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LE PRIX DU SUCCES, Teddy Lussi-Modeste 2017, Tahar Rahim, Roschdy Zem, Maiwenn (societe)@@

Brahim est promis à un brillant avenir dans l'univers du stand-up. Sa carrière est en train de décoller et il a un agent, Hervé, qui a de grandes ambitions pour lui. Brahim est soutenu par Linda sa femme et peut compter sur sa famille avec laquelle il est très généreux. Seule ombre au tableau : son grand frère Mourad, son manager instable et jaloux de rester dans l'ombre.

TELERAMA
Un humoriste presque star se heurte à son frère… Conte noir et cruel sur la tyrannie d’un entourage aimant, à la mise en scène rythmée. Tahar Rahim, Roschdy Zem et Maïwenn sont superbes.

Brahim est un humoriste en train de devenir une idole. Sa famille, dont il a fait la fortune, pourtant, l’enserre dans des rets affectueux. Notamment son frère, Mourad, à la fois agent, manager, avocat, garde du corps. Capable de sortir une matraque pour éloigner des fans encombrants de Brahim, mais de le fourvoyer aussi dans des choix hasardeux qu’il croit géniaux. Quand il apprend son éviction pour un agent plus habile, plus malin, plus diplomate, Mourad perd la tête…

C’est cette rupture fraternelle, presque passionnelle, que saisit le réalisateur. Au vol, si l’on ose dire : il filme vite, désireux d’exacerber la tension de chaque scène. Il freine la violence, d’abord, la laisse se répandre lentement, avant de la faire exploser. Il existe, et plus nombreux qu’on ne le pense, des sportifs ou des humoristes prêts à renoncer à une carrière prometteuse pour éloigner de leur entourage des profiteurs pour lesquels ils ne sont que des vaches à lait. C’est dire que le relatif happy end du Prix du succès — sans lequel aucun film français actuel ne saurait être financé — n’est qu’un leurre. Le vrai dénouement de ce conte cruel, beaucoup plus noir et désabusé, est à chercher dans la lettre que Brahim envoie à son frère : « Parfois, je me dis que ç’aurait été plus simple, pour nous, de ne pas y arriver. Un échec, dans notre milieu, c’est banal. C’est la réussite qui fait mal. » Comme le pouvoir, la gloire rend fou.