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A CONTRE SENS, Domingo González 2023, Nicole Wallace, Gabriel Guevara


Noah, dix-sept ans, doit tout quitter pour emménager dans le manoir de William Leister, le nouveau et riche mari de sa mère. Noah rencontre Nick, son nouveau demi-frère, et découvre qu'il cache une vie de bagarre, de jeu et de courses automobiles illégales. Ni la rivalité permanente, ni l'opposition de leur entourage ne peuvent les empêcher de tomber secrètement et follement amoureux. Or, le présent turbulent de Nick et le passé orageux de Noah mettront à l'épreuve leur amour interdit.
A CONTRE SENS, Domingo Gonzalez 2023, Nicole Wallace, Gabriel Guevara (edit IPTC) (E)
Noah, dix-sept ans, doit tout quitter pour emménager dans le manoir de William Leister, le nouveau et riche mari de sa mère. Noah rencontre Nick, son nouveau demi-frère, et découvre qu'il cache une vie de bagarre ...

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ADN, Maiwenn 2020, Maïwenn, Omar Marwan (drama social)@@


Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien qui vit désormais en maison de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la famille, qui l'a élevée et surtout protégée de la toxicité de ses parents. Lorsqu'Émir décède, une tempête familiale se déclenche ainsi qu'une profonde crise identitaire chez Neige. Dès lors, elle va vouloir comprendre et connaître son ADN.

TELERAMA
La réalisatrice signe, à nouveau, un film au parfum d’autofiction, entre quête des origines et portrait d’un clan, autour de la figure d’un grand-père algérien. Justesse quasi documentaire ou pur exhibitionnisme, nos critiques sont partagées.

POUR :
une œuvre vibrante et universelle
Les procureurs de son éternel procès en narcissisme peuvent préparer leurs effets de manches : oui, Maïwenn signe à nouveau un film au parfum d’autofiction. Coécrite avec Mathieu Demy, qui venait d’enterrer sa mère, Agnès Varda, cette histoire de deuil et de quête d’identité sent le chagrin vécu, d’autant que la réalisatrice s’y met en scène sans chercher à en taire les éléments autobiographiques. Comme Neige, son personnage, elle a perdu un grand-père adoré. Comme elle, elle traîne une enfance douloureuse, déjà évoquée dans Pardonnez-moi (2006), son premier long métrage. Et, comme elle, a demandé et obtenu la nationalité algérienne. De cette matière brute intime, elle arrache une œuvre vibrante, parfois bouleversante, qui tape dans le mille de l’universel avec cette manière bien à elle d’orchestrer la cacophonie des sentiments.

À la disparition d’Emir, aïeul chéri, protecteur et pilier de la famille, Neige et les siens vacillent. Le vide qu’il laisse, dans un premier temps, se remplit de choses à faire : disposer du corps, trier ses affaires, acheter un cercueil… Des formalités tristes à pleurer — et on pleure — que Maïwenn choisit de ne pas expédier. Au contraire, elle consigne le concret avec une justesse quasi documentaire, l’enrichissant d’une fiction tragi-comique.

Une des séquences les plus drôles se déroule aux pompes funèbres, quand les deux filles du défunt se disputent sur le choix du capitonnage blanc. Est-il « ivoire » ou « pisseux » ? L’enjeu n’est pas là, bien sûr, et tout l’art de Maïwenn consiste à faire resurgir, au détour d’une pique vacharde, d’un agacement irrépressible, les rancœurs anciennes. Par sa caméra attentive et sa formidable direction d’acteurs, elle excelle à traduire les dynamiques de groupe, l’impossibilité démocratique du clan. Qui, maintenant qu’Emir s’en est allé, crie, s’engueule, règle ses comptes.

Dans le second temps, en revanche, il ne reste rien à faire, et trop à penser, ou panser. Fin du portrait de famille : le film se recadre sur Neige. Son amitié avec l’hilarant François (Louis Garrel, que l’on remercie d’exister). Sa rupture violente avec sa mère, campée par une Fanny Ardant magistrale, dont le jeu semble neuf, décapé de toute affectation. Sa relation avec son père dans une audacieuse scène de rêve — pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos lustres ? Et le questionnement des origines, cet héritage algérien qui vient combler le vide. Les montagnes russes d’émotions, l’ADN du cinéma de Maïwenn, débouchent sur un horizon libérateur : on peut choisir où planter ses racines. — Marie Sauvion

CONTRE :
incapable de transcender sa petite histoire
Lors la sortie de Polisse, en 2011, les avis étaient déjà partagés à Télérama. Le « contre » arguait que « l’engueulade non-stop, seul principe de mise en scène, n’est pas une garantie de vérité ». Hélas, neuf ans et deux films plus tard (Mon roi et celui-ci), Maïwenn en est toujours là. À confondre narcissisme et dramaturgie, démonstration (bruyante) de sentiments et puissance émotionnelle. Hormis une ou deux scènes tenues et qui touchent juste, ADN est truffé de moments gênants : Maïwenn se jetant telle une pleureuse antique sur le lit de mort de son grand-père, Louis Garrel racontant à un parterre d’enfants des blagues sur la pédophilie, Maïwenn en pleine épiphanie dans les rues d’Alger…

Devant un film aussi fasciné par son propre exhibitionnisme, inapte à transcender sa petite histoire, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi Maïwenn a choisi de s’attaquer à la question des origines, qui devrait parler à tous. Dès le début, une immersion façon docu dans un Ehpad, aussitôt réduite a son clan, l’actrice-réalisatrice semble renoncer à s’adresser à nous. À nous qui resterons jusqu’au bout (dans le meilleur des cas) les témoins indifférents de cette famille dysfonctionnelle qu’en croyant mettre en scène Maïwenn donne en spectacle. — Mathilde Blottière
ADN, Maiwenn 2020, Maïwenn, Omar Marwan (drama social)@@ (edit IPTC) (E)
Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien qui vit désormais en maison de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la ...

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ALAMO, John Wayne 1960, John, Wayne, Richard Widmark, Linda Cristal (western)@@


En février 1836, le général Sam Houston, qui commande 182 hommes, la poignée de Texans révoltés contre la domination mexicaine, est poursuivi par les troupes du général Santa Anna, qui ne lui laissent guère de répit. Il décide d'installer les détachements des colonels William Travis et James Bowie à Fort Alamo. Pendant 13 jours, ces hommes luttent désespérément à l'intérieur du fort contre l'armée mexicaine.

TELERAMA
1836, Texas. Les hommes de Fort Alamo sont chargés de freiner la progression des Mexicains… Le réalisateur a mis une dizaine d’années à faire ce film (sa première réalisation). Épatant.

John Wayne a mis une dizaine d’années à faire ce film, qui lui tenait à cœur. Comment, pour sa première réalisation, a-t-il réussi un hymne aussi poignant aux combattants de la liberté ? Mystère du cinéma. Alamo est un miracle, par lequel une star de cinéma, confondue avec les héros qu’elle a l’habitude d’incarner, parvient à élever un récit au rang de mythe : les combattants de Fort Alamo, que le scénario identifie presque un à un pour mieux les réunir ensuite dans cette aventure collective, sont les acteurs d’une tragédie populaire.

La musique de Dimitri Tiomkin tire les larmes, et les scènes d’action sont époustouflantes. John Ford signa quelques images du film : il était arrivé sans crier gare sur le plateau, et Wayne, encombré d’une présence si imposante, l’envoya tourner des scènes de seconde équipe. Qui ne furent pas toutes gardées…
ALAMO, John Wayne 1960, John, Wayne, Richard Widmark, Linda Cristal (western)@@@ (edit IPTC) (E)
En février 1836, le général Sam Houston, qui commande 182 hommes, la poignée de Texans révoltés contre la domination mexicaine, est poursuivi par les troupes du général Santa Anna, qui ...

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ANATOMIE D UNE CHUTE, Justine Triet 2023, Sandra Muiller, Swann Arlaud, Milo Machado-Graner(thriller)@@@


Daniel, un enfant malvoyant de 11 ans, vit avec ses parents dans un chalet en montagne, loin de tout. Un jour, après une balade, Daniel retrouve son père décédé dans la neige, au pied du chalet. La principale suspecte est alors toute désignée : Sandra, l'épouse du défunt, qui va devoir se défendre lors d'un procès. Si les analyses n'ont pas permis d'établir avec certitude la cause du décès - suicide ou meurtre -, les soupçons des enquêteurs ont amené à l'arrestation de Sandra. Un an plus tard, lors du procès, tous les détails de la vie du couple sont disséqués et notamment l'infidélité de la mère, le tout en présence du jeune Daniel...

TELERAMA
Sandra a-t-elle tué son mari ? Ou est-ce un suicide ? Justine Triet dissèque le naufrage d’un couple au scalpel. Une Palme d’or au scénario diabolique.

Dans un coin isolé de montagne, un homme a chuté, du haut de sa maison. Il est retrouvé mort, par son fils, 11 ans, malvoyant, revenu d’une promenade avec son chien. Que s’est-il passé ? L’hypothèse de l’accident étant assez vite écartée, il reste le suicide. Ou l’homicide. Une enquête est ouverte. L’épouse du défunt, Sandra (Sandra Hüller, formidable en femme de tête, séduisante dans son refus de l’être), romancière réputée, présente dans la maison au moment des faits, est suspectée. Arrive aussitôt un ami de confiance (Swann Arlaud), avocat de profession, qu’elle n’a pas vu depuis plusieurs années. Il lui demande de raconter en détail tout ce qu’elle a fait, ce qu’elle a entendu. S’il laisse comprendre que pas mal d’éléments l’accablent, il est clair qu’il ne doute pas de son innocence.

Et nous ? On ne cessera d’apprendre et d’être bousculé, de s’interroger, avant de se forger sa propre conviction ou de se raccrocher au bénéfice du doute. Il y a bien là tous les éléments concourant au suspense d’une véritable intrigue policière, mais largement rehaussée d’une approche très intime des personnages. Dès le début, un sentiment de proximité s’instaure en effet avec Sandra, cette héroïne complexe, monstre d’ambiguïté, appréhendée (au double sens du mot) dans son foyer, lieu d’ancrage et d’effondrement de l’histoire. Le décor, la vie matérielle et domestique, l’expertise des faits, d’un côté ; de l’autre, le vertige de la fiction, la verticalité de l’abîme, le puits sans fond d’une vérité multiple.

Scénario diabolique
Voilà comment se déploie Anatomie d’une chute, Palme d’or 2023 et quatrième long métrage d’une réalisatrice (La Bataille de Solférino, Victoria, Sibyl) qu’on défend ardemment depuis ses débuts. Et qui franchit clairement un palier, avec ce film ambitieux sur la défaite d’un couple, analysée et disséquée avec d’autant plus d’intérêt que les protagonistes semblent très lucides sur eux-mêmes. Ce sont des fortes personnalités, ayant chacune la passion de l’écriture. Passion contrariée chez Samuel, le mari, professeur charismatique, qui avait décidé de faire classe à leur fils à la maison. Est-ce par manque de temps, d’énergie, de confiance en lui ? Il n’était pas parvenu au statut de reconnaissance littéraire de sa femme.

Bataille d’ego, désir, frustration, mensonges, jalousie sont au cœur du film. Faire perdurer le couple n’est pas chose aisée, il faut que chacun y trouve sa place, son équilibre, son indépendance. C’est une construction fragile, où peut surgir de la violence, en mots voire en actes. Arthur Harari et Justine Triet, couple à la ville, le savent pertinemment. C’est ensemble qu’ils ont écrit ce scénario diabolique, manière qu’on imagine heureuse pour eux d’expurger le pire. La grande sagacité de leur histoire est d’aborder cette faillite du couple à travers tous les angles — psychologique, politique, sexuel et finalement judiciaire. Pari fou, pleinement gagné.

Le procès de Sandra ne va pas sans théâtre — voir le numéro virevoltant de l’avocat général (Antoine Reinartz, histrion pernicieux à souhait). L’enceinte de ce tribunal est une scène qui offre un terrain idéal pour tout apprendre de l’inculpée, sachant que voir sa vie privée ainsi exposée en public n’est pas sans risque pour son fils meurtri, Daniel, un garçon vif, intense. Il est rarissime qu’un enfant soit dépeint ainsi, avec tant d’aplomb et de foi, balayant toute sagesse ou principe de précaution. Et c’est sans doute la hardiesse majeure du film : faire de Daniel, face à sa mère accusée du meurtre de son père, une sorte de voyant extralucide. Qui laisse médusée, par ses témoignages, la présidente du tribunal.

Croire en la capacité d’écoute et de raisonnement de chacun. Voilà ce qui motive Justine Triet, si sensible dans sa mise en scène au son, à la parole, à la langue — aux langues : bien qu’allemande, Sandra parle le français et l’anglais, dont la traduction constitue ici un enjeu de plus. Voilà du cinéma qui veille en somme à toujours élever ses personnages vers le haut, quels que soient leur égoïsme, leur ingratitude ou leur cruauté. Tout le contraire d’une chute.
ANATOMIE D UNE CHUTE, Justine Triet 2023, Sandra Muiller, Swann Arlaud, Milo Machado-Graner(thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Daniel, un enfant malvoyant de 11 ans, vit avec ses parents dans un chalet en montagne, loin de tout. Un jour, après une balade, Daniel retrouve son père décédé dans la neige, au pied du chalet. La princip ...

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APPRENTIS PARENTS, Sean Anders 2018, Mark Wahlberg, Rose Byrne (comique)@


Lorsque Pete et Ellie décident de fonder une famille, ils se retrouvent dans le monde d'adoption par famille d'accueil. Ils espèrent accueillir un jeune enfant, mais lorsqu'ils rencontrent trois frères et soeurs, dont une ado rebelle de 15 ans, ils se retrouvent du jour au lendemain avec trois enfants.

TELERAMA
Un couple de quadras adopte une turbulente fratrie de gamins, abandonnés. Une comédie hollywoodienne gentillette, saturée de bons sentiments.

Le boulot de Pete et Ellie (Mark Wahlberg et Rose Byrne), aimable couple de quadras, consiste à retaper de vieilles ruines pour en faire des foyers de rêve. Alors pourquoi pas appliquer ce principe de rénovation quand on souhaite fonder une famille ? Les voilà qui accueillent une turbulente fratrie, une ado et deux gamins, abandonnés par leur mère toxico. Évidemment, rien ne se passe comme prévu…

On rêve de ce qu’un réalisateur inspiré aurait pu faire de ce sujet sensible — comment « faire famille », apprendre la confiance et l’attachement à des enfants traumatisés et rétifs ? La réponse complexe à ces questions ne se cache pas dans cette gentille comédie hollywoodienne, qui, sans être déshonorante, édulcore systématiquement tous les problèmes. Crises de doute et crises de nerfs ne sortent jamais du cadre lisse et pimpant d’un décor domestique de spot publicitaire, et il est bien difficile de s’attacher à ce clan recomposé, remaquillé de bons sentiments et d’optimisme factice.
APPRENTIS PARENTS, Sean Anders 2018, Mark Wahlberg, Rose Byrne (comique)@ (edit IPTC) (E)
Lorsque Pete et Ellie décident de fonder une famille, ils se retrouvent dans le monde d'adoption par famille d'accueil. Ils espèrent accueillir un jeune enfant, mais lorsqu'ils rencontrent trois frères et soeurs, dont u ...

