées du projet originel) et faire l’objet de cinq restaurations.

La sixième, que vient d’achever le réalisateur et chercheur Georges Mourier pour la Cinémathèque française, est assurément la plus ambitieuse par son ampleur. Il aura fallu plus de quinze ans de travail, de nombreuses innovations numériques et 4,5 millions d’euros (ce qui en fait la « reconstruction » la plus chère de l’histoire du cinéma) pour faire renaître la « grande version » chère à Abel Gance : sept heures, découpées en deux époques, qui couvrent dix-sept années de la vie de Napoléon Bonaparte, de son passage à l’école militaire de Brienne jusqu’à la campagne d’Italie, en passant par la chute de la royauté ou l’assassinat de Marat (joué par Antonin Artaud).

Film de guerre, western, comédie romantique…
Il y a de quoi être intimidé devant un tel monument. Même si certaines séquences, plombées par le jeu outrancier de certains comédiens, accusent le poids des ans. Même si les quatre-vingts minutes consacrées – semblent durer le double. Même si la vision hagiographique du grand homme, présenté comme le sauveur de la Révolution française, tourne à l’imagerie sulpicienne – Napoléon mis en scène par Abel Gance et incarné par un Albert Dieudonné habité, c’est à la fois Dieu le Père, le Christ et le Saint-Esprit (l’aigle impérial remplaçant évidemment la colombe)… Dans un discours de 1891 resté célèbre, Georges Clemenceau invitait les députés à considérer la Révolution française comme « un bloc dont on ne peut rien distraire » : on l’accepte dans son intégralité (exécutions de masse de la Terreur incluses), ou on la rejette. Un point de vue d’autant plus partagé par Abel Gance que la formule pourrait s’appliquer à son film lui-même : la « grande version » de Napoléon est bien un « bloc », dont les excès, les maladresses, l’emphase sont indissociables de son audace créatrice, de sa splendeur, de son lyrisme digne des plus belles pages de Victor Hugo. Un exemple, rare, de cinéma total, qui brasse tous les genres : film de guerre, bien sûr, pour célébrer les premiers exploits militaires du jeune Bonaparte ; mais aussi western à la John Ford quand Napoléon fuit à cheval ses rivaux paolistes dans le maquis corse ; comédie romantique, à travers la rencontre, savoureuse, du général mal dégrossi et de la séductrice Joséphine de Beauharnais ; et comédie tout court, le tout flirtant, parfois, avec le fantastique.

La narration, elle aussi, fait preuve d’originalité avec de longues digressions historiques et la mise en avant de personnages fictifs « ordinaires » qui sont à la fois les témoins du destin napoléonien et ceux qui veillent sur lui. Tristan Fleuri (le formidable acteur russe Nicolas Koline), tour à tour commis de cuisine à Brienne, aubergiste à Toulon, greffier indulgent du tribunal révolutionnaire et fidèle grognard de l’armée d’Italie, est l’incarnation bienveillante, humoristique du peuple, quand sa fille Violine (la future star Annabella) en représente la dimension tragique, sacrificielle.

Gance invente le split-screen avant la lettre
Mais la sidération est, d’abord, d’ordre esthétique. Pionnier de l’avant-garde, Abel Gance semble avoir voulu repousser toutes les limites, techniques et formelles, de son art. Ça commence dès l’emballant prologue à Brienne, où une bataille de boules de neige est filmée en caméra subjective (comme si l’appareil était fixé sur les projectiles) avant que l’écran ne se transforme en damier lors d’un autre affrontement entre les aspirants officiers, à coups de polochons cette fois. Un peu plus loin, Gance fait un montage parallèle somptueux entre deux tempêtes : celle, littérale, qu’affronte Napoléon sur un frêle voilier au large de la Corse et, celle, métaphorique, à la Convention, qui oppose les Girondins au parti de Robespierre. Et que dire de ce travail sur les surimpressions (jusqu’à seize dans le même plan !) qui emmène la représentation cinématographique aux limites de l’abstraction…

Le film se conclut en apothéose avec vingt-cinq minutes de campagne d’Italie en « polyvision » : l’écran s’élargit, se détriple, pour accueillir trois images tournées par trois caméras différentes. Plus encore que le procédé technique en lui-même, c’est son utilisation inventive qui éblouit, à la fois tournée vers le futur et nourrie par la tradition. Gance ne se contente pas de formats panoramiques pour insérer des centaines de figurants dans le même plan : il invente le split-screen avant la lettre (trois images, trois actions ou points de vue différents) ; et, à d’autres moments, retrouve la grâce des retables mystiques du Moyen Âge dans des triptyques stupéfiants de beauté où, entre autres merveilles, le futur empereur à cheval se dédouble pour encadrer un simple soldat marchant vers la victoire. Le bouquet final d’un feu d’artifice visuel.

France, 1927 (deux époques, 3h47 et 3h27). En ciné-concert à la Scène musicale, Boulogne-Billancourt (92), les 4 et 5 juillet, à 18h. En intégralité à la Cinémathèque française les samedis et dimanches, à 14h30, jusqu’au 21 juillet. En salles le 10 juillet (cinémas Pathé). Et au Festival Radio France Occitanie Montpellier (Le Corum, Opéra Berlioz), les 18 et 19 juillet à 20h.
UNE PARTITION HORS NORMES
Film de tous les superlatifs, Napoléon vu par Abel Gance l’est aussi par son accompagnement musical : sept heures de partition d’une traite… Simon Cloquet-Laffolye, le compositeur chargé de cette tâche herculéenne, a pioché dans le répertoire symphonique pour tricoter, façon patchwork, 148 extraits puisés chez 48 auteurs différents, du baroque (Haydn) au contemporain (Penderecki). Avec des pièces très célèbres (la « Barcarolle » des Contes d’Hoffmann, d’Offenbach, la Sixième de Malher) et d’autres (signées Philippe Gaubert, Anatoli Liadov ou Guy Ropartz) qui le sont beaucoup moins. Malgré quelques fautes de goût (« La Mort de Siegfried », de Wagner, qui rajoute du grandiloquent à la grandiloquence pour illustrer le siège de Toulon), le résultat, interprété par les orchestres et le chœur de Radio France, est bluffant.
NAPOLEON, Abel Gance 1927, Albert Dieudonné (histoire bio saga)@@@ (edit IPTC) (E)
L’épopée napoléonienne d’Abel Gance dans sa « Grande Version » inédite et définitive. Après 16 ans d’une aventure collective sans précédent dans l’h ...

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NE UN 4 JUILLET, Oliver Stone 1989, Tom Cruise, Oliver Stone (guerre)@@@


L'adolescent de la banlieue new-yorkaise Ron Kovic s'enrôle dans les Marines. Au cours de sa deuxième tournée au Vietnam, il tue accidentellement un camarade et devient plus tard paralysé au combat.

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Un brave patriote part faire la guerre au Vietnam. Il en revient brisé, écœuré et handicapé… Saisissante déconstruction du rêve américain, tirée d’une autobiographie et portée par l’étonnante composition de Tom Cruise.

Ron Kovic est vraiment né un 4 juillet (en 1946), le jour de la fête nationale aux États-Unis. Jeune homme athlétique, il veut passionnément défendre son pays contre la menace communiste et il est persuadé que la virilité, c’est la force physique, la violence, la victoire, et l’admiration des femmes. La guerre est donc un accomplissement mais au Vietnam, tout est réduit en miettes : son système de valeurs, confronté à une réalité moins héroïque, son propre corps, mutilé, et le regard de son pays, indifférent au sort des combattants. Ce n’est pas fini. Le jeune prince chutera encore, avant de mener un autre combat.

Ce sont des rites de passage que filme Oliver Stone, lui aussi vétéran du Vietnam, et auparavant patriote viriliste. Le cinéaste passe d’une imagerie à la Norman Rockwell aux sept cercles de l’enfer, dont le traitement sordide des blessés dans les hôpitaux militaires. Tout en n’ayant jamais paru aussi sensible, il orchestre cette déconstruction du rêve américain de façon parfois un peu bancale. Cependant, il a trouvé en Tom Cruise un frère de Ron Kovic. Comme lui, le jeune Cruise a ce côté boy-scout, sa détermination à réussir est effrayante et son agitation, perpétuelle. Ce rôle lui demande aussi une vulnérabilité, qu’on ne reverra pas de sitôt dans sa filmographie. Il est ce héros qui, en apprenant à perdre, gagne en humanité, et en protestant finalement contre la guerre, retrouve un sens à sa vie.

SYNOPSIS
Né le 4 juillet 1946, jour de la fête nationale aux Etats-Unis, Ron Kovic drape volontiers ses rêves de jeune homme idéaliste dans les plis du drapeau étoilé. Enthousiaste, il s'engage dans les Marines et part servir son pays et la cause de la liberté au Viêtnam. Il ne tarde pas à découvrir que la réalité ne s'habille pas du même drapeau que ses rêves naïfs : la guerre est atroce, la cause injuste et l'ennemi invisible. Grièvement blessé à la colonne vertébrale, devenu hémiplégique, il est soigné dans un hôpital sordide du Bronx. Autour de lui, d'autres soldats de son âge, infirmes, que l'opinion américaine considère non comme des héros, mais comme de véritables parias, tortionnaires et assassins de femmes et d'enfants...
NE UN 4 JUILLET, Oliver Stone 1989, Tom Cruise, Oliver Stone (guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
L'adolescent de la banlieue new-yorkaise Ron Kovic s'enrôle dans les Marines. Au cours de sa deuxième tournée au Vietnam, il tue accidentellement un camarade et devient plus tard paralysé au combat.

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NI UNE NI DEUX Anne Giafferi 2019, Mathilde Seigner, François-Xavier Demaison (comique)@@@


Suite à une opération de chirurgie esthétique ratée, une comédienne fait appel à un sosie pour la remplacer sur son prochain tournage; sans se douter qu'il s'agit de sa propre soeur jumelle dont elle ignorait l'existence

TELERAMA
Mathilde Seigner joue un double rôle : des jumelles séparées durant l’enfance (une actrice, une coiffeuse). Certes, la réalisation manque de lâcher-prise. Mais Anne Giafferi sait imaginer de vraies idées de comédie.
Petite surprise que cette comédie avec Mathilde Seigner dans un double rôle : des jumelles séparées durant l’enfance. Une actrice et une coiffeuse. La seconde va bien sûr remplacer la première sur les plateaux. La réalisatrice (créatrice de Fais pas ci, fais pas ça ) ne tire pas toujours le meilleur de chaque situation, mais déploie de belles idées loufoques, tendance Hollywood des années 1930. Elle égratigne gentiment le milieu du cinéma, ose la mise en abyme. Léger vertige.
NI UNE NI DEUX Anne Giafferi 2019, Mathilde Seigner, François-Xavier Demaison (comique)@@@ (edit IPTC) (E)
Suite à une opération de chirurgie esthétique ratée, une comédienne fait appel à un sosie pour la remplacer sur son prochain tournage; sans se douter qu'il s'agit de sa propre soeur jumelle dont ell ...

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NO COUNTRY FOR OLD MAN, Joel and Ethan Coen 2007, Ed Tom Bell, Anton Chigurh (western)@@@


A la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Quand il prend les deux millions de dollars qu'il découvre à l'intérieur du véhicule, il n'a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer. Moss a déclenché une réaction en chaîne d'une violence inouïe.

TELERAMA
En grande forme, les frères Coen revisitent le mythe de l’Ouest américain. Dingo et terrifiant.
D'emblée, les cadavres pleuvent. Le premier est celui d’un jeune shérif, étranglé sauvagement par un type bizarre au regard fou, qui trimballe une lourde bouteille (d’oxygène ?). Puis c’est un carnage au milieu de nulle part : plusieurs pick-up criblés de balles autour desquels gisent une demi-douzaine de corps, bilan sanglant d’un gros deal de came qui a mal tourné…

Les Coen sont au meilleur de leur forme dans un genre de film noir bien à eux, cocktail improbable d’angoisse, d’humour absurde et d’esquisse philosophique qui a fait le sel de Fargo et de The Barber. Chez eux, la terreur va de pair avec le grotesque, mais elle monte crescendo. Vers la fin, le film ralentit, gagné par une lenteur mélancolique, une méditation qui n’a plus rien de sarcastique. On voit alors se dessiner le portrait d’un homme qui ne reconnaît plus son pays ni son père. Un homme hanté par la perte.
NO COUNTRY FOR OLD MAN, Joel and Ethan Coen 2007, Ed Tom Bell, Anton Chigurh (western)@@@ (edit IPTC) (E)
A la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de ca ...

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NOS SOLEILS, Carla Simon 2022 (societe)@@


Depuis des générations, les Solé passent leurs étés à cueillir des pêches dans leur exploitation à Alcarràs, un petit village de Catalogne. Hélas, la récolte de cette année pourrait bien être la dernière, car ils sont menacés d'expulsion.

TELERAMA
Ils doivent quitter leurs vergers pour faire place à des panneaux solaires… Une chronique familiale forte, Ours d’or à Berlin en 2022.

Des arbres, des rires d’enfants : un sentiment de bonheur intemporel ouvre ce film espagnol, salué par l’Ours d’or du festival de Berlin en 2022. Tournée en Catalogne, dans la plaine d’Alcarràs, par une jeune réalisatrice qui a là ses origines familiales, cette fiction aux airs de documentaire vient opportunément nous parler des Hommes et de la terre. Un lien ancestral menacé : chez les Solé, qui cultivent des pêches, la fin d’un monde s’annonce. Le grand-père n’a pas de titre de propriété pour ses immenses vergers, donnés sur parole par un homme qu’il avait sauvé, en le cachant pendant la guerre. Mais le fils de ce Pinyol a décidé de tirer un trait sur le passé et sur les arbres, qu’il arrachera à la fin de l’été pour installer des panneaux solaires…

Autour de cette histoire qu’on croirait avoir vraiment entendue dans un village, une splendide chronique estivale s’organise, entre plaisir des habitudes et tensions nouvelles provoquées par le compte à rebours qui a été lancé. Le père Solé, en charge de l’exploitation, s’en prend aux lièvres, qui viennent lui manger ses fruits, tout comme à son ado de fils, qui s’est mis à cultiver des plants de cannabis, cachés dans un champ de maïs. Les femmes sont rabrouées aussi quand elles prétendent pouvoir aider à la cueillette, réservée aux hommes. C’est bien le seul moment qui ne serait pas partagé par tous, dans cette tribu d’inséparables où l’on ne dit jamais avec des mots l’affection qu’on se porte, ni combien on tient à cette vie au milieu des vergers.

Une œuvre de résistance exemplaire
En dirigeant des non-professionnels, la cinéaste Clara Simón construit des portraits marquants, à la fois bruts et subtilement élaborés. En témoignent, par exemple, ces plans sur le grand-père, le plus solitaire des Solé, lorsqu’il contemple ses arbres, dont il connaît toute l’histoire. Son dialogue avec la terre raconte un partage, une solidarité aussi, à travers le souvenir de la main tendue aux Pinyol. Autant de valeurs désormais abandonnées. Autour de la maison familiale, « l’empire solaire » que décrie le père pose ses jalons, commence à effacer la mémoire des lieux, comme s’ils n’étaient que surface utile. Mais sur l’écran, c’est tout le contraire que l’on voit.

Nos soleils est une œuvre de résistance exemplaire. Le réalisme du film va, bien sûr, de pair avec une vision pessimiste : un vent mauvais s’est levé sur Alcarràs et sur l’Espagne, où le recours aveugle à l’énergie photovoltaïque a eu des effets désastreux. Les producteurs de fruits comme les Solé ont subi aussi la guerre des prix menée par la grande distribution. « On extermine la paysannerie ! », les entend-on crier dans une scène de manif. Malmenés, méprisés, ils peuvent se sentir déjà balayés, comme le père quand il ne peut plus retenir ses larmes. Le temps, malgré tout, est avec eux : dans ce tableau d’époque, Clara Simón fait passer un peu d’éternité. La beauté d’un paysage fertile. La force de ceux qui ont là leurs racines, quoi qu’il arrive. Et la joie d’être à leurs côtés, de leur côté.

Alcarràs (Espagne, 2h). Scénario : Carla Simón, Arnau Vilaró | Avec Jordi Pujol Dolcet, Anna Otín, Xènia Roset, Albert Bosch. Mercredi 19 février, 23h15, Arte. Puis sur Arte.tv.

NOS SOLEILS, Carla Simon 2022 (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Depuis des générations, les Solé passent leurs étés à cueillir des pêches dans leur exploitation à Alcarràs, un petit village de Catalogne. Hélas, la récolte de cet ...

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NOTRE DAME BRULE, Jean-Jacques Annaud 2022 (histoire catastrophe)@@@


Une reconstitution heure par heure de l'invraisemblable réalité des évènements du 15 avril 2019, lorsque la cathédrale subissait le plus important sinistre de son histoire. Et comment des femmes et des hommes vont mettre leurs vies en péril dans un sauvetage rocambolesque et héroïque.

TELERAMA
Le 15 avril 2019, la cathédrale Notre-Dame s’enflamme. À la manière d’un reportage en direct, ce film raconte de façon informative et surtout prenante l’étonnant déroulé des événements, nous transportant au cœur du grand spectacle de l’incendie.

Pour reconstituer l’incendie qui faillit ravager le joyau du patrimoine français, le 15 avril 2019, le réalisateur de La Guerre du feu (1981) et du Nom de la rose (1986) a d’abord misé sur ses talents de conteur. D’une manière aussi efficace qu’éclairante, il remet en ordre de bataille le déroulement d’une journée qui fonçait, l’air de rien, vers la catastrophe… Car c’est justement le 15 avril 2019 qu’un nouveau surveillant de la sécurité incendie arrive à Notre-Dame. Le temps de se familiariser avec les voyants, ils virent au rouge ! Il faut appeler le grand chef, qui ne répond pas : il tond sa pelouse ! Vérification faite, c’était une fausse alerte. Mais ce n’est pas au bon endroit qu’on a regardé…

Une malignité entêtée semble s’être emparée de tous les faits et gestes, jusqu’à provoquer un contre-la-montre dont le film tire les meilleurs effets. Par tous les moyens, mêlant vraies images d’infos, faux reportage et cinéma de reconstitution en studio, Jean-Jacques Annaud a voulu nous donner une vision globale d’un désastre que quelques images saisissantes avaient fini par résumer. Le résultat surprend. Très documenté sans être pour autant documentaire, il interroge parfois. Les pompiers étaient-ils vraiment d’une raideur aussi héroïque ? Leur action, en tout cas, est montrée dans toute sa démesure. Des toits de Notre-Dame ruisselle du plomb en fusion. Et le souffle de l’incendie nous saisit.
NOTRE DAME BRULE, Jean-Jacques Annaud 2022 (histoire catastrophe)@@@ (edit IPTC) (E)
Une reconstitution heure par heure de l'invraisemblable réalité des évènements du 15 avril 2019, lorsque la cathédrale subissait le plus important sinistre de son histoire. Et comment des femmes et des hom ...

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NOUS NOUS SOMMES TANT AIMES, Ettore Scola 1974, Vittorio Gassman, Nino Manfredi, Federico Fellini, Stefania Sandrelli, Marcello Mastroianni (sentimental)@@@


Trois amis, qui se sont connus dans le maquis, se retrouvent régulièrement après la guerre et tombent amoureux de la même femme. Ils évoluent avec plus ou moins d'aisance dans l'Italie moderne.

TELERAMA
De l’après-guerre aux années 1970, trois amis unis par la Résistance, par l’amour d’une même femme, ballottés, malmenés par les vicissitudes du temps, de la politique, de la vie. Ils vieillissent sous nos yeux, attachants, abîmés et magnifiques.

Chaque fois, ce film foisonnant, qui embrasse avec ses héros tout un pan d’histoire de l’Italie, nous offre d’émouvantes retrouvailles. Scola propose un rendez-vous avec la mémoire : la sienne, celle de sa génération ; mais aussi la nôtre, face à l’éternel retour d’un trio de comédiens inégalables, Vittorio Gassman, Stefano Satta Flores, Nino Manfredi. En eux, Scola puise le meilleur, travaillant la forme de son récit pour mieux creuser le temps. Combats perdus, idéaux brouillés : le constat d’une vie — trois vies — est amer, et pourtant constamment nimbé de dérision, de tendresse pour ses personnages.

On y croise aussi De Sica, Fellini ou Mastroianni dans leurs propres rôles. Nous nous sommes tant aimés est aussi une déclaration d’amour vibrante au cinéma italien, alors déclinant et désorienté, comme les héros de ce mélancolique chef-d’œuvre.
NOUS NOUS SOMMES TANT AIMES, Ettore Scola 1974, Vittorio Gassman, Nino Manfredi, Federico Fellini, Stefania Sandrelli, Marcello Mastroianni (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Trois amis, qui se sont connus dans le maquis, se retrouvent régulièrement après la guerre et tombent amoureux de la même femme. Ils évoluent avec plus ou moins d'aisance dans l'Italie moderne.

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NOUVEAU DEPART, Cameron Crowe 2011, Matt Damon, Scarlett Johansson


Père célibataire, Benjamin Mee a du mal à élever ses deux jeunes enfants. Espérant resserrer les liens familiaux, il décide de prendre un nouveau départ, démissionne et achète une vieille maison sur une immense propriété, qui a la particularité d'abriter un zoo délabré. Plusieurs dizaines d'animaux vivent en effet au Rosemoor Animal Park, où la gardienne Kelly Foster et son équipe dévouée tentent de maintenir les installations tant bien que mal.
NOUVEAU DEPART, Cameron Crowe 2011, Matt Damon, Scarlett Johansson@@@ (edit IPTC) (E)
Père célibataire, Benjamin Mee a du mal à élever ses deux jeunes enfants. Espérant resserrer les liens familiaux, il décide de prendre un nouveau départ, démissionne et achète u ...

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NOWHERE IN AFRICA, Caroline Link 2001, Merab Ninitze, Juliane Kohler


Quand elle avait cinq ans, l'écrivaine Stefanie Zweig a quitté l'Allemagne de Hitler avec sa mère pour rejoindre son père au Kenya, dans une pauvre ferme du bush où celui-ci, ayant perçu la menace mortelle du nazisme, avait trouvé un emploi. Plus tard, elle a tiré du grand amour qu'elle a immédiatement éprouvé pour les gens et les lieux un roman autobiographique, qui fut un best-seller en Allemagne.

TELERAMA
Grands bourgeois juifs, les Redlich fuient in extremis l'Allemagne nazie en 1938. Au Kenya, où ils ont trouvé refuge, ils n'ont plus rien. Walter, l'avocat, trime comme fermier. Jettel, son élégante épouse, supporte mal l'exil et la vie rurale. Pendant ce temps, Regina, leur fillette, découvre, fascinée, les coutumes et le rythme africains. Elle apprend à aimer passionnément son pays d'accueil.

Cette histoire de choc culturel est traitée sur le mode de la fresque dépaysante. Il y a de sensibles interprètes, de belles images et de grands sentiments. Une sorte d'Out of Africa vu à travers les yeux d'une enfant, puis d'une ado. Mais ces qualités recèlent des faiblesses qui se retournent contre le film : les grands sentiments paraissent bien mièvres, la rencontre avec l'Afrique ressemble à une collection de jolis poncifs, du serviteur noir sagace-et-dévoué aux panoramas touristiques sur un Kenya qu'on aurait préféré moins décoratif. Dommage. C.Mu.
NOWHERE IN AFRICA, Caroline Link, Merab Ninitze, Juliane Kohler (saga)@@@ (edit IPTC) (E)
Quand elle avait cinq ans, l'écrivaine Stefanie Zweig a quitté l'Allemagne de Hitler avec sa mère pour rejoindre son père au Kenya, dans une pauvre ferme du bush où celui-ci, ayant perçu la menace m ...

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OPPENHEIMER, Christopher Nolan 2023, Cillian Murphy, Emily Blunt (histoire guerre)@@@


En 1942, convaincus que l'Allemagne nazie est en train de développer une arme nucléaire, les États-Unis initient, dans le plus grand secret, le Projet Manhattan destiné à mettre au point la première bombe atomique de l'histoire. Pour piloter ce dispositif, le gouvernement engage J.

TELERAMA
Retraçant la palpitante trajectoire du père de la bombe atomique, le maître des blockbusters réussit un biopic aussi subtil qu’incarné. “Oppenheimer” a raflé sept récompenses aux Oscars 2024.
Christopher Nolan est un réalisateur brillant mais qui divise. Il a ses détracteurs, qui n’apprécient guère son excès de sophistication et sa froideur conceptuelle. Nolan les aurait-il entendus ? Oppenheimer est son film le plus attachant et le plus simple, formellement au moins, sur ce cas pourtant complexe de Robert Oppenheimer, surnommé le « père de la bombe atomique ». Voici un biopic empathique, sans être hagiographique, qui s’inspire d’une biographie parue en 2005, signée Kai Bird et Martin J. Sherwin. À la différence du légendaire Einstein (qui apparaît ici de manière savoureuse), le rôle majeur et l’implication directe d’Oppenheimer dans la Seconde Guerre mondiale, à travers le bombardement de Hiroshima et de Nagasaki, font de lui une figure mythique de tragédie, glorieuse et maudite.

