LES BICHES, Claude Chabrol 1968, Jean-Louis Trintignant, Stéphane Audran (drame sentimental)@@
Paris. Une jeune fille, plaisante à regarder, dessine sur le sol des biches. Une femme belle et altière la remarque. S'approche d'elle, lie conversation, la questionne. La jeune fille s'appelle Why, son interlocutrice Frédérique.
TELERAMA
Une bourgeoise entraîne une jeune femme démunie dans sa villa de Saint-Tropez. Chabrol cisèle une vision noire, féroce, mais aussi absurde de la nature humaine.
Frédérique, bourgeoise oisive, « achète » sur le pont des Arts, à Paris, une jeune bohème sans le sou. Peu après, elle l’entraîne dans sa grande villa de Saint-Trop’ squattée par deux zigotos snobinards. Les deux femmes passent un temps à s’aimer. L’arrivée de Paul, un architecte, rompt l’harmonie. Cette histoire bizarre louvoie entre satire, conte cruel et drame. On est séduit par son rythme lascif et sa tension souterraine, sans jamais savoir avec certitude ce que cache ce marivaudage feutré. Critique acerbe des rapports de classes ? Relecture ironique de Vertigo, de Hitchcock ? Radiographie d’un dérèglement mental ? Mystère.
C’est une vision noire, féroce mais aussi absurde de la nature humaine que Chabrol cisèle, en orfèvre amoureux de Fritz Lang. Épure et peinture impavide, le film montre une lutte sans merci entre des êtres égoïstes, uniquement animés par le désir de dominer, de jouir, d’acheter. Un ballet sadique et voyeuriste qui n’épargne personne, pas même le spectateur, confronté à ses propres pulsions et frustrations. Actrice fétiche du cinéaste, Stéphane Audran y est resplendissante de langueur enjôleuse à côté de Trintignant, étrange hommeobjet. Un film de Chabrol à redécouvrir.