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ASCENSEUR POUR L ECHAFAUD, Louis Malle 1958, Jeanne Moreau, Lino Ventura, Maurice Ronet (thriller drame psychologique)@@@


Julien Tavernier et sa maîtresse, Florence Carala, la femme de son patron, ont imaginé un plan diabolique pour supprimer le mari gênant. Une fois le meurtre commis, Julien, revenu sur ses pas pour faire disparaître une pièce à conviction malencontreusement oubliée, se retrouve bloqué dans l'ascenseur par une coupure de courant. Au dehors, un blouson noir, Louis, vole la voiture de Julien et y fait monter sa petite amie Véronique. Florence reconnaît la voiture mais ne distingue pas le conducteur.

TELERAMA
Jeanne attend son amant criminel, prisonnier d’un ascenseur. La trompette de Miles improvise une longue plainte qui traduit un désarroi indicible. Un grand classique.

Louis Malle (il avait alors 24 ans) a conçu son premier long métrage comme un lent compte à rebours. Un homme commet un assassinat. Au moment de s’enfuir dans sa voiture, il réalise qu’il a oublié la corde qui lui a servi à grimper d’un balcon à l’autre. Il retourne sur les lieux et prend l’ascenseur. Le gardien coupe soudainement le courant pour le week-end. Le meurtrier reste coincé entre deux étages. À l’extérieur, sa maîtresse l’attend…

D’un côté, un homme enfermé ; de l’autre, une femme qui erre dans Paris. Entre eux : l’ombre du crime. Louis Malle alterne scènes muettes où le moindre bruit devient inquiétant et séquences sonores qui semblent retarder l’instant où les amants pourront se voir et s’expliquer. L’intrigue policière laisse place, tout doucement, à une atmosphère à la fois morbide et sensuelle. Pour accompagner Jeanne Moreau déambulant dans les rues, la trompette de Miles Davis improvise. Elle semble exprimer le désarroi indicible de la jeune femme. Ascenseur pour l’échafaud préfigure le plus beau film de Louis Malle, Le Feu follet, où Maurice Ronet s’égare dans la douleur jusqu’au suicide.

SYNOPSIS
Julien Tavernier et sa maîtresse, Florence Carala, la femme de son patron, ont imaginé un plan diabolique pour supprimer le mari gênant. Une fois le meurtre commis, Julien, revenu sur ses pas pour faire disparaître une pièce à conviction malencontreusement oubliée, se retrouve bloqué dans l'ascenseur par une coupure de courant. Au dehors, un blouson noir, Louis, vole la voiture de Julien et y fait monter sa petite amie Véronique. Florence, qui attend son amant à la terrasse d'un café, reconnaît la voiture mais ne distingue pas le conducteur. Elle constate tout de même qu'il est en aimable compagnie. Jalouse et se croyant trahie, elle erre dans Paris, tandis que Julien s'évertue à sortir de l'ascenseur...
ASCENSEUR POUR L ECHAFAUD, Louis Malle 1958, Jeanne Moreau, Lino Ventura, Maurice Ronet (thriller drame psychologique)@@@ (edit IPTC) (E)
Julien Tavernier et sa maîtresse, Florence Carala, la femme de son patron, ont imaginé un plan diabolique pour supprimer le mari gênant. Une fois le meurtre commis, Julien, revenu sur ses pas pour faire disparaître ...

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BONNARD, Pierre et Marthe 2024, Cécile de France, Vincent Macaigne, Stacy Martin, Anouk Grinberg, André Marcon (biopic)@@


Le peintre français Pierre Bonnard ne serait pas le peintre que tout le monde connaît sans l'énigmatique Marthe. En effet, celui que son pays natal surnommait le "peintre du bonheur" a fait le portrait de son épouse, une aristocrate autoproclamée, dans plus d'un tiers de ses tableaux.

TELERAMA
Une femme autant éclairée que délaissée par son homme : Martin Provost, réalisateur de “Séraphine”, souligne la force de vie qui a fait naître la formidable peinture des Bonnard.

Un élan admiratif traverse ce film qui s’ouvre, en 1893, sur les premiers traits de crayon graciles qu’inspire au (1867-1947) une inconnue rencontrée dans la rue qui deviendra sa femme, Marthe Bonnard (1869-1942). De l’immobilité de la séance de pose, jaillit un mouvement qui rapproche les corps, les lance dans une course vers le plaisir, la joie, la beauté. Et les fait entrer dans la ronde de la vie d’artiste, à cette époque miraculeuse où, depuis Giverny, Claude Monet pouvait descendre la Seine en barque jusqu’à Vernon pour déjeuner sous les arbres, chez les Bonnard.

Dans de très belles lumières du chef-opérateur Guillaume Schiffman et avec un duo Cécile de France-Vincent Macaigne qui s’empare passionnément de ce couple célèbre, le réalisateur de (2008) recrée un enchantement amoureux et pictural. Au lieu de se plier à l’exercice d’une traditionnelle biographie filmée, il nous invite à entrer dans la force de vie qui a fait naître une des œuvres les plus impressionnantes de l’histoire de la peinture.

En cherchant cette vérité, c’est l’ombre que trouve Martin Provost. Le mystère d’un couple où la femme fut tout autant éclairée qu’éclipsée par un homme qui ne cessa jamais de l’aimer mais refusa de lui être fidèle, de lui donner un enfant et, pendant longtemps, de l’épouser. Aux côtés de Pierre Bonnard, Marthe ne trouva de place qu’en acceptant d’en changer sans cesse. Elle fut la muse, l’idole, l’amante délaissée, l’intendante préposée aux préoccupations pratiques, l’âme sœur aussi, lorsqu’elle osa peindre ses propres tableaux et s’affirmer sur le terrain du maître.
BONNARD, Pierre et Marthe 2024, Cécile de France, Vincent Macaigne, Stacy Martin, Anouk Grinberg, André Marcon (biopic)@@ (edit IPTC) (E)
Le peintre français Pierre Bonnard ne serait pas le peintre que tout le monde connaît sans l'énigmatique Marthe. En effet, celui que son pays natal surnommait le "peintre du bonheur" a fait le portrait de son & ...

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CAPITAINE SANS PEUR, Raoul Walsh1951, Gregory Peck, Virginia Mayo (cape et epee)@@


1807. Alors que l'Angleterre est en guerre contre la France et l'Espagne, le capitaine britannique Horatio Hornblower, à bord du "Lydia", vogue vers le Pacifique. Au large du Nicaragua, il prend contact avec un rebelle dressé contre Napoléon et accepte de s'emparer d'un navire espagnol. Une fois l'ennemi vaincu, Hornblower apprend que l'Angleterre vient de signer un traité avec l'Espagne. Il se retrouve sur le "Lydia" avec lady Barbara, une aristocrate qu'il a pour mission de ramener à Londres. Il s'éprend de la jeune femme. Mais leur amour est impossible car la belle est promise à un lord de l'Amirauté. Celui-ci donne d'ailleurs ordre au capitaine de retourner en mer et de combattre les Français...

TELERAMA
Voici Gregory Peck et son regard d’aigle, capitaine de la Royal Navy chargé d’une mission secrète, à l’heure des guerres napoléoniennes : passer le cap Horn et rallier un fort en Amérique centrale, afin de livrer des armes. Son destinataire ? Un rebelle à l’Espagne. C’est alors que tombe la nouvelle : l’Espagne vient de se rallier à l’Angleterre…

Dès lors qu’il s’agit de filmer deux navires voguant face à face, prêts au carnage, Walsh témoigne de tout son talent. Ses choix d’angles de vue et de cadrages, la vélocité de son rythme. Idem pour les scènes de combat. Selon cette méthode qui lui est propre, plutôt que de les préparer à l’action, Walsh fait croire à ses figurants qu’ils vont assister à une simple répétition. Et tourne la vraie scène avec ses explosions, afin de filmer leur effroi non simulé… Méthode imparable et qui confère à ses films une authenticité inimitable.

C’est un fabuleux récit, d’une richesse visuelle étonnante. Un branle-bas de combat ? L’occasion d’un plan rapproché sur un roulement de tambour. Un navire ennemi ? Voilà le superbe galion espagnol qui vogue toutes voiles dehors — on le reverra l’année suivante dans Le Corsaire rouge, de Robert Siodmak. Le tout enrichi d’un superbe Technicolor, et d’une fin étonnante.

Les commentaires sont soumis à des règles de modération. Lire notre charte
sans oublier que les aventures d'Horatio Hornblower sont l'œuvre d'un écrivain anglais, Cecil-Scott-Forester auteur de onze best-seller dont le premier volume "retour à bon port" a inspiré l'excellent film de Raoul Walsh. Je conseille cette lecture !
Lecteur-9aaee872
Tres beau film… A l’ancienne… de la couleur… de l’action… une histoire et des grands acteurs… Gregory Peck en prime

CAPITAINE SANS PEUR, Raoul Walsh 1951, Gregory Peck, Virginia Mayo (cape et epee)@@ (edit IPTC) (E)
1807. Alors que l'Angleterre est en guerre contre la France et l'Espagne, le capitaine britannique Horatio Hornblower, à bord du "Lydia", vogue vers le Pacifique. Au large du Nicaragua, il prend contact avec un rebelle dres ...

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CLOSE, Lukas Dhont 2022, Eden Dambrine, Gustav De Waele(enfance)@@


Deux garçons de 13 ans, Leo et Rémi, sont inséparables. Ils passent pratiquement tous les jours ensemble et dorment parfois chez Rémi. Mais un évènement va bouleverser cette relation. Lors de leur rentrée au collège, un groupe de jeunes filles souhaite savoir si les garçons sont en couple. C'est un véritable choc pour Leo et un coup de frein pour leur amitié. A la suite de cet incident, l'enfant va se remettre en question ainsi que la relation qui le lie à Rémi. Il s'éloigne de son ami de toujours, laissant celui-ci dans l'incompréhension. Jusqu'au jour où Leo décide de se rapprocher de la mère de son ami afin de trouver du soutien...

TELERAMA
Cette chronique d’une intense amitié mise à mal par les clichés de genre vire au drame dans une deuxième partie qui souffre de nombreuses maladresses.
Le joli est-il l’ennemi du beau ? Vous avez une heure quarante-cinq, soit la durée de Close, deuxième long métrage de Lukas Dhont, 30 ans, récompensé par un Grand Prix en 2022 au Festival de Cannes (ex aequo avec Stars at Noon, de Claire Denis). Après Girl, portrait d’une jeune fille en transition, Caméra d’or en 2018, le Belge confirme son goût pour les titres réduits à l’essentiel (une syllabe, un programme) et la douceur qui trompe son monde, façon loup déguisé en mère-grand — c’est pour mieux te faire pleurer, mon enfant.

Dans sa première partie, la plus réussie, Close (« proche », en français) chronique le meurtre à bas bruit, ordinairement homophobe, d’une amitié idéale. Presque frères, Léo (Eden Dambrine) et Rémi (Gustav De Waele), 11 ans, partagent tout, batailles imaginaires et épées de bois, admiration réciproque, courses folles dans les champs de fleurs aux couleurs divines, chuchotis rieurs sur l’oreiller. L’amour ? Un jour peut-être, ou peut-être pas, ce n’est pas dit, ce n’est pas la question.

Leur arrivée en sixième signe l’avis d’expulsion du paradis : deux gars qui se tiennent la main dans la cour de récré, ça fait « pédales », merci d’adopter les codes genrés appliqués par la majorité. Même si c’est parfois formulé sans malveillance (« Vous êtes ensemble ? », interroge simplement une collégienne dans une scène formidable), Léo, gêné, obtempère illico, intègre l’équipe de hockey sur glace, activité virile s’il en est, et s’éloigne progressivement de Rémi.

Les images plutôt que des dialogues explicatifs
Derrière son festival de rayons de soleil sur ravissants marmots, Close convainc tant qu’il s’en tient à une autopsie de la tendresse masculine en milieu scolaire. Nettement moins lorsqu’il bascule dans la tragédie et abandonne Léo à la solitude, au remords et à un unique et répétitif principe de mise en scène, entièrement centré sur les activités physiques du gamin — travail aux champs et sport, ad libitum, se faire mal pour oublier l’autre douleur.

S’il montre l’ambition louable de s’en remettre aux images plutôt qu’à des dialogues explicatifs, Lukas Dhont n’échappe pas à la lourdeur symbolique — un poignet cassé, puis réparé, en devient par exemple sursignifiant. Il délaye son mélo photogénique, fasciné par la souffrance muette de son jeune héros, dont il scrute le visage et souligne chaque regard jusqu’à la dernière seconde. Pour dévier un peu de l’itinéraire balisé, il faut s’en remettre aux actrices, Léa Drucker, et, surtout la bouleversante Émilie Dequenne, qui ne laisseront personne les yeux secs.
CLOSE, Lukas Dhont 2022, Eden Dambrine, Gustav De Waele(enfance)@@ (edit IPTC) (E)
Deux garçons de 13 ans, Leo et Rémi, sont inséparables. Ils passent pratiquement tous les jours ensemble et dorment parfois chez Rémi. Mais un évènement va bouleverser cette relation. Lors de leur r ...

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CRIMINAL SQUAD, Christian Gudegast 2018, Gerard Butler, Pablo Schreiber (thriller)@@


Une unité d'élite de la police, menée par Nick Flanagan, tente d'arrêter les cambrioleurs les plus prolifiques de la ville de Los Angeles alors qu'ils planifient le vol le plus risqué de l'histoire. Les malfaiteurs souhaitent dévaliser la Réserve fédérale du centre-ville, la seule banque qui n'a jamais été cambriolée.

TELERAMA
Un ex-policier de Los Angeles poursuit un cerveau du crime sur la Côte d’Azur. Pour ce second volet, Christian Gudegast, fasciné par Michael Mann, enrichit sa mise en scène d’influences françaises. Attention, cet article révèle des éléments de l’intrigue.

En 2018, le scénariste Christian Gudegast (Un homme à part, La Chute de Londres) passait à la réalisation avec Criminal Squad, film de casse gigogne tièdement accueilli par la critique. Son crime ? S’inspirer crânement de Heat (1995), devenu en trois décennies monument intouchable. S’il n’atteignait pas le niveau de l’œuvre de Michael Mann, l’impressionnante fusillade urbaine – dans un embouteillage ! – était, tout de même, digne de son modèle.

Après le premier opus, situé à Los Angeles mais filmé à Atlanta, la délocalisation s’avère encore plus surprenante ici – la Côte d’Azur reconstituée à Santa Cruz de Tenerife, dans les îles Canaries ! –, donnant d’emblée à cette suite une atmosphère étrange. L’ex-agent du Los Angeles Sheriff Department (Gerard Butler, coupe hirsute et voix caverneuse) poursuit un cerveau du crime (O’Shea Jackson Jr, fils d’Ice Cube), cherchant à cambrioler la bourse aux diamants de Nice avec l’aide d’une équipe serbe. L’humour, qui faisait défaut au précédent, consiste à mettre Butler, Apollon beauf, face aux mœurs « exotiques » des Européens : croissants au beurre, expressos serrés, glaces à l’italienne (ou pas). Le tout sur fond de derby footballistique opposant Nice à Monaco…

Attentive aux détails, la mise en scène fétichiste n’est jamais loin de l’abstraction : des véhicules dans un dédale de containers à Anvers, des personnages dans un labyrinthe de couloirs à Nice. Selon une formule éprouvée depuis Le Solitaire (Michael Mann encore, 1981), le cinéaste privilégie les bruits – de pas, de portes, d’outils – pour accroître la tension, seulement relevés de quelques nappes électroniques.