Tout le désigne au départ comme un scientifique doué doublé d’un érudit, juif éclairé et bienfaisant, qui traverse l’Europe dans sa jeunesse, étudie à Cambridge. Digne d’une aventure romanesque est le premier tiers du film, qui fait découvrir le sympathisant du parti communiste dans les années 1930, l’amateur d’art, le polyglotte connaissant le sanskrit et capable d’apprendre le néerlandais en un semestre, l’amoureux transi d’une brune sagace et torride. L’homme, à l’allure de privé avec son chapeau, a bien quelques faiblesses, que le réalisateur glisse finement — sa gaucherie dans les travaux pratiques en labo, une forme de passivité tourmentée qui le confine à s’enfermer dans une position de martyr. Malgré tout, il fait tôt partie de l’élite scientifique. Et en 1941, une opportunité se présente, dans l’urgence. Une course contre la montre est alors engagée avec l’Allemagne dans la fabrication de la bombe atomique. Pour y parvenir, un colonel de l’armée américaine (Matt Damon) lui propose de diriger le « projet Manhattan ». Par patriotisme et conviction antinazie, Oppenheimer accepte et monte une équipe qui réunit le fleuron de la physique internationale.

C’est en plein désert du Nouveau-Mexique que se concrétise le projet, dans le cadre d’une base secrète. Cette partie du film ne manque pas de piquant, tant ce site surréel tient du western — « Il ne manque plus que le saloon », fait remarquer l’épouse du physicien. Là sera pourtant produite la première bombe atomique, dans des circonstances qui semblent rétrospectivement assez aléatoires — rien ne dit, lors de l’essai Trinity, que la planète ne va pas y passer. Oppenheimer est déjà conscient que sa création révolutionnaire peut le dépasser.

La force indéniable du portrait composé par Nolan tient dans sa dualité : il montre son personnage comme un génie du bien et du mal. Un sauveur et un destructeur, en proie à des dilemmes moraux. Un monstre d’orgueil et d’égoïsme, mais conscient de l’être et qui se sent coupable. Après une conférence qu’il donne, où il est fêté en héros national, il descend des marches et semble agrippé par un cadavre noirci de cendres. Brève séquence magnifique de hantise.

Le cauchemar est aussi celui que le scientifique vit lors de la commission d’enquête diligentée par le FBI, en 1954, période hargneuse de maccarthysme. Il est accusé d’avoir été un espion de l’URSS, interrogé et harcelé, on met en question son intégrité. Sur la violence des dirigeants américains, capables d’honorer l’intelligence avant de l’écraser, le film est cinglant. Le suspect émacié et maigre — Cillian Murphy, formidable en visionnaire aux pieds d’argile — encaisse. Lors de l’entrevue avec Harry S. Truman dans son bureau présidentiel, Oppenheimer fait part de son inquiétude quant à l’escalade de la course aux armements avec les Soviétiques. Une fois sorti, il entend le chef d’État lancer : « Je ne veux plus revoir ce pleurnichard. » Des « pleurnichards » comme Oppenheimer, l’humanité en a pourtant besoin.
OPPENHEIMER, Christopher Nolan 2023, Cillian Murphy, Emily Blunt (histoire guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
En 1942, convaincus que l'Allemagne nazie est en train de développer une arme nucléaire, les États-Unis initient, dans le plus grand secret, le Projet Manhattan destiné à mettre au point la première ...

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OUISTREHAM, Emmanuel Carrère 2021, Juliette Binoche, Hélène Lambert (societe)@@@


Marianne Winckler, écrivaine reconnue, entreprend un livre sur le travail précaire. Elle s'installe près de Caen et, sans révéler son identité, rejoint une équipe de femmes de ménage. Confrontée à la fragilité économique et à l'invisibilité sociale, elle découvre aussi l'entraide et la solidarité qui unissent ces travailleuses de l'ombre.

TELERAMA
Vivre la vie d’une femme de ménage, quelques mois, telle fut l’expérience de Florence Aubenas, relatée dans son livre Le Quai de Ouistreham, en 2010. Qu’Emmanuel Carrère signe l’adaptation ajoute une dimension à la fois troublante et évidente. D’une part, il a écrit autrefois le récit d’une longue imposture — L’Adversaire, en 2000, sur l’affaire Jean-Claude Romand. D’autre part, il a réfléchi à la possibi­lité de se mettre à la place de ceux qui souffrent le plus dans D’autres vies que la mienne (2009).

Immense Juliette Binoche
Dès que Marianne (la Aubenas de la fiction) se retrouve intégrée à une brigade de nettoyage de ferries trans-Manche, le cinéaste fait entrer en résonance une multitude de détails con­crets (du vocabulaire de ­l’encadrement à la saleté nauséabonde des lieux à nettoyer, en passant par les douleurs physiques causées par le travail) qui disent crûment l’exploitation, l’humiliation, la relégation. Ce monde d’aubes glacées, de trajets épuisants, est d’autant plus vrai que s’y expriment, par ailleurs, une solidarité, une entraide. Les collègues de Marianne finissent par s’attacher à cette femme plus âgée qu’elles, sans liens ni perspectives.

La simulatrice, qui ambitionne de rendre visibles les invisibles du ferry, est aussi une traîtresse en puissance : elle trompe la confiance de ses nouvelles amies. Cette contradiction et l’hypothèse d’être démasquée font l’objet d’un suspense au fur et à mesure que Marianne s’identifie à son « personnage » : on ­devient qui on imite. Au livre d’origine, le film superpose enfin une « couche » supplémentaire de jeu, le travail d’une grande actrice. Dans l’épure totale, entourée de non-profes­sionnels remarquables, Juliette Bionche trouve là l’un de ses rôles les plus marquants.
OUISTREHAM, Emmanuel Carrère 2021, Juliette Binoche, Hélène Lambert (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Marianne Winckler, écrivaine reconnue, entreprend un livre sur le travail précaire. Elle s'installe près de Caen et, sans révéler son identité, rejoint une équipe de femmes de ménage. ...

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OUT OF AFRICA Sydney Pollack 1985, Meryl Streep, Robert Redford@@


Après une déception amoureuse, la jeune Danoise Karen décide de se marier et de s'embarquer pour l'Afrique. Vite délaissée par un mari volage, elle se consacre à la culture des caféiers et fait figure de pionnière. Son amitié pour l'aventurier Denys se transformera en amour mais elle ne saura pas retenir cet homme épris de liberté. Out of Africa est la sixième des sept collaborations entre Sydney Pollack et Robert Redford.
OUT OF AFRICA Sydney Pollack 1985, Meryl Streep, Robert Redford (aventure saga)@@@ (edit IPTC) (E)
Après une déception amoureuse, la jeune Danoise Karen décide de se marier et de s'embarquer pour l'Afrique. Vite délaissée par un mari volage, elle se consacre à la culture des caféiers et fa ...

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PAR EFFRACTION, Anthony Minghella 2007, Jude Law, Juliette Binoche (societe)@@


Will traverse une période difficile avec Liv, sa compagne. Il vient en plus d'installer son cabinet d'architecte paysagiste dans King's Cross, un quartier de Londres en pleine réhabilitation. Ses luxueux locaux attirent une bande du coin qui le cambriole à répétition. Excédé, Will finit par suivre l'un des jeunes voleurs jusque chez lui où le jeune homme, Miro, vit avec sa mère, Amira, une réfugiée bosniaque.

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Pour mettre fin aux vols dont son cabinet est victime, un architecte bobo (Jude Law) décide de mener lui-même l'enquête. Il suit l'un des voleurs et pénètre dans un monde insoupçonné, à quelques pâtés de maisons : celui d'une réfugiée bosniaque (Juliette Binoche), la mère du voleur, qui survit grâce à des travaux de couture...

Par effraction, denier long métrage d'Anthony Minghella, parle de la mixité urbaine, du télescopage entre deux univers qui se côtoient mais s'ignorent. Le jeune voleur est coupable, mais aussi victime : de l'histoire de son pays, de l'exclusion, de sa condition sociale qui lui interdit de devenir, lui aussi, architecte. Quant au héros, cette infortune lui ouvre des horizons. Anthony Minghella, l'auteur du Patient anglais, filme le déniaisage amoureux et social de son personnage avec ­subtilité. On regrette d'autant plus un ­dénouement un brin trop fleur bleue... — Juliette Bénabent
PAR EFFRACTION, Anthony Minghella 2007, Jude Law, Juliette Binoche (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Will traverse une période difficile avec Liv, sa compagne. Il vient en plus d'installer son cabinet d'architecte paysagiste dans King's Cross, un quartier de Londres en pleine réhabilitation. Ses luxueux locaux attirent une ba ...

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PARASITE, Bong Joon Ho 2019, Song Kang-Ho, Woo-sik Choi (hriller)(palme d or)@@@


Les quatre membres de la famille Ki-taek sont proches, mais sont au chômage et ont un avenir sombre. Le fils, Ki-woo, est recommandé par son ami pour un emploi de tuteur bien rémunéré, faisant naître l'espoir d'un revenu régulier. Portant les attentes de toute sa famille, il passe une entrevue. En arrivant chez M.

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La famille Kim vivote dans un sous-sol humide. Le fils va assurer des cours particuliers d’anglais à la jeune fille d’une famille richissime, dans leur villa magnifique…

On ne dira rien de la suite, sinon que ce septième film de Bong Joon-ho (Memories of Murder, Snowpiercer…) regorge de surprises et de retournements de situation. La Palme d’or 2019 (et Oscar du meilleur film) offre un cocktail détonant de satire grinçante et de thriller sociopolitique. On peut aussi parler de farce, de film de terreur, d’allégorie sur l’atomisation violente de la société. Ce mélange des genres, Bong Joon-ho l’orchestre brillamment, avec la volonté viscérale de divertir et de faire réfléchir en même temps. On emploie « viscérale » à dessein, Parasite déployant une symbolique forte autour du tréfonds des êtres, de ce qui est enfoui, honteux.

D’abord rigolard, le film est gagné par la hargne vengeresse et la cupidité dévorante. Reflet du monde néolibéral, sans foi ni loi, le système est si pernicieux que tout se brouille. Bong Joon-ho décrit avec virtuosité tout un ensemble d’interactions sociales, à travers des métaphores mêlant l’organique et le psychique.

De scène de cache-cache vaudevillesque en barbecue virant à la bataille sanglante, de course-poursuite en méga-inondation, Parasite captive, déroute et ne manque pas, finalement, d’émouvoir.
PARASITE, Bong Joon Ho 2019, Song Kang-Ho, Woo-sik Choi (hriller)(palme d or)@@@ (edit IPTC) (E)
Les quatre membres de la famille Ki-taek sont proches, mais sont au chômage et ont un avenir sombre. Le fils, Ki-woo, est recommandé par son ami pour un emploi de tuteur bien rémunéré, faisant naître ...

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PARTIR, Catherine Corsini 2009, Kristin Scott thomas, Yvan Attal, Sergi Lopez (drame sentimental)@@@


Suzanne a la quarantaine. Femme de médecin et mère de famille, elle habite dans le sud de la France, mais l'oisiveté bourgeoise de cette vie lui pèse. Elle décide de reprendre son travail de kinésithérapeute. A l'occasion des travaux, elle fait la rencontre d'Ivan, un ouvrier en charge du chantier qui a toujours vécu de petits boulots et qui a fait de la prison. Leur attraction mutuelle est immédiate et violente et Suzanne décide de tout quitter pour vivre cette passion dévorante.

TELERAMA
Une bourgeoise s’éprend d’un ouvrier… Loin des conventions et des clichés, une tragédie au lyrisme sobre porté par un beau trio d’acteurs, avec une Kristin Scott Thomas superbe.

Le mari, la femme, l'amant... Et une passion soudaine, irrésistible, bousculant la quiétude ensoleillée de Nîmes. Presque un roman de Françoise Sagan, en théorie. Ou un film de François Truffaut sur l'enfer amoureux. Mais ici, ce n'est pas le sentiment qui domine, si intense soit-il, mais l'argent. Suzanne et Ivan, ce couple improbable (« la bourgeoise et le prolo », ricane le mari), ont beau s'aimer — la réalisatrice filme crûment leurs étreintes —, ils se heurtent moins au qu'en-dira-t-on qu'au fric tout-puissant. C'est si facile, quand on est un notable respecté, de passer quelques coups de fil pour priver d'argent l'épouse infidèle, et de travail le rival détesté...

Catherine Corsini croit au poids des classes sociales sur les êtres. Suzanne mise son avenir, sa vie auprès de cet ouvrier. Et c'est précisément cette « faute » (elle le quitte pour un « inférieur ») que ne peut excuser son mari... Kristin Scott Thomas a toujours eu l'art de suggérer le trouble d'un personnage. Ici, elle change de visage — parfois extrêmement belle, parfois presque moche — en fonction des sentiments qui l'assaillent. Avec elle, pour elle, Catherine Corsini a réussi un film au lyrisme sobre. Une tragédie miniature, construite en courtes scènes, qui, entre deux retours au noir — des entractes —, semblent filer droit vers l'inéluctable.
PARTIR, Catherine Corsini 2009, Kristin Scott thomas, Yvan Attal, Sergi Lopez (drame sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Suzanne a la quarantaine. Femme de médecin et mère de famille, elle habite dans le sud de la France, mais l'oisiveté bourgeoise de cette vie lui pèse. Elle décide de reprendre son travail de kinésit ...

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PATHER PANCHALI, Satyajit Ray (societe inde)@@@


La vie d'une famille indienne pauvre, dans un village du Bengale, au début du vingtième siècle. Le père occupe la fonction de brahmane (prêtre) alors que Durga et sa mère travaillent au champ. Naît un second enfant, Apu, un petit garçon. Durga, commet de petits larcins pour améliorer le quotidien. Apu grandit et le père décide de partir travailler à la ville en espérant gagner plus d'argent. C'est désormais la mère, seule, qui doit faire vivre la famille.

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cette chronique d'une famille pauvre du Bengale, vue à hauteur d'enfant, s'inscrit dans la lignée du néoréalisme italien tout en le dépassant par un travail expressionniste sur la bande-son. L'Invaincu (1956) et Le Monde d'Apu (1958), qui racontent l'installation du jeune Apu à Bénarès, puis son entrée dans l'âge adulte, sont tout aussi émouvants.
PATHER PANCHALI, Satyajit Ray (societe inde)@@@ (edit IPTC) (E)
La vie d'une famille indienne pauvre, dans un village du Bengale, au début du vingtième siècle. Le père occupe la fonction de brahmane (prêtre) alors que Durga et sa mère travaillent au champ. Na&ici ...

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PENTAGON PAPERS, Steven Spielberg, Meryl Streep,Tm Cruise


Katharine Graham est la première femme à publier un important journal américain: The Washington Post.

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En s’intéressant à ce « prologue » méconnu, Steven Spielberg réussit plusieurs films en un seul. Il traite brillamment le dossier politique, et son style même se fait sec, exaltant et nerveux, à la manière des grands films du Nouvel Hollywood des années 70 : c’est un hommage à l’histoire du cinéma autant qu’à la presse de l’époque, tant les deux médias représentèrent alors, chacun à leur manière, la sauvegarde de la démocratie contre un pouvoir abusif. Chaque scène, ou presque, est un morceau de bravoure. Y compris au sens propre : en publiant ces documents brûlants, Kay Graham et ses employés risquaient de tout perdre, de leur journal à leur propre liberté.

On a classé tous les films de Steven Spielberg, des plus ratés aux coups de maître
On devine, bien sûr, derrière la ­reconstitution, un plaidoyer très contemporain en faveur d’un contre-pouvoir indépendant et fort, plus ­nécessaire que jamais aujourd’hui. Le film veut à la fois alerter sur une Amérique malade de Donald Trump et de son « Russiagate », et amorcer l’ère post-Weinstein. A travers le portrait de Kay Graham, veuve mondaine trai­tée avec condescendance par ses pairs masculins, qui affirme son courage et son autorité, il décortique l’histoire des femmes dans la société, le caractère récent et fragile de leurs acquis… Meryl Streep habite avec une étonnante douceur cette patronne atypique, tiraillée entre les exigences de son milieu, la haute société politico-financière et ses valeurs morales. Face à elle, Tom Hanks a rarement été aussi convaincant : son portrait de rédacteur en chef dur à cuire incorruptible et gouailleur ferait presque oublier Jason Robards, le Ben Bradlee du film de Pakula.
Spielberg, lui, n’oublie pas. Il termine son histoire là où commence Les Hommes du Président, le temps d’un ­fameux plan large et nocturne sur l’immeuble du Watergate. Manière élégante, futée et magistrale de raccrocher les wagons du mythe.
PENTAGON PAPERS, Steven Spielberg, Meryl Streep,Tom Hanks(histoire)@@@@ (edit IPTC) (E)
Katharine Graham est la première femme à publier un important journal américain: The Washington Post.

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En s’intéressant à ce « prologue » méconnu, Steven Spiel ...

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PETER S FRIENDS, Kenneth Branagh 1992, Stephen Fry, Emma Thompson, Imelda Staunton (societe)@@


La dernière fois que Peter a réuni ses amis de l'université, c'était pour fêter la Saint Sylvestre de 1982. Environ 10 ans plus tard, il est trentenaire et hérite de la demeure familiale que son père lui a légué. À cette occasion, il décide d'inviter à nouveau ses amis. Cependant au cours de la dernière décennie, leurs chemins se sont séparés.

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Dix ans après, retrouvailles drôles, émouvantes, amères d’une bande de potes. Des répliques étincelantes, des acteurs virtuoses et une BO superbe.

Les Copains d’abord, de Lawrence Kasdan, avait montré la voie. Kenneth Branagh s’y engouffre avec l’intelligence de ne pas se prendre trop au sérieux et de relativiser les états d’âme de ses personnages. Les ravages du temps ont remis de l’ordre dans les rêves de gloire. Mais qui sait si la petite croix personnelle que porte chacun n’est pas minuscule à côté de celle du voisin ? C’est le sens de la pirouette finale (et grave), mais aussi des fausses pistes semées tout au long du film, qui font que le ton varie sans cesse, souvent très drôle — surtout grâce à Emma Thompson —, parfois plus sérieux.

Les dialogues, tout comme la brochette de comédiens britanniques, sont étincelants. Comme souvent chez Branagh, la fougue compense une mise en scène parfois approximative (l’utilisation de la musique laisse rêveur…). La façon dont le cinéaste épingle son propre rêve hollywoodien, à travers le personnage qu’il interprète, est très savoureuse.

SYNOPSIS
30 décembre 1992. Pour le réveillon, Peter invite, dans le manoir que son père lui a légué, ses amis d'il y a dix ans, perdus de vue depuis une précédente Saint-Sylvestre qui s'était transformée en fiasco. Ils sont tous là : Roger, dont la femme Mary ne cesse de se tourmenter pour son bébé ; Sarah, venue en compagnie de son amant, le très vulgaire Brian ; Andrew, sevré d'alcool depuis qu'il vit avec Carol, une actrice américaine tout en nerfs ; Maggie, qui aime toujours Peter et n'a trouvé de consolation qu'auprès de son chat. Les retrouvailles, parfois tendues, parfois tendres, vont permettre à chacun de faire le point. C'est ainsi que, dès le premier repas, se dévoile la tension entre Carol et Andrew, tandis que Roger et Mary apprennent à leurs amis qu'ils ont perdu leur premier enfant...
PETER S FRIENDS, Kenneth Branagh 1992, Stephen Fry, Emma Thompson, Imelda Staunton (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
La dernière fois que Peter a réuni ses amis de l'université, c'était pour fêter la Saint Sylvestre de 1982. Environ 10 ans plus tard, il est trentenaire et hérite de la demeure familiale que son p&eg ...

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PHILADELPHIA, Jonathan Demme 1993, Tom Hanks, Denzel Washington


Andrew Beckett, brillant avocat, est appelé à une carriere fulgurante. Adulé par son milieu, rien ne semble pouvoir ralentir son ascension. Jusqu'au jour où ses associés apprennent qu'Andrew est atteint du sida, et n'hésitent pas à pretexter une faute professionnelle pour justifier son renvoi. Andrew décide de ne pas se laisser faire et attaque le cabinet pour licenciement abusif.
PHILADELPHIA, Jonathan Demme 1993, Tom Hanks, Denzel Washington@@@@ (edit IPTC) (E)
Andrew Beckett, brillant avocat, est appelé à une carriere fulgurante. Adulé par son milieu, rien ne semble pouvoir ralentir son ascension. Jusqu'au jour où ses associés apprennent qu'Andrew est atteint du ...

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PHILOMENA, Steve Coogan 2013, Judi Desh, Steve Coogan


En 1952, Philomena, une adolescente irlandaise, tome enceinte sans être mariée et est envoyée dans un couvent. Quand son bébé Anthony est très jeune, les religieuses l'enlèvent à Philomena et le mettent en adoption aux États-Unis. Pendant les 50 années suivantes, elle a cherché sans arrêt son fils.
PHILOMENA, Steve Coogan 2013, Judi Desh, Steve Coogan (societe histoire)@@@ (edit IPTC) (E)
En 1952, Philomena, une adolescente irlandaise, tome enceinte sans être mariée et est envoyée dans un couvent. Quand son bébé Anthony est très jeune, les religieuses l'enlèvent à Philom ...

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PULP FICTION, Quentin Tarentino 1994, John Travolta, Uma Thurman, Bruce Willis (thriller)@@@


L'odyssée sanglante et burlesque de petits malfrats dans la jungle de Hollywood à travers trois histoires qui s'entremêlent. Dans un restaurant, un couple de jeunes braqueurs, Pumpkin et Yolanda, discutent des risques que comporte leur activité. Deux truands, Jules Winnfield et son ami Vincent Vega, qui revient d'Amsterdam, ont pour mission de récupérer une mallette au contenu mystérieux et de la rapporter à Marsellus Wallace.

TELERAMA
Personnages burlesques, dialogues déphasés, timing déstructuré (et Uma Thurman) : la “Tarantino touch” dans toute sa splendeur. Presque un classique. Tous les ingrédients y sont, indissociables : le récit foutraque qui bascule à chaque instant. La violence surréelle, jamais racoleuse, désamorcée par le burlesque. La joute verbale — même des apprentis braqueurs discutent et font des projets d’avenir. La mythologie hollywoodienne, inlassablement revisitée, car ces histoires de caïds, de poules de luxe et de dealers, en 1994, on les avait déjà vues et revues, mais pas racontées ainsi.

Pulp Fiction n’occultait rien, pas même le plaisir de la drogue, ni celui de la gâchette facile, ajoutant juste, l’air de rien, que ce genre de plaisir se paie : Uma Thurman, salement shootée, avait droit à une séance de réanimation éprouvante, et les tueurs devaient nettoyer les conséquences de leurs œuvres. Petit prélude au sort que Tarantino réserverait un jour aux nazis (dans Inglourious Basterds) ou aux esclavagistes (dans Django Unchained)…
PULP FICTION, Quentin Tarentino 1994, John Travolta, Uma Thurman, Bruce Willis (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
L'odyssée sanglante et burlesque de petits malfrats dans la jungle de Hollywood à travers trois histoires qui s'entremêlent. Dans un restaurant, un couple de jeunes braqueurs, Pumpkin et Yolanda, discutent des risques qu ...

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PUPILLE, Jeanne Herry 2018, Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche (societe)@@@


Théo est remis à l'adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. Les services de l'aide sociale à l'enfance et le service adoption se mettent en mouvement. Les uns doivent s'occuper du bébé dans cette période d'incertitude, les autres doivent trouver celle qui deviendra sa mère adoptante.

TELERAMA
Un bébé né sous X et une femme adoptante vont se trouver… Quelle émotion devant ce thriller affectif et choral superbement documenté où chaque interprète donne le meilleur de son talent !

Théo, né sous X, est confié à l’adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. Alice, 41 ans, attend depuis dix ans de devenir mère adoptante. Voici l’histoire de leurs trajets respectifs vers leur rencontre, acmé bouleversante permise par une chaîne de travailleurs sociaux dévoués. À partir d’un long travail de documentation, et grâce à une savante construction scénaristique, Jeanne Herry tisse un thriller affectif.

Il y a d’abord cette « recueillante », qui aide la mère biologique dans sa décision. Puis chaque maillon des services de l’aide sociale à l’enfance et de l’adoption, attentif à ce qu’un lien, neuf, naisse. La réalisatrice rend ainsi hommage à ces fonctionnaires qui négligent leur propre vie.

Le romanesque s’engouffre partout : dans une chambre d’hôpital, un bureau d’administration, jusqu’à la maison de cet accueillant qui veille sur ce bébé en attendant qu’il trouve une nouvelle maman. Dans ce rôle-là, Gilles Lellouche, tout en humanité, apporte une chaleur tendre et inquiète. Et puis il y a Élodie Bouchez, dont la voix claire, puis tremblante de dépit ou de bonheur, restitue, à elle seule, le difficile et lumineux chemin d’une adoption. Pupille offre, entre autres, cette émotion-là : la renaissance d’une grande actrice.
PUPILLE, Jeanne Herry 2018, Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Théo est remis à l'adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. Les services de l'aide sociale à l'enfance et le service adoption se mettent en mouvement. Les uns doivent s'occuper du béb&eacut ...

