arpoma (edition)
        mardi 27 octobre 2026 - 19h12
menu / actu

liste / rep

atlas / rech

repertoires: - (recherche dans les repertoires)

(diapo) (rep-list) (grd ecran)
   .. / classer0
@

ARABESQUES, Stanley Donnen 1966, Gregory Pecq, Sophia Loren (thriller)@@


Le Premier ministre d'un Etat du Moyen-Orient, Hassan Jena, demande à David Pollock, professeur de langues anciennes à l'université d'Oxford, qu'il vient justement de faire enlever, d'espionner pour son compte le magnat du pétrole Nejim Beshraavi. Il sait que Beshraavi va contacter Pollock pour l'aider à déchiffrer un document d'une extrême importance. Pollock n'apprécie guère le procédé, mais n'a pas vraiment le choix. Il ignore qu'il vient de mettre le doigt dans un redoutable engrenage, que de multiples bandes rivales vont s'acharner à sa perte et, surtout, qu'il va - enfin - rencontrer l'amour sous les traits d'une belle espionne orientale...

TELERAMA
Un message secret dans des hiéroglyphes. Gregory Peck en égyptologue farfelu. Sophia Loren en menteuse congénitale. Tout n’est que rythme et sophistication.

Trois ans après le triomphe de Charade, Stanley Donen décide de refaire le même film, mais à l’envers. Dans Charade, la mise en scène était au service du couple Audrey Hepburn-Cary Grant. Alors qu’ici le duo Sophia Loren-Gregory Peck sera au service de la mise en scène. D’où ces plans sophistiqués, à la limite du maniérisme : fuite dans les escaliers filmée à travers un lustre ; zooms sur des miroirs ou sur le capot d’une Rolls.

Autre différence : dans Charade, c’est Cary Grant qui changeait sans cesse d’identité, et Audrey Hepburn le croyait à chaque fois. Ici, c’est Gregory Peck qui joue les Audrey Hepburn, et c’est Sophia Loren qui ruse et se contredit, aussi excentrique que les tenues superbes créées par Marc Bohan, alors patron de la marque Christian Dior.

Un an plus tard, Stanley Donen fera encore mieux. Dans Voyage à deux, puzzle nostalgique sur un couple qui se défait, les robes et les coiffures d’Audrey Hepburn ne seront plus seulement un contrepoint. Elles serviront de fil d’Ariane au spectateur pour se repérer dans le temps et le désamour des personnages. Faire de la mode un personnage essentiel à l’action, c’est ce qu’a réussi Stanley Donen avec Voyage à deux, dont Arabesque est le brouillon brillant.
ARABESQUES, Stanley Donnen 1966, Gregory Pecq, Sophia Loren (thriller)@@ (edit IPTC) (E)
Le Premier ministre d'un Etat du Moyen-Orient, Hassan Jena, demande à David Pollock, professeur de langues anciennes à l'université d'Oxford, qu'il vient justement de faire enlever, d'espionner pour son compte le magnat ...

@

COMING WEST, Steve Scott 1971, Maria Arnold, George Peters, Sandy Carey, Starlyn Simone (film e)


COMING WEST, Steve Scott 1971, Maria Arnold, George Peters, Sandy Carey, Starlyn Simone (film e) (edit IPTC) (E)
...

@

DESIGNE COUPABLE, Kevin Macdonald 2020, Tahar Rahim, Jodie Foster, Shailene Woodley (justice terrorisme guantanamo)@@@


Capturé par le gouvernement américain, Mohamedou Ould Slahi est détenu depuis des années à Guantánamo, sans jugement ni inculpation. À bout de forces, il se découvre deux alliées inattendues : l’avocate Nancy Hollander et sa collaboratrice Teri Duncan. Avec ténacité, les deux femmes vont affronter l’implacable système au nom d’une justice équitable. Leur plaidoyer polémique, ainsi que les preuves découvertes par le redoutable procureur militaire, le lieutenant-colonel Stuart Couch, finiront par démasquer une conspiration aussi vaste que scandaleuse. L’incroyable histoire vraie d’un combat acharné pour la survie et les droits d’un homme.

TELERAMA
Des montagnes de cartons empilés, contenant des Everest de paperasse. Comment filmer ce passage obligé du film-dossier ? Dans Dark Waters, de Todd Haynes, l’avocat joué par Mark Ruffalo se retrouvait, Sisyphe de l’Ohio, au pied d’une muraille de rapports sibyllins et de feuilles éparses à trier, en solitaire, dans une pièce aveugle. Nancy Hollander, la juriste experte et tenace de Désigné coupable, qu’interprète Jodie Foster, n’est pas mieux lotie, qui doit batailler des années pour obtenir le dossier classé secret défense de son client et se voit concéder des milliers de pages… rendues illisibles par la censure.