Ce second volet s’enrichit d’influences françaises étonnantes, comme Taxi (Gérard Pirès, 1998), pour les voitures cachées dans un camion puis repeintes en deux temps trois mouvements. Ou, plus prestigieuse, Le Deuxième Souffle (Jean-Pierre Melville, 1966), pour la course-poursuite sur une route en lacets, musclée ici par des fusils d’assaut à bord de grosses cylindrées, pour un règlement de comptes façon tournoi de chevaliers. Soit le bouquet final d’un film de braquage au long cours, d’une durée hors norme.
CRIMINAL SQUAD, Christian Gudegast 2018, Gerard Butler, Pablo Schreiber (thriller)@@ (edit IPTC) (E)
Une unité d'élite de la police, menée par Nick Flanagan, tente d'arrêter les cambrioleurs les plus prolifiques de la ville de Los Angeles alors qu'ils planifient le vol le plus risqué de l'histoire. Les mal ...

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DARK SHADOWS, Tim Burton 2012, Johnny Depp, Michelle Pfeiffer (science fiction)@@


En 1752, les Collins quittent Liverpool pour prendre la mer avec leur jeune fils Barnabas et commencer une vie en Amérique. Vingt années passent et Barnabas a le monde à ses pieds. Riche et puissant, c'est un séducteur invétéré, jusqu'à ce qu'il brise le coeur d'Angelique Bouchard.

TELERAMA
Parodie affectueuse où Tim Burton s’inspire d’un soap américain des années 1960 pour rendre hommage au fantastique à la Roger Corman. C’est drôle, pimpant, caustique. Johnny Depp y campe un vampire du XVIIIe siècle qui débarque dans les années 1970.

Au cinéma, il y a deux Johnny Depp : la star bankable de Pirates des Caraïbes ; et l’autre, la créature de Tim Burton. Le merveilleux monstre, l’excentrique marionnette que le cinéaste rhabille et repeint à chaque film aux couleurs de ses folies, d’Edward aux mains d’argent à Ed Wood ou Sweeney Todd. Cette fois, il est un vampire tout raide et collet monté dans son costume noir, plus proche de Bela Lugosi que de Robert Pattinson dans Twilight. Des ciels noirs et déchiquetés, un manoir aux innombrables passages secrets, des personnages tordus : Tim Burton réunit tous ses jouets préférés.

De Sleepy Hollow aux Noces funèbres, il a presque réinventé le sens du mot « macabre ». La mort, chez lui, est d’habitude un carnaval mélancolique et grinçant. Ici, pourtant, il réussit une autre approche. Dark Shadows est une franche comédie, parodie affectueuse des films fantastiques de Roger Corman. Et puis c’est l’adaptation d’un soap américain diffusé à l’orée des seventies, l’époque psychédélique où Burton situe son film. L’âge de la libération sexuelle, du rock, toutes choses qui suscitent chez notre vampire d’hilarantes réactions. Au-delà des gags, cette période offre au cinéaste l’occasion d’un euphorisant télescopage entre le gris gothique et sa palette de couleurs délirantes. Ce conte fantasque et réjouissant est peut-être avant tout une affaire de transmission, de générations : un film d’héritier irrévérencieux.
DARK SHADOWS, Tim Burton 2012, Johnny Depp, Michelle Pfeiffer (science fiction)@@ (edit IPTC) (E)
En 1752, les Collins quittent Liverpool pour prendre la mer avec leur jeune fils Barnabas et commencer une vie en Amérique. Vingt années passent et Barnabas a le monde à ses pieds. Riche et puissant, c'est un séd ...

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DELICIEUX, Eric Besnard 2021, Gregory Gadebois, Isabelle Carre, Benjamin Laverne, Guillaume De Tonquedec (societe)@@@


À l'aube de la Révolution Française, Pierre Manceron, cuisinier audacieux mais orgueilleux, est limogé par son maître le duc de Chamfort. La rencontre d'une femme étonnante, qui souhaite apprendre l'art culinaire à ses côtés, lui redonne confiance en lui et le pousse à s'émanciper de sa condition de domestique pour entreprendre sa propre révolution. Ensemble, ils vont inventer un lieu de plaisir et de partage ouvert à tous : le premier restaurant. Une idée qui leur vaudra clients et des ennemis.

TELERAMA:
L’idée est forte en goût : broder sur la réalité historique de la création du premier restaurant, lieu de partage démocratique de la gastronomie, à l’aube de la Révolution française. La mise en scène d’Éric Besnard manque de légèreté quand elle lorgne vers Ridicule, de Patrice ­Leconte, pour croquer l’aristocratie, et le féminisme incarné par Isabelle Carré apparaît comme un ingrédient certes piquant mais un peu trop idéal dans cette peinture d’époque. Pour autant, le menu reste roboratif et plaisant grâce, en grande partie, à Grégory Gadebois, au talent si charnu.
DELICIEUX, Eric Besnard 2021, Gregory Gadebois, Isabelle Carre, Benjamin Lavernhe, Guillaume De Tonquedec (societe)@@@ (edit IPTC) (E)
À l'aube de la Révolution Française, Pierre Manceron, cuisinier audacieux mais orgueilleux, est limogé par son maître le duc de Chamfort. La rencontre d'une femme étonnante, qui souhaite apprendre l' ...

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DIVINES, Houda Benyamina 2016, Oulaya Amamra, Kevin Mischel (social)@@


Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien.

TELERAMA
Deux gamines de banlieue inséparables, rêvent d’en sortir, quitte à se lancer dans le trafic de drogue… Dans un étourdissant mélange des genres, un film qui brasse intelligemment les clichés.

Des mouflettes de banlieue, on en a vu beaucoup. Mais les deux gamines de Divines ne ressemblent qu’à elles-mêmes. Elles forment ensemble un tourbillon, passant du comique au tragique et de la chronique sociale au polar haute tension. La réalisatrice recycle tous les clichés pour en faire du neuf. Les inséparables Dounia et Maimouna, perpétuellement en maraude dans leur quartier désolé, jouent les affranchies dans un milieu bien trop dur pour elles. Dounia, qui vit dans un bidonville, veut prendre le chemin le plus court pour sortir de la misère et se fait embaucher par le caïd du coin, Rebecca…

C’est l’autre force du film : aussi dangereuse et fêlée que le premier trafiquant mâle venu, Rebecca use agressivement de toutes les armes de la virilité, violence, postures et charisme inclus. Inversion des genres, ludique et gonflée. D’ailleurs, le rôle le plus « féminin », dans cette histoire en miroir, est tenu par un garçon, passionné de danse, dont Dounia vient contempler les répétitions en cachette. Cette histoire d’amour naissant suggère une autre issue à la tyrannie de l’argent, une sortie de secours par l’art. Ce pourrait être naïf, mais ces scènes-là expriment avec force le désir, le rêve et l’apprivoisement. Un contrepoint fragile à la noirceur.
DIVINES, Houda Benyamina 2016, Oulaya Amamra, Kevin Mischel (social)@@ (edit IPTC) (E)
Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa ...

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IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION, Sergio Leone 1971, James Coburn (western)@@


Mexique, 1913. Juan Miranda, ancien paysan devenu une crapule spécialisée dans l'attaque des diligences, fait la connaissance de Sean Mallory, un Irlandais venu prêter main-forte aux révolutionnaires de Pancho Villa. Juan aimerait bien utiliser les talents d'artificier de Sean pour organiser quelques mauvais coups.

TELERAMA
Les coups tordus de deux aventuriers en Amérique du Sud : l’un péon avec famille nombreuse, l’autre patriote irlandais expert en dynamite. Leone signe ici un deuxième volet magistral de son triptyque consacré au continent américain.

Situé entre Il était une fois dans l’Ouest et Il était une fois en Amérique, ce film est le deuxième volet du triptyque consacré par Sergio Leone au dézingage des mythes fondateurs américains. C’est aussi son dernier western. Autant d’éléments qui nous engagent à décrypter le discours caché sous l’épais vernis léonien (gros plans et ralentis pour la forme, ironie et violence pour le fond), qu’on goûte avec plus ou moins d’appétit selon qu’on est ancien ou moderne.

Mexique, 1913. Alors que le pays subit une sanglante révolution, un péon détrousseur de diligences et un expert en explosifs de l’IRA associent leurs talents. Objectif : profiter de la confusion générale pour s’en mettre plein les poches. La citation de Mao Zedong en ouverture annonce la couleur : « La révolution n’est pas une fête. La révolution est un acte de violence. » Message à tous ceux qui, à l’époque, lèvent le poing dans leur salon. Le titre original n’a pas l’emphase du titre français – il signifie simplement « Baisse la tête ». En attendant que ça passe.
IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION, Sergio Leone 1971, James Coburn, Rod Steiger (western)@@@ (edit IPTC) (E)
Mexique, 1913. Juan Miranda, ancien paysan devenu une crapule spécialisée dans l'attaque des diligences, fait la connaissance de Sean Mallory, un Irlandais venu prêter main-forte aux révolutionnaires de Pancho Vil ...

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INTERSTELLAR, Christopher Nolan 2014, Matthew McConaughey et Anne Hathaway (science fiction)@@


Dans un proche futur, la Terre est devenue hostile pour l'homme. Les tempêtes de sable sont fréquentes et il n'y a plus que le maïs qui peut être cultivé, en raison d'un sol trop aride. Cooper est un pilote, recyclé en agriculteur, qui vit avec son fils et sa fille dans la ferme familiale.

TELERAMA
La sécheresse dévore la Terre. Un astronaute du futur part en mission de reconnaissance afin de trouver une nouvelle planète pour les humains… une odyssée spatiale fascinante.

Mêlant conquête spatiale et science-fiction, Christopher Nolan nous entraîne aux confins du réchauffement climatique, un monde invivable où nos rêves sont partis en poussière. Ancien pilote d’essai, Cooper est recruté pour prendre les commandes d’une mission secrète. Objectif : trouver de nouvelles planètes qui permettront de quitter la Terre en prenant un raccourci dans le cosmos… Voyageurs dépassés par les lois de l’Univers, Cooper et son équipage sont des défricheurs d’avenir guidés par une ­citation inattendue d’un poème de Dylan Thomas : « N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit », disent ces vers solennels qui invitent à « s’enrager contre la mort de la lumière ». Christopher Nolan ose être lyrique et, tout aussi bien, scientifique. Il convoque Einstein et Newton face au mystère des trous noirs et à la logique trompeuse des distorsions temporelles. Envie de voir et de savoir vont de pair dans ce grand spectacle qui nous parle de découvertes, de rêves nouveaux. Même l’amour y a une autre dimension : réinventé à l’échelle cosmique, il devient une force qui défie l’espace et le temps. Une manière d’atteindre l’idéal que célèbre Interstellar : se transcender. Un verbe que le cinéma de Nolan aime passionnément conjuguer.

SYNOPSIS
La planète Terre se meurt par trop de pollution et de gaspillage des ressources naturelles. Cooper est un ancien de la Nasa. Veuf et soucieux de l'environnement, il essaie de mener une vie normale auprès de ses enfants à la campagne. Pendant ce temps, les autorités ont découvert un tunnel cosmique qui permettrait de trouver une nouvelle planète, susceptible d'accueillir les humains. Cooper doit laisser sa famille et prendre les commandes d'une navette. Dans ce voyage périlleux en dehors de la galaxie, il est accompagné par deux autres explorateurs, Brand et Doyle. Conscients de l'importance de leur mission, ils ne sont pas sûrs de rentrer vivants...
INTERSTELLAR, Christopher Nolan 2014, Matthew McConaughey et Anne Hathaway (science fiction)@@ (edit IPTC) (E)
Dans un proche futur, la Terre est devenue hostile pour l'homme. Les tempêtes de sable sont fréquentes et il n'y a plus que le maïs qui peut être cultivé, en raison d'un sol trop aride. Cooper est un pilote, r ...

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JE NE ME LAISSE PLUS FAIRE, Gustave Kervern 2024, Yolande Moreau, Laure Calamy


Confrontée à la perspective d'être expulsée de sa maison de retraite après la mort de son fils et unique soutien de famille, Émilie, septuagénaire rebelle à la vie mouvementée, décide de se lancer dans une course à la vengeance contre tous ceux qui lui ont fait du tort. Au cours de son épopée, la justicière des faubourgs, qui tranche dans le vif pour redresser les torts, est rejointe par Linda, une gentille femme de ménage.

TELERAMA
Un road-movie au casting foisonnant, où l’équipe de Groland croise Laure Calamy ou Raphaël Quenard.
Poussée à la porte de l’Ehpad dont elle n’arrivait plus à assumer le coût après la mort de son fils, Émilie (Yolande Moreau) décide, à 70 ans passés, de tailler la route. Et d’aller prendre sa revanche sur ceux qui, depuis l’enfance et en divers endroits de sa vie, l’ont humiliée. Elle rallie bientôt à sa cause Lynda (Laure Calamy), une aide-soignante soucieuse, elle aussi, de laver quelques-uns des affronts dont elle a été l’objet.

Seul à l’écriture comme à la réalisation, Gustave Kervern — déjà coauteur, avec Benoît Delépine, de l’itinérant et motorisé Mammuth (2010) — signe un convaincant road-movie féministe aux allures de Thelma et Louise de la France périphérique.

Sous l’égide d’Arte, un peu de « l’esprit Canal » renaît dans ce téléfilm porté par de nombreux guests, où la bande de Groland (Francis Kuntz et Kervern lui-même) croise celle des Deschiens (Moreau, Philippe Duquesne, Olivier Saladin). Anna Mouglalis et Raphaël Quenard composent, eux, un duo de flics bons comme du bon pain, voués à redresser les torts sans jamais coup férir ni flingue dégainer (ou presque). Gustave Kervern est un peu à leur image. Un Don Quichotte mélancolique à la combativité douce, qui continue de croire, en dépit de l’âpreté de la réalité sociale dans laquelle, film après film, s’enracine son travail, au pouvoir qu’a la fiction de transformer le réel. De le réparer.
JE NE ME LAISSE PLUS FAIRE, Gustave Kervern 2024, Yolande Moreau, Laure Calamy @@ (edit IPTC) (E)
Confrontée à la perspective d'être expulsée de sa maison de retraite après la mort de son fils et unique soutien de famille, Émilie, septuagénaire rebelle à la vie mouvementée, d ...

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LA CHUTE DU FAUCON NOIR, Ridley Scott 2001, Josh Hartnett, Ewan McGregor (guerre)@@


En 1992, Mohamed Farrah Aidid fait régner la terreur sur le territoire somalien. Pour venir en aide à la population qui meurt de faim, George Bush, alors président des États-Unis, met sur pied une expédition humanitaire. Quelques mois plus tard, Bill Clinton est au pouvoir, et poursuit l'œuvre de son prédécesseur.

TELERAMA
“Restore Hope”, 1993, en Somalie. Le point de vue reste américain, mais la peur domine et le sentiment de sauve-qui-peut général l’emporte sur l’héroïsme.

En 1993, les GI font naufrage en Somalie. Ridley Scott se plante dans le décor. Il ne s'est jamais montré plus esthète que dans ce film de guerre qu'il aborde, comme un peintre, avec des envies de lumière et de couleurs. L'enjeu semblait pourtant plus politique, puisque le film retrace un épisode dramatique de l'opération humanitaire Restore Hope, menée par l'armée américaine dans une Somalie ravagée par la guerre civile. Mais les circonstances exactes de cette sanglante mission de maintien de la paix sont résumées de façon expéditive, et l'échec disparaît sous l'héroïsme obligé des jeunes soldats.

