MINARI, Lee Isaac Chung 2021, Steven Yeun, Ye-ri Han ()
Débarqués en Californie de leur Corée du Sud natale avec leurs deux enfants, Monica et Jacob survivent tant bien que mal à l'aide de petits boulots, loin du rêve américain qu'ils avaient imaginé. Désireux de posséder sa propre ferme, Jacob saute sur l'occasion quand une offre accessible à ses faibles moyens se présente à lui, et emmène sa petite famille en Arkansas, au pied des monts Ozarks. Trois générations se retrouvent finalement sous le même toit, la grincheuse grand-mère rejoignant à son tour l'Amérique, au grand dam du jeune fils du couple, David, peu rompu aux méthodes de son aïeule qu'il découvre à cette occasion...
TELERAMA
Dans l’Arkansas des années 1980, un immigré coréen tente de se faire une place au soleil en cultivant des légumes exotiques. Une attachante chronique familiale avec de formidables comédiens.
Le rêve américain n’est pas mort. C’est, du moins, la conviction de Jacob, un ouvrier agricole originaire de Corée (Steven Yeun, qui incarnait le play-boy cynique dans Burning, de Lee Chang-dong), bien décidé à se faire une place au soleil dans les États-Unis du président Reagan en y cultivant des légumes de son pays natal. Le jeune père de famille achète un lopin de terre en Arkansas. Si l’immigré croit dur comme fer en sa bonne étoile, son épouse, elle aussi déracinée, se désespère de devoir habiter dans un mobil-home miteux isolé de tout. D’autant que leur petit garçon a besoin de soins médicaux pour un souffle au cœur…
Si Lee Isaac Chung ménage de jolies parenthèses contemplatives grâce à ses images de nature au lyrisme discret, Minari séduit davantage par son regard documentaire sur l’Amérique profonde des années 80. Les difficultés matérielles des agriculteurs qui ont cru à leurs dépens aux promesses d’enrichissement de la « révolution conservatrice », l’intégration douloureuse des immigrés ou encore la religiosité intense de ces territoires ruraux défavorisés trouvent d’ailleurs de puissants échos dans les États-Unis post-Trump.
Même dans les situations les plus douloureuses, le film ne se départ jamais d’une grande douceur dans sa mise en scène. C’est sa limite, comme si le cinéaste avait peur du tragique potentiel de son histoire, mais aussi son charme. Dans cette attachante chronique familiale, Lee Issac Chung accorde la même humanité, la même attention, à tous ses personnages. Avec, peut-être, un surcroît d’empathie pour Soonja, l’irrésistible grand-mère fantasque, qui a valu à son interprète un Oscar du meilleur second rôle mérité.
(edit IPTC)
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