Ce suspense de papier efficacement orchestré constitue l’un des atouts du long métrage de Kevin Macdonald (Le Dernier Roi d’Écosse), basé sur le livre autobiographique de Mohamedou Ould Slahi. Accusé d’avoir recruté des terroristes impliqués dans les attentats du 11 septembre 2001, le Mauritanien a passé quatorze ans dans des geôles américaines, en Afghanistan puis à Guantánamo, sans jamais être inculpé du moindre crime. Le scénario en fait un personnage à la fois ambigu et touchant, dont la naïveté peut prêter au soupçon, mais la question de son innocence revêt ici moins d’importance que celle d’une démocratie bafouant ses propres lois.

Douze ans après un autre film de prison, Un prophète, de Jacques Audiard, Tahar Rahim réussit une performance impressionnante en détenu brisé par la torture — des séquences fortes, filmées comme des cauchemars fiévreux. Si l’on est moins convaincu par certains flash-back familiaux ou un procès inutilement larmoyant, impossible de résister à Jodie Foster en avocate idéaliste, autre topos du cinéma américain intelligemment revisité. En effet, le personnage se définit par sa lutte et rien d’autre — ni mari, ni enfants, ni hobby, pas même un coup de fil personnel n’a été ajouté pour l’« humaniser » ou, pis, la féminiser artificiellement. Cheveux gris et volonté de fer, la star donne à cette croisée de l’État de droit une épaisseur et une humanité qui ne nécessitent aucune fioriture.
DESIGNE COUPABLE, Kevin Macdonald 2020, Tahar Rahim, Jodie Foster, Shailene Woodley (justice terrorisme guantanamo)@@@ (edit IPTC) (E)
Capturé par le gouvernement américain, Mohamedou Ould Slahi est détenu depuis des années à Guantánamo, sans jugement ni inculpation. À bout de forces, il se découvre deux alliée ...

@

DOLCE CALDA LISA, Adriano Tagliavia 1950, Claudia Rocchi, Francesco Parisi, Maruska Ferretti (drame film e)


Lisa (Claudia Rocchi), une jeune et jolie femme coincée dans un mariage avec un mari beaucoup plus âgé qu'elle, est insatisfaite sexuellement. Elle finit par tromper son mari et dort avec un autre homme plus âgé. Toujours pas satisfaite, elle finit par rencontrer un jeune homme, Marco (Mario Cutini), et à ses deux amies lesbiennes
DOLCE CALDA LISA, Adriano Tagliavia 1950, Claudia Rocchi, Francesco Parisi, Maruska Ferretti (drame film e) (edit IPTC) (E)
Lisa (Claudia Rocchi), une jeune et jolie femme coincée dans un mariage avec un mari beaucoup plus âgé qu'elle, est insatisfaite sexuellement. Elle finit par tromper son mari et dort avec un autre homme plus âg&eac ...

@

FRANCE, Bruno Dumont 2021, Lea Seydoux, Benjamin Biolay thriller psycho)@


Avide de célébrité et sans scrupules, France de Meurs est la journaliste star d'une chaîne d'info en continu. Brushing impeccable et tailleurs aux couleurs flashy, elle se fait remarquer à l'Elysée en apostrophant sans ménagement Macron, sur le conseil d'une coach qui lui colle aux basques, et se met en scène dans des territoires en guerre dans des reportages choc où elle pleure de vraies larmes de crocodile. Elle n'hésite pas non plus à trafiquer ses reportages. Un jour qu'elle renverse un pauvre, elle a une révélation. Et si sa vie était aussi vaine ? Comment donner sens à sa vie superficielles ? France est perdue

TELERAMA
Avec ce portrait au vitriol d’une journaliste star, jouée par Léa Seydoux, Bruno Dumont entend dénoncer le narcissisme et le sensationnalisme contemporains, promus par le monde médiatique et les réseaux sociaux.

Un film ne s’intitule pas innocemment France, quand bien même ce mot est le prénom de l’héroïne : notre société s’y annonce d’emblée comme thème principal. Cinéaste ­reconnu, reste pourtant un auteur non réconcilié, non conforme et non correct : comme portrait du pays, le tableau, au style violemment dissonant, est peu flatteur. Nous voilà dans un microcosme, une bulle : la cour d’une star de l’information en continu, alternant reportages chocs, sans aucune déontologie, et débats manichéens en studio. Ce petit monde médiatique hors-sol impose partout sa vision, modelant les représentations, l’imaginaire, et jusqu’à la réalité même. Or le personnage de France ne semble n’avoir été inventé que pour être mis à l’épreuve et découvrir l’envers abyssal de sa propre image.