Ridley Scott se préoccupe très peu des Somaliens, vaguement réunis dans le clan des méchants et massacrés indifféremment... Le seul véritable souci du réalisateur est visiblement de renouveler l'art de filmer la guerre. Il y réussit en effet. Mais cette beauté visuelle cache mal un certain aveuglement.
LA CHUTE DU FAUCON NOIR, Ridley Scott 2001, Josh Hartnett, Ewan McGregor (guerre)@@ (edit IPTC) (E)
En 1992, Mohamed Farrah Aidid fait régner la terreur sur le territoire somalien. Pour venir en aide à la population qui meurt de faim, George Bush, alors président des États-Unis, met sur pied une expéditi ...

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LA MECANIQUE DE L OMBRE, Thomas Kruithof 2017, Francois Cluzet, Denis Podalydes (drame social)@@


Deux ans après un burn-out, Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d'affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s'interroger sur la finalité de l'organisation qui l'emploie.

TELERAMA
Un chômeur se voit confier un emploi mystérieux, qui va le mettre en péril... Avec une rare économie de moyens, le réalisateur installe un climat extrêmement pesant et signe autant un film politique qu’une fable sur la soumission.

On déplore trop souvent la frilosité du cinéma français à s’emparer des scandales politiques contemporains pour ne pas saluer les réalisateurs qui s’y risquent. Dans le sillage d’un Nicolas Pariser (Le Grand Jeu, 2015), inspiré de « l’affaire de Tarnac », Thomas Kruithof a imaginé un thriller paranoïaque à l’américaine sur les fameux carnets de Ziad Takieddine… Recruté pour retranscrire des écoutes téléphoniques illégales par un mystérieux commanditaire, François Cluzet prête son habituel flegme à ce personnage de chômeur de longue durée qui s’improvise dactylo.

Avec une rare économie de moyens (un appartement vide, très peu de dialogues, de brusques accès de violence), le réalisateur installe un climat extrêmement pesant et signe autant un film politique qu’une fable sur la soumission.

LA MECANIQUE DE L OMBRE, Thomas Kruithof 2017, Francois Cluzet, Denis Podalydes (drame social)@@ (edit IPTC) (E)
Deux ans après un burn-out, Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d'affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes ...

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LA METHODE WILLIAMS, Reinaldo Marcus Green 2021, Will Smith, Aunjanue Ellis-Taylor (sport tennis)@@


Armé d'une vision claire et d'un plan de 78 pages, Richard Williams est déterminé à ce que ses deux filles, Vénus et Serena, écrivent l'Histoire. S'entraînant sur des courts de tennis à Compton, en Californie, Richard façonne l'engagement inébranlable et la vive intuition des filles. Ensemble, la famille Williams défie les probabilités apparemment insurmontables et les attentes qui se présentent à elles.

TELERAMA
Il avait dit que ses deux filles seraient des championnes de tennis, et tout s’est passé comme prévu. L’histoire est dingue, mais ce film adoucit la véritable “méthode” employée par Richard pour amener Venus et Serena Williams au sommet.

L'histoire est véridique : Richard Williams a établi une méthode pour mener ses filles Venus et Serena au sommet du tennis, et tout s’est passé comme prévu. Dommage que ce biopic, aimable produit hollywoodien, édulcore gentiment la réalité de ladite « méthode ». Richard est montré comme un vieux monsieur (Will Smith, plutôt bon) certes têtu, mais qui n’a en tête que le bonheur de ses filles. On ne voit rien de la sévérité des entraînements, et la « méthode » est réduite à une simple prophétie. À l’exception d’un aspect, réel et sidérant : le refus catégorique de faire disputer aux deux prodiges des tournois juniors avant de les faire entrer sur le circuit professionnel. Alors, le conflit entre le père, ses filles et leur autre entraîneur (Rick Macci) devient intéressant à observer.
LA METHODE WILLIAMS, Reinaldo Marcus Green 2021, Will Smith, Aunjanue Ellis-Taylor (sport tennis)@@ (edit IPTC) (E)
Armé d'une vision claire et d'un plan de 78 pages, Richard Williams est déterminé à ce que ses deux filles, Vénus et Serena, écrivent l'Histoire. S'entraînant sur des courts de tennis à ...

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LA ZONE D INTERET. Jonathan Glazer 2024 (histoire shoah)@@@


Le commandant d'Auschwitz Rudolf Höss et son épouse Hedwig réalisent sur un terrain directement adjacent au mur du camp leur vision d'une vie de rêve avec une famille nombreuse, une maison et un grand jardin. Cependant, lorsque Rudolf doit être muté à Oranienburg, leur petite vie idéale menace de s'effondrer et il cache l'information à son épouse. Quand Hedwig l'apprend, elle refuse de quitter sa maison de rêve.

TELERAMA
Le quotidien d’un officier SS zélé, en famille, dans une maison tout confort voisine du camp d’Auschwitz. Allégorie puissante ou esthétisation facile ? À (re)voir pendant le Festival Cinéma Télérama, du 22 au 28 janvier 2025, au prix de 4 euros la séance.

POUR
Si la Shoah était une maison, comment serait-elle ? C’est à partir de ce postulat un peu fou que La Zone d’intérêt prend forme. S’inspirant du roman de Martin Amis, Jonathan Glazer nous reçoit dans un « charmant » pavillon avec piscine, qui jouxte le camp d’Auschwitz. C’est là où vivent Rudolf Höss, le commandant du camp, sa femme, Hedwig, et leurs cinq enfants blonds. Une existence familiale qui tient du tableau idyllique. La maison comporte de grandes pièces, l’été resplendit, des massifs de fleurs de toutes les couleurs embaument le jardin. « C’est paradisiaque », constate la mère de Hedwig, qui a fait le voyage pour voir sa fille et qui est heureuse de la voir ainsi installée. La voilà si détendue qu’elle fait une sieste au soleil, dans un transat. Un toussotement la fait se réveiller. Elle se lève, un peu hagarde, et se hâte de rentrer. Au loin, derrière le mur surmonté de barbelés, on a vu de la fumée s’échapper d’une cheminée. Un four crématoire, sans doute.

Soit les délices d’un éden paisible, alors qu’on extermine à 50 mètres de là. Jonathan Glazer, remarqué pour la singularité d’un film fantastique inquiétant (Under the Skin), est un cinéaste rigoureux et consciencieux, qui sait parfaitement les enjeux moraux liés à la représentation de la Shoah. S’interdisant d’entrer dans le camp d’Auschwitz, il en filme uniquement les murs d’enceinte depuis l’extérieur, laissant apparaître quelques-uns de ses symboles macabres (cheminées, miradors). L’atrocité du génocide reste invisible mais elle résonne de partout, au quotidien. On l’entend, en sourdine, grâce à un travail remarquable sur le son. Ce sont des échos lointains et confus de soufflements, claquements, entrechocs, tirs, chiens qui aboient, ordres. Autrement dit une partition spécifique : celle de la machine de mort hitlérienne, de l’industrialisation du crime nazi. La nuit venue, ce bruit de fond s’amplifie.

Tels des nababs d’une villa de la Riviera
Comment est-ce possible d’habiter ici ? Comment supporter cela ? Le voisinage du mal, sa cohabitation, voilà l’une des clés d’entrées possibles de cette fiction fascinante et malaisante, conceptuelle et structurelle à la fois. Où il est surtout question d’architecture, de délimitation entre le dedans et le dehors, de cloisonnement, de compartimentage d’espaces. Le réalisateur vise à montrer le foyer du bourreau et de son épouse comme une construction organique, le logis représentant à la fois leur corps et leur cerveau. Le lieu de l’obsession ménagère, où tout doit être propre, rangé, sélectionné, évacué. Le lieu du plaisir de façade – les Höss se goinfrent, boivent, profitent du jardin et de la piscine tels des nababs d’une villa de la Riviera – radiographié de manière clinique. Un monde verrouillé de l’intérieur, abritant fierté mais aussi vide, névrose, déni, hantise à venir.

C’est la force de l’allégorie de susciter en nous toutes sortes de troubles et d’interrogations sur ce qui nous éloigne ou nous rapproche de ces monstres ordinaires. Sur ce qui est occulté, enfoui en eux. Avec ses plans géométriques au scalpel, de lumière qu’on éteint, de couloirs et d’escaliers, de fenêtres, de portes qu’on ouvre et ferme, La Zone d’intérêt ressemble parfois étrangement au ballet domestique de Jeanne Dielman…, le chef-d’œuvre de Chantal Akerman. Même sens de « l’installation » plastique, même scénographie, même métacinéma. Avec une perspective tout autre ici, où les métaphores filées, où les cendres et reliques exhumées, sont reliées à un contexte historique précis, documenté, cartographié, topographié. L’expérience a ceci de vertigineux qu’elle enferme et ouvre à la fois sur un abîme d’obscurité. — Jacques Morice

CONTRE
Il y a trente ans, lors de la sortie de La Liste de Schindler, Claude Lanzmann accusait Steven Spielberg de « trivialiser l’Holocauste », rappelant un interdit de représentation de la Shoah par la fiction. Interdit que László Nemes bravait, en 2015, avec Le Fils de Saul, où il choisissait de nous immerger de manière violemment frontale dans l’horreur. Jonathan Glazer, lui, opte pour l’exact contraire : l’installation cérébrale et glaçante, le formalisme géométrique, avec pour seule embardée émotionnelle, et particulièrement contestable, le sous-entendu de soudains remords de la part de la belle-mère, qui écourte sa visite dans cette « maison du bonheur ».

Le cinéaste utilise, certes, le hors-champ de manière radicale, et, reconnaissons-le, particulièrement dérangeante. Mais l’on peut aussi se demander si ce n’est pas le choix de la… facilité. Quoi de plus malin, en effet, que de se braquer sur la banalité du mal en son jardin, de réduire la machine de mort à une partition sonore, pour ne pas avoir à montrer ce qui se passe de l’autre côté ? Faire du quotidien des bourreaux son sujet revient à invisibiliser les victimes, et la réalité de leur extermination, et donc à se protéger, justement, de tout risque de cette « trivialité » dénoncée par Lanzmann. Avec La Zone d’intérêt, Jonathan Glazer peut ainsi exceller en restant dans sa zone de confort esthétique.— Guillemette Odicino
LA ZONE D INTERET. Jonathan Glazer 2024 (histoire shoah)@@@ (edit IPTC) (E)
Le commandant d'Auschwitz Rudolf Höss et son épouse Hedwig réalisent sur un terrain directement adjacent au mur du camp leur vision d'une vie de rêve avec une famille nombreuse, une maison et un grand jardin. Cepend ...

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LE BOSSU, Andre Hunebelle 1959, Jean Marais, Bourvil, Sabina Selman (cape et epee)@@@


Le chevalier Henri de Lagardère est sur le chemin de l'exil. Il s'arrête une dernière fois au château du Duc de Nevers afin de l'affronter en duel et découvrir sa botte secrète que l'on dit imparable. Sur place, Lagardère apprend qu'un complot se trame contre le Duc. C'est son cousin, le prince Philippe de Gonzague, qui a décidé de le faire assassiner pour s'approprier sa fortune. Lagardère combat les conspirateurs aux côtés de Nevers qui est blessé mortellement.

TELERAMA
avec Jean Marais. De bout en bout, le film est vif, enlevé. Simple et brillant comme le roman de Paul Féval dont il s'inspire. Bourvil, tutoyant son monseigneur de maître, annonce presque le Figaro de Beaumarchais. Et quand il prononce le célèbre « Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! », Jean Marais a fière allure.
LE BOSSU, Andre Hunebelle 1959, Jean Marais, Bourvil, Sabina Selman (cape et epee)@@@ (edit IPTC) (E)
Le chevalier Henri de Lagardère est sur le chemin de l'exil. Il s'arrête une dernière fois au château du Duc de Nevers afin de l'affronter en duel et découvrir sa botte secrète que l'on dit imparable. ...

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LE CHEVAL DE JACOB, Katalin Gödrös 2024, Luna Wedler, Valentin Postlmayr (femmes sentimental)@@


En 1870, dans les Alpes suisses, Elsie, une servante à la voix d'or, violée par son patron, est mariée de force à un palefrenier, Jacob, lorsque sa grossesse est découverte. Envoyés dans une ferme isolée, avec pour seuls biens une vache et un accordéon, tous deux font l'apprentissage de la conjugalité et du dur labeur paysan, tout en tentant de concilier leurs aspirations. Tandis qu'Elsie s'épanouit en chantant, Jacob rêve d'acquérir un cheval pour devenir cocher. Mais quand Rico, un musicien yéniche, fait une halte de quelques jours dans le village, le fragile équilibre qu'ils ont construit vacille.

TELERAMA
Dans les Alpes suisses de 1870, une servante à la voix d’or est mariée de force à un palefrenier. Un film qui nous séduit pour sa beauté picturale, sa musique, et l’interprétation lumineuse de son actrice.

Une voix pure, aérienne, un talent brut : lorsqu’elle chante, Elsie a la grâce. Seulement voilà, quand on est une simple servante, dans les Alpes suisses de 1870, les rêves de carrière musicale restent au ras du parquet qu’il faut briquer. Ou pire : violée par le maître de maison, la jeune fille tombe enceinte. On la marie aussitôt à Jacob, le palefrenier… Tournée en dialecte local, dans le décor grandiose et sauvage des montagnes, cette âpre chronique rurale rappelle des classiques du genre, comme L’Arbre aux sabots d’Ermanno Olmi (1978), tout en dépoussiérant le propos.

La réalisatrice helvétique Katalin Gödrös troque en partie le misérabilisme traditionnel contre une approche plus féministe, concentrée sur la soif d’art et de liberté de son héroïne. Couple de circonstances — elle ne pense qu’à s’évader, avec son unique accordéon ou un musicien de passage, tandis qu’il a pour seule ambition de devenir cocher —, Elsie et Jacob développent une relation complexe, bancale et touchante, que le film déploie par petites touches quotidiennes, avec une grande subtilité. Leurs désirs d’ailleurs et d’émancipation se heurtent pourtant sans cesse aux obstacles et à l’injustice sociale de leur époque et de leur milieu, un monde paysan, dur, clos, étouffant. Malgré quelques longueurs, ce voyage dans le temps séduit par sa beauté picturale, sa musique vibrante et surtout l’interprétation formidable de Luna Wedler, lumineuse de fragilité et d’obstination.

LE CHEVAL DE JACOB, Katalin Gödrös 2024, Luna Wedler, Valentin Postlmayr (femmes sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
En 1870, dans les Alpes suisses, Elsie, une servante à la voix d'or, violée par son patron, est mariée de force à un palefrenier, Jacob, lorsque sa grossesse est découverte. Envoyés dans une ferme i ...

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LE COUP DU SIECLE, Chris Addison 2019, Anne Hathaway, Rebel Wilson (comique)


Josephine Chesterfield et Penny Rust, issues de classes sociales opposées, s'allient pour escroquer et anéantir les hommes qui ont abusé d'elles. Tandis que la première provient d'un environnement luxueux et qu'elle possède une propriété à Beaumont-sur-Mer, la deuxième est une Australienne qui adore le divertissement.

TELERAMA
Rencontre explosive entre deux arnaqueuses, interprétées par Anne Hathaway et Rebel Wilson. L’une est chic, l’autre est choc, mais les gags ne sont ni l’un ni l’autre.