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PURE, Lisa Langseth 2010, Alicia Vikander, Samuel Froler (film e musical)@


Katarina (Alicia Vikander) a 20 ans et habite une sombre banlieue de Göteborg. Elle n’a pas terminé sa scolarité et redoute de finir comme sa mère.
Un jour, elle tombe par hasard sur une vidéo YouTube avec une musique de Mozart et tombe immédiatement sous le charme de ce morceau. Elle parvient à se faire engager comme réceptionniste à la salle de concert de la ville.
Adam (Samuel Fröler), le chef d’orchestre, la remarque et, bien que celui-ci soit marié, ils entament une relation. Au début, Katarina est au septième ciel, mais elle réalise bien vite qu’elle est non seulement en train de mettre en jeu son ancienne vie, mais aussi la nouvelle identité qu’elle s’est forgée de toutes pièces.
Elle se retrouve alors emportée dans une spirale de mensonges et d’impostures…

TELERAMA
Ce premier long-métrage de la Suédoise Lisa Langseth tient de l'expérience sociale en laboratoire et de la fable morale un brin appuyée : peut-on survivre hors de son milieu d'origine ? Ici, ladite classe populaire frise la caricature. Heureusement, le film gagne en nuances lorsque Katarina quitte les faubourgs d'un Göteborg grisâtre pour la terra incognita des nantis cultivés. Contrairement à son héroïne, la réalisatrice connaît visiblement mieux cet environnement-là, sa cruauté feutrée, son mépris maquillé de références humanistes, littéraires et philosophiques. Sorte de version postmoderne de La Petite Fille aux allumettes, le film devient un trouble récit d'apprentissage, et surtout un très beau portait de femme, interprété avec une grâce farouche par une jeune actrice encore inconnue, Alicia Vikander. Noyée dans un tee-shirt trop grand pour elle, le visage fermé puis brusquement illuminé, elle réussit l'exploit d'incarner à la fois la dureté et l'espoir, le gamin des rues et la femme fatale.
PURE, Lisa Langseth, Alicia Vikander, Samuel Froler (film e musical)@@@ (edit IPTC) (E)
Katarina (Alicia Vikander) a 20 ans et habite une sombre banlieue de Göteborg. Elle n’a pas terminé sa scolarité et redoute de finir comme sa mère.
Un jour, elle tombe par hasard sur une vidéo YouT ...

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QU EST CE QU ON A FAIT AU BON DIEU, Philippe De Chauvron 2014, Christian Clavier, Chantal Lauby (comique)@@@ (edit IPTC) (E)
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QUAND PASSENT LES CIGOGNES, Mikhael Kalatozov, Tatiana Samoilova (sentimental guerre)@@@


Moscou, en 1941, deux petits fiancés, Veronika et Boris, s’aiment d’amour tendre. L’invasion allemande fait voler leur rêve en éclats. Boris s’engage, ils se disputent, elle arrive trop tard pour lui dire au revoir. Désespoir, bombardements. Mark, un cousin pianiste de Boris, jouisseur et « planqué », profite de la confusion pour épouser la belle éplorée.

Au Festival de Cannes 1958, le jury et la critique découvraient avec ravissement que l’Homo sovieticus cachait sous son rideau de fer un cœur en plein dégel. Cette année-là, les cigognes emportèrent tout sur leur passage : la Palme d’or, une mention spéciale pour la jeune et touchante interprète, Tatiana Samoïalova, le prix de la commission supérieure technique. Aujourd’hui quinquagénaire, le film a pris des rides. Le spectateur de l’ère post-post-perestroïka s’émerveillera moins devant les audaces politiques, pourtant réelles — pas un poil de moustache stalinienne à l’écran, pas de discours destiné à l’édification des masses. Vus d’ici et maintenant, les personnages semblent bien naïfs, et la caméra qui virevolte autour d’eux, bien emphatique. Mais peu à peu, on se laisse ébouriffer par un joli souffle d’espoir et de vie, par la fraîcheur de ce mélo d’amour et de guerre qui raconte une modeste et universelle aventure humaine : l’éveil de Veronika à la souffrance, aux compromis de l’âge adulte. Qui a dit que les rides n’ont pas de charme ?
QUAND PASSENT LES CIGOGNES, Mikhael Kalatozov (sentimental guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Moscou, en 1941, deux petits fiancés, Veronika et Boris, s’aiment d’amour tendre. L’invasion allemande fait voler leur rêve en éclats. Boris s’engage, ils se disputent, elle arrive trop tard pour ...

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R.M.N, Cristian Mungiu 2022, (societe immigration Roumanie)@@@


Quelques jours avant Noël, Matthias est de retour dans son village natal, multiethnique, de Transylvanie, après avoir quitté son emploi en Allemagne. Il s'inquiète pour son fils, Rudi, qui grandit sans lui, pour son père, Otto, resté seul, et il souhaite revoir Csilla, son ex-petite amie. Il tente de s'impliquer davantage dans l'éducation du garçon qui est resté trop longtemps à la charge de sa mère, Ana, et veut l'aider à surpasser ses angoisses irrationnelles.

TELERAMA
Traité de “sale Gitan” en Allemagne, un homme revient dans son village de Transylvanie, où couve aussi la violence xénophobe.
Dissipons la perplexité possible devant le titre. RMN est le sigle en roumain d’IRM (l’imagerie par résonance magnétique), soit un scanner très précis, cérébral en général. Radiographier le mal ou la maladie, c’est le projet du cinéaste, à l’échelle d’un village de Transylvanie, à la population multiethnique. Matthias y revient précipitamment, après avoir cogné son chef qui l’avait traité de « sale Gitan », en Allemagne, où il travaillait durement, dans un abattoir. Il n’est pas vraiment le bienvenu chez lui. Sa femme, qui élève seule leur fils, tient à garder ses distances : Matthias est un homme rustre et taciturne, impulsif. Humain malgré tout ? Il s’inquiète en tout cas pour la santé de son garçon, mutique depuis une rencontre traumatisante dans la forêt dont il ne veut rien dire. Et pour celle de son père, un berger vieillissant et malade. Le seul réconfort que le personnage semble trouver est entre les bras de Csilla, son ancienne maîtresse. Elle est la numéro 2 d’une boulangerie industrielle, seule entreprise dynamique du coin, mais aux salaires trop bas pour les jeunes locaux, qui ont préféré partir vers l’ouest. Csilla a donc fait appel à de la main-d’œuvre étrangère, deux Sri-Lankais parlant l’anglais. Elle les accueille, en leur trouvant un logement, chez des amis. Les nouveaux venus travaillent bien mais suscitent vite au sein de la communauté, paupérisée, mécontentement et ressentiment. La violence xénophobe menace alors d’embraser le village.

Il n’est pas question pour Cristian Mungiu (4 Mois, 3 semaines, 2 jours) de la justifier, mais bien de la décortiquer, en exposant de manière magistrale les ressorts multiples qui l’alimentent. On écrit « magistrale », car le nombre d’éléments, à la fois économiques, culturels, religieux, anthropologiques, qu’il est parvenu à réunir force le respect. Ambitieuse est cette fresque, où l’on parle au moins cinq langues. Où se réfléchit le poids de l’histoire de la Transylvanie, avec un éclairage sur ses minorités — hongroises et allemandes. Et où sont montrés avec une ironie mordante les effets pervers de l’Union européenne et de la mondialisation.

Tout cela pourrait s’avérer indigeste, mais le film reste étonnamment fluide, captivant de bout en bout, la fiction intime solidement chevillée à l’intrigue. On suit partout les deux personnages, Matthias et Csilla, au travail, en famille, chez le médecin ou dans l’alcôve. Le privé et le public, le particulier et l’universel restent liés. Quant aux conflits, ils sont aussi intérieurs : le versatile Matthias ne sait plus très bien à quel camp lui-même appartient. R.M.N. montre comment chacun peut très vite se retrouver « le sale Gitan » d’un autre. Et comment la bête raciste tapie en nous peut se réveiller à tout moment, si on laisse les bas instincts prendre le dessus sur la raison.

La peur de l’autre, de la nuit, des animaux traverse le film. Une peur implacable mais aussi grotesque, risible. L’atout majeur de R.M.N. réside sans doute dans son alliage de noirceur terrible et de farce absurde. Qui culmine dans la scène de la salle communale, où les habitants prennent à tour de rôle la parole pour débattre du sort des immigrés. Un formidable morceau de bravoure — dix-sept minutes de plan-séquence — pour un grand déballage, un théâtre de l’invective, de la rancœur, de la zizanie. On repense alors à ces vieux westerns qui finissent en bataille rangée, pire, en curée punitive. Mais celui-ci, glaçant, évoque l’ici et maintenant, un peu partout en Europe. Pourtant, dans une ultime pirouette, Cristian Mungiu réfute le pessimisme, en montrant ce que la nuit recèle aussi de profondeur énigmatique… Pas si loin, étrangement, de la magie de Noël.

SYNOPSIS
De retour d'Allemagne où il a travaillé pendant quelques années, Matthias retrouve sa Transylvanie natale. C'est en pleine période de Noël qu'il revient auprès de son fils Rudi, qui est resté trop longtemps aux côtés de sa mère selon lui. Cela lui permet également de revoir son ex-petite amie Csilla. Mais lorsque celle-ci décide d'embaucher des étrangers dans l'usine qu'elle dirige, la petite communauté que forme les villageois prend peur et le fait savoir. Alors que la paix était habituellement le mot d'ordre dans le village, certains préjugés racistes refont surface et viennent porter le trouble sur le calme de la collectivité...
R.M.N, Cristian Mungiu 2022, (societe immigration Roumanie)@@@ (edit IPTC) (E)
Quelques jours avant Noël, Matthias est de retour dans son village natal, multiethnique, de Transylvanie, après avoir quitté son emploi en Allemagne. Il s'inquiète pour son fils, Rudi, qui grandit sans lui, pour so ...

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RAIN MAN, Barry Levinson, Dustin Hoffman, Tom Cruise


À la mort de son père, Charlie Babbitt, homme d'affaires pressé, hérite d'une vieille Buick qu'il convoitait depuis longtemps, mais se voit spolié de quelque trois millions de francs versés à l'Institution psychiatrique Wallbrook au profit d'un bénéficiaire anonyme.
RAIN MAN, Barry Levinson, Dustin Hoffman, Tom Cruise(societe)@@@@ (edit IPTC) (E)
À la mort de son père, Charlie Babbitt, homme d'affaires pressé, hérite d'une vieille Buick qu'il convoitait depuis longtemps, mais se voit spolié de quelque trois millions de francs versés à ...

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READY PLAYER ONE, Steven Spielberg 2018, Tye Sheridan, Olivia Cooke, Mark Rylance (science fiction)@@@


En 2045, la planète frôle le chaos et s'effondre, mais les gens trouvent du réconfort dans l'OASIS, un monde virtuel créé par James Halliday. Lorsque Halliday meurt, il promet son immense fortune à la première personne qui découvre un oeuf de Pâques numérique caché dans l'OASIS.

TELERAMA
Il y a deux Steven Spielberg. Le premier est un héritier du classicisme hollywoodien avec sa maîtrise du récit, ses scénarios aux valeurs humanistes, ses mises en scène élégantes et efficaces com­me dans le récent Pentagon Papers, ­vibrant hommage à la liberté de la presse. Le second est l’artisan d’un cinéma pop-corn et high-tech, destiné à séduire les enfants que nous sommes tous restés. Mission accomplie, haut la main, avec l’euphorisant Ready Player One, qui prouve que « papy Spielby », à 71 ans, a encore de sérieuses leçons de créati­vité et de modernité à donner aux jeunes générations.

Bienvenue en 2045, à Columbus, Ohio (Etat natal du réalisateur). Pour ne plus penser à leur vie sinistre, la plupart des hommes et femmes du futur passent le plus clair de leur temps avec un masque de réalité virtuelle sur les yeux, seul moyen de pénétrer dans l’Oasis, un jeu vidéo en ligne très addictif. Son fondateur, l’excentrique James Hal­liday, mort quelques années plus tôt, a décidé de léguer sa fortune au gamer qui découvrira « l’œuf de Pâques » dissimulé au cœur du jeu. Wade, un adolescent idéaliste, part à la chasse au trésor, tout comme les salariés de l’IOI, une multinationale du multimédia qui rêve de prendre le contrôle de l’Oasis et, au-delà, du « vrai » monde…

Le film enchaîne avec fluidité les ­allers-retours entre la réalité, très som­bre, de demain et les univers virtuels, tantôt merveilleux, tantôt apocalyptiques, de l’Oasis. Entre les acteurs et leurs avatars numériques. « Les seules ­limites de l’Oasis sont celles de votre imagination », disait son créateur. Spielberg et ses décorateurs ne s’en sont ­posé aucune pour créer des décors, des courses-poursuites, des combats toujours plus fous, toujours plus spectaculaires. Avec un petit supplément d’âme : l’un des charmes du film est d’allier la science-fiction à l’évocation tous azimuts, et délicieusement nostalgique, de la pop culture.

Des tubes de Van ­Halen (Jump) ou de Tears for Fears aux costumes bizarres des Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension en passant par les premiers jeux ­vidéo Atari, Ready Player One est une madeleine de Proust géante – et particulièrement savoureuse – pour qui fut adolescent dans les années 80. La plupart de ses (innombrables) références ne durent que quelques secondes, le temps d’une image ou d’une réplique, mais d’autres constituent de véritables enjeux du scénario. Pour résoudre une des énigmes du jeu, Wade et ses amis doivent ainsi plonger dans l’univers de Shining. Grand moment de vertige ciné­philique, lorsque les décors et les personnages du chef-d’œuvre de Stanley Kubrick sont, à leur tour, transformés en avatars numériques…

Si futuriste soit-il, ce divertissement n’est pas complètement déconnecté du monde d’aujourd’hui. La sinistre compagnie IOI est l’équivalent des Google et Facebook actuels : un fleuron du ­capitalisme ultralibéral qui, derrière la ­façade d’entreprise « cool », rêve d’un monopole absolu, quasi totalitaire, sur son marché. Le blockbuster cache ­aussi une émotion inattendue avec le personnage de Halliday, le créateur de l’Oasis, mi-Steve Jobs (pour ses inventions visionnaires), mi-Willy Wonka (le démiurge excentrique de Charlie et la chocolaterie ). Un ex-ado solitaire, mal dans sa peau, qui trouve refuge dans l’imaginaire des jeux vidéo et des films et devient l’une des personnalités les plus admirées, mais aussi les plus riches de l’industrie du divertissement. On aimerait y voir un autoportrait de Steven Spielberg lui-même. Surtout quand cet éternel enfant, arrivé au soir de sa vie, milite pour un retour au pur plaisir du jeu et du partage…
READY PLAYER ONE, Steven Spielberg 2018, Tye Sheridan, Olivia Cooke, Mark Rylance (science fiction)@@@ (edit IPTC) (E)
En 2045, la planète frôle le chaos et s'effondre, mais les gens trouvent du réconfort dans l'OASIS, un monde virtuel créé par James Halliday. Lorsque Halliday meurt, il promet son immense fortune à l ...

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RETOUR A SEOUL, Davy Chou 2022, Ji-Min Park, Oh Kwang-rok (societe)@@


Sur un coup de tête, Freddie, 25 ans, retourne pour la première fois en Corée du Sud, où elle est née. La jeune femme se lance avec fougue à la recherche de ses origines dans ce pays qui lui est étranger, faisant basculer sa vie dans des directions nouvelles et inattendues.

TELERAMA
Adoptée bébé par des Français, une jeune femme part à l’aventure dans son pays natal, la Corée.
Gros plan sur deux jeunes femmes. À l’accueil d’un hôtel de Séoul, une fille à la beauté du diable emprunte les écouteurs de la réceptionniste, déjà subjuguée, pour écouter un morceau de vieille pop coréenne : Flower Petals de Lee Jung-hwa et Shin Jung-yun (1969) installe, d’emblée, une drôle d’atmosphère à la fois mélancolique et psychédélique. À l’image de l’héroïne, Freddie, qu’on ne va plus quitter (pas un plan sans elle), et qui s’impose comme l’un des personnages féminins les plus singuliers vus sur un écran depuis longtemps. C’est sur un coup de tête que Freddie, 25 ans, a pris un avion pour la Corée, ce pays où elle est née, a été abandonnée bébé, puis adoptée par un couple de Français. Freddie, on le verra, ne croit qu’à ça : au coup de tête, à l’embardée, au virage soudain, que ce soit pour s’enivrer avec des inconnus, coucher avec un jeune homme qui n’en demandait pas tant, ou décider de reprendre contact avec ses parents biologiques.

Ce drôle de film d’aventures raconte-t-il une quête des origines ? Pas vraiment, car il n’est pas simple de découvrir qui l’on est, et, surtout, où l’on veut aller. C’est sur une décennie, avec un art remarquable de l’ellipse, que le réalisateur franco-cambodgien Davy Chou (remarqué pour son documentaire Le Sommeil d’or et, ensuite, pour son premier long métrage, Diamond Island) dessine donc le chemin bizarre d’une fille étrange, forcément étrange, puisqu’étrangère à ses propres racines.

Très loin des histoires souvent trop balisées sur la réconciliation avec soi-même, Retour à Séoul enchaîne des bribes d’existence pour montrer la construction chaotique d’une personnalité. Le réalisateur capte chaque émotion contradictoire de Freddie, incarnée miraculeusement, entre ultraviolence et ultravulnérabilité, par la non-actrice Park Ji-min, artiste plasticienne, elle-même née en Corée du Sud et arrivée en France à 8 ans. Freddie n’est pas une tendre, elle aime bousculer les autres et se perdre. Le film dérive et se casse avec elle, au fil de fausses fins et de rencontres qui sont aussi de fausses pistes : ainsi, une nuit de sexe avec un marchand d’armes (Louis-Do de Lencquesaing, épatant en une seule séquence) sera plus importante dans la trajectoire de la jeune femme que les retrouvailles avec un père biologique qui boit et pleure beaucoup — Oh Kwang-rok, qui a souvent joué chez Park Chan-wook.

Film sur la rage de trouver sa place, Retour à Séoul impressionne aussi par son esthétique. Il faut imaginer une sorte d’Irma Vep, ou la Furiosa de Mad Max, avec beaucoup de cuir, pas l’ombre d’un sourire, dans des décors qui hésitent entre Wong Kar-wai, la nuit, et Hong Sang-soo, le jour. Et quand Freddie semble enfin apaisée, ce film captivant se boucle selon une philosophie aussi étonnante que son héroïne, qui ne s’oblige pas à être sympathique : la liberté, c’est savoir s’émanciper de toutes les identités qu’on vous assigne.

RETOUR A SEOUL, Davy Chou 2022, Ji-Min Park, Oh Kwang-rok (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Sur un coup de tête, Freddie, 25 ans, retourne pour la première fois en Corée du Sud, où elle est née. La jeune femme se lance avec fougue à la recherche de ses origines dans ce pays qui lui est &eac ...

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REVIENS MOI, Joe Wright 2007, Keira Knightley, James McAvoy (drame)@@@


Août 1935. Malgré la canicule qui frappe l'Angleterre, la famille Tallis mène une vie insouciante à l'abri dans sa gigantesque demeure victorienne. La jeune Briony a trouvé sa vocation, elle sera romancière. Mais quand du haut de ses treize ans, elle surprend sa soeur aînée Cecilia dans les bras de Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve face aux désirs des adultes va provoquer une tragédie et marquer à jamais le destin du jeune homme.

TELERAMA
Une adolescente dénonce à tort quelqu’un : cette faute la poursuivra toute sa vie… D’après le livre de Ian McEwan, “Expiation”, un film au romanesque, brillant et cruel, qui évoque “Le Messager”, de Losey.
Keira Knightley retrouve le réalisateur Joe Wright. Et remonte de nouveau le temps, cette fois-ci dans l’Angleterre des années 1930. Working Title Films

À13 ans, elle a déjà choisi sa voie. Briony sera romancière. Observer les autres, quelle volupté ! Elle s’intéresse surtout à sa sœur aînée, Cecilia, attirée par le fils de la cuisinière, ce Robbie qui a effectué des études supérieures grâce à l’argent des employeurs de sa mère… Tout se joue très vite, en un jour caniculaire de la fin des années 1930, au cœur d’une propriété victorienne. Une lettre expédiée par erreur et lue par qui il ne fallait pas. Un geste équivoque mal interprété par celle qui l’a surpris. Des gestes sans équivoque, eux, dans une bibliothèque et un parc. Du roman de Ian McEwan Expiation, Christopher Hampton, le scénariste, a gardé la cruauté et la complexité. On est en plein théâtre des apparences : chacun des personnages croit, à tort, appréhender la vérité et fait le malheur des autres. Briony, surtout, dont l’enfance se brise net, ce soir-là, devant cette faute qu’elle n’expiera jamais…

En pleine guerre mondiale, Joe Wright (Orgueil et préjugés) se paie un vrai coup de folie : un plan-séquence insensé, avec deux mille figurants, une grande roue, un bateau échoué sur le sable, une partie de foot, un chœur militaire et l’intervention surprise d’un extrait du Quai des brumes de Carné. Presque du Orson Welles ! Mais c’est en Losey qu’on le préfère, lorsqu’il parvient à suggérer toute l’ambiguïté de personnages en déroute.
REVIENS MOI, Joe Wright 2007, Keira Knightley, James McAvoy (drame sentimental guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Août 1935. Malgré la canicule qui frappe l'Angleterre, la famille Tallis mène une vie insouciante à l'abri dans sa gigantesque demeure victorienne. La jeune Briony a trouvé sa vocation, elle sera romanci&eg ...

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RIO BRAVO, Howard Hawks 1959, John Wayne, Dean Martin, Ricky Nelson (western)@@@


Wheeler, l'ami du shérif John Chance, est assassiné par le frère du puissant Nathan. Chance arrête le meurtrier et l'enferme en prison. Il ne peut compter que sur le soutien de Dude, son adjoint devenu alcoolique à la suite d'un chagrin d'amour, de Colorado, un jeune tireur d'élite, et de Stumpy, un vieillard infirme. Bientôt, les quatre hommes se retrouvent encerclés par une armée de tueurs.

TELERAMA
John Wayne et Dean Martin dans un chef d’œuvre du cinéma américain de la fin des années 1950. Il faut revoir ce western de légende et faire comme si de rien n’était, comme si le mot « chef-d’œuvre » n’avait jamais été prononcé. La scène d’ouverture, d’abord : mutique, tendue, mais avec des gestes presque lents, où tout est dit de la violence de l’Ouest, de l’alcoolisme de Dean Martin, l’adjoint de John Wayne, le shérif qui veut croire au courage des hommes, sans soupçonner encore celui d’une femme amoureuse. Aidée par « un ivrogne et un infirme », mais aussi par un jeune homme moins individualiste que prévu, et veillée par une joueuse de cartes, cette carcasse étoilée qui ne veut surtout pas qu’on l’aide gardera un assassin en prison, envers et contre toutes les attaques et les pièges. Pourquoi ? Pour la morale et l’amitié, valeurs sans lesquelles le monde s’écroulerait.

Dans ce western, personne ne cavale. Tout le monde marche au rythme pataud du grand John : cela donne le temps de parler (et même de chanter) entre hommes, de rendre sa fierté à Dean Martin, d’écouter les rouspétances de Walter Brennan (le bougon le plus drôle de l’histoire du western) et de regarder Angie ­Dickinson. Dans son chemisier jaune, ­bavarde et bravache, elle dompte John Wayne. Le film se termine par un collant noir jeté par la fenêtre et un vieux cow-boy qui s’en fait une écharpe. Toute l’humanité (et la féminité) du monde est à Rio Bravo.
RIO BRAVO, Howard Hawks 1959, John Wayne, Dean Martin, Ricky Nelson (western)@@@ (edit IPTC) (E)
Wheeler, l'ami du shérif John Chance, est assassiné par le frère du puissant Nathan. Chance arrête le meurtrier et l'enferme en prison. Il ne peut compter que sur le soutien de Dude, son adjoint devenu alcoolique ...

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SANS FILTRE, Ruben Ostlund 2022, Harris Dickinson, Charlbi Dean et Woody Harrelson (drame societe)@@@


Après la Fashion Week, Carl et Yaya, couple de mannequins et influenceurs, sont invités sur un yacht pour une croisière de luxe. Tandis que l'équipage est aux petits soins avec les vacanciers, le capitaine refuse de sortir de sa cabine alors que le fameux dîner de gala approche. Les événements prennent une tournure inattendue et les rapports de force s'inversent lorsqu'une tempête se lève et met en danger le confort des passagers.

TELERAMA
Le Suédois Ruben Östlund a remporté une seconde Palme d’or avec cette comédie provocante sur les ultrariches diffusée. À “Télérama”, les avis sont partagés.

