AU SEIN DES AUTRES, Vania Leturcq 2026, Sofia Essaïdi, Yoann Zimmer (sante)@@
Fabrice est un ouvrier du bâtiment discret et peu loquace. A la suite d'un banal accident de vélo, Fabrice apprend avec stupeur qu'il est atteint d'un cancer du sein, une pathologie rare chez les hommes. Isolé, mal informé, confronté à un corps qui le trahit et à un personnel soignant peu habitué à soigner des hommes, il est incapable de mettre des mots sur ce qu'il traverse. Confus et n'assumant pas, il cache sa maladie à ses collègues, ce qui met en péril sa relation avec Eve, sa compagne, et refuse d'en parler à son père. A l'hôpital, il rencontre Nour, avocate brillante qui traverse la même épreuve. Elle minimise et refuse de s'inquiéter, préférant continuer à gérer coûte que coûte son quotidien professionnel et familial, et ne rien dire à sa fille pour préserver son innocence. Fabrice et Nour sont hospitalisés dans le même service...
TELERAMA
Un homme et une femme que tout oppose se découvrent atteints d’un cancer du sein. Porté par deux comédiens impeccables, un téléfilm sobre et généreux qui met en lumière la solitude des malades.
Nour et Fabrice n’ont pas grand-chose en commun. Elle est avocate, mère de famille, dynamique et toujours organisée. Il est artisan, célibataire, taiseux, en improvisation permanente. Pendant une séance de chimiothérapie dans un grand hôpital lillois, ils se découvrent un lien : leur cancer du sein. Elle le cache à sa fille de peur de lui faire du mal, il le tait à son entourage par crainte d’être jugé, moqué. Ils vont se rapprocher, devenir amis, s’aider à affronter la maladie et à aller de l’avant.
Sujet de moins en moins tabou dans la fiction, le cancer charrie son lot de clichés, de regards voyeuristes et de bons sentiments. Cet unitaire tout en retenue, inspiré par l’expérience de sa co-autrice Valérie Magis, brille par sa délicatesse. Avare en grands discours et en élans mélodramatiques, sobrement mis en scène et impeccablement incarné par deux comédiens émouvants (Sofia Essaïdi et Yoann Zimmer), il trouve le parfait équilibre entre propos sociétal — le cancer est une solitude — et romcom chaleureuse jusque dans l’ombre de la mort. On peut regretter qu’il ne se concentre pas tout entier sur le cas de Fabrice, peu documenté — à peine 1 % des cancers du sein sont masculins. Mais Au sein des autres tient jusqu’au bout son ambition, être aussi pudique dans son approche de la maladie que généreuse dans l’observation des émotions qu’elle déclenche, chez celles et ceux qui l’affrontent, comme chez leurs proches.