Elles s’affrontent, s’allient, se piègent… Et on s’ennuie ferme. Difficile de départager Anne Hathaway et Rebel Wilson dans ce duel d’arnaqueuses sous le soleil de Capri. La première surjoue l’élégance froide, maladroitement décalée au milieu des gags balourds et des combines mal ficelées. Quant à la seconde, elle s’autocaricature à outrance, sur toute la gamme de la farce agressive. L’idée d’adapter une comédie policière de 1989 (Le Plus Escroc des deux, de Frank Oz) dans un remake au féminin n’était pourtant pas mauvaise en soi…
LE COUP DU SIECLE, Chris Addison 2019, Anne Hathaway, Rebel Wilson (comique) (edit IPTC) (E)
Josephine Chesterfield et Penny Rust, issues de classes sociales opposées, s'allient pour escroquer et anéantir les hommes qui ont abusé d'elles. Tandis que la première provient d'un environnement luxueux et qu'e ...

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LE GAMIN AU VELO, freres Dardenne 2011, Cecile de France, Thomas Doret (social)@@@


Cyril, bientôt 12 ans, n'a qu'une idée en tête : retrouver son père qui l'a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha, qui tient un salon de coiffure et qui accepte de l'accueillir chez elle pendant les week-ends. Cyril ne voit pas encore l'amour que Samantha lui porte, cet amour dont il a pourtant besoin pour apaiser sa colère et le manque de son père dans sa vie.

TELERAMA
Cyril ne tient pas en place. Rien ne pourra le calmer tant qu'il n'aura pas obtenu ce qu'il veut : revoir son père qui l'a placé, « temporairement », dans un foyer d'aide à l'enfance, et n'a plus donné signe de vie depuis lors.

Avec Cyril, les frères Dardenne ont donné un petit frère, d'âme et de coeur, à leur inoubliable Rosetta. Même énergie indomptable, que les cinéastes belges ­saisissent, à leur manière, dans un mouvement d'urgence documentaire. Comme Rosetta, Cyril est confronté à la tentation de la chute. Le Mal a, cette fois, les traits d'un dealer à peine sorti de l'adolescence. Cyril est-il condamné à tomber, lui aussi, dans l'abjection ? Le suspense moral du Gamin au vélo (Grand Prix du festival de Cannes 2011) est aussi secouant que dans L'Enfant.

Depuis La Promesse, les Dardenne nous ont habitués à filmer la grâce. Celle qui, comme dans les films de Bresson, transcende les personnages dans leur chemin vers la rédemption. Mais leur regard n'a ­jamais été aussi tendre ni aussi chaleureux. Pour la première fois, donc, ils ont tourné en plein été. Et la douceur envahit l'écran, lors d'un déjeuner sur l'herbe, d'une balade à vélo le long de la Meuse.

Il y a aussi, il y a surtout, la personnalité de Samantha, la coiffeuse qui propose d'accueillir Cyril les week-ends. Pourquoi se dévoue-t-elle autant à un ­gamin qui, au premier abord, le lui rend si peu ? Les frères Dardenne, à leur habitude, ne s'embarrassent pas d'explications psychologiques. Samantha s'attache à Cyril, c'est comme ça. Et c'est beaucoup. Leur compatriote Cécile de France, première star à intégrer l'univers des Dardenne, impose avec naturel un mélange de force et de douceur. Comme un rayon de soleil.
LE GAMIN AU VELO, freres Dardenne 2011, Cecile de France, Thomas Doret (social)@@@ (edit IPTC) (E)
Cyril, bientôt 12 ans, n'a qu'une idée en tête : retrouver son père qui l'a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha, qui tient un salon de coiffure et qui accepte de ...

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LE STRATEGE, Bennett Miller 2011, Brad Pitt, Jonah Hill (sport base ball)@@


À la fin de la saison 2001, les A's d'Oakland s'inclinent contre les Yankees de New York en série de division de la Ligue Américaine. Leurs trois meilleurs joueurs signent de lucratifs contrats avec d'autres équipes pendant la saison morte et le directeur général Billy Beane, un ancien joueur qui n'a pas eu la carrière espérée, doit rebâtir l'équipe. Pour ce faire, il fait confiance à Peter Brand, un jeune homme sans expérience qui utilise un système de statistiques.

TELERAMA
Voici un film sur le base-ball passionnant, qui allie décryptage d’un sport par les statistiques et ses prolongements humains, émouvants, pour ceux qui s’y adonnent. Bennett Miller réussit un pari risqué, bien aidé par Jonah Hill et un Brad Pitt en état de grâce.

Vous ne pigez rien au base-ball ? Rassurez-vous, personne n’y comprend grand-chose, pas même les Américains. C’est le geek génial joué par Jonah Hill (acteur assidu chez Judd Apatow) qui le dit. Il a trouvé un système a priori infaillible, à base de statistiques du tonnerre, pour accumuler les victoires, avec son boss, le manager des Oakland Athletics, Billy Beane (Brad Pitt). Ce Billy Beane, qui existe en vrai, est connu pour avoir révolutionné le base-ball à la fin des années 1990, avec une équipe à petit budget. Pas de stars dans le recrutement, mais des joueurs sous-évalués — considérés comme des losers —, l’esprit du collectif et la confiance dans les statistiques : telle était sa méthode.

On n’aurait pas cru possible d’être ainsi bluffé par un film économico-scientifique sur ce sport, où se joue en arrière-fond l’éternelle rivalité des anciens (les briscards old school, qui ne jurent que par la puissance du frappeur) et des modernes. Où se joue, surtout, une revanche : celle de Billy Beane, ancien joueur qui a échoué, et, plus largement, des canards boiteux de toutes sortes auxquels on offre une seconde chance. On ne sait si Brad Pitt est dingue de base-ball, mais il en a tout l’air, vu la conviction qu’il met à camper ce type iconoclaste et têtu, qui chique du tabac, bâfre tout ce qui traîne. Un ours un peu goujat, qui ne pense qu’au base-ball. Il est divorcé, sans femme à l’horizon. Ce qui le rend humain ? Sa fille, une adolescente de 12 ans, qu’il voit peu. Elle s’inquiète pour lui, il fond devant sa grâce.

Parmi les nombreuses originalités qui distinguent ce film américain — l’un des plus forts vus cette année —, il y en a deux qu’on aime tout particulièrement. La première, c’est l’attitude de Billy Beane pendant les matchs de son équipe : il est incapable d’y assister. Il s’isole dans une salle du stade, allume par intermittence sa radio, s’exalte ou enrage tout seul. Angoisse mêlée au désir d’être au plus près de l’événement… L’autre originalité, c’est cette séquence que lui montre son assistant sur une bande vidéo : un home run (le coup suprême) réussi par un joueur, sans qu’il s’en rende compte. Moralité : les grandes victoires sont toujours invisibles.
LE STRATEGE, Bennett Miller 2011, Brad Pitt, Jonah Hill (sport base ball)@@ (edit IPTC) (E)
À la fin de la saison 2001, les A's d'Oakland s'inclinent contre les Yankees de New York en série de division de la Ligue Américaine. Leurs trois meilleurs joueurs signent de lucratifs contrats avec d'autres équi ...

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LE TEMPS D AIMER, Katell Quillevere, Anais Demoustier, Vincent Lacoste (sentimental)@@


En 1947, Madeleine est serveuse dans un hôtel-restaurant et mère d'un petit garçon. Sur une plage, elle fait la connaissance de François, un jeune étudiant riche et cultivé. Entre eux, c'est comme une évidence, voire la providence. Ils vont être attirés l'un vers l'autre, alors que chacun renferme un secret. De son côté, François tente de fuir en mêlant le destin de Madeleine au sien.

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En 1947, une serveuse, mère célibataire, épouse le fils lettré d’un industriel. Leur union, à mi-chemin entre le malentendu et le miracle, cache plus d’un secret.

Les images authentiques qui ouvrent le film, celles de femmes françaises tondues, déshabillées, molestées en public et recouvertes de croix gammées à la Libération sont bouleversantes, tant elles interrogent la possibilité d’une vie après un tel traitement. Dans l’onde de cette émotion inaugurale, une fiction naît, inspirée, entre autres, par la vie de la grand-mère de la cinéaste. En 1947, Madeleine (Anaïs Demoustier) fait partie de ces femmes qui furent dénoncées après une liaison avec un militaire allemand. Sur une plage bretonne, cette mère célibataire d’un petit garçon, devenue serveuse dans un hôtel-restaurant, fait la connaissance de François (Vincent Lacoste), fils d’un riche industriel et étudiant insaisissable, qu’une légère séquelle de la polio singularise encore. Tous deux ont envie d’oubli et de renouveau et chacun(e) croit les trouver en l’autre, même si des secrets menacent leur affinité instantanée.

Katell Quillévéré a le goût du feuilleton et des jeux subtils avec la narration. Dans l’intense mélodrame Suzanne (en 2013, avec Sara Forestier et Adèle Haenel), elle remplaçait par des ellipses les temps forts de l’action, dont on découvrait peu à peu les conséquences dans la vie des personnages. Ici, elle crée une arythmie palpitante, s’attarde voluptueusement sur certains moments, puis escamote des saisons et des années, voire des décennies.

Une scène érotique imprévisible
Écrit avec Gilles Taurand (ancien collaborateur, notamment, d’André Téchiné), voilà un film original et séduisant, qui échappe aux filiations trop repérables. Comme si le cinéma classique, en l’occurrence historique et romanesque, était soudain débarrassé des tabous d’antan. La place de la sexualité, vécue ou non, est abordée frontalement, au même titre que les autres dimensions de l’existence.

Devenus gérants d’un dancing près d’une base militaire américaine, Madeleine et François se retrouvent ainsi, au terme d’une soirée d’ivresse, avec un G.I. dans leur lit. Un homme noir sculptural et affectueux, qu’ils désirent tous les deux. Cette scène érotique et imprévisible condense le récit et préfigure des épisodes tardifs montrant François en amant tourmenté et clandestin, dans le Paris des années 1970, où l’homosexualité est encore un délit. Et Madeleine frustrée, mais invaincue à sa manière.

Au-delà de leurs particularités, les deux époux du Temps d’aimer invitent à une réflexion sur le couple, dépeint comme une entité à mi-chemin entre le malentendu et le miracle, et dont le film ne cesse d’agrandir la définition et l’horizon. L’aventure au long cours de Madeleine et François, leur traversée à deux des époques et des âges reposent sur des déceptions et des trahisons, qui, une fois surmontées, renforcent encore leurs liens, construisent une solidarité puissante, indéfectible. Leur alliance ne cesse de se recomposer, quand bien même leurs désirs divergent.

Anaïs Demoustier et Vincent Lacoste incarnent ces complexités avec panache. Lui dévoile plus que jamais une fragilité lunaire et émouvante. Elle, jusqu’à une poignante scène au miroir, comme en écho à sa première apparition, ose s’avancer sans le soutien de sa fantaisie naturelle, pour atteindre la transfiguration.
LE TEMPS D AIMER, Katell Quillevere2013, Anais Demoustier, Vincent Lacoste (sentimental)@@ (edit IPTC) (E)
En 1947, Madeleine est serveuse dans un hôtel-restaurant et mère d'un petit garçon. Sur une plage, elle fait la connaissance de François, un jeune étudiant riche et cultivé. Entre eux, c'est comme un ...

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LES ANNEES DE PLOMB, Margarethe von Trotta 1981, Barbara Sukowa (histoire terrorisme)@@@


Marianne et sa sœur Juliane ont grandi ensemble dans l'Allemagne d'après-guerre, bercées par des mouvances d'extrême-gauche. Si Juliane s'est tempérée en grandissant, canalisant ses revendications dans une association féministe, Marianne a quant à elle intégré un groupe terroriste et est recherchée par la police.

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Une journaliste s’efforce de faire la lumière sur la mort, en prison, de sa sœur terroriste. Des années sombres que l’art de von Trotta, la qualité de l’interprétation et la richesse des images changent en or pur. Lion d’or à Venise en 1981.

Juliane, journaliste, se souvient de sa sœur Marianne, qui a choisi la voie du terrorisme, avant d’être « suicidée » en prison. Juliane s’est battue pour faire la lumière sur cette mort mystérieuse… Aux souvenirs proches se mêle le passé plus ancien de leur adolescence, dans une Allemagne encore marquée par les crimes nazis…

Cette œuvre profonde et admirablement maîtrisée, dont l’écriture narrative complexe semble davantage appartenir aux années 1970, est sans doute le meilleur film de Margarethe von Trotta. Partant d’un fait divers authentique — les sœurs Esslin ont servi de modèle aux sœurs Klein —, la cinéaste brosse deux magnifiques portraits de femmes rebelles, comme « enfantées » par une nation blessée, rongée par le souvenir et la mauvaise conscience. La figure paternelle finit subtilement par incarner l’Allemagne entière… Pourquoi Marianne, adolescente sage, a-t-elle choisi la voie de la violence, tandis que Juliane, devenue journaliste, lutte avec les mots ? Voilà quelques-uns des mystères de deux vies que Margarethe von Trotta révèle peu à peu, avec pessimisme (les relations amoureuses sont condamnées au naufrage) et dignité. Les interprètes sont au diapason de cette œuvre exigeante. Jutta Lampe et Barbara Sukowa (ainsi que les seconds rôles, notamment le metteur en scène Luc Bondy) parviennent à donner vie et émotion à cette aventure très cérébrale.
LES ANNEES DE PLOMB, Margarethe von Trotta 1981, Barbara Sukowa (histoire terrorisme)@@@ (edit IPTC) (E)
Marianne et sa sœur Juliane ont grandi ensemble dans l'Allemagne d'après-guerre, bercées par des mouvances d'extrême-gauche. Si Juliane s'est tempérée en grandissant, canalisant ses revendications dan ...

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LES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE, Richard Thorpe 1953, Robert Taylor, Ava Gardner et Mel Ferrer (cape et epee)@@


En Angleterre au VIe siècle. Le roi Arthur rêve de rétablir la paix dans son royaume déchiré par des luttes intestines. Il s'allie avec deux preux chevaliers dont l'un, Lancelot, se prend de passion pour la belle reine Guenièvre. Le second, Mordred, est jaloux de l'influence du premier auprès du roi.

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Au VIe siècle, Arthur règne sur une Angleterre tumultueuse. Les grands seigneurs se rebellent, l’envahisseur saxon menace. Aidé par son ami Lancelot, le roi parvient à rétablir une paix fragile. Mais Lancelot est secrètement épris de la reine Guenièvre. Avertis, la fée Morgane et le félon Mordred ourdissent un maléfique complot…

Dans les années 1950, sous la houlette de Richard Thorpe, Ivanhoé, Quentin Durward et Lancelot du lac ont tous le visage altier de Robert Taylor. Le temps d’une trilogie de cinéma, l’acteur incarne l’idéal gominé du fringant paladin. Le Moyen Âge doré de Hollywood ignore les siècles et la vraisemblance historique : les mêmes robes chatoyantes, les mêmes hérauts tonitruants, les mêmes créneaux cartonneux. La piété, la sauvagerie et le mystère du roman arthurien ont été gommés. Plus de Viviane, peu de Merlin, presque pas de Graal. Mais si la magie opère, c’est que cette geste lumineuse témoigne d’un cinéma conquérant et naïf.

