LES FILLES DU DOCTEUR MARCH, Greta Gerwig 1995, Thimothee Chalamet Meryl Streep, Emma Watson, Louis Garrel (saga)@@
Massachusetts, pendant la Guerre de Sécession. Filles du docteur March, parti au front, Jo, Meg, Amy et Beth tentent de trouver leur place. Jo aspire à devenir écrivain, au grand désespoir de sa très riche tante qui voudrait la voir mariée. Amy, de son côté, ambitionne d'être une peintre reconnue. Meg, qui se verrait bien actrice, se conforme davantage à ce qu'on attend d'elle et est sur le point de convoler. Beth, la cadette, a une santé fragile. Très proche d'elle, Jo l'est également de Laurie, un voisin qui finit par lui demander de l'épouser. Elle refuse d'épouser le jeune homme, qui n'est qu'un ami, et compte bien réaliser ses rêves...
TELERAMA
La réalisatrice signe une adaptation sage, qui vaut surtout par le brio des acteurs, Saoirse Ronan et Timothée Chalamet en tête.
Qu’une major du cinéma américain produise aujourd’hui ce remake des Quatre Filles du docteur March (déjà adapté trois fois) suggère une féminisation possible de Hollywood : non seulement il s’agit d’héroïnes, mais la réalisation revient, cette fois, à une femme. D’un autre côté, difficile de prêter à cette histoire (publiée à partir de 1868 par Louisa May Alcott) une grande modernité. Les filles y restent dans l’attente plus ou moins avouée du prince charmant (pour trois sœurs sur quatre), et la mère, dans l’attente du père, parti au loin, là où le devoir l’appelle…
Bien avant de devenir la puissante réalisatrice de Barbie, Greta Gerwig fut l’égérie gracieuse et gauche d’un renouveau du cinéma indépendant new-yorkais. Elle a ensuite réussi, en passant derrière la caméra, le portrait sensible d’une ado en révolte — Lady Bird (2017). Ici, avec ce récit suranné, elle en reste à un sage classicisme dans sa mise en scène. Son apport, son dépoussiérage tiennent tout entiers à sa direction d’acteurs.
Meryl Streep joue de bon cœur la vieille tante féroce. Laura Dern (la mère) semble s’étonner de savoir si bien incarner la bonté inconditionnelle. Une génération en dessous, Emma Watson (Meg) et Florence Pugh (Amy) excellent. Mais rien n’égale les prestations habitées de Timothée Chalamet (le prince charmant) et de Saoirse Ronan (Jo, la fille écrivaine). Lui demeure à la hauteur romantique de ses grands rôles dans Call Me by Your Name et Un jour de pluie à New York. Elle, intense, parvient à troubler la joliesse ambiante, comme si son personnage, le plus émancipé de la famille, lui conférait une responsabilité supérieure.
PSIS