POUR
Une deuxième Palme d’or, c’est la juste mesure pour saluer l’appétit de cinéma pantagruélique de Ruben Östlund. Un Suédois qui a hérité de Woody Allen comme de Michael Haneke. Plein d’humour dans son observation des mœurs modernes, sa mise en scène tout en maîtrise et rigueur en fait parallèlement un analyste sévère de nos comportements. Mais son refus de l’intellectualisme l’amène aussi à utiliser le langage des images spectaculaires à l’américaine, comme celle de l’avalanche qui annonçait la déconfiture de la figure paternelle dans Snow Therapy (2014). L’originalité de cette démarche faisait la richesse de The Square (2017), son premier couronnement cannois, qui manquait cependant de cohésion. Cette fois, le cinévore a vraiment trouvé la formule. Et on a envie d’applaudir.

Sans filtre est un film d’une étonnante envergure. Il raconte le monde d’aujourd’hui en faisant le portrait d’un couple, son inspiration est épique sans jamais quitter tout à fait l’intimisme. Carl et Yaya, mannequins et influenceurs, dînent dans un restaurant chic et cher. Elle devait, pour une fois, l’inviter et c’est lui qui se retrouve, comme toujours, à devoir payer la note. S’il s’en offusque, c’est parce que le jeune homme a l’espoir d’avoir des relations égalitaires avec sa compagne. L’argent ne change-t-il pas leurs rapports ? L’argent ne les assigne-t-il pas à des places rigides ?

Avec ces questionnements pour bagage, le réalisateur entraîne ses influenceurs sur un yacht, où ils vont participer à une croisière de grand luxe qui ne leur a rien coûté, au milieu d’oligarques russes et autres nantis aux moyens sans limite. Dans un microcosme régi par la satisfaction du client à tout prix, l’argent définit tout, les relations et la place de chacun. Croyant échapper à cette distribution des rôles, une riche plaisancière ordonne que le personnel puisse se baigner, ne faisant que confirmer sa toute-puissance. Il faudra une grosse tempête et une beuverie d’anthologie pour faire bouger les lignes. Sur une île déserte où un paquet de bretzels devient un trésor, les naufragés comprendront comment l’absence d’argent change la donne…

Très réfléchie et très joueuse de bout en bout, la fable a de formidables effets de révélateur. Carl avait peur que sa relation avec Yaya manque de liberté ? Il ne découvrira qu’asservissement partout, rapports de pouvoir, de classes. Le réalisateur fait revenir ses personnages au temps des cavernes pour mieux nous montrer qu’ils ne sont jamais sortis de l’âge de pierre. Même le langage leur manque, remplacé par des slogans, des noms de marque, des citations politiques que s’envoient à la figure le capitaine du yacht, marxiste à la dérive, et son compagnon de cuite, homme d’affaires répétant sans fin « Je vends de la merde ». Seule une femme victime d’un AVC et ne pouvant dire que « Dans les nuages » nous rappelle le mystère perdu des mots.

Le tour de force de Ruben Östlund est d’avoir su rendre attachants tous les personnages de Sans filtre, défendus, il est vrai, par des comédiens idéalement choisis, jouant la folie anar (Woody Harrelson, le capitaine), l’innocence (Harris Dickinson, Carl), la fragilité et la mélancolie (Charlbi Dean, Yaya, tristement disparue en août dernier). Une tendresse traverse ce panorama cinglant sur une société où chacun est condamné à sa prison, qu’elle soit une cabine de luxe ou une place dans les soutes du yacht. Pessimiste, Ruben Östlund ose aussi s’amuser avec un humour potache du chaos général. Sur son Titanic, les gags scatologiques sont permis. On rit sacrément et cela aide à méditer sur la situation. La liberté que ses personnages cherchent, le Suédois se la donne en tant que cinéaste. Et nous en fait cadeau. – F.S.

CONTRE
Il faut reconnaître à Ruben Östlund au moins un talent : celui d’annihiler l’esprit critique des jurés du festival de Cannes. La première Palme d’or attribuée au réalisateur suédois pour le médiocre The Square, en 2017, était une mauvaise plaisanterie. Sa deuxième, reçue au printemps dernier en récompense de l’épouvantable Sans filtre (ce qui fait du réalisateur suédois « l’égal » de Francis Ford Coppola, Ken Loach ou des Dardenne, excusez du peu !), a tout de la farce sinistre.

Östlünd voudrait créer le malaise en étirant toutes ses scènes au-delà du supportable. Sa misanthropie crasse, sa détestation narquoise de tous ses personnages ne suscitent que l’ennui. Et ses provocations se révèlent, plus que jamais, des pétards mouillés. Les scènes de vomi ad nauseam, les Monty Python les avait déjà inventées, en plus drôle et plus troublant à la fois, dans Le Sens de la vie, quarante ans plus tôt. Et quand ce pseudo-rebelle se pique de marxisme, sa vision de la lutte des classes est plus cynique que révolutionnaire. Dans la dernière (et interminable) partie de Sans filtre, les ultrariches rescapés d’un naufrage se retrouvent à la merci d’une femme de ménage philippine qui, quelques heures plus tôt, nettoyait leurs toilettes à bord du yacht. Message reçu cinq sur cinq : tout exploité est un exploiteur en puissance. À quoi bon, donc, renverser l’ordre établi si la dictature du prolétariat est aussi nocive que celle des nantis ? Ruben Östlund n’y aurait, d’ailleurs, aucun intérêt : il profite trop bien du système qu’il prétend dénoncer. – S.D.
SANS FILTRE, Ruben Ostlund 2022, Harris Dickinson, Charlbi Dean et Woody Harrelson (drame societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Après la Fashion Week, Carl et Yaya, couple de mannequins et influenceurs, sont invités sur un yacht pour une croisière de luxe. Tandis que l'équipage est aux petits soins avec les vacanciers, le capitaine refuse ...

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SECRETS ET MENSONGES, Mike Leigh 1996, Timothy Spall, Brenda Blethyn


Après la mort de sa mère adoptive, une jeune femme noire se met à la recherche de sa mère biologique.
SECRETS ET MENSONGES, Mike Leigh 1996, Timothy Spall, Brenda Blethyn@@@ (edit IPTC) (E)
Après la mort de sa mère adoptive, une jeune femme noire se met à la recherche de sa mère biologique. ...

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SKYFALL, Sam Mendes 2012, Daniel Craig, Judy Dench (aventure James Bond) @@@


Laissé pour mort après une mission en Turquie qui a tourné au désastre, l'agent britannique James Bond, nom de code 007, réapparaît à Londres lorsqu'il apprend par les informations d'un journal télévisé qu'un attentat a été commis contre le M16. Cet événement ébranle considérablement l'autorité de la directrice M.

TELERAMA
Quand la franchise James Bond revient à l’essentiel, tout en prenant le temps de creuser la psychologie des personnages. Sam Mendes vise juste.

James Bond a 50 ans et, sous les traits de Daniel Craig, porte toujours beau. Mais, à en croire les politiciens qui veulent nettoyer le MI6, l’espion qu’on aimait serait usé, vieilli, fatigué. Son expérience du « terrain » semble bien ringarde face aux terroristes du xxie siècle, ces hackeurs de génie dont les programmes informatiques sèment le chaos jusqu’au cœur de Londres. Alors, James, bon(d) à partir à la retraite ? Sam Mendes prouve le contraire.

Le réalisateur des Noces rebelles revient à l’essentiel de la série — humour british et élégance. Et il prend le temps de creuser la psychologie des personnages, quitte à alléger le film en testostérone. Le retour au classicisme passe aussi par un méchant d’anthologie. ­Javier Bardem compose un criminel aussi suave qu’une créature d’Almodóvar et aussi terrifiant que le tueur en série de No Country For Old Men. Sa première entrevue avec Craig, riche en sous-entendus homosexuels, est l’un des sommets de Skyfall. Comme de juste, les deux ennemis s’affrontent pour une femme. Pas pour la James « bombe » girl 2012 — la super sexy Bérénice Marlohe, (trop) vite sacrifiée. Mais pour une mamie, ou plutôt une « maman » : M, la cheffe septuagénaire du MI6…

James Bond est envoyé en mission en Turquie, mais l'opération tourne au désastre. L'agent secret est porté disparu et présumé mort tandis que l'identité de tous les agents du MI6 opérant sous couverture à travers le monde est révélée sur Internet. Cette situation de crise amène le gouvernement britannique à remettre en question les compétences de la directrice du MI6, M. La situation s'aggrave avec une attaque des locaux des services secrets. C'est à ce moment que James Bond réapparaît, affaibli et diminué. M l'envoie néanmoins sur les traces de Raoul Silva, criminel de haut vol qui semble savoir beaucoup de choses sur l'agent...
SKYFALL, Sam Mendes 2012, Daniel Craig, Judy Dench (aventure James Bond) @@@ (edit IPTC) (E)
Laissé pour mort après une mission en Turquie qui a tourné au désastre, l'agent britannique James Bond, nom de code 007, réapparaît à Londres lorsqu'il apprend par les informations d'un journa ...

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SLUMDOG MILLIONAIRE, Dany Boyle 2009, Dev Patel


Depuis son enfance dans les bidonvilles de Mumbai, Jamal Malik poursuit son rêve : retrouver Latika, une jeune orpheline dont il est amoureux. Alors qu'il commence à perdre espoir, il imagine une solution surprenante pour retrouver son amour : participer au plus grand show télévisé du pays, Qui veut gagner des millions ? . Il atteint la question finale à 20 millions de roupies mais il est arrêté par la police, qui le soupçonne de tricherie.
SLUMDOG MILLIONAIRE, Dany Boyle 2009, Dev Patel@@@ (edit IPTC) (E)
Depuis son enfance dans les bidonvilles de Mumbai, Jamal Malik poursuit son rêve : retrouver Latika, une jeune orpheline dont il est amoureux. Alors qu'il commence à perdre espoir, il imagine une solution surprenante pour retro ...

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SOUS LE TAPIS, Camille Japy 2023, Ariane Ascaride, Bérénice Bejo (societe)@@@


Odile se prépare à fêter son anniversaire. Alors que ses enfants et petits enfants sont en route pour la soirée, Jean, son mari, décède brutalement. Incapable de faire face à cette réalité, elle le cache sous son lit.

TELERAMA
Si sa mise en scène reste sage, sa délicatesse d’écriture s’impose pour dépeindre les sourires et les secrets familiaux, surtout lors d’une belle scène de veillée mortuaire.

Dans la jolie maison de famille, Odette attend ses enfants et ses petits-enfants pour son anniversaire. Quand son mari meurt brutalement, elle cache le corps sous le lit. Non, il ne peut pas être mort, il s’est juste absenté, Odette s’enfonce dans le déni...

L’actrice Camille Jappy passe à la réalisation avec cette chronique du deuil et, même si sa mise en scène reste très sage, sa délicatesse s’impose pour dépeindre les sourires et les mutismes familiaux, entre fille aînée coincée dans le désamour, cadet bohème flanqué d’une petite amie hippie (pimpante Marilou Aussiloux) et mère enfermée dans le secret. Ariane Ascaride, impériale en femme d’une autre époque, où l’on se taisait. Deux scènes créent une véritable émotion : une veillée funéraire extrêmement fleurie et un enterrement où un cercueil peut en cacher un autre... Un talent d’écriture à suivre.


SOUS LE TAPIS, Camille Japy 2023, Ariane Ascaride, Bérénice Bejo (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Odile se prépare à fêter son anniversaire. Alors que ses enfants et petits enfants sont en route pour la soirée, Jean, son mari, décède brutalement. Incapable de faire face à cette réal ...

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STALINGRAD, Jean-Jacques Annaud 2001, Jude Law, Rachel Weisz (guerre)@@@


Automne 1942. Pendant le siège de Stalingrad par les Allemands, le tireur d'élite russe Vassili Zaitsev est repéré par l'officier politique Danilov, qui décide de faire de lui un héros de propagande. Le siège s'éternisant, l'état major allemand dépêche à son meilleur sniper pour l'éliminer.

TELERAMA
Jean-Jacques Annaud signe une reconstitution minutieuse mais sans âme de la célèbre bataille.
epuis qu'il tourne exclusivement des films destinés au marché international, Jean-Jacques Annaud a perdu pas mal de sa personnalité. Disparue la verve satirique de ses premiers films français (La Victoire en chantant, Coup de tête), émoussé son goût des paris impossibles (adapter Umberto Eco, réinventer la préhistoire dans La Guerre du feu). Son légendaire perfectionnisme tourne à vide, la minutie maniaque des reconstitutions tient souvent lieu de choix artistique. Du coup, on n'attendait pas énormément de Stalingrad et, conséquence heureuse, on n'est pas catastrophé de se retrouver devant un film de guerre un peu patapouf, récit exhaustif du duel opposant deux tireurs d'élite pendant la bataille de Stalingrad. A ma gauche (rouge coco) un paysan soviétique promu héros du peuple ; à ma droite (nationale et socialiste) un teuton à l'oeil de lynx. Entre eux, des balles qui sifflent.

Les scènes d'action sont plutôt convaincantes. Pas tant les mouvements de foule ­ genre Il faut sauver le soldat Popov en moins virtuose ­ plutôt l'affrontement glacé des deux « snipers ». C'est dans l'utilisation de l'espace ­ reconstruit en studio ­ que le cinéaste montre son savoir-faire. Les tireurs s'épient et se poursuivent à travers les rues glacées de Stalingrad, dans un grand magasin désert, au coeur d'une usine désaffectée. Le meilleur des deux, c'est celui qui ne fait plus qu'un avec le décor, qui se « chosifie » jusqu'à devenir invisible dans l'amas de ruines. Tout au long du duel, Stalingrad délivre alors le suspense et le spectacle qu'on est en droit d'attendre d'un honnête film de guerre.

Que n'a-t-il pris exemple sur la rigueur de Ridley Scott dans Les Duellistes ­ le duel, rien que le duel ! Annaud, lui, a dilué ces morceaux de bravoure dans un méli-mélo psychologique indigent. La médiocrité des dialogues réduit chaque personnage à une caricature. Jude Law perd pied dans sa peau de paysan benêt, devenu héros malgré lui ; les seconds rôles n'existent pas davantage, et Bob Hoskins, qui joue Khrouchtchev, a du mal à rester sérieux ­ et nous avec lui ­ en répétant sans cesse qu'il va en référer au « boss », comprenez Staline ! On n'insistera pas sur le fait que tout le monde parle anglais (impeccablement pour les Russes, avec accent pour les Allemands)... Seul Ed Harris tire à peu près son épingle du jeu en officier nazi, ce qui prouve son talent à maîtriser les situations désespérées !
STALINGRAD, Jean-Jacques Annaud 2001, Jude Law, Rachel Weisz (guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Automne 1942. Pendant le siège de Stalingrad par les Allemands, le tireur d'élite russe Vassili Zaitsev est repéré par l'officier politique Danilov, qui décide de faire de lui un héros de propagande ...

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Frédéric Forestier et Thomas Langmann 2012, Richard Anconina, Patrick Timsit, Gilbert Montagne, Lio (musical)@@@


Musiciens sans talent, Vincent et Antoine se sont spécialisés dans la reprise de leurs tubes favoris. Mais à l'inverse des difficultés financières, le succès n'est guère au rendez-vous. Les deux potes ont l'idée de mettre sur pied une tournée eighties. Mais pour cela il va leur falloir convaincre les chanteurs un à un.

TELERAMA
Produit bien ficelé où Thomas Langmann (scénariste, réalisateur et producteur) se donne les moyens de son revival années 1980. Pas très fin, mais les chanteurs sont modestes, pleins d’autodérision, et on connaît toutes les chansons !
Tout part d’un vieux carton de 45-tours. Un soir de déprime, deux tourneurs de spectacles réécoutent les tubes de — attention à la liste — Jeanne Mas, Jean-Luc Lahaye, Lio, Desireless, Jean Schultheis, Peter & Sloane, François Feldman, Début de soirée, Images, Cookie Dingler, Sabrina et Gilbert Montagné... C’est l’éclair de génie : ils décident de monter une tournée avec tous ces « has been »...

Stars 80 est un film de producteur. À savoir un produit bien ficelé où Thomas Langmann (c’est lui le producteur) se donne les moyens de sa « madeleine musicale » (il avait 16 ans au moment de Voyage, voyage) : le Stade de France et une séquence hénaurme en hommage aux Blues Brothers... On pourrait redouter l’opportunisme — le cynisme ? — de cette célébration revival, qui va, c’est couru, cartonner. Mais le film pose un regard vraiment tendre sur tous ces chanteurs, pleins de modestie, qui s’éclatent dans l’autodérision, pas toujours fine mais bon enfant. Et puis, avouons-le, on a le même carton de 45-tours à la maison ! On connaît par coeur Confidence pour confidence de Jean Schultheis (grande chanson !), on ne rechigne pas à une petite chorégraphie sur Born to be alive de Patrick Hernandez, et nos gamins se marrent grâce à C’est l’amour de Léopold Nord & Vous... On a même une petite larme à l’oeil, lorsque, dans un restau, ces anciens champions du Top 50 se rendent compte que personne ne les a oubliés. Et que celui qui n’a jamais hululé Femme libérée sous la douche nous jette la première pierre...


STARS 80, Frédéric Forestier et Thomas Langmann 2012, Richard Anconina, Patrick Timsit, Gilbert Montagne, Lio (musical)@@@ (edit IPTC) (E)
Musiciens sans talent, Vincent et Antoine se sont spécialisés dans la reprise de leurs tubes favoris. Mais à l'inverse des difficultés financières, le succès n'est guère au rendez-vous. Les d ...

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STILL ALICE, Wash Westmoreland et Richard Glatzer 2014, Alec Baldwin, Julianne Moore (societe sante)@@@


Alice Howland, professeure de linguistique à l'université de Columbia, fête son cinquantième anniversaire avec son mari médecin John et leurs trois enfants adultes. Après qu'elle a oublié un mot pendant une conférence et qu'elle se perd pendant un jogging sur le campus, le docteur d'Alice la diagnostique avec un début de maladie d'Alzheimer congénital. La fille aînée d'Alice, Anna, et son fils, Tom se font dépister. La fille cadette d'Alice, Lydia, actrice débutante, décide de ne pas savoir.Alice Howland, professeure de linguistique à l'université de Columbia, fête son cinquantième anniversaire avec son mari médecin John et leurs trois enfants adultes. Après qu'elle a oublié un mot pendant une conférence et qu'elle se perd pendant un jogging sur le campus, le docteur d'Alice la diagnostique avec un début de maladie d'Alzheimer congénital. La fille aînée d'Alice, Anna, et son fils, Tom se font dépister. La fille cadette d'Alice, Lydia, actrice débutante, décide de ne pas savoir.

TELERAMA
Alice Howland est une professeure de linguistique renommé. Mais lorsqu’on lui diagnostique un Alzheimer précoce, les liens avec sa famille sont mis à rude épreuve. Julianne Moore obtiendra l’Oscar pour ce rôle émouvant.

Bien éclairée et toujours captivante, Julianne Moore rend au centuple aux réalisateurs de ce mélodrame l’attention admirative qu’ils lui portent, du premier au dernier plan. Loin des odieuses égocentriques qu’elle sait si bien jouer (comme la diva de Maps to the stars, de David Cronenberg), la voici en suppliciée d’un alzheimer précoce et galopant. Le film chronique au pas de charge toutes les étapes de la déchéance, des premiers trous de mémoire à la grande désorientation terminale.

C’est une performance à oscar — que l’actrice a obtenu — mais en mieux : le jeu de Julianne Moore est souvent stylisé, euphémique, blanc comme on le dit d’une voix. Pour le reste, le film, essentiellement compassionnel, réserve peu de surprises. Sur les ravages d’une maladie incurable au sein d’une famille (Alec Baldwin, le mari occupé, Kristen Stewart, la fille rebelle), Still Alice se garde des terribles vérités égrenées par un Michael Haneke dans Amour. Une piste retient toutefois l’attention : il n’y a qu’une seule place auprès de la malade lors la dernière ligne droite. Et pas forcément pour qui l’on croyait.
STILL ALICE, Wash Westmoreland et Richard Glatzer 2014, Alec Baldwin, Julianne Moore (societe sante)@@@ (edit IPTC) (E)
Alice Howland, professeure de linguistique à l'université de Columbia, fête son cinquantième anniversaire avec son mari médecin John et leurs trois enfants adultes. Après qu'elle a oublié un m ...

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SULLY, Clint Eastwood 2016, Tom Hanks (espace catastrophe)(vers esp)@@@


SULLY, Clint Eastwood 2016, Tom Hanks (espace catastrophe)(vers esp)@@@ (edit IPTC) (E)
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SUR LE CHEMIN DE L ECOLE, Pascal Plisson 2013 (documentaire societe)@@@


Jackson, Zahira, Samuel et Carlos, quatre enfants, vivent l'un au Kenya, l'autre au Maroc, les autres enfin en Inde et en Patagonie. Tous les quatre, même s'ils ne se connaissent pas, sont prêts à relever tous les défis pour aller à l'école, espérant que l'éducation leur permettra d'échapper à leur destinée. Ainsi Zahira qui, chaque semaine, emprunte un chemin long, sinueux et dangereux pour quitter les monts de l'Atlas où vivent ses parents et rejoindre l'école.

TELERAMA
Ils ont 11, 12 ou 13 ans et parcourent chaque jour des kilomètres pour aller en classe. Dans ce documentaire, le réalisateur Pascal Plisson montre que, dans ces terres lointaines, l’école devient, pour ces enfants, un refuge.

Il est long, le chemin qui mène à l'école : des kilomètres et des kilomètres à parcourir, pendant des heures et des heures. Pour Jackson (11 ans) au Kenya comme pour Zahira (12 ans) au Maroc, pour Samuel (13 ans) en Inde et Carlito (11 ans) en Patagonie. Mais rien ne les arrête : ces enfants sont prêts à tout pour aller en classe ! À pied, à cheval dans le cas de Carlito et, pour Samuel, handicapé, en fauteuil roulant poussé cahin-caha par ses deux frères. Au beau milieu d'étendues magnifiques et qui pourraient être décourageantes, les écoliers cheminent. Des images si frappantes qu'elles n'ont besoin d'aucun commentaire. On aurait même pu se passer de la musique, qui caricature la ferveur de cet étonnant documentaire.

Le réalisateur, Pascal Plisson, se place du côté des enfants, qui savent trouver à leurs difficultés un goût d'aventure. Leur incroyable entrain mène le film, qui ne les transforme pas pour autant en petits ambassadeurs des joies de l'éducation. Il s'agit simplement de montrer que, dans ces régions reculées, l'école, quand les enfants y arrivent enfin, devient une récompense. Le contraire d'une punition. Dans les grands espaces désolés ou dangereux, l'école est un repère, un but. Le plus sûr passage pour continuer la traversée de la vie. Il fallait aller au bout du monde pour retrouver la force de ces évidences. Le voyage a eu, en salles, un succès mérité.

SUR LE CHEMIN DE L ECOLE, Pascal Plisson 2013 (documentaire societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Jackson, Zahira, Samuel et Carlos, quatre enfants, vivent l'un au Kenya, l'autre au Maroc, les autres enfin en Inde et en Patagonie. Tous les quatre, même s'ils ne se connaissent pas, sont prêts à relever tous les d&eacut ...

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TESS, Roman Polanski 1979, Nastassia Kinski (histoire)@@@


Dans le Dorset, à la fin du XIX e siècle, les Durbeyfield vivotent misérablement. Le père, John, qui noie son malheur dans l'alcool, apprend un jour du pasteur de la paroisse que les Durbeyfield descendent d'une famille noble, les d'Urberville. Il se résout à envoyer sa fille aînée, Tess, rendre visite à une certaine Mme d'Urberville, installée dans un manoir des environs.

TELERAMA
C'est l’actrice Sharon Tate qui fit découvrir le roman de Thomas Hardy à Polanski, son mari. Dix ans après son odieux assassinat par les disciples de Charles Manson, le cinéaste lui dédiait cette illustration naturaliste et funeste du destin tragique d’une jeune beauté dans le Dorset du XIXe siècle. Tess Durbeyfield est belle et pure. Son fermier de père apprend que sa famille serait la branche démunie d’une haute lignée aristocratique, les d’Urberville. Tess est envoyée chez eux, sa seule grâce pour référence. Début d’un long martyre silencieux…

Esthétiquement, la réussite est totale, fruit d’un impressionnant travail de reconstitution. Pendant des mois, l’équipe créa les costumes, retrouva le mobilier d’époque, réinventa le Dorset sur les côtes bretonnes et normandes (allant jusqu’à replanter des centaines d’arbres et à recouvrir l’asphalte de terre) pour un long tournage au rythme des saisons. C’est cette perfection languide et distinguée de gravure anglaise qui finit par engendrer le malaise. Pour Tess, qui ne trouvera jamais de place ni de repos, chaque ciel orageux, chaque lande apparaissent comme un tombeau naturel. En Nastassja Kinski, Polanski trouva l’incarnation idéale de l’innocence piétinée par les orgueils et les préjugés.