Les Chevaliers de la Table ronde brasse les valeurs du Nouveau Monde : individualisme, fraternité virile, fondation d’un pays… L’Amérique se raconte de nouvelles légendes, dont Ava Gardner est la reine scintillante.
LES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE, Richard Thorpe 1953, Robert Taylor, Ava Gardner et Mel Ferrer (cape et epee)@@ (edit IPTC) (E)
En Angleterre au VIe siècle. Le roi Arthur rêve de rétablir la paix dans son royaume déchiré par des luttes intestines. Il s'allie avec deux preux chevaliers dont l'un, Lancelot, se prend de passion pour la ...

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LES GRANDS ESPACES, William Wyler 1958, Gregory Peck, Jean Simmons (western)@@


James McKay, ancien marin, vient de quitter Baltimore pour se rendre dans un village des prairies du Middle West. Là, il doit épouser Patricia, la fille du major Terrill, l'arrogant propriétaire d'un vaste ranch. À son arrivée dans le bourg, McKay est maltraité par Buck Hannassey et ses frères. Alerté, le major organise une expédition punitive contre les Hannassey. Plongé malgré lui au coeur de cette querelle, James tente d'en comprendre les raisons.

TELERAMA
McKay débarque dans les prairies du Middle West avec sa fiancée, au cœur d’une lutte entre deux clans, rivaux ancestraux. Bons acteurs dont le talent n’est pas du tout exploité. En revanche, les décors naturels sont superbes. Une belle carte postale.

La mise en scène soignée, le scénario savamment travaillé et les situations méticuleusement alignées attestent les efforts de William Wyler pour faire de ce western un archétype du genre. Pourtant, cette histoire de marin qui débarque dans les plaines du Middle West et se trouve mêlé à la lutte que mène sa future belle-famille contre des voisins belliqueux n’emporte pas complètement l’adhésion. Paradoxalement, Les Grands Espaces manque d’envergure, de relief et de rythme, malgré quelques belles scènes d’action. L’humour distribué avec parcimonie, la grande et impressionnante plaine érigée en personnage et les acteurs excellents ne parviennent pas à empêcher l’ennui d’occuper sensiblement... l’espace.
LES GRANDS ESPACES, William Wyler 1958, Gregory Peck, Jean Simmons (western)@@ (edit IPTC) (E)
James McKay, ancien marin, vient de quitter Baltimore pour se rendre dans un village des prairies du Middle West. Là, il doit épouser Patricia, la fille du major Terrill, l'arrogant propriétaire d'un vaste ranch. &Agrav ...

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MARIA, Jessica Palud 2024, Anamaria Vartolomei, Matt Dillon, Giuseppe Maggio (metoo femmes)@@


Début des années 1970. A la recherche de l'actrice qui incarnera Jeanne dans "Le Dernier Tango à Paris", son prochain film, Bernardo Bertolucci jette son dévolu sur Maria Schneider, alors âgée de 19 ans. Fille illégitime de Daniel Gélin, celle-ci est d'abord ravie d'apprendre qu'elle va côtoyer Marlon Brando. En réalité, la jeune femme, qui n'est plus une enfant mais pas encore tout à fait une adulte, va subir un véritable calvaire au cours du tournage, notamment en raison d'une scène de viol. Dès la sortie du film, en 1972, Maria accède à la célébrité et devient une actrice iconique sans être préparée ni à la gloire ni au scandale…

TELERAMA
Un hommage sensible à l’actrice dont la vie fut bouleversée par le tournage du “Dernier Tango”. Anamaria Vartolomei impressionne de bout en bout.

La sororité était au cœur de nombreux films présentés au dernier Festival de Cannes. Maria, projeté dans la section Cannes Première est ainsi l’hommage empathique d’une réalisatrice et de son actrice à l’une des leurs : Maria Schneider (1952-2011), victime devenue emblématique des violences subies par les femmes dans le monde du cinéma.

La fille de Daniel Gélin n’avait que 19 ans – et était donc, en ce début des années 1970, encore mineure – quand débutèrent les prises de vues du Dernier Tango à Paris, le film qui allait faire sa gloire et son malheur. La faute à une scène de sodomie improvisée sans son consentement par son illustre partenaire, Marlon Brando (incarné par Matt Dillon, étonnamment convaincant) avec la complicité du réalisateur, Bernardo Bertolucci (Giuseppe Maggio, lui aussi très juste). Après ce scandale, l’actrice ne se verra plus proposer que des rôles déshabillés ou sulfureux, à de rares exceptions près (Profession : reporter, d’Antonioni, ou Merry-Go-Round, de Rivette). Et sombrera dans les drogues dures et la dépression.

Son adolescence, les tentatives de désintox…
À l’heure de #MeToo, l’existence et la carrière brisées de Maria Schneider font bien évidemment écho aux témoignages des actrices d’aujourd’hui qui, de plus en plus nombreuses, osent dénoncer les humiliations qu’elles ont subies sur des plateaux de tournage ou en dehors. Jessica Palud a eu l’intelligence de se focaliser sur quelques périodes clés de son parcours tragique : outre Le Dernier Tango…, l’adolescence et les relations conflictuelles avec la mère, ou encore la rencontre avec une étudiante en cinéma qui l’accompagnera dans ses tentatives de désintoxication. Ces moments sont interrompus par de brusques ellipses temporelles, au fil d’une reconstitution d’époque discrète mais crédible.

La réalisatrice a aussi eu la sensibilité d’exprimer le seul ressenti de Maria, avec une mise en scène qui s’attache le plus souvent à son visage et à son corps meurtris. De tous les plans ou presque, Anamaria Vartolomei impressionne de bout en bout. Aussi crédible, et bouleversante, en adolescente fascinée par sa découverte des coulisses du septième art qu’en femme blessée et méprisée.
MARIA, Jessica Palud 2024, Anamaria Vartolomei, Matt Dillon, Giuseppe Maggio (metoo femmes)@@@ (edit IPTC) (E)
Début des années 1970. A la recherche de l'actrice qui incarnera Jeanne dans "Le Dernier Tango à Paris", son prochain film, Bernardo Bertolucci jette son dévolu sur Maria Schneider, alors âg&eacut ...

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MAX ET LES FERRAILLEURS, Claude Sautet 1971, Romy Schneider, Michel Piccoli (thriller)@@


En août 1970, Max, ancien juge d'instruction devenu inspecteur de police, n'a qu'un objectif : piéger des gangsters en flagrant délit afin de prouver son efficacité. Par l'intermédiaire de son ancien camarade de régiment Abel, il rencontre des petits truands, les ferrailleurs de Nanterre. Se faisant passer pour un banquier, il se sert de Lily, la compagne d'Abel, pour les inciter à commettre un braquage.

TELERAMA
Max, c’est Piccoli, policier amer et rigide. Sa faiblesse, la prostituée Lily. Romy Schneider en fait un splendide mélange de vulgarité et d’humanité.
« trop tard » pour aimer, à cause de l’orgueil, de la peur. Comme ce Max et les ferrailleurs, portrait superbement stylisé d’un homme frigide devant la vie et qui joue avec celle des autres. Max, flic idéaliste, dangereux théoricien (Piccoli, glaçant), est obsédé par le flagrant délit. Quand il tombe, par hasard, sur Abel, un vieux pote devenu ferrailleur, il décide de pousser ce simple voyou à faire un gros coup. Ce Caïn élabore son flag comme un metteur en scène maniaque. Il ne néglige qu’un superbe détail : Lily, la prostituée (Romy, solaire). Elle sera sa faiblesse, son épreuve d’humanité. Un film noir où, comme toujours chez Sautet, la femme rappelle à l’homme les vraies choses de la vie.
MAX ET LES FERRAILLEURS, Claude Sautet 1971, Romy Schneider, Michel Piccoli (thriller)@@ (edit IPTC) (E)
En août 1970, Max, ancien juge d'instruction devenu inspecteur de police, n'a qu'un objectif : piéger des gangsters en flagrant délit afin de prouver son efficacité. Par l'intermédiaire de son ancien camara ...

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MECHANIC RESURRECTION, Dennis Gansel 2016, principaux Jason Statham, Jessica Alba (thriller)@


Arthur Bishop pensait qu'il avait mis son passé de tueur à gages derrière lui. Il coule maintenant des jours heureux avec sa compagne dans l'anonymat. Mais quand son plus redoutable ennemi enlève sa femme, il est obligé de parcourir le monde pour remplir trois assassinats impossibles.

TELERAMA
Un film d’action dans lequel Jason Statham est plutôt bon, le réalisateur nettement moins.
Pour délivrer une copine prise en otage, le tueur doit liquider (discrètement) trois salauds… C’est presque un film à sketchs : trois meurtres, dont un assez malin. Dans cette suite du Flingueur (2011), Jason Statham est plutôt bon en musculeux monosyllabique. Le réalisateur, en revanche, avec sa caméra qui bouge tout le temps n’importe comment, est nul. Avertissement à ses fans : on voit Tommy Lee Jones cinq minutes à tout casser.
MECHANIC RESURRECTION, Dennis Gansel 2016, Jason Statham, Jessica Alba (thriller)@ (edit IPTC) (E)
Arthur Bishop pensait qu'il avait mis son passé de tueur à gages derrière lui. Il coule maintenant des jours heureux avec sa compagne dans l'anonymat. Mais quand son plus redoutable ennemi enlève sa femme, il est ...

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MISANTHROPE, Damián Szifron 2023, Shailene Woodley, Ben Mendelsohn, Jovan Adepo, Ralph Ineson (thriller)@@


Eleanor, une jeune enquêtrice au lourd passé, est appelée sur les lieux d'un crime de masse. La police et le FBI lancent une chasse à l'homme sans précédent, mais face au mode opératoire constamment imprévisible de l'assassin, l'enquête piétine. Eleanor, quant à elle, se retrouve de plus en plus impliquée dans l'affaire et se rend compte que ses propres démons intérieurs peuvent l'aider à cerner l'esprit de ce tueur si singulier.

TELERAMA
Un thriller américain efficace, comme on n’en voit plus guère en salles, autour d’une fliquette instable mentalement et d’un tireur solitaire qui sème la mort à Baltimore. Ça change de l’ordinaire super-héroïque.

Une fliquette futée à la psychologie instable (Shailene Woodley, l’ex-ado de la saga Divergente) collabore avec le FBI pour appréhender le tireur fou — misanthrope donc, mais rien à voir avec Molière — qui sème la mort à Baltimore. Après avoir lorgné vers la comédie italienne avec Les Nouveaux Sauvages (2015), l’Argentin Damián Szifron revisite le thriller, genre phare des années 1990 assez habilement remis au goût du jour : armes à feu, santé mentale, télé poubelle, droite alternative ou surconsommation, rien ne manque des débats de l’Amérique contemporaine. Du début, très accrocheur, à la fin, abracadabrantesque, le film en fait sans doute trop. Il n’empêche, ce polar du samedi soir à l’image soignée où l’on retrouve l’excellent Ben Mendelsohn en gradé du Bureau rompu aux jeux de pouvoir, change agréablement de l’ordinaire superhéroïque. 
MISANTHROPE, Damián Szifron 2023, Shailene Woodley, Ben Mendelsohn, Jovan Adepo, Ralph Ineson (thriller)@@@ (edit IPTC) (E)
Eleanor, une jeune enquêtrice au lourd passé, est appelée sur les lieux d'un crime de masse. La police et le FBI lancent une chasse à l'homme sans précédent, mais face au mode opératoire const ...

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MISSISSIPI BURNING, Alan Parker 1988, Gene Hackman, Willem Dafoe (racisme)@@@


Mississippi, été 1964. Trois jeunes militants des droits civiques, un Noir et deux Blancs, venus établir un centre d'inscription électoral pour les Noirs, disparaissent mystérieusement. Deux agents du FBI, Rupert Anderson, un homme du Sud, souple, avisé et rompu aux méthodes de terrain, et Alan Ward, un yankee cassant et intransigeant, sont chargés de l'enquête. Les méthodes de Ward suscitent de vives réactions de la part du Ku Klux Klan, dont la responsabilité dans l'affaire des disparus ne fait bientôt plus l'ombre d'un doute. La violence éclate. Explosions et incendies défient la loi et ses représentants. Anderson décide de réagir avant qu'il ne soit trop tard...

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Ségrégation, Ku Klux Klan et crimes racistes en 1964… Tourné en 1988, le film d’Alan Parker n’a pas seulement bien vieilli : il a, hélas, presque rajeuni.

En 1964, dans le Mississippi, trois jeunes militants membres d’un comité de défense des droits civiques sont rattrapés en voiture par la police locale. Première scène choc : le conducteur est abattu… Deux agents du FBI mènent l’enquête sur la disparition des activistes. Dans la petite ville où ils débarquent, ils se heurtent à l’hostilité de la population et de la police locale.

Ségrégation, Ku Klux Klan et crimes racistes… Le réalisateur de Midnight Express réussit un film efficace tiré d’une histoire vraie, et mélange avec habileté la tension du thriller et la cause politique, montrant la haine au quotidien, la communauté afro-américaine confinée dans des baraquements insalubres, les descentes nocturnes des suprémacistes blancs. En enquêteurs opiniâtres, Gene Hackman et Willem Dafoe forment le parfait tandem d’incorruptibles. Un grand duo complété par une Frances McDormand déjà brillante et subtile en épouse tourmentée d’un dangereux salaud.

Tourné en 1988, le film n’a pas seulement bien vieilli : il a, hélas, presque rajeuni. Cette plongée dans le bourbier du Sud profond se déroule bien dans un contexte historique précis, mais plusieurs scènes nous renvoient, de manière glaçante, à la résurgence actuelle de l’extrême droite américaine et aux luttes du mouvement Black Lives Matter. En 1988, la « brûlure » du titre appartenait au passé. Puisse-t-elle y retourner.
MISSISSIPI BURNING, Alan Parker 1988, Gene Hackman, Willem Dafoe (racisme)@@@ (edit IPTC) (E)
Mississippi, été 1964. Trois jeunes militants des droits civiques, un Noir et deux Blancs, venus établir un centre d'inscription électoral pour les Noirs, disparaissent mystérieusement. Deux agents du FBI, ...

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MUSTANG, Deniz Gamze Ergüven, Alice Winocour 2015 (femmes societe turquie)@@@


Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues.
La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger.
Les cinq sœurs, animées par un même désir de liberté, détournent les limites qui leur sont imposées.

TELERAMA
La Franco-Turque Deniz Gamze Ergüven signait là un premier film enthousiasmant, où déborde la sensualité de la fratrie fougueuse. Dès le préambule, une magnifique scène de bain, elle célèbre cette féminité explosive qui dérange tant. Dans cette Turquie-là, les nuits de noces virent au cauchemar. Des draps sans tache… et la jeune mariée se retrouve à l’hôpital pour vérification de son hymen…

Dès qu’une des sœurs quitte la maison, cette prison pour futures épouses, le club des cinq perd un membre. Le groupe fait place à des détresses individuelles, parfois insurmontables. Mais la beauté de cette fable solaire est d’exalter la force de ses petites amazones plutôt que d’en faire des victimes.
MUSTANG, Deniz Gamze Ergüven, Alice Winocour 2015 (femmes societe turquie)@@@ (edit IPTC) (E)
Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues.
La maison familiale se tr ...

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NIGHT SWIM, Bryce McGuire 2023, Wyatt Russell, Kerry Condon (thriller science fiction)@


Contraint à une retraite anticipée à cause d'une maladie dégénérative, l'ancien joueur de baseball Ray Waller emménage dans une nouvelle maison avec sa femme et ses deux enfants. Il espère que la piscine du jardin sera amusante pour les enfants et lui offrira une thérapie physique.