Il y aura d’abord un accident de la circulation, où sa responsabilité sera établie. Puis d’autres drames, à chaque fois décuplés par le chœur des réactions en ligne, avec descente aux enfers et rédemption programmées. Derrière le jeu de massacre : l’inquiétude morale, grande affaire du réalisateur, dont le métier fut d’enseigner la philosophie. Le succès tapageur de la vedette et son arrogance laissent ainsi apercevoir en elle des gouffres de doute, d’insatisfaction et d’angoisse, qui rendent son itinéraire complexe et nous attachent à elle, malgré tout. Dans les rouages d’un système sans âme, Bruno Dumont traque une part irréductible de nos consciences, un espoir infime de ressaisissement qui rappellent le titre d’un de ses premiers films : L’Humanité.
FRANCE, Bruno Dumont 2021, Lea Seydoux, Benjamin Biolay thriller psycho)@ (edit IPTC) (E)
Avide de célébrité et sans scrupules, France de Meurs est la journaliste star d'une chaîne d'info en continu. Brushing impeccable et tailleurs aux couleurs flashy, elle se fait remarquer à l'Elysée e ...

@

GERTA ET LE MONDE DECHIRE, Tomas Masín 2026, Barbora Vachova, Milena Steinmasslova, Johann von Bulow (histoire)@@


1989, Tchécoslovaquie. Alors qu'on annonce la chute du mur de Berlin, une femme âgée, Gerta, se remet d'un accident cérébral qui a failli lui coûter la vie. Elle se souvient de son passé : sa jeunesse à Brno, au sein d'une famille tchéco-allemande ; le conflit avec son père lors de l'invasion du pays par les nazis en 1938 ; son petit ami Karel, avec lequel elle s'est engagée dans la résistance étudiante ; son frère, Friedrich, engagé dans la Wehrmacht ; la mort de sa mère. Progressivement, la guerre lui a enlevé tout ce qui lui était cher et causé un secret inavouable qui a marqué la suite de son existence...

TELERAMA
Le parcours d’une habitante de Brno entre 1938 et 1991. Première moitié conventionnelle, seconde plus instructive.

Adaptation du roman Les Exilées de Moravie, de Kateřina Tučková, ce téléfilm relate le parcours d’une habitante de Brno entre 1938 et 1991. Conventionnelle, la première moitié s’avère alourdie par un personnage de père alcoolique, antisémite et violent. Plus instructive, la seconde décrit l’expulsion des germanophones à partir de 1945 (marches harassantes, camps insalubres, travaux forcés), faisant de la Tchécoslovaquie un enfer totalitaire sans fin. Fille d’un couple mixte, la jeune Gerta n’est ni assez allemande pour les nazis, ni assez tchèque pour les Soviétiques. Quant à son petit ami, il est arrêté par la Gestapo puis par la Sûreté de l’État après-guerre.


Racontés dans l’ordre chronologique, les événements autour de la Seconde Guerre mondiale sont entrecoupés d’un autre récit : l’effondrement du communisme, lorsque l’héroïne est devenue grand-mère. Sauf que la mise en scène, à cause d’un montage erratique, peine à articuler les deux époques. Tout à ses flash-back romanesques, le réalisateur Tomáš Mašín néglige le tournant des années 1980-1990, expédiant la révélation du secret de famille, métaphore de réconciliation nationale.
GERTA ET LE MONDE DECHIRE, Tomas Masín 2026, Barbora Vachova, Milena Steinmasslova, Johann von Bulow (histoire)@@ (edit IPTC) (E)
1989, Tchécoslovaquie. Alors qu'on annonce la chute du mur de Berlin, une femme âgée, Gerta, se remet d'un accident cérébral qui a failli lui coûter la vie. Elle se souvient de son passé : sa j ...

