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MAIN DANS LA MAIN, Valérie Donzelli 2011, Valérie Lemercier, Jérémie Elkaïm (comique burlesque)@@

Employé d'un miroitier en province, Joachim Fox monte à Paris pour un travail chez Hélène Marchal, directrice de l'école de danse de l'Opéra. Alors que tous deux ont des vies bien différentes, comme victimes d'un sortilège, ils deviennent inséparables. S'ils se risquent au moindre pas de côté, une force surnaturelle les ramène l'un à l'autre. Leurs gestes se répondent comme dans un miroir et seul le sommeil leur apporte une certaine indépendance.

TELERAMA
L’étrange rencontre d’une professeure de danse et d’un miroitier, devenus littéralement inséparables. Pour son troisième long, la réalisatrice signe un film d’amour burlesque.

Le tube d’Elli et Jacno auquel renvoie le titre peut faire office de test. Si on aime cette chanson, sa sentimentalité en banderole et son grain de provoc acidulée, on peut voir le troisième long métrage de Valérie Donzelli (après La Reine des pommes et La guerre est déclarée). Une femme rencontre un homme. Elle dirige l’école de danse de l’Opéra Garnier. Il est miroitier en province. Leur croisement accidentel déclenche un étrange phénomène : soudain, ils sont liés par un sort qui les force à rester côte à côte, à faire les mêmes gestes au même moment. Ce jumelage est le challenge visuel et burlesque du film, son petit cachet hollywoodien, la source de son peps poétique. Et, ça crève les yeux, une métaphore de la passion — étymologiquement : ce que l’on subit. Il est assez drôle, en effet, de montrer le coup de foudre comme une avalanche de contraintes, sans rien de sentimental a priori.

Au-delà de la fantaisie (qui a ses loupés), ce que Valérie Donzelli réussit le mieux, c’est l’étude des différentes façons d’être « avec quelqu’un ». Avant de se retrouver changés en siamois, Valérie Lemercier et Jérémie Elkaïm forment chacun un couple, au sens large. Elle avec une amie, mystérieuse et fragile. Lui avec sa sœur, qui l’enrôle dans des concours de danse pour mieux le garder. Même le « trouple », le couple à trois (des voisins), passera au banc d’essai — et sera retoqué. Main dans la main reste un film de grande amoureuse, qui ne partage pas. Mais qui a la lucidité d’interroger son idéal, d’en envisager l’envers : le discret nuage de cendres qui entoure un amour fusionnel scellé une fois pour toutes.