En Angleterre, à la fin du XIXe siècle. Le pasteur Marlott révèle à John Durbeyfield, un paysan ignare et misérable, qu'il est apparenté, ainsi que le prouve son nom de famille, à la noble et riche famille d'Urberville. John perçoit aussitôt les avantages qu'il peut tirer de cette nouvelle situation et décide d'envoyer sans tarder sa fille Tess au manoir de Trantridge. Quelque peu surpris de se découvrir soudain une cousine jusque-là inconnue, les d'Urberville acceptent finalement d'accueillir Tess, mais la relèguent au rang de vulgaire domestique. Séduite par Alec d'Urberville, Tess attend bientôt un enfant de lui. Elle en cache la naissance dans la maison de ses parents, mais le nourrisson meurt en bas âge...
TESS, Roman Polanski 1979, Nastassia Kinski (histoire)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans le Dorset, à la fin du XIX e siècle, les Durbeyfield vivotent misérablement. Le père, John, qui noie son malheur dans l'alcool, apprend un jour du pasteur de la paroisse que les Durbeyfield descendent d'une ...

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THE ARTIST, Michel Azanavicius 2011, Jean Dujardin, Berenice Bejo (musical)@@@


Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l'histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l'orgueil et l'argent peuvent être autant d'obstacles à leur histoire d'amour.

TELERAMA
Un prix d'interprétation à Cannes, une brassée d'oscars (dont le tiercé gagnant film-réalisateur-acteur) : depuis sa sortie, The Artist a peu à peu acquis un véritable statut d'événement historique. Qu'est-ce qui, dans ce pari artistique — un film muet en noir et blanc —, a tant soulevé les foules ? C'est d'abord, et avant tout, un personnage : Jean Dujardin, alias George Valentin, star adulée des Années folles. On l'attendait bouffon, forçant sur la grimace et les oeillades. C'est tout le contraire. A peine décalé, juste un rien désuet, il apporte une candeur facétieuse, un charme fragile.

La star, donc, fait des pirouettes comme Fred Astaire ou Errol Flynn, porte une moustache à la Douglas Fairbanks. Il ne lui manque que le son. En 1929, c'est pourtant l'essentiel. Malheur à ceux qui rateront le rendez-vous du parlant. Déchus, balayés... C'est à cette espèce disparue, cohorte de fantômes tremblants, les Mary Pickford, les John Gilbert, les Fatty Arbuckle, que The Artist rend hommage. L'âge d'or de Hollywood comme si vous y étiez. Un drôle d'objet anachronique, rêve de cinéphile, une mosaïque de références, assemblée avec une tendresse érudite, de Chaplin à Welles ou à Lubitsch, du burlesque au mélo.

Cette déclaration d'amour au grand cinéma hollywoodien raconte aussi un irréversible bouleversement technologique et artistique... Comme aujourd'hui le passage à la 3D relief et au tout-numérique. D'une révolution à l'autre, Hazanavicius interroge la notion de modernité. Une scène de cauchemar, peut-être la plus belle, en dit long : le son y fait une irruption brève et brutale. Le héros, lui, reste... muet. Désormais exclu, obsolète, réduit au véritable silence : l'oubli. L'angoisse de l'artiste par excellence. — Cécile Mury

Suivi, à 22h35, d'un documentaire du frère de Michel Hazanavicius, le comédien Serge Hazanavicius, qui retrace le mois précédant le succès du film aux Oscars, en février 2012 (lire ci-contre).
THE ARTIST, Michel Azanavicius 2011, Jean Dujardin, Berenice Bejo (musical)@@@ (edit IPTC) (E)
Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au fir ...

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THE FATHER, Florian Zeller, 2020, Antony Hopkins, Olivia Colman


Anthony, 80 ans, refuse catégoriquement l'aide de sa fille Anne lorsqu'il commence à être atteint de démence. Alors qu'il s'efforce de comprendre sa situation changeante depuis son appartement londonien, il commence à douter des intentions de ses proches, de son esprit et, perd pied avec la réalité. Surviennent alors de nombreux bouleversements, entre le déménagement d'Anne pour Paris et l'arrivée de Laura, une jeune-aide soignante à domicile.
THE FATHER, Florian Zeller, 2020, Antony Hopkins, Olivia Colman@@@@ (edit IPTC) (E)
Anthony, 80 ans, refuse catégoriquement l'aide de sa fille Anne lorsqu'il commence à être atteint de démence. Alors qu'il s'efforce de comprendre sa situation changeante depuis son appartement londonien, il commen ...

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THE KID, Charlie Chaplin (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
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THE LOST CITY OF Z, James Gray 2016


L'histoire vraie de Percival Harrison Fawcett, un des plus grands explorateurs du XXe siècle. Percy Fawcett est un colonel britannique reconnu et un mari aimant.

TELERAMA
Le cinéaste raconte la vie de Fawcett, explorateur disparu mystérieusement en 1925. Mais la jungle amazonienne ne le dévie pas de son sujet fétiche : l’humain en quête de lui-même.
Radaptant la biographie spectaculaire de l’explorateur britannique Percy Fawcett (1867-1925), mystérieusement disparu, le cinéaste reste d’abord fidèle à lui-même : il filme des dilemmes intimes, des tourments existentiels. Même en Amazonie, les tempêtes ­demeurent contenues sous les crânes de Fawcett (Charlie Hunnam, fier et sensible) et de son aide de camp — Robert Pattinson, méconnaissable derrière sa barbe. Quant à la réalité de cette civilisation perdue, un doute persiste. L’obsession de l’explorateur devient ainsi la métaphore d’une aspiration humaine à l’ailleurs. D’un besoin impérieux de diversion, de transcendance. D’un désir de croire.

Une autre dimension viendra s’ajouter à l’ampleur de l’histoire : le temps. Près de vingt ans se sont écoulés entre la première et la troisième expédition, en 1925. Le fils aîné, que l’explorateur n’a pas voulu voir grandir, devient, soudain, un disciple inespéré, un compagnon de voyage ultime. D’où un finale grandiose, toujours à bas bruit : une cérémonie nocturne, au milieu de la forêt, où culmine le mysticisme du héros et où s’illustre le legs ambigu du père à son enfant, comme une leçon de vie et de mort.
THE LOST CITY OF Z, James Gray 2016 (aventure bio)@@@ (edit IPTC) (E)
L'histoire vraie de Percival Harrison Fawcett, un des plus grands explorateurs du XXe siècle. Percy Fawcett est un colonel britannique reconnu et un mari aimant.

TELERAMA
Le cinéaste raconte la vie de Fawcett, exp ...

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THE LUNCHBOX, Ritesh Batra 2013 (sentimental)@@


Veuf asocial, Saajan, chef comptable depuis trente-cinq ans dans la même entreprise, est sur le point de prendre sa retraite. Un jour, on lui livre par erreur une lunchbox contenant les bons petits plats qu'elle a préparés pour son mari, un homme qui la délaisse et fait peu cas de ses efforts pour attirer son attention et le séduire. La jeune femme comprend vite que le porteur de gamelles, pourtant réputé infaillible, a commis une erreur.

TELERAMA
Chaque matin, Ila prépare pour son mari Rajeev un succulent repas, rangé dans une boîte hermétique, qui lui sera acheminé par un formidable réseau de livraison qui dessert les entreprises de Mumbai. Un jour, une erreur de livraison est commise. Et, tandis qu'Ila attend de Rajeev, indifférent et distrait, des compliments qui ne viennent pas, c'est Saajan Fernandes, un comptable veuf, misanthrope, à un mois de la retraite, qui reçoit le panier repas. Les deux inconnus commencent par échanger des billets. Peu à peu, ils se confient l'un à l'autre. L'aigri Saajan, métamorphosé, va jusqu'à aider un jeune collègue débutant, qu'il ne supportait pas au départ...
THE LUNCHBOX, Ritesh Batra 2013 (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Veuf asocial, Saajan, chef comptable depuis trente-cinq ans dans la même entreprise, est sur le point de prendre sa retraite. Un jour, on lui livre par erreur une lunchbox contenant les bons petits plats qu'elle a préparé ...

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THE MAGDALENE SISTERS, Peter Mullan 2001, Anne-Marie Duff, Sean Colgan (religion moeurs femmes)@@


En 1964, dans la campagne irlandaise, trois jeunes filles sont rejetées par leur famille. L'une a été violée, la deuxième est trop jolie, la troisième est fille-mère. Toutes les trois sont livrées à l'autorité des surs de Marie-Madeleine dont le couvent abrite une institution qui doit les ramener dans le droit chemin.

TELERAMA
Peter Mullan décrit avec un soin quasi documentaire et, paradoxalement, un sens étonnant de la dramaturgie la vie de ces filles enfermées de force et pour rien. Des Oliver Twist au carré, des David Copperfield au cube. Aucun misérabilisme dans sa mise en scène. Aucun naturalisme. L’hystérie de ses comédiennes est surveillée au millimètre. Notamment lorsque Crispina la simplette s’adresse au prêtre qui célèbre l’office : « Vous n’êtes pas un homme de Dieu »… La voix, fragile, devient forte, éclatante. Elle envahit l’espace, vrille les tympans. Le film est aussi fort que cette litanie révélant à l’assistance une vérité terrifiante. Lion d’or à Venise en 2002.

En septembre 2002, The Magdalene Sisters remportait le Lion d’or à la Mostra de Venise. Réaction immédiate du Vatican, via L’osservatore romano, quotidien officiel du Saint-Siège : le film serait une « caricature ratée », une « provocation rageuse et rancunière ».

Adaptation en fiction du documentaire Sex in a Cold Climate, diffusé en mars 1998 à la télévision, The Magdalene Sisters est une plongée glaçante dans le quotidien de quatre jeunes femmes envoyées contre leur gré dans les Magdalene Laundries, blanchisseries gérées par des religieuses, où sont passées des milliers de femmes entre 1922 et 1996, date de fermeture de la dernière institution.

Derrière les murs épais de ces établissements, les blanchisseuses, coupées du monde, lavaient du linge toute la journée, sans aucune rétribution financière, dans le silence, les humiliations et les coups. Certaines ont aussi dénoncé des abus sexuels. Les pensionnaires étaient censées laver leurs « péchés », telle Marie Madeleine, ancienne prostituée qui lava les pieds du Christ avec ses cheveux pour se repentir. Ce qu’on leur reprochait ? Être tombées enceintes hors mariage, avoir des troubles mentaux, avoir subi un viol, ou… être « trop jolies ».

Alors que dans les années 1990 l’Église catholique irlandaise est secouée par des scandales de pédocriminalité, le silence autour de ces institutions demeure assourdissant. Mais, en 1993, au cours d’une opération immobilière, cent cinquante-cinq corps de femmes enterrés anonymement sont découverts sur le site de l’une des plus grandes Magdalene Laundries de Dublin, sans qu’aucune enquête ne soit menée. Un groupe de femmes décide de s’unir pour qu’un hommage soit rendu aux victimes, comme le rappelle le magazine La Vie des idées dans un long article de 2018. Une plaque commémorative, la première, est inaugurée dans un parc local. L’association Justice for Magdalenes (JFM) naît quelques mois après la sortie du film en Irlande, en octobre 2002. Le pays est secoué et le monde découvre enfin cette sordide histoire.

L’association JFM saisit l’ONU en 2011, frustrée qu’aucune faute de l’État ne soit reconnue. En effet, si ces blanchisseries étaient gérées par des religieuses, l’Irlande est tout de même accusée d’avoir contribué à l’exploitation des pensionnaires en utilisant le linge de ces blanchisseries pour l’armée ou les hôpitaux. En outre, les femmes qui parvenaient à s’échapper y étaient renvoyées de force par la police. Le panel de l’ONU consacré à cette affaire exhorte l’Irlande à enquêter sur les allégations de torture, reprochant au pays d’avoir failli à superviser ces blanchisseries, « où des faits d’abus physiques, émotionnels et autres mauvais traitements ont été commis ». Une commission d’enquête (le « McAleese committee ») est créée, récoltant des témoignages accablants. Elle démontre notamment que l’Irlande a autorisé, entre 1922 et 1996, 26 % des admissions de ces pensionnaires réduites en esclavage…

Le 19 février 2013, soit dix-sept ans après la fermeture de la dernière Magdalene Laundry, le Premier ministre irlandais, Enda Kenny, assure que « le gouvernement et les citoyens d’Irlande présentent sans réserve leurs excuses pour le mal infligé à ces femmes ». Sans pour autant assumer une responsabilité ou proposer de compensation financière. En avril dernier, le film Tu ne mentiras point, avec Cillian Murphy, évoquait la prise de conscience d’un homme découvrant la réalité derrière ces institutions. Preuve que le sujet touche et intéresse toujours aujourd’hui.
THE MAGDALENE SISTERS, Peter Mullan 2001, Anne-Marie Duff, Sean Colgan (religion moeurs femmes)@@@ (edit IPTC) (E)
En 1964, dans la campagne irlandaise, trois jeunes filles sont rejetées par leur famille. L'une a été violée, la deuxième est trop jolie, la troisième est fille-mère. Toutes les trois sont li ...

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THE PATRIOT le chemin de la liberte, Roland Emmerich 2000,, Mel Gibson (saga)@@


Caroline du Sud, 1776. La colère gronde dans les rangs des Indépendantistes. Il semble que la guerre contre les Anglais soit désormais inévitable. Benjamin Martin, père veuf de 7 enfants, ne sait que trop bien le prix d'une guerre et s'élève contre cette idée.

TELERAMA
Benjamin Martin, veuf, élève ses sept enfants dans une superbe plantation de Caroline du Sud. L'année 1776 marque le début de la rébellion contre les Anglais. Si Benjamin refuse d'abord de rejoindre les insurgés, il ne tarde pas à changer d'avis lorsque le terrible colonel Tavington tue sous ses yeux son fils cadet, avant de détruire sa propriété. Accompagné de son aîné, Gabriel, il rejoint l'armée en déroute de Burwell. Benjamin recrute des miliciens et se lance dans une guérilla sans merci, qui durera quatre longues années. La rumeur circule bientôt qu'un insaisissable cavalier sème la panique dans les rangs des Tuniques rouges...
THE PATRIOT le chemin de la liberte, Roland Emmerich 2000,, Mel Gibson (saga)@@@ (edit IPTC) (E)
Caroline du Sud, 1776. La colère gronde dans les rangs des Indépendantistes. Il semble que la guerre contre les Anglais soit désormais inévitable. Benjamin Martin, père veuf de 7 enfants, ne sait que trop ...

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THE QUEEN, Stephen Frears 2006, Helen Mirren, James Cromwell


Dimanche 31 août 1997. La princesse Diana meurt des suites d'un accident de voiture survenu sous le pont de l'Alma à Paris. Si cette disparition plonge la planète dans la stupeur, elle provoque en Grande-Bretagne un désarroi sans précédent. Alors qu'une vague d'émotion et de chagrin submerge le pays, Tony Blair, sent instantanément que quelque chose est en train de se passer, comme si le pays tout entier avait perdu une soeur, une mère ou une fille.
THE QUEEN, Stephen Frears 2006, Helen Mirren, James Cromwell @@@ (edit IPTC) (E)
Dimanche 31 août 1997. La princesse Diana meurt des suites d'un accident de voiture survenu sous le pont de l'Alma à Paris. Si cette disparition plonge la planète dans la stupeur, elle provoque en Grande-Bretagne un d&ea ...

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THE UNBEARABLE LIGHTNESS OF BEING, Daniel Day-Lewis 1988, Juliette Binoche, Lena Olin


Prague, 1968. Tomas, brillant neurochirurgien, collectionne les conquêtes. Il couche régulièrement avec Sabina, une artiste avec laquelle il s'entend bien sexuellement et intellectuellement. De passage en province, il remarque Tereza, une jeune femme fougueuse et presque ingénue, qui tombe sous son charme. Un beau jour, elle débarque à Prague et s'installe chez lui. Les deux tourtereaux se marient. Tomas n'en cesse pas moins de la tromper, ce que la jeune femme supporte mal.

TELERAMA
L'adaptation du succès de librairie de Milan Kundera n'est pas une fresque historique. L'Histoire entre par la force au coeur des vies privées, fleurit avec le printemps de Prague, déboule avec les chars. Les vagabondages sexuels, les liens d'amour qui se tissent et se défont symbolisent la tentative d'envol, d'insouciance de tout un peuple. Cette « insoutenable légèreté » qui, inexorablement, échoue. Tomas, le papillon, s'attache à Tereza et choisit la gravité. Tereza est le ­témoin impuissant de l'écrasement de son pays. Seule Sabina, qui s'exile, trouve la liberté. Mais au prix de la solitude. Le film est à l'image de ses trois personnages, interprétés par un trio d'acteurs formidables : terriblement pessimiste, mais ­séducteur et léger.
THE UNBEARABLE LIGHTNESS OF BEING, Daniel Day-Lewis 1988, Juliette Binoche, Lena Olin (histoire sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Prague, 1968. Tomas, brillant neurochirurgien, collectionne les conquêtes. Il couche régulièrement avec Sabina, une artiste avec laquelle il s'entend bien sexuellement et intellectuellement. De passage en province, il re ...

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THELMA ET LOUISE, Ridley Scott 1991, Geena Davis, Susan Sarandon (societe)@@@


Thelma, une épouse frustrée, suit les conseils de son amie Louise et part avec elle pour une fin de semaine entre femmes à la campagne. Sur la route, un homme essaye de violer Thelma. Louise le tue et donne à Thelma l'ordre de ne pas prévenir la police.

TELERAMA
L’escapade de deux copines vire au tragique. L’œuvre de Ridley Scott, tournée en 1991, n’a pas pris une ride.
L’une est victime d’un viol (Geena Davis), l’autre coupable d’avoir tué celui qui n’avait pas compris que “Non, c’est non”(Susan Sarandon).

C'est un jalon, le premier road movie rebelle du cinéma à mettre en scène non pas des hommes (Easy Rider) ou un homme et une femme (Bonnie and Clyde), mais deux femmes. Écrit par une jeune Américaine d’origine libanaise, le sujet fait d’abord peur aux studios car il ne ressemble à aucun « film de filles » identifié. Le film raconte l’escapade de deux copines d’un bled d’Arkansas, Thelma, femme au foyer maltraitée par son macho de mari, et Louise, serveuse libre dans sa tête, qui tourne à la cavale jusqu’au-boutiste à travers le sud-ouest des États-Unis après que Louise a tué un homme qui tentait de violer Thelma.

Trente-trois ans après, les deux fugitives dans leur Ford Thunderbird 1966 vert amande n’ont rien perdu de leur splendeur et de leur humour. L’Anglais Ridley Scott filme les paysages de la mythologie américaine avec la gourmandise assumée d’un étranger, et Brad Pitt, débutant, comme un objet de désir. Pendant ce temps, Thelma et Louise s’émancipent, se transforment, et leur amitié se meut en sororité, en fusion absolue envers et contre les lois et la violence des hommes. La voix de Marianne Faithfull les soutient avec The Ballad of Lucy Jordan, et le Grand Canyon approche, pour un envol tragique mais lumineux.

Une semaine après la sortie du film, les sublimes Susan Sarandon et Geena Davis faisaient la couverture de Time Magazine avec ce titre : « Pourquoi Thelma et Louise touche un point sensible. » Parce qu’il était, et reste, une bombe de féminisme.
THELMA ET LOUISE, Ridley Scott 1991, Geena Davis, Susan Sarandon (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Thelma, une épouse frustrée, suit les conseils de son amie Louise et part avec elle pour une fin de semaine entre femmes à la campagne. Sur la route, un homme essaye de violer Thelma. Louise le tue et donne à The ...

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THOMAS CROWN, John McTiernan 1999, Pierce Brosnan, Rene Russo (thriller)@@@


Financier réputé, collectionneur d'art et de jolies femmes, Thomas Crown est également un cambrioleur redoutablement efficace. Catherine Banning, séduisante agent d'assurance, est chargée d'enquêter sur le vol d'un tableau de Claude Monet d'une valeur de 100 millions de dollars. Commence alors un jeu dangereux, entre séduction, sexe et mensonge, où l'argent n'est plus le seul enjeu.

TELERAMA
OK, c’est le remake d’un film culte. Et alors, on a aussi le droit d’aimer le style carré et glacé de McTiernan et la séduction dominatrice de Rene Russo, non ?

Dans L’Affaire Thomas Crown, de Norman Jewison, Faye Dunaway revisitait l’érotisme du bout d’un ongle vernis de beige, lors d’une partie d’échecs mémorable avec Steve McQueen. Mais, franchement, cette version de 1968, jugée si élégante à travers le filtre de la nostalgie, était passablement clinquante.

Pour son remake, John McTiernan choisit un luxe encore plus tapageur mais ne démérite pas : mise en scène carrée comme une carte de crédit Platinum, glacée comme une double page du magazine Fortune, ou comme Crown lui-même, cet as des affaires et de la cambriole, qui confie à sa psy son incurable ennui. Voler un Monet ? Mouais, mais moins exaltant que jouer avec une chasseuse de primes d’assurance qui porte à merveille la robe transparente… Pierce Brosnan, fade, est bien cet homme sans visage du tableau de Magritte qui inspire la meilleure scène du film. Et quand il est nu, Rene Russo est dessus. Cette actrice futée, mature et sexy — dont le tempérament mâle n’est plus à prouver depuis son concours de cicatrices avec Mel Gibson dans L’Arme fatale 3 — est la qualité dominante de Thomas Crown. 
THOMAS CROWN, John McTiernan 1999, Pierce Brosnan, Rene Russo (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Financier réputé, collectionneur d'art et de jolies femmes, Thomas Crown est également un cambrioleur redoutablement efficace. Catherine Banning, séduisante agent d'assurance, est chargée d'enquêter ...

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TITANIC, James Cameron 1997, Kate Winslet, Leonardo DiCaprio


En 1997, l'épave du Titanic est l'objet d'une exploration fiévreuse, menée par des chercheurs de trésor en quête d'un diamant bleu qui se trouvait à bord. Frappée par un reportage télévisé, l'une des rescapées du naufrage, âgée de 102 ans, Rose DeWitt, se rend sur place et évoque ses souvenirs. 1912.
TITANIC, James Cameron 1997, Kate Winslet, Leonardo DiCaprio@@@@ (edit IPTC) (E)
En 1997, l'épave du Titanic est l'objet d'une exploration fiévreuse, menée par des chercheurs de trésor en quête d'un diamant bleu qui se trouvait à bord. Frappée par un reportage tél&e ...

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TORI ET LOKITA, freres Dardenne


Deux adolescents ont fui l'Afrique de l'Ouest et se sont retrouvés en Belgique. La dure réalité de la vie de réfugié rapproche Tori et Lokita. Ensemble, ils essaient de se construire une vie de frère et sœur et c'est ainsi qu'ils ont commencé à s'aimer. Cependant, il est difficile d'obtenir un permis de séjour.

TELERAMA
Ayant fui l’Afrique, une adolescente et un petit garçon doivent tout affronter. Jean-Pierre et Luc Dardenne racontent leurs épreuves avec une empathie exemplaire. Les frères Dardenne signent un film sous tension qui nous saisit et nous ouvre les yeux.

Elle suffoque, Lokita. Comme si elle avait tout le temps un couteau sous la gorge. Sur les routes de l’exil, cette adolescente a aidé le petit Tori, qui devait quitter un pays où il était persécuté. Il a eu le droit de rester en Belgique, mais pas Lokita. Maintenant, elle doit tout affronter. La Justice, qui veut l’expulser. Un homme menaçant qui lui fait vendre de la drogue et exige des faveurs sexuelles contre quelques dizaines d’euros en plus. Le passeur, qui réclame son dû et la rackette, et sa propre mère, qui l’accuse, au téléphone, de garder ce qu’elle gagne au lieu de lui envoyer. Lokita n’a aucun droit, elle n’est là que pour servir les intérêts de tous.

Avec leur mise en scène taillée dans le vif, les Dardenne donnent une vérité palpable à la prison de l’adolescente. D’un plan à l’autre, la pression ne retombe pas, aucun espace de liberté n’existe. Seul Tori parvient à créer la sienne : il va et vient, passe partout, débrouillard comme tous les gamins. À travers lui, l’enfance se rappelle à un monde où elle ne signifie plus rien. La loi du plus fort et l’exploitation du plus faible ont éradiqué l’innocence, la tendresse. Lesquelles subsistent entre Tori et Lokita, comme un trésor de contrebande, une solidarité magnifique et cependant menacée dans une vie qui les expose au pire. Leur souffrance est montrée pudiquement, exprimée à mi-voix, parce qu’elle ne fait aucun bruit et demeure invisible dans un monde qui ne veut rien entendre ni voir. Alors, heureusement que les Dardenne sont là. Lucides et courageux, ils signent un de leurs films les plus forts.

SYNOPSIS
Après avoir fui leur Afrique natale, Tori et Lokita tentent de se faire une place dans leur pays d'accueil, la Belgique. Malgré tous leurs efforts, ils ne parviennent pas à se sortir du cercle vicieux dans lequel ils sont enfermés, victimes du réseau qui les a fait venir de manière clandestine. En effet, si Tori parvient à rapidement régulariser sa situation, ce n'est pas le cas de sa grande soeur. Piégée, celle-ci doit accepter diverses tâches imposées par des hommes peu scrupuleux, notamment du trafic de drogue. Désireux d'aider Lokita, Tori finit lui aussi par céder aux sirènes de cet argent, au premier abord facile...