@

LE PREMIER OUBLIE, Christophe Lamotte 2019, Muriel Robin, Matt Pokora (sante alzheimer)@@


Axel a coupé les ponts avec sa famille depuis plusieurs années, après une tragédie dont il a été tenu pour responsable. Cuisinier sur un cargo, il profite d'une escale à Bordeaux, sa ville natale, pour aller voir sa mère, Françoise. Mais elle ne le reconnaît pas. Son frère aîné, Ivan, et sa soeur cadette, Lucie, lui ont caché que leur mère souffre de la maladie d'Alzheimer. C'est un choc pour Axel, qui s'oppose à l'idée de la placer dans un centre spécialisé. Il décide de reporter son départ pour s'occuper de sa mère en dépit des tensions familiales et d'un passé longtemps étouffé...
LE PREMIER OUBLIE, Christophe Lamotte 2019, Muriel Robin, Matt Pokora (sante alzheimer)@@ (edit IPTC) (E)
Axel a coupé les ponts avec sa famille depuis plusieurs années, après une tragédie dont il a été tenu pour responsable. Cuisinier sur un cargo, il profite d'une escale à Bordeaux, sa ville na ...

@

LE REFUGE, François Ozon 2009, Isabelle Carré, Louis-Ronan (thriller sentimental)@@


Mousse et Louis s'aiment et se droguent. Louis meurt d'une overdose après un shoot qui aurait dû aussi coûter la vie à Mousse. La jeune femme se retrouve à l'hôpital où elle apprend qu'elle est enceinte. Cet enfant qu'elle porte est désormais le seul lien qui la relie à l'homme qu'elle a aimé. Contre la volonté des parents de Louis, elle décide de le garder et trouve refuge sur la côte basque dans la maison d'un ami. Les mois passent. Un jour, elle reçoit la visite de Paul, le frère de Louis, en route vers l'Espagne, où il doit rejoindre son nouveau petit ami. Entre Paul et Mousse, deux êtres meurtris par la vie, se développe une tendre relation...

TELERAMA
Elle a failli mourir d’une overdose, puis se retrouve enceinte. Film sensible, étonnamment doux, sur une génération fragile, pas vraiment prête à assumer ses choix.

Mousse ne se savait pas enceinte. C’est à peine si elle se croit vivante après la mort par overdose de son mec. Ce bébé, elle n’y tient pas plus que ça, mais elle le garde. Dans son refuge (une maison au soleil, près de l’océan), elle accueille le frère du mort, en route pour l’Espagne. Paul est beau, gay, gentil. Curieusement, auprès de lui, Mousse va vivre une « éducation sentimentale »…

Depuis Le Temps qui reste (2005), le cinéma grinçant et transgressif de François Ozon s’est épuré, comme s’il se débarrassait des oripeaux de l’adolescence. Les fantoches de Sitcom, les boules de nerfs de 8 Femmes ont cédé la place à des êtres cabossés et fragiles. La crudité investit Le Refuge, mais le film fait lentement cheminer les personnages vers la lumière. Tout y est lyrique, sensible, étonnamment doux. Comme en attente. Entre parenthèses…

Avec une empathie qu’il ne manifeste que dans de rares films, le cinéaste capte donc les hésitations, les fluctuations — les vagissements — d’adultes qui semblent naître en même temps que leur bébé. Une génération finie mais pas prête : pour tout assumer, assurer, elle demande juste un peu de temps. C’est désarmant et passionnant.
LE REFUGE, Francois Ozon 2009, Isabelle Carre, Louis-Ronan (thriller sentimental)@@ (edit IPTC) (E)
Mousse et Louis s'aiment et se droguent. Louis meurt d'une overdose après un shoot qui aurait dû aussi coûter la vie à Mousse. La jeune femme se retrouve à l'hôpital où elle apprend qu'elle est ...

@

LES BRIGADES DU TIGRE, Jerome Cornuau 2005, Clovis Cornillac, Diane Kruger (thriller)@@


1907, en France, c'est la Belle Epoque. Une vague de crimes sans précédent ensanglante le pays. Pour y remédier, le président, Georges Clemenceau, crée une unité spéciale : les brigades mobiles. Cinq ans plus tard, leur réputation n'est plus à faire. Les brigades du Tigre, en référence au surnom du président, sont mondialement connues. Le commissaire Valentin et les inspecteurs Pujol et Terrasson, qui en font partie, se lancent dans une nouvelle mission : assurer la sécurité du prince russe Bolkonski, venu à Paris pour sceller la Triple Entente. Mais la bande du gangster anarchiste Bonnot, n'entend pas le laisser faire. La princesse Bolkonski, elle, a choisi son camp...

TELERAMA
On ressort pistolets, moustaches et chapeaux melons ! Jérôme Cornuau adapte le feuilleton télé des années 1970/1980, avec action, suspense, autodérision et un Clovis Cornillac parfait.