TELERAMA
Extension d’un court métrage devenu viral sur YouTube en 2014, ce film de piscine hantée ne tient pas la longueur. L’atmosphère inquiétante s’évapore dès que l’auteur renonce à la suggestion. Attention, spoilers !

En 2014, Bryce McGuire et Rod Blackhurst signaient Night Swim, court métrage d’horreur fauché, devenu viral sur YouTube avant de taper dans l’œil de James Wan. Une décennie plus tard, voici le réalisateur de Saw coproducteur (en compagnie de Jason Blum) d’une version longue avec McGuire seul aux commandes. Un joueur de baseball (Wyatt Russell, fils de Kurt), qui a stoppé sa carrière à cause d’une sclérose en plaques, emménage avec sa femme et leurs deux enfants dans une grande propriété avec piscine extérieure, alimentée par une source chaude à la fois miraculeuse et maudite.

Ce pitch original permet, à grand renfort de plans sous-marins, de déployer d’abord quelques idées intéressantes : l’entité maléfique au fond du bassin pratique la pêche inversée, attirant les humains dans l’eau avec divers appâts à la surface (bateau miniature, balle de baseball). Tout se complique dès que l’auteur renonce à la suggestion : il multiplie alors les apparitions visqueuses, comme cette chose humanoïde, croisement de L’Étrange Créature du lac noir (Jack Arnold, 1954) et de Swamp Thing – un héros DC Comics, qui a eu les honneurs d’une série en 2019.

Prisonnier de son concept en circuit fermé, le cinéaste offre à chaque personnage une exploration aquatique, avec à la clé une scène horrifique mettant en jeu le système de filtration. S’il parvient à distiller une atmosphère inquiétante, McGuire ne débouche, finalement, que sur des clichés de maison hantée : scénario qui limite les interactions sociales (y compris entre membres de la famille), pacte diabolique selon un jeu de vases communicants (récompense puis sacrifice). On est loin de La Féline (Jacques Tourneur, 1942), dont le morceau de bravoure reposait sur les ombres mouvantes autour d’une piscine intérieure.
NIGHT SWIM, Bryce McGuire 2023, Wyatt Russell, Kerry Condon (thriller science fiction)@ (edit IPTC) (E)
Contraint à une retraite anticipée à cause d'une maladie dégénérative, l'ancien joueur de baseball Ray Waller emménage dans une nouvelle maison avec sa femme et ses deux enfants. Il esp&egrav ...

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OMAR LA FRAISE, Élias Belkeddar 2023, Reda Kateb; Benoit Magimel (thriller)@@


Omar, plus connu sous le nom d'Omar la Fraise, est un bandit à l'ancienne. Contraint à la cavale en Algérie, il vit de petites magouilles, accompagné de son illustre acolyte Roger. Après avoir régné sur le milieu du banditisme français durant des décennies, ils doivent ensemble accepter leur nouvelle vie alors qu'ils n'ont vécu jusqu'à présent que dans la débauche et la violence.

TELERAMA
Deux truands en exil, à Alger. Avec l’évidente complicité entre un Benoît Magimel — impérial et dense, à la présence menaçante et désinvolte — et un Reda Kateb — aussi instable et explosif que drôle et poignant —, qui marquera l’histoire du cinéma.

Lunettes noires, cheveux plaqués en arrière, sapes de gangsters dénichées quelque part entre la garde-robe des films de Scorsese et les invendus de Kiabi, Omar (Reda Kateb) et Roger (Benoît Magimel) ont la classe flamboyante des plus belles arsouilles de cinéma. Deux princes de la rue, un brin déglingués, qui règnent sur un nouveau territoire : Alger la Blanche, ses artères grouillantes de trafics multiples et de concurrents plus ou moins dangereux, ses nuits au néon et ses jours aveuglants, personnage à part entière de ce polar hors normes.

Histoire d’un « couple » de truands en exil, qui traînent dans une immense et cinégénique villa presque vide, comme leur nouvelle existence : Omar, dit « la Fraise » (on connaîtra en cours de film l’origine étonnante de ce surnom), poursuivi par la justice française, est contraint de refaire sa vie de l’autre côté de la Méditerranée. Quant à Roger… il a simplement suivi le mouvement, avec une fidélité aussi indéfectible que nonchalante pour son ami de toujours.

Ce premier long métrage d’Elias Belkeddar (entre autres coscénariste d’Athena, de Romain Gavras) est avant tout un formidable terrain de jeu pour deux très beaux personnages, dont le charisme ironique crève l’écran dès la première scène, hommage bavard, malicieux et habile au cinéma de Quentin Tarantino : où comment, en plein désert, les deux compères papotent tranquillement, telles des versions frenchy de John Travolta et Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction, juste avant un enchaînement d’action frénétique qui s’achève en course-poursuite électrisante et magistrale dans les ruelles d’Alger.

D’emblée, le cinéaste affiche un univers singulier truffé de références cinéphiles, qui joue avec les clichés du genre, nous invite à en jouir, tout en les dynamitant de l’intérieur. Omar et Roger ne sont pas que des descendants irascibles et perpétuellement imbibés du Joe Pesci des Affranchis, deux requins du bitume légèrement cinglés qui attaquent à la première provocation (et même sans aucune raison, comme le démontre une scène de boîte de nuit d’anthologie). Ce sont aussi les héritiers de Peter Pan, des « garçons perdus » soudés à la vie à la mort, plus proches des gamins des rues qu’Omar prend peu à peu sous son aile que des voyous qu’ils affrontent chaque jour. C’est cette dimension étonnamment tendre, discrètement tissée sous un double portrait à la fois cocasse et violent, qui donne à cette incandescente aventure algérienne un précieux supplément d’âme.

L’évidente complicité entre un Benoît Magimel impérial et dense, présence à la fois menaçante et désinvolte, et un Reda Kateb aussi instable et explosif que drôle et poignant, est de celles qui marquent l’histoire du cinéma. Ce spectaculaire duo de comédiens superbement hantés par l’amitié de leurs personnages aurait suffi à nourrir le film. L’histoire d’amour rédemptrice qui se développe entre Omar et une jeune Algérienne (Meriem Amiar) qu’il rencontre dans l’entreprise dont il a pris le contrôle a beau être touchante, elle semble bien mièvre, et presque inutile, face à la puissance du lien entre ces inoubliables garçons perdus.

OMAR LA FRAISE, Elias Belkeddar 2023, Reda Kateb; Benoit Magimel (thriller)@@ (edit IPTC) (E)
Omar, plus connu sous le nom d'Omar la Fraise, est un bandit à l'ancienne. Contraint à la cavale en Algérie, il vit de petites magouilles, accompagné de son illustre acolyte Roger. Après avoir régn& ...

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SHOTGUN WEDDING, Jason Moore 2022, Jennifer Lopez, Josh Duhamel (comique sentimental)@@


Darcy et Tom rassemblent leurs familles pour un mariage à destination, mais la cérémonie est suspendue lorsque des hommes armés prennent tout le monde en otage. Maintenant, ils doivent faire tout ce qu'ils peuvent pour sauver leurs proches — s'ils ne finissent pas par s'entre-tuer d'abord.

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Malgré quelques longueurs et clichés, cette comédie romantique sirupeuse qui tourne au vinaigre vaut le détour. Surtout pour ses vannes et ses interprètes déchaînés.

Ça commence comme une comédie romantique sirupeuse. Heureusement, le sirop tourne très vite au vinaigre. Emmeringuée sur une île des Philippines, Darcy (Jennifer Lopez) s’apprête à épouser son amoureux (Josh Duhamel), un joueur de base-ball de seconde ligue. La belle-famille de la brue, une version yankee et siliconée de la famille Groseille, sa mère brésilienne autoritaire, son père plein aux as et sa jeune compagne yogi, tous ont fait le déplacement. Même son ex, spectaculaire quinqua aux faux airs de Lenny Kravitz — en réalité, c’est bien le vrai chanteur qui s’encanaille ici dans une composition tout en autodérision. Alors que les futurs mariés commencent sérieusement à douter de leur engagement, une bande de pirates balinais prend leurs invités en otage…

Passons sur le scénario, qui n’a visiblement jamais entendu parler du mot vraisemblance. Faisons fi des longueurs et des passages obligés. Le film a beau correspondre (presque) en tout point à ce à quoi son titre nous prépare — une romcom d’aventures avec grenade dégoupillée, plans de table et morale bien normative sur la beauté des couples qui durent (et endurent) et la solidité de l’amour vrai dans l’adversité —, on a ri. Souvent. La faute à des vannes plutôt bonnes mais aussi à des interprètes déchaînés. En badass à bustier, J.Lo donne tout. Jennifer Coolidge (The White Lotus) est, quant à elle, irrésistible dans la (vieille) peau de la belle-mère loufoque aux goûts douteux. La violence cartoonesque des scènes d’action et la saveur des disputes conjugales sur fond de paysages carte postale font le reste. Ce Shotgun Wedding a le mérite de nous rappeler qu’il ne faut jamais sous-estimer la cinégénie d’une robe de mariée souillée de sang. Pas plus que le pouvoir divertissant des plaisirs coupables.
SHOTGUN WEDDING, Jason Moore 2022, Jennifer Lopez, Josh Duhamel (comique sentimental)@ (edit IPTC) (E)
Darcy et Tom rassemblent leurs familles pour un mariage à destination, mais la cérémonie est suspendue lorsque des hommes armés prennent tout le monde en otage. Maintenant, ils doivent faire tout ce qu'ils peuven ...

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TALONS AIGUILLES, Pedro Almodóvar 1991, Victoria Abril, Marisa Paredes (thriller social)@@


Quinze ans après avoir abandonné sa fille, Rebecca, pour se consacrer pleinement à sa gloire de chanteuse et à sa vie sentimentale, Becky del Paramo revient à Madrid et constate que Rebecca s'est mariée avec un de ses anciens amants. Lequel, non sans avoir eu le temps de lui faire à nouveau des avances, est bientôt retrouvé assassiné...

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Une présentatrice télé règle ses comptes avec sa célèbre chanteuse de maman. Un duo-duel entre Victoria Abril et Marisa Paredes, dont Almodóvar orchestre toutes les variations, de la tendresse feinte à la vérité tragique.

Après des années de séparation, une fille retrouve sa mère, célèbre chanteuse des années 1960, partie chercher la gloire au Mexique. Leurs relations passionnées et le retour de la diva sur la scène madrilène sont encore compliqués par le meurtre d’un homme aimé successivement par les deux femmes…

Comme Tout sur ma mère, une petite décennie plus tard, ce film irrésistible a marqué en son temps un cap dans l’œuvre d’Almodóvar : maîtrise du récit, équilibre entre l’humour et le mélodrame. Et, dans les deux cas, il s’agit d’abord de filiation. Car les « talons éloignés » du titre original (jeu de mots intraduisible) sont ceux d’une mère intermittente (Marisa Paredes) dont la fille (Victoria Abril) s’est toujours sentie privée. Leurs rapports inextricables, crime passionnel compris, donnent le meilleur du film. Mais Almodóvar n’osait pas encore, à l’époque, s’y consacrer entièrement : l’enquête policière et ses trompe-l’œil attendus font régulièrement écran entre le cinéaste et son sujet. Un demi-chef-d’œuvre, en quelque sorte.
TALONS AIGUILLES, Pedro Almodóvar 1991, Victoria Abril, Marisa Paredes (thriller social)@@ (edit IPTC) (E)
Quinze ans après avoir abandonné sa fille, Rebecca, pour se consacrer pleinement à sa gloire de chanteuse et à sa vie sentimentale, Becky del Paramo revient à Madrid et constate que Rebecca s'est mari&eacu ...

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TELLEMANT PROCHES, Eric Toledano et Olivier Nakache 2008, Vincent Elbaz, Isabelle Carré (comique)@@


Famille : Groupe de personnes réunies par des liens de parenté et un fort sentiment de solidarité morale et matérielle. En 1993, Alain et Nathalie ont deux enfants : un bébé, Prosper, et un jeune garçon, Lucien, très turbulent et hyperactif. Problème de Lucien : son père, ancien GO du Club Med de Chamonix, ne fait rien pour le calmer. Problème de Nathalie : elle a trois enfants à la maison. Problème d'Alain : sa belle-famille.

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Satire proche des comédies italiennes de jadis, qui fustige le racisme ordinaire et les parents hystériques. Très drôle.
Éric Toledano et Olivier Nakache jettent leur dévolu sur la famille, en l’occurrence une fratrie, avec les pièces rapportées, le neveu hyperactif, la nièce élevée comme une bête de concours… Commencé en fanfare (une scène de dîner d’anthologie qui finit à coups de poêle), avec une méchanceté proche des comédies italiennes d’antan, le film passe ensuite progressivement de la caricature à la tendresse.

Les deux réalisateurs gardent néanmoins leur mordant pour dénoncer le racisme ordinaire, offrant à Omar Sy son premier vrai rôle… À travers le personnage de mère intégriste incarné par Audrey Dana, ils brocardent aussi l’obsession des parents pour la réussite de leurs rejetons. Et laissent à Vincent Elbaz, plus à l’aise dans la comédie que dans le drame, le soin de ridiculiser cette manie si actuelle d’envoyer chez le psy des gosses qui sont juste pénibles.
TELLEMANT PROCHES, Eric Toledano et Olivier Nakache 2008, Vincent Elbaz, Isabelle Carré (comique)@@ (edit IPTC) (E)
Famille : Groupe de personnes réunies par des liens de parenté et un fort sentiment de solidarité morale et matérielle. En 1993, Alain et Nathalie ont deux enfants : un bébé, Prosper, et un jeune ga ...

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THE BIG LEBOWSKI,Joel Coen et Ethan Coen 1998, Jeff Bridges, Julianne Moore (thriller burlesque)@@


Jeff Lebowski, prénommé le Duc, est un paresseux qui passe son temps à boire avec son copain Walter et à jouer au bowling, jeu dont il est fanatique. Un jour deux malfrats le passent à tabac. Il semblerait qu'un certain Jackie Treehorn veuille récupérer une somme d'argent que lui doit la femme de Jeff. Seulement Lebowski n'est pas marié. C'est une méprise, le Lebowski recherché est un millionnaire de Pasadena. Le Duc part alors en quête d'un dédommagement auprès de son richissime homonyme.

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Jeff Lebowski, dit le Dude, est un homme de principes. Aussi, quand deux truands le prennent pour un autre Lebowski, millionnaire, le menacent et souillent son tapis, il décide de demander réparation.

Après Fargo, thriller stylisé au pays des ploucs, les frères Coen ont trimbalé leur barnum sous le soleil d'une Californie désenchantée. Leur jubilation narquoise éclate dès qu'entrent en scène Jeff Lebowski, alias le Dude, semi-clodo à bedaine, bermuda et barbe à poux, et ses deux acolytes, Pieds Nickelés genre Beach Boys sur le retour. Le moindre détail de leur panoplie témoigne d'une pratique affectueuse de la caricature. Cette pâte humaine bien sentie fait que la profusion des accessoires bizarres et des rebondissements rocambolesques passe comme une lettre à la poste.