TORI ET LOKITA, freres Dardenne 2022 (societe racisme)@@@ (edit IPTC) (E)
Deux adolescents ont fui l'Afrique de l'Ouest et se sont retrouvés en Belgique. La dure réalité de la vie de réfugié rapproche Tori et Lokita. Ensemble, ils essaient de se construire une vie de frèr ...

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TOUCHEZ PAS AU GRISBI, Jacques Becker 1953, Jean Gabin, René Dary (thriller)@@@


Max-le-menteur et Riton viennent de réussir le coup de leur vie: voler 50 millions de francs en lingots d'or à Orly. Avec ce "grisbi," les deux gangsters comptent bien profiter d'une retraite paisible. Cependant, Riton ne peut s'empêcher de parler du magot à sa maîtresse Josy.

TELERAMA
Un refrain à l’harmonica, des gangsters quinquas, l’envie de se retirer avec leur grisbi, et une femme qui s’en mêle.
Gabin, au creux de la vague, a du mal à retrouver le succès qu’il a eu avant guerre. Il se refait avec ce grand film policier sec et réservé, signé Jacques Becker. Il y joue un truand fatigué et embourgeoisé, qui vient de réussir un gros « coup » et aspire à se retirer des affaires. Mais une imprudence de Riton, son ami de toujours, le rappelle à un autre destin. L’action est ici secondaire. Ce qui compte tient à l’argot, à l’amitié, aux traits de caractère, à l’ambiance mélancolique (soutenue par un air lancinant d’harmonica, composé par Jean Wiener).

Costume croisé, cravate, pochette, et mitraillette si besoin, Gabin en impose. C’est un caïd à l’ancienne, forçant le respect, mais pantouflard, presque dépassé par la nouvelle génération, sans foi ni loi et plus violente, incarnée par Lino Ventura. Le film cristallise très précisément le début de sa vieillesse, digne, pas encore caricaturale (celle du « pacha » patriarche ou président). Un dur au grand cœur qui argotise sans faillir, un séducteur pépère, valoches sous les yeux et traits empâtés par les années, encore capable d’envoûter une dame de la haute. Grâce à lui et aux autres comédiens (dont une certaine Jeanne Moreau, débutante, qui se prend une sacrée volée), grâce à sa mise en scène impeccable de sobriété, Jacques Becker réussissait là un classique du genre, dès sa sortie.
TOUCHEZ PAS AU GRISBI, Jacques Becker 1953, Jean Gabin, René Dary (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Max-le-menteur et Riton viennent de réussir le coup de leur vie: voler 50 millions de francs en lingots d'or à Orly. Avec ce "grisbi," les deux gangsters comptent bien profiter d'une retraite paisible. Cependant, Rit ...

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TOUS LES MATINS DU MONDE, Alain Corneau 1991, Gerard Depardieu, Jean-Pierre Marielle, Anne Brochet (bio musical)@@@


Au XVIIe siècle, dans le royaume de France. Depuis la mort de sa femme, monsieur de Sainte-Colombe, homme austère et passionné, grand maître de la viole de gambe, vit retiré dans sa propriété, avec ses deux filles, Madeleine et Toinette. Il dédaigne les séductions de la cour du roi Louis XIV et passe le plus clair de son temps à composer dans un cabanon isolé. Lorsque Marin Marais, un jeune homme ambitieux et doué, lui demande avec insistance de le prendre pour élève, Sainte-Colombe accepte.

TELERAMA
Au XVIIe siècle, reclus dans son manoir, M. de Sainte-Colombe compose de la musique baroque et joue comme personne de la viole de gambe. Taciturne, triste, sauvage, il ne se console pas de la mort de sa femme. Il élève ses deux filles dans la doctrine janséniste et le goût de la musique pure. Un jeune admirateur force sa retraite. C'est Marin Marais. Deux conceptions de la musique s'affrontent, deux styles de vie.

La musique, ici, est une fin et un moyen, une façon d'exprimer l'ineffable. Si certains grands artistes ne dédaignent pas de participer aux vanités du siècle, ils sont quand même des artistes. C'est le cas de Marin Marais, qu'interprètent Guillaume puis Gérard Depardieu. Alain Corneau et le romancier Pascal Quignard lui opposent l'attitude hiératique de l'intraitable Sainte-Colombe, qui refuse les simagrées, cherche la solitude et éprouve la souffrance de la création. Dans ce rôle ingrat, Jean-Pierre Marielle s'évadait enfin - et d'éblouissante manière - des personnages extravertis, hâbleurs et avantageux dans lesquels on l'a confiné. Comme l'acteur, tout est retenu dans ce film austère : les sentiments, les mouvements, les élans. D'un abord difficile, il demande à être sans cesse revu (et réécouté).
TOUS LES MATINS DU MONDE, Alain Corneau 1991, Gerard Depardieu, Jean-Pierre Marielle, Anne Brochet (bio musical)@@@ (edit IPTC) (E)
Au XVIIe siècle, dans le royaume de France. Depuis la mort de sa femme, monsieur de Sainte-Colombe, homme austère et passionné, grand maître de la viole de gambe, vit retiré dans sa propriété, ...

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TOUT LE MONDE DEBOUT, Frank Dubosc 2018, Frank Dubosc, Alexandra Lamy (sentimental sante)@@@


Jocelyn, homme d'affaires en pleine réussite, est un dragueur et un menteur invétéré. Lassé d'être lui-même, il se retrouve malgré lui à séduire une jeune et jolie femme en se faisant passer pour un handicapé. Jusqu'au jour où elle lui présente sa soeur elle-même handicapée.

TELERAMA
Quelques traits d’humour épais à la Franck Dubosc, mais quelques jolies idées de scénario, aussi, et la présence d’une Alexandra Lamy lumineuse.

Jocelyn drague tout le temps, par tous les moyens, en mentant comme un arracheur de dents. Au point de laisser croire à une fille canon qu’il est handicapé moteur. Problème : si elle s’intéresse à lui, c’est pour lui présenter sa sœur, réellement handicapée. Coincé dans son fauteuil roulant et son mensonge, Jocelyn guérira-t-il de son infirmité sentimentale ?

Petite surprise : devenu réalisateur, Franck Dubosc s’est écrit un rôle qui diffère un peu de l’habituel crâneur imbu de lui-même. Le voilà, pour la première fois, séduit par l’amour (et une Alexandra Lamy lumineuse)… On excuse quelques traits d’humour épais devant la grâce d’un dîner aux chandelles dans une piscine. Et devant une jolie idée scénaristique qui honore l’intelligence des femmes et atteste d’un regard tendre et juste sur le handicap.
TOUT LE MONDE DEBOUT, Frank Dubosc 2018, Frank Dubosc, Alexandra Lamy (sentimental sante)@@@ (edit IPTC) (E)
Jocelyn, homme d'affaires en pleine réussite, est un dragueur et un menteur invétéré. Lassé d'être lui-même, il se retrouve malgré lui à séduire une jeune et jolie femme en ...

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TOUT S EST BIEN PASSE, Francois Ozon, Andre Dussolier,Sophie Marceau (sante societe)@@@


Emmanuèle, romancière épanouie dans sa vie privée et professionnelle, se rend à l'hôpital où se trouve son père André, qui vient de faire un AVC. Fantasque, aimant passionnément la vie, curieux de tout, mais diminué, il demande à sa fille de l'aider à mourir.

TELERAMA
François Ozon aborde le sujet délicat du suicide assisté, inspiré par une histoire vraie. André Dussollier impressionne en vieil homme sarcastique.
A-t-on ri ne serait-ce qu’une fois en dévorant Tout s’est bien passé, le livre d’Emmanuèle Bernheim, paru il y a huit ans ? Dans le miroir déformant de nos souvenirs, la précision sèche du récit, sa gravité ramassée ont fini par imposer leur domination… Non pas que l’on se soit gondolée devant l’adaptation qu’en a réalisée François Ozon, loin de là, mais le film découvert mercredi en compétition au Festival de Cannes en 2021, surprend par ses éclats d’humour, d’autant plus cruels et savoureux qu’ils sont tirés à bout portant par un acteur tendrement aimé et généralement tenu pour inoffensif, André Dussollier.

La science du casting, chez Ozon, fait merveille. Septuagénaire à la voix d’or, l’éternellement fringant Dussollier incarne donc André Bernheim, 85 ans, grand bourgeois et collectionneur d’art qu’un AVC rend hémiplégique et qui choisit d’aller mourir en Suisse et dans la dignité, selon la formule consacrée. Métamorphosé par des prothèses, le visage déformé, l’élocution difficile, diminué et rageur, le comédien livre une « performance » bluffante. Le cinéaste s’intéresse d’abord au quotidien concret du patient et de ses proches – l’hôpital et son cortège de terreurs –, puis dessine le portrait d’un esthète autoritaire et charmeur, d’un égoïste jouisseur, mari infidèle d’une sculptrice dépressive (Charlotte Rampling) et redoutable père d’une paire de filles interprétées par Sophie Marceau et Géraldine Pailhas.

Du déni à l’acceptation
« Tu es mon fils préféré », lâche le vieil homme désormais infirme à Emmanuelle, alias la romancière, à qui il confie une mission impossible : l’aider « à en finir ». Même si la malheureuse rêva, enfant, d’occire ce pater pas très familias, bonjour le cadeau empoisonné ! Tout s’est bien passé raconte son trajet intime, du refus initial à l’acceptation, avec une intelligence fidèle à l’ouvrage d’origine. Femme aux yeux secs – porteuse de lentilles, on la voit plusieurs fois se mettre des « fausses larmes » –, l’autrice pleurera bientôt pour de bon sans que le long métrage ne verse dans un pathos éhonté.

Sophie Marceau incarne avec beaucoup de sensibilité et de retenue cette adulte solide, bouleversée jusque dans ses rêves mais se découvrant aussi un courage insoupçonné. Ozon filme joliment la complicité qui l’unit à sa frangine : lors d’une courte scène sans paroles, il les montre entremêlant leurs pieds telles deux gamines joueuses, et tout est dit. Peut-être était-il inutile, alors, d’ajouter des flash-back pour illustrer la jeunesse douloureuse de l’héroïne ? Qu’importe. Tout s’est bien passé trouve un équilibre harmonieux entre le drame familial et le film-dossier – les aspects légaux et moraux, du suicide assisté, interdit en France, sont traités sans détours –, tout en ménageant un étrange suspense : la « grande évasion » aura-t-elle lieu ?
TOUT S EST BIEN PASSE, Francois Ozon, Andre Dussolier,Sophie Marceau (sante societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Emmanuèle, romancière épanouie dans sa vie privée et professionnelle, se rend à l'hôpital où se trouve son père André, qui vient de faire un AVC. Fantasque, aimant passionn&eacut ...

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TROIS COULEURS, BLEU, Krzysztof Kieślowski 1993, Juliette Binoche (drame)@@@


Julie se réveille à l'hôpital après le terrible accident de voiture qui a coûté la vie à son mari, Patrice, un compositeur célèbre, et à sa fille, la petite Anna. Elle essaie de se suicider mais n'y parvient pas. Olivier, l'ami des bons comme des mauvais jours, se précipite à son chevet. Julie passe la nuit avec lui puis décide de faire table rase de ce passé qui la torture. Elle se débarrasse de sa maison, reprend son nom de jeune fille et détruit la partition inachevée de Patrice. Ses souvenirs, pourtant, l'assaillent du dehors : Antoine lui rapportant un bijou trouvé sur les lieux de l'accident, un flûtiste inconnu jouant un air de Patrice dans la rue. L'oubli est-il possible ?...

TELERAMA
Ce premier volet est un film sur le hasard et la liberté (qui correspond au bleu, sur nos drapeaux), ces accidents de la vie qui donnent l’impression qu’à chaque instant le destin vous échappe et que vous n’êtes libre de rien du tout. Mais il faut de la patience pour conquérir sa liberté, surtout lorsqu’on est enchaîné à un passé obsédant. Kieslowski joue à la fois sur les réminiscences et les ouvertures à l’avenir. De signes en symboles, de détails apparemment sans importance en longues scènes poignantes, Trois Couleurs : Bleu chemine vers la vie. Tour à tour torturée et lumineuse, Juliette Binoche domine cet itinéraire de son extraordinaire présence.

Bleu, blanc, rouge ; les couleurs du drapeau français, Krzysztof Kieslowski les associa pour construire une trilogie autour de l’éthique et de l’esthétique.
TROIS COULEURS, BLEU, Krzysztof Kieślowski 1993, Juliette Binoche (drame)@@@ (edit IPTC) (E)
Julie se réveille à l'hôpital après le terrible accident de voiture qui a coûté la vie à son mari, Patrice, un compositeur célèbre, et à sa fille, la petite Anna. Elle essa ...

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TROIS COULEURS- ROUGE, Kieslowski (Krzysztof), Irene Jacob, Jean-Louis Trintignant


La mannequin genevoise Valentine frappe un chien en conduisant sa voiture. Elle s'arrête pour contacter le propriétaire de l'animal et rencontre un juge à la retraite qui s'amuse à écouter les appels téléphoniques de ses voisins. Deux inconnus, le vétéran cynique et le mannequin triste forment une amitié improbable.
TROIS COULEURS- ROUGE, Kieslowski (Krzysztof), Irene Jacob, Jean-Louis Trintignant@@@ (edit IPTC) (E)
La mannequin genevoise Valentine frappe un chien en conduisant sa voiture. Elle s'arrête pour contacter le propriétaire de l'animal et rencontre un juge à la retraite qui s'amuse à écouter les appels t&eacu ...

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TROUBLE FETE, Lars Kraume 2015, Gunther Maria Halmer, Jordis Triebel (societe)@@@


Hannes Westhoff, brillant pianiste concertiste, fête ses 70 ans. Pour l'occasion, son épouse Anne a convié Renate, la première femme d'Hannes, venue exprès de Paris, ainsi que Frederik, Max et Gregor, les fils nés de cette première union.

TELERAMA
Fête d’anniversaire explosive dans un honnête huis clos, où Lars Kraume fait preuve d’un sens aigu de l’espace.
Quelque part entre Festen, de Thomas Vinterberg (en moins corrosif), et Juste la fin du monde, de Xavier Dolan (en plus modeste), voilà un honnête huis clos d’outre-Rhin. Ce repas d’anniversaire explosif se déroule dans une riche demeure au bord d’un lac, autour d’un pianiste septuagénaire renommé, patriarche d’ascendance nazie dans le privé. Avec un sens aigu de l’espace, Lars Kraume fait habilement progresser le récit par succession d’apartés, multipliant les combinaisons entre personnages, exploitant tous les décors possibles (jardin, cuisine, cave…). L’auteur de Fritz Bauer, un héros allemand s’appuie aussi sur des comédiens solides : Günther Maria Halmer dans le rôle du père, et Lars Eidinger — vu dans Sils Maria, d’Olivier Assayas, et, au théâtre, chez Thomas Ostermeier — dans celui d’un des fils.

L’originalité de Trouble-fête, c’est de démarrer pied au plancher, en révélant rancœurs, haines et secrets de famille dès le dîner inaugural, joyeuse foire d’empoigne verbale. D’un bout à l’autre, le film distille une atmosphère délétère qui vient rehausser, comme le noir autour du blanc, les percées d’affection : un morceau à quatre mains au piano ; une partie de foot entre frangins ; une boîte, soigneusement dissimulée, qui contient tout l’amour du monde.

Film de Lars Kraume (Familienfest, Allemagne, 2014). Scénario : Martin Rauhaus et Andrea Stoll. 90 mn. VM. Rediffusion. Avec Günther Maria Halmer, Lars Eidinger, Barnaby Metschurat.

TROUBLE FETE, Lars Kraume 2015, Gunther Maria Halmer, Jordis Triebel (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Hannes Westhoff, brillant pianiste concertiste, fête ses 70 ans. Pour l'occasion, son épouse Anne a convié Renate, la première femme d'Hannes, venue exprès de Paris, ainsi que Frederik, Max et Gregor, les f ...

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TRUMANN SHOW Peter Weir 1998, Jim Carrey, Laura Linney (middle)(societe)@@@ (edit IPTC) (E)
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UN AUTRE MONDE, Stephane Brize, 2021, Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain (drame)@@@


Philippe Lemesle, cinquante-sept ans, cadre dirigeant dans un groupe industriel américain, une femme, deux enfants, une belle maison, une belle voiture. Derrière l'image, la réalité. Depuis des années, les exigences de rentabilité demandées par l'entreprise lui pèsent, perturbant par ricochet l'équilibre familial. Lorsque Claire demande le divorce et que la maison-mère exige un nouveau plan de restructuration, la pression devient trop lourde.

TÉLÉRAMA
L’entreprise de Brizé, passionnante, raconte trois vérités : celle de l’ouvrier laissé sur le carreau par un dégraissage ; celle du leader syndical en lutte contre la fermeture de sa boîte ; et, aujourd’hui, celle du cadre sommé d’exécuter un « ambitieux plan d’économie » – en clair, virer dix pour cent de ses effectifs.
Le coup de maître tient à ce qu’ils sont tous les trois interprétés par un seul et même acteur, Vincent Lindon, ce stupéfiant caméléon social, aussi juste en bourgeois accablé à grosse Volvo qu’il l’était, dans En guerre, en manifestant rageur à gilet fluo. Il endosse donc cette fois le costume-cravate de Philippe Lemesle, directeur d’une usine d’électroménager, que l’on rencontre précisément au moment où son monde bascule vers… quoi ? La solitude, déjà, puisque sa femme, Anne (Sandrine Kiberlain, de retour chez Brizé douze ans après Mademoiselle Chambon), a demandé le divorce. Le chagrin, aussi, quand leur fils (Anthony Bajon), étudiant en école de commerce, subit un burn-out qui le mène à l’hôpital psychiatrique. L’incompréhension, enfin, quand le groupe du dirigeant, largement bénéficiaire, lui impose de licencier pour envoyer un « message » positif aux actionnaires.

Les ennuis, souvent, volent en escadron. Ils s’abattent d’un coup sur Philippe Lemesle, jusque-là grand gagnant d’un jeu qui pourrait s’appeler « Des chiffres et des êtres » mais qui, soudain, n’en comprend plus la règle. Le cinéaste le filme tantôt en réunion, encerclé, enfermé, tantôt isolé face à des colonnes de noms et de nombres, Stabilo à la main, en quête d’une impossible solution. Tout prêt, au départ, à « sacrifier cinquante-huit personnes pour en sauver cinq cents », le bon petit soldat s’imagine un temps en chevalier blanc mais l’absurdité du système finit par lui crever les yeux.

À nouveau, Stéphane Brizé et son coscénariste Olivier Gorce excellent à pointer la violence – « Demain matin, y a une personne de l’atelier 1 qui passe sous un train, faudrait que ce soit surtout pas laquelle ? », interroge un cadre venu du siège – et le dévoiement de la langue managériale, où le terme « courage » revient en leitmotiv. De même, l’ensemble de la distribution, acteurs et non-professionnels mêlés, suscite l’admiration, avec une mention spéciale à l’ex-journaliste Marie Drucker, patronne coupante comme une lame. Mais, bizarrement, plus que le dénouement, un brin trop explicite, c’est une scène de vie conjugale qui nous chavire. Philippe et Anne y font visiter leur maison à un jeune couple en quête de foyer. On parle chauffage au sol, exposition sud, et la caméra, ignorant les acheteurs potentiels, s’attarde tour à tour sur les visages de Lindon et de Kiberlain pour y scruter l’indicible, la tendresse, les regrets. Juste la fin de leur monde.
UN AUTRE MONDE, Stephane Brize, Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain, Marie Drucker (drame)@@@ (edit IPTC) (E)
Philippe Lemesle, cinquante-sept ans, cadre dirigeant dans un groupe industriel américain, une femme, deux enfants, une belle maison, une belle voiture. Derrière l'image, la réalité. Depuis des années, les ...

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UN AUTRE PERE, Pierre Linhart 2025, Jean Le Peltier, Ladi Emeruwa (societe)@@


Thibaut, 40 ans, élève seul son fils de 7 ans, Gabriel, qu'il a adopté en Afrique. Face à la crise que traverse son fils, il décide de retourner avec lui au Sénégal, à la recherche de la mère biologique, Yawa, qu'il a connue autrefois.

TELERAMA
Ce récit initiatique et sensible sur les liens père-fils entre la France et le Sénégal a obtenu le prix du meilleur unitaire et celui de l’interprétation masculine à La Rochelle.

Qu’arrive-t-il à Gabriel, cet enfant que Thibaut a adopté lorsqu’il était en poste sur l’île de Gorée, ancien marché d’esclaves, désormais site touristique du Sénégal ? À Paris, le garçon, que cet historien élève seul, est en proie à la mélancolie et à l’agressivité. Revenir en Afrique de l’Ouest, à la recherche de la mère biologique de Gabriel, qui l’a pourtant abandonné, est une solution ardue. L’adopter fait d’ailleurs resurgir un autre lien douloureusement brisé.

Pour son premier long métrage, Pierre Linhart ne manque pas d’ambition. Le voyage de Thibaut et Gabriel aborde quête des origines, questions existentielles, récit d’apprentissage, travail de mémoire, regard sur la société sénégalaise d’aujourd’hui et possibilité d’une famille recomposée, homoparentale et interethnique. La mise en scène fait passer le tout élégamment avec son cadre posé, voire épuré, son découpage soigné et un rythme calé sur les rencontres et les marchandages en wolof. Elle reste parfois théorique, mais le ton est plus impertinent qu’il n’y paraît. En père soucieux de ne pas être défaillant, sous l’œil parfois goguenard des locaux, qui le regardent comme un toubab (« blanc »), Jean Le Peltier réussit à nous emmener dans l’épreuve vécue par son personnage, quand le film ménage aussi une place au ressenti des autres protagonistes.
UN AUTRE PERE, Pierre Linhart 2025, Jean Le Peltier, Ladi Emeruwa (societe homosexualite)@@@ (edit IPTC) (E)
Thibaut, 40 ans, élève seul son fils de 7 ans, Gabriel, qu'il a adopté en Afrique. Face à la crise que traverse son fils, il décide de retourner avec lui au Sénégal, à la recherche de ...

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UN BALCON SUR LA MER, Nicole Garcia 2010, Jean Dujardin, Sandrine Kiberlain, Claudia Cardinale (societe)@@


Fin des années 1980, dans le sud de la France, Marc Palestro, un quadragénaire marié et père de famille, mène une vie confortable d'agent immobilier. Au hasard d'une vente, il rencontre Marie-Jeanne, une femme au charme envoûtant dont le visage lui est familier. Il pense reconnaître en elle Cathy, l'amour de ses 12 ans dans une Algérie violente, dont il avait été séparé à la fin de la guerre d'indépendance. Après une nuit d'amour, la jeune femme disparaît. Au fil des jours, un doute s'empare de Marc : qui est vraiment celle qui prétend s'appeler Cathy ? Il tente alors de la retrouver...

TELERAMA
Un homme rencontre une femme, et tout son passé resurgit... Nicole Garcia signe un beau film intime sous couvert de thriller vertigineux.

La vie de Marc a toutes les apparences du bonheur familial et professionnel. Un jour, à quelques mètres, une femme de dos. Quand elle se retourne, tout son passé lui éclate au visage.

Le sixième film de Nicole Garcia fut un retour aux sources pour la cinéaste originaire d’Oran. Mais ce qui l’intéressait, c’est le vertige. Celui que l’on ressent en se penchant d’un balcon sur lequel on a, trop longtemps, refusé de monter. Un homme déboussolé, une femme mystère, blonde, brune : voilà un thriller psychologique à la mise en scène élégante, envoûtante. Pourtant, Cathy est une fausse femme fatale, entre mensonge et sincérité. Elle est ombre et lumière, à l’image de ce Sud que Nicole Garcia filme comme personne.

Pour cette réconciliation d’un homme avec lui-même, la réalisatrice a su choisir l’acteur idéal et en trouver la faille. Comme son personnage, Jean Dujardin se fissure doucement. Il révélait alors une gravité inédite.

UN BALCON SUR LA MER, Nicole Garcia 2010, Jean Dujardin, Sandrine Kiberlain, Claudia Cardinale (thriller sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Fin des années 1980, dans le sud de la France, Marc Palestro, un quadragénaire marié et père de famille, mène une vie confortable d'agent immobilier. Au hasard d'une vente, il rencontre Marie-Jeanne, une f ...

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UN ETE MAGIQUE Rob Reiner 2012, Morgan Freeman


Depuis la mort de sa femme, Monte Wildhorn, un écrivain spécialisé dans les westerns, noie son chagrin dans l'alcool et la solitude. Son neveu s'inquiète de son état, et le pousse à partir en vacances d'été dans une petite ville paisible, au bord d'un lac. Le vieil écrivain s'installe dans un chalet où il commence à s'ennuyer ferme, sans inspiration. Mais il fait rapidement la connaissance de ses voisines, une mère célibataire et ses petites filles.
UN ETE MAGIQUE Rob Reiner 2012, Morgan Freeman(sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Depuis la mort de sa femme, Monte Wildhorn, un écrivain spécialisé dans les westerns, noie son chagrin dans l'alcool et la solitude. Son neveu s'inquiète de son état, et le pousse à partir en vacanc ...