On est en 1912, après que « le Tigre » a ­décidé d’équiper quelques escouades policières de véhicules motorisés. C’est le nec plus ultra de la flicaille des années 1910, à l’image du commissaire Valentin, alias l’impec Clovis Cornillac, agile au pistolet, à la savate, et pas ramolli du ciboulot. Épaulé par Pujol (un dandy) et Terrasson (un mastard), flanqué d’un bleu transalpin, le débrouil­lard Bianchi, il va être entraîné sur une double enquête. Poursuivre Bonnot, ennemi public numéro 1, le met en effet sur la piste d’anarchistes antitsaristes et d’un prince de sang pas tout à fait blanc-bleu dans l’affaire des emprunts russes.

Peu importe que ça frise l’invraisemblable. Ou tant mieux. Le premier mérite de ce scénario à tiroirs est de retrouver des vertus feuilletonesques qui tiennent autant aux racines télé du projet qu’au cinéma des origines. 1912 est l’année du succès de Fantômas, de Souvestre et Allain, adapté par Louis Feuillade. Ici, l’abondance de péripéties ménage de vraies surprises et autorise une grande liberté de ton : à l’intense noirceur du personnage de Bonnot, qui finit dans un bain de sang, succède le baroque plus pittoresque de la seconde partie, avec soirée de gala, opéra russe et bombinette anar. Entre les deux, le récit joue de façon savoureusement décontractée avec la réalité historique : l’irruption de Jaurès rappelle une tendance de la littérature d’évasion anglo-saxonne, qui ne se gêne pas pour mêler per­sonnages imaginaires et figures célèbres.
LES BRIGADES DU TIGRE, Jérome Cornuau 2005, Clovis Cornillac, Diane Kruger (thriller)@@ (edit IPTC) (E)
1907, en France, c'est la Belle Epoque. Une vague de crimes sans précédent ensanglante le pays. Pour y remédier, le président, Georges Clemenceau, crée une unité spéciale : les brigades mobil ...

@

LES MALHEURS DE SOPHIE, Christophe Honoré 2016, Caroline Grant, Anais Demoustier, Muriel Robin(jeunesse)@@


Sophie, une fillette turbulente et imaginative, vit dans un grand château avec sa mère, la douce et aimante madame de Réan. Sophie aime par-dessus tout s'amuser, notamment avec son cousin Paul, qu'elle adore et tyrannise un peu. C'est alors que madame de Réan apprend que la famille va quitter la France pour l'Amérique. Le destin de la petite Sophie va définitivement basculer : sa mère disparaît en mer. Un an plus tard, Sophie est de retour en France, flanquée d'une odieuse belle-mère, madame Fichini...

TELERAMA
Cette adaptation, allègrement inspirée de la comtesse de Ségur, se place sous le signe de la fantaisie et d’une belle complicité avec l’enfance. Avec Muriel Robin en réjouissante marâtre face à l’indomptable petite fille pas modèle.

Sous sa couverture de la Bibliothèque rose, le livre de la comtesse de Ségur est resté un temple sacré. S’y engouffrer et y faire un joli chahut, voilà la sympathique idée de cette adaptation. Christophe Honoré a recréé avec entrain la France champêtre du second Empire et a réussi à faire un film en costumes comme on se déguise. Sophie fait fondre sa belle poupée, sert de l’eau croupie en guise de thé… La liste des bêtises, en tout cas, est respectée. Aussi indomptable que son personnage, la petite Caroline Grant minaude, adorable, comme une véritable star. Mais voici que surgit Mme Fichini, aussi acharnée à faire respecter l’ordre que la polissonne l’est à semer le désordre. Dans ce rôle, Muriel Robin, avec son autorité naturelle, met tout le monde au garde-à-vous. De bout en bout s’exprime l’envie d’entraîner personnages et spectateurs dans une ronde. Et ça marche : ces Malheurs de Sophie ont un air de fête.
LES MALHEURS DE SOPHIE, Christophe Honore 2016, Caroline Grant, Anais Demoustier, Muriel Robin(jeunesse)@@ (edit IPTC) (E)
Sophie, une fillette turbulente et imaginative, vit dans un grand château avec sa mère, la douce et aimante madame de Réan. Sophie aime par-dessus tout s'amuser, notamment avec son cousin Paul, qu'elle adore et tyrannise ...

