Le rappeur bling-bling et hardcore Fatal Bazooka a vendu quinze millions de disques. Ses fans écoutent sa musique, il a déjà produit des dizaines de tubes et est devenu une star incontestée et incontournable du rap. La vie sourit de toutes ses dents en or à Fatal Bazooka, en apparence du moins. Parce que la réalité s'avère bien moins rose. Le rappeur se pose des questions existentielles, se demande d'où il vient et où il va. Pour mieux vendre sa musique, Fatal a fait croire qu'il était né dans un ghetto alors qu'il vient d'un paisible petit village de Savoie. Mais une enfance heureuse au beau milieu des Alpes, auprès de parents aimants, n'a jamais fait rêver les fans de rap...
TELERAMA
Premier film de Michaël Youn cinéaste, qui reprend son personnage de Fatal Bazooka, rappeur bling-bling... Au final, une caricature du milieu et de lui-même assez juste.
Michaël Youn est un acteur calamiteux. Les spectateurs d'Iznogoud en savent quelque chose. Reconnaissons-lui au moins une certaine constance : il joue toujours aussi mal dans Fatal, son premier film en tant que réalisateur. Il y reprend son personnage de Fatal Bazooka, caricature de rappeur bling-bling — à faire passer P. Diddy pour un mormon. Mais le pitre du Morning live a toujours été un pro du gag. Et Fatal débite des gags sur un rythme effréné. Du gras et du moins gras, l'essentiel étant de tenir une heure et demie à fond.
(Bon) morceau choisi : le héros est marié à une cruche blonde du nom d'Athena Novotel, clone franchouillard de Paris Hilton. Satire dans tous les sens : le gangsta rap, la télé trash, l'humanitaire people, voire Michaël « Fous ta cagoule » Youn lui-même (et ses 500 000 exemplaires vendus)... Masochiste comme ces enfants qui cassent leurs propres jouets en riant, Youn accepte même de se faire voler la vedette (dans le scénario et sur l'écran) par un minet de « l'électro-bio », interprété avec un vrai talent burlesque par Stéphane Rousseau. Pas si con, donc...