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UN HOMME ET UNE FEMME, Claude Lelouch 1966, Jean-Louis Trintignant, Anouk Aimee (sentimental)@@@


Jean-Louis est un veuf devenu père célibataire après le suicide de sa femme, et Anne est une veuve et une mère célibataire encore sous le choc de la mort accidentelle de son mari.

TELERAMA
Palme d’or à Cannes en 1966, succès public considérable, musique de Francis Lai aussi célèbre que la Marseillaise, ce film de Lelouch est virtuose jusqu’au tournis, romanesque jusqu’à l’agacement. Beaucoup d’eau, depuis, a coulé sur les planches de Deauville et a été chassée par les essuie-glace de Jean-Louis Trintignant, avalant les kilomètres sous la pluie pour rejoindre son Aimée. Ce qu’il reste ? Une histoire d’amour entre deux êtres blessés par la vie et hésitant à s’y cogner encore. Un couple d’acteurs d’une grande beauté, dont la retenue et la finesse font naître l’émotion.
UN HOMME ET UNE FEMME, Claude Lelouch 1966, Jean-Louis Trintignant, Anouk Aimee (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Jean-Louis est un veuf devenu père célibataire après le suicide de sa femme, et Anne est une veuve et une mère célibataire encore sous le choc de la mort accidentelle de son mari.

TELERAMA
Pal ...

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UN HOMME PRESSE, Herve Mimran 2018, Fabrice Luchini, Leila Bekhti (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
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UN JOUR, Lone Scherfig 2011, Anne Hathaway, Jim Sturgess


Emma et Dexter passent la nuit ensemble après leur soirée de fin d'étude et décident de rester amis. Lui est insouciant et frivole, elle est bourrée de complexes. Pendant 20 ans, Dexter et Emma vont s'adorer, se séparer, se détester, se manquer. Finiront-ils par comprendre qu'ils ne sont jamais aussi heureux que lorsqu'ils sont ensemble ?
UN JOUR, Lone Scherfig 2011, Anne Hathaway, Jim Sturgess@@@ (edit IPTC) (E)
Emma et Dexter passent la nuit ensemble après leur soirée de fin d'étude et décident de rester amis. Lui est insouciant et frivole, elle est bourrée de complexes. Pendant 20 ans, Dexter et Emma vont s'ador ...

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UN MONDE, Laura Wandel 2021, Maya Vanderbeque, Günter Duret (societe)@@@


Nora entre en primaire lorsqu'elle est confrontée au harcèlement dont son grand frère Abel est victime. Tiraillée entre son père qui l'incite à réagir, son besoin de s'intégrer et son frère qui lui demande de garder le silence, Nora se trouve prise dans un terrible conflit de loyauté. Une plongée immersive, à hauteur d'enfant, dans le monde de l'école.

TELERAMA
Alors qu’elle vient de rentrer à l’école primaire, une fillette découvre que son frère aîné y est victime de harcèlement de la part de ses camarades. Une vision à hauteur d’enfant.

Une petite fille pleure dans les bras de son grand frère. C’est le premier jour d’école primaire et Nora ne veut pas y aller. Devant la grille, Abel, son frère, essaie de la rassurer. « T’inquiète, on se revoit à la récré. » Une fois à l’intérieur de l’école, on n’en sortira plus, sauf au moment de la piscine, où Nora, tremblotante, devra sauter dans le grand bassin. Une épreuve parmi tant d’autres dans ce film d’une sensibilité à l’os. À même de réveiller dans l’esprit de chaque spectateur des souvenirs plus ou moins enfouis de honte et de peur. Peur de l’inconnu, de ne pas réussir, d’être puni.

Peur surtout de ne pas savoir se défendre face à la violence. Un monde est un film d’angoisse, criant de vérité, parce que filmé à hauteur d’enfant. Ce premier long-métrage de la réalisatrice belge Laura Wandel impressionne par sa densité et sa concision. Il repose sur l’immersion totale dans un univers impitoyable dominé par le brouhaha. Une micro-société, un terrain de jeu et d’apprentissage, où Nora trouve peu à peu sa place, se fait des copines. La victime, ce n’est pas elle ici, comme le début le laisse penser, mais Abel. Sa sœur découvre qu’il subit le harcèlement d’une bande de garçons, dans les escaliers, la cour, les toilettes. En voulant s’interposer, elle semble aggraver la situation. Tandis que son frère la presse de garder le silence, leur père sent que quelque chose ne va pas…

“Un monde”, un film choc sur le harcèlement scolaire : “Quand un enfant est violent, c’est qu’il y a une blessure qui n’a pas été reconnue”

Culpabilité, conflit de loyauté, reproduction de la violence : le film est riche de tensions psychologiques. Les adultes s’y démènent comme ils peuvent, mais leur vigilance comporte inévitablement des failles. La réalisatrice n’incrimine ni ne juge personne. Elle montre que l’école, lieu déterminant de l’apprentissage social, peut être le théâtre de rapports de force très cruels entre enfants. Où commencent à s’inscrire en nous des traits de domination ou de soumission, de confiance en soi ou l’inverse, qui conditionnent notre rôle ultérieur dans la société.

Si le jeu, la joie, l’acquisition du savoir sont aussi de la partie, si le film tend vers une forme de salut possible, il reste poignant, nous saisissant plus d’une fois à la gorge, en créant une profonde empathie pour le frère meurtri et sa sœur atteinte par ricochet. Une fratrie incarnée par deux enfants, Maya Vanderbeque et Günter Duret, époustouflants de justesse.
UN MONDE, Laura Wandel 2021, Maya Vanderbeque, Günter Duret (societe harcelement scolaire)@@@ (edit IPTC) (E)
Nora entre en primaire lorsqu'elle est confrontée au harcèlement dont son grand frère Abel est victime. Tiraillée entre son père qui l'incite à réagir, son besoin de s'intégrer et son ...

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UN PETIT FRERE, Léonor Serraille 2023, Annabelle Lengronne, Stéphane Bak, Kenzo Sambin (societe immigration)@@@


Quand Rose arrive en France, elle emménage en banlieue parisienne avec ses deux fils, Jean et Ernest. Construction et déconstruction d'une famille, de la fin des années 80 jusqu'à nos jours.

TELERAMA
Loin des tartes à la crème sur l’intégration, chaque détail touche au cœur dans cette fresque qui célèbre la fierté.
À peine deux heures pour une fresque : après Jeune Femme, son enthousiasmant premier long métrage (Caméra d’or à Cannes en 2017) sur une trentenaire hors des sentiers battus, Léonor Serraille impressionne en racontant la vie, sur plus de vingt ans, d’une Ivoirienne et de ses deux fils, venus s’installer en France en 1989. Avec autant d’ambition que de sens du détail, elle rend profondément romanesque cette odyssée du quotidien en trois volets, qui portent les prénoms de chacun : Rose, puis Jean et enfin Ernest, le petit frère du titre.

Rose, d’abord, superbement interprétée par Annabelle Lengronne. Arrivée d’Afrique avec un passé qu’on devine douloureux, cette jeune mère célibataire travaille comme femme de ménage d’un hôtel. Rose n’a peur de rien. Ni de travailler dur, ni de sortir danser, ni d’élever ses fils qu’elle adore mais auxquels elle ne passe rien : il faut qu’ils réussissent, qu’ils soient des élèves exemplaires.

Jean et Ernest grandissent, au fil du film, pendant que les rides tracent sur le visage de Rose les sillons d’une certaine désillusion. Mais pas une once de misérabilisme dans le regard précis et poétique de Léonor Serraille. Pas de tragédie ou de sociologie faciles : il y a quelque chose de mystérieux, et de fascinant, dans la modestie de cette chronique au long cours, qui évite les clichés sur l’immigration et l’intégration, et où chaque détail touche juste. Comme ce principe transmis par Rose à ses fils : il faut se cacher pour pleurer. « On pleure dans sa tête ? » mime, avec un geste délicieux, le petit Ernest lors d’un déjeuner dans un fast-food. C’est ça, on pleure à l’intérieur. Un grand film sur la beauté de la fierté.
UN PETIT FRERE, Léonor Serraille 2023, Annabelle Lengronne, Stéphane Bak, Kenzo Sambin (societe immigration)@@@ (edit IPTC) (E)
Quand Rose arrive en France, elle emménage en banlieue parisienne avec ses deux fils, Jean et Ernest. Construction et déconstruction d'une famille, de la fin des années 80 jusqu'à nos jours.

TELERAMA

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UN SAC DE BILLES Christian Duguay 2017, Patrick Bruel, Elsa Zylberstein


Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes, sont envoyés par leurs parents dans la zone libre, et font preuve de malice, de courage et d'ingéniosité pour échapper aux occupants et tenter de réunir leur famille à nouveau.
UN SAC DE BILLES Christian Duguay 2017, Patrick Bruel, Elsa Zylberstein@@@ (edit IPTC) (E)
Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes, sont envoyés par leurs parents dans la zone libre, et font preuve de malice, de courage et d'ingéniosit& ...

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UNE AFFAIRE DE FAMILLE, Hirokazu Kore-eda 2018, (societe)@@@


Vivant au seuil de la pauvreté en marge de Tokyo, la famille Shibata se débrouille grâce au vol à l'étalage. Un jour, alors qu'Osamu et son fils Shota viennent de commettre un autre vol ils découvrent une fillette dans une ruelle sombre. Ils décident de la ramener à la maison.

TELERAMA
Un portrait de groupe poignant, drôle et lumineux. Palme d’or 2018, à Cannes.
C‘est pas un enlèvement, puisqu’on ne demande pas de rançon. » C’est ainsi, en une phrase et deux haussements d’épaules, que la question est réglée : la petite voisine, 5 ans et une belle collection de bleus et de brûlures sur la peau, vient de trouver un nouveau foyer. Cette mouflette, Osamu, maigrichon entre deux âges, vif et malin, l’a quasiment ramassée dans la rue. Il l’a croisée, livrée à elle-même, alors qu’il revenait d’un raid de ravitaillement au supermarché (sans passer à la caisse, et en oubliant de piquer le shampooing), avec son propre fils préadolescent.

L’adorable Cosette japonaise ne perd pas au change : la famille dans laquelle elle est aussitôt absorbée, réchauffée et câlinée est un vrai cocon de tendresse, encore qu’elle ne corresponde pas (du tout) aux normes classiques en matière d’éducation… Papa vole à l’étalage, aidé par son gamin, lequel ne fréquente aucune école. Maman fait les poches des clients dans la blanchisserie industrielle où elle travaille, et la fille aînée s’exhibe dans un peep-show, déguisée en écolière. Tout ce petit monde attachant, tranquillement amoral, s’entasse au jour le jour chez Mamie, elle-même plutôt douée pour l’arnaque.
UNE AFFAIRE DE FAMILLE, Hirokazu Kore-eda 2018, (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Vivant au seuil de la pauvreté en marge de Tokyo, la famille Shibata se débrouille grâce au vol à l'étalage. Un jour, alors qu'Osamu et son fils Shota viennent de commettre un autre vol ils découvren ...

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UNE BOUTEILLE A LA MER, Luis Mandoki 1999, Kevin Costner, Robin Wright, Paul Newman (maritime drame sentimental)@@


Theresa est une jeune mère divorcée, rédactrice au Chicago Tribune. Décidée à prendre du recul, elle se retire quelques jours au bord de la mer. Au cours d'une promenade sur la plage, elle trouve une bouteille échouée contenant une lettre d'amour qui la bouleverse. Elle se met en tête d'en retrouver l'auteur. De cheminements en déductions, elle fait la connaissance de Garret, constructeur de bateaux désespérément obsédé par la disparition en mer de sa femme.

ALLOCINE
L'histoire d'un amour mort et d'un coeur qui cicatrise doucement pour un jour avoir de nouveau l'envie de battre et d'aimer à nouveau de façon passionné mais qui malheureusement va se heurter aux destin et qui ne réussira pas a vivre éternellement...
Une histoire triste et tragique !
UNE BOUTEILLE A LA MER, Luis Mandoki 1999, Kevin Costner, Robin Wright, Paul Newman (maritime melo drame sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Theresa est une jeune mère divorcée, rédactrice au Chicago Tribune. Décidée à prendre du recul, elle se retire quelques jours au bord de la mer. Au cours d'une promenade sur la plage, elle trouve un ...

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UNE FEMME FANTASTIQUE, Sebastián Lelio 2017, Daniela Vega, Aline Küppenheim (societe moeurs)@@@


Orlando partage sa vie avec Marina, sa compagne transgenre, chanteuse dans un cabaret. Pour son anniversaire, il l'invite aux chutes Iguaçu, l'une des sept merveilles naturelles du monde, situées au nord de l'Argentine. Cependant, le soir même, Orlando fait un malaise qui lui est fatal. La famille du défunt, mais aussi la police, s'en prennent à Marina.

TELERAMA
L’histoire de Marina, transgenre, qui vient de perdre l’homme qu’elle aime, mais tente d’aller de l’avant. Lyrisme et audace font de ce film très libre une réussite, portée par une actrice incroyable, Daniela Vega.

Esprit d’Almodóvar, es-tu là ? L’univers du cinéaste espagnol semble sans cesse cité dans ce film tourné à Santiago du Chili, portrait d’une femme flamboyante. Marina, qui a encore la carte d’identité de l’homme qu’elle était, porte fièrement des robes moulantes. Mais avec ce personnage et son étonnante interprète, Daniela Vega, Sebastián Lelio nous entraîne dans un monde singulier, affranchi de références. Un curieux vide en est le centre : le quinquagénaire Orlando meurt et, dès lors, tout tourne autour de lui. Il laisse Marina, la femme qui l’aimait. Mais c’est sa première épouse qui prend les commandes des funérailles pour laver l’honneur de la famille, souillé par cette « transgenre ».

Le réalisateur fait corps avec cette femme fantastique, comme déjà avec l’héroïne de Gloria (2013), et cette union sacrée rend tout possible. Dans une boîte de nuit, un moment de solitude mélancolique débouche soudain sur une chorégraphie disco, joyeuse comme une renaissance. La dureté d’un cauchemar éveillé et la fantaisie se mêlent. Marina incarne formidablement cet entre-deux. Entre la mort et le retour à la vie, entre deux sexes et deux identités, elle va de l’avant. Tout en portant le deuil de son histoire d’amour, elle continue à suivre sa trajectoire audacieuse, émouvante.
UNE FEMME FANTASTIQUE, Sebastián Lelio 2017, Daniela Vega, Aline Küppenheim (societe moeurs transgenre)(extr)@@@ (edit IPTC) (E)
Orlando partage sa vie avec Marina, sa compagne transgenre, chanteuse dans un cabaret. Pour son anniversaire, il l'invite aux chutes Iguaçu, l'une des sept merveilles naturelles du monde, situées au nord de l'Argentine. Cepend ...

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UNE HISTOIRE VRAIE, David Lynch


Alvin habite dans un village de l'Iowa avec sa fille Rosie. Son frère Lyle demeure dans le Wisconsin. Les deux frères ne se sont pas adressés la parole depuis une dizaine d'années. Après une mauvaise chute, Alvin décide de se réconcilier avec son frère aîné malade et entreprend un périple à bord d'une tondeuse à gazon. Son voyage est ponctué de rencontres inattendues. Une Histoire vraie est une ballade onirique et cocasse dans les confins de l'Amérique rurale.
UNE HISTOIRE VRAIE, David Lynch (road movie)@@@ (edit IPTC) (E)
Alvin habite dans un village de l'Iowa avec sa fille Rosie. Son frère Lyle demeure dans le Wisconsin. Les deux frères ne se sont pas adressés la parole depuis une dizaine d'années. Après une mauvaise chute ...

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UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN, Sandrine Kiberlain, 2021, Rebecca Marder, Anthony Bajon (societe)@


Irène, une jeune fille juive, vit l'élan de ses dix-neuf ans à Paris pendant l'été 1942. Sa famille la regarde découvrir le monde, ses amitiés, son nouvel amour et sa passion de plus en plus grande pour le théâtre. Irène a pour objectif de devenir actrice et ses journées s'enchaînent l'une après l'autre dans l'insouciance de sa jeunesse. Ses amis et son petit ami la soutiennent totalement dans son projet.

TELERAMA
À Paris, en 1942, Irène va devenir comédienne... La beauté de la jeunesse et la noirceur d’une époque réunies en un film d’une vérité bouleversante.
Sandrine Kiberlain a beaucoup de personnalité. Si elle choisit de raconter sa passion pour le métier de comédienne, c’est en nous transportant dans Paris occupé, en 1942. Irène (Rebecca Marder) est une jeune fille qui va bien : elle étudie au Conservatoire, le théâtre lui donne des ailes, l’amour aussi, ses 19 ans bousculent tout dans l’appartement familial et prennent le pouvoir… Au moment même où l’Allemagne et le gouvernement de Vichy redoublent d’autorité pour imposer de nouvelles mesures contre les Juifs. Comme Irène.

Avec un goût très sûr, la cinéaste débutante s’est affranchie des lourdeurs de la reconstitution historique. Comme son héroïne, elle est dans la vivacité, elle fait vibrer le passé qu’elle recrée. C’est l’air du temps qu’elle semble vouloir saisir. Et dans l’air, suggère Sandrine Kiberlain, il y a un miracle : Irène. Elle est la lumière, la joie, le charme, la fantaisie, le jeu, l’envie de rôles, l’ouverture au monde. Elle est tous les possibles. Mais dans l’air de 1942, il y a aussi un crime contre l’humanité. L’ombre noire d’un génocide se rapproche de tous ceux qui portent l’étoile jaune.

En orchestrant comme un crescendo la confrontation entre l’élan de la vie et l’arrêt de mort programmé par l’idéologie nazie, le film redonne à cette période une vérité saisissante. Tourné vers la jeunesse d’hier, il la célèbre pour mieux raviver la blessure de son sacrifice, en s’adressant, de façon jamais sentencieuse, à la jeunesse d’aujourd’hui. Car ce portrait inoubliable, entre ombre et lumière, semble porté par la légèreté d’Irène, sa force et son courage d’aller bien. Le titre a la résonance d’un message de résistance éternel.
UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN, Sandrine Kiberlain, 2021, Rebecca Marder, Anthony Bajon (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Irène, une jeune fille juive, vit l'élan de ses dix-neuf ans à Paris pendant l'été 1942. Sa famille la regarde découvrir le monde, ses amitiés, son nouvel amour et sa passion de plus en plus ...

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UNE NUIT, Alex Lutz 2023, Alex Lutz, Karin Viard (sentimental)@@


Un soir, pour ne pas rater son métro, Nathalie entre dans une rame bondée en bousculant Aymeric, coincé entre plusieurs passagers. Il l'invective, elle ne se laisse pas faire. Leur dispute provoque le sourire des autres voyageurs. Cette tension se transforme rapidement en désir, les amenant quelques minutes plus tard dans un photomaton où ils font l'amour. C'est le début d'une longue nuit où Nathalie et Aymeric vont ouvrir une parenthèse dans leur vie, tous deux ayant une famille. A l'image de deux adolescents, ils échangent, font connaissance et n'ont pas envie de mettre un terme à ce moment hors du temps...

TELERAMA
Une fois leur désir vite consommé, deux inconnus déambulent le temps d’une nuit dans Paris. Un film romantique à tiroirs, illuminé par Karin Viard.
Une rame de métro bondée. Une femme s’y engouffre, bousculant un homme. Entre eux, éclate une dispute, mais leurs regards, déjà, trahissent un désir. Plan suivant : ils font l’amour, pantalons sur les chevilles, dans un Photomaton, et leurs soupirs sont couverts, avec humour, par la voix automatique de la cabine qui demande si « tout s’est bien passé »… Débarrassée d’emblée, grâce à ces deux séquences d’ouverture, de l’agressivité et du sexe, une nuit s’offre à ces deux-là, pour dériver, discuter sans fin, dans un Paris très réel, mais au flou artistique.

Alex Lutz — aidé au scénario par sa partenaire Karin Viard — propose un surprenant et séduisant objet de cinéma romantique, à la fois intemporel et gracieusement contemporain. Il ne se passe pas grand-chose, mais beaucoup de moments d’émotion surviennent, comme volés : on jette son téléphone portable à la Seine qui rutile dans l’obscurité, histoire de se sentir vraiment libre, on échange avec gourmandise sur la notion d’attirance et la supposée alchimie entre deux êtres, avant de remonter par des escaliers où la femme — « Je m’appelle Nathalie » — semble plus essoufflée que l’homme — « Moi, c’est Aymeric. » Mais se prénomment-ils vraiment ainsi ? Et d’où vient leur complicité qui paraît si immédiate ?

De lieu en lieu, leur accord se fait parfait, et leurs confidences de plus en plus aiguës : Nathalie est décomplexée, douée pour s’incruster dans une fête de « jeunes » ; Aymeric, lui, connaît un endroit (un vieux magasin de meubles) où le temps peut se suspendre mieux qu’ailleurs, et où l’on peut marivauder. Et parce que Nathalie, dont le corps est régulièrement pris de fatigue ou de vertige, a envie de voir de la chair, ils se retrouvent, même, dans un club échangiste, où des confidences échangées avec un autre couple finissent par nouer la gorge.

Une nuit recèle un secret. Qui donne envie, immédiatement, de revoir le film, à la manière d’un Usual Suspects conjugal. Une révélation qui finira par éclore sur un pont, au petit matin, entre ce qui se passe là et maintenant, et un drame qui devra advenir. Fluide, bavard et sensuel, le résulat s’impose comme un bouleversant thriller des sentiments. Surtout, il réinvente une grande interprète : Karin Viard, d’une liberté absolue sous le regard complice d’Alex Lutz. Forte et frêle, elle rayonne. Grâce à elle, ce film au titre antonionien pourrait aussi bien s’intituler Identification d’un femme. Ou d’une actrice.
UNE NUIT, Alex Lutz 2023, Alex Lutz, Karin Viard (sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Un soir, pour ne pas rater son métro, Nathalie entre dans une rame bondée en bousculant Aymeric, coincé entre plusieurs passagers. Il l'invective, elle ne se laisse pas faire. Leur dispute provoque le sourire des autres ...

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UNE SEMAINE SUR DEUX, Ivan Calbérac 2009, Mathilde Seigner et Bernard Campan (comique)@@@


Depuis la rentrée, Léa Mosnier, douze ans, a une double vie : une semaine chez sa mère, hyperactive et complètement débordée, et une semaine chez son père, en pleine reconversion professionnelle. Tandis que ses parents tentent chacun de retrouver un équilibre sentimental, elle va vivre son premier amour, celui qui bouscule les certitudes sur le monde, sur les parents, sur sa vie sentimentale et sur celle de collégienne, celui qui fait qu'on n'est plus vraiment la même.

LE MMONDE
Pendant plus d'une heure et demie, une très jeune fille papote. Léa (Bertille Chabert) raconte que son père et sa mère se sont séparés, qu'elle vit tantôt chez l'une, tantôt chez l'autre. Elle emploie des tournures faussement naïves pour faire rire les grandes personnes. Pendant ce temps sur l'écran, les personnages qu'elle évoque s'agitent. Rien de tel qu'une voix off d'enfant pour confesser la faiblesse d'une mise en scène.

La mère de Léa, Marjorie, agent immobilier à succès a la tête de Mathilde Seigner, de l'aplomb et de la brutalité (à en croire sa fille et le metteur en scène, elle n'est pas très sympathique). François (Bernard Campan), son père est un ex-banquier qui s'est découvert une vocation de psychothérapeute, et peine à se constituer une clientèle.

Ivan Calbérac en est à sa troisième comédie sentimentale. Celle-ci est également sociologique. On sent qu'Une semaine sur deux aspire à être produit à titre d'élément de preuve dans un dossier sur la décomposition et la recomposition des familles contemporaines.
Mais on reste dans la sociologie de voisinage. Léa, son frère, ses parents, malgré le relatif déclassement du père, restent dans la zone de confort. On est à Paris, entre gens de bonne compagnie. Quand Marjorie prend un amant, il est auteur de guides touristiques (quand Barbara Schultz prenait un amant post-nuptial dans le récent Celle que j'aime, d'Elie Chouraqui, il était réalisateur de dessins animés) et François entretient une liaison avec la jolie professeur de piano de Léa.

En quatre saisons et d'interminables considérations de sa jeune narratrice, Ivan Calbérac arrive (en trichant un peu) à la recomposition de la famille qu'il fait apparaître comme un modèle aussi contraignant que l'antique parchemin de Brassens.