@

MONSIEUR, Méliane Marcaggi 2025, Jean-Pierre Darroussin, Jeremy Lewin (policier)@


Catherine est pauvre et parle peu. Au Domaine où elle travaille, elle fait partie de ces invisibles grâce à qui la ferme tourne. Un soir où elle a la garde de la petite Sylvie, la fille des maîtres de maison, elle est prise à partie par des bûcherons qui jouent à lui faire peur. Quand elle reprend ses esprits, l'enfant n'est plus là. Elle a disparu. Le lendemain une demande de rançon tombe. Deux policiers parisiens, fraichement montés de la capitale où Mai 68 a fait souffler un vent de rébellion, ont beau arpenter la terre grasse et collante du Domaine les questions posées demeurent sans réponses. Entre violences de classe, violences de genre, jeux de pouvoirs et domination sociale, cette disparition révèle le pire...

TELERAMA
Avec son ambiance rétro, le téléfilm évoque l’univers de Simenon. Mais il ne parvient pas à surprendre ni à rendre ses personnages attachants, malgré la bonne performance de Jean-Pierre Darroussin.

Au domaine, tout le monde obéit au doigt et à l’œil au maître des lieux : « Monsieur ». Alias Auguste Demest, vieillard tyrannique uniquement intéressé par sa fortune. Parmi les nombreux employés de sa ferme, la timide Catherine a la garde de Sylvie, la petite-fille de Demest. Un soir, alors que Catherine accompagne l’enfant dans la cour, la jeune femme se fait malmener par des ouvriers. Lorsque l’altercation s’achève, Sylvie a disparu. Le lendemain, une demande de rançon est envoyée à Demest. On fait alors venir deux policiers de Paris : Dassieux, flic retors et expérimenté, et son adjoint, Gabriel. Ensemble, ils vont tenter de démasquer les kidnappeurs, qui pourraient être plus proches de Demest que celui-ci ne veut bien l’admettre.

Avec son atmosphère hivernale et son personnage de flic taiseux (), ce Monsieur fait instantanément penser aux polars mélancoliques de Georges Simenon. Avec une nuance plus moderne : l’histoire, qui prend place dans l’immédiat après-68, tourne essentiellement autour de la question des violences sexuelles. Le résultat ? Mitigé. Darroussin est impeccable, tout comme l’ambiance rétro à base de pulls à col roulé et de Peugeot 204. Mais l’intrigue se révèle tristement prévisible et les personnages un peu trop monolithiques pour nous toucher.
MONSIEUR, Méliane Marcaggi 2025, Jean-Pierre Darroussin, Jeremy Lewin (policier)@ (edit IPTC) (E)
Catherine est pauvre et parle peu. Au Domaine où elle travaille, elle fait partie de ces invisibles grâce à qui la ferme tourne. Un soir où elle a la garde de la petite Sylvie, la fille des maîtres de maison ...

@

PHOENIX,Christian Petzold 2014, Nina Ross, Ronald Zehrfeld, Nina Kuntzendorf (guerre shoah)@@


En juin 1945, Lene Winter aide son amie Nelly Lenz à revenir à la vie. Nelly a perdu toute sa famille dans les camps. Défigurée, elle subit une opération de chirurgie réparatrice qui lui donne un nouveau visage, sensiblement différent. Toujours amoureuse de son mari Johnny, un pianiste, cette ancienne chanteuse part à sa recherche et le retrouve dans un cabaret berlinois. Il ne la reconnaît pas mais trouve néanmoins qu'elle ressemble à sa femme qu'il croit morte. Il lui propose un étrange marché : Nelly, qui se fait appeler Esther, doit se faire passer pour la défunte. Il pourra ainsi récupérer son héritage. Nelly accepte de se prêter à cette mystification, contre l'avis de Lene...

TELERAMA
Rescapée d’Auschwitz, Nelly retrouve son mari qui la croit morte, et l’a peut-être trahie... Christian Petzold convoque avec brio les fantômes d’Alfred Hitchcock et de Jacques Tourneur, pour réaliser une radiographie déchirante d’un amour en ruines.

Nelly, chanteuse berlinoise, est la seule de sa famille à avoir survécu à Auschwitz, mais elle est défigurée. Après une opération de chirurgie esthétique, elle retrouve son mari dans un cabaret. Johannes ne reconnaît pas son épouse, qu’il croit morte. Mais la ressemblance est troublante. Pour récupérer sa fortune, il va lui proposer de prendre l’identité de la défunte… Dans le huis clos d’une cave débute alors une relecture vertigineuse du mythe de Pygmalion. Celle qu’avait entreprise Hitchcock dans Sueurs froides : Johannes métamorphose une vivante sans savoir que la « copie » est l’« original ».

