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HOME, Ursula Meier 2008, Isabelle Huppert, Olivier Gourmet (drame burlesque)@@

Depuis plus de dix ans, Marthe, Michel et leurs trois enfants vivent au bord d'un tronçon d'autoroute inachevé et abandonné depuis sa construction. Dix ans de tranquillité et de calme, isolés des autres ont fait d'eux une famille unie. Mais tout bascule lorsque les travaux reprennent soudain. Les voies sont recouvertes de bitume, et ce sont bientôt 80 véhicules à la minute qui défilent à 130 kilomètres à l'heure devant les fenêtres de leur demeure. Malgré le bruit infernal, la pollution et les nuisances nombreuses, Marthe refuse catégoriquement de quitter les lieux. Ses proches se plient à sa volonté...

TELERAMA
Isabelle Huppert s’illustre dans ce conte moral qui raconte le quotidien d’une famille bouleversée par la reconstruction de l’E57, une autoroute circulant au bord de la maison et traversée désormais par des milliers de véhicules chaque jour.

Mais qu’est-ce que c’est que cette maison, posée là comme par inadvertance au bord de cette autoroute vide ? Et qu’est-ce que c’est que ces gens qui y habitent ? Ils semblent heureux : papa, maman et leurs trois enfants jouent au hockey, s’éclaboussent gaiement dans la salle de bains. Mais voilà, après dix ans d’attente, le tronçon E 57 de cette autoroute va enfin devenir opérationnel. Très vite, des milliers de voitures, de camions passent devant la maison…

Avec une cruauté quasi clinique, presque surréaliste, Ursula Meier contemple alors deux mondes parallèles et névrosés. À l’extérieur, ces anonymes dans leurs boîtes colorées, dont on se demande s’ils savent seulement pourquoi et vers où ils roulent. À l’intérieur, elle filme l’absurdité et la peur. L’impuissance grandissante de cette mère, dont on devine insensiblement la névrose, à affronter un univers qui s’effrite… Elle réussit une fable faite de fausses pistes et d’entrelacs mystérieux.

On sent chez elle un plaisir à inventer, à tenter, et même à provoquer. À faire réfléchir, en tout cas — juste comme ça, en passant —, sur une société tentée davantage par l’asphyxie que par la survie. À sa façon, Home est un conte moral.