TELERAMA
Pour ses débuts de cinéaste, Nicole Garcia faisait le portrait d’une actrice… et provoquait l’étonnement. Car ce portrait est le plus libre qui soit. Camille est une ex-­vedette qu’on ne voit plus et qu’on regarde mal : son agent la traite comme une irresponsable, son fils et sa fille la toisent avec ­indifférence. Elle n’émeut personne avec ses problèmes d’argent et les petits contrats qu’elle trouve pour s’en sortir. Ce week-end-là, elle doit animer une soirée de gala au Rotary club de Vichy et elle a la garde de ses enfants. Elle ne les rendra pas à leur père : elle prend sa voiture et les emmène, loin…

Ce voyage qui commence ressemble à un dernier et à un premier départ, une dérive vers le désespoir et un retour à la vie. Avec ­Camille, qui semble encore plus « dangereuse » quand elle est heureuse, la vie est un étonnant numéro d’équilibriste. Comme elle, le film a le goût de l’aventure : sur les routes de France, Nicole Garcia réalise bien autre chose qu’un road movie. C’est à une traversée des apparences qu’elle nous invite : qu’est-ce qu’une actrice, une mère ? Une actrice est faite pour être aimée, et une mère pour aimer… Peut-être. Grâce à Nathalie Baye, qui semble elle-même avoir lâché prise et perdu ses repères, le film nous ouvre ce bel ­horizon : une émotion nouvelle.
UNE SEMAINE SUR DEUX, Ivan Calbérac 2009, Mathilde Seigner et Bernard Campan (comique)@@@ (edit IPTC) (E)
Depuis la rentrée, Léa Mosnier, douze ans, a une double vie : une semaine chez sa mère, hyperactive et complètement débordée, et une semaine chez son père, en pleine reconversion professionne ...

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UNE VIE CACHEE, Terrence Malik 2019, August Diehl, Valerie Pachner, Bruno Ganz (sentimental guerre)@@


Franz Jägerstätter, paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Néanmoins, porté par sa foi inébranlable et son amour pour sa femme, Fani, et ses enfants, Franz reste un homme libre. Une vie cachée raconte l'histoire de ces héros méconnus.

TELERAMA
Le fond est cruel : Terrence Malick n’élude pas la violence, les coups endurés en prison par le réfractaire. Mais la forme est celle d’une psalmodie douce, éminemment musicale (soutenue par Bach, Haendel, Dvorák…). Où l’infiniment grand, le ciel, ce qui nous dépasse, se conjugue avec la vie à portée de main — et d’abord le visage de Fani, l’épouse bien-aimée de Franz. C’est donc vers la lumière et une forme d’élévation spirituelle, non de désespoir, que tend cette œuvre pourtant funeste, éloge d’un engagement extrême. Celui d’un résistant solitaire défendant jusqu’au bout sa conscience morale et sa liberté, sans bruit, sans cris, sans même chercher à être un jour entendu… Mais, aujourd’hui, le film fait de cet inconnu un symbole d’héroïsme absolu. — Jacques Morice
UNE VIE CACHEE, Terrence Malik 2019, August Diehl, Valerie Pachner, Bruno Ganz (sentimental guerre)@@@ (edit IPTC) (E)
Franz Jägerstätter, paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Néanmoins, porté ...

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UNE ZONE A DEFENDRE, Romain Cogitore 2023, Francois Civil, Manon Bresch, Lyna Koudri (policier sentimental)@@@


Greg, un officier infiltré de la DGSI, et Myriam, une militante écologiste, se rencontrent dans une ZAD et tombent amoureux. 18 mois plus tard, Greg retourne sur place pour une mission officielle, il y retrouve Myriam et découvre qu'entre-temps elle a eu un enfant. Tiraillé entre son ambition professionnelle et un amour naissant, l'officier doit prendre une décision difficile qui pourrait tout changer.

TELERAMA
Un policier infiltré tombe amoureux d’une zadiste… Loin de la comédie franchouillarde “de société” que l’on pouvait craindre, la première production française de Disney+ est un mélodrame plus intéressé par la romance que par la politique.

Lui est flic, elle, zadiste. Greg devait infiltrer une ZAD forestière pour espionner Myriam, mais voilà que tous deux s’entendent… un peu trop bien. Un bébé plus tard, si on commençait par préciser ce qu’Une zone à défendre n’est pas ? Malgré son synopsis en forme de mauvaise blague (moqué sur Twitter par plusieurs critiques), le film de Romain Cogitore n’est ni une lettre d’amour aux lanceurs de balles de défense, ni une énième comédie « de société » à côté de la plaque. Il n’est pas non plus un quelconque « film » de plateforme nul et non avenu, mais un vrai long métrage, bien mis en scène et incarné.

Lyna Khoudri (Myriam) et François Civil (Greg) prolongent, en plus musclé mais pas forcément moins musqué, le duo amoureux dont on a découvert les prémices dans Les Trois Mousquetaires. Dans ce film aussi, ils jouent à « je t’aime moi non plus », surtout autour de leur (pauvre) gosse et de qui devra s’en occuper. L’existence même de ce bébé est une faute grave pour Greg ; Myriam, elle, a une zone à défendre et, croyez-la, c’est un travail à temps plein. Malgré les dreadlocks dont est affublée l’actrice – seul véritable faux pas du film –, on croit volontiers à ce couple qui n’aurait pas dû exister. Et à l’univers dans lequel il évolue : il y a une vraie ambiance, de la profondeur de champ (si, c’est important) et la ZAD n’est pas caricaturale. Elle donne à peine de quoi sourire, parfois – ce n’est pas non plus Problemos.

La politique est à la fois présente dans les images et un peu légère dans les dialogues. Couper des arbres, c’est terrible, retiendra-t-on : ce n’est pas encore un précis de collapsologie. Mais on voit tout de même des policiers taper, plein cadre, sur des manifestants : pas mal, pour un Disney… Rappelons que la série Oussekine était déjà produite par la souris aux grandes oreilles.

Une zone à défendre vise plutôt le mélodrame, transportant son intrigue sur le terrain de la morale. Vont-ils s’aimer, le peuvent-ils, que faire quand les deux sont accrochés à leurs « carrières » respectives ? Le filme tourne un peu en rond dans un dernier acte de comédie romantique classique, où les amants ne parviennent pas à se quitter. Pas comme dans la vraie vie. Parce que cette infiltration qui tourne mal (ou trop bien) est inspirée d’une histoire vraie qui, au Royaume-Uni, s’est soldée par un procès.
UNE ZONE A DEFENDRE, Romain Cogitore 2023, Francois Civil, Manon Bresch, Lyna Koudri (policier sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Greg, un officier infiltré de la DGSI, et Myriam, une militante écologiste, se rencontrent dans une ZAD et tombent amoureux. 18 mois plus tard, Greg retourne sur place pour une mission officielle, il y retrouve Myriam et d&eac ...

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USUAL SUSPECTS, Bryan Singer 1995 (thriller)@@@


Interrogé par la police à la suite de l'explosion criminelle d'un cargo, Verbal Kint se met à table : avec quatre autres gangsters, il s'est vu imposer une mission périlleuse par Keyser Söze, un malfrat craint de tous mais que personne ne connaît. Qui est ce mystérieux commanditaire ? Existe-t-il vraiment ? Bryan Singer nous entraîne dans les méandres d'un scénario éblouissant, multipliant les fausses pistes jusqu'au dénouement final.

TELERAMA
Revoir ce film ultra culte de Bryan Singer, sorti en 1995, est devenu, au fil des années, le grand bonheur des connaisseurs : entrer dans cette intrigue labyrinthique en sachant où elle mène, en suivre les tours et les détours sans tomber dans les pièges, dominer le jeu avec un malin plaisir… Irrésistible, assurément, de comprendre comment on s’était fait avoir, la première fois, par ce polar mental, rusé, acrobatique. Alors, bien sûr, quand on n’a toujours pas, en 2024, connu cette sensation, on se précipite sur Usual Suspects comme sur un manège à la foire. Ce film va nous mettre la tête à l’envers, Keyser Söze va nous donner le grand frisson ! À moins qu’on ne tombe de haut ?
USUAL SUSPECTS, Bryan Singer 1995 (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Interrogé par la police à la suite de l'explosion criminelle d'un cargo, Verbal Kint se met à table : avec quatre autres gangsters, il s'est vu imposer une mission périlleuse par Keyser Söze, un malfrat crai ...

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VA VIS ET DEVIENS Radu Mihaileanu 2005, Yael Abecassis, Moshe Agazai (middle)(saga histoire)@@@@ (edit IPTC) (E)
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VINCENT FRANCOIS PAUL ET LES AUTRES, Claude Saautet 1974, Yves Montand, Michel Piccoli, Serge Reggiani, Gerard Depardieu (societe)@@@


Amis depuis la plus tendre enfance, Vincent, François, Paul et Armand, tous la cinquantaine, se retrouvent chaque dimanche à la campagne. Au quotidien, chacun connaît quelques déboires sentimentaux. Cependant, lorsque Vincent est victime d'une crise cardiaque, ses amis prennent conscience de l'importance de leurs problèmes.

TELERAMA
Les films de Sautet sont souvent réduits à des radiographies de la société française des années 1970. Les héros de ce film affrontent bien les premiers remous de la crise des années Giscard, mais leur mélancolie est intemporelle.

Partie de foot dans un jardin hivernal. D’éclats de rire en bousculades, les joueurs du dimanche délaissent pour quelques heures le cours de leurs existences de quadragénaires. Vincent, petit patron cardiaque, François, médecin trompé par sa femme, Jean, boxeur occasionnel, partagent cette parenthèse fraternelle chez Paul, romancier en panne d’inspiration…

Au gré des rediffusions, leur gaieté ou leurs fêlures ont fini par se glisser dans nos souvenirs intimes. Plus qu’une galerie de portraits, c’est une polyphonie complexe, mélancolique et cordiale, un formidable document sociologique sur la classe moyenne des années 1970. Le film observe les premiers remous de la crise, économique, morale et affective. Sautet enferme d’abord ses personnages à l’abri d’une maison de campagne, cocon illusoire où l’on peut nier le temps et ses blessures. Et puis, dehors, les héros de cette chronique douce-amère retrouvent leur âge mûr, celui des bilans et des usures, le cœur qui lâche, l’amour qui se fissure… Le cinéaste scrute ces vies abîmées avec un respect lucide. Il laisse à ces hommes le choix de mentir, de jouer une pudique comédie, entrecoupée d’intenses moments de vérité.
VINCENT FRANCOIS PAUL ET LES AUTRES, Claude Sautet 1974, Yves Montand, Michel Piccoli, Serge Reggiani, Gerard Depardieu (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Amis depuis la plus tendre enfance, Vincent, François, Paul et Armand, tous la cinquantaine, se retrouvent chaque dimanche à la campagne. Au quotidien, chacun connaît quelques déboires sentimentaux. Cependant, lor ...

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VOLVER, Pedro Almodovar 2006, Penelope Cruz (societe)@@@


Raimunda travaille et vit à Madrid avec son mari Paco et sa fille Paula. Sa soeur Sole habite à proximité et leur mère Irene, décédée il y a plusieurs années dans l'incendie d'une maison avec leur père, leur manque. Une ancienne voisine de leur ville natale rapporte qu'elle a vu le fantôme d'Irène.

TELERAMA
Volver, “revenir” en espagnol, retrace l’histoire de Raimunda et de sa famille dans la Mancha, terre natale de Pedro Almodóvar. Le cinéaste signe un magnifique film, où brille Penélope Cruz, reine coriace de ce récit d’amour et de pardon.

En espagnol, volver signifie « revenir ». Un verbe dont les multiples sens hantent le film : revenir, pour le cinéaste Pedro Almodóvar, c'est filmer à nouveau la Mancha, sa terre natale. Revenir, pour Carmen Maura, c'est renouer avec un cinéaste dont elle a accompagné les débuts. Enfin, revenir, pour Irene, son héroïne, c'est resurgir d'entre les morts, dans le quotidien troublé de ses deux grandes filles, Sole et Raimunda.

Dès la première scène, superbe, au cimetière, le deuil est à l'honneur. Celui des veuves et des orphelines, dans un mélange de ferveur et d'ardeur prosaïque. Tel est le fantastique selon Almodóvar : sentimental et terrien. Peu importe la vraie nature du fantôme d'Irene. Ce qui compte, ici, c'est la manière dont il s'incarne. Une magie immanente, présence de chair, tendre et triviale. Volver est, à ce titre, le rêve d'un fils qui a perdu sa mère et qui s'offre ce miracle : l'étreindre à nouveau. Etreindre pour apprivoiser la mort, apaiser la douleur et la colère, réparer ce qui peut l'être. Volver regorge ainsi de drames enfouis mais brûle d'optimisme. Un concentré de l'univers d'Almodóvar, pour l'humour, noir et décalé, pour la science du récit et pour l'amour des femmes. Parmi elles, Penélope Cruz empoigne le rôle de Raimunda avec une énergie farouche, une maturité qu'on ne lui connaissait pas. Elle apparaît transformée, Ciociara coriace, reine de ce récit d'amour et de mort. Une révélation.
VOLVER, Pedro Almodovar 2006, Penelope Cruz (drame societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Raimunda travaille et vit à Madrid avec son mari Paco et sa fille Paula. Sa soeur Sole habite à proximité et leur mère Irene, décédée il y a plusieurs années dans l'incendie d'une mais ...

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WELCOME, Philippe Lioret 2009, Vincent Lindon,Firat Ayverdi, Audrey Dana (societe)@@@


À Calais, Bilal, jeune migrant kurde sans-papier, a le projet de se rendre en Angleterre pour retrouver sa petite amie, Mîna. Il décide alors de prendre des cours de natation pour traverser la Manche à la nage. Il se rend à la piscine municipale, où il rencontre Simon, un ancien champion de France de natation, devenu maître-nageur. Celui-ci est sur le point d'officialiser son divorce avec Marion, qui oeuvre par ailleurs dans une association d'aide aux sans-papiers.

TELERAMA
Personne, à l’époque, ne pouvait prévoir l’impact du film de Philippe Lioret. C’était quoi, Welcome, sinon une double histoire d’amour ? D’un côté un quadra (Vincent Lindon, très Gabin) cherchant à éblouir son ex-femme, de l’autre un jeune Kurde prêt à traverser la Manche à la nage pour rejoindre son amoureuse… Mais, autour de ses deux héros, Lioret filmait la « jungle » du nord de la France : les sans-papiers, bloqués à Calais, les passeurs se faisant payer 500 euros par tête pour leur faire gagner l’Angleterre. On découvrait aussi l’article L.622-1, devenu ­fameux avec le film : cette loi menaçant de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende tout citoyen convaincu d’avoir aidé une personne en situation irrégulière. C’est ce qui arrivait au personnage de Vincent Lindon : convoqué au commissariat, dénoncé par un de ces « bons Français » chez qui seul le paillasson (où était écrit « Welcome ») semblait avoir gardé quelque chose d’humain…

La polémique a injustement effacé les qualités romanes­ques de la mise en scène de Philippe Lioret. Intense et belle, elle ­repose sur des moments d’émotion — comme dans ces vieux chefs-d’œuvre italiens où il suffisait qu’un gamin glisse sa main dans celle de son père humilié pour que renaisse ­l’espoir.
WELCOME, Philippe Lioret 2009, Vincent Lindon,Firat Ayverdi, Audrey Dana (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
À Calais, Bilal, jeune migrant kurde sans-papier, a le projet de se rendre en Angleterre pour retrouver sa petite amie, Mîna. Il décide alors de prendre des cours de natation pour traverser la Manche à la nage. Il ...

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WEST SIDE STORY, Robert Wise 1961, Rita Moreno, Natalie Wood, Richard Beymer, George Chakiris (musical)@@@


Dans le West Side à New York, deux bandes s'affrontent : les Jets, Américains blancs dirigés par Riff, et les Sharks, immigrés portoricains dont le chef est Bernardo. Au cours d'un bal, Maria, la soeur de Bernardo, rencontre Tony, l'ancien chef des Jets. Alors qu'ils tombent amoureux, la rivalité entre les deux clans s'envenime. Bernardo tue Riff au cours d'une bagarre et meurt à son tour, poignardé par Tony.

TELERAMA
“ La rue est une scène où se noue l’intrigue éternelle d’une guerre de territoires. Tragédie passionnelle et désillusions du rêve américain. ”
WEST SIDE STORY, Robert Wise 1961, Rita Moreno, Natalie Wood, Richard Beymer, George Chakiris (musical)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans le West Side à New York, deux bandes s'affrontent : les Jets, Américains blancs dirigés par Riff, et les Sharks, immigrés portoricains dont le chef est Bernardo. Au cours d'un bal, Maria, la soeur de Bernard ...

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WILL HUNTING, Gus Van Sant 1997, Matt Damon, Robin Williams (societe)@@@


Will Hunting est un authentique génie mais également un rebelle aux élans imprévisibles. Il est né dans le quartier populaire de South Boston et a arrêté très tôt ses études, refusant le brillant avenir que pouvait lui procurer son intelligence. Il vit désormais entouré d'une bande de copains et passe son temps dans les bars a chercher la bagarre. C'est alors que ses dons prodigieux en mathématiques attirent l'attention du professeur Lambeau, du Massachusetts Institute of Technology.

TELERAMA
Gus Van Sant n'a pas écrit le scénario : celui-ci est l'oeuvre de Matt Damon, à l'époque star en puissance, qui interprète Will avec brio, et de Ben Affleck, son copain dans le film. Mais le réalisateur joue en finesse le jeu de cette histoire chaleureuse à la frange du réalisme et de la fable. La vie de ce personnage brillant et rebelle, c'est l'amitié déconneuse avec ses copains d'enfance, la tournée des bars où l'on écluse les bières. Ces situations quotidiennes, Gus Van Sant les filme comme des petits morceaux de bravoure, avec un sens du dialogue et du détail jubilatoire.

On peut juger plus convenu le fil rouge de l'histoire : la relation tendue, tumultueuse, de Will avec son psy. On devine très vite qu'entre le jeune génie qui a du mal à grandir et le thérapeute éprouvé par un deuil irréparable ça devrait finir par s'arranger... Mais chacun de leurs face-à-face vient brouiller l'image de ce « patient » hors norme, et le cinéaste laisse habilement planer le doute (presque) jusqu'au bout sur les ressorts de son entêtement à ne pas ­entrer dans le moule. — Jean-Claude Loiseau
WILL HUNTING, Gus Van Sant 1997, Matt Damon, Robin Williams (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
Will Hunting est un authentique génie mais également un rebelle aux élans imprévisibles. Il est né dans le quartier populaire de South Boston et a arrêté très tôt ses étude ...

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WINTER SLEEP, Nuri Bilge Ceylan 2013Haluk Bilginer, Melisa Sözen(societe)(palme d or)@@@


Ancien comédien aujourd'hui à la retraite, Aydin s'est retiré dans son village d'Anatolie où il tient un hôtel. Il aime discuter avec ses hôtes et, de temps à autre, écrit des chroniques pour un journal indépendant. Alors que l'hiver s'installe, les touristes étant partis, cet homme mûr se retrouve avec sa jeune épouse, Nihal, et sa soeur, Necla, encore très affectée par son divorce.

TELERAMA
Aydin est un homme qui se dit, se veut, se croit raisonnable. Dans cette petite ville de Cappadoce, en Anatolie centrale, où les maisons, encastrées à même la roche, ressemblent à un décor de théâtre, il tient un hôtel pour touristes : l’Othello. Car, de longues années, il a été comédien célèbre et, selon lui, talentueux. Et voilà que cet homme fait, bien fait, peut-être surfait, va doucement se défaire…

Dans Les Climats (2007), Nuri Bilge Ceylan scrutait les corps d’un homme et d’une femme en pleine rupture. Ici, ce sont les âmes qu’il fouille avec une lucidité qui pourrait passer pour du sadisme, si son regard n’était constamment éclairé par la bienveillance. Tout ce que l’on tait, tout ce que l’on cache, tout ce que l’on sait de l’autre sans vouloir le dire, tout ce que l’on pense de soi sans pouvoir se l’avouer, il le révèle, peu à peu… Notamment lors des deux grands affrontements (une vingtaine de minutes chacun) du héros avec sa sœur, puis sa jeune femme : simples champs-contrechamps filmés dans une pénombre où seuls les visages deviennent des taches de lumière. L’épouse reproche à Aydin sa condescendance. La sœur, sa suffisance. « Tu faisais notre admiration, lui dit-elle. Nous pensions tant que tu ferais de grandes choses… »

Une fois encore, Tchekhov semble s’être glissé dans la peau du cinéaste. Winter Sleep, inspiré par plusieurs de ses nouvelles, est tout imprégné de son désenchantement, de sa malice, de sa compassion… Ce film superbe, dont on ne sort pas indemne, qu’on emporte avec soi pour ne le quitter jamais, provoque, en nous, la peur et la mélancolie : angoisse à l’idée d’être liés, même de loin, à tous ces personnages en perte d’eux-mêmes. Et tristesse infinie de savoir qu’un jour ou l’autre, on leur ressemblera.
WINTER SLEEP, Nuri Bilge Ceylan 2013Haluk Bilginer, Melisa Sözen(societe)(palme d or)@@@ (edit IPTC) (E)
Ancien comédien aujourd'hui à la retraite, Aydin s'est retiré dans son village d'Anatolie où il tient un hôtel. Il aime discuter avec ses hôtes et, de temps à autre, écrit des chroniques ...

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WITNESS, Peter Weir 1985, Harrison Ford, Kelly McGillis (thriller)@@@


L'inspecteur John Book, de la brigade criminelle de Philadelphie, enquête sur un meurtre dont le seul témoin est Samuel, un jeune garçon membre de la communauté des Amish. Découvrant que son supérieur est l'instigateur de ce crime, John Book se réfugie auprès de cette communauté pacifiste, et tente de protéger son témoin jusqu'au procès.

TELERAMA
Un petit garçon témoin d’un meurtre se fait pourchasser par les criminels. Un cliché ? Pas quand le gamin est un amish. “Witness” est la preuve éclatante qu’un film de commande peut aussi être une réussite.

Après avoir tourné des films à l’atmosphère envoûtante, à la lisière du fantastique (Pique-nique à Hanging Rock), puis des superproductions remarquées pour leurs scènes d’action (Gallipoli, L’Année de tous les dangers), l’Australien Peter Weir frappa un grand coup dès son arrivée à Hollywood avec Witness. Un film de commande qui reste, longtemps après sa sortie, l’une de ses réussites majeures. La figure du petit garçon témoin d’un meurtre et poursuivi par les criminels est un classique depuis Une incroyable histoire (1949), de Ted Tetzlaff. Witness l’a renouvelée en faisant de l’enfant un amish, un de ces chrétiens radicaux qui vivent comme au XVIIIe siècle. Une communauté repliée sur elle-même se retrouve confrontée à la violence du thriller, et c’est passionnant : un mélange original de réalisme sociologique (la description minutieuse des rites amish) et de récit à suspense terriblement efficace. Face à la superstar Harrison Ford, le film a révélé la beauté de Kelly McGillis, blonde ultra sexy (même en uniforme amish) aujourd’hui bien oubliée…
WITNESS, Peter Weir 1985, Harrison Ford, Kelly McGillis (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
L'inspecteur John Book, de la brigade criminelle de Philadelphie, enquête sur un meurtre dont le seul témoin est Samuel, un jeune garçon membre de la communauté des Amish. Découvrant que son supérieu ...

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YESTERDAY, Danny Boyle 2019, Himesh Patel, Lily James, Ed Sheeran, Kate McKinnon (musical)@@@


Un musicien anglais en quête de gloire découvre qu’il est le seul à se souvenir des Beatles et décide d’utiliser leurs chansons pour percer.
Quand, par magie, toutes les capitales du monde éteignent leurs lumières, Jack Malik est victime d'un accident de vélo. Il se réveille indemne mais découvre vite que le monde est différent. Quand son amie Ellie lui offre une guitare, il se met à jouer "Yesterday" des Beatles. A sa grande surprise, son auditoire le félicite, croyant qu'il est l'auteur de la chanson. Il fait une recherche sur Internet et découvre que les Beatles de Liverpool n'ont jamais existé. Jack en profite et décide d'utiliser les chansons du groupe pour se faire connaître. Et ça marche ! Il devient rapidement célèbre et remplit des salles immenses. Mais son mensonge commence à lui peser...

TELERAMA
Une récréation mélomane et originale. Vibrante déclaration d’amour au plus grand mythe pop du XXᵉ siècle, comédie alerte écrite par le pape du genre, Richard Curtis (l’homme de Quatre Mariages et un enterrement ou de Love Actually), ce joli film est une récréation mélomane et originale. Même si la conclusion reste gentiment prévisible (« all you need is love », et rien d’autre, bien entendu), le scénario est truffé d’idées comiques et de clins d’œil à l’univers des quatre de Liverpool — des chansons aux dialogues —, et l’interprétation ne manque pas de charme.

Ce grand karaoké orchestré par Danny Boyle est plus proche de son gentil Slumdog Millionaire que de la déglingue provocatrice de Trainspotting. La fête, allègre et légère, sans les Beatles eux-mêmes (à une surprise près), illustre, mine de rien, l’enivrante illusion de tous les fans, seuls au monde avec leurs idoles.
YESTERDAY, Danny Boyle 2019, Himesh Patel, Lily James, Ed Sheeran, Kate McKinnon (musical)@@@ (edit IPTC) (E)
Un musicien anglais en quête de gloire découvre qu’il est le seul à se souvenir des Beatles et décide d’utiliser leurs chansons pour percer.
Quand, par magie, toutes les capitales du monde é ...

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