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DIVINES, Houda Benyamina 2016, Oulaya Amamra, Kevin Mischel (social)@@
Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien.

TELERAMA
Deux gamines de banlieue inséparables, rêvent d’en sortir, quitte à se lancer dans le trafic de drogue… Dans un étourdissant mélange des genres, un film qui brasse intelligemment les clichés.

Des mouflettes de banlieue, on en a vu beaucoup. Mais les deux gamines de Divines ne ressemblent qu’à elles-mêmes. Elles forment ensemble un tourbillon, passant du comique au tragique et de la chronique sociale au polar haute tension. La réalisatrice recycle tous les clichés pour en faire du neuf. Les inséparables Dounia et Maimouna, perpétuellement en maraude dans leur quartier désolé, jouent les affranchies dans un milieu bien trop dur pour elles. Dounia, qui vit dans un bidonville, veut prendre le chemin le plus court pour sortir de la misère et se fait embaucher par le caïd du coin, Rebecca…

C’est l’autre force du film : aussi dangereuse et fêlée que le premier trafiquant mâle venu, Rebecca use agressivement de toutes les armes de la virilité, violence, postures et charisme inclus. Inversion des genres, ludique et gonflée. D’ailleurs, le rôle le plus « féminin », dans cette histoire en miroir, est tenu par un garçon, passionné de danse, dont Dounia vient contempler les répétitions en cachette. Cette histoire d’amour naissant suggère une autre issue à la tyrannie de l’argent, une sortie de secours par l’art. Ce pourrait être naïf, mais ces scènes-là expriment avec force le désir, le rêve et l’apprivoisement. Un contrepoint fragile à la noirceur.