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    GIORGIONE, la tempete - BRASSENS (Georges), l orage

    GIORGIONE, la tempete - BRASSENS (Georges), l orage
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    GIORGIONE - l'orage
    Giorgione a peint sur la droite une femme qui allaite un enfant et, sur la gauche, se trouve un homme debout qui les regarde. Il n'existe aucun dialogue entre eux. La Tempête ( ou l'orage) est donné comme étant la première representation de paysage, mais aussi la première apparition de l'éclair dans l'histoire de la peinture. Il fait partie des « 105 œuvres décisives de la peinture occidentale » constituant le musée imaginaire de Michel Butor

    Illustration musicale: Georges BRASSENS - l'orage

    Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps
    Le beau temps me dégoûte et m'fait grincer les dents
    Le bel azur me met en rage
    Car le plus grand amour qui m'fut donné sur terre
    Je l'dois au mauvais temps, je l'dois à Jupiter
    Il me tomba d'un ciel d'orage

    Par un soir de novembre, à cheval sur les toits
    Un vrai tonnerre de Brest, avec des cris d'putois
    Allumait ses feux d'artifice
    Bondissant de sa couche en costume de nuit
    Ma voisine affolée vint cogner à mon huis
    En réclamant mes bons offices

    "Je suis seule et j'ai peur, ouvrez-moi, par pitié
    Mon époux vient d'partir faire son dur métier
    Pauvre malheureux mercenaire
    Contraint d'coucher dehors quand il fait mauvais temps
    Pour la bonne raison qu'il est représentant
    D'une maison de paratonnerres"

    En bénissant le nom de Benjamin Franklin
    Je l'ai mise en lieu sûr entre mes bras câlins
    Et puis l'amour a fait le reste
    Toi qui sèmes des paratonnerres à foison
    Que n'en as-tu planté sur ta propre maison
    Erreur, on ne peut plus funeste

    Quand Jupiter alla se faire entendre ailleurs
    La belle, ayant enfin conjuré sa frayeur
    Et recouvré tout son courage
    Rentra dans ses foyers faire sécher son mari
    En m'donnant rendez-vous les jours d'intempérie
    Rendez-vous au prochain orage

    À partir de ce jour j'n'ai plus baissé les yeux
    J'ai consacré mon temps à contempler les cieux
    À regarder passer les nues
    À guetter les stratus, à lorgner les nimbus
    À faire les yeux doux aux moindres cumulus
    Mais elle n'est pas revenue

    Son bonhomme de mari avait tant fait d'affaires
    Tant vendu ce soir-là de petits bouts de fer
    Qu'il était devenu millionnaire
    Et l'avait emmenée vers des cieux toujours bleus
    Des pays imbéciles où jamais il ne pleut
    Où l'on ne sait rien du tonnerre

    Dieu fasse que ma complainte aille, tambour battant
    Lui parler de la pluie, lui parler du gros temps
    Auxquels on a tenu tête ensemble
    Lui conter qu'un certain coup de foudre assassin
    Dans le mille de mon cœur a laissé le dessin
    D'une petite fleur qui lui ressemble