ET MAINTENANT ON VA OU, Nadine Labaki 2011 (religion societe burlesque)@@
Sur le chemin qui mène au cimetière du village, une procession de femmes en noir affronte la chaleur du soleil, serrant contre elles les photos de leurs époux, leurs pères ou leurs fils. Certaines portent le voile, d'autres une croix, mais toutes partagent le même deuil, conséquence d'une guerre funeste et inutile. Arrivé à l'entrée du cimetière, le cortège se sépare en deux : l'un musulman, l'autre chrétien.
TELERAMA
Au Liban, les femmes combattent la guerre par tous les moyens. Avec des scènes de comédie musicale, la réalisatrice de “Caramel” propose un film au mélange de fantaisie et de gravité un peu foutraque, mais terriblement attachant.
Le charme du film doit beaucoup aux ruptures de ton osées par Nadine Labaki et sa troupe de comédiennes
Des femmes en noir avancent vers un cimetière. En dansant… Au bord des tombes, les unes se dirigent vers les croix, les autres vers les croissants. C’est l’ouverture, impressionnante, du deuxième film de la Libanaise Nadine Labaki, quatre ans après les séduisants portraits de femmes de Caramel. Les héroïnes d’Et maintenant, on va où ? sont, elles aussi, des résistantes : toutes ont survécu aux deuils, à la violence, à la haine de la guerre civile, dans un village de montagne entouré de mines où la paix reste précaire. Le pays n’est jamais identifié — on pense très fort au Liban —, pour donner une portée universelle à une fable futée et surprenante. Les femmes, lassées de pleurer leurs morts, sont prêtes à tous les mensonges pour distraire leurs maris, fils et frères de leurs pulsions bellicistes. Avec l’aide, inattendue et drôle, d’un imam et d’un curé.
Burlesque pur qui bascule soudainement dans le tragique, scènes de café naturalistes qui se transforment en univers en-chanté à la Demy : le charme du film doit beaucoup aux ruptures de ton osées par Nadine Labaki et sa troupe de comédiens. Ce mélange de fantaisie et de gravité est, parfois, un peu foutraque, mais terriblement attachant.