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DEUX FILS, Felix Moati 2019, Vincent Lacoste, Benoit Poelvoorde, Anais Demoustier (societe)@@
Un père et ses deux fils sont chacun à leurs manière en proie à une crise existentielle. Néanmoins, les trois hommes ne cessent de veiller les uns sur les autres et de rechercher, non sans une certaine maladresse, de l'amour.

TÉLÉRAMA
À Paris, un père médecin et ses deux fils traversent chacun une crise existentielle. Une comédie douce-amère, tout en délicatesse et influencée par Woody Allen. Passage derrière la caméra réussi pour l’acteur Félix Moati

Sur l’affiche, dessinée par Floc’h, les deux fils tiennent leur père, miniaturisé, par la main. Comme des parents attentifs agrippent leur enfant dans une rue animée. Pour son premier film derrière la caméra, l’acteur Félix Moati, 28 ans, vu récemment dans Le Grand Bain, déconstruit avec malice la relation père-fils. Dans cette comédie douce-amère, tout en délicatesse et influencée par Woody Allen, les adultes se comportent comme des enfants, et les adolescents brûlent les étapes de leur émancipation. Ravagé par la mort de son frère, Joseph (Benoît Poelvoorde) abandonne son cabinet de médecin pour écrire un roman, persuadé, à tort, de marcher dans les pas de Tolstoï. Son fils aîné, Joachim (Vincent Lacoste), est à peine plus vaillant : torturé par sa dernière rupture amoureuse, il procrastine au lieu de travailler à sa thèse de psychiatrie. Yvan (Mathieu Capella, une révélation), le cadet, 13 ans, en pleine crise mystique, se met à boire en constatant avec angoisse l’effondrement de ses deux figures tutélaires.

Sur un canevas classique de film d’apprentissage et de reconstruction sentimentale, Félix Moati exprime des choses très justes, et rarement dites, sur l’amour filial et fraternel. Les trois éclopés ne pourront grandir et s’en sortir qu’ensemble. En comblant leurs plaies laissées par la mort ou la solitude. Filmée dans l’anonymat des Grands Boulevards parisiens, souvent la nuit, propice aux errances et aux transgressions, cette quête désespérée de consolation évite tout pathos, grâce à son trio d’acteurs aux corps burlesques. Dans ce creuset de virilité en berne, l’espoir viendra d’une jeune femme (Anaïs Demoustier, parfaite), sachant, elle, imposer sa liberté et ses désirs, sans culpabilité mal placée.