Phoenix se démarque toutefois sur deux points : Johannes n’est plus amoureux et Nelly rêve d’être démasquée. Pour porter ce suspense sentimental, Christian Petzold a repris le formidable duo de Barbara, son précédent film. Ronald Zehrfeld impressionne autant par sa violence que par sa fragilité. Et Nina Hoss exprime la résilience d’une femme meurtrie avec une intensité de tous les plans. Le cinéaste met en scène cette renaissance comme un récit surnaturel, à la manière de Jacques Tourneur. Entre angoisse et mélancolie.
PHOENIX, Christian Petzold 2014, Nina Ross, Ronald Zehrfeld, Nina Kuntzendorf (guerre shoah)@@@ (edit IPTC) (E)
En juin 1945, Lene Winter aide son amie Nelly Lenz à revenir à la vie. Nelly a perdu toute sa famille dans les camps. Défigurée, elle subit une opération de chirurgie réparatrice qui lui donne un no ...

@

PROBLEMOS, Eric Judor 2017, Eric Judor, Célia Rosich


Alors que leurs vacances viennent de se terminer, Jeanne et Victor retournent à Paris. En chemin, le couple fait une halte pour saluer Jean-Paul, un ami qui vit dans une communauté. Depuis longtemps, Jean-Paul et ses amis font tout pour empêcher la construction d'un parc aquatique. Sous le charme de cette nouvelle façon de vivre, Jeanne et Victor décident de rester quelque temps sur place. Tout bascule quand, un matin, tous découvrent que les CRS qui les encadraient ont disparu, et plus, généralement, le reste de la population. Une pandémie laisse en effet la petite communauté seule sur Terre...

TELERAMA
Le premier film d’Éric (Judor) sans Ramzy (Bedia) est une comédie corsée, qui dézingue des zadistes d’Ardèche, en lutte contre toutes sortes de problemos. L’humour régressif assumé de cette fable frappadingue fait un bien fou.

Ces dernières semaines, la comédie française naviguait mollement entre la mièvrerie (C'est beau la vie quand on y pense) et les clichés racistes (À Bras ouverts). Adepte de la mise en abyme et de l'humour absurde, Eric Judor apporte, lui, une distanciation bienvenue dans le comique troupier hexagonal. Pour son premier long métrage réalisé sans son compère Ramzy Bedia, il choisit de se moquer d'une communauté de zadistes ardéchois en lutte contre la construction d'un absurde complexe aquatique. L'occasion d'une hilarante galerie de personnages tous plus frappadingues les uns que les autres. Comme Maéva, la cagole qui parle aux arbres, et Gaya, qui anime des ateliers ouverts aux hommes sur le contrôle des règles, et qui a refusé de donner un prénom et un sexe à son enfant, « pour ne pas lui coller d'étiquette sur le front »...

Dans ce village gaulois dégénéré (une pandémie a tué le reste du monde), Judor interprète Victor, caricature de bourgeois urbain, faussement cool, qui se révèle lâche et sournois. Il est capable de draguer une fille ayant l'âge de la sienne mais pas de comprendre l'autre société proposée par les néo-hippies. Alors, débilos, Problemos ? Oui, et cet humour régressif assumé, qui fait des allers-retours entre premier, deuxième et troisième degrés, fait un bien fou par les temps qui courent.
PROBLEMOS, Eric Judor 2017, Eric Judor, Célia Rosich (edit IPTC) (E)
Alors que leurs vacances viennent de se terminer, Jeanne et Victor retournent à Paris. En chemin, le couple fait une halte pour saluer Jean-Paul, un ami qui vit dans une communauté. Depuis longtemps, Jean-Paul et ses amis font ...

@

SCHUTTER ISLAND, Martin Scorsese 2010, Leonardo di Caprio, Ben Kingsley (thriller)@@


En 1954, une femme placée en centre de détention psychiatrique à Shutter Island disparaît. Elle s'appelle Rachel Solando et est une meurtrière extrêmement dangereuse. Deux officiers du corps fédéral des marshals, Teddy Daniels et Chuck Aule, viennent enquêter sur place. Ils découvrent l'île humide et brumeuse au large de Boston où se trouve cet hôpital-prison d'un genre très particulier. Très vite, Teddy Daniels comprend que le personnel de l'établissement cache quelque chose. Seul indice dont il dispose : un bout de papier sur lequel est griffonnée une suite de chiffres entrecoupée de lettres...

TELERAMA
En 1954, un inspecteur enquête sur la disparition d’une détenue dans un hôpital psychiatrique pour criminels. Scorsese adapte fidèlement le thriller flippant de Dennis Lehane, avec un DiCaprio au sommet.