Curieusement, le côté foire du Trône de toute l'affaire n'entame jamais l'humanité des personnages. Aux basques d'un trio de glandeurs emmené par un Jeff Bridges empâté comme il faut, les Coen pouffent comme des collégiens. Ça débloque de partout, mais, selon leur recette habituelle, avec une précision d'horloger suisse et un sens aiguisé du détail qui tue. Sorti en même temps que Jackie Brown, de Tarantino, The Big Lebowski affirmait une tendance du cinéma américain : sa grandeur peut se trouver dans des films mineurs, bricolés par des enfants du rock.
THE BIG LEBOWSKI,Joel Coen et Ethan Coen 1998, Jeff Bridges, Julianne Moore (thriller burlesque)@@ (edit IPTC) (E)
Jeff Lebowski, prénommé le Duc, est un paresseux qui passe son temps à boire avec son copain Walter et à jouer au bowling, jeu dont il est fanatique. Un jour deux malfrats le passent à tabac. Il semblerait ...

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THE OLD OAK, Ken Loach 2023, Dave Turner, Ebla Mari social)@@@


TJ Ballantyne est le propriétaire de The Old Oak, un pub qui est menacé de fermeture après l'arrivée de réfugiés syriens placés dans le village sans aucun préavis. Bientôt, TJ rencontre une jeune Syrienne, Yara, qui possède un appareil photo. Une amitié naît entre eux.

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Dans “The Old Oak”, Ken Loach confronte, autour d’une amitié lumineuse, les habitants défavorisés d’un village du nord de l’Angleterre et de récents réfugiés qui ont fui la guerre en Syrie.

On l’attendait depuis le début du festival : le dernier film de Ken Loach (peut-être, hélas, dans tous les sens du terme), présenté aujourd’hui en fin de compétition officielle. The Old Oak (« Le Vieux Chêne » en français) est le nom d’un pub perdu quelque part dans une petite ville minière sinistrée du nord de l’Angleterre, un de ces déserts économiques de briques rouges et de misère sociale qu’a si souvent arpentés le réalisateur de presque 87 ans.

Ce débit de boissons, Ken Loach en fait bien sûr un territoire politique. Avec son enseigne de guingois, ses meubles hors d’âge et son comptoir fatigué, le lieu devient un microcosme des grands blessés de la société, un bouillonnant melting-pot de toutes les victimes de la violence contemporaine : à ma droite, les habitués, le nez dans leur pinte, leur désarroi et leur haine xénophobe. Et puis les familles locales, cabossées, enferrées dans le chômage, qui peinent à se loger décemment, à nourrir leurs enfants… À ma gauche, un groupe de réfugiés syriens, perdus, traumatisés, récemment « accueillis » en ville, dans la plus grande méfiance.

Au centre, il y a une amitié lumineuse, profondément touchante, qui rappelle celle qui unissait les deux fragiles héros de Moi, Daniel Blake, la seconde Palme d’or du cinéaste en 2016, après Le vent se lève en 2006. The Old Oak est d’abord l’histoire du lien pudique et intangible qui se noue peu à peu entre Yara, une jeune photographe douce et volontaire, qui vient de fuir sa guerre du bout du monde, et TJ Ballantyne, le propriétaire du pub, un homme d’âge mûr, tendre et usé, qui veut croire, encore un peu, aux vieux rêves de fraternité et de résistance collective.

Le voilà qui décide en effet d’organiser une cantine solidaire dans une arrière-salle désaffectée de son établissement, aux murs couverts de photos, hommages en noir et blanc à la grande grève des mineurs contre le gouvernement de Margaret Thatcher, en 1984-1985. Mémoire et convergence des luttes : Ken Loach y concentre tout son monde (et celui de son éternel complice, le scénariste Paul Laverty), la quintessence vivante de son cinéma rivé au réel, son regard sensible et brûlant, sa rage idéaliste, la tentation du désespoir, toujours et sans cesse combattue. Dans la modeste tentative utopique de son héros – quelques repas par semaine, pour ceux qui en ont le plus besoin –, il met ses engagements d’hier et ses hantises de demain. On y retrouve cette tendance qu’ont les damnés de la terre à se dévorer entre eux, pendant qu’ailleurs festoient ceux qui les affament…

On imagine aisément les critiques que pourra susciter cette fable aux allures de testament : certains dialogues sonnent comme des discours à la tribune du Parti travailliste (aile gauche). Certains rebondissements paraissent trop beaux ou trop naïfs pour la noirceur de notre époque. Et pourtant, dans la fervente authenticité de chaque personnage (le formidable Dave Turner, dans le rôle du généreux TJ, mériterait le Prix d’interprétation), dans l’humanisme de combat du film, qui admet la fatigue, la peur, mais jamais le renoncement, rien ne sonne faux. Ce beau récit, qui semble puiser sa force dans tout le reste de l’œuvre de Ken Loach, nous prouve une fois de plus – la dernière, vraiment ? – à quel point le « vieux chêne » est encore vert.
THE OLD OAK, Ken Loach 2023, Dave Turner, Ebla Mari social)@@@ (edit IPTC) (E)
TJ Ballantyne est le propriétaire de The Old Oak, un pub qui est menacé de fermeture après l'arrivée de réfugiés syriens placés dans le village sans aucun préavis. Bientôt, TJ re ...

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TWISTERS, Lee Isaac Chung 2024, Daisy Edgar-Jones, Glen Powell (film catastrophe)@@


Alors que la saison des tempêtes s'intensifie, les chemins de l'ancienne traqueuse de tempêtes Kate Cooper, attirée de nouveau vers les plaines ouvertes après une rencontre dévastatrice des années ...

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Une chasseuse de tornades rencontre un vidéaste féru de cataclysmes naturels. Forcément, il y a du coup de foudre dans l’air. Une relecture plaisante, vingt-huit ans plus tard, du film catastrophe de Jan de Bont.

Sasha Lane et Glen Powell (Tyler Owens). Photo Melinda Sue Gordon/Universal Pictures/Warner Bros./Amblin Entertainment

Stephen King nous avait déjà appris, dans Tempête du siècle, que les cataclysmes naturels peuvent servir la brutalité d’un récit. Il en va de même dans Twisters (qui n’est pas une suite, mais une relecture du Twister, sans « s », de Jan de Bont, sorti en 1996). Les premières scènes candides montrant de jeunes « chasseurs de tornade » amateurs virent rapidement au cauchemar lorsque trois d’entre eux meurent, aspirés par la bête météorologique. Cinq ans après la tragédie, Kate, l’une des rescapées, continue d’étudier les tornades à distance depuis New York. Mais, lorsque son ami Javi lui propose de tester un nouveau détecteur de tornades, elle surmonte son traumatisme, replonge dans l’œil du cyclone et y rencontre Tyler, un histrionique vidéaste féru de tempêtes.

Malgré ces fréquentes mentions à l’échelle de Fujita (qui permet de mesurer l’intensité des tornades), la plus forte des intempéries ne se tramerait-elle pas dans le cœur des personnages ? Car Twisters est en réalité… un film romantique. Et pas des plus subtils tant les poncifs du genre s’y bousculent. Le coup de foudre – sans mauvais jeu de mots – est évident, les deux surdoués de la science s’affrontent au jeu de « qui trouve l’épicentre du cataclysme en premier » ; celle qu’on surnomme « City Girl » a, en réalité, grandi dans une ferme et le cow-boy fanfaron se révèle tendre et timoré…

Twisters est aussi un film 100 % américain. Des courses de jeeps au rodéo en passant par une bande-son signée par une des plus grandes stars actuelles de la musique country, Luke Combs, tout y passe. Avec un style très hollywoodien, où la caméra, souvent nerveuse, dynamise le récit. Les tornades sont filmées comme de véritables monstres voraces dont on ne perçoit les rugissements que trop tard avec, en prime, une musique type « orchestre épique » à la Jurassic Park. Plutôt plaisant, donc, avec, toutefois, un gros bémol : Twisters rappelle à plusieurs reprises que l’intensité et la fréquence de ces phénomènes météorologiques s’accroissent aux États-Unis, mais ne mentionne jamais le changement climatique, pourtant cause de ces aggravations.
TWISTERS, Lee Isaac Chung 2024, Daisy Edgar-Jones, Glen Powell (film catastrophe)@@ (edit IPTC) (E)
Alors que la saison des tempêtes s'intensifie, les chemins de l'ancienne traqueuse de tempêtes Kate Cooper, attirée de nouveau vers les plaines ouvertes après une rencontre dévastatrice des années ... ...

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UN FLIC, Jean-Pierre Melville 1972, Alain Delon, Catherine Deneuve, Richard Crenna (policier)@@


Un hold-up a lieu dans une banque. L'un des gangsters est blessé. L'argent est enterré dans un champ, le blessé amené dans une clinique. De son côté, Edouard Coleman, jeune commissaire, enquête dans le milieu. Il y retrouve son ami Simon, propriétaire d'une boîte de nuit, et sa compagne Cathy.

TELERAMA
La quintessence du style de Melville : le flic improbable jazzy, l’amitié trahie, le sort dérisoire de l’être humain. Son film le plus épuré…

Un bord de mer fouetté par la pluie. Une ville fantôme. Et des gangsters sanctifiés. L’ouverture du dernier film de Melville est un modèle d’intensité plastique et d’incongruité. Dans ce désert urbain, on s’attend à tout sauf à voir une banque ouverte qui attend sagement d’être dévalisée. La vraisemblance, Melville le maniériste s’en moque. Même chose pour l’intrigue, minimale. Ce qui est affiné et exacerbé, ce sont les codes du polar… On est hypnotisé par le déroulement minutieux du casse dans le train. On glisse dans un monde désaffecté, peu loquace mais très sonore. Tout se passe comme si Delon, Deneuve et les autres, statufiés dans leur mutisme, adressaient au spectateur les derniers signes d’une vie possible à l’écran.
UN FLIC, Jean-Pierre Melville 1972, Alain Delon, Catherine Deneuve, Richard Crenna (policier)@@ (edit IPTC) (E)
Un hold-up a lieu dans une banque. L'un des gangsters est blessé. L'argent est enterré dans un champ, le blessé amené dans une clinique. De son côté, Edouard Coleman, jeune commissaire, enquête ...

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UNE BELLE EQUIPE, Mohamed Hamidi 2018, Kad Merad, Alban Ivanov (sport)@@


Après une bagarre, toute l'équipe de soccer de Clourrières est suspendue jusqu'à la fin de la saison. Afin de sauver ce petit club du Nord qui risque de disparaître, le coach décide de former une équipe composée exclusivement de femmes pour finir le championnat.

TELERAMA
Une délicieuse énergie parcourt cette comédie populaire, tendre et sincère sur le quotidien d’une communauté où le féminisme marque, enfin, des buts.

Un petit club de foot du Nord risque de disparaître à la suite de la suspension de toute son équipe pour cause de bagarre sur le terrain. Seule solution pour les derniers matchs de la saison : remplacer les joueurs par… des joueuses. Personne n’y croit vraiment, mais ces dames se prennent au jeu.

Une délicieuse énergie parcourt cette comédie populaire, forte d’un regard tendre sur le quotidien d’une petite communauté, finalement prête à dribbler le patriarcat par amour du sport. Face à un Kad Merad plein d’humanité, les filles en short assurent, menées par une Céline Sallette dans une forme olympique.
UNE BELLE EQUIPE, Mohamed Hamidi 2018, Kad Merad, Alban Ivanov (sport)@@ (edit IPTC) (E)
Après une bagarre, toute l'équipe de soccer de Clourrières est suspendue jusqu'à la fin de la saison. Afin de sauver ce petit club du Nord qui risque de disparaître, le coach décide de former une &ea ...

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VERS UN AVENIR RADIEUX, Nanni Moretti 2023, Mathieu Amalric (politique)@@


Giovanni, cinéaste italien renommé, s'apprête à tourner son nouveau film. Cependant, entre son couple en crise, son producteur français au bord de la faillite et sa fille qui le délaisse, tout semble jouer contre lui. Toujours sur la corde raide, Giovanni doit repenser sa manière de faire s'il veut mener tout son petit monde vers un avenir radieux.

TELERAMA
Le maître italien poursuit son autofiction en incarnant un cinéaste en pleine débâcle. Et son énergie du désespoir confine souvent au génie comique.

Que les cinéastes continuent à tourner bien au-delà de l’âge de la retraite donne, parfois, des films incroyables. A fortiori quand ces créateurs sont eux-mêmes la figure emblématique de leur œuvre, comme Nanni Moretti, et qu’on les voit changer, de façon imprévisible, au fil des ans et des décennies. Vers un avenir radieux prendra ainsi davantage de sens et de valeur pour les (nombreux) spectateurs familiers du maître italien et de son éternelle autofiction. Ce Giovanni qu’il incarne ici, occupé à la fabrication, à Rome, d’un nouveau film, sous-financé, on pense le connaître depuis toujours. Mais sa manière dictatoriale de marteler chacun de ses mots, de pontifier au travail comme en privé, le rend moins sympathique que prévu. Et d’ailleurs, son entourage, professionnel comme familial, n’est plus sous le charme. Bienvenue dans une histoire de débâcle.


À 69 ans, Moretti se plaît à se mettre en scène comme un homme qui ne mesure pas combien son statut, son autorité et sa magie vacillent. Avec toutes les vertus comiques de ce retard accumulé entre sa perception et la réalité. L’épouse et productrice depuis quarante ans (incomparable Margherita Buy) prépare en secret son départ du domicile conjugal, avec l’assistance d’un psychanalyste. Pour la première fois, elle produit, de surcroît, le film d’un autre réalisateur, jeune, adepte de la violence à l’écran, aux antipodes de Giovanni : une trahison à bas bruit… Et l’aveuglement du vétéran rime, de manière ironique, avec celui qu’il a inscrit au cœur de son scénario, situé en 1956 : des communistes italiens hésitent à condamner l’invasion de Budapest par les chars soviétiques, au moment même où ils accueillent un cirque hongrois à Rome…

Le film de toutes les crises
Dans un chaos complet, non dénué de suavité pour qui le contemple depuis un fauteuil de cinéma, Vers un avenir radieux devient le film de toutes les crises : du couple, de la soixantaine finissante, du cinéma, de la gauche italienne, que Moretti a si longtemps personnifiée… Mais loin de la tragi-comédie parfaitement huilée, le résultat frappe d’abord par le poids de confessions, de rage et l’énergie du désespoir dont le cinéaste le charge. L’artiste, manifestement, ne supporte plus grand-chose, ni l’inculture de ses nouveaux collaborateurs, ni les décisions politiques qui ont conduit l’Italie à devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Quant à son propre état psychique, il est troublant d’entendre Giovanni, au pied du mur, avouer à sa fille son addiction aux somnifères et aux antidépresseurs.

Deux morceaux de bravoure viennent paradoxalement contredire le naufrage suggéré. Sur le sujet épineux de l’agonie du cinéma de création, plus que paupérisé, et de la prise de pouvoir des plateformes, l’auteur transmue son amertume en génie comique. Il réussit à faire de la confrontation entre son personnage et quelques décideurs romains de Netflix la scène la plus drôle du film, au tempo et aux dialogues irrésistibles. Et lorsqu’il s’agit d’acheminer le sombre tableau vers un dénouement, Nanni Moretti, tout largué et déphasé qu’il se représente, a une intuition merveilleuse. Il opère alors une acrobatie vers l’imaginaire, inédite dans son œuvre : précisément ce qu’il faut pour sortir du marasme par le haut, et donner, serait-ce une dernière fois, le frisson de l’espérance.
VERS UN AVENIR RADIEUX, Nanni Moretti 2023, Mathieu Amalric (politique)@@ (edit IPTC) (E)
Giovanni, cinéaste italien renommé, s'apprête à tourner son nouveau film. Cependant, entre son couple en crise, son producteur français au bord de la faillite et sa fille qui le délaisse, tout semble ...