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MISTER NOBODY CONTRE POUTINE, Pavel Talankin 2026 (documentaire)@@ ()

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MISTER NOBODY CONTRE POUTINE, Pavel Talankin 2026 (documentaire)@@ ()    (agrandir)


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Alors que la Russie lance son invasion à grande échelle de l'Ukraine, les écoles primaires de tout le pays sont transformées en centres de recrutement pour la guerre. Confronté au dilemme éthique de travailler dans un système défini par la propagande et la violence, un enseignant courageux filme ce qui se passe réellement dans sa propre école.

TELERAMA
Dans l’Oural, Pacha Talankin documente l’embrigadement des élèves de l’école où il travaille. Un film puissant qui révèle une Russie en plein cauchemar totalitaire, entre colère, ironie et résistance silencieuse.

Aux lendemains de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, une déferlante de propagande s’abat sur l’école de Karabach, petite cité industrielle de l’Oural connue pour son taux de pollution record. Du jardin d’enfants au lycée, un millier d’élèves se plient au nouveau programme d’« éducation patriotique » : discours martiaux débités par les enseignants, défilés militaires, interventions du groupe Wagner… Celui qui filme n’est pas un rebelle dans l’âme. Vidéaste officiel de l’école, coordinateur des animations, Pavel (dit Pacha) Talankin est chargé d’envoyer au ministère de l’Éducation les preuves que le gavage idéologique est scrupuleusement exécuté. En secret, il archive tout. Parce que la colère le ronge. Parce qu’il voit s’enterrer la liberté, et son pays sombrer. Talankin, trentenaire à l’allure adolescente, est le « grand frère » de gamins qu’il a vus grandir et dont certains seront bientôt envoyés au front.

Russie verrouillée
Sous la forme d’un journal de bord, le film raconte aussi sa propre fabrication : la rencontre à distance, via une messagerie cryptée, avec David Borenstein, réalisateur américain installé au Danemark. Une collaboration qui permet à cette chronique douloureuse de franchir les frontières et d’ouvrir une fenêtre sur une Russie verrouillée, où personne n’ose plus dire ce qu’il pense, à l’exception du professeur d’histoire zélé rabâchant que l’ennemi est l’Occident.

Dans ce cauchemar totalitaire affleure une ironie salutaire. Talankin, sorte de Michael Moore sous couverture, en plus sensible, ose un temps la provocation : faire résonner l’hymne américain chanté par Lady Gaga dans l’école ou effacer les « Z » plaqués sur les fenêtres. Le film insiste un peu trop sur la figure héroïque de l’homme seul face à un système qui le dépasse sans que cela altère la force de l’engagement ni du sacrifice annoncé. L’exil est inéluctable. En vidant son bureau, Pacha laisse derrière lui ce qui ressemblait à un fragile bastion de démocratie.