Un matin de 1954, le marshal Teddy Daniels (Leonardo DiCaprio, intense) et son nouveau coéquipier débarquent sur une île qui abrite un hôpital psychiatrique pour criminels dangereux. Une patiente, internée après avoir noyé ses trois enfants, s’est évadée. Les deux enquêteurs vont devoir affronter la méfiance des médecins, la violence d’un ouragan et leurs propres démons.

Martin Scorsese se montre en grande forme dans sa relecture du cinéma de genre. Le cinéaste le plus cinéphile de Hollywood se (et nous) fait plaisir en recréant l’atmosphère gothique des films fantastiques des années 1940 : tempête dantes­que près de la chapelle, course-poursuite dans le donjon. Le film, moins horrifique que le roman de Dennis Lehane, se révèle aussi plus anxio­gène. Très tôt, Scorsese laisse planer l’incertitude sur la santé mentale des résidents de Shutter Island. Malades « officiels » et personnel soignant : sous les apparences d’un psychiatre soucieux du bien-être des patients, le Dr Cawley ne cache-t-il pas un mégalo prêt aux expériences sur le cerveau les plus barbares ? La paranoïa est entretenue par la mise en scène, qui joue sur le hors-champ, l’ombre et la lumière pour stimuler l’imagination du spectateur. Où se trouve la frontière entre raison et folie ? La vérité, rappelle Scorsese, est aussi fugace et fragile qu’une flamme soufflée par le vent dans l’obscurité d’une grotte…
SCHUTTER ISLAND, Martin Scorsese 2010, Leonardo di Caprio, Ben Kingsley (thriller)@@ (edit IPTC) (E)
En 1954, une femme placée en centre de détention psychiatrique à Shutter Island disparaît. Elle s'appelle Rachel Solando et est une meurtrière extrêmement dangereuse. Deux officiers du corps fé ...

@

THE HOST, Bong Joon 2006, Song Kang-Ho, Hie-bong Byeon


A Séoul, au bord du fleuve Han, les Park tiennent un petit snack qui permet à Hie-bong, le patriarche, de subvenir aux besoins de sa famille : Kang-du, son fils aîné lymphatique, Nam-joo, sa fille championne malheureuse de tir à l'arc, Nam-il, son fils cadet au chômage, et Hyun-seo, l'adorable fille de Kang-du. Leur quiétude est brusquement balayée le jour où un monstre aquatique, fruit de la pollution des eaux par l'armée américaine, surgit de la rivière et détruit tout sur son passage. Toute la zone est rapidement ravagée. Dans leur fuite, les Park ne peuvent empêcher la bête d'enlever la petite Hyun-seo. Devant l'incapacité des autorités à leur venir en aide, ils décident de sauver la fillette par eux-mêmes...

TELERAMA
À Séoul, un monstre géant surgit des profondeurs de la rivière Han et sème la terreur parmi la population. Il enlève la petite Hyun-seo. Sa famille part en croisade contre le monstre pour la sauver...

Baroque, terrifiant, corrosif, burlesque… Voilà toute la richesse de ce film du Coréen Bong Joon-ho, antérieur à Parasite mais lui ressemblant. Une créature formidable y sème la panique, synthèse impressionnante de tyrannosaure et de varan géant. Le mutant visqueux surgit un jour funeste du fleuve Han, en plein cœur de Séoul, dévore quelques malheureux passants sur la berge et repart avec une enfant enroulée dans sa longue queue reptilienne. La suite réclame des héros. Ceux que le réalisateur choisit partent largement perdants. Composée, entre autres, d’un jeune père ahuri et d’un oncle chômeur souvent ivre, la famille lancée à la recherche de la gamine est une tribu de branquignols.

L’aventure, picaresque, met le pays en ébullition. État d’urgence, quarantaines, manifestations : Bong Joon-ho dresse au passage le portrait sarcastique d’un pouvoir politique paranoïaque et incapable de faire face aux fléaux économiques et écologiques. Le cinéaste embrasse satire, fable et film de genre, passant de la farce au drame. On tremble plus d’une fois, on reste sidéré par l’imagination délirante à l’œuvre ici. Parmi les morceaux de bravoure, notons une cascade d’ossements vomis par la créature et une fin tauromachique… où le mal peut aussi enfanter la vie.
THE HOST, Bong Joon 2006, Song Kang-Ho, Hie-bong Byeon (edit IPTC) (E)
A Séoul, au bord du fleuve Han, les Park tiennent un petit snack qui permet à Hie-bong, le patriarche, de subvenir aux besoins de sa famille : Kang-du, son fils aîné lymphatique, Nam-joo, sa